Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

Droit de réponse à Jancovici

Foin du statut de vache sacrée de Jean-Marc Jancovici, éternellement présenté comme l’expert « neutre»  sur les questions de l’énergie.

Invité au journal télévisé de France 2 (je n’ai pas la télévision mais on m’a passé le lien Internet pour me dire « regarde, il y a négaWatt au 20h ! ce qui est effectivement un évènement), Jancovici est introduit ainsi par le présentateur David Pujadas: « ni un pro ni un anti-nucléaire« .

Diantre ! Nous verrons, si besoin est, qu’il n’en est rien. On ne sort pas de l’X, on n’est pas formé et formateur au corps des Mines sans séquelles… Le site arrêtsurimages revient d’ailleurs sur ce glissement intellectuel pas anodin : quand on est neutre sur le nucléaire… on n’est pas contre !

Comme Jancovici, je suis évidemment pour aller d’abord et surtout chercher des économies d’énergie. Tout le monde le dit car c’est le début de tout. 30% de gisements de négaWatts. Venons-en donc au point de désaccord: l’énergie résiduelle qu’il nous faut consommer. Et aussi cette sempiternelle et inexorable alternative entre nucléaire « décarboné»  et vilaines usines à pétrole et charbon.

Comme Jancovici, je souhaite également que nos sociétés sortent de la dépendance au pétrole Et plus de gré que de force…

Dans une tribune publiée sur Good Planet à propos de Fukushima, on découvre tout de même que le cerveau de Janco (pour les intimes) sombre un peu dans le cartésianisme vulgaire et finit, pour le prestige de la démonstration, par mélanger choux et carottes. A trop vouloir sortir des chiffres, on oublie ce qu’il y a derrière. Pour Jancovici, un mort est un mort, il ne reste plus qu’à additionner, soustraire, calculer les moyennes et décréter au bout du calcul que ce qui est le moins mortifère est ce qui est bon.

Avant de m’adonner au bashing (exercice que je considère en principe peu constructif), je précise d’où je parle. Je suis diplômé d’une grande école en physique (ça c’est pour éviter les coups bas style « obscurantiste» ). En école d’ingénieur, tout le monde est pour le nucléaire. Mais au fur et à mesure de mes études, l’intérêt de cette industrie m’a paru de moins en moins évident.

En fait, j’ai réussi à dépasser le cadre purement technique pour aborder la question nucléaire sous d’autres angles, ce que ne font pas en général les ingénieurs (il faudrait consacrer un autre billet à ce qui est dispensé dans les écoles d’ingénieurs…). L’histoire du nucléaire, par exemple, est très éclairante sur la politique, la démocratie, et sur ce que le penseur Jacques Ellul appelle le système technicien.

En résumé, j’ai de sérieux doutes sur l’énergie nucléaire non pas pour des raisons techniques mais pour des raisons philosophiques.

Je fais partie de ces gens qui considèrent que la technique est un moyen et non une fin, qui doit être sous-tendue par une culture et une politique. Incroyable non ?

Petite plongée dans la tribune de Jancovici.

Le parallèle entre les deux catastrophe (sic) est faux, pour l’essentiel, selon Jean-Marc Jancovici. Si un ou plusieurs réacteurs de la centrale fond, ils n’exploseront pas, les dégâts seront beaucoup plus localisés, et le bilan humain sera bien moindre que celui du tsunami.

On ne pourrait pas comparer deux catastrophes sous prétexte qu’elles n’ont pas exactement les mêmes causes et a fortiori les mêmes conséquences. Et focalisez-vous plutôt sur le tsunami qui est le vrai problème et le plus mortel.
Conclusion: il vaut mieux une catastrophe de Fukushima qu’un tsunami…

Je dit (sic) « le réacteur»  mais ca concerne tous ceux de Fukushima, qui ont tous eux à peu près le même pépin.

1 – Une remarque sur les sources : que les antinucléaires aient, comme d’habitude, un avis définitif sur la base d’informations partielles et sans aucun recul est leur droit. Mais ils n’ont aucune raison d’avoir des informations primaires meilleures que celles des experts, au contraire : vous voyez un opérateur de centrales nucléaires japonais ou l’autorité de sûreté japonaise privilégier les antinucléaires français dans ses explications techniques ?

Les anti-nucléaires apprécieront d’être considérés comme des dogmatiques qui rouspètent sans savoir, comme d’habitude (ils deviennent lassants à dire la même chose depuis 50 ans).  J’aime beaucoup la délicatesse du « c’est leur droit» . Ils sont bornés, rabâcheurs et ignorants… mais c’est leur droit ! Jancovici est un grand démocrate.
Et c’est bien connu, les experts ont de meilleurs informations que les non-experts. Transmis à la CRIIRAD qui avait de moins bonnes mesures de radioactivité que les officielles…

2 – Certes des centrales nucléaires ont été touchées, mais cela est aussi vrai de centrales à charbon ou de barrages (et très accessoirement le Japon est privé partiellement de transports routiers par défaut de fonctionnement de raffineries, manque de distribution de carburant et effondrement des routes, tout cela va empêcher les malades et les blessés d’être acheminés vers les hôpitaux, ce qui prouve bien qu’il faut sortir du pétrole qui fait des morts que l’on vous cache.

On se demande vraiment pourquoi les médias ne parlent que des centrales nucléaires ! Il faudrait être équitable et évoquer tous ces dégâts ailleurs que sur les zones nucléaires. D’ailleurs, si le Japon était sorti du pétrole, il parviendrait à soigner ces (sic) blessés.

3 – A Fukushima, l’accident est arrivé par l’extérieur (et non par l’intérieur comme à Tchernobyl) alors que la réaction nucléaire avait été stoppée. Il ne s’agit pas d’un accident causé par un emballement de la réaction nucléaire (comme à Tchernobyl) mais d’un accident mécanique causé à une installation nucléaire mise à l’arrêt. Il n’y a donc aucun risque « d’explosion»  comme je l’ai déjà entendu dans la bouche d’antinucléaires repris par les media. Le risque est celui d’une absence d’évacuation de la chaleur résiduelle qui se dégage du coeur à cause de la radioactivité des produits de fission qui y sont présents, et d’une fonte du coeur qui libèrerait dans l’environnement proche des produits de fission gazeux (même dans ce cas, ca ne sera pas de nature à causer des morts par centaines).

Leitmotiv: Fukushima et Tchernobyl ne sont pas exactement la même catastrophe. On aura tous les détails techniques pour en être convaincus. Il ne manquera qu’un argument qui aurait pu étayer la démonstration de Jancovici: Tchernobyl est en Ukraine alors que Fukushima est au Japon.

