Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

Le Teflon c’est fantastique

Lavoisier et Nemours

Lavoisier et le fils Du Pont

DuPont de Nemours ! Sacré nom qui sonne bien français et qui désigne pourtant une des plus grosses firmes américaines de la chimie.

Je vous résume l’histoire. En pleine révolution française, on guillotine Lavoisier, le célèbre chimiste qui a identifié l’oxygène.

Mais parlons bien parlons fesses. Sa femme a eu une aventure avec Pierre-Samuel Du Pont de Nemours. Celui-ci avait le bon goût, étant proche du Ministre des Finances Turgot, d’être immensément riche. Il connut aussi le père de la constitution américaine, Thomas Jefferson, lors de la rédaction du traité de Versailles (indépendance des Etats-Unis en 1783).

Pierre-Samuel Du Pont de Nemours, royaliste jusqu’à défendre Louis XVI physiquement en 1792 face à la foule en colère, échappa de justesse à la guillotine. En effet, bien que condamné, la mort de Robespierre lui laissa le temps de s’éxiler aux Etats-Unis. Il y retrouva Jefferson pour qui il négocia notamment l’achat de la Louisiane par les Etats-Unis.

Son fils, Éleuthère Irénée, avait lui aussi défendu le roi en 1792. Il était assistant de Lavoisier et travaillait notamment sur la poudre à canon. C’est bien le fils qui est à l’origine de la création de l’entreprise DuPont de Nemours. Au départ, il s’agissait de fabriquer de la poudre à canon.

Éleuthère Irénée s’est fait naturaliser américain en 1803 et Jefferson lui assure alors que les Etats-Unis utiliseront sa poudre.  Qui a dit pistonné ?

Petite anecdote en guise de conclusion: on raconte que le fils Du Pont aurait écrit plus tard une lettre à Madame Lavoisier (ancienne maîtresse donc de son père et surtout femme de son ancien patron en France) lui demandant s’il pouvait nommer son entreprise Lavoisier en l’honneur de son défunt mari. Si elle avait accepté, l’entreprise se serait peut-être appelé non pas Du Pont mais Lavoisier.

Après la poudre, DuPont de Nemours va se spécialiser dans la chimie. Et l’objet de ce billet est de passer sur 150 ans d’épopée industreille pour arrvier au produit qui nous intéresse : Le Téfal.

Et qui dit Téfal dit Téflon. Un revêtement anti-adhésif qui accroche tellement peu qu’il faut aussi trouver une colle spéciale pour le lier au fond de la poêle !

Le petit nom du Téflon est PFTE. Commercialisé depuis 1954, les poêles en Téfal ont envahi toutes nos cuisines. Pourtant, des doutes subsistent quant à leur nocivité. Alors du coup, rien de tel qu’une petite campagne de comm’ avec des feuilles vertes pour démentir tout cela.

Aperçus:

pub tefalpub tefal 2

pub tefal

Des petites feuilles bien entendu, mais aussi des petits oiseaux qui gazouillent. Apparemment, chez DuPont de Nemours ils communiquent encore façon old school sur l’environnement.

Je ne vais pas ici m’attarder à mentionner les différents griefs faits au PFTE (et au PFOA). L’histoire de DuPont (comme celle de Monsanto) parle d’elle même.

Evidemment, les quelques sites prétendument écolos qui ont accepté d’héberger cette publicité (ou plutôt publi-reportage) ne gagnent pas en crédibilité.

J’imagine le tollé si l’on avait mis ceci sur eco-SAPIENS…

L’occasion de (re) lire notre dossier sur la cuisine écologique.


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Ecrit par Baptiste le 13 septembre 2011 :: Classé dans Les autres...
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Google et la danse du panda

Coïncidence des temps modernes, le panda est ces temps-ci vivement critiqué.

A ma gauche, le Panda WWF, épinglé par le journaliste Fabrice Nicolino dans son livre « Qui a tué l’écologie ?»  L’ONG n’a jamais daigné répondre aux critiques et préféré continuer à manger les pousses de bambou.

Malheureusement, ca chahute chez les salariés de l’emblématique association. Il serait vain de raconter ce qui se passe dans l’arrière cuisine. Chaque fois qu’une association environnementale se déchire, c’est toujours une perte pour le monde écologiste.

Le scénario est toujours identique d’ailleurs : entre militants, salariés et dirigeants; et toujours à propos de l’éternel débat réformiste/radical.

On se souvient par exemple des agitations au sein de la Fédération France Nature Environnement. On se souvient aussi du réseau Sortir du Nucléaire et son porte-parole Stéphane Lhomme (qui sévit encore lors des primaires de l’écologie). En ce moment donc, c’est au tour du panda français d’inspecter son pelage noir et blanc (symbolique !).

Google réduit les inégalités…

Et à ma droite