Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

Conférences gesticulées pour les etats généraux de l’ESS

Tout le monde connaît Franck Lepage de la SCOP Le Pavé et ses célèbres conférences gesticulées.

Ah non, vous ne connaissez pas ? Comme vous êtes has been ! C’est comme si vous demandiez ce que signifie résilience, mutualisation ou pire encore, gouvernance.

Quand vous fréquentez les bons milieux, vous devez avoir le vocabulaire adéquat. A-t-on déjà vu un développeur ignorer ce que veut dire  geek ou un journaliste ce que veut dire procrastination ? Franchement !

Bon alors je résume. Avant on faisait des interventions.

Cela s’appelait des conférences et au bout d’un moment ca ne faisait plus venir personne parce que c’était trop rébarbatif.

On avait beau rajouter -débat en suffixe, ca n’a pas suffi…

Alors, on a décidé d’y adjoindre des excipients, comme par exemple des préfixes sympathiques: apéro-conférence ou cocktail-conférence.

On a même vu des « petits-déjeuners débat»  ! C’est vrai que le matin c’est plus pratique. pas d’angoisses de métro ou de covoiturage pour rentrer après 23h..

Toujours pas palpitant ! Alors on a créé les formats des mini-conférences. 3 minutes de passage, au moins on est certain de ne pas lasser l’auditoire. C’est le format « poster»  des chercheurs ou le format 3 slides des rencontres entre professionnels. C’est aussi le format des célèbres Talks du TED qui n’excèdent pas 15 minutes. C’est encore le show à la Steve Jobs dès que sort un nouveau fruit défendu…

Bon alors, la conférence gesticulée ? Est-ce du théâtre, un one man show, une conférence sexy ?

Eh bien, pour résumer, il s’agit tout simplement d’un mélange de récit personnel et de conférence universitaire. Ce que Franck Lepage appelle le mélange des savoirs chauds et de savoirs froids.

Ca tombe bien pour nous parce qu’à eco-SAPIENS, on a beaucoup de savoirs froids (évolution de la bio, sociologie et philosophie de la consommation, limites du commerce équitable, rôle du e-commerce dans l’économie locale, analyse de cycles de vie…) et on a le sang réchauffée par le soleil phocéen.

On va donc inaugurer lors des états généraux de l’Economie Sociale et Solidaire.

Retrouvez le programme et venez donc vous confronter à notre tchatche l’avant-veille de la fête de musique !

  • Première séance : dimanche 19 Juin à 10h
  • Seconde séance : dimanche 19 Juin à 14h

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Ecrit par Baptiste le 1 juin 2011 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...,Un peu sur nous,vidéo
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Mort aux vaches et morts au champ d’honneur

5361_d334_480J’ai eu la chance d’assister à l’avant-première du film de Coline Serreau. Pour ceux qui l’ignorent, la réalisatrice de « Trois hommes et un couffin»  sort aujourd’hui Solutions Locales pour Désordre Global qui est un film-documentaire sur l’agriculture.

Dit ainsi, cela semble peu aguicheur. Car au fond, qui s’intéresse aux agriculteurs ? Car qui rêve de devenir agriculteur ? Oui eux, je sais, mais bon…

Le film débute avec des plans très rapprochés sur des museaux. Pendant 5 minutes, sur fond de trio à cordes, on est collé à des groins, des gueules, des narines touffues, des yeux rieurs comme peuvent rire les animaux de ferme.

Et puis l’histoire de l’agriculture moderne commence. Oh bien sûr une telle version de l’histoire ne sierra pas aux techniciens de l’agronomie d’aujourd’hui. Et pourtant, tout ceci est fort bien connu et fort bien prouvé. Même Liebig, père de l’agriculture moderne le présentait

L’agriculture moderne est une agriculture de guerre. C’est avec la Grande Guerre que l’on a pu expérimenter et développer tout ce qui allait devenir intrants, engrais, pesticides, herbicides et fongicides. Si vous ne saviez pas, allez voir au cinéma !

Le film parle moins du sort des animaux pour se concentrer sur la terre, le sol, l’humus. On entend toujours avec plaisir Claude Bourguignon expliquer comment l’étude des sols (sa micro-biologie) a disparu de l’enseignement agricole. Aujourd’hui, on exploite des sols morts qui ne tiennent qu’à coup de produits chimiques. Lui parle de gestion de pathologie végétale.

utopiaLors du salon Planète Durable, j’ai eu l’occasion d’échanger vivement avec la responsable Environnement du CIV (Centre d’Information sur les Viandes, qui vise donc à informer sur la viande). Cet organisme est la représentation des éleveurs français, spécifiquement vache et mouton. Bref, on ne mélange pas les cochons avec les bavettes !

