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Marseille des eco-sapiens
Le jean bleu pétrole
De la culture du coton jusqu'à son acheminement en Europe en passant par sa confection, un jeans aura consommé l'équivalent de 25 litres de pétrole et engendré un rejet de 2 kg équivalent CO2 dans l'atmosphère.
Planète Jeans, planète blues
Dossier Mode et deco

Planète Jeans, planète blues

Le jeans est devenu un des emblèmes de la société de consommation actuelle. Il est présent sur toute la planète et dans toutes les catégories sociales.
Un dossier original proposé par écoconso

Habit de travail, atout chic, tenue décontractée ou encore deuxième peau pour les adolescents, ce bout de tissu semble tous nous vêtir et nous séduire…

Sa production, est elle aussi mondialisée, et critiquée sur le plan éthique et environnemental. Petit guide des choses à savoir en ce qui concerne le jeans…

Des modes de production qui dégradent l'environnement

Selon l’Agence française de l’environnement (Ademe) (1), 52 % des impacts environnementaux d’un jeans sont générés lors de sa production.

En premier lieu, la culture du coton, qui occupe 2,5 % de la surface de la planète, consomme 25 % des insecticides et 11 % des pesticides utilisés dans le monde. Afin d’accélérer l’ouverture des capsules de coton, l’utilisation de défoliants (arsenic, composés organophosphatés) est fréquente. Par ailleurs, le cotonnier est très gourmand en eau. On attribue d’ailleurs à cette culture la disparition progressive de la Mer d’Aral car c’est là que se trouvent 73% du coton mondial irrigué.
Or, les fleuves qui alimentaient cette mer ont été détournés vers les cultures de coton. Si on fait le compte pour 1kg de coton (c’est-à-dire pour un jeans), ce sont 5000 à 25000 litres d’eau, 75kg de pesticides et 2 kg d’engrais chimiques qui sont utilisés. Et ce n’est pas fini…

Vient ensuite la phase d’ennoblissement qui correspond à l’ensemble des traitements subis par le coton pour devenir du fil puis du denim (teinture, imperméabilisation, traitement anti-rétrécissement…).

Pour cela on utilise des résines synthétiques toxiques (contenant par exemple du formaldéhyde pour la résistance au froissement). Outre les dangers que cela représente pour les travailleurs, si le pantalon est produit dans un pays ne disposant d’aucune législation sur le traitement des eaux cela peut avoir des conséquences irréversibles pour l’environnement. Or, la majorité du marché textile est issue de l’importation qui ne respecte pas les normes européennes.

De plus, selon le ministère français de l’industrie, l’ennoblissement correspond à 65% de l’énergie consommée (eau et électricité) par an pour la filière textile.

De la culture du coton jusqu’à son acheminement en Europe en passant par sa confection, un jeans aura consommé l’équivalent de 25 litres de pétrole et engendré un rejet de 2 kg équivalent CO2 (2) dans l’atmosphère (Ademe).

Qui fabrique nos jeans ?

jean de la marque Machja

L’habillement a été le premier secteur concerné par les délocalisations en Asie, Afrique du Nord et dans les pays de l’Est. Le jeans n’y fait pas exception. Au niveau mondial, les grandes marques abandonnent progressivement la production et sous-traitent pour se concentrer sur le marketing. Ce faisant, elles se désengagent quant à l’application des règles de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Parallèlement à cela, des ateliers de fabrication aux cadences infernales et à bas salaires se multiplient.

Les usines de fabrication, teinture, découpe et confection sont délocalisées dans des pays du Sud où les ouvriers (souvent des femmes), travaillent en dehors de toute réglementation sociale. De plus, ils y subissent les effets polluants des teintures et produits de blanchiment. Se pose alors la question des engagements éthiques des grandes entreprises.

Retrouvez une instructive description des conditions de travail pratiquées par certaines usines sur le site de la campagne « Vêtements Propres ».

