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Crèmes solaires: quelle protection ?

Crèmes solaires: quelle protection ?

En matière d'exposition solaire, le message « Soleil : attention danger » conduit à l'utilisation massive de crèmes présentées comme la solution efficace et saine à un problème de santé. L'arrivée de l'été peut être l'occasion de creuser un peu cette certitude.

Pour répondre aux risques liés à la surexposition aux rayons ultraviolets A et B, l'industrie cosmétique a développé des trésors d'ingéniosité pour nous enduire le corps de crèmes dites protectrices. Mais si nous sommes très largement sensibilisés aux dangers liés à une exposition au soleil, les risques liés à l'utilisation de ces crèmes solaires sont largement méconnus.
Et pourtant la cosmétique traditionnelle propose principalement des filtres solaires chimiques dont les effets sur la santé et l'environnement sont peu souvent évoqués. Face à ce constat, de quelles alternatives disposons-nous pour protéger notre peau ?

se protéger du soleil

Se protéger contre quoi ?

Rappelons tout d'abord que l'exposition au soleil est indispensable à notre équilibre physique et moral. Source de vitalité et de bien-être, elle favorise la circulation et stimule la formation de vitamine D.

Ce qui est en cause ce n'est donc pas tant l'exposition au soleil que la façon de s'exposer c'est à dire une pratique culturelle et sociale à part entière, étroitement associée à la notion de loisirs. La course au bronzage...

On distingue trois sortes de rayons ultraviolets

  • UVA : moins puissants que les rayons UVB, ils pénètrent plus profondément dans la peau et sont responsables du vieillissement précoce et augmentent le risque de cancer de la peau. Plus traîtres que les UVB, leurs dégâts ne sont précédés d'aucun signe visible.
  • UVB : ils ne représentent que 5% du rayonnement solaire mais sont la principale cause des coups de soleil, ils constituent à long terme le principal facteur de risque de cancer de la peau, dont le mélanome.
  • UVC : rayonnements les plus nocifs qui sont filtrés par la couche d'ozone en altitude et n'atteignent pas la terre.

Les crèmes solaires une solution saine et efficace ?

Il existe deux types de filtres UV : les filtres chimiques qui absorbent la lumière ultraviolette et les filtres minéraux, « écrans » opaques qui réfléchissent la lumière.

Des filtres chimiques peu engageants

La cosmétique conventionnelle utilise majoritairement les filtres chimiques qui, s'ils sont faciles d'utilisation, présentent de nombreux inconvénients. Ils ne sont en premier lieu efficaces qu'après 30 mn et doivent être renouvelés fréquemment. Ils présentent en outre des risques d'allergies importants.

Surtout, ces crèmes, censées nous protéger, ne sont pas sans effet sur notre organisme et sur l'eau de baignade dans laquelle s'en dépose une bonne partie.

Une étude publiée par des chercheurs suisses de l'Université de Zurich a mis en lumière l'activité oestrogénique de certains filtres UV qui pourrait favoriser le développement de cancer et provoquer des troubles du développement des organes sexuels et du cerveau.

Le risque lié à l'exposition à ces substances est double. En premier lieu, en passant la barrière cutanée ces substances se retrouvent dans notre organisme. Ainsi une étude menée dans le cadre du programme national de recherche sur les «perturbateurs endocriniens» suisse (PNR 50) a révélé la présence de ces substances dans le lait maternel.

Par ailleurs, l'environnement et la chaîne alimentaire sont également concernés puisque ces substances ont été identifiées dans des poissons de rivières.En effet, une grande partie de la crème que nous mettons se retrouve directement dans l'eau de baignade mettant au passage en péril les récifs coraliens.

Leur efficacité et leur composition est également mise en cause par une étude de l'Environmental Working Group (EWG), une ONG environnementale basée à Washington qui a réalisé une enquête sur 952 lotions solaires américaines.

se protéger efficacement du soleil

Les filtres minéraux: oui mais pas trop petits

Une alternative à ces filtres chimiques réside dans l'utilisation d'écrans minéraux qui réfléchissent les rayons nocifs. Ils sont constitués de micropigments : dioxyde de titane (substance naturelle) ou oxyde de zinc (obtenu synthétiquement à partir du minerai de zinc).

La cosmétique naturelle a recours à ces composants pour palier l'utilisation de filtres chimiques. Si ces écrans sont efficaces immédiatement, ne sont pas allergisants et ne présentent pas la nocivité des filtres chimiques, ils ne sont pas sans poser de problème.

D'une part, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a déterminé que le dioxyde de titane, majoritairement utilisé comme composant pour les écrans, était un cancérogène du groupe 2B « susceptible d'être cancérogène pour l'humain » en cas d'inhalation. Cette présomption de dangerosité fait peser un risque sur les personnes qui manipulent ce composé lors de la fabrication.

Des nanoparticules dans les crèmes solaires bio

D'autre part, pour améliorer la texture des crèmes et éviter l'effet masque blanc sur la peau, des marques ont recours à une micronisation du dioxyde de titane en nanoparticules. En l'absence d'informations fiables sur les dangers sanitaires liés à l'utilisation des nanotechnologies dans la cosmétique, il paraît peu rigoureux d'avoir recours à celles-ci dans des cosmétiques estampillés « bio ».