Inutile de préciser que la sortie du livre à charge Bidoche, de Fabrice Nicolino, sur l’industrie de la viande, a fait bondir plus d’un éleveur. Il fut assez long d’expliquer à mon interlocutrice que, selon moi, Bidoche n’est pas un livre contre les éleveurs. Ce qui est dénoncé c’est un système.

Car mettons nous à la place d’un agriculteur français d’aujourd’hui, qui choisirai la voie « conventionnelle» .

  1. Il est trimballé au gré des allocations de subventions européennes et françaises (par exemple le maïs il y a une dizaine d’années)
  2. Il est étranglé par les négociations des centrales d’achat de la grande distribution
  3. Il est sommé par les consommateurs exigeants de fournir des produits sains, de ne pas polluer les cours d’eau etc

D’où l’on tire comme conclusion que l’agriculture française n’est pas viable économiquement, ne suffit pas à l’autosuffisance alimentaire du pays et n’est pas durable.

Cela change. Lentement. Trop lentement.

Je ne cherche pas à ce que l’on plaigne les agriculteurs et les éleveurs. Mais il est aussi trop facile de les accuser. Nous sommes clairement embarqués sur la même galère et nul doute que dans la même situation, nous n’aurions peut-être pas agi mieux.

Pour moi, en étudiant les conditions historiques et idéologiques de l’élevage (abattoirs de Chicago, peur du manque dans l’après-guerre…) le livre de Nicolino dit la même chose. De manière regrettable, les corporations concernées l’ont ressenti comme une agression.

L’agriculture moderne est un secteur, parmi d’autres, saccagée par l’arraisonnement humain du XXème siècle.

Arraisonnement ! Le terme n’est pas trop fort quand on voit les aberrations patentes des lois actuelles.

Quand on déclare illégale telle variété de pomme de terre qui a nourri l’Europe pendant des siècles; quand des firmes souhaitent interdire le commerce de semences traditionnelles sous prétexte qu’elles ne dégénèrent pas;  quand ces mêmes firmes tentent de faire interdire le purin d’ortie; quand on nourrit des vaches avec des restes d’animaux…

Si ce n’est de la folie, comment appeler cela ?

moutonsPhilosophiquement parlant il est toujours difficile de voguer entre responsabilité systémique et responsabilité individuelle. En d’autres termes, il est plus prudent de dire à son interlocuteur: « ce n’est pas ta faute si tu agis mal, c’est le système» . Ca déresponsabilise et ca le soulage ! Nous sommes donc condamnés à nous accuser les uns les autres: soit nous ne sommes pas vertueux (mais nous sommes libres), soit nous ne sommes pas libres (et nous serions vertueux sinon…).

Et pourtant système il y a !

Au Monopoly, vous pouvez être quatre amis fort gentlemen et vertueux, vous constaterez que les pauvres s’appauvrissent et que les riches accumulent à toute vitesse. Et bien depuis de longes années, nous jouons au Monopoly in vivo. La règle étant simple: « les plus riches peuvent se servir dans la banque de la Nature tant qu’il y en aura« . A celà s’ajoute une bonne dose de foi dans le progrès technique, le graal aveuglant derrière lequel nous courrons pour résoudre tous les problèmes planétaires…)

Coline Serreau, le CIV, Bidoche, le Monopoly… où en étions-nous ?

Ah oui ! Nous voulions prévenir les lobbyistes agricoles, les détracteurs de la bio et autres contempteurs de l’écologie qu’en incendiant le film de Coline Serreau (ils vont le faire je n’en doute pas, et ca va être musclé  !) ils se trompent de combat.

Car le film est résolument tourné vers les alternatives et l’espérance. Ici, on ne dénonce personne ad hominem.

Ici on dit « regardez ! il y a des gens qui font autrement. Ca marche et en plus… ca paraît sensé» .

Merci donc pour cette piqure de rappel et pour tous ces gros plans sur les vaches !


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Ecrit par Baptiste le 7 avril 2010 :: Classé dans Botaniqus,Débat,Itinéraire,Les autres...,Participez,Poïesis
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Rendez-vous au salon Primevère

primevereCoucou !

C’est l’autre nom de la primevère qui commence de fleurir dans mon jardin tandis que les perce-neige sont encore en pleine forme, oscillant leur tête de bas en haut.

