Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

Hausser le ton

manchots observateursL’automne arrive.

Et c’est comme si personne ne s’intéressait aux derniers mois qui cloront 2011. C’est bien simple ! Octobre, Novembre et Décembre 2011 n’existent que virtuellement.

Tout le monde a hâte de passer à 2012. Car tout le monde se dit que l’on pourra remettre les compteurs à zéro.

Nouvelles élections présidentielles. En France bien sûr mais aussi, ne l’oublions pas, aux Etats-Unis.

Ainsi, de même que le Grenelle de l’Environnement est définitivement considéré comme un échec voire même un fumigène, la politique verte tant attendue par Obama vient de subir un sérieux revers.

L’association Respire et Fabrice Nicolino mentionnent (par-ci, par-là) cette tribune de Robert Redford, soutien médiatique d’Obama lors des élections, contre le président américain. L’acteur qui murmure aux oreilles des chevaux n’a pas su visiblement avoir celle d’Obama.

feux tricoloresCertains peuvent se demander que vient donc faire le people Redford dans cette histoire. Personnellement, jusqu’à la lecture du roman culte Le Gang de la clé à molette de Edward Abbey, et donc au passage la merveilleuse préface de Robert Redford dans la version française, j’ignorais aussi que l’acteur avait une sérieuse culture écologiste.

C’est à dessein que j’emploie le terme culture, de même que l’on parlerait de culture générale.

Voilà, Redford est déçu de voir que les actes ne suivent pas les discours. Les élections arrivent à grand pas et c’est le retour du pragmatisme. Pragmatisme industriel s’entend.

Certains diront que la crise est passée par là et que dans les conditions actuelles (vous savez ? la Grèce, le CAC 40 sous les 3 000 points, la note américaine dégradée de AAA en AA+, etc.) il faut d’abord se soucier d’emplois et de finances.

A n’en pas douter, comme tout le monde se focalisera sur 2012, dans le culte du RAZ (remise à zéro des compteurs), on ne peut que prévoir des crispations de toute part.

Pourtant, c’est bien maintenant, avant 2012, qu’il faut opérer ce changement de culture.

Facile à dire bien sûr ! D’autant qu’il y a de quoi se démoraliser encore plus en apprenant au passage que la cour d’appel de Paris a prononcé un non-lieu à propos des retombées du nuage de Tchernobyl en France. Les malades de la thyroïde (entre autres) ne peuvent que se résigner. Leur cancer n’a rien à voir.

Soyons plus précis et plus honnêtes à propos de ces cancers de la thyroïde car ceci est très instructif.

moto hondaD’abord, c’est un cancer avec un bon prognostic (on n’en meurt pas, il se « soigne»  bien). Certes.

Le plus déconcertant, c’est cette phrase extraite du site de la Ligue contre le cancer. L’association reprend à son compte le rapport de l’Institut de veille sanitaire.

Des études épidémiologiques avec calculs de risque ont montré que l’augmentation du nombre de cas de cancers thyroïdiens en France ne pouvait être imputée à l’accident nucléaire de Tchernobyl.

En réalité, dans la grande majorité des cas, les cancers de la thyroïde se développent sans cause précise.

Relisez donc.

On constate une augmentation depuis 20 ans. On sait que ce n’est pas Tchernobyl. Mais on ne sait pas la cause. Et l’on sait quand même que, majoritairement, c’est sans cause précise. Le raisonnement est évidemment contradictoire (on ne connait pas la cause mais on sait que ce n’est pas Tchernobyl).

Je ne dis évidemment pas que les auteurs du rapport mentent. Ou que la Ligue trompe le grand public. Je constate juste que rationnellement parlant, cela ne tient pas la route. Et comme tout citoyen lassé du discours lénifiant et abscons tenu par l’industrie nucléaire (y compris dans ses aspects sanitaires), je ne peux que développer de la méfiance.

Cette semaine, Jean-Luc Porquet a rappelé que, catastrophe oblige, malgré seulement un cinquième du parc nucléaire japonais en activité, l’archipel nippon ne s’est pas arrêté de vivre. Et ne s’éclaire pas à la bougie.

Ils ont, c’est incroyable, réduit leur consommation. Comme quoi c’est possible. Dommage que cela soit subi et qu’il faille une catastrophe pour avoir la preuve que oui, il est temps d’amorcer une décroissance énergétique.

Sus au gaspillage. Vive l’isolation. Haro sur la maîtrise de l’énergie et l’efficacité. Et enfin: place aux renouvelables.

Vous croyiez que les compteurs vont redémarrer en 2012. Détrompez-vous, le 29 septembre, l’association négaWatt présente son (tant attendu) scénario 2011.

Mais j’ai bien peur que cela soit déjà complet.


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Ecrit par Baptiste le 7 septembre 2011 :: Classé dans Poïesis
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Conférences gesticulées pour les etats généraux de l’ESS

Tout le monde connaît Franck Lepage de la SCOP Le Pavé et ses célèbres conférences gesticulées.

Ah non, vous ne connaissez pas ? Comme vous êtes has been ! C’est comme si vous demandiez ce que signifie résilience, mutualisation ou pire encore, gouvernance.

Quand vous fréquentez les bons milieux, vous devez avoir le vocabulaire adéquat. A-t-on déjà vu un développeur ignorer ce que veut dire  geek ou un journaliste ce que veut dire procrastination ? Franchement !

Bon alors je résume. Avant on faisait des interventions.

Cela s’appelait des conférences et au bout d’un moment ca ne faisait plus venir personne parce que c’était trop rébarbatif.

On avait beau rajouter -débat en suffixe, ca n’a pas suffi…

Alors, on a décidé d’y adjoindre des excipients, comme par exemple des préfixes sympathiques: apéro-conférence ou cocktail-conférence.

On a même vu des « petits-déjeuners débat»  ! C’est vrai que le matin c’est plus pratique. pas d’angoisses de métro ou de covoiturage pour rentrer après 23h..

Toujours pas palpitant ! Alors on a créé les formats des mini-conférences. 3 minutes de passage, au moins on est certain de ne pas lasser l’auditoire. C’est le format « poster»  des chercheurs ou le format 3 slides des rencontres entre professionnels. C’est aussi le format des célèbres Talks du TED qui n’excèdent pas 15 minutes. C’est encore le show à la Steve Jobs dès que sort un nouveau fruit défendu…

Bon alors, la conférence gesticulée ? Est-ce du théâtre, un one man show, une conférence sexy ?

Eh bien, pour résumer, il s’agit tout simplement d’un mélange de récit personnel et de conférence universitaire. Ce que Franck Lepage appelle le mélange des savoirs chauds et de savoirs froids.

Ca tombe bien pour nous parce qu’à eco-SAPIENS, on a beaucoup de savoirs froids (évolution de la bio, sociologie et philosophie de la consommation, limites du commerce équitable, rôle du e-commerce dans l’économie locale, analyse de cycles de vie…) et on a le sang réchauffée par le soleil phocéen.

On va donc inaugurer lors des états généraux de l’Economie Sociale et Solidaire.

Retrouvez le programme et venez donc vous confronter à notre tchatche l’avant-veille de la fête de musique !