4 – Fukushima ne pourra pas déboucher sur un scénario de type Tchernobyl. A Tchernobyl, ce qui a causé la dissémination de matières radioactives est essentiellement l’incendie des 600 tonnes de graphite que contenait le coeur (ce graphite servait de modérateur aux neutrons), incendie qui a entraîné dans l’atmosphère l’essentiel des produits de fission contenus dans le coeur. Cet incendie a pu avoir lieu parce que l’explosion d’hydrogène a eu lieu à l’intérieur de l’enceinte de confinement et a rompu cette dernière, et exposé le graphite à l’oxygène de l’air. A Fukushima, l’explosion d’hydrogène a eu lieu en dehors de l’enceinte de confinement du coeur. A l’instant où je tape ce message les matières radioactives sont donc toujours confinées dans la cuve, exception faite des lâchers de vapeur décrits dans la chronologie rappelée en pied de message.

Leitmotiv : Fukushima n’est pas Tchernobyl ! Compris ?

5 – Il n’y a rien de chimiquement combustible dans le coeur à Fukushima. Si le coeur fond (cette fonte sera causée par le dégagement de chaleur engendré par la radioactivité des produits de fission), soit il reste sur place dans la cuve qui résiste (et alors les conséquences sanitaires pour les populations sont à peu près nulles), soit il perce la cuve et à ce moment des produits de fission gazeux s’échappent (xenon, krypton, iode). En pareil cas la partie solide et les produits solubles (dont l’iode) fait une grosse bouillie pas sympathique mais qui reste sur place. Fukushima ne peut pas « exploser»  au sens d’une explosion nucléaire comme à Hiroshima.

Leitmotiv par transitivité : Fukushima n’est pas Hiroshima car Hiroshima était une explosion. Comme à Tchernobyl. OK ?

6 – 25 ans après l’accident, les conséquences sanitaires documentées à Tchernobyl (par des médecins !) sont environ 50 morts par irradiation au sein des pompiers (je n’ai plus le chiffre exact en tête, mais c’est de cet ordre), environ 4000 cancers de la thyroïde chez les enfants au moment de l’accident (les risques semblent devenir infimes après 12 ans) qui feront de quelques dizaines à quelques centaines de morts selon la qualité des soins, et enfin le stress au sein de la population déplacée, aux conséquences mal évaluées. Mais il n’y a pas eu les 25.000 morts que je revois commencer à circuler partout ; ce chiffre correspond à un calcul bien particulier avec des hypothèses utilisées pour la radioprotection et qui n’ont pas pour objet de dénombrer des morts survenus « pour de vrai»  (pour les explications techniques il me faut 3 pages, mais si d’aucun(e)s d’entre vous sont intéressés je peux voir ce que je peux faire…). Il n’y a pas plus eu de surplus de malformations, même si d’aucuns savants documentaires ont laissé croire le contraire.

Leitmotiv : Fukushima n’est pas Tchernobyl ! Vous le faîtes exprès ?

Et puis à Tchernobyl, il n’y a pas eu tant de morts comme ces idiots d’anti-nucléaires le colportent. Par contre, on ne doute pas que s’il y avait eu véritablement 25 000 morts, Jancovici aurait reconnu que les conséquences sanitaires furent graves à Tchernobyl. Pour un cerveau technicien comme le sien: 1 000 morts ça va. 25 000 morts ça ne va pas. Qu’on nous démontre pourquoi.

7 – De ce fait, il est difficile d’imaginer que l’accident de Fukushima, qui conduira à un relâchement de radioactivité dans l’environnement bien inférieur à celui de Tchernobyl même si le coeur fond et que le confinement est rompu (car à part les produits gazeux, notamment l’iode, l’essentiel de la radioactivité restera sur place) puisse changer significativement l’addition mortifère du tsunami. Parler de « 3è catastrophe possible»  après le tremblement de terre et le tsunami est donc comparer des choux et des carottes.

Leitmotiv : Fukushima n’est pas Tchernobyl ! Toujours pas compris ? Et puis franchement. Franchement. Le séisme c’est une catastrophe. Le tsunami, c’est une catastrophe. Mais des explosions dans des réacteurs nucléaires et des fuites radioactives, ce n’est pas catastrophique

C’est la nature qui fait des catastrophes. Pas les industriels, voyons.

8 – L’IRSN indique avoir ponctuellement mesuré des débits de dose (externes) de 1 mSv/heure à l’extérieur immédiat du bâtiment réacteur 1, décroissant en quelques heures à moins de 0,05 mSv/h. Il faut savoir que quand on passe une radio médicale on reçoit en quelques secondes ou minutes entre 5 et 80 mSv d’irradiation externe. 1mSv/heure, sur quelques heures, c’est donc quelque chose qui ne fera pas des morts par millions…

Bon, les chiffres ont changé depuis l’article de Jancovici. Ce n’est plus 1mSv/heure mais 1500 msV/heure. On continue à comparer avec la radio du dentiste ?

9 – Si le confinement du coeur est rompu, c’est l’iode radioactif qui est la préoccupation principale. La demi-vie des isotopes va de quelques heures à quelques jours. La bonne réponse des autorités est ce qui a été fait : l’évacuation (qui n’a pas besoin de durer des années comme à Tchernobyl, et qui est une application normale du principe de précaution, ca serait quand même farce que ce principe disparaisse parce qu’il s’agit de nucléaire !) et l’administration d’iode « normale» . Cette dernière va aller saturer la thyroïde, qui du coup n’aura plus envie de fixer de l’iode radioactif (car le danger est d’avoir cette iode fixée pour longtemps dans la thyroïde, si l’iode rentre et ressort du corps ca ne provoque pas de conséquences sanitaires particulières).

Pour l’iode, prenez la pastille verte. Pour le reste pas besoin de pastille. Et tout ira bien.

10 – le risque en France de conséquences de cette affaire est rigoureusement nul !!!

Saluons la grâce de ces scolaires trois points d’exclamation qui disent bien ce qu’ils veulent dire. Imbéciles de Français, c’est vous qui êtes nuls. Cessez de gémir.

Toute bonne démonstration se fait en 10 points.

Mais après ce décalogue, le scribe a cru bon d’ajouter quelques appendices aux modernes Tables de la Loi.

Et le mieux est à venir. Voici rassemblés tous les poncifs, sortis du chapeau magique des pro-nucléaires. Attention les yeux ! C’est scientifique. Le monsieur qui nous invitait à ne pas mélanger choux et carottes va devant vos yeux ébahis montrer que tout, absolument tout, fait plus de morts que le nucléaire !

