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Eco-SAPIENS et la décroissance

Eco-SAPIENS et la décroissance

Volontairement provocant, ce mot-obus contient pourtant une évidence : nous ne pouvons pas continuer comme cela. Rappelons que si tout le monde consommait comme un Européen, il faudrait 4 planètes (6 pour un Américain).

Cette empreinte écologique peut certes être réduite en consommant mieux (produits peu énergivores, agriculture bio peu polluante etc.) mais il est certain que cela ne suffira pas, qu'il faudra aussi consommer moins.

Un terme provocateur

A peine le concept de développement durable se fait connaître du grand public qu'un nouveau terme, plus percutant, émerge. Celui de décroissance.

Contre la croissance ?

Sait-on vraiment ce qu’est la croissance ? Pour les économistes, la croissance a une définition simple. Il s'agit de la variation du Produit Intérieur Brut. Une croissance de 2% signifie donc produire 2% de plus par rapport à l’année précédente. Peu importe ce qui est produit.

Paradoxalement, les pesticides, les armes, les accidents de la route amènent de la croissance. Comment cet indicateur peut-il alors refléter la bonne santé d'une société ? Aujourd’hui beaucoup d'économistes le reconnaissent inadapté mais ne renoncent pas pour autant à l'étudier... et à sous-entendre qu'il faut "plus de croissance".
La décroissance a raison sur ce point : il faut cesser le culte de la croissance.1

Et pour la sobriété !

La décroissance ne se résume pas à être contre ! Si elle critique beaucoup d'aspects de nos sociétés modernes, elle sait aussi proposer. Chercher l’autonomie (cela ne veut pas dire l’autarcie), la sobriété (ai-je vraiment besoin de tous ces gadgets électroniques ?), la relocalisation de l’économie (on favorise le lien social, on pollue moins), les dispositifs techniques simples (toilettes sèches, médecine par les plantes pour les petits maux,...).

Décroissance ou développement durable

Sylvain Florin - renseignements généreux

Si le développement durable considère qu’il est possible d'aménager notre système actuel, la décroissance invite à repenser ce système plus profondément. Les arguments de la décroissance sont très pertinents et obligent à penser un modèle de société dans sa globalité (travail, progrès technique, alimentation, politique, tourisme, valeurs...)

L'effet rebond

Un argument de la décroissance contre le développement durable est l'existence de l'effet rebond.
Une vision développement durable inciterait par exemple à engager la recherche sur de nouveaux moteurs plus propres. On évoque ainsi des moteurs électriques, des moteurs hybrides, des agro-carburants sans remettre véritablement en question l'idée d'une voiture pour tous.

Mais si les moteurs ont fait des progrès, pourquoi le secteur automobile est-il toujours plus polluant ? Réponse évidente : « parce que de plus en plus de monde possède une voiture ». C’est le principe de l’effet rebond : ce que l’on améliore d’un côté en efficacité est compensé de l'autre côté par une sur-utilisation.

Une économie plus virtuelle

On pourrait également croire que la « dématérialisation » de l’économie, nécessitant moins de matières premières et de transports, finira par réduire notre empreinte écologique.

chambre à ordinateurs

Malheureusement, les chiffres ne vont pas dans le sens d'une économie numérique écologique. On pensait ainsi que l’ordinateur permettrait de consommer moins de papier et ce fut tout le contraire (généralisation de l’imprimante et du photocopieur). De même la consommation électrique des ordinateurs et la production des microprocesseurs a un impact environnemental devenu non négligeable : 2% des émissions totales de CO2 et une énergie grise avide d'eau et de pétrole. Sans compter les déchets...

Ainsi, même si le progrès technique permet en principe de réduire son empreinte écologique, il ne faut pas tout miser dessus à cause de l’effet rebond.

Il est difficile de décréter ce qui est « développement durable » et ce qui est « décroissance ». Mais la foi dans la technique n'est résolument pas partagée par les « objecteurs de croissance ».

Les autres dimensions de la décroissance

Contrairement aux idées reçues, la décroissance n'est pas la vision "extrêmiste" de l'écologie. En effet, la critique est transversale et ne se limite pas à l'environnement. Ainsi, la voiture sera critiquée non seulement parce qu'elle transforme une ressource rare et précieuse (le pétrole) en déchet (les gaz d'échappement mauvais pour la santé et le climat), mais aussi pour son aspect social. Sentiment de puissance, bruit, aménagement urbain pour l'automobile etc. Il s'agit moins de dénoncer l'objet automobile que la société de l'automobile.

Outre la dimension sociale, la décroissance s'attaque aux symboles de nos sociétés modernes.

S'attaquer à la croissance est un bon exemple à l'heure où un comité d'experts prestigieux est chargé de "libérer la croissance".

  • Pourquoi défendre la "pouvoir d'achat" ? Comme si le fait d'acheter était une finalité...
  • Pourquoi le progrès technique si celui-ci isole et rend dépendant un nombre croissant d'individus ?
  • Pourquoi le progrès technique si celui-ci présente des dangers irréversibles ?
  • Pourquoi produire plus alors que cette production est insoutenable et qu'il suffirait de partager, de ne plus gaspiller ?