  • Première séance : dimanche 19 Juin à 10h
  • Seconde séance : dimanche 19 Juin à 14h

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Ecrit par Baptiste le 1 juin 2011 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...,Un peu sur nous,vidéo
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De la résilience de la Nature

(à Daniel, rencontre fortuite et heureuse)

Chasse écoloEadem sed aliter. La même chose mais autrement. C’est, je le rappelle, la devise de Schopenhauer qui aimait comparer sa philosophie à la Thèbes aux cent portes.

Ainsi, en matière d’écologie, a-t-on non seulement l’impression que le l’Histoire humaine se répète à en devenir risible (mécanique plaqué sur du vivant). Mais surtout il me semble que l’écologie ne fait que dire la même chose, mais sur des plans différents. Et le noyau dur de la réflexion écologique serait : le monde est en interaction. Alors que la vision dominante industrielle est : l’homme est en action.

Une vision holistique face à une vision anthropocentrée. Une vision unifiée face à une vision segmentée.

Je rappelle qu’en physique, le problème dit à N corps qui étudie les interactions gravitationnelles de plusieurs astres, n’a pas de réponse exacte. En clair, on sait parfaitement modéliser l’interaction entre une étoile et une planète. On a théorisé il y a un siècle pour trois corps. Mais au-delà (un soleil + Mercure + Venus + Terre + Lune par exemple) on ne sait plus théoriser. Il faut recourir aux résolutions par approximation.

En soi ce n’est pas grave. Mais cela montre que l’écologie, qui s’intéresse aux interactions (et pas seulement gravitationnelles !) de milliers d’éléments aux propriétés différentes (eau, air, sol, plantes, animaux, …) a encore du chemin pour donner une vision exacte du monde…

Le mot résilience a une histoire étonnante. En latin, resilio possède deux sens: sauter en arrière, rebondir + renoncer. On retrouve d’ailleurs ce sens figuré en français quand on résilie un contrat. Quant au premier sens, c’est l’anglais qui l’a utilisé en 1920 dans le domaine scientifique. C’est l’élasticité du matériau, sa capacité à reprendre sa forme initiale.

Par extension, il a été utilisé en zoologie (Larousse parle de la fécondité des poissons…), en économie et plus que jamais en psychologie. C’est bien sûr Boris Cyrulnik qui a popularisé le concept. Il s’agit de la capacité qo’ont les individus à retrouver un état stable suite à un traumatisme.

Que ce soit en informatique, en écologie, en économie ou en psychologie, il y a toujours cette idée de « prendre un coup»  et d’arriver ensuite à retrouver une configuration stable. En clair, la résilience n’est pas la résistance car il s’agit d’un processus dynamique.

On comprend que cette notion puisse être à double tranchant. Aux Etats-Unis, la résilience est une qualité de self-made-man (savoir rebondir après un échec). L’huître, pour neutraliser l’impureté clandestine, ne va-t-elle pas fabriquer une perle ?

A contrario, sous prétexte de résilience, tout devient justifiable. Un monde chaotique avec des individus résilients est-il souhaitable ? Pour paraphraser Laurence Parisot, la précarité généralisée, est-ce vraiment intéressant ? Tout le monde n’est pas égal pour la résilience. Va-t-on demander à un enfant les mêmes capacités d’adaptation qu’un adulte ?

Mais venons-en plus précisément à la résilience écologique. Un résultat indéniable de l’écologie est : « plus on est de fous plus on rit« . C’est à dire que la biodiversité n’est pas là que pour la beauté des yeux. Elle est là pour multiplier les chances de survie et d’adaptation. Le bourdon, avec son pelage préhistorique, va certainement laisser la place à l’abeille un peu moins velue !

Comme je l’ai entendu lors d’un colloque organisé sur cette question « moins c’est binaire, moins c’est fragile» . Actuellement, le problème est qu’on est incapable de quantifier la résilience de la nature. Le dodo de l’île Maurice ne reviendra pas. Et toutes ces espèces végétales et animales qui meurent dans le silence médiatique ne reviendront pas non plus.

Bref, l’homme détruit des équilibres… pour en construire d’autres à sa manière. On entend parfois que Tchernobyl ou Deepwater ont provoqué un boom de la vie là où l’on pensait que la catastrophe avait tout cassé. C’est évidemment exagéré pour ne pas parler de propagande. La Nature reprend ses droits. Elle n’est plus la même. Les cartes ont été redistribuées, ce qui peut-être intéressant. C’est la fameuse histoire de la météorite qui détruit les dinosaures pour laisser la place à l’homme. Ce qui indéniablement est intéressant… pour nous !

L’enjeu philosophique consiste en fait à sortir de la vision d’une nature résiliente par nature (si j’ose dire!) transformée et agressée par l’homme. La résilience n’est pas un fait. C’est un défi. Et c’est justement parce que l’homme fait partie de la nature. Fait partie de cette histoire.


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Ecrit par Baptiste le 30 mars 2011 :: Classé dans Débat
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Le jour de la grande mutation

UNESCO. Paris.

Pour une avant-première d’un documentaire en 20 épisodes appelé « Les Artisans du Changement« . A la manière du livre « 80 hommes pour changer le monde« , cette série-reportage dresse des portraits en racontant l’histoire du projet. Des hommes et des femmes qui « entreprennent»  et qui par leur action, font des choses concrètes et alternatives.

En bref, il s’agit de personnes qui se sont retroussées les manches et ont proposé quelque chose là où le système déployait son inéluctable et néfaste action.

J’avoue avoir toujours un sentiment mitigé devant ce genre d’exercice.

Évidemment, je trouve formidable (pour ne pas dire indispensable) de montrer à quel point les alternatives sont concrètes. Et je trouve salutaire de rappeler que ces gens-là sont toujours, pour reprendre le poncif consacré, des « héros ordinaires« . Bref, de rappeler que nous sommes en fait tous capables de franchir le pas.

Cependant, ce genre de « trombinoscsope»  a la fâcheuse tendance à mélanger torchons et serviettes. Et on a parfois le sentiment que les auteurs n’osent pas aborder les points sensibles, comme par exemple la vision à long-terme ou la pertinence initiale du projet.

Dans l’épisode que j’ai vu, il y avait donc trois exemples, trois alternatives concrètes, trois personnalités différentes. Dans trois pays différents.

Je connaissais déjà le projet de voûte nubienne qui est incontestablement une belle histoire en devenir. Il s’agit de repenser l’architecture des maisons au Burkina Faso, en se passant de la tôle et du bois pour le toit. Juste des voûtes en terre crue et en pierre sèche. C’est écologique, social et esthétique. C’est social car en filigrane se dessine un système de « compagnonnage»  où chacun peut donc s’approprier la technique de construction.

J’avais entendu parler, via Ashoka, de l’association Ciudad Saludable qui indéniablement permet de redonner une dignité à ceux qui travaillaient de manière informelle dans la récupération des déchets de Lima au Pérou. Ce n’est pas rien. D’autant que le projet se décline en recyclage pour la confection de sacs par exemple. Le défi relevé est tellement énorme que j’ai presque honte de critiquer un aspect pourtant fondamental: ne faut-il pas aussi sensibiliser à la diminution des déchets et de l’emballage en général ?