Et voici quelques autres chiffres pour remettre tout cela en perspective :

- le charbon fait un peu moins de 10.000 morts par an rien que dans les mines, et ceux là ils portent tous un nom, à la différence des morts supposés de la pollution ou des radiations qui sont calculés dans le cadre d’études épidémiologiques et qui sont donc anonymes (donc depuis Tchernobyl le charbon a fait environ 200.000 morts, l’équivalent du tsunami en Indonésie d’il y a 10 ans, pour une production électrique à peu près 3 fois supérieure à celle du nucléaire, qui, à ma connaissance, n’a pas fait 60.000 morts…)

- la voiture fait quelques centaines de milliers de morts par an dans le monde

- le tabac n’importe quoi (sic) entre 500.000 et 5 millions de morts par an,

Jancovici qui a passé son temps à dire que l’on ne peut comparer Fukushima et Tchernobyl, n’hésite pas à comparer maintenant les morts du tabac et de la voiture avec ceux du nucléaire. Cherchez la logique. Je vous propose donc un début d’argumentaire à la manière Jancovici:

3 – A VoitureLand, l’accident est arrivé par l’extérieur (et non par l’intérieur comme à NucléaireLand) alors que etc…
4 – NucléaireLand ne pourra pas déboucher sur un scénario de type TabacLand. A TabacLand, ce qui a causé la dissémination etc…

- pour le moment, les réacteurs japonais c’est quasi zéro [morts], et même dans le scénario du pire ca ne changera pas grand chose au bilan du séisme.

Ca devient lassant cette comparaison nombre de morts liés au séisme versus liés à la centrale nucléaire. Encore une fois, comment peut-on comparer puisque les morts liés à la catastrophe naturelle sont directs et immédiats alors que dans le cas de la radioactivité, cela est indirect (voire improuvable parfois !) et espacé dans le temps ?

- le séisme a aussi détruit des centrales à charbon et au moins un barrage, donc la question est de savoir si on peut prévenir les dommages aux populations en cas d’accident industriel, pas de savoir si l’outil industriel doit pouvoir résister à tout, puisque cette suggestion ne semble venir à l’esprit de personne en ce qui concerne les raffineries, les routes, les aéroports et les barrages !

Mais pourquoi à la fin veut-on des centrales nucléaires plus sûres que des aéroports ?

- au risque d’en choquer certains, je ne vois pas en quoi il serait plus abominable de mourir irradié que noyé si un tsunami jette à bas logements et infrastructures, et endommage des centrales nucléaires.

Imparable !

Mourir dans une éruption volcanique n’est pas pire que mourir sur un bûcher préparé par les autorités compétentes.

Très accessoirement nous sommes à un stade de notre histoire sur les combustibles fossiles où les japonais (sic) auront le choix entre reconstruire du nucléaire et construire du gaz ou du charbon (oubliez les éoliennes pour tout remplacer, ca ne tient pas une seconde). Que doivent-ils choisir ?

Mon petit doigt me dit que pour Jancovici la réponse est toute trouvée !

Voici le lien de cette tribune accordée sur Good Planet dont le fondateur Yann Arthus-Bertrand assume tout à fait la sortie du pétrole appelée par Jancovici… en témoigne son récent soutien au Qatar.

Après tout, dans l’écologie médiatique, on en est pas une contradiction près. Voir aussi le logo BNP Paribas, banque la plus radio-active.

Prenons du recul. Au risque de surprendre, ce droit de réponse à Jancovici n’est pas une argumentation anti-nucléaire contre une argumentation pro-nucléaire. Ce genre de trolls foisonne sur le net actuellement.

Comparaison n’est pas raison dit le proverbe. Les arguties de Jancovici, sous couvert de comparaison et de rationalité froide, ne sont plutôt qu’un symptôme. Le symptôme d’une industrie qui tourne en rond dans ses arguments: puisque ce n’est pas Tchernobyl, il n’y a pas à s’affoler.


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Ecrit par Baptiste le 18 mars 2011 :: Classé dans Ad Hominem,Débat,Les autres...
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Yann Arthus-Bertrand et le Qatar

pétrole pistoletJe fais le pari.

En 2022, il n’y aura pas de coupe du monde au Qatar. Ou alors dans des conditions dramatiques.

Je ne sais pas si vous le saviez mais le Qatar, pays pétrolier par excellence, a joui du soutien de quelques ambassadeurs curieux pour sa candidature à accueillir la coupe du monde de football dans 11 ans.

Zinedine Zidane qui a ainsi pu gagner 11 millions d’euros. Mais aussi le photographe Yann Arthus-Bertrand qui, depuis son engagement pour l’environnement, n’est plus à une contradiction près.

Jadis photographe officiel du Paris-Dakar, sponsor et défenseur des banques irresponsables (Cortal, BNP), le voici qui soutient le Qatar dans cette compétition mondiale du ballon rond.

Diantre ! Par quel contorsion sémantique Yann Arthus-Bertrand va-t-il pouvoir justifier son soutien au Qatar ? Voici le communiqué. C’est un chef d’oeuvre. Une anthologie. Que dis-je? Une pétrologie (anthos-signifie fleur…)

Parce que ce que j’ai compris, et qui m’a intéressé, c’est que, pour la première fois, un événement sportif mondial se donne pour objectif la neutralité carbone, et parce que cela se fera au Qatar, précisément le pays qui a aujourd’hui la plus forte empreinte écologique par habitant du monde.
Cet objectif sera atteint notamment grâce à 3 éléments : l’énergie utilisée proviendra de panneaux photovoltaïques, les voyages en avion effectués par les spectateurs venus au Qatar seront compensés carbone et  la proximité des différents stades permettra de limiter les déplacements ; la candidature du Qatar se présente ainsi de façon plus favorable en termes d’environnement que les autres candidatures. Mais il faut ajouter aussi que les stades ont été conçus pour être démontables, de façon à  pouvoir être réinstallés dans des pays  en voie de développement ne bénéficiant pas de tels équipements sportifs  et cette idée me plait.

Ce qui m’intéresse, et c’est dans cet esprit que travaille ma fondation, GoodPlanet, ce n’est pas seulement de dénoncer les situations critiquables, malheureusement trop nombreuses, mais surtout de faire connaitre ce qui fait progresser les choses ; on a besoin d’innovation, de créativité ; et ce sont les bonnes initiatives qui font évoluer les esprits et les  pratiques.
Or la Coupe du monde de football se tiendra pour la 1ère fois dans cette partie du monde, où la préoccupation environnementale n’est pas le premier souci ; cela ne pourra qu’y  faire avancer la conscience écologique.
Voilà tout simplement pourquoi j’ai soutenu ce projet, que je trouvais intéressant ; j’espère ne pas m’être trompé.

*******
Faut-il dire enfin qu’évidemment je n’ai pas touché un sou pour avoir exprimé mon soutien dans cette vidéo ?
Quant au film « Home », pour lequel j’ai travaillé pendant 3 ans sans percevoir aucune rémunération, l’aide de la Fondation du Qatar et d’Al Jazeera a permis sa traduction en arabe et sa diffusion dans tous les Pays du Golfe, permettant ainsi qu’il soit vu au total par 400 millions de personnes dans le monde.