Au creux des mots le secret des choses… Primevère c’est étymologiquement la première du printemps. Et comme tout est lié, c’est aussi la période où le coucou fait entendre son joli chant.

Par contre, les Espagnols sont ici des faux-amis puisque « été»  se dit verano ce qui fait croire que la primevère serait la première de l’été.

Quoiqu’il en soit, le salon Primevère lui, n’attend pas le printemps mais se cale sur la floraison de notre amie officinale. C’est à Lyon, pendant trois jours, à partir du vendredi. Comme à son habitude, le salon accueillera la crème des alternatives écologiques, bio et équitables. L’année dernière, nous avions découvert Tripalium (fabriquer son éolienne).

Cette année, pour les conférences, il y aura PMO pour parler nanotechnologies, Nicolino pour parler Bidoche, Danielle Mitterrand sur l’eau, et surtout des nouveaux thèmes qui pontent le bout de leur nez… la sortie de l’économie, les monnaies libres et gratuites.

Nous espérons vous rencontrer dans le labyrinthe des exposants. Nous aurons même l’honneur d’être exposés via notre poster « Les bons labels et les truands« …

Le même que celui qui erre quelque part dans un wagon du RER D… un soir que j’avais la tête à penser aux coucous…


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Ecrit par Baptiste le 23 février 2010 :: Classé dans Botaniqus,Itinéraire
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Pourquoi c’est bien de travailler à eco-SAPIENS

Editions pour penser à l'endroit sur le vélo eco-SAPIENSIl paraît que le storytelling est très en vogue dans les grandes entreprises. On raconte des histoires, on fabrique des légendes de toute pièce pour valoriser ou redorer l’image d’une marque, d’un produit d’une personne.

Avant, la publicité était l’espace dédiée à la fabulation des marchands. Aujourd’hui la publicité n’a plus cette pudeur de s’annoncer : le produit se confond avec elle.

La fiction et la réalité font un.  Le produit n’a plus d’histoire. Il est sa publicité. Discours et objet sont confondus.

Bref la publicité c’était la manipulation. Aujourd’hui, avec le storytelling, on manipule mais…  sans les mains.
Et on ne sent rien…

Alors on va faire le storytelling d’eco-SAPIENS. Pour cela, on ne parlera pas de l’origine mais on remontera le temps. Partons du plus récent (aujourd’hui) et nous verrons si cette merveilleuse histoire aboutira à sa genèse.

En tant qu’eco-SAPIENS,  nous sommes amenés à nous promener de salons en salons. Comme nous sommes écolos, nous ne prenons jamais, ô grand jamais ! ni avion ni voiture. Et parfois, comme nous nous rappelons que le train est nucléaire, nous allons carrément aux salons à bicyclette.  Notre vélo vert, grâce à son fanon aérodynamique, nous propulse ici à Lyon, là à Paris. Au gré du vent et de la nationale 7.

L’année dernière, ce fut plus rude. Il fallut aller jusqu’à Die pour un immanquable rendez-vous de l’écologie. Cette ville, c’est le repère absolu des alternatifs. Après quelques cols, nous voici aimablement accueillis par une de nos boutiques. Car nous entretenons de si bonnes relations avec nos clients qu’elles nous offrent volontiers gîte et couvert.

Avec nos merveilleux hôtes, autour d’un verre de clairette, nous avons parlé du loup. Ce loup qui parcourt lui aussi les Alpes et dont l’aperception récompense le plus téméraire des randonneurs.

Quitter ce lieu fut comme une déchirure. La neige, la montagne, et les loups qu’on imagine. Qu’on ne verra hélas ! jamais.

Et puis…

Et puis nos hôtes m’ont envoyé cette photo. Prise il y a 3 jours. Fraîche comme la neige.

Alors, promis, on reviendra. Et nous aussi nous verrons le loup. Assouvissant notre besoin de nature sauvageloup-y-es-tuLe loup !L’avez-vous vu ?

Et saurez-vous démêler le vrai du faux dans cette histoire. Parce que promis… presque tout est vrai.

Merci à Albert et Gaëtan pour la photo sur le vélo. Et surtout mille mercis à Mana Terra que nous adorons.


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Ecrit par Baptiste le 9 décembre 2009 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...,Poïesis,Un peu sur nous
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Luxe, équitable et volupté

nespresso_clooney_2« Fiat lux ! »

C’est par ces deux mots que Dieu créé le monde.

« C’est du luxe ! »

C’est par ces mots que l’on disqualifie un excès, un orgueil ou tout simplement une pulsion idiote…

Ainsi peut-on s’interroger sur cette double nature, à la fois étincelante et aveuglante du luxe.

