L'association de consommateurs Stiftung Warentest a été créée en 1964 à l'initiative du Bundestag (chambre basse du Parlement allemand). Le chancelier Konrad Adenauer souhaitait qu'un organisme indépendant se spécialise dans le contrôle des produits utilisés par la population. C'est ainsi qu'en 1966 fut publié le premier numéro du magazine «Test», vendu à 210.000 exemplaires (dont 600 abonnements) au prix de 1,50 DM (environ 0,75 €). Ce premier numéro concernait les machines à coudre et les fouets manuels de cuisine.
Ce n'est qu'en 1968 qu'est mis en place le système de gradation des produits : très bien, bien, suffisant, moins suffisant, pas suffisant. Avant, les produits n'étaient décrits qu'avec une «impression globale». En 1974, soit une dizaine d'années après le lancement du magazine, 225.000 personnes sont abonnées et 145.000 personnes continuent à l'acheter en kiosque. Et après 25 années, en 1989, le magazine compte 580 000 abonnés et 160.000 acheteurs directement chez le marchand.
Mais depuis l'ouverture du site internet http://www.stiftung-warentest.de, en 1997, le nombre d'abonnés s'est stabilisé en raison de la disponibilité plus rapide et plus simple des informations sur internet. Les résultats des tests y sont disponibles pour un prix variant entre 50 cts et 3 € par test.
Retrouvez toute l'histoire de Stiftung Warentest sur son site (en allemand).
En plus de 40 années d'existence, Stiftung Warentest a été à l'origine de plus de 4.000 tests sur 78.000 produits et services. Chaque année, 200 tests s'y ajoutent. En 2006, 208 tests ont été effectués sur 2.301 produits. Le nombre d'employés était de 289. Aujourd'hui, 96 % des allemands connaissent Stiftung Warentest, et un tiers lui fait confiance pour aiguiller ses achats.
Retrouvez tous les chiffres actuels concernant Stiftung Warentest sur son site.
Les tests sont effectués par des laboratoires indépendants et concernent toutes sortes de produits, comme les pochettes range-CD, les produits vaisselles, les étagères, les médicaments, les colles... Les services testés peuvent également être extrêmement variés : les assurances, les systèmes de lavage de voiture, les compagnies aériennes... sont autant d'exemples qui peuvent être contrôlés et dont les résultats peuvent être publiés dans le magazine Test et sur internet, sur le site de Stiftung Warentest.
Stiftung Warentest se trouve en concurrence directe avec Öko-Test. Ainsi, leurs tests se contredisent parfois. Une huile d'olive biologique dont le résultat était très bien chez Öko-Test avait été perçue comme insuffisante chez Stiftung Warentest. En effet, Stiftung Warentest y avait détecté la présence d'un plastifiant et une réaction anormale lors du chauffage de l'huile, et même le goût n'était pas satisfaisant.
De la même manière, en mars 2007, des spaghettis avaient été qualifiés de suffisants par Stiftung Warentest, tandis que Öko-Test les considérait comme très bonnes. Ici, Stiftung Warentest mettait en cause le goût farineux des spaghettis, et avait détecté, malgré la présence sur le paquet d'un encadré «fabriqué sans œufs», des traces d'un allergène présent dans le blanc d'œuf, ce qui n'apparaissait pas dans les ingrédients.
A l'inverse, Öko-Test a régulièrement critiqué des tests de Stiftung Warentest car ce dernier ne prenait pas suffisamment en compte les rapports à l'environnement, à la santé et le comportement social des entreprises. Ainsi, depuis 2004, Stiftung Warentest examine non seulement la qualité du produit, mais également les conditions éthiques et sociales de production. Ceci concerne certains produits, comme les ballons de football, les vestes de travail ou encore le saumon.