Dans leur utilisation sans nanoparticules ces écrans sont toutefois une alternative bien plus saine et écologique que les filtres chimiques évoqués plus hauts.

Indices de protection et réglementation européenne

Les protections solaires affichent un SPF, Sun Protection Factor, (FPS en français), indice qui renseigne l'intensité de la protection contre les UVB et indique le rapport entre le temps pour être victime d'un coup de soleil avec ou sans produit solaire.

Une recommandation de la Commission Européenne de septembre 2006 définit 4 classes de protection :
  • faible protection : SPF 6 à 10
  • protection moyenne : SPF 15 à 25
  • haute protection SPF 30 à 50
  • très haute protection : SPF 50 et +

Cette recommandation prévoit également l'apposition d'un nouveau logo UVA qui indiquera que le produit solaire a un facteur de protection UVA d'au moins 1/3 de son facteur de protection UVB.

Cette future obligation ne permet cependant pas aux filtres minéraux d'atteindre la norme exigée, ce qui, dans un souci de transparence et de clarté, a conduit des marques telles que Weleda et Dr Hauschka à retirer leurs produits de protection solaire du marché jusqu'à l'élaboration de nouvelles formulations correspondant à ces critères.
On peut saluer cette initiative courageuse qui s'inscrit on ne peut mieux dans le principe de précaution.

L'alternative laissées aux consommateurs est donc pour l'heure quelque peu déconcertante :

  • Filtres chimiques dont la nocivité sanitaire et environnementale est détaillée plus haut,
  • Filtres minéraux composés de nanoparticules (pour éviter l'effet paquet blanc)
  • Filtres minéraux classiques, ce qui d'un point de vue sanitaires et environnemental est la solution la plus adaptée, mais qui ne respecte pas la récente recommandation européenne.

Une protection saine et écologique

Compte tenu de ce choix cornélien comment aborder l'été en toute sérénité ?

La façon la plus naturelle de protéger notre corps contre les excès d'UV ne serait-elle pas d'apprendre à adapter notre exposition au soleil et de laisser ainsi notre corps se préparer à développer sa propre protection ? Cette approche du problème présente en effet l'avantage de retirer d'une exposition au soleil tous les bienfaits liés à la synthétisation de la vitamine D, limitée par l'utilisation de crèmes solaires.

Notre peau dispose en effet de mécanismes de protection naturelle contre les effets néfastes des rayons UV telles que la pigmentation, l'épaississement de la couche cornée, ou la formation d'acide urocanique, substance anti UV naturelle du corps.

Pour permettre au corps de développer cette protection, les conseils suivants peuvent être proposés :

  • Procéder à une exposition progressive au soleil, car le bronzage naturel est la protection solaire la plus efficace et la plus saine. Cette exposition dépend du type de peau.
  • Eviter d'altérer la défense de la peau en décapant sa couche protectrice, et donc éviter les douches avant et immédiatement après l'exposition au soleil,
  • Eviter des expositions entre 11 heures et 16 heures et les expositions prolongées. Pour cela porter des vêtements et une casquette ou un chapeau ou s'abriter à l'ombre d'un parasol ou d'un arbre.
  • Evitez l'exposition directe des enfants. Il faut les laisser à l'ombre, les protéger par des vêtements (leur mettre un chapeau, un T-shirt, etc.).
  • En cas d'exposition directe prolongée préférez les filtres minéraux qui ne provoquent pas d'allergies et ne polluent pas l'environnement.

Pour en savoir plus vous pouvez également consulter :

Les dossiers de Rita Stiens sur le sujet.

Des nanoparticules dans les crèmes solaires : quels risques ? sur le site de Sciences et Démocratie.

eco-SAPIENS 28/06/11
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Commentaires
Correct apprenti-ecosapiens 31/07/09
Quelle est la crème solaire bio qui contient des particules ?

Bonjour,

Merci pour cet article clair et sans concession.

Je suis en pleine crise de couple (ou presque) avec mon mari qui hurle à chaque fois que je tartine les enfants de crème solaire bio. C'est vrai que j'ai la main lourde, mais ayant déjà du subir plusieurs coups de bistouri pour retirer mélanomes et baso-cellulaire, je suis méfiante avec notre cher soleil. Mon dermato m'a mise en garde, pour moi, fini le soleil !!! A 35 ans, j'ai déjà épuisé tout mon capital soleil. Alors oui, je crème généreusement et mon corps et celui des enfants. Mais j'aimerai en savoir plus car depuis que sur France Info j'ai entendu qu'une crème bio contenait des nanoparticules...un sérieux doute m'envahit. Et si c'etait celle là justement ???

Vous est il possible de nous en dire plus. Quelle est cette fameuse crème ? Ou quel est le moyen de savoir si une crème bio utilise des nanoparticules ???

Merci beaucoup pour votre site de qualité et d'utilité publique ;-)
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