Yann Arthus-Bertrand

Que peut-on ajouter à tout cet imbroglio ?
Ah si !

Déjà une contradiction: les stades sont proches mais ca se fera en avion…

Et la compensation carbone ne peut en aucun cas justifier des pratiques. Dommage que l’organisme qui proposait justement des projets de compensation au compensateur actioncarbone (rattaché à Goodplanet) ait toujours pris soin d’insister là-dessus. Yann Arthus-Bertrand fait fi des recommandations des compensateurs et n’hésite pas à parler de »  neutralité carbone « .

Quant aux panneaux photovoltaïques, en plus de la polémique technique sur l’énergie grise, on se demande bien pourquoi le Qatar y aurait recours justement pour la coupe du monde… Pourquoi pas aujourd’hui ? Que change la coupe du monde ? Est-on dupe au point de croire que les climatiseurs qui vont tourner à fond vont fonctionner à l’énergie solaire ?

Le prétexte des « pays en développement» , tarte à la crème de la bonne conscience, à qui l’on refourguerait des équipements pharaoniques, ca s’appelle aussi, dans le jargon du colonisateur, des éléphants blancs.

Je me souviens de Nicolas Hulot expliquant que l’idée de faire un grand prix de formule 1 à Flins, lui « donnait un peu la nausée« . On mesure ainsi l’écart sans cesse grandissant entre les deux hélicologistes.

Non rien ne justifie le soutien d’un écologiste pour ce qui non seulement est une aberration environnementale mais aussi une immondice du divertissement. Et c’est un passionné de football qui l’écrit.

Mais au fond, la vraie question qu’on oublie à force d’arguments et de contre arguments, c’est « Pourquoi une personnalité se manifeste pour soutenir une candidature ?» 

Évidemment, nier avoir obtenu une rétribution pour ce soutien n’est pas crédible. D’abord parce qu’officiellement, le Qatar, par une fondation, a contribué à hauteur de 8% au film Home. Alors ce n’est peut-être pas une rémunération, sous-entendue personnelle, mais cela revient bien au même. L’astuce est ici que YAB dissocie sa personne de son activité (fondation, film) ce qui est vrai d’un point de vue physique et juridique… mais caduque d’un point de vue financement des activités.

Mince, on n’a même pas parlé du fait que le Qatar interdise constitutionnellement les partis politiques.


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Ecrit par Baptiste le 10 décembre 2010 :: Classé dans Ad Hominem,Débat,Les autres...
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Claude Allègre reconnaît le changement climatique et avoue avoir été payé par le lobby pétro-chimique

allegre-280Après avoir été invité sur France Inter ce mercredi 31 Mars, le géophysicien Claude Allègre, membre de l’Académie des Sciences a avoué « avoir reçu des cadeaux»  de la part de certains groupes industriels.

C’est à la toute fin du débat animé par Nicolas Demorand, face au député européen Yannick Jadot, que Claude Allègre a lâché une phrase ambiguë:

« La nature est en train de résoudre les choses par elle-même« .

Titillé par cette vision animiste inattendue de la part du climato-sceptique, le débat s’est poursuivi en coulisses. Dans un premier temps, selon les témoins, Claude Allègre aurait commencé à expliquer que l’homme faisait partie de la nature et que par conséquent, on pouvait bien dire que l’être humain était en passe de résoudre le problème climatique.

C’est alors que Nicolas Demorand a posé avec insistance la question suivante:

« Qu’est-ce qu’il y a résoudre puisque vous dites qu’il n’y a pas de problème climatique ?» 

Et Yannick Jadot d’ajouter « Pourquoi vouloir séquestrer le carbone alors que vous passez votre temps à expliquer que les émissions de carbone ne posent pas de problème ?» 

Et là, dans la stupéfaction générale du studio, le chercheur sceptique aurait tout avoué !

Qu’il n’est pas climatologue, qu’il a juste besoin de refaire parler de lui pour revenir éventuellement sur la scène politique et doper ses ventes en librairie. Et surtout qu’il aurait toucher plusieurs avantages en nature de la part de groupes industriels liés aux biotechnologies et au pétrole.

L’Académie des Sciences, dont Claude Allègre est membre depuis 1995, ne s’est pas prononcée pour le moment. Elle a juste rappelé qu’un membre qui n’a pas publié dans les revues scientifiques depuis plus de 20 ans est de toute façon remplacé.

Cette mise à jour des réels mobiles du plus célèbre climato-sceptique porte un coup dur, d’autant que l’intéressé a également avoué qu’il n’était pas le seul à bénéficier des bonnes grâces industrielles…

Ecouter le podcast de l’émission sur France Inter


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Ecrit par Baptiste le 1 avril 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...
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Et toujours ces experts qui additionnent choux et carottes

69-chiens-ecrases

J’ai déjà parlé de l’ineptie qu’il y a à donner un prix à ce qui n’a pas de prix : les abeilles, le changement climatique etc.

J’avais déja connaissance d’une étude sur le fait qu’un caribou émettait autant de CO2 que 15 voitures. On voyait déjà se profiler un début de prétexte pour ne pas avoir de scrupules à buter du caribou.

Sauvez un arbre ! Tuez un castor !

Là, c’est carrément avec un titre accrocheur « Il est temps de manger du chien – le vérité sur le développement durable»  que l’on apprend ceci:

Deux néozélandais, Robert et Brenda Vale, ont mené une étude dont le résultat est pour le moins surprenant. D’après eux, les chiens auraient un impact écologique équivalent à celui d’un 4×4. Dans leur livre (« Time to Eat the Dog: The Real Guide to Sustainable Living »), ils expliquent qu’un animal de compagnie polluent (sic) autant qu’une Toyota Land Cruiser roulant 9500 km par an.

Comparer une voiture et un chien… Ca laisse songeur sur les crédits alloués aux recherches économiques. Car entendons-nous bien, dans ce monde où tout est dans tout, où l’interdépendance est telle qu’il devient impossible d’isoler un élément d’étude, nous pouvons aussi bien prouver qu’un député européen émet autant de CO2 que 200 Indiens ou qu’une termitière dégrade autant l’environnement qu’une tasse de thé chauffée avec une requête Google générée par 30 unijambistes guatemaltèques.

