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Marseille des eco-sapiens
Le soja en Argentine
Le soja est la principale culture du pays et occupe plus de 50 % des terres cultivées (90% de ce soja est transgénique).
15 millions d'hectares (soit 60 millions de tonnes) contre 6 millions il y a dix ans.
Qu'est ce que la Mode éthique : des exemples de marques
Dossier Mode et deco

Qu'est ce que la Mode éthique : des exemples de marques

Mais qu'est ce que c'est que la mode éthique ? Voilà une question dont la réponse peut donner lieu à de multiples débats… Nous tenterons ici d'apporter une réponse la plus synthétique possible à cette question en illustrant nos propos avec des marques présentes depuis longtemps sur eco-SAPIENS.

La mode éthique est née pour créer une alternative à la mode « conventionnelle » qui pose de nombreux problèmes aussi bien d’un point de vue social qu’environnemental. Scandale des enfants au travail, des conditions de fabrications proche de l’esclavage, des matières premières utilisées fortement polluantes et consommatrices d’eau.

Face à ces questions, des hommes et des femmes ont décidé de créer des collections de vêtements fabriquées dans des conditions dignes et avec des textiles les moins polluants possibles. Ils ont créé et inventé de nouveaux circuits et nouvelles manières de faire à toutes les étapes de la fabrication d’un vêtement. C’est pourquoi sous le terme de mode éthique on peut retrouver une large palette de pratiques. Mais commençons par refaire ce chemin de nos vêtements, en espérons qu’il ne fasse pas 60 000 km comme les jeans classiques avant de se retrouver sur nos fesses.

Des matières premières moins polluantes

Recycler et réutiliser l’existant

Réutiliser ou recycler évite la production de nouvelles matières premières et limite la quantité de déchets. De nombreux créateurs se sont lancés ces dernières années dans la réalisation d’objets originaux, dans le domaine de la bagagerie notamment.

On trouve ainsi des sacs confectionnés à base de chambres à air usagé comme Cyclus. Marron Rouge propose des sacs en chambre à air, pneus, ceintures de sécurité et papier journal fabriqués en Inde. Nahui Ollin utilise quant à lui une technique mexicaine pour réutiliser les emballages non utilisé de bonbons, les plier, les tresser et les coudre. Equité et Coll.part se servent de sacs de nourriture pour poisson (ils sont très colorés au Cambodge).

On peut aussi récupérer des bâches publicitaires, les traiter, les découper et en faire des sacs et des besaces, très tendances comme Reversible ou Bilum ! On peut trouver également des matériaux techniques comme le kevlar ou le dacron issus des voiles de bateau pour fabriquer des cabas, des sacs marins ou des sacs de plage comme le propose Sous le Vent ou les Toiles du large.

Certaines marques comme Globe Hope récupèrent de vieux tissus (rideaux, couverture, etc.), ou encore des duvets de l'armée finlandaise pour en faire des sacs branchés et chics.

Il existe également des créateurs qui utilisent des jeans usagés, des chutes de tissus ou de cuir récupérées par des ESAT.

Les matières bio : le coton bio, le lin bio, le chanvre, l’alpaga...

Le coton est l’une des cultures la plus polluantes du monde : 3% des surfaces cultivées sur la terre mais 25% des pesticides rependus sur la planète. Choisir du coton bio, du lin bio ou du chanvre c’est participer à la bonne santé des sols, des nappes phréatiques et des ouvriers agricoles qui y travaillent.

De nombreuses marques de vêtements utilisent du coton bio, le plus souvent labélisé EKO, par Skal (hollandais) ou IMO (Suisse) ou encore Ecocert (Français), IVN Nature (Allemand) ou la Soil Association (Anglaise) réunis au sein du GOTS. De 2007 à 2010 la production de coton bio est passé élevée à 150 000T à 240 000T mais ne représente toujours que de 1% de la production mondiale.

Le coton bio d’Inde est l’un des plus prisés : on le retrouve dans les marques suivantes : Article 23 (qui dispose également du label Max Havelaar), Gossypium, Idéo, Kamakala, Kolam, Numanu label of love, Patatrac, Seyes, Les fées de Bengale, Machja, Living Crafts, Ethos, Côté nature bio, Peau éthique, Quat'rues (coton bio et équitable d'Inde ou du Mali), Laspid ou encore la Queue du chat qui propose des vêtements pour enfants.

D’autres pays produisent du coton bio comme le Pérou : Pachama et Mandacaru, le Brésil Tudo Bom ?, Envão, Kuyichi la marque de jeans hollandaise, ou encore la Turquie : Jaël à des ailes, Leela coton et SobOsibio.

Le lin bio est également une matière intéressante, qui peut être produit en France (en Normandie notamment). Côté Nature bio l’utilise dans ces créations tout comme Ecolution en complément du chanvre.

