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Des fleurs bio et équitables ?
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Des fleurs bio et équitables ?

Nous aimons les fleurs... un peu, beaucoup, passionnément ! Mais la culture et le transport de ces roses, chrysanthèmes, œillets ou frésias que nous offrons et recevons avec tant de plaisir présentent une réalité beaucoup moins réjouissante.
Un dossier original proposé par écoconso

Un bilan CO2 lourd

Une grande partie des fleurs à couper que nous trouvons aujourd’hui chez les fleuristes nous vient de pays comme le Kenya, la Colombie, l’Équateur et le Zimbabwe, qui sont les plus grands producteurs. Des avions remplis de fleurs décollent aussi depuis la Zambie, la Thaïlande, l’Inde, l’Afrique du Sud... direction l’Europe. Ces fleurs transitent souvent par la Hollande pour être ensuite vendues dans d’autres pays européens. Bref, les fleurs circulent et il est difficile de savoir d’où vient ce joli bouquet que nous venons d’offrir.

L’impact environnemental des fleurs dépend beaucoup du mode de culture et du transport. Si les conditions climatiques des pays du Sud sont idéales, ici, les cultivateurs utilisent des serres chauffées. Quant au mode de transport, on estime que 85% des fleurs importées arrivent en avion, les autres en camion. L’achat d’un bouquet de 25 roses équivaut à faire 20 km tout seul en voiture... et l’empreinte écologique de ce bouquet est de 20 m2.

Ceci dit, les choses ne sont pas simples. Figurez-vous qu’un bouquet de fleurs, cultivé ici, en serre chauffée, produit en moyenne autant de CO2 que le même bouquet importé du Kenya... La culture en serre demande en effet énormément d’énergie. Les fleurs aiment avoir bien chaud et ont besoin de beaucoup de lumière. Après la récolte, les fleurs sont très fragiles et ont besoin d’être réfrigérées en permanence. De l’énergie est nécessaire aussi pour faire fonctionner des machines et parfois pour le séchage.

Culture toxique... et non éthique

Lors de la culture des fleurs, l’environnement est pollué par les engrais synthétiques et surtout les pesticides utilisés qui, en plus, nuisent gravement à la santé des travailleurs. Pour plusieurs raisons, la situation dans les pays du Sud est dramatique:

  • Les pesticides qui y sont utilisés sont bien souvent plus puissants et plus toxiques que ceux utilisés chez nous. Beaucoup d’entre eux sont des substances cancérigènes ou mutagènes avérées. Plusieurs pesticides interdits ici (par exemple le Parathion, le bromure de méthyle...) y sont couramment utilisés. A cela s’ajoute l’utilisation illégale de certains pesticides interdits dans les pays en question.
  • La culture à ciel ouvert (plutôt qu’en serre non chauffée) favorise la propagation des maladies (ce qui incite à traiter plus) ainsi que la dispersion de la pollution.
  • Les travailleurs n’utilisent pas toujours des protections adéquates : ils ne sont pas informés, sont souvent analphabètes, l’entreprise ne prend aucune mesure de sécurité...

Les travailleurs sont contraints d’accepter des conditions de travail déplorables :

  • L’exposition aux pesticides : ces produits sont pulvérisés 2 fois par semaine. Une demi-heure après le traitement, tout le monde est prié de reprendre le travail... et il n’y a pas toujours de quoi se protéger. Beaucoup de travailleurs souffrent de façon chronique de maux de tête, problèmes de peau, vision brouillée, pertes d’équilibre, insomnies, nausées, troubles de mémoire, dépression... ou sont confrontés à plus long terme au cancer ou à des maladies respiratoires, cardiovasculaires ou nerveuses.
  • Les salaires sont si bas que la plupart des travailleurs vivent dans une pauvreté absolue. Ils n’ont aucune protection sociale, n’ont pas la possibilité de se syndiquer, travaillent de longues journées, sont employés en général sans contrat...
  • La plupart des personnes qui travaillent dans ce secteur sont de jeunes femmes. Elles risquent de subir des intimidations sexuelles ou un test de grossesse obligatoire. Chez celles qui attendent un enfant, les fausses couches et malformations congénitales sont fréquentes.

Quelles fleurs acheter ?

Quelques pistes...

  • Demander des fleurs de saison, cultivées localement : par exemple des fleurs à bulbes au printemps, des tournesols en été et des chrysanthèmes en automne.
  • Demander des fleurs issues du commerce équitable qui offre une rémunération plus juste et des conditions de travail correctes aux travailleurs, garantit leurs droits fondamentaux et investit dans l’épanouissement des communautés locales.
  • Les fleurs bio sont garanties sans biocides, sans engrais synthétiques, sans OGM. Engrais organiques, lutte biologique, choix judicieux des variétés et bien d’autres techniques permettent une culture plus respectueuse de l’environnement et de la santé - la nôtre et celle des travailleurs. Elles ne sont pas encore faciles à trouver.
  • En culture conventionnelle, les fleurs à bulbes comme l’hyacinthe ou le lys sont en partie cultivées en plein air pendant la bonne saison, ce qui permet déjà de réduire de 10 fois la consommation d’énergie.
  • Acheter des fleurs qui durent longtemps, comme l’amaryllis, l’anthurium (langue de feu) ou le chrysanthème. Attention aux tulipes, narcisses et iris : ces fleurs-là flétrissent très vite.
  • Acheter moins de fleurs en même temps : quelques fleurs ou une seule fleur bien présentées peuvent faire un aussi bel effet qu’un gros bouquet.
  • Considérer l’achat d’un autre type de cadeau, qui durera plus longtemps.
  • Réserver un coin de son jardin pour faire pousser ses propres fleurs à couper... et pourquoi pas faire des bouquets avec des branches d’arbustes ? Houx, cornouiller, fusain, sureau, prunellier et bien d’autres partageront volontiers un peu de leur verdure et fleurs avec vous. Des associations spécialisées peuvent vous conseiller.

Prenez bien soin de vos fleurs

  • Après l’achat, mettez-les dans l’eau sans tarder.
  • Choisissez un récipient bien propre pour éviter la prolifération des bactéries dans l’eau.
  • Préférez un vase en verre : vous verrez plus vite que l’eau est sale. En plus, les bactéries peuvent se loger dans les pores du vase, donc mieux vaut choisir un récipient bien lisse.
  • Coupez quelques centimètres de la tige. Veillez à faire une coupe bien nette (ne pas casser, déchirer, écraser ou blesser la tige). Chez les fleurs à bulbe, coupez la partie blanche de la tige. Vous pouvez répéter cette opération quand les fleurs commencent à perdre leur éclat. Il est de toute façon conseillé de couper les tiges de 3 cm tous les 4 jours.
  • Si les fleurs semblent un peu défraîchies quand vous les recevez, coupez une partie des tiges, mettez les fleurs dans l’eau et laissez-les quelques heures dans un endroit frais pour qu’elles puissent récupérer.
  • Enlevez toutes les feuilles immergées dans l’eau (vous pouvez laisser les épines).
  • Ne serrez pas trop de fleurs dans un vase.
  • Les fleurs ont besoin de lumière mais n’aiment pas le soleil direct ni l’air sec des radiateurs ou les courants d’air.
  • Ne mettez pas les fleurs près de votre panier de fruits : l’éthylène produit par les fruits les fera vieillir plus vite.
  • Renouvelez l’eau tous les deux jours.
  • Si possible, mettez le vase au frais pour la nuit.
écoconso 25/01/08
Photo: tulipe rouge (FlickR/N.e.s.s.y)
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