Enfin, le dernier projet est pour moi une grosse farce. Il s’agit de la Laiterie du Berger au Sénégal. Dans le documentaire le portrait est introduit sur un constat faussement naïf: « pourquoi diable n’y a-t-il pas de débouchés pour le lait qui est de toute façon produit par les vaches des bergers peuls ?»  Et un éleveur d’expliquer que le lait de ses vaches ne servait qu’à nourrir les veaux. On le jetait même parfois dans les rivières.

Ils sont vraiment idiots non ? Ils pourraient le boire au village se dit-on.

Il est quand même assez connu que les peuples asiatiques et africains ont une intolérance au lactose, molécule fortement présente dans le lait de vache. Ceci pour des raisons historiques. Bien entendu cela ne signifie pas qu’un Sénégalais ne peut pas boire de lait ou manger du yaourt. Cela signifie qu’il le digérera plus ou moins bien et que de toute façon, tant mieux pour eux car, contrairement à ce que dit la publicité chez nous : « les produits laitiers ce n’est pas vraiment bon pour la santé» .

Mais ne rentrons pas dans un débat de nutritionniste et soyons lucide un instant. Pourquoi vouloir faire boire du lait à des gens qui traditionnellement n’en consommaient pas bien que, j’insiste, ils le produisaient.

Mais parce que Danone, et l’industrie laitière, en général trouve que la marché occidental (qui commence à bouder les laitages) c’est pas assez grand. Il faut donc convaincre les Asiatiques (voyez Muhammad Yunus au Bengladesh) et les Africains de s’y mettre. Il se trouve qu’en tapant « La laiterie du Berger» , on tombe directement sur le lien Danone Communities qui, sous couvert d’action sociale, n’hésite pas à financer tout ce qui peut faire progresser l’industrie laitière dans ces nouveaux continents.

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur le lait mais je tiens à faire une précision. Je ne pense pas que le lait « c’est mal» . J’en suis même plutôt friand, plutôt sous forme de comté si vous voulez tout savoir !

Je trouve juste gonflé qu’on fasse passer pour social un projet qui n’existe manifestement que pour faire rentrer l’Afrique dans le train du système marchand et industriel.

En préambule du reportage, il y avait notamment un petit discours de Nicolas Hulot. Je dois avouer que le revirement de pensée, au cours des dernières années, chez l’animateur m’interpelle. Plus incisif, n’hésitant pas à rappeler qu’avant d’aider le Sud, on ferait mieux d’arrêter de le piller, notamment par la dette, il a aussi improvisé cette petite sortie sur « le jour de la grande mutation»  qui arrivera de toute façon. En clair, Nicolas Hulot croît au grand soir version écologiste, c’est à dire au pas de côté de l’an 01.

J’avoue être plus circonspect sur l’éventualité du jour de la grande mutation


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Ecrit par Baptiste le 14 janvier 2011 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Les autres...,vidéo
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De retour des universités négaWatt (le futur a un avenir !)

canards en mareLe week-end dernier s’est tenue la 4ème édition des universités négaWatt. Pour ceux qui ont raté quelques épisodes précédents, rappelons que l’association négaWatt est un consortium d’experts qui prospecte pour un scénraio énergétique jouable. Ils sont à l’origine du fameux facteur 4, qui dit qu’on peut vivre mieux en consommant quatre fois moins d’énergie, en divisant par quatre nos émissions de CO2.

Ironie du sort, le lendemain c’était le 10/10/10 que de savants récupérateurs en communication ont décidé de célébrer sous le mot d’ordre: -10% d’émissions en une année. Comme le dit le site 1010global.org, « Big tasks are easier if broken up into smaller, manageable pieces – and 10% this year is much more tangible and achievable than, say, 80% by 2050″ [Les grands chantiers deviennent plus faciles à réaliser quand on les divise en petites tâches à remplir. Et -10% cette année, c'est bien plus tangible et atteignable que de dire 80% en 2050]

Bref, le 10/10/10 c’est la première marche. On refera peut-être sept fois un petit coup de -10%. En 2015, 2020, 2025, 2030, 2035, 2040, 2045 et hop ! l’affaire est pliée.

Allons ! Cessons d’être sarcastique devant cette enième opération de matraquage ès communication qui n’a au fond que deux intérêts : compter les troupes et organiser des fêtes et des cocktails géants. Voilà, c’est du court-terme, de la sensibilisation light, ce n’est pas mon truc.  Et même si je suis toujours exaspéré de voir que BNP, le MEDEF et consorts affichent leurs logos pour l’opération, je ne vais pas taper dessus.

Tout simplement parce que l’avenir se joue ailleurs. En coulisses.

Et que se passe-t-il dans les coulisses ? Et bien en France en tout cas, ce n’est pas joli joli. Qui veut encore se souvenir qu’il y a eu un Grenelle de l’environnement ? Un peu de respect pour les défunts !

Un exemple tiré au hasard, et exhumé lors d’une table ronde des universités négaWatt. Celui du rapport pondu en plein mois d’août par la France pour expliquer comment elle allait respecter la directive européenne sur les énergies renouvelables. Un vrai devoir de vacances : bâclé, irréaliste et incohérent. Nouvelles amendes en perspective là où d’autres pays européens voient plutôt cette directive comme une opportunité.

Autant le dire tout de suite, les universités négaWatt, c’est technique ! Même si c’est ponctué de bons moments humoristiques et conviviaux, on navigue entre graphes et tableurs.

Qui sait faire les bons cafés ?

Tiens ! Un chiffre utile à retenir. La consommation d’un distributeur de boissons dans un bureau : 3 000 kWh/an. En gros, ca coûte 365 euros au porte-monnaie et 129kg de carbone (je ne rentre pas dans les détails pour savoir pourquoi j’ai retenu un coefficient  de 43 g de CO2/kWh… sachez juste que je suis clément envers l’ADEME -cf cahier n°27 de Global Chance).

En résumé, huit distributeurs de boissons  sont équivalents à un aller-retour Paris-New-York. C’est ballot non ?

On pourrait ainsi enfiler certains chiffres histoire de mettre à plat les enjeux. Le scénario négaWatt est extrêmement simple dans la mesure où l’on remplit déjà la moitié des objectifs rien qu’avec la sobriété. On aura beau dire que l’on va fabriquer des distributeurs moins énergivores ou qu’il seront alimentés par photovoltaïque, ils auront toujours la mauvaise habitude de faire des gros et des diabétiques, comme le dit Olivier Sidler du cabinet Enertech.

D’ailleurs, si vous ne connaissez pas le bonhomme, ca vaut le détour. En écoutant sa tribune, je me disais deux choses.

1) Que ca peut être bien d’être ingénieur finalement… Suffit juste de savoir pour qui et pour quoi on déballe son ingéniosité. J’avoue être pas mal fâché avec ma formation tant j’ai l’impression qu’elle ne sert qu’à fabriquer des petits soldats pour optimiser cette société suicidaire.

2) Qu’il y a peut-être un business model dans la décroissance ?

