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Marseille des eco-sapiens
Le robinet fuit
Un robinet qui goutte gaspille 35.000 litres d'eau en une année.
Economiser l'eau

Economiser l'eau

L'eau est un bien précieux. Que peut-on faire pour réduire notre impact sur cette précieuse ressource ?
Tout d'abord, il faut prendre en compte deux aspects :
  • éviter de trop puiser l'eau à la source pour qu'il en reste suffisamment de disponible dans les nappes et les rivières afin que chaque être vivant puisse y avoir accès,
  • éviter de rejeter trop de polluants dans l'eau, afin qu'elle reste suffisamment pure pour éviter que des êtres vivants souffrent des conséquences de cette pollution.

Par ailleurs, la consommation d'eau et sa pollution entraînent une consommation d'énergie. L'énergie nécessaire à capter, purifier, transporter l'eau et la traiter comme rejet est d'environ 1 kWh par m3 d'eau. La consommation d'eau du robinet est donc responsable de pollutions qui sont liées à la production d'énergie (entre autres 1 m3 d'eau correspond à l'émission d'environ 100 g de CO2 ).

Les ménages occidentaux consomment en moyenne 340 l d'eau par personne et par jour sans compter les usages extérieurs (jardin, voiture...) soit environ 2 m3 par semaine. 30 % de cette eau se perd dans les toilettes en activant la chasse d'eau et 35 % sert aux douches et aux bains.

Éviter les gaspillages

L'air de rien, une goutte d'eau gaspillée chaque seconde chez vous équivaut à 10 m3 de gaspillé en une année. Donc priorité à la chasse aux fuites et autres pertes d'eau inutiles :

  • un robinet qui goutte : changer le joint défaillant!
  • un soupçon de fuite dans la chasse d'eau ? (Une chasse qui coule peut perdre jusqu'à 250 m3 par an) Pour le vérifier, mettez un peu de colorant alimentaire dans le réservoir. S'il colore l'eau de la cuvette sans que vous n'ayez actionné la chasse, il y a bien une fuite
  • ne laissez pas inutilement un robinet ouvert à pleine puissance : 3 minutes à pleine puissance équivalent à une consommation de 36 litres, soit 24 bouteilles de 1,5 l
  • les économies d'eau peuvent aussi se faire en réduisant l'usage de la baignoire au profit de la douche : un bain consomme environ 100 litres d'eau, contre 15 litres en moyenne pour une douche (si on ne laisse pas couler l'eau en permanence).

Une consommation d'eau efficace

mousseur

Nombre de robinets et d'équipements sanitaires ont un débit supérieur à ce que leur utilisation requiert. Cette forte pression engendre le gaspillage de grandes quantités d'eau. Le débit d'eau dans les robinets est en général de l'ordre de 15 litres par minute. Or, peu d'utilisations courantes requièrent un tel débit! Ainsi, le réduire représente un gain financier et énergétique (énergie nécessaire à capter, purifier, transporter l'eau). Il existe à cette fin plusieurs types d'appareils qui se vendent dans le commerce, dont en voici quelques uns :

Limiteur de pression

Le débit qui s'écoule des appareils sanitaires dépend directement de la pression du réseau d'eau. Si celle-ci est supérieure à 3 bars, il est conseillé de mettre un réducteur de pression qui se place en amont du distributeur d'eau. Les maisons modernes en sont généralement équipées ; en revanche, les maisons plus anciennes n'en comportent pas toujours : placé à la sortie du compteur d'eau, ils permettront une économie d'eau de l'ordre de 30 %. Pour un foyer de 4 personnes, l'économie annuelle sera de 30 m3, soit l'équivalent de 3 kg de CO2 économisés (et environ 70 euros). Bien sûr, un réducteur de pression n'a pas d'incidence sur les consommations basées sur des volumes d'eau (bain, WC, machine à laver...).

