
La vigne est la culture qui reçoit le plus de traitements chimiques : insecticides, herbicides mais surtout fongicides. Le raisin représente 3,5 % des terres cultivées en Europe mais engloutit 15 % des pesticides.
Dans le cadre des programmes de surveillance alimentaire, l'Europe avait examiné plus de 2000 échantillons de raisins. 5% des lots dépassaient les doses maximales pourtant relativement élevées. Pourtant la nocivité de ces intrants chimiques n'est plus à démontrer. En effet, la procymidone, le dicarboximide l'iprodione, l'imidazole sont de bien jolis noms pour des bombes à retardement : cancérigènes, perturbateur endocrinien, neuro-toxiques...
Une étude du ministère français de l'Agriculture a conclu que 30% des pesticides pourraient être transférés dans les vins, et a identifié 15 pesticides « systématiquement » détecté à la fois dans le raisin et le vin.
Bref, il n'y a pas de mystère, si une grande partie des pesticides étaient sur le raisin, on le retrouve soit dans le sol (et donc peut-être dans l'eau des nappes phréatiques...) soit dans la bouteille.
Or, les études médicales portant sur les agriculteurs manipulant ces pesticides montrent que ceux-ci sont bien plus exposés à des maladies comme celle de Parkinson, d'Alzeheimer ainsi que des cancers du cerveau.
Nous vous invitons à lire le rapport sur le vin et les pesticides publié à l'initiative du MDRGF et du PAN-Europe. Tous les vins conventionnels testés affichent une contamination 5800 fois plus élevée que pour l'eau potable. Malheureusement, les seuils pour le vin sont indexés sur la vigne... et non sur l'eau !
En marge des pesticides « synthétiques », il faut mentionner deux traitements historiques, plus naturels certes, mais qui peuvent avoir un impact sur les sols.
Ces deux pesticides sont autorisés en agriculture biologique car ils ne pénètrent pas la plante. Bien entendu, en agriculture biologique, les doses autorisées sont plus faibles qu'en agriculture conventionnelle. 6 kg de cuivre par hectare et par an contre six fois plus en conventionnel.
Etape la plus importante, la vinification peut nécessiter aussi bien des ingrédients naturels (levure, sucres) que synthétiques (arômes, conservateurs).
Là encore, beaucoup d'oenologues considèrent que les sulfites sont indispensables pour éviter les mauvaises surprises. Ce conservateur doit être indiqué sur l'étiquette si le vin en contient plus de 10mg/L. A l'opposé, certains considèrent qu'il est possible d'en mettre très peu voire pas du tout. En ce cas, la mention "sans sulfites ajoutés" vous indiquera que ce vin devra être bu assez vite (un an pour un blanc, deux ans pour un rouge).
Il faut relativiser, les sulfites ne sont pas très dangereux. Au pire ils causeront des maux de tête et des troubles intestinaux. Mais il sera difficile de les tenir pour responsable ! Des cas d'allergie existent et il ne faut pas les associer avec un autre additif non toxique qu'est le sorbate. Moralité: moins il y a d'additif, moins vous aurez besoin de réviser votre chimie.
Côté saveur, un expert pourra déceler une odeur de sulfite et certains oenologues préfèrent les vins "natrurels", sans sulfites.
Face à l'agriculture conventionnelle et l'agriculture raisonnée (qui ne veut pas dire grand-chose puisqu'il n'y a pas de cahier des charges), il faut bien entendu privilégier les vins bio... et leurs cousins trublions.
Résumons les différentes appellations pour un vin:
Agriculture raisonnée ?
Vin biologique labellisé AB

vin Demeter bidynamique
Vin Nature et Progrès
Si l'on trouve des vins labellisé AB en grande surface (un ou deux en général), vous devrez vous reporter aux magasins spécialisés type Biocoop pour trouver des vins Demeter et des vins Nature et Progrès. Les prix tournent autour de 5 euros la bouteille.
Mentionnons également les vins naturels qui revendiquent l'absence de sulfites dans le vin et surtout une autonomie par rapport à tout cahier des charges. L'inconvénient est bien entendu que le terme "vin naturel" n'a aucune valeur juridique. Mais l'avantage est que cela vous permettra de questionner votre vigneron.
Qui sait ? Peut-être vous fera-t-il découvrir son champ et vous aurez ainsi la meilleure garantie bio. C'est le début d'un système de garantie participatif !