Monnaie de singe

Entendons-nous bien. Je ne pense pas que Olivier Sidler soit un partisan de la décroissance. Il fait ce qu’on appelle des ESCOS (Energy Service Company). De toute façon, il faudrait longuement redéfinir la décroissance. Je crois juste qu’il a du bon sens:

  • Je mesure la consommation d’un bâtiment.
  • Je fais un devis pour dire comment je vais pouvoir faire réduire et optimiser cette consommation énergétique.
  • Je fais les travaux.
  • Je mesure après.
  • Je démontre que la bâtiment a fait des économies.
  • Je prends des sous sur les économies ainsi réalisées.
  • Tout le monde y gagne !
  • Sauf EDF bien sûr…

Puis, entendons-nous sur l’usage volontairement provocateur de « business model« . En demandant s’il y en a un dans la décroissance, ne suis-je pas dans la récidive du développement durable ? A voir…

Autour de moi, il y a plein d’ingénieurs qui aimeraient faire du Olivier Sidler. Mais faut bien vivre. Alors on finit chez EDF (par exemple). Ce qui est certain, c’est que désormais que le concept de négaWatt est popularisé, il faut voir comment on fait vivre celui de négaEuro !

Y a-t-il un business model dans la décroissance ? Ce sera le thème notre fête pour les 3 ans de la SCOP eco-SAPIENS, le vendredi 3 décembre à Marseille. Avec (peut-être) un invité prestigieux dont on a déjà parlé !


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Ecrit par Baptiste le 11 octobre 2010 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Les autres...,Un peu sur nous
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Un bon blogueur est un blogueur mort

Longue absence sur le blog eco-sapiens étant donné que nous étions plongés dans une migration périlleuse. En clair, nous avons changé de serveur. Et, croyez-moi, ce n’est jamais une mince affaire que de déplacer sans perte des gigaoctets de données.

Les connaisseurs de western auront remplacé dans ce titre le mot « blogueur»  par « Indien« . Peu importe si l’officier Sheridan a réellement prononcé cette phrase, là-bas les choses se sont faites sans avoir eu besoin d’être explicitées. Aujourd’hui, combien de peuples autochtones et traditionnels restent-ils sur cette planète ?

Hier, j’ai rencontré un homme formidable (et donc quasi-inconnu…) qui s’intéresse de très près au sort de ces communautés aux multiples qualificatifs: Indiens, sauvages, autochtones, traditionnels, tribu etc.

Il a notamment eu un coup de coeur pour une tribu qui est presque tout un symbole. Les Shiwiar qui vivent en Equateur, au Point Zéro, c’est à dire à l’endroit le plus éloigné du front de colonisation. En pleine Amzonie, ne vivant que des ressources de la forêt, perpétuant une culture millénaire fondée sur l’équilibre avec la nature. Mais surtout, une tribu menacée par l’avancée globale des multinationales qui avalent goulûment l’Amazonie : bois, soja, palme et surtout pétrole.

Abstrait ? Manichéen ? Demandez à Texaco où en est le procès… Pendant 30 ans, la compagnie pétrolière a allègrement déversé 70 millions de litres de pétrole dans les rivières.  Et avec les essais sismiques pour repérer les poches de pétrole, les glissements de terrain perforent la canopée comme du gruyère de l’emmental.

En fait, si l’on dressait le catalogue des tribus encore préservées de ce monde on observerait une gradation:

  • ceux qui sont sur le déclin: autrement dit la majorité. Ainsi les voisins des Shiwiar, les Sapara, n’ont pas été épargnés par l’avancée des pétroliers. Ils coupent le bois et délaissent leurs cultures vivrières. Plus connus, les Inuits connaissent l’alcoolisme et un taux de suicide important.
  • ceux qui ont touché le fond et remontent progressivement: c’est notamment le cas des Amérindiens d’Amérique du Nord
  • ceux qui ont « réussi»  à conserver identité en côtoyant la modernité. On peut évoquer les Kunas du Panama
  • ceux dont l’avenir se joue aujourd’hui. Ainsi des Shiwiar (Jivaro) et des Kogi qui ont connu une certaine médiatisation.

Pour réussir une cohabitation fructueuse entre l’Occident et ces multiples tribus, il est indispensable avant tout d’attribuer un territoire à la tribu.  En Australie, ce droit a mis trop longtemps à exister. Ce n’est qu’en 1992, que l’Australie a reconnu rétroactivement que le continent n’avait jamais été terra nullius (territoire sans maître, territoire non cultivé et donc appropriable par le premier qui la cultive. Allez faire comprendre ce concept britannique à des gens qui vivent là depuis des millénaires…)

Ainsi donc, pour sauver les Shiwiar, il faut que l’Equateur leur reconnaisse un territoire. C’est justement l’action de l’association Arutam dont fait partie Jean-Patrick Costa. Pour le moment, grâce aux fonds collectés, les Shiwiar sont effectivement propriétaires de la forêt qui les abrite. Mais cette zone pourrait et doit encore s’agrandir car les oléoducs se rapprochent dangereusement (à peine 50km).

Le point zéro, les Shiwiar, c’est donc tout un symbole. Et si vous ne savez pas à qui donner ces temps-ci, foncez faire un don sur Arutam ou Zéro-Déforestation

Certains croiront, à tort, que je verse dans le mythe du bon sauvage. Or dans ce billet à propos de l’extermination de la mégafaune, je crois ne pas tomber dans l’angélisme. Selon moi, et avec un brin de provocation, l’Africain, l’Amérindien ou l’Aborigène sont aussi barbares que l’homme blanc. Simplement, l’Occidental a gagné. Militairement parlant s’entend. Ce n’est pas une grande preuve d’ingéniosité de sa part. Mais comme il est gagnant et que ce sont les vainqueurs qui écrivent l’Histoire, il a bien fallu qu’il justifie sa domination en se parant des vertus à la mode (droits de l’homme, développement, culture…)

En réalité, au-delà de cette « relativisation des valeurs»  qui n’en est pas une, seule compte à mes yeux la biodiversité appliquée à l’espèce humaine: c’est à dire la diversité culturelle.

OurouborosComme le dit Jean-Patrick Costa : « Nous avons beaucoup à apprendre des Shiwiar« . Non pas qu’il nous faille vivre comme eux. Mais parce que dans leur manière de vivre, ils démontrent qu’un « autrement»  est possible. Et vu l’état de suffocation de l’Occident, tel un Ourobouros aveugle et satisfait de se manger la queue, il serait bon d’examiner toutes les pistes qui nous sortiraient de ce cercle vicieux.

Par exemple le savoir. Malgré des efforts administratifs et laborieux pour promouvoir des apprentissages plus interactifs, le seul savoir légitime reste la présentation marginale. Or, la plupart des tribus ont une méthode pédagogique qui surprendrait bien des inspecteurs d’académie… Avec un savoir horizontal qui se diffuse plus qu’il ne descend au fond du puits.

Il existe d’autres manières de soutenir ces tribus. L’éco-tourisme, sujet controversé, en est une. A ce propos, Jean-Patrick Costa raconte une anecdote à double tranchant.

Il paraît que pour l’émission de TF1, Bienvenue dans ma tribu, on a demandé aux Zaparas de mettre des costumes traditionnels pour faire plus « authentique»  alors qu’en réalité, ils ne portent plus lesdits vêtements. Cela a suscité une vive polémique, certains experts dénonçant un retour aux méthodes des expositions coloniales. S’il est certain que travestir la réalité est inadmissible, on se demande pourquoi il faudrait s’offusquer plus que d’habitude. La télé ne fait que cela: travestir la réalité, faire vrai avec du faux.