Qui se cache derrière la décroissance ?

Aujourd'hui il n'existe aucune structure qui représente la décroissance. Il s'agit plus d'un état d'esprit. On dit volontiers "objecteur de croissance" comme on dit "objecteur de conscience".

Cependant, des personnalités émergent et ne défendent pas forcément la même vision.

  • Le journal "La décroissance" est un journal satirique diffusé par l'association Casseurs de pub. Ils proposent également de faire rentrer la décroissance sur la scène politique.
  • Pierre Rabhi est un agriculteur qui défend une conception plus spirituelle de la décroissance.
  • Serge Latouche est un économiste qui élargit la critique à la vision économiste et "développementiste" de nos sociétés modernes.

Décroissance et eco-SAPIENS ?

Un eco-SAPIENS se pose des questions... Une question primordiale est « La manière dont je vis est-elle généralisable ? ». La réponse étant très certainement négative, reste à envisager de nouvelles pistes.

L’objectif du site eco-SAPIENS est de rendre visibles les alternatives à la consommation standard, souvent synonyme de gaspillage, de violations de la dignité humaine, d’épuisement des ressources.

L’approche consommation permet de prendre conscience des enjeux sociaux et écologiques d’aujourd’hui. Sa portée est à la fois considérable et limitée.

1
D'autres indicateurs de richesse ont été créés. Le plus connu est l'Indicateur de Développement Humain. Celui-ci prend en compte l'espérance de vie, le taux d'alphabétisation et... la croissance par habitant ! Pas moyen de sortir du culte de la croissance.

Une image provient du site "les renseignements généreux" qui édite des brochures pédagogiques sur ce sujet. Nous vous conseillons ces fructueuses lectures !

eco-sapiens 18/11/07
Photo: Snail (FlickR/*SuiKa*)
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Commentaires
Super stephane 22/11/07
Très intéressant

Merci à Eco-Sapiens pour cette article très intéressant. Etant moi même plutôt adepte de la décroissance, je suis très heureux d'enfin pouvoir lire une critique intelligente et réfléchie.

Bravo !!!

Correct ereignend 29/12/07
quantité et qualité

Il est important de rappeler, comme vous le faites dans le corps de l'article, que la décroissance n'appelle pas qu'à un renversement de tendance en termes quantitatifs mais plus profondément à une réforme du corps social et de son système d'échange, corrélative à un changement des mentalités. Malheureusement le premier paragraphe instaure l'ambiguïté, ambiguïté qui demeure; sa réciproque est pourtant plus intéressante et correspond davantage à l'esprit d'eco-sapiens: il ne suffit pas de consommer moins, encore faut-il apprendre à vivre mieux (et à faire vivre mieux), ce qui suppose peut-être de penser l'usage des biens et services en d'autres termes qu'en termes de consommation. A ce titre, les questions du "pourquoi", qui visent la fin, l'idée du bien, sont cruciales et vous faites bien d'en rappeler quelques specimen.

Je me pose tout de même une question: la décroissance peut-elle se donner les moyens de renverser le système économique actuel ou bien n'est-elle pas qu'un moyen marginal secrété par ce système pour assurer sa perpétuation en prenant davantage en compte la limitation des ressources ? Dans le dernier cas, elle est assimilable au développement durable à ceci près qu'elle flatte et endort le goût révolutionnaire de certains en leur servant une idéologie adéquate (et suffisamment floue pour être mise à toutes les sauces). N'aide-t-on pas le capitalisme à survivre en ne cédant pas, localement, à ses excès ?...

Par manque d'humour je me permets de faire remarquer que la hausse du taux de profit (cf l'illusatration) serait plus qu'une bonne nouvelle pour nos amis les investisseurs... Sans forcément souscrire à la démonstration de Marx, la chose paraît de moins en moins concevable. Ce qui n'empêche certes pas le profit d'augmenter (tant que les ressources matérielles et affectives ne sont pas épuisées), mais cela ne peut que rendre la concurrence plus acharnée et donc rendre le souci éthique en matière économique toujours plus héroïque...

Correct BaptisteR 03/01/08
Réformisme, révolution, décroissance, durable...

Bonjour ereignend,

Je pense que nous sommes des héros !
A propos de finalité, on doit aussi se demander si le projet eco-sapiens est lui-même une finalité, une douceur secrétée par le capitalisme ultra-consumériste.

Je pense personnellement que seule l'exemplarité est révolutionnaire.

A ce propos une jolie phrase de Darien tiré du roman Le voleur

Il n'y a plus que dans certains milieux révolutionnaires qu'on croît encore à l'honnêteté. Mais la distance est si grande de la pensée à l'acte! Plutôt que de la franchir, ils préfèrent la mort.

Bon, un siècle plus tard, j'espère que cette alternative a évolué !

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