Les limiteurs de débit permettent de garder une pression constante en ne faisant varier que la surface du conduit. Depuis longtemps, nos robinets sont équipés de mousseurs. Il s'agit de petites cartouches vissées au bout du bec. Amovibles et remplaçables, elles sont constituées de fines grilles en laiton ou plastique. Si elles sont obstruées par le calcaire, on peut les remplacer pour environ 2 euros. Sans elles, s'écoulerait un filet d'eau tranquille. Avec elles, et sous la même pression, on obtient un jet aéré, donnant l'impression d'un débit supérieur.

Dans le commerce spécialisé, on peut trouver des cartouches «économiseur» ou embouts mousseurs pour remplacer les cartouches d'origine, et qui sont très efficaces : leur coût étant d'environ 11 euros, elles sont vite rentabilisées. En réduisant le débit, on conserve le même pouvoir mouillant, mais avec moitié moins d'eau. La différence reste imperceptible à l'usage. Les bricoleurs peuvent imaginer confectionner eux-mêmes de tels embouts en quelques secondes, à partir d'une rondelle de diamètre égal à celui du robinet, percée de plusieurs trous très fins.

Pommes de douche economes

Elles fonctionnent sur le même principe que les limiteurs de débit, en réduisant la quantité d'eau qui coule tout en procurant la même sensation de confort de jet d'eau. Elles s'utilisent comme des pommes de douche classiques.

Les chasses d'eau double flux

Les WC s'affichent comme l'un des plus mauvais élèves de la consommation d'eau dans les logements européens (et en plus c'est de l'eau potable!). On peut avec raison se demander pourquoi les modèles datant de quelques années utilisaient une telle quantité d'eau (15 l) pour évacuer nos déjections alors qu'aujourd'hui un réservoir de 6 l s'avère largement suffisant. En fait, le mécanisme des chasses d'eau a changé. C'est pourquoi il vaut mieux changer de système que de réduire le volume d'eau d'une vieille cuvette en y ajoutant une bouteille d'eau ou une brique. Le jet risque en effet d'être moins puissant et l'on n'obtiendra pas l'effet souhaité.

Diviser de 9 à 3 ou 6 litres le volume de la chasse d'eau, pour une famille de 4 personnes permet l'économie de 40 m3 d'eau par an (100 euros) soit environ 4 kg de CO2 par personne.

Néanmoins, avant de faire rendre l'âme à un WC encore en bon état, il peut être utile de le doter d'une chasse d'eau à double commande ou de "stop-eau".

La chasse d'eau à double commande peut se monter assez facilement à la place du mécanisme existant. Le gros bouton permet d'évacuer tout le contenu de la chasse tandis que le petit évacue seulement 3 litres et sert ainsi pour les «petites commissions». De tels mécanismes coûtent de l'ordre de 30 euros et peuvent être montés par un bricoleur moyen.

L'utilisation du stop-eau permet de réduire la consommation d'eau des WC puisque la quantité d'eau libérée par la chasse dépendra de la durée de pression exercée sur le bouton ou la tirette de fonctionnement de la chasse d'eau. Dès qu'on lâche le bouton, l'eau cesse de s'évacuer dans la cuvette. Le stop-eau est facile à installer même par les non-bricoleurs. Il s'adapte à tous les types de réservoir. En métal inoxydable, il est inusable.

En remplaçant simplement les chasses d'eau et les pommes de douche par des modèles plus économes, et en réduisant les débits des robinets, pour une famille de 4 personnes, il est possible d'économiser ainsi jusqu'à 200 l. d'eau par jour, soit 70 m3 par an, pour un même confort (environ 175 euros d'économies par an, et un équivalent de 7 kg de CO2 non émis).

Pour un même usage, les machines à laver le linge ou la vaisselle ont des consommations d'eau très variables selon les modèles : de 70 à 125 l par cycle pour un lave-linge, de 25 à 40 l pour un lave-vaisselle. Il faut bien sûr préférer un appareil le plus économe possible en eau et en énergie (classe A). Récemment sont apparus sur le marché des lave-linge dits «à bulles» : équipés d'un contrôle de niveau d'eau, ils adaptent le volume d'eau consommé au volume du linge à laver et permettent ainsi des économies conséquentes. La marque Daewoo en commercialise.