Cependant, on peut aussi voir un aspect positif dans ce regain pour nos bons sauvages. D’un seul coup, les autochtones réalisent que leurs coutumes intéressent. Ils cessent, d’une certaine manière, d’être déconsidérés. Cela est d’autant plus vrai concernant le chamanisme où l’on observe une recrudescence de carrières chamanes chez les jeunes parce que cela intéresse l’homme blanc (dommage que celui-ci, 40 après Castaneda, n’en retienne encore que l’aspect psychotrope).

Au fond, c’est la question du rapport à l’autre qui se pose, encore et toujours.

Là où le colon exterminait jadis, là où le missionnaire déculturait ensuite, là où le FMI développe aujourd’hui, il ne reste plus grand chose de ces joyaux humains. Alors anthropologues et associations tentent de rétablir des ponts, en prenant soin à ne pas les transformer en autoroute. Tâche ô combien difficile dans ce monde friand de vitesse.

Il faut donc se faire à l’idée. Muettes, ces tribus sont pourtant encore parmi nous. Certaines ont compris les enjeux. Et ont choisi. Quand je dis « comprendre»  c’est qu’à mon avis il n’y a pas de mot pour décrire ce qui est un mélange de sagesse et d’orgueil. Sagesse à fonder une vie sur l’équilibre et l’harmonie. Orgueil à affirmer leur culture… de peur de tout perdre en la perdant.

Et nous dans tout cà?

Mieux vaut citer le poète.

« Le Grand Jeu est irrémédiable; il ne se joue qu’une fois. Nous voulons le jouer à tous les instants de notre vie. C’est encore à « qui perd gagne ». Car il s’agit de se perdre. Nous voulons gagner. Or, le Grand Jeu est un jeu de hasard, c’est-à-dire d’adresse, ou mieux de « grâce » : la grâce de Dieu, et la grâce des gestes »


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Ecrit par Baptiste le 16 septembre 2010 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Les autres...,Poïesis
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Bia Saldanha: sur les traces de Chico Mendes

A mon grand regret je ne connais rien du Brésil. Je n’y suis allé qu’en lecture. Avec Tristes Tropiques de Levi-Strauss et manifestement, le Brésil a bien changé depuis que l’ethnographe a étudié la tribu Mbaya. Cette tribu qui m’a toujours fasciné dans la mesure où, selon la mythologie :

« Quand l’Etre suprême, Gonoenhodi, décida de créer les hommes, il tira d’abord de la terre les Guana, puis les autres tribus. Aux premiers, il donna l’agriculture en partage et la chasse aux secondes.
Le Trompeur [...] s’aperçut alors que les Mbaya avaient été oubliées au fond du trou et les en fit sortir ; mais comme il ne restait rien pour eux, ils eurent droit à la seule fonction encore disponible, celle d’opprimer et d’exploiter les autres. »

Ce pis-aller de la domination m’a longtemps interpellé. Je crois que ce dégoût de la politique, ce rejet des politiciens est toujours actuel et en chacun de nous. Le pouvoir fascine autant qu’il débecte…

Pour ma plus grande chance, on m’a présenté Bia Saldanha, une femme brésilienne qui a fait de la politique il y a 20 ans (elle est co-fondatrice du parti vert au Brésil). Styliste de formation, elle avait ouvert dans sa prime jeunesse une boutique de mode à Rio. Sensible à la cause des séringuéros, elle a définitivement basculé lors de l’assassinat du leader syndicaliste Chico Mendes en 1988.

Peut-être ne connaissez-vous pas l’histoire de cette icône de la résistance qu’est Chico Mendes. Sa lutte pour les droits des seringueiros, et plus globalement pour la forêt amazonienne, lui a couté la vie. Quand on y pense, c’est toujours grinçant du coup d’entendre parler de Khmers verts alors qu’aucun écologiste n’a jamais tué personne*. Tandis que l’inverse est arrivé plusieurs fois…

Bizarrement, ce meurtre a davantage ému la communauté internationale que le Brésil lui-même. Cela a cependant permis au pays de dégager de véritables lois pour protéger une partie de la forêt amazonienne. Il existe aussi une réserve qui porte son nom en sa mémoire.

Mais revenons à Bia. Après son « concept store»  écologique de 700 m2 à Rio où elle cherche à développer des filières de matériaux écologiques, elle parvient à mettre au point un procédé pour valoriser le latex. Rappelons que la sève d’hévéa n’acquiert ses fantastiques propriétés qu’au détriment de quelques procédés chimiques plus ou moins clean.

Bia élabore le Treetap, une sorte de mélange caoutchouc/coton qui s’apparente à du cuir végétal. Ainsi, elle peut trouver des débouchés à l’artisanat de l’Amazonie. Où l’on voit que les démarches équitables et écologiques se rejoignent pour se confondre. Belle manière d’honorer la célèbre phrase de Chico:

« Au début, je pensais que je me battais pour sauver les hévéas ; puis j’ai pensé que je me battais pour sauver la forêt amazonienne. Maintenant, je sais que je me bats pour l’humanité »

« Valoriser la forêt sans la détruire»  m’a-t-elle répété. Non pas sanctuariser la forêt mais simplement la faire vivre avec ses habitants.

Car, faut-il vraiment le rappeler, l’Amazonie, comme les autres forêts primaires, est gravement menacée. Soja, pâturage, éthanol, un peu de palme au Sud et un peu de monoculture d’arbres à caoutchouc. Rappelons par contre que la récolte du latex à la méthode seringueros n’a rien à voir avec la récolte conventionnelle et industrielle (monocultures d’hévéas en Asie).

Pour donner un ordre de grandeur, un seul  seringueros a besoin de 300 ha de forêt. Pouah ! Quel manque de rendement ! Et en plus, le latex sauvage c’est plus cher…

C’est pourtant avec elle et avec ces seringueiros que la marque de basket Veja collabore. Je ne rentre pas dans les détails de ce mode de production qui a bien des avantages. Cette vidéo en dira plus et mieux.

Ce qui est rassurant, c’est de voir que économie et politique se mêlent ici dans un cercle vertueux. Motivé par ces nouveaux débouchés, l’état de l’Acre (où travaillent ces seringueiros) prend la voie de l’exemplarité. Mais à côté, des états voisins, notamment le Parà, sacrifient leur territoire amazonien.

Alors quand je lui demande si selon elle, ca « bouge»  assez vite, si tout de même l’échec de Copenhague (où elle était) ne lui donne pas le cafard, elle m’e répond d’un air optimiste que si effectivement cela n’allait pas assez vite, au moins on allait dans la bonne direction. Tout est question de point de vue…

Mai 2005 - Tribu photographiée pour la première fois, état de l'Acre

J’ai conclu cette rencontre en lui demandant ce qu’elle pensait de la fameuse phrase de Levi-Strauss qui, du haut de ses 100 ans, jetait ce verdict sans appel sur le monde moderne (« Je m’apprête à quitter un monde que je n’aime pas« ) signifiant par là que tout ce qu’il aimait, la biodiversité et la diversité des cultures, le XXème siècle l’a détruit.

Bia n’est pas d’accord. Et elle connaît bien les anthropologues pour en avoir épousé un ! Celui-ci étudie les tribus du Brésil dont certaines qui sont réellement coupées du monde. « L’anthropologue préfère que les choses ne changent pas» . Alors nous sommes rentrés dans ce débat inextricable autour de la technologie, de l’ingérence et du droit à tout savoir.