Paradoxe génialement résumé par Icare qui meurt en se brûlant d’avoir approché le soleil.

Questions : le luxe peut-il être équitable ? Le luxe peut-il être durable ?

A la première question, la réponse est trop simple. Le luxe est à l’opposé de l’équitable à moins de restreindre l’équitable à cette image qui lui colle encore trop à la peau, à savoir une œuvre de charité.
L’industrie du luxe, c’est la parade imbécile pour se distinguer en prouvant qu’on peut tout avoir. Alors qu’ils n’ont rien puisqu’ils n’ont que de l’argent.
Mais si on s’intéresse au sens originel du mot « équitable », à savoir un rapport d’égal à égal, on voit bien que le luxe, ne pouvant pas être partagé, nécessite un rapport de force inégalitaire.

Il faut en quelque sorte replacer l’industrie du luxe dans le système économique actuel. Il serait captieux de rapprocher cette forme de luxe des potlatchs ou des dépenses fastueuses organisées dans l’Histoire (Gilles de Rais par exemple). Car l’industrie du luxe n’est aucunement dans le don. Elle étoffe plus qu’elle ne dénude et ne recèle par conséquent aucun prestige symbolique.

L’industrie du luxe, n’est juste qu’une gouttelette qui condense toutes les dérives du système économique d’aujourd’hui. A savoir, éviter la question de l’origine insolente de notre richesse matérielle. Et compatir avec les opprimés pour se bercer dans l’illusion que nous sommes charitables et que décidément, oui, nous méritons bien cette illusoire opulence.

A la seconde question, il faut avouer que la réponse est plus délicate. Le luxe d’aujourd’hui est souvent le low cost de demain. Surtout pour la consommation matérielle. Il suffit de voir qu’avant Ford, une voiture, c’est un luxe. Un camescope en 1980 c’est un luxe. Etc.
C’est d’ailleurs le refuge le plus sécurisé pour le marketing que de miser sur le désir permanent de la distinction par l’objet. Si nous considérons un exemple récent de ce marketing, la cafetière nespresso, on sait bien que tout cela n’est pas vendu à un prix recouvrant une quelconque réalité matérielle. Ceux qui souhaitent goûter au luxe de ressembler un instant à Mr Clooney ne sont pas bêtes au point de croire vraiment que tout ceci est si technologiquement sophistiqué qu’il faille effectivement y mettre le prix. En payant le café 75 € le kilo…

Ils mettent le prix pour dire « je suis du happy few ». Et les autres entendent pourtant « ils sont sadly many »…

Ainsi en est-il des différents exposants que l’on pourra rencontrer dans ces salons aux intitulés qui mêlent, de manière faussement provocatrice, les termes de luxes et de durable.

Le problème est que dans le monde du luxe, « rien n’est trop beau ». On peut donc faire toutes les concessions que l’on veut. On retrouve bien la seconde étymologie, à savoir l’excès, la démesure. En général, le luxe assume bien sa schizophrénie : ça n’a pas de prix (ca ne sert à rien) et donc, c’est cher. Aussi le luxe se prend-il pour l’art… Mais le luxe est plutôt à l’exacte croisée du mercantilisme dans l’art et du désir de distinction dans un monde homogénéisée par la techno-industrie.

Nul doute que les artistes qui coudoient ce genre de manifestation sont déjà condamnés.

Aujourd’hui, le vrai luxe, c’est de savoir être sobre. Et de battre la mesure…

nabaztag

PS: On trouve même des Nabaztag de luxe à ce salon ! Oups !


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Ecrit par Baptiste le 14 mai 2009 :: Classé dans Débat
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A Primevère, on travaille et tripalium

toms4mJ’ai déjà dit tout le bien que je pense du salon Primevère dans le billet précédent. Il y tant d’acteurs, pour certains historiques, tant de nouveaux (tout aussi prometteurs d’ailleurs) que l’on est toujours un peu frustré de ne pouvoir évoquer tout ce beau monde ici réuni.

Réuni pour le même credo: les alternatives existent ! Et en plus, elles sont utiles, ludiques et conviviales.

Aujourd’hui, j’ai été interpellé par ce drôle d’intitulé: « fabriquer soi-même son éolienne« . En tout cas les pales ! Et à la rigueur le mat. Pour le moduleur et la batterie, il va falloir l’acheter…

L’audacieuse structure qui montrait ainsi ces drôles d’éoliennes s’appelle, preuve que ses fondateurs ne manquent pas d’humour, tripalium. Tripalium comme « trois pales»  dans un latin approximatif… Mais surtout « tripalium»  comme le fameux instrument de torture qui a donné notre mot actuel travail.