Tiens ! Quelqu’un a-t-il songé à évaluer l’impact CO2 du trafic de drogue, du tourisme sexuel ou de la guerre en Irak ?
Je suis sûr que le bilan est assez lourd et que nous avons donc enfin une bonne raison de dénoncer tout cela…

Amis économistes, comparez ce qui est comparable ! Une usine thermique avec une éolienne. Un déplacement en vélo avec un déplacement en avion. Une alimentation carnée avec une alimentation végétarienne. Mais un chien et un 4×4…

Quoiqu’en regardant certains propriétaires de grosses cylindrées, on les surprend parfois à les caresser et à les pouponner comme un bon toutou.


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Ecrit par Baptiste le 28 octobre 2009 :: Classé dans Débat,Les autres...
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Grippe porcine en Faguo : c’est du lard ou du cochon ?

adansonia_digitata_mLa chaussure écolo a encore tout à faire.

Il y a bien sûr Veja, coton bio, commerce équitable, seringueros traditionnels et un look parfait.
On avait aussi Ethletic qui sont en quelque sorte des Converse équitables (elles sont fabriquées au même endroit, au Pakistan, à côté de l’usine Converse…)
Et Moyi Ekolo et Celnat.

La brèche est là, reste à s’y engouffrer. C’est ce que fait Faguo avec une conception surprenante, disons limitée, de ce qu’est une chaussure écologique. En gros, pour une chaussure achetée, un arbre planté. Ah non ! Pardon ! Un demi arbre seulement puisque c’est l’achat d’une paire qui permet de planter un arbre. Au temps pour moi (oui oui ca s’écrit comme celà…)

A part ça Faguo ?

Les teintures sont-elles écologiques ? On en doute.
Le coton ou le caoutchouc est-il bio, équitable ? On l’ignore mais c’est peu certain.

Non vraiment, les seuls arguments écologiques avancés par les deux créateurs, c’est l’arbre planté et un bouton en noix de coco pour le symbole (idée piquée à Seyes ?)

Je propose donc à tous les marchands d’écrans plasma, de 4×4, d’épluche-bananes numériques de planter également des arbres. Et hop ! Ce sera écologique. Le bilan carbon petit-r-dans un rond, c’est la bonne fée qui se penche sur tous les berceaux d’entrepreneurs un peu portés sur le greenwashing.

On espère que ce petit billet et qu’une lecture de notre dossier sur la compensation carbone éveillera ces petits rêveurs avant que la pandémie de plantationite aiguë ne gagne notre bon peuple françois*.

*qui se dit Faguo en chinois !


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Ecrit par Baptiste le 28 avril 2009 :: Classé dans Débat,Les autres...
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Quoi ? Encore Nicolino ?

syfrotteA peine rentré de vacances que je m’enfile la saga anti-FNE publiée sur le blog de Fabrice Nicolino.

J’ai d’ailleurs pu me familiariser avec le style pendant ces douces vacances en dévorant « la faim la bagnole le blé et nous»  qui est une dénonciation des biocarburants. Ceux-là même qu’il faut s’efforcer d’appeler agro-carburants… car il n’y a rien de bio là-dedans.

A la fin du livre, deux chapitres viennent esquinter quelques structures écologistes. Notamment Roule ma fleur mais aussi le Réseau Action Climat (RAC-F) que je connais bien pour l’avoir coudoyée !

Pour Roule Ma Fleur je n’ose me prononcer tant je connais peu la structure. Cependant je veux bien confirmer que l’écologie a tendance à devenir de plus en plus individualiste (moi je fais bien… donc si tout le monde fait comme moi, tout va bien). Et au passage, connaissant bien mieux Roule Ma Frite (dédicace Marseille et Inter-Made !) je précise qu’il ne faut pas confondre ces deux structures. Celle-ci récupère un déchet, à savoir de l’huile usagée !

Pour le RAC, j’avais déjà manifesté mon étonnement alors qu’ils initiaient une pétition « pour des voitures vraiment moins polluantes« . Je ne comprends pas qu’on puisse défendre l’idée d’une bagnole propre. Comme si la voiture se résumait à son émission de CO2…
Enfin, il paraît qu’il faut être réaliste. Qu’on obtient rien sans lâcher un peu de lest aux industriels…

Quoiqu’il en soit, je trouve que Nicolino est un peu sévère sur le RAC qui a tout de même une position assez tranchée sur les agrocarburants: « les soutenir, c’est une mauvaise politique« .

Mais venons-en aux derniers billets de son blog « planète sans visa»  au bout duquel il invite carrément le président de France Nature Environnement, à débattre de manière contradictoire sur les dernières compromissions de l’association-hérisson. En effet, la rafale de billets qui s’est abattue sur FNE met en lumière quelques accointances peu avouables: un fabricant de pesticides, du label PEFC qui en prend vraiment pour son grade, et bien d’autres choses encore.

Tout de suite, je sens que certains vont crier à l’empêcheur de tourner en rond. Qu’il y a d’autres choses à faire que de taper sur son propre camp. Qu’il serait bien plus judicieux de s’occuper à affronter le véritable ennemi.

D’abord, je considère que Nicolino a pas mal donné dans ce qui est de l’affrontement des adversaires. Le lobby des pesticides, des OGM, des agrocarburants… Courez lire les deux opus !

Ensuite, cet éternel débat qui agite les mouvements disons marginaux, par souci de différenciation en quelque sorte, me semble parfois salvateur. Car aujourd’hui tout le monde se dit écologiste. Même ceux qui n’ont rien, mais alors rien à voir avec l’écologie. Le greenwashing en quelque sorte.

Il se trouve que la récente mise en avant de l’écologie a soit fait tourné les têtes à quelques uns, soit carrément fait entrer le loup dans la bergerie. Nul doute que FNE est un pionnier en matière d’environnement. Mais aujourd’hui, ce que soulève Nicolino mérite de repenser non seulement la stratégie du hérisson aujourd’hui, mais surtout la stratégie de l’écologie en général.


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Ecrit par Baptiste le 8 mars 2009 :: Classé dans Débat,Les autres...,Participez
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A propos des intitulés d’évènements

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illustration Alexis Nouhailat

Je n’ai pas eu l’occasion d’aller aux 5èmes assises nationales du développement durable qui se tenaient à Lyon. Mais j’ai eu la chance et la joie d’être présent aux rencontres de l’écologie au quotidien à Die. Il faut dire que nous n’avons pas été conviés au premier mais chaleureusement invités au second!

Les intitulés nous en disent long. « Assises » car effectivement tout le monde est assis. Les interventions magistrales laissent une bien faible part aux questions souvent prévisibles posées par un public assis. J’ai pu le savoir car un des intervenants à Lyon m’a donné son sentiment lors d’une discussion à Die. En même temps, l’inutilité de ces assises qui de plus se réclament encore « développement durable» , était probable. J’ai par exemple évoqué la présence d’Hervé Juvin qui tient des propos qui font froid dans le dos.

