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La consommation collaborative

La consommation collaborative

Le concept de consommation collaborative ne cesse de faire parler de lui. Ce mode de consommation serait économique, écologique et convivial, et est présenté par ses acteurs comme une révolution sociétale en marche qui pourrait changer le monde. Vraiment ? Essayons d’y voir plus clair grâce au site ecoconso.
Un dossier original proposé par ecoconso

Qu’il s’agisse de troc, de don, de location, de vente ou d’échanges de biens et de services divers, les sites internet et les applications mettant en relation des particuliers, à un niveau local ou international, se multiplient désormais dans tous les domaines : alimentation, transport, tourisme, habitat, finances, énergie, tous les secteurs de la consommation sont concernés les uns après les autres...

Rachel Botsman et Roo Rogers ont décrit et théorisé ce phénomène dans le livre paru en 2010 « What's mine is yours. The rise of collaborative consumption » (« Ce qui est à moi est à toi, la montée de la consommation collaborative »).

Pour aider à mieux comprendre cette révolution, la vidéo « C’est quoi la consommation collaborative » est éclairante.

La consommation collaborative from adesias. on Vimeo.

Du neuf avec du vieux

La consommation collaborative n’est donc, en soi, que d’anciennes pratiques d’échanges et de partage plus ou moins informelles et marginalisées qui ont pris, grâce à internet et aux réseaux sociaux, des formes nouvelles et des proportions impensables auparavant.

vélos

Dans ces alternatives au mode de consommation consumériste dominant, l’usage et l’accès aux biens et aux services y prévalent sur la possession individuelle.

En favorisant le partage des ressources et les circuits de la redistribution, la consommation collaborative est souvent, selon la formule consacrée,
« bonne pour le portefeuille et bonne pour la planète ».

Cela vous rappelle quelque chose ? Effectivement, les initiatives citoyennes collectives ou associatives, bien connues des éco-consommateurs, font également partie de cette nouvelle économie collaborative.

Je prête, il donne, nous partageons

Échange choux-fleurs contre carottes

Dans le domaine de l’alimentation, cela fait longtemps que la consommation collaborative se pratique. Depuis toujours, ceux qui ont des potagers échangent leurs productions. Aujourd’hui, certains sites Internet facilitent ce troc en permettant de trouver un autre jardinier près de chez soi, comme http://nos-jardins.fr. On peut aussi trouver une ferme ou un particulier à qui acheter en direct via topino.net, ou bien prêter son lopin de terre à des jardiniers en échange d'une partie de leur récolte, grâce à des sites comme pretersonjardin.com.

Par ailleurs, les jardins et potagers partagés se multiplient. Ils s’organisent de façon spontanée entre quelques voisins ou de façon plus large dans un quartier. Il existe aussi les GASAP (GASAP en Belgique, AMAP en France) permettant à plusieurs ménages de se grouper pour acheter leurs fruits et légumes (voire leur pain, yaourt, fromage, vin... ) directement au producteur.

Partage compétence contre connaissance

Les SEL (Systèmes d’échange local) mettent en relation des citoyens pour y échanger des biens et des services, tandis que les RES (Réseaux d’échanges de savoir) permettent d’apprendre des autres et de partager ses connaissances. C’est aussi le principe des Foires au savoir-faire. A côté de ces réseaux apparaissent de nouveaux concepts comme commentreparer.com, qui a pour objectif d’aider chacun à tout réparer soi-même.

Possédez-vous encore des biens matériels?

escalator

On connaissait déjà les petites annonces classiques, les brocantes, les sites de vente (éventuellement) aux enchères tels que ebay ou leboncoin.

Donner une seconde vie aux objets qu’on n’utilise plus tout en récupérant une partie de son investissement, pas mal. La tendance actuelle va encore plus loin : plutôt qu’acheter, on troque, on partage, on loue, on donne. Là encore, Internet facilite les choses en proposant des sites qui mettent en contact la personne qui cherche un bien à utiliser et celle qui le possède.

Le don est le mode de fonctionnement du réseau freecycle ainsi que sur recupe.net. Le partage et la location entre particuliers sont à l’honneur sur e-loue.com ou zilok.com. Original, et très utile en ville où l’on n’a pas toujours la place pour une lessiveuse, lamachineduvoisin.fr permet de mettre sa machine à laver à la disposition de ceux qui n’en possèdent pas, pour le plaisir ou pour quelques euros. Même les collectivités se lancent avec la plateforme e-loue pro pour louer entre particuliers d’une même commune.

On peut aussi louer des biens « exceptionnels » : des vêtements de cérémonie, des sacs et bijoux de marque (nocopynes.com, sacdeluxe.fr)... Cela permet de limiter l’achat de ces objets plutôt chers et qui ne servent pas souvent... mais attention toutefois : on sort ici des échanges citoyens pour entrer vraiment dans le cadre de démarches commerciales.

Heureusement, il reste aussi des échanges qui ne passent pas par le net. Pour les enfants, les bourses de La ligue des familles sont incontournables, de même que les ludothèques.

bibliotheque

Pour petits et grands, la mode est aussi à l’organisation de troc party, où des amis se retrouvent pour échanger vêtements, accessoires, CD, DVD, tout en partageant un moment convivial. Pas mal d’initiatives du côté des livres aussi : on peut les troquer avec bookmooch.com, ou leur offrir une balade et suivre leur périple avec bookcrossing.com.

Des particuliers et des bibliothèques installent même des petites guérites de « livres en liberté », pour en donner ou en emporter gratuitement et leur permettre ainsi de circuler, notamment à la bibliothèque principale de Namur ou via littlefreelibrary.org (pas encore d’adresses belges cependant).