Le lavage à la main n'économise pas forcément plus d'eau que le lavage en machine. En dehors du type d'appareil, la différence se joue surtout sur les comportements :

  • pour laver la vaisselle sans consommer beaucoup d'eau, bouchez l'évier... ;
  • et si vous avez un lave-vaisselle, attendez qu'il soit plein avant de le mettre en marche et utilisez l'économiseur d'énergie ou le cycle le plus court possible.

Purifier l'eau soi même

Des carafes filtrantes aux adoucisseurs d'eau, les systèmes sont nombreux pour rendre l'eau meilleure au goût et pour la santé.
Les solutions varient selon la qualité de l'eau à purifier.

Les adoucisseurs

Le but d'un adoucisseur d'eau est de diminuer, par un procédé chimique, le taux de calcaire (présent sous forme de carbonates) de l'eau jusqu'à un niveau acceptable. Ceci est une nécessité dans les régions où la société de distribution des eaux délivre de l'eau dure ou si le consommateur utilise de l'eau de puit ou de l'eau souterraine de propre captage. Tout le monde sait qu'un taux de calcaire trop élevé est néfaste pour les chaudières, les chauffes-eau, et autres appareils.

Du point de vue écologique, l'adoucisseur est avantageux : l'évacuation du sel vers les égouts ne contrebalance pas ses avantages (se laver ou lessiver avec de l'eau adoucie signifie une consommation inférieure de savon et de détergent. Boire moins d'eau en bouteille signifie moins de transport et de plastique!).

Les systèmes de filtration

  • Installé en amont ou en aval du robinet, le filtre à sédiments retient les particules. Il se choisit en charbon actif, en fibres synthétiques, en céra­mique ou en plastique en fonction du problème à résoudre.

  • En amont, il se place en dérivation de la canalisation d'eau froide. L'eau purifiée est alors distribuée soit par un mitigeur à trois voies (eau chaude, eau froide et eau purifiée), soit par un robinet indépendant.

  • En aval, le filtre se branche à l'ex­trémité du bec du robinet.
  • Les carafes-filtres sont beaucoup plus économes à l'investissement, même si les cartouches doivent être changées souvent. Elles réduisent le tartre et le chlore qui affectent le goût et l'odeur de l'eau du robinet. Par ailleurs, elles diminuent la présence d'aluminium et de certains métaux lourds (tels que le cuivre et le plomb), tout comme celle de certains pesticides (par ex. le lindane) et impuretés organiques. Vous disposerez ainsi d'une eau plus pure, plus claire, et au gout plus neutre.

  • Plus performant mais aussi plus cher, l'osmoseur intègre plusieurs cartouches de pré-filtration et utilise une membrane filtrante. Installé sous l'évier et branché sur la canalisation d'eau froide, il reste sous pression en permanence. Desservie par un robinet indépendant, sa production est limitée (de 15 à 80 litres par jour) et réservée à la consommation alimentaire. Il consomme beaucoup d'eau : de 1 à 8 litres d'eau souillée qui vont à l'égout pour 1 litre d'eau filtrée.

Les systèmes pour potabiliser l'eau

  • le chlore
  • les rayonnements solaires (qui tuent une bonne partie des virus et bactéries) : cuiseur solaire ou bouteille plastique
  • les plantes traditionnelles (ex : aram)

Pour plus d'infos sur ces sytèmes pour rendre l'eau potable, lire le n°19 de La Revue Durable

Une source d'eau alternative

En Europe, la consommation d'eau par jour et par personne varie selon les pays entre 110 et 200 l d'eau. De l'eau traitée avant d'être consommée mais aussi avant d'être rejetée. On pourrait économiser au moins la moitié et jusqu'à 90 % de cette eau en réservant l'eau potable à l'alimentation et à l'hygiène corporelle et en couvrant les autres besoins (WC, jardin, voiture...) avec des eaux pluviales.

Récupération des eaux de pluie

L'eau de pluie épurée a des qualités comparables à l'eau courante. Pour disposer d'une eau de cette qualité, il faut au moins la filtrer entre la récupération en toiture et l'arrivée dans la citerne, puis à la sortie de la citerne, et la conserver dans un endroit frais. Il existe des filtres nettoyants en vente dans le commerce. Le temps de rentabilité d'une telle installation (avec pompe économe en énergie) varie de trois à dix ans . En France, les lycées HQE de Caudry, Limoges et Calais se sont équipés de tels systèmes.