En discutant avec l’un des associés, j’ai donc appris que ces petits engins d’apparence artisanale pouvait facilement fournir 300 W. Reliable au réseau EDF, l» gal puisque prévu pour une hauteur de 14m maximum, c’est un pas de plus vers l’autonomie énergétique (en tout cas électrique) tout en s’amusant. Quel malheur que je sois si peu bricoleur, sinon j’aurais gagné une sacrée fierté à arborer mon éolienne et ses trois pales en bois !

Mais je ne désespère pas. Je vais aller à l’atelier proposé par Tripalium dès demain.

Le site internet de Tripalium


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Ecrit par Baptiste le 21 février 2009 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...
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A Primevère en vélo vert

primevere1C’est certainement notre salon préféré. De par sa grandeur (400 exposants) et sa cohérence (23ème année), le salon Primevère qui se tient chaque année à Lyon, fait figure de pionnier.

Les primevères éclosent précocement cette année (la phénologie, étude des floraisons, est une science qui se fait rattraper par le changement climatique) et nous avons décidé de monter en force depuis Marseille.

Nous apporterons notre vélo vert « Le clic éthique»  que nous venons de réparer en dernière minute…

Passez-nous faire la bise !


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Ecrit par Baptiste le 19 février 2009 :: Classé dans Itinéraire
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100 entrepreneurs sociaux s’engagent

tetiere_100entrep-2-overHier, j’étais invité au Salon des Entrepreneurs, au Palais des Congrès à Paris, pour affirmer l’existence et la nécessité de l’entrepreneuriat social.

Concrètement, le CODES (COllectif pour le Développement de l’Entrepreneuriat Social) qui regroupe de manière informelle 30 personnes historiques de l’économie sociale, ont décidé de « lever les troupes» . Désolé pour la métaphore guerrière mais cette période de crise économique où l’on demande des conseils à Jean-Marie Messier et où l’on sauve des banques à coups de milliards alors qu’elles font des bénéfices, tout cela conduit à hausser un peu le ton !

Mais que l’on se rassure, les 100 premiers signataires (eco-sapiens bien sûr, mais aussi Papili, Okhra, Idéo, Bébés en vadrouille, Biocoop…) ne sont pas partis à l’abordage de tous les autres stands. Dans un esprit cordial et studieux, tout ce beau monde a proclamé l’urgence de sortir de l’ombre.

C’est en effet un problème récurrent dans le monde de l’économie sociale et solidaire. Un secteur qui, malgré ses contours flous et discutés, regroupe tout de même 10% de l’emploi en France. Et dans d’autres pays européens (Royaume-Uni par exemple) le mouvement prend de l’ampleur. Bref, nous sommes nombreux, nous défendons une vision saine et légitime de l’économie et de l’entrepreneuriat, nous recouvrons tous les secteurs d’activités… MAIS personne ne sait que cela existe !

A la conférence publique organisée au salon, la salle était comble, voire saturée. Obvieusement, la crise économique a interrogé le quidam.
Mais cette émergence, ce début de notoriété et de succès pose tout de même quelques questions philosophiques… Nous en reparlerons plus tard !

Le site des 100 entrepreneurs sociaux sur AVISE


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Ecrit par Baptiste le 5 février 2009 :: Classé dans Les autres...
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A propos des intitulés d’évènements

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illustration Alexis Nouhailat

Je n’ai pas eu l’occasion d’aller aux 5èmes assises nationales du développement durable qui se tenaient à Lyon. Mais j’ai eu la chance et la joie d’être présent aux rencontres de l’écologie au quotidien à Die. Il faut dire que nous n’avons pas été conviés au premier mais chaleureusement invités au second!

Les intitulés nous en disent long. « Assises » car effectivement tout le monde est assis. Les interventions magistrales laissent une bien faible part aux questions souvent prévisibles posées par un public assis. J’ai pu le savoir car un des intervenants à Lyon m’a donné son sentiment lors d’une discussion à Die. En même temps, l’inutilité de ces assises qui de plus se réclament encore « développement durable» , était probable. J’ai par exemple évoqué la présence d’Hervé Juvin qui tient des propos qui font froid dans le dos.