Tandis qu’à Die, il n’y avait que du beau monde. Non seulement dans les intervenants (Michèle Rivasi, Paul Aries, Jacky Blanc, Yves Paccalet…) mais aussi dans les specta(c)eturs. Eh oui, des spectacteurs, nouveau mot que j’ai appris. On ne reste pas « assis»  pendant des heures dans l’humble mais chaleureuse salle d’accueil de Die. D’abord il y a les bénévoles (habitants, voyageurs de passage…) mais il y a aussi du théâtre forum, du tutoiement respectueux, du slam en fin de chaque projection, de l’imprévu, du scandale, de la réconciliation,…

Comme ca fait du bien de « rencontrer» . J’ai d’ailleurs fait deux mémorables rencontres (parmi d’autres).
Alexis, dessinateur naturaliste plein de liens à partager dans toute la France au point d’avoir un répertoire alphabétique+géographique pour mieux rendre visite aux copains ! (j’en profite pour dire qu’il dessine dans un magazine que j’ai découvert l’année dernière et qui est fantastique: la salamandre)
Et Xavier Renou qui venait présenter la désobéissance (là aussi on est debout, actif et impliqué !).

J’ai aussi pu visiter une maison à 100 000 € écologique. L’architecte est d’ailleurs en SCOP ! Ossature bois et ca fait du 1200 €/m2. Qui a dit que l’écologie était plus cher ?

Et hop ! On repart de Die par une ligne TER entre la Drôme et les Alpes au point de délaisser son livre pour dire au revoir à ce magnifique paysage.
On repart de Die avec plein d’espoir que les alternatives constructives et positives existent en France mais qu’il faut aller les chercher.
On repart de Die avec un saucisson, une bouteille de clairette et le sentiment qu’on reviendra l’année prochaine avec plein d’amis.


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Ecrit par Baptiste le 1 février 2009 :: Classé dans Débat,Les autres...
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De l’éthique chez l’ingénieur: le lobby dévoilé

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renseignements généreux

En tant qu’ancien élève de Centrale, je reçois, bon gré mal gré, des e-mails de la part de différents réseaux associés à cette Grande Ecole d’Ingénieur…

Avec les commerciaux, les ingénieurs font partie des personnes qui raisonnent bien plus en terme de sous qu’en termes de morale. Le dernier email que j’ai reçu du groupe Centraliens Entrepreneurs m’a été envoyé récemment ne fait vraiment pas dans la dentelle.

M. Sabatié Garat a monté il y a plusieurs années un cabinet spécialisé dans les opérations de lobbying, notamment à Bruxelles et organisé un réseau européen pour ce faire. Il a traité de nombreux problèmes liés à l’énergie, au transport, à l’environnement pour intervenir sur des projets de lois ou directives qui impactent la vie économiques de secteurs économiques entiers.

Il viendra le 22 janvier nous exposer ce qu’est le lobbying, pourquoi c’est nécessaire, et c’est largement utilisé, et comment une entreprise peut (ou doit ?) s’engager dans une démarche de lobbying.
Même si des petites entreprises ne sont pas directement concernées, vous avez certainement comme concurrents ou clients des entreprises qui ont recours à ces systèmes ; vous êtes également concernés par des acteurs qui influent sur des lois dont vous serez tributaires : il semble donc essentiel d’y voir clair et de savoir où vous mettez les pieds.

Je remercie donc très chaleureusement ce monsieur d’avoir pu faire du lobby pour que les seuils d’émission dans l’automobile n’aient pas évolué, d’avoir contribué à la contamination OGM et de continuer à promouvoir le nucléaire et le stockage de CO2… oui merci !

Le plus beau, c’est cette tentative de neutraliser le mot lobby en lui-même. En le lénifiant, on insinue que puisqu’on a eu la franchise d’employer le terme, puisqu’on assume, on est donc dans son bon droit.

Je propose donc de remplacer le mot lobby par corruption pour rappeler de quoi il s’agit. Car se faire payer pour faire pression afin d’obtenir des contreparties juridiques ou politiques, cela s’appelle de la corruption. Mais comme d’habitude, la frontière est ténue. On rencontre le même problème avec le glissement communication/publicité par exemple.

Mais allons plus loin. N’est-ce pas la même logique d’imitation (de singerie…) qui pousse à la guerre. Changeons la citation.

Il viendra le 22 janvier nous exposer ce qu’est la guerre, pourquoi c’est nécessaire, et c’est largement utilisé, et comment un état peut (ou doit ?) s’engager dans une démarche d’agression. Même si des petits pays ne sont pas directement concernées, vous avez certainement comme adversaires ou alliés des états qui ont recours à l’armement ; vous êtes également concernés par des pays qui influent sur des lois dont vous serez tributaires : il semble donc essentiel d’y voir clair et de savoir où vous mettez les pieds.

Selon l’adage bien connu qui dit que « la meilleure défense c’est l’attaque« , oublions nos valeurs et précipitons-nous gaiement dans les petits arrangements et les petites combines.

Ah ! Dernier détail, le premier jour à Centrale, tout le monde devait signer une charte éthique de l’ingénieur commise par la CNISF qui est à l’éthique ce que l’ARPP est à la surveillance publicitaire. Ca commence ainsi:

L’ingénieur est un citoyen responsable assurant le lien entre les sciences, les technologies et la communauté humaine; il s’implique dans des actions civiques visant au bien commun.

Ca ne mange pas de pain !


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Ecrit par Baptiste le 20 janvier 2009 :: Classé dans Débat,Les autres...,Un peu sur nous
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Hervé Kempf persiste et signe

Comme prévenu, on poursuit notre démarche propre à ce blog: dire du mal des gens qu’on apprécie peu… sans oublier de dire du bien des gens qu’on aime bien. Hervé Kempf est de cette catégorie.

C’est une chance pour le journal Le Monde que d’avoir un journaliste comme Hervé Kempf. D’ailleurs, je me demande comment il croise les plus teigneux des chroniqueurs dans les couloirs de bureau.

En tout cas, comme Jean-Luc Porquet du Canard Enchaîné, le journaliste se permet quelques ouvrages qui impressionnent tant ils sont clairs, sans concession, justes.

« Comment les riches détruisent la planète»  réglait leurs comptes aux nouveaux et ultra-riches, la poignée à qui le système actuel profite. Le nouveau livre « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme»  devient plus virulent puisque… c’est un ordre qu’on reçoit!

Cette fois ce qui est dénoncé, ce sont principalement deux choses:

  1. La croyance que les actions individuelles vont suffir
  2. L’idée que le recours aux technologies vertes va résoudre les problèmes environnementaux

Sur le deuxième point, nous en avons déjà parlé. Les technophiles ont, reconnaissons-le, l’avantage de faire rêver en promettant Prométhée. La technologie, nous l’associons à la nouveauté et notre société aime la nouveauté, vante l’innovation. Tout ce qui est nouveau est bon… tout ce qui est bon est nouveau.

