
Commerce Equitable
Economie solidaire
Agriculture biologiqueSon projet est né à Bogotà, capitale de la Colombie, au travers de discussions entre quelques Français vivant de manière précaire dans ce pays etdes artisans, agriculteurs et autres travailleurs colombiens également en situation de précarité permanente. La conclusion fut qu'il ne pouvait y avoir de justice sociale sans justice économique et que pour faire reculer la précarité il fallait prendre nos affaires en main, notamment sur le plan économique.
Pourquoi ne pas créer deux entreprises, l'une en Colombie, l'autre en France, pour commercialiser des produitsde telle manière que les travailleurs, producteurs de produits ou de services, puissent vivre le plus correctement possible de leur travail, en Colombie comme en France ? A peine ce rêve a-t-il émergé que, nécessité et convictions obligent, nous avons cherché, ensemble, à le réaliser...
Passons sur les nombreuses péripéties d'une telle aventure... tant en Colombie qu'en France.
Avant et pendant la création en 1987 de ces deux entreprises, Interexpress à Bogotà et Andines à Paris, nous avons défini ce qu'était pour nous "l'équité" : le maximum de respect et de justice économique, non seulement au sein de nos entreprises mais aussi dans toutes les transactions commerciales avec nos partenaires, tant en aval (fournisseurs de produits et de services) qu'en amont (clients). De plus, nous décidions de donner la priorité à des partenaires en difficulté et de créer des emplois, tant en Amérique du Sud qu'en Europe.
Nous savions que fonder une société non pas sur la recherche exclusive du profit individuel ou corporatiste mais à la fois sur la viabilité et sur des valeurs sociales équitables et solidaires n'était pas une initiative nouvelle. Fort heureusement, et contrairement au marketing d'un certain "commerce équitable" aujourd'hui en vogue, cette exigence d'équité dans les échanges humains est vieille comme le monde ! L'histoire humaine jusqu'à aujourd'hui est faite d'une multitude de pratiques socio-économiques de ce genre.
Dès notre création, nous avons créé une Charte d'Entreprises qui définissait nos valeurs et nos engagements. Quant à garantir le respect de ces engagements, nous n'avons rien trouvé d'autre que la transparence totale de nos activités, pour quiconque, impliqué ou non dans nos filières de production et de distribution. Y compris l'honnêteté d'affirmer que dans une société mondiale de plus en plus inéquitable, l'équité ne pouvait être qu'une démarche, qu'un objectif vers lequel tendre au maximum, qu'un combat et un travail au quotidien.
Bien que nos engagements aient été considérés à l'époque par nos entourages (et les banques !) comme un pari généreux et sympathique mais utopique et perdu d'avance, nos deux entreprises ont pu se développer peu à peu, sans prêt bancaire ni subvention, grâce au travail de leurs salariés et à l'enthousiasme de quelques amis et citoyens qui ont participé eux aussi à cette initiative en apportant leur épargne, soit sous forme d'actions financières soit sous forme de prêts personnels ou collectifs.
Andines aujourd'hui ...
Dix sept ans après, Interexpress existe toujours ! Et d'autres structures ont pu être créées dans d'autres pays, y compris européens, sur la base d'un engagement "d'équité pour tous", sans discrimination de territoire, de sexe, d'âge, de races, de convictions...
Quant à Andines, elle est aussi toujours en pleine activité... constituée aujourd'hui de deux structures complémentaires :
Andines, c'est aussi un réseau de 200 groupes de producteurs, de collaborateurs, de clients et d'amis... pour un chiffre d'affaire qui vise le million d'euros en Juin 2004. C'est aussi des centaines d'emplois maintenus ou créés, en France et dans les 19 pays où travaillent nos fournisseurs. Grâce aux efforts de tous, Andines est donc dorénavant ancrée dans un large réseau professionnel et solidaire.
Nous avons d'emblée choisi le statut entrepreneurial - et non pas associatif - tout simplement parce que les producteurs colombiens et nous-mêmes désirions entretenir des relations fraternelles de travail, les plus professionnelles et égalitaires possible sur le plan économique, indépendantes de tout pouvoir financier, politique ou confessionnel. Sans l'ambiguïté de "l'aide" dans son sens paternaliste, caritatif ou politique. En fondant une entreprise, il s'agissait aussi de créer des emplois rémunérés, tant en Colombie qu'en France, pays de 3 millions de chômeurs...
ajouter un commentaire