Et même si je ne partage pas l’optimisme d’un Occident respectant et s’enrichissant au contact de ces cultures qu’il n’a pas encore anéanties, même si je ne partage pas l’optimisme d’un Indien d’Amazonie faisant la part des choses au contact d’Internet, je me surprends à espérer que là-bas, à l’Ouest de l’Acre, on a véritablement réfléchi au monde que l’on veut construire.

Que le Nouveau Monde n’a pas encore été découvert.

* Aux éditions L’échappée, « A la recherche du nouvel ennemi»  traite du sujet de la prétendue menace écologiste inventée par la CIA et de l’académicien romancier Jean-Christophe Rufin. Indispensable pour rappeler quelques vérités en société…


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Ecrit par Baptiste le 29 juillet 2010 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...,vidéo
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Le palais idéal du banquier requin

En passant quelques jours à Vienne, en plein centre-ville, face à la belle cathédrale Stephansdom se trouve un somptueux bâtiment appelé « Palais Equitable « , tel quel, non traduit.

Benoîtement, on va s’imaginer que les Autrichiens ont osé faire ce que Paris n’a pas pu réaliser. Rappelons que l’année dernière, le ?Palais Brongniart (le Palais de la Bourse, en face des Halles de Paris et de l’église Saint-Eustache) était de nouveau en concession et que parmi les trois postulants en lice, il y avait le groupe SOS. Symboliquement c’était fort. L’économie solidaire récupère le lieu historique de la bourse et du capitalisme.

Finalement, c’est le groupe GL Events, groupe côté au petit CAC 40, qui a remporté la concession pour 30 ans…

Bon. Mais Vienne alors ? Le paradis des végétariens et de l’écologie art-de-vivre ? Eh bien je suis au regret d’avouer que dans ce magnifique palais, on ne trouvera rien d’équitable.

En fait, le nom du palais vient d’une compagnie d’assurance américaine, nommée Equitable,  qui s’y est installé en 1890. Il semble que la compagnie existe encore au Canada sous le nome de Equitable Life. Aujourd’hui, à l’intérieur, en marge des escaliers fastes et du marbre richement orné, il y a des bureaux. Des banques, des compagnies d’assurance, des cabinets d’avocat. Le rêve quoi…

Surtout, il n’y a pas âme qui vive. Un si beau palais, transformé en muet sarcophage. Quel dommage !

Consolons-nous et lisons déchiffrons ce fronton à l’intérieur du palais, voici le mot « équitable» , tout doré tout rococo.

A la manière du facteur cheval, ce qu’il nous reste, c’est construire pierre après pierre et sans luxe apparent, notre propre palais idéal !

Le palais de l'équitable à Vienne (Intérieur)

PS: Un immense merci à Clovis du site quat’rues (T-Shirts bio, équitables, engagés et poétiques !) pour l’hébergement et l’itinéraire touristique sur Vienne…

PPS: Paris-Vienne sans avion ;-)


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Ecrit par Baptiste le 5 juillet 2010 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...,Poïesis
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A l’assemblée générale d’une banque pas comme les autres

money_maskedReprenons reprenons…

Si vous demandez à un boucher à quoi sert la viande qu’il manipule, il saura vous répondre. Mais si vous demandez à un trader ou à votre banquier à quoi sert l’argent qu’il manipule, il vous répondra « à faire plus d’argent. »  C’est ce qu’Aristote appelle la chrématistique, c’est à dire l’accumulation de moyens d’acquisition.

Confondre le moyen et la fin, ce n’est donc pas si nouveau. Et la dénonciation qui va avec non plus !

Il serait naïf de croire que c’est une dégénérescence de nos sociétés. La différence peut-être, c’est qu’auparavant, il était ringard d’être obsédé par l’argent. Aujourd’hui, c’est la classe que d’être trader. C’est à dire qu’on les conspue sur la place publique… tout en rêvant secrètement d’avoir les mêmes boni de fin d’année.

Or, il existe des banquiers à rebours. Ca a commencé il y a plus de trente ans maintenant, en France, où des personnes suffisament idéalistes pour vouloir changer le monde, et suffisamment réalistes pour se dire que cela passait par la comptabilité et les finances, ont décidé ce créer une banque éthique.

A l’époque, le terme éthique n’avait pas sa popularité d’aujourd’hui. Ils ont appelé leur société la Nef, Nouvelle Economie Fraternelle. Ne pouvant obtenir, pour des raisons purement politiques, l’agrément bancaire, ils n’ont pu faire une banque à proprement parler. Mais c’est tout pareil. C’est une société financière. En gros, un établissement qui peut administrer des comptes courants (il y a des chéquiers Nef) et qui peut octroyer des prêts.

money_bananaQu’y a t-il d’éthique ou de fraternel là-dedans ?

Sur la forme d’abord.

Fonctionnement coopératif c’est à dire qu’un sociétaire (un client si vous souhaitez continuer à raisonner dans l’ancien monde…) a une voix au conseil d’administration.

Une transparence totale.
Quand je dis « totale» , je pèse mes mots. Car non seulement on accède aux comptes détaillés de la banque mais surtout on veut vraiment que vous sachiez à qui l’argent a été prêté.

Sur le fond ensuite.

Les prêts sont toujours destinés à des projets typiquement « eco-sapiens« . Ce n’est pas un hasard si nombre de Biocoop, d’associations écologistes de la bio ou de l’équitable sont et font appel à la Nef.
Du coup, les millions d’euros brassés, une fois détaillés, deviennent très concrets. Ouf, mon argent n’a pas servi à doper l’huile de palme d’Indonésie !

Après cela on peut toujours rétorquer à quoi bon connaître tout cela ? Doit-on vraiment s’enquiquiner à savoir où part chaque kopek ? Ma foi je pense que oui. Car il est illogique de vilipender les traders et autres marchés financiers alors que ces dérives sont justement possibles par l’opacité et le laisser-aller d’aujourd’hui.

A eco-sapiens, on aime bien dire que chaque individu a trois pouvoirs. Celui de consommateur, celui de citoyen, et celui d’épargnant. Comme disait une célèbre publicité: « Mais ca fait trois choses à la fois !»  et ca fait donc beaucoup dans nos vies où le temps s’échappe par tous les horizons possibles.

money_homerQuand on voit la complexité du comment consommer mieux, quand on voit les promesses trahies des politiciens et le manque de scrupules des financiers, on est tenté de lâcher prise. Et de renoncer à ses trois pouvoirs. Discount, abstention et boursorama…

Or il ne faut pas. Et pour bien faire, le plus simple et le plus gratifiant, c’est de rencontrer directement les gens. Incroyable non ?

  1. Votre marchand. S’il est incapable de raconter l’histoire de ce qu’il vous vend allez-vous en.
  2. Votre maire. Si vous n’avez jamais discuté avec lui, votez pour celui qui aura été disponible.
  3. Votre banquier. S’il est incapable de vous dire où va l’argent que vous lui confiez ou s’il vous dit qu’ils font des placements écologiques… changez de banque.

De là, on comprend mieux la devise de la Nef: « Pour que l’argent relie les hommes» . Et oui, l’argent n’est décidément pas une fin. C’est aussi plus qu’un moyen.