Le chanvre a l’immense avantage d’être une culture résistante et ne nécessite pas l’utilisation de pesticide : Jaël à des ailes, Pure, Sativa, Hempage, ou Ecolution l’utilisent pour leurs collections.

Pour avoir plus chaud en hiver notamment, on utilise de la laine, de l’Alpaga notamment comme Andes Made et Ethos en provenance de l’altiplano bolivien et valorisant un savoir faire traditionnel.

Notons aussi d’autres matières, comme la fibre de bois des sous vêtements de g=9,8. Pour plus d’information se reporter au dossier la lingerie se met à nu.

A noter : la fausse bonne idée écolo : La fibre de bambou : Si le bambou possède des caractéristiques écologiques indéniables, il en est tout autrement du textile de bambou, la "viscose de bambou', dont les procédés de transformation nécessitent l'utilisation de produits bien toxiques et très peu respectueux de l'environnement. Voir le dossier sur le bambou.

L’ennoblissement une phase délicate

C’est une étape importante, durant laquelle sera notamment donné de la couleur aux textiles. Selon les colorants utilisés et les conditions de traitement des eaux usées cette étape de fabrication peut causer de graves problèmes environnementaux. Les métaux lourds utilisés dans les teintures peuvent se retrouver dans les sols. Quant à ceux qui restent sur les vêtements, ils peuvent, par transpiration, passer dans le corps. Le label hollandais Öko-tex certifie qu’il n’y a pas de risque de passage de métaux lourd du textile vers le corps.

Pour réduire les coûts du transport et leur impact sur l’environnement, beaucoup de filature sont proches des lieux de productions des matières premières. Ainsi beaucoup de marques utilisent des textiles ennoblis en Inde et en Turquie.

Des conditions de travail bien meilleures dans les ateliers de confection

Respecter à minima les normes de l’OIT

Toutes les marques éthiques se sont engagées à travailler avec des structures qui respectent les normes de l’OIT (l’Organisation Internationale du Travail). C’est un minimum lorsque l’on veut éviter le travail des enfants et les sweat shop (ateliers de la sueur). Si ce contrôle est assez aisé en Europe, ça l’est moins lorsque la production se passe en Asie.

Qu’elles sont les entorses les plus souvent détectées aux normes de l’OIT ? La non limite des heures de travail, le paiement des heures supplémentaires, la non présence de salaire minimum et surtout le harcèlement physique et morale, sans parler des conditions d’hygiène.

Les marques de la mode éthique souhaitent donc aller plus loin que ces normes. Certaines travaillent avec des personnes en grande difficulté, en réinsertion en Inde par exemple. D’autres mettent en place des dispositifs de sécurité sociale éventuellement des aides en nature pour le transport et le déjeuners.

La WFTO (World Fair Trade Organization) est un organisme référent qui labellise et garantie des conditions de travail décente en respectant les principes suivant :

  • Interdiction de faire travailler des enfants,
  • Opposition aux travaux forcés des immigrants payés à bas coûts,
  • Soutient actif au commerce équitable par un juste salaire des ouvriers, et le respect du droit du travail.

Les marques People Tree, Kolam, Kamakala, Article 23 et Machja confectionne leurs vêtements dans des entreprises membre du WFTO.

On peut aussi saluer la marque française de vêtements techniques de montagne et sportswear Picture Organic Clothing dont les usines sont certifiées Flo-Cert ou GOTS, utilisant du coton bio, la membrane Bio-Ceramic et des matériaux techniques recyclés; ou encore la marque de vêtements baba cool Fantazia.

La valorisation de savoir faire traditionnel

Certaines marques souhaitent particulièrement valoriser des savoirs faire traditionnel : Moyi Ekolo et Bionat et le cuir de Romans en France, Deux filles en fil et le cuir de la région de Chollet ou encore la vie devant soie. Ce sont des actions nécessaires face à une certaine uniformisation du monde.

Bravo aux marques qui produisent en France et en Europe

Deux filles en fil, Sebola, Côté Nature Bio, Bionat, Jaël à des Ailes, Moyi Ekolo, Seyes, Zeste de Nature et Ginger Sisters ! On a tendance à l’oublier, mais en France les conditions de travail font, pour l’instant, parties des meilleures au monde, avec une sécurité sociale et un droit du travail ! Il est vrai également que payer des ouvriers dignement cela coûte de l’argent et que cela rend les produits plus chers, mais nous le valons bien !

Enamore confectionne en Angleterre, Pololo en Allemagne. Tous contribuent à maintenir des emplois dans leur pays.

Les stylistes et les graphistes s’y mettent de plus en plus.

La très fantasque Mariane Faithful elle aussi ne jure plus que par la mode éthique proposant de se remettre à la couture et se faire ces vêtements avec la nappe ou les rideaux du salon.

De manière plus générale de plus en plus de stylistes, jeunes (Ginger Sisters) ou expérimentés (Catherine de Machja) n’envisage plus de faire produire leur création dans de mauvaises conditions sociales et environnementales. Ils apportent leur savoir faire pour que plus personne ne puissent dire que la mode éthique se limite aux panchos et bonnets péruviens.