Tandis qu’à Die, il n’y avait que du beau monde. Non seulement dans les intervenants (Michèle Rivasi, Paul Aries, Jacky Blanc, Yves Paccalet…) mais aussi dans les specta(c)eturs. Eh oui, des spectacteurs, nouveau mot que j’ai appris. On ne reste pas « assis»  pendant des heures dans l’humble mais chaleureuse salle d’accueil de Die. D’abord il y a les bénévoles (habitants, voyageurs de passage…) mais il y a aussi du théâtre forum, du tutoiement respectueux, du slam en fin de chaque projection, de l’imprévu, du scandale, de la réconciliation,…

Comme ca fait du bien de « rencontrer» . J’ai d’ailleurs fait deux mémorables rencontres (parmi d’autres).
Alexis, dessinateur naturaliste plein de liens à partager dans toute la France au point d’avoir un répertoire alphabétique+géographique pour mieux rendre visite aux copains ! (j’en profite pour dire qu’il dessine dans un magazine que j’ai découvert l’année dernière et qui est fantastique: la salamandre)
Et Xavier Renou qui venait présenter la désobéissance (là aussi on est debout, actif et impliqué !).

J’ai aussi pu visiter une maison à 100 000 € écologique. L’architecte est d’ailleurs en SCOP ! Ossature bois et ca fait du 1200 €/m2. Qui a dit que l’écologie était plus cher ?

Et hop ! On repart de Die par une ligne TER entre la Drôme et les Alpes au point de délaisser son livre pour dire au revoir à ce magnifique paysage.
On repart de Die avec plein d’espoir que les alternatives constructives et positives existent en France mais qu’il faut aller les chercher.
On repart de Die avec un saucisson, une bouteille de clairette et le sentiment qu’on reviendra l’année prochaine avec plein d’amis.


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Ecrit par Baptiste le 1 février 2009 :: Classé dans Débat,Les autres...
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Hervé Juvin, le psychopathe du développement durable

auroch2Allez on hausse un peu le ton ! Après tout, on est sur le blog, là où l’on peut dire du bien des gens qu’on aime bien… et du mal des gens qu’on aime peu.

Aujourd’hui…le président d’Eurogroup, un cabinet tellement célèbre qu’il peut prétendre sans rire être le 1er cabinet de conseil en organisation et en management. Ca tombe bien eco-SAPIENS est le deuxième ! Vous ne le saviez pas ? Rassurez-vous, il ne tient qu’à vous d’affirmer désormais être le troisième…

Aujourd’hui donc: Hervé Juvin !

Qu’il y ait des tas d’» experts»  qui vantent la mondialisation heureuse et le TINA (There Is No Alternative) c’est finalement assez normal. Qu’ils occupent la quasi-totalité des tribunes médiatiques, c’est déjà un peu suspect. Mais qu’on leur offre un tapis rouge vert dans les différents salons parlant de développement durable, voilà qui interpelle.

J’ai déjà dit qu’inviter systématiquement Jacques Attali à tous les salons qui parlent de DD relevait d’une véritable idolâtrie… ou plutôt idrôlâtrie. Sous prétexte que le développement durable repose en partie sur l’économie, on invite les éternels vaticinateurs sans effectuer un préalable tri sélectif.

Ainsi, peut-on vraiment attendre quelque chose de durable dans les propos d’Hervé Juvin ?
Quelques extraits de son dernier opus pour ceux qui découvrent le bonhomme:

« Le fleuve qui roule des flots indomptables, la source inépuisable qui gargouille sous les mousses, la forêt vierge de toute pénétration humaine, les hordes innombrables de rennes, de gnous ou d’éléphants, et la générosité surabondante de chaque printemps qui fait reverdir la végétation et gonfler les récoltes futures… Nous en sommes sortis. Jamais plus ces images de la prodigalité et de la gratuité souveraines de la nature ne seront nôtres. Le monde n’est pas seulement fini, il est petit, compté, et sera disputé. C’est notre chef-d’oeuvre. Nous devons l’assumer, et nous préparer à produire un monde qui ne sera pas sans que nous ne l’ayons voulu, pensé, choisi, financé.

C’est rigolo cette dichotomie homme/nature. On assume que l’homme a flingué la nature et on dit « c’est pas grave» , « on va se retrousser les manches et produire le monde dont on rêve» . Ca me rappelle que parfois, ma prof de math écrivait sur ma copie, après une demi-page de démonstration inutile « pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?» . Ici, on pourrait protéger, partager, reconsidérer mais non ! On va carrément financer le monde dont on rêve. A aucun moment on ne s’interroge sur le rôle de ladite finance qui depuis soixante est à l’oeuvre et qui a effectivement produit le rêve qu’on connaît aujourd’hui…

« Le défi est de taille, et pas seulement économique.