Mobilité alternative

Dans le domaine du transport, l’offre est large désormais, le système Cambio de voitures partagées en libre service présent dans de nombreuses grandes villes en Belgique est bien connu. Des sites de covoiturage comme covoiturage.fr ou roule-ma-poule.com mettent en relation des conducteurs et des passagers pour des trajets réguliers ou occasionnels.

Pour les petits trajets, VAP (voiture à partager) est une initiative citoyenne, soutenue par les communes, qui réinvente l’autostop afin d’améliorer la mobilité des piétons dans des zones peu desservies. Pour les plus jeunes, kidspooling.be organise le covoiturage pour les écoliers sur base des trajets des parents volontaires. Enfin, le vélo est bien évidemment de la partie avec villo.be ou blue-bike.be.

Pour les vacances aussi !

Les ponts du mois de mai et les congés d’été arrivant à grands pas, voici quelques suggestions qui montrent que la consommation collaborative est aussi en plein développement dans le domaine du tourisme.

L’impact environnemental principal du tourisme est lié au transport. Les idées ci-dessus sont donc aussi à garder en tête à l’occasion des trajets de vacances.

avion

En ce qui concerne le logement, les chambres d’hôtes connaissent un succès croissant. Prêt à sortir des structures « homologuées » ? Sur des sites comme airbnb.com ou bedycasa.com, on peut louer une chambre, un appartement, une tente, etc. chez l’habitant. Chacun peut aussi y mettre en location sa chambre d’amis.

Avec couchsurfing.org, on est même accueilli gratuitement chez un particulier, souvent sur le canapé (« couch ») et pour quelques nuits seulement. Autre option encore : l’échange de maisons.

Quelques opérateurs : intervac.com, homelink.org ou le dernier né guesttoguest.com qui, grâce à un système de points, permet de faire des échanges de maisons à plusieurs au lieu de devoir trouver une correspondance directe entre deux logements. Au-delà d’un hébergement bon marché, l’avantage de toutes ces formules est de favoriser une expérience plus authentique de la destination et d’encourager la rencontre avec les habitants locaux. Elles permettent aussi d’utiliser des logements déjà existants (et éventuellement vides) et de limiter ainsi le développement de structures « en dur » qui occupent de l’espace et sont souvent désertées hors saison.

Envie de découvrir une ville autrement ? Le réseau des greeters s’étend. Il s’agit d’habitants d’une ville qui en proposent une visite guidée. Ils ne sont pas architectes ou historiens mais juste animés par l’envie de faire connaître les charmes de leur cité. Dans le même ordre d’idées, pour goûter les saveurs locales et fuir les restos à touristes où tout le monde se retrouve le même guide à la main, expérimentons le foodsurfing.

Bien sûr, pour rester dans l’esprit collaboratif, on peut tester toutes ces formules en vacances... et les proposer chez soi pour les visiteurs de passage. Une agréable façon de voyager sans bouger de chez soi !

Alors, tout bon, tout beau ?

Comme on peut le constater par ces exemples et dans l’annuaire de la consommation collaborative, de nombreuses entreprises se sont lancées sur ce marché du partage qui représente déjà des millions d’euros...

La consommation collaborative peut apparaître comme un mouvement très large qui manque de clarté. Une journaliste de l’émission « Arrêt sur image » conclut d’ailleurs que pour profiter au mieux de la co-consommation il faut non seulement être connecté, mais également relativement habitué aux réseaux sociaux.

Par ailleurs, les acteurs de la consommation collaborative sont, d’une part, des personnes engagées, pour qui le partage est un style de vie en réponse aux crises actuelles et, d’autre part, des acteurs privés et professionnels, pour qui il est aussi, voire avant tout, un business.

De là à se méfier d’une certaine récupération, il n’y a qu’un pas. En effet, l’engouement actuel pour la consommation collaborative nous rappelle celui pour les produits écologiques et équitables, qui a eu pour conséquences une multiplication des produits, un greenwashing agressif des marques pour se faire une place au soleil vert et, pour le consommateur, une perte de repères pour distinguer les alternatives réelles.

Hubert Guillaud du site Internet Actu nous met en garde:

« Il faut distinguer ce qui relève du don et ce qui relève d’une nouvelle forme de marchandisation de la société, s’insérant toujours un peu plus profondément au coeur des rapports humains. Offrir sa place de parking ou son garage n’est pas la même chose que le louer. Le risque est bien celui d’un blanchiment social, d’un social washing, tendant à faire passer pour social des choses qui ne le sont pas du tout ».

Rifkin

Choisir l’argent et la consommation comme moteur du partage pourrait bien diluer ou transformer son potentiel de changement de société. Et en effet, au Brésil, le nombre de « j’aime » obtenus par les modèles de vêtements sur Facebook sont affichés en temps réel dans un magasin C&A. S’il s’agit d’économie collaborative, il n’est pas sûr que ce type d’usage favorise une co-consommation plus responsable, même entre « amis ». Là aussi, restons vigilants pour ne pas se laisser berner.

Quoiqu’il en soit, le développement de la consommation collaborative semble donner raison à Jérémy Rifkin lorsqu’il déclare :

« Le rôle de la propriété est en en train de subir une transformation radicale. Les conséquences de cette révolution auront un impact fondamental sur notre société. D’ici à 25 ans, l’idée même de propriété semblera étonnamment limitée et complètement désuète. Notre statut social dépend désormais davantage de l’accès que de la propriété. »

Reste à voir si cette économie du partage sera un levier suffisamment puissant pour transformer nos rapports aux objets et aux autres.

ecoconso


Ce dossier provient du site belge ecoconso.be et a été écrit par Ann Wulf et Guillemette Lauters. Les mentions spécifiques à la Belgique ont été, dans la mesure du possible, transposées aux acteurs français.

ecoconso 06/06/12
Photo: sharing (FlickR/bengrey)
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