Mais le premier point est plus grinçant. D’abord, eco-SAPIENS qui propose des biens de consommation respectueux de l’homme et de l’environnement, se retrouve forcément visé. Consommer mieux ou consommer moins ? Nous avons toujours été clair: consommez MOINS pour vivre MIEUX! Et pour le reste, consommez MIEUX.

Nous reparlerons prochainement de ce qu’est pour nous la consommation. Disons juste et insistons: une consommation eco-SAPIENS ca ne suffit pas ! Il faut aussi et nécessairement du COLLECTIF. C’est d’ailleurs pour cela que nous vous proposons des partenaires tous fortement impliqués pour faire avancer certaines causes.

« Car pour la personne à qui l’on répète sans arrêt que sa vie ne dépend que d’elle et que les liens sociaux sont d’importance secondaire, la satisfaction se trouve d’abord dans la satisfaction matérielle: elle est source de plaisir -un plaisir qu’on ne trouve plus dans l’interaction et le partage avec les autres.» 

« Tous les guides expliquant comment vivre en ‘vert’ se situent du point de vue de l’individu, jamais du collectif. (…) ‘Je me préserve des grosses chaleurs’, ‘je réutilise mes objets’, ‘je refuse les traitements chimiques’, ‘je démarre en douceur’, etc…

Dans le paradis capitaliste, il suffit que nous fassions ‘les bons gestes pour la planète’, et ‘les politiques et les industriels suivront’.» 

Comme nous aurions aimé formuler ces citations.

L’article sur rue89 qui a suscité ce billet.


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Ecrit par Baptiste le 8 janvier 2009 :: Classé dans Débat,Les autres...
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Hervé Juvin, le psychopathe du développement durable

auroch2Allez on hausse un peu le ton ! Après tout, on est sur le blog, là où l’on peut dire du bien des gens qu’on aime bien… et du mal des gens qu’on aime peu.

Aujourd’hui…le président d’Eurogroup, un cabinet tellement célèbre qu’il peut prétendre sans rire être le 1er cabinet de conseil en organisation et en management. Ca tombe bien eco-SAPIENS est le deuxième ! Vous ne le saviez pas ? Rassurez-vous, il ne tient qu’à vous d’affirmer désormais être le troisième…

Aujourd’hui donc: Hervé Juvin !

Qu’il y ait des tas d’» experts»  qui vantent la mondialisation heureuse et le TINA (There Is No Alternative) c’est finalement assez normal. Qu’ils occupent la quasi-totalité des tribunes médiatiques, c’est déjà un peu suspect. Mais qu’on leur offre un tapis rouge vert dans les différents salons parlant de développement durable, voilà qui interpelle.

J’ai déjà dit qu’inviter systématiquement Jacques Attali à tous les salons qui parlent de DD relevait d’une véritable idolâtrie… ou plutôt idrôlâtrie. Sous prétexte que le développement durable repose en partie sur l’économie, on invite les éternels vaticinateurs sans effectuer un préalable tri sélectif.

Ainsi, peut-on vraiment attendre quelque chose de durable dans les propos d’Hervé Juvin ?
Quelques extraits de son dernier opus pour ceux qui découvrent le bonhomme:

« Le fleuve qui roule des flots indomptables, la source inépuisable qui gargouille sous les mousses, la forêt vierge de toute pénétration humaine, les hordes innombrables de rennes, de gnous ou d’éléphants, et la générosité surabondante de chaque printemps qui fait reverdir la végétation et gonfler les récoltes futures… Nous en sommes sortis. Jamais plus ces images de la prodigalité et de la gratuité souveraines de la nature ne seront nôtres. Le monde n’est pas seulement fini, il est petit, compté, et sera disputé. C’est notre chef-d’oeuvre. Nous devons l’assumer, et nous préparer à produire un monde qui ne sera pas sans que nous ne l’ayons voulu, pensé, choisi, financé.

C’est rigolo cette dichotomie homme/nature. On assume que l’homme a flingué la nature et on dit « c’est pas grave» , « on va se retrousser les manches et produire le monde dont on rêve» . Ca me rappelle que parfois, ma prof de math écrivait sur ma copie, après une demi-page de démonstration inutile « pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?» . Ici, on pourrait protéger, partager, reconsidérer mais non ! On va carrément financer le monde dont on rêve. A aucun moment on ne s’interroge sur le rôle de ladite finance qui depuis soixante est à l’oeuvre et qui a effectivement produit le rêve qu’on connaît aujourd’hui…

« Le défi est de taille, et pas seulement économique.

« D’abord, il suppose une transformation accélérée de nos mentalités, pour anticiper, imaginer et concevoir. Il y a si longtemps qu’avoir chaud l’hiver et frais l’été, boire l’eau du robinet, disposer des fruits et légumes de son choix en toute saison, pouvoir se déplacer selon son envie et avoir accès à une nourriture abondante, diverse, de bonne qualité et à bas prix, nous semble aller de soi !
Faudrait pas tout mettre dans le même panier… Il y a une différence entre boire l’eau du robinet et exiger des fraises en hiver ou jouer au golf dans le désert californien… Je vous vois venir Mr Juvin. Mettre sur le même niveau de véritables progrès et des caprices égoïstes est pour le moins incongru. Et si l’on refuse ceux-ci, c’est qu’on refuse ceux-là ? On n’arrête pas le progrès ? On le choisit ! Vous allez tout de même pas faire le coup de ceux qui veulent retourner à l’âge des cavernes sous prétexte que certains n’ont pas la même conception du progrès

[...]

« Ensuite, il s’agit d’en finir avec les fantaisies régressives si répandues depuis que les nouvelles raretés, et d’abord celles de l’énergie, sont apparues, depuis aussi que la surabondance installée dans les sociétés occidentales débouche logiquement sur la saturation, voire la déception (tout ça pour ça ?). La décroissance, le retour à la nature (mais laquelle ?) ou à la terre, la limitation des activités humaines, l’arrêt du progrès et les autres fantaisies régressives qui retardent la prise de conscience du désastre environnemental proche n’ont aucune chance d’ouvrir les voies collectives d’un quelconque « no future » acceptable.

Allez, on mélange tout: le retour à la nature, les activités humaines (le travail vous voulez dire ? quand on y réfléchit, limiter le travail paraît plutôt souhaitable… à moins qu’il ne faille s’activer pour s’activer) et l’arrêt du progrès (ah le progrès… le mot magique qui recouvre l’accès à l’eau potable comme la piste de ski à Dubaï).