Ceci dit, il faut se souvenir que l’argent n’est pas une fatalité. Il est tout à fait possible d’échanger biens et services directement, sans matérialisation pécuniaire. Mais ceci est une autre histoire… à écrire prochainement !

Pour finir, un dernier point, sous forme de point d’interrogation. Celui de la religion.

La Nef a été accusée il y a une dizaine d’années d’être une secte. C’est obvieusement calomnieux. (C’est même risible dans la mesure où la Nef est une institution financière avec commissaire aux comptes, agrément des autorités financières et autres procédures comptables diverses à même de faire fuire quiconque à envie d’endoctriner…)

money_marioNéanmoins, quand on sait que le mot « religion»  vient de « relier»  (pareil avec le pontif qui fait le pont) on sent bien que l’emploi des mots « fraternel»  et « relier»  si chers à la Nef, donne une dimension spirituelle à tout ceci.

Cerise sur le gâteau, un très bon ami, qui est musulman pratiquant, une fois expliqué le concept de la Nef, a été le plus prompt,  à y ouvrir un compte. Il est écolo mais moins que d’autres qui eux n’ont toujours pas fait le pas… Je crois que pour lui, l’argument de poids, c’est que la Nef répondait aussi à en partie aux exigences de ce qu’on appelle la finance islamique (une finance sans usure i.e. sans taux d’intérêt et qui ne finance pas la pornographie et l’armement).

Voilà, je ne sais s’il faut cela relève réellement de la religion. J’aurais tendance à appeler cela foi. C’est à dire une espérance… qui commence déjà par soi. C’est énorme.

Le site de La Nef

L’assemblé générale a eu lieu à la Cité des Sciences à Paris ce 29 mai. Traiteur bio et fanfare (!) ont animé la journée. Et en plus on y rencontre des sociétaires intéressants et sympathiques !


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Ecrit par Baptiste le 30 mai 2010 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...
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Comment j’ai visité une usine Renault

20086_BD__43E4E12DAttention, ceci n’est pas un publi-reportage !

Cette précision liminaire effectuée, il me faut encore faire une digression qui portera sur quelque chose que je connais particulièrement bien… moi !

Qu’on me pardonne cette parenthèse nombriliste, je la juge utile pour bien comprendre que le billet qui suit pourra être jugé trop sarcastique. Ce n’est pas son but. Je m’efforce d’être impartial. Et je sais que parfois, l’honnêteté intellectuelle peut être blessante.

Voici donc la parenthèse.

J’ai appris de la bouche d’un véritable journaliste (plusieurs fois cité sur ce blog d’ailleurs) qu’il ne faut jamais rencontrer ses ennemis. Pour la simple raison qu’un jour où l’autre, on est amené parfois à les rencontrer et que si l’offense est connue, on est tenté de vouloir se faire pardonner. Pire encore, les gens en vrai, sont souvent sympathiques et on en vient à se demander pourquoi on a eu la dent si dure alors que ce sont de francs camarades le temps d’une soirée.

Le phénomène n’est pas nouveau et atteint son paroxysme dans les forums virtuels par exemple, où les internautes peuvent se lâcher (souvent pour le pire d’ailleurs) parce qu’ils savent qu’ils ne verront jamais la personne qu’ils offensent.

Moralité, pour un simple eco-sapiens comme moi, mieux vaut garder ses distances. Je dis cela avec d’autant plus d’expérience que nombre de mes camarades d’école d’ingénieur exercent leur besogne parmi les entreprises les plus infréquentables à mes yeux. Mais ils sont mes amis…

Fin de la parenthèse. Encore pardon !

Un jour, nous recevons un coup de téléphone. Une agence de communication souhaite organiser une rencontre entre blogueurs écolos influents -quel honneur !- et l’usine Renault de Maubeuge qui s’inscrit dans une démarche environnementale sur deux fronts:

  • l’optimisation écologique du site de production et, perlinpinpin,
  • le lancement de la future voiture électrique Made in La Marque Au Losange.

Bon, nous sommes à Marseille, ca se passerait à la frontière belge. On a donc décliné poliment l’invitation trouvant que la géographie de l’Hexagone pouvait se révéler bien pratique par moment…

Et puis et puis… et puis j’ai été tanné pour tenter l’aventure.

Cédant donc à la curiosité et à l’appel improbable du nom de Maubeuge, j’ai donc accepté en m’assurant de deux conditions. Primo qu’en retour on ne serait pas obligé d’écrire quelque chose. Secundo que si l’on écrivait, on avait le droit de casser du sucre. Tout ceci m’a été confirmé.

Dubitatif, me voici donc Gare du Nord, un lundi matin de Paris.

Dans le train (1ère classe, durée 1h40) je discute longuement avec le responsable communication de Renault. Je cherche à comprendre, j’essaie de percevoir le piège. Manifestement, il n’y en a pas. Ils adoptent, à juste titre selon moi, les techniques de communication à la mode, où l’on fait aussi appel à la communauté du web qui est capable aujourd’hui de créer une opinion, parfois un buzz, à moindre frais que des encarts énormes venant assombrir nos journaux et magazines…

On parle de tout. Un peu de Renault. Un peu d’écologie. On parle de la conquête de l’Amérique. Je lui raconte les thèses Jared Diamond à la fois sur l’effondrement des sociétés mais aussi sur « pourquoi l’homme blanc a gagné ?» 

Ouf, moi qui ne connais rien aux modèles de bagnoles, je vais pouvoir m’en sortir !

Arrivée Maubeuge. Une flotte de trois Kangoo (le fameux ludospace, « véhicule idéal pour les primoaccédants à l’automobile car compromis entre utilitaire et familial»  ) nous transportent de la gare à l’usine MCA.  C’est là que Renault fabrique la Kangoo de A à Z. Pour une ville de 30 000 habitants, c’est 2400 salariés et sûrement des emplois indirects à rajouter. Bref, quand l’industrie automobile va mal, on imagine sans peine que la ville sombre dans la Sambre…

Heureusement pour eux, l’usine va mieux par rapport à l’année dernière qui fut terrible. Au lieu des 200 000 véhicules produits chaque année, 2009 a atteint à peine 120 000 unités. Eux parlent de la crise économique. Moi je perçois les signes avant-coureurs du peak oil, ce fameux pic de production du pétrole. Bref, pour moi la crise économique est un symptôme et non une cause.

Le pétrole, justement on a des idées dessus chez Renault. « Enfin !»  diront les mauvaises langues. Eh oui car en 2011, l’usine de Maubeuge devrait sortir la Kangoo électrique, ce qui serait alors le premier utilitaire accessible et électrique.

Je confesse que n’étant pas partisan de la voiture, je m’emballe peu pour ce genre d’annonce. Car une fois le peak oil périmé, on regardera du côté du peak lithium. Je rappelle qu’il n’existe que deux principales mines de lithium. En Bolivie(convoité par Bolloré et Mitsubishi mais Morales tient bon…) et au Tibet. Et que le prix du lithium a été multiplié par 10 en cinq ans.

22491_BD__45DEFABEBon c’était plutôt secret défense la Kangoo électrique ZE, donc je ne vous fournis que l’image « publique»  si vous voulez voir à quoi ca ressemble.