Les toitures végétalisées ont, parmi tous leurs avantages, de retenir 70 à 90 % des eaux de pluies en cas de fortes précipitations, retardant ainsi leur évacuation et permettant de ménager le remplissage des cuves.

Installer des toilettes sèches

Les WC sans eau ou toilettes à compost fonctionnent selon un principe simple : composter les défécations dans des cuves à fond étanche et incliné en séparant les solides des liquides qui s'évaporent par ventilation. Ce procédé est particulièrement développé en Suède et en Norvège (où le gel et la faible capacité d'épuration du sol peuvent poser problème). Les sites isolés ou en zone sensible en sont aussi d'usuels adeptes. Leur coût est variable selon leurs performances, il est possible de les confectionner soi-même à un moindre coût ou de les acheter pour environ 5 000 euros.

Leurs avantages :

  • 100 % d'économie d'eau ;
  • pas de rejet d'eaux usées ;
  • possibilité de récupérer la matière organique comme combustible ou engrais, et/ou le biogaz.

Récupération des eaux usées

Les eaux grises que sont les eaux usées savonneuses des douches, éviers et lavabos, peuvent être récupérées puis filtrées et servir aussi bien à laver la voiture que pour les circuits de chauffage ou de refroidissement, au remplissage des chasses d'eau, à l'arrosage des jardins, etc. À Tokyo, de nombreux immeubles sont équipés de systèmes de récupération d'eau servant pour les toilettes et les systèmes de refroidissement (après épuration de ces eaux dans une cuve en anaérobiose, utilisant des bactéries qui se développent dans un milieu dépourvu d'air, ou par lagunage).

Les eaux vannes, appelées aussi eaux noires, chargées en matière organique, sont les eaux issues de WC ou de l'évier. Elles peuvent également être récupérées et alimenter par exemple une petite centrale à biogaz, comme c'est le cas de manière expérimentale dans un immeuble de Fribourg en Allemagne.

Les opérations conventionnelles de traitement et d'épuration des eaux consomment de l'énergie. Il existe une solution plus écologique : le lagunage. Cette technique permet d'épurer les eaux usées en les faisant circuler, après drainage à travers des galets, dans des bassins abritant des plantes aquatiques : roseaux, iris, joncs,... Ces pantes absorbent les éléments organiques, réduisent la présence de bactéries et permettent une meilleure sédimentation des particules. Simple à réaliser et à utiliser, économe, à condition de disposer d'un terrain pouvant abriter quelques bassins de 5m², ce système permet de se passer de tout apport d'énergie et de produits chimiques.

Chauffer son eau sans gaspillage

Si vous avez l'habitude de laisser couler l'eau pour atteindre la température désirée, votre cumulus doit être trop éloigné de votre robinet. C'est un gaspillage coûteux en eau mais aussi en énergie. Par exemple, si vous attendez plus de 10 secondes avant de voir venir l'eau chaude désirée et que cette attente se reproduit 10 fois par jour (douche, robinets de cuisine, robinet de salle de bain, douche), vous gâchez environ 6 000 litres par an.

Et il faut en plus chauffer cette eau perdue (car si l'eau chaude a mis du temps à venir vous doucher, à la fin de votre douche, il doit rester un bon volume d'eau chaude dans les tuyaux, de l'eau qui va refroidir), ce qui peut faire au total une facture d'environ 30 euros de plus par an. En plus de ces inconvénients, plus la distance entre le chauffe-eau et le robinet est grande, plus les pertes de chaleur dans les tuyauteries sont grandes et même l'eau chaude qui vous parvient a déjà perdu un peu de chaleur.
Il peut donc s'avérer plus rentable et confortable de rapprocher son ballon.