Puisque vous affectionnez le terme « fantaisies régressives» , je voudrais vous rappeler que la prise de conscience n’est pas vraiment venue des financiers, économistes, politiques et experts de votre genre. Mais vous, 50 ans après, il est plus simple de suivre la girouette et de dire que non seulement vous avez conscience du désastre environnemental mais surtout que vous ne faîtes pas partie des fantaisistes réactionnaires. Le beau rôle !

Car, partout autour de nous, le monde est assoiffé de croissance, enchanté de consommation et d’accès au marché, car il se précipite dans un tourbillon d’activité qui ne promet en rien modération, renoncement et abstinence.

Vous avez demandé au monde entier s’il était assoiffé de croissance ? Y en a-t-il un qui sait ce qu’est la croissance ? Le savez-vous vous-même ? Je dis cela car la dernière fois, sur France Inter, je devais répondre à un expert de votre acabit, écouté hypnotiquement par les sénateurs, qui lui était assoiffé de croissance… sans en connaître la définition !

« Enchanté de consommation et d’accès au marché« .C’est vrai ca, quand je suis né j’étais enchanté à l’idée qu’un jour moi aussi je pourrais accéder au marché ;-) Comme quoi nous n’avons effectivement pas les mêmes fantaisies, pas les mêmes enchantements.

Au point qu’il faut mesurer ce qu’il y a d’indécent dans certaines exigences européennes, vu de Pékin ou de Bombay. Au nom de quoi refuser aux trois ou quatre milliards d’hommes qui rêvent de consommation ce dont nous nous gavons depuis un demi-siècle, ce que nous leur avons promis pour rallier leurs soutiens et les enrôler dans notre cause ?

Les enrôler dans notre cause ! Vous appelez cela une cause ?
Au nom de quoi refuser au reste du monde ce dont nous nous gavons ? Tout simplement au nom de la fraternité. On ne dit pas à ses frères de prendre une voie qui ne mène nulle part sinon à l’auto-destruction. Par ailleurs, on ne leur a rien promis ! On a menti au reste du monde sur tout. On montre les paillettes de l’Occident, en taisant soigneusement le taux de suicide, le taux d’emprisonnement, la consommation de somnifères et d’anti-dépresseurs. Et bien entendu à côté, l’Occident se gave d’images tragiques du reste du monde comme pour définitivement se convaincre qu’on est mieux chez soi.

« Enfin, nous n’avons pas le choix, nous qui nous félicitons qu’un humain sur deux sera porteur d’un téléphone cellulaire dans deux ans, nous qui nous empressons de diffuser partout les images irrésistibles de la consommation d’abondance et de la croissance sans limites, devenues notre monde, notre mode de conquête des esprits et des désirs.

A qui donc avez-vous adressé ces vives félicitations ? Et pourquoi diable n’avons-nous pas le choix ? La Pythie a parlé ?

« Car notre triomphe comporte une obligation. Quand le désir unique du même mode de vie aura balayé le monde, six ou sept milliards d’humains vont vouloir de toutes leurs forces et un jour de toutes leurs armes, vivre comme nous – adopter un mode de vie hors du monde. Hors du monde ? Sans doute, puisque les ressources de la nature telles que nous les mobilisons jusqu’à aujourd’hui ne permettent pas à plus d’un milliard d’hommes de vivre comme, par exemple, un Américain moyen.

C’est bien le problème…

Ce qui a permis aux hommes d’occuper des niches écologiques différentes, selon des modes de vie différents, et sans comparaison basée sur une échelle unique, et qui s’appelait l’éloignement, la séparation, la différence, a été balayé – nous l’avons balayé. Pêcheurs nomades tamouls ou vezos, éleveurs peuls vivant de lait, chasseurs de miel thaïs, tous aspirent désormais au portable, au 4 × 4 et à la « clim » aux mois chauds. Tous n’en auront pas ensemble et en même temps les moyens. Et nous sommes responsables de produire un monde qui leur permettra de satisfaire leurs désirs, parce que nous sommes responsables de ces désirs, ou plutôt, de l’unification du monde par un désir unique, qui peut signifier la guerre de tous contre tous, et la fin de l’espèce humaine.

Ca y est j’ai compris le raisonnement ! Vous aimez cette société de consommation délirante. Vous réalisez que ce n’est pas généralisable mais vous partez tout de même de l’idée que les gens qui ne connaissent pas notre opulence (relative !) aspirent à faire comme vous. Donc… vous dîtes ni plus ni moins que c’est encore à nous les supers fortiches de développer des supers technologies pour que tout le monde puisse vivre comme nous. Un peu le même genre d’argument que pour les déchets nucléaires. On reporte, on mise sur d’hypothétiques technologies du futur. L’homme a toujours réussi à s’en sortir n’est-ce pas ? Bon ca se défend comme vision. Possible que sur l’île de Pâques, les Pascuans aient imaginé qu’une nouvelle technologie leur permettrait de replanter des arbres même sans graines.

« Le défi n’est pas autre que ce que réchauffement climatique, pénuries alimentaires, disparition des espèces et dégradation du milieu nous répètent avec insistance à peu près chaque jour : les chances de survie de l’espèce humaine se réduisent de manière accélérée. Ce n’est pas la nature qu’il faut sauver, c’est l’homme qui est en danger, et qui devrait se mettre au premier rang des « endangered species », ces espèces menacées sur lesquelles la nature pose son regard minéral, sa radicale indifférence aux accidents des espèces.

Si l’espèce humaine est menacée, je crois qu’il y en a certains qu’on regrettera moins que d’autres :-)

« C’est le défi de l’Occident, il devra payer, il devra travailler, et il devra surtout poursuivre le défi qu’obscurément, depuis la Renaissance, il s’est donné à lui-même, nous nous sommes donné à nous-mêmes : achever le projet libéral, celui de l’homme que ne détermine plus ni la nature, ni les éléments, ni quoi que ce soit qui lui soit extérieur ; faire de l’homme le dieu créateur de son monde, du monde partagé, désirable, et aimable.

Un défi obscur en effet. J’ignorais que la Renaissance avait ce projet de faire de l’homme un Dieu.

« Il va de soi que le plus difficile n’est ni de le financer ni de le concevoir. C’est de le rêver jusqu’à le désirer assez fort pour le faire. » 

Rêver pour désirer pour faire ! Autant dire avec la sagesse populaire : quand on veut on peut… Toute cette prose pour ça ? Merci Monsieur Juvin. Régalez bien les 5èmes assises nationales du développement durable !

Eh oui, le mardi 20 Janvier, Hervé Juvin nous indiquera quel chemin pour sortir de la crise lors des assies nationales du DD à Lyon

Ne le ratez pas si vous avez la chance d’être sur Lyon ce jour là !


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Ecrit par Baptiste le 4 janvier 2009 :: Classé dans Ad Hominem,Débat,Les autres...
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