« D’abord, il suppose une transformation accélérée de nos mentalités, pour anticiper, imaginer et concevoir. Il y a si longtemps qu’avoir chaud l’hiver et frais l’été, boire l’eau du robinet, disposer des fruits et légumes de son choix en toute saison, pouvoir se déplacer selon son envie et avoir accès à une nourriture abondante, diverse, de bonne qualité et à bas prix, nous semble aller de soi !
Faudrait pas tout mettre dans le même panier… Il y a une différence entre boire l’eau du robinet et exiger des fraises en hiver ou jouer au golf dans le désert californien… Je vous vois venir Mr Juvin. Mettre sur le même niveau de véritables progrès et des caprices égoïstes est pour le moins incongru. Et si l’on refuse ceux-ci, c’est qu’on refuse ceux-là ? On n’arrête pas le progrès ? On le choisit ! Vous allez tout de même pas faire le coup de ceux qui veulent retourner à l’âge des cavernes sous prétexte que certains n’ont pas la même conception du progrès

[...]

« Ensuite, il s’agit d’en finir avec les fantaisies régressives si répandues depuis que les nouvelles raretés, et d’abord celles de l’énergie, sont apparues, depuis aussi que la surabondance installée dans les sociétés occidentales débouche logiquement sur la saturation, voire la déception (tout ça pour ça ?). La décroissance, le retour à la nature (mais laquelle ?) ou à la terre, la limitation des activités humaines, l’arrêt du progrès et les autres fantaisies régressives qui retardent la prise de conscience du désastre environnemental proche n’ont aucune chance d’ouvrir les voies collectives d’un quelconque « no future » acceptable.

Allez, on mélange tout: le retour à la nature, les activités humaines (le travail vous voulez dire ? quand on y réfléchit, limiter le travail paraît plutôt souhaitable… à moins qu’il ne faille s’activer pour s’activer) et l’arrêt du progrès (ah le progrès… le mot magique qui recouvre l’accès à l’eau potable comme la piste de ski à Dubaï).


Puisque vous affectionnez le terme « fantaisies régressives» , je voudrais vous rappeler que la prise de conscience n’est pas vraiment venue des financiers, économistes, politiques et experts de votre genre. Mais vous, 50 ans après, il est plus simple de suivre la girouette et de dire que non seulement vous avez conscience du désastre environnemental mais surtout que vous ne faîtes pas partie des fantaisistes réactionnaires. Le beau rôle !

Car, partout autour de nous, le monde est assoiffé de croissance, enchanté de consommation et d’accès au marché, car il se précipite dans un tourbillon d’activité qui ne promet en rien modération, renoncement et abstinence.

Vous avez demandé au monde entier s’il était assoiffé de croissance ? Y en a-t-il un qui sait ce qu’est la croissance ? Le savez-vous vous-même ? Je dis cela car la dernière fois, sur France Inter, je devais répondre à un expert de votre acabit, écouté hypnotiquement par les sénateurs, qui lui était assoiffé de croissance… sans en connaître la définition !

« Enchanté de consommation et d’accès au marché« .C’est vrai ca, quand je suis né j’étais enchanté à l’idée qu’un jour moi aussi je pourrais accéder au marché ;-) Comme quoi nous n’avons effectivement pas les mêmes fantaisies, pas les mêmes enchantements.

Au point qu’il faut mesurer ce qu’il y a d’indécent dans certaines exigences européennes, vu de Pékin ou de Bombay. Au nom de quoi refuser aux trois ou quatre milliards d’hommes qui rêvent de consommation ce dont nous nous gavons depuis un demi-siècle, ce que nous leur avons promis pour rallier leurs soutiens et les enrôler dans notre cause ?

Les enrôler dans notre cause ! Vous appelez cela une cause ?
Au nom de quoi refuser au reste du monde ce dont nous nous gavons ? Tout simplement au nom de la fraternité. On ne dit pas à ses frères de prendre une voie qui ne mène nulle part sinon à l’auto-destruction. Par ailleurs, on ne leur a rien promis ! On a menti au reste du monde sur tout. On montre les paillettes de l’Occident, en taisant soigneusement le taux de suicide, le taux d’emprisonnement, la consommation de somnifères et d’anti-dépresseurs. Et bien entendu à côté, l’Occident se gave d’images tragiques du reste du monde comme pour définitivement se convaincre qu’on est mieux chez soi.