Le juste prix d’un jeans

Le tableau ci-dessous qui décompose le prix « social » d’un jeans, indique que les 3/4 du prix ne sont pas liés aux aspects production :
Commerce de détail et TVA50%
Marque (administration, marketing et marge)25 %
Usine de confection dans un pays à faible revenu, hors main-d’oeuvre (Matières premières, fonctionnement et marge)13 %
Transport, taxes11 %
Main d’oeuvre confection1 %
Source : Campagne Vêtements Propres

Aujourd’hui, toute l’activité est clairement orientée vers la minimisation des coûts de production au détriment de l’environnement et de conditions de travail décentes.
Pour les textiles en général, les marques ayant une plus-value environnementale ou sociale sont souvent plus chères. Cela s’explique par une rémunération correcte des ouvriers et à l’approvisionnement en matières premières de qualité.

Face à ce constat, que pouvons-nous faire en tant que consommateur ?

Choisir son jeans en connaissance de cause…

Pourquoi ne pas résister aux sirènes du marketing ? Finalement… ce pantalon bleu est résistant et indémodable alors pourquoi en acheter un voire plusieurs chaque année ? « Acheter moins pour acheter mieux » s’applique plus que jamais au jeans et à nos vêtements en général !!

Incités par la mode, nous gardons de moins en moins longtemps notre cher pantalon. De plus, sa durée de vie varie selon sa qualité. Pourtant, c’est logique, garder un jeans plus longtemps c’est éviter la production d’un nouveau pantalon et donc ses impacts. Choisissons donc un jeans bien taillé dans une toile de qualité, gage de durée !

Choisir un jeans en coton biologique est un atout environnemental incontestable. La culture biologique refuse les produits nocifs et privilégie les méthodes respectant les écosystèmes et donne lieu à des vêtements plus sains.

En optant pour un pantalon en coton bio, on évite par exemple l’équivalent de 9 kg de produits anti-mites déversés dans l’eau.

On privilégiera également un pantalon non coloré ou délavé afin d’éviter les lavages successifs et l’utilisation de chlore.

Enfin, pour minimiser les impacts dus au transport, on s’informera sur la provenance du pantalon afin de réduire les distances.

Il existe des écolabels pour les textiles. Ils assurent que des normes strictes sont respectées pour limiter les impacts sur l’environnement et la santé et pour favoriser de bonnes conditions sociales de fabrication. Concernant le jeans, ils sont malheureusement trop peu connus et répandus. C’est pourtant un article de consommation de masse. Certains jeans ont reçu le label « Confiance Textile ». Ces produits sont certifiés Oeko-Tex et garantissent des textiles sans risques pour la santé.

…d’un point de vue social : pas toujours facile

D’un point de vue social et éthique, il est difficile de savoir à quel jeans se vouer.
Posons-nous la question de savoir si la marque a un code de conduite. Si oui, ce code est-il conforme aux droits fondamentaux des travailleurs édités par l’OIT et aux règles de base concernant le salaire ? Le plus souvent, ce n’est pas le cas en ce qui concerne la juste rémunération des ouvriers.

Bien entretenir son jeans : un pli à prendre

Si 52% des impacts environnementaux d’un jeans sont attribuables à sa production, il n’en reste pas moins que son entretien et la manière dont nous le traitons représente 48% des impacts. Cela signifie que nous pouvons vraiment agir au quotidien pour alléger l’empreinte écologique de notre jeans !

Gardons les bons réflexes : lavage à basse température et dosage correct de la lessive, pas d’assouplissant, séchage à l’air libre, pas de fer à repasser, pas de nettoyage à sec !

On peut visualiser les gains réalisés en fonction de nos comportements grâce à un petit calculateur en ligne : A vos manettes !

Un consommateur sur deux jette son jeans à la poubelle ! Pourtant, plusieurs options s’offrent à nous. S’il est encore en bon état, on peut le revendre ou même le donner. S’il est usé, transformons-le en chiffons.

Marquons nos préférences

On le sait bien, les grandes marques de jeans sont à l’affût des moindres évolutions de la demande. A nous de marquer nos préférences pour des vêtements de qualité et produits durablement. L’enjeu consiste à sortir du cercle vicieux dans lequel le consommateur se sent prisonnier de ce qu’on lui offre et où les fabricants se retranchent derrière le prétexte du manque d’intérêt des consommateurs pour ne pas modifier leurs pratiques.

Aujourd’hui, dans le secteur du textile se pose plus que jamais, la question éthique comme la question environnementale. Ce sont les emplois au Nord, les conditions de travail au Sud et l’environnement de la planète qui sont en jeu !

écoconso 26/05/08
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