Notons également que des graphistes originaux utilisent des supports éthiques pour leurs créations : on pense à Laspid qui utilisent des t-shirts Ideo et Quat’rues qui travaille avec Switcher.

Des plus pour créer toujours plus de sens

Certaines marques sont créées sous forme de coopérative (SCOP) dans lesquelles les salariés détiennent majoritairement le capital de leur entreprise comme Equité.

Certaines reversent 1% du chiffre d’affaires à des associations de défenses de l’environnement comme c’est le cas de Reversibleou d’Envão via l’association 1% for Planet créée par Patagonia.

Enfin, notons la démarche exemplaire des membres du Transparent Trade, qui ouvrent et publient l’ensemble de leur compte sur le site : www.transparent-trade.org. Pour Azimuts, Côté Nature Bio, La Queue du chat et Pachama’, c’est la seule manière de participer à un commerce équitable et de sortir des labellisations parfois critiqués.

Nous n’avons pas de doutes que malgré la complexité de labéliser toutes la filière de fabrication des vêtements, toutes ces créations et initiatives vous donneront envie de vous habiller autrement !

Voici en images une vision de la mode éthique par l'Ethical Fashion Show 2010

eco-SAPIENS 20/01/11
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Commentaires
bruno 11/03/09
quelques précisions
Bonjour, Merci pour cet article général.un bémol toute fois :

Vous parlez de bambou et de fibre de lait. La loi et la répression des fraudes rappelle que ces matières sont des viscoses (procédé chimique inventé en 1884) et que la matière première de base n'a pas à être mentionnée. Jusqu'à plus ample informé, le procédé de fabrication de la viscose reste polluant. C'est sans doute moins pire que la pétrochimie des synthétiques, mais c'est aller vite en besogne que de dire que ce sont des fibres écologiques.

Pour ce qui est de la "fibre de lait", ce n'est pas un procédé nouveau, on en faisait déjà dans les années 50 et des défilés haute couture en montraient il y a au moins 35 ans... Autre soucis, la "fibre de lait", tout comme les "fibres de soja et de maïs" sont des fibres dont la base est un produit alimentaire.
Nous reproduisons là les problèmes des agro carburants, en ces temps de crise alimentaire qui dure toujours et dont on ne parles curieusement plus.on nous dit que ces "nouvelles fibres" sont produites de manière écologique, mais quand on essaie de creuser, le flou s'installe. Ce qui est flou ou caché est suspect, dans ce monde où même la bonne conscience a un prix.

Il faudrait avoir des outils fiables tels que des éco-bilans sur la filière, afin que les consommateurs aient enfin un moyen réel de comparer.Pour ce qui est du coton bio, il est nécessaire qu'il le soit, mais il faudrait préciser s'il est cultivé en mono culture ou dans un assolement (rotation des cultures). En effet, dans le premier cas, pour un tee-shirt il faut utiliser, comme en chimie, 5000 litres d'eau, alors que dans le cas de l'assolement, il ne suffit plus que de 500 litres.

Dernière précision le label Oëko-Tex 100 n'est pas un label environnemental encore moins bio, il précise juste (ce qui est déjà bien) qu'il n'émet pas de toxicité. Beaucoup le présentent comme un label bio. Les formulations sont là encore fort ambiguës. bref, il y a un boulot monstre à réaliser pour être un éco-sapiens qui s'habille propre et transparent...

Bruno tisserand breton
Correct Nesta 13/05/09
Vêtements pour enfants bio-équitables Lilidom

Toutes ces précisions sont importantes et très instructives, merci! J'en profite pour vous parler d'une collection de vêtements pour enfants exclusivement faits de coton certifié bio et équitable:Lilidom propose des bodys, pyjamas, tops ,robes et autres colorés pour les enfants de 0 à 8 ans , et porteurs de messages de solidarité et d'espoir, parfois drôles comme "La tête a Kyoto", et de qualité extra.Parce que les enfants sont ceux que nous voulons protéger et à qui nous voulons laisser une société saine et équilibrée comme héritage, on change le monde...petit à petit!

Correct kami organic 22/02/10
Mode, bio et haut de gamme

Bonjour, je suis heureuse de voir l'intérêt et le développement croissant de marques bio.

Je tiens à vous présenter la marque kami-organic qui a quitté récemment le géant LVMH pour mettre son savoir-faire au service de la production de sa propre collection entièrement en matière organic. Les matières sont bio et douces, mettant en scène une désinvolture travaillée tout en couleur, la collection est créée par un styliste de renom, Jérôme L'Huillier. Les efforts de Kami ne s'arrêtent pas aux matières organiques mais se font tout au long du processus de production jusqu'au point de vente (les cintres sont en protéine de maïs recyclé par exemple) et elle souhaite acquérir la certification ISO14001.

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