Allez hop, pendant ce temps, j’enfile un casque, un gilet jaune, des chaussures de sécurité, des lunettes de protection et on s’engouffre dans l’usine.

Tolerie: on découpe et on modèle les plaques d’acier,

Emboutissage: on soude les parties métalliques pour faire une « caisse» 

Peintures: vous imaginez n’est-ce pas

Montage: on clipse et on visse tous le mobilier: la sellerie, le tableau de bord et tout à la fin les roues.

Chaque jour, ce sont 340 tonnes d’acier qui s’engouffrent et qui ressortent sous forme de 630 Kangoo disponibles sous « 4 modèles et 200 colorants disponibles, sans compter les finitions spécifiques sur mesure selon l’envie du client» .

Ces chiffres ne m’émeuvent pas car au fond de moi, j’ai comme l’envie de colmater cette fuite d’animaux à quatre roues, deux élytres et une antenne. Je repense au « pas de côté»  qu’on pourrait faire avec Gébé.

Ici, il convient d’ouvrir une nouvelle parenthèse pour ceux qui seraient choqués que l’on puisse ainsi dénigrer la voiture. Eh oui, dans cette civilisation automobile quoi de plus blasphématoire que de pester contre ce fort efficace engin !

Voici.  Quand on y pense, en tant qu’objet, la voiture est une des plus belles inventions du génie humain. Avec un litre de liquide visqueux (huile… ou pétrole) on peut déplacer une tonne sur 20 km sans se fatiguer. Essayer de tirer une tonne sur 20 km avec juste une bouteille d’eau… Mais en tant que pratique individuelle, la voiture est une aberration. On l’utilise pour tout et n’importe quoi. On finit par se déplacer sans savoir pourquoi. On finit au bout du compte à planifier le territoire en fonction d’elle, rendant du coup ces déplacements inévitables. Et la boucle est bouclé. En quarante ans, nous voici embourbée dans la civilisation automobile.

On ne devrait garder que les véhicules type pompiers, ambulance et utilitaires. Supprimer les autoroutes, rapprocher les lieux de travail des lieux de vie, lutter contre l’évidence qu’une voiture se possède et demander plutôt qu’elle se partage.

D’autres en parlent mieux que moi et l’on peut donc ferme cette parenthèse.

15072_BD_ren2007mcaRevenons à l’usine. Nous voici plongé au milieu d’un ballet fantastique et devant lequel je n’avais jamais pensé que l’on puisse être ému. Celui des robots. On se croirait à Jurassic Park. Tels des animaux au coup de girafe, les petits robots viennent mordre gracieusement la tôle, provoquant parfois des feux d’artifice magiques.

Parfois, on a l’impression que deux robots dansent le tango.

Je me suis fait la réflexion qu’il existait peut-être désormais des ecosystèmes composés de machines. Je me suis aussi rappelé ce constat de Heidegger qui se demandait si la machine n’avait pas dompté l’homme pour qu’il l’améliore sans cesse et assure sa reproduction

J’ai tous les chiffres sur l’usine !

Je ne vous assomme pas avec… mais l’idée à retenir est celle-ci. Entamée il y a une dizaine d’année, la politique environnementale a permis de réduire drastiquement la consommation d’eau et d’énergie ainsi que les rejets de COV (composés Organiques volatils). Les chiffres sont sidérants (en plus d’être sidérurgiques…) Energie -30%, eau -65%, COV -70%, rejets atmosphériques -40%

Tout cela en 10 ans. D’où la question qui fâche: cela veut-il dire qu’avant, l’usine était franchement crado, en tout cas insouciante ? Ou alors est-ce vraiment le top qu’on puisse faire et du coup on se dit qu’il reste peu de progrès à faire ?

Personnellement, avec les chiffres mis à ma disposition, j’ai réalisé que le principal poste impactant l’environnement… c’était la peinture. Et de loin ! Gourmand en eau (il faut laver drainer la peinture en trop), rejetant des saletés chimiques (merci les métaux lourds de BASF, Dupont et PPG) et assez gourmand en énergie (il faut cuire les différents apprêts, les laques, la cire finale), on demande pourquoi tant d’efforts pour avoir du rouge ou du bleu sur sa caisse.

Bref, c’est la chose la moins « utile»  qui endommage le plus. Mais il semble que sortir des voitures « gris acier naturel»  ne soit pas envisageable au service marketing. Dommage.

On finit la visite par LA spécificité du site de Maubeuge: son collecteur d’eau de pluie. Bon c’est tout bête, au point qu’on se demande pourquoi ce n’est pas « la normalité» . Mais soyons fair-play car je peux concevoir que faire adopter une telle nouveauté face à une inertie industrielle, ce doit être un travail de titan. Voilà, il y a 10 ans, ils ont décidé de collecter l’eau de pluie (en plus il paraît qu’il pleut souvent à Maubeuge) ce qui permet de subvenir à un tiers de leur besoin. Pas négligeable donc.

Allez, on peut être fier de ce colllecteur d’eau de pluie !

La visite est finie ! On a été plus que bien reçu par Jean Goutierre (le bien nommé, du coup !), responsable environnement du site. Sur le trajet du retour, au milieu du paysage brique qui dévoile ses charmes, je repense à une discussion que j’ai eue avec lui. Je lui disais qu’il fallait tout de même se poser la question du « faut-il toujours produire plus de voitures ?« .

3274_0076_480Il était fort conscient du problème sociétal. Je crois que parmi certains esprits courageux du monde automobile on s’est fait à l’idée que ce ne sera plus comme avant. Comment pourra-t-on continuer à gagner de l’argent et employer des gens ? Ils y réfléchissent. L’idée qu’il puisse y a voir moins de voiture est envisagée. Si si !

En contreprartie, ils espèrent, je crois, que les déplacements augmentent. Inventer un modèle économique basé sur l’usage plus que sur l’objet ? Tout est possible pour sauver le soldat Auto. Voir leur site Mobilite durable qui ouvre le débat.

Enfin il m’a confié cette prophétie tellement limpide. L’informatique et le numérique remplacent petit à petit l’automobile. Une nouvelle civilisation s’installe, celle de l’Internet et des télécommunications. Aujourd’hui on feint de croire qu’elle pollue peu. Ca change. La consommation des serveurs, une requête sur Google.

Dans quinze ans, mon fils m’interpellera et sera stupéfait que ma génération ait pu considérer comme normal le fait d’avoir chacun un ordinateur, un site internet, un compte Facebook, un Iphone et tutti quanti. Et comment nous avons pu, avec nos autoroutes de l’information, défigurer la planète sous prétexte d’accéder à tous les films en téléchargement illimité et instantané.

Alors, Jean Goutierre me dit qu’il ne voudrait pas que les efforts de l’industrie automobile soient annihilés par l’appétit grandissant du tout numérique.

Bien sûr, il y aura des « optimistes»  qui diront que les ordinateurs propres sont pour bientôt. Tiens, peut-être que mon fils sera invité à visiter une usine de semi-conducteurs verte et qu’il publiera, sceptique, une lettre manuscrite à ses amis pour faire part de ses doutes…

Fin du billet.

Et, par souci de cohérence, fin du blog !


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Ecrit par Baptiste le 11 mai 2010 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Les autres...,Participez,Poïesis,Un peu sur nous
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