« Enfin, nous n’avons pas le choix, nous qui nous félicitons qu’un humain sur deux sera porteur d’un téléphone cellulaire dans deux ans, nous qui nous empressons de diffuser partout les images irrésistibles de la consommation d’abondance et de la croissance sans limites, devenues notre monde, notre mode de conquête des esprits et des désirs.

A qui donc avez-vous adressé ces vives félicitations ? Et pourquoi diable n’avons-nous pas le choix ? La Pythie a parlé ?

« Car notre triomphe comporte une obligation. Quand le désir unique du même mode de vie aura balayé le monde, six ou sept milliards d’humains vont vouloir de toutes leurs forces et un jour de toutes leurs armes, vivre comme nous – adopter un mode de vie hors du monde. Hors du monde ? Sans doute, puisque les ressources de la nature telles que nous les mobilisons jusqu’à aujourd’hui ne permettent pas à plus d’un milliard d’hommes de vivre comme, par exemple, un Américain moyen.

C’est bien le problème…

Ce qui a permis aux hommes d’occuper des niches écologiques différentes, selon des modes de vie différents, et sans comparaison basée sur une échelle unique, et qui s’appelait l’éloignement, la séparation, la différence, a été balayé – nous l’avons balayé. Pêcheurs nomades tamouls ou vezos, éleveurs peuls vivant de lait, chasseurs de miel thaïs, tous aspirent désormais au portable, au 4 × 4 et à la « clim » aux mois chauds. Tous n’en auront pas ensemble et en même temps les moyens. Et nous sommes responsables de produire un monde qui leur permettra de satisfaire leurs désirs, parce que nous sommes responsables de ces désirs, ou plutôt, de l’unification du monde par un désir unique, qui peut signifier la guerre de tous contre tous, et la fin de l’espèce humaine.

Ca y est j’ai compris le raisonnement ! Vous aimez cette société de consommation délirante. Vous réalisez que ce n’est pas généralisable mais vous partez tout de même de l’idée que les gens qui ne connaissent pas notre opulence (relative !) aspirent à faire comme vous. Donc… vous dîtes ni plus ni moins que c’est encore à nous les supers fortiches de développer des supers technologies pour que tout le monde puisse vivre comme nous. Un peu le même genre d’argument que pour les déchets nucléaires. On reporte, on mise sur d’hypothétiques technologies du futur. L’homme a toujours réussi à s’en sortir n’est-ce pas ? Bon ca se défend comme vision. Possible que sur l’île de Pâques, les Pascuans aient imaginé qu’une nouvelle technologie leur permettrait de replanter des arbres même sans graines.

« Le défi n’est pas autre que ce que réchauffement climatique, pénuries alimentaires, disparition des espèces et dégradation du milieu nous répètent avec insistance à peu près chaque jour : les chances de survie de l’espèce humaine se réduisent de manière accélérée. Ce n’est pas la nature qu’il faut sauver, c’est l’homme qui est en danger, et qui devrait se mettre au premier rang des « endangered species », ces espèces menacées sur lesquelles la nature pose son regard minéral, sa radicale indifférence aux accidents des espèces.

Si l’espèce humaine est menacée, je crois qu’il y en a certains qu’on regrettera moins que d’autres :-)

« C’est le défi de l’Occident, il devra payer, il devra travailler, et il devra surtout poursuivre le défi qu’obscurément, depuis la Renaissance, il s’est donné à lui-même, nous nous sommes donné à nous-mêmes : achever le projet libéral, celui de l’homme que ne détermine plus ni la nature, ni les éléments, ni quoi que ce soit qui lui soit extérieur ; faire de l’homme le dieu créateur de son monde, du monde partagé, désirable, et aimable.

Un défi obscur en effet. J’ignorais que la Renaissance avait ce projet de faire de l’homme un Dieu.

« Il va de soi que le plus difficile n’est ni de le financer ni de le concevoir. C’est de le rêver jusqu’à le désirer assez fort pour le faire. » 

Rêver pour désirer pour faire ! Autant dire avec la sagesse populaire : quand on veut on peut… Toute cette prose pour ça ? Merci Monsieur Juvin. Régalez bien les 5èmes assises nationales du développement durable !

Eh oui, le mardi 20 Janvier, Hervé Juvin nous indiquera quel chemin pour sortir de la crise lors des assies nationales du DD à Lyon

Ne le ratez pas si vous avez la chance d’être sur Lyon ce jour là !


7 commentaire(s)
Ecrit par Baptiste le 4 janvier 2009 :: Classé dans Ad Hominem,Débat,Les autres...
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