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Nous sommes des grenouilles de laboratoire

AdavitruveTout le monde connaît l’histoire de la grenouille qui, lorsque l’on chauffe progressivement l’eau, finit par s’ébouillanter.

Alors que débute la semaine pour les alternatives aux pesticides, et surtout alors que l’actualité autour des pesticides est brûlante, voire bouillante, il semble que nous nous comportions comme des grenouilles de bénitier. Nous nous empoisonnons lentement, et chaque jour plus sûrement.

On apprend dernièrement que le Round’up, le plus célèbre des herbicides vendus dans toutes les bonnes quincailleries, est soupçonné d’intégrer dans sa recette des molécules plus dangereuses pour la santé que son principe actif connu sous le nom de glyphosate.

Certaines molécules, comme le carbofuran, interdites en France, font l’objet de trafic illégal, dont la France serait la plaque tournante. On retrouve dans les cours d’eau, dans nos gros fleuves français déjà bien contaminés, des substances depuis longtemps illicites.

Souvenons-nous de la sortie de Pesticides : Révélations sur un scandale français qui alertaient dès 2007 sur cette curieuse industrie à la française. La France continue d’être le plus gros utilisateur de pesticides et il ne faut pas être grand vaticinateur pour assurer que l’objectif de réduction de moitié, fixé par le Grenelle,  ne sera pas atteint.

Pourtant, quelques personnes résistent. Par exemple des collectivités engagées, voire même exemplaires, parviennent à passer au zéro-pesticides. Regardez la Bretagne zéro Phyto par exemple.

Par exemple aussi des professionnels du jardinage, telle l’enseigne Botanic qui a évacué le round’up de ses rayonnages. Pari audacieux que le collectif Round-Up non merci aimerait également voir être relevé par… Castorama. Des actions de désobéissance sont d’ores et déjà engagées.

Et du côté des alternatives ? Franchement, elles ont de quoi séduire. Que l’on songe à ces initiatives de guérilla potagère, aux revendications des herbes folles, aux alchilistes concotant des préparations peu préoccupantes et illicites. Que l’on songe aussi à ce pesticide naturel qui nous vient tout droit du monde des coléoptères : la coccinelle.

En Belgique, à l’occasion de cette semaine sans pesticide, la ferme aux coccinelles Adalia Square ouvre ses portes : nourrir les larves à cuillerées de pucerons, récolter les œufs, les conserver… voilà une sortie pédagogique comme on aimerait en voir de l’autre côté de la frontière. Hélas, comme le souligne le magazine Basta, les alternatives se développent en Belgique, en Espagne, en Allemagne mais pas en France. Pour le moment, au niveau hexagonal, il va falloir se contenter de pouvoir se faire livrer des larves de coccinelles ou bien, si vous aimez faire les choses vous-mêmes, démarrer un kit d’élevage.

Maigre consolation non ? Les Anglais ont popularisé leur beatles et ils auront raison de nous railler en continuant à nous surnommer « frogs ».

Mc Cartney Frog

L’illustration Coccinelle Vitruve est disponible chez Adalia

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