Sur-isoler son chauffe-eau, même sur des appareils de classe A, est une pratique très courante en Allemagne et dans les pays scandinaves, mais encore trop peu ailleurs. Recouvrir les canalisations d'eau chaude avec des manchons d'isolant (épaisseur exigée : au moins 20 mm) permet d'économiser au minimum 10 % d'énergie.

Lors de son échauffement, l'eau contenue dans un chauffe-eau électrique se dilate. Ne pouvant être absorbé par le ballon, l'excédent est tout simplement renvoyé à l'égout. Afin de diminuer ces pertes d'eau, les fabricants de matériel de chauffage proposent des vases d'expansion adaptés à l'eau chaude sanitaire. Une telle mesure fera gagner de 3 à 10 % du volume chauffé sur l'année.

Même si votre eau chaude arrive vite, le temps de trouver la bonne température, l'eau s'écoule. Les robinets thermostatiques et les mitigeurs, en plus d'être plus confortables, permettent d'économiser entre 10 et 30 % d'eau chaude par rapport à des robinets eau chaude/eau froide.

Inutile de mettre la température du chauffe-eau trop élevée. Il faut qu'elle se situe autour de 60° pour éviter les risques de légionelloses. Régler la température de son chauffe-eau sur 60 degrés plutôt que 80 économise environ 280 kWh/an.

Si vous avez l'habitude de laisser allumé votre chauffe-eau électrique lorsque vous partez pour quelques jours, sachez, pour vous en dissuader, qu'il consomme environ 20 kWh soit environ 1 euro par jour... Mettre un programmateur sur le chauffe-eau permet par ailleurs de l'ajuster en fonction de ses absences et de ses présences.

Faites détartrer et régler le chauffe-eau régulièrement, sans dépasser 60°C. En effet, le calcaire ne se dépose qu'à partir de 60°C (ce qu'évitent manifestement de mentionner les fabricants de produits anticalcaire).

Des pommettes de douche à faible débit (10 l/min) peuvent réduire de plus d'un tiers la consommation de ce poste pour un confort accru. Ces douchettes sont équipées d'un système à turbulence qui fractionne les gouttes d'eau, leur donnant une plus grande efficacité en multipliant la surface d'eau en contact avec la peau. La consommation mesurée passe de 20 l/min pour une douchette ordinaire à moins de 10 l/minute. Résultat : une économie de 50 % soit, pour une consommation moyenne de 25 m3 par an et par personne, une réduction de 25 kWh pour l'eau et de 75 kWh.

Les modes de chauffage les plus efficaces

Tout comme son homologue le chauffage électrique de l'habitat, le chauffage électrique de l'eau est une solution avantageuse sur certains points mais fort peu au niveau de l'efficacité, c'est-à-dire du rendement énergétique. Les pertes sont grandes : de la chaleur est perdue au niveau du cumulus, même bien isolé (ce n'est pas pour cela qu'il ne faut pas bien l'isoler!), de la chaleur est également perdue lors de la production d'eau chaude non utilisée (car le chauffe-eau doit tourner en permanence, même quand on n'a pas besoin d'eau chaude). Ce n'est pas le cas, par exemple, du chauffage au gaz qui, lui, est instantané et répond directement à la demande. Mais le plus gros des pertes se situe en amont, au niveau de la production d'électricité dans une centrale thermique et de la distribution.

Le tartre diminue nettement le rendement de l'échange de chaleur de la résistance électrique à l'eau. Une solution : choisir des chauffe-eau à résistance stéatites.

Pour les chauffe-eau au gaz, une économie est à faire au niveau de la veilleuse qui sert d'allumage. Elle consomme une quantité de gaz non négligeable : 12,5 litres de gaz à l'heure, soit environ 40 euros par an! Une solution ? Un appareil à allumage électronique.

Si vous disposez d'une chaudière bois, gaz, biogaz ou même fioul, évitez de chauffer l'eau avec un chauffe-eau électrique, pensez à utiliser votre chaudière pour chauffer l'eau sanitaire, le rendement sera meilleur et le coût d'usage plus faible.

Le bois est une énergie renouvelable et quasiment neutre vis-à-vis de l'effet de serre (ce qui n'est pas le cas du gaz ni du fioul). Si l'on ne dispose pas de chaudière bois ni de réseau de chaleur bois-cogénération, on peut imaginer une solution pour faire appel à cette source d'énergie pour chauffer son eau : un système de circulation de l'eau autour des conduits des cheminées ou poêle (existe déjà pour certains poêles briques et faïence).

Il existe un dispositif simple et efficace qui transforme l'énergie solaire en chaleur, c'est le chauffe-eau solaire. Il ne faut pas le confondre avec les panneaux solaires photovoltaïques qui ont pour fonction de produire de l'électricité. Les chauffe-eau solaires sont beaucoup moins coûteux et beaucoup plus simples. Ces capteurs peuvent, selon les régions, assurer de 30 à 100 % des besoins selon la taille de l'installation, le climat et la demande. Une énergie d'appoint est presque toujours nécessaire en hiver (pour éviter le développement des légionelles, toujours garder la température du ballon supérieure à 60°C). Il est dans tous les cas préconisé d'avoir un ballon d'appoint indépendant qui sera alimenté par une autre énergie et qui couvrira les besoins restants (environ 30 %) lorsque les conditions l'exigent (forte demande, temps longtemps couvert...). Au niveau de l'effet de serre, l'énergie nécessaire à la conception du capteur est responsable de quelques émissions (qui peuvent être évitées selon le type d'énergie utilisée). Son utilisation, par contre, est exemplaire : elle n'est source d'aucune émission!

1 m2 de capteurs évite en moyenne l'émission chaque année de 250 kg de CO2 comparativement à un chauffage classique (électricité ou fioul) et représente l'équivalent d'environ 50 l de fioul économisés chaque année.

Les chauffe-eau solaires peuvent être construits par un bricoleur amateur. Il existe de nombreuses adresses pour suivre des stages de formation à la construction de chauffe-eau solaires. Leur installation coûte environ 3 000 euros tout compris à l'achat pour 6 m2 de capteurs (taille nécessaire pour une famille de 4 personnes environ), mais économise 300 euros par an (70 % de la facture moyenne du chauffage de l'eau pour cette même famille). Ils sont donc rentabilisés en 10 ans, et en beaucoup moins de temps en comptant les aides ou les crédits d'impôts. Sur une durée de vie 30 ans, ils auront fait en outre gagner au moins 4 500 euros.

Contrairement aux idées reçues, c'est dans les régions les moins ensoleillées que l'économie réalisée grâce aux panneaux solaires est la plus importante. En effet, dans les régions moins ensoleillées, les besoins en chaleur et en eau chaude sont plus importants, donc proportionnellement c'est là qu'on peut y réaliser le plus d'économies!

Pour déterminer les économies d'eau réalisables, il faut connaître le prix de son eau, inscrit sur les factures d'eau.
Pour l'eau froide, la valeur moyenne en France est de 2,80 euro/m3.
Pour l'eau chaude, il s'agit d'évaluer le prix d'une eau à 38 ºC (température de l'eau sortant du robinet de la douche ou du bain) sachant que pour chauffer 1 litre d'eau d'un ºC, il faut 1,16 Wh (la chaleur massique de l'eau est de 4,18 kJ/Kg.ºC), il faut 31 kWh pour chauffer 1 m3 de 11 à 38 ºC.

Il faut compter également un rendement approximatif de 85 % pour les chauffe-eau. Voici la répartition des dépenses d'eau pour les consommations hors jardin et les économies que vous pouvez faire en suivant seulement quelques-uns des conseils de cette page (chiffres pour une famille de 4 personnes, pression de 3 bars, chauffe-eau électrique avec double tarif en France)

Consommation d'eau et économies possibles
AppareilsDoucheÉvier + lavaboMachine à laver
Consommation pour 4 personnes (m3) avec appareils standards1005016
Coût annuel (Euros)47023590
Action possibledouchette économique + robinet thermostatiquemousseur économiquemachine de classe énergétique A
Économie %60 %40 %33 %
Économie en Euros23511830

idees maison

eco-sapiens 05/11/06
Photo: Filet d'eau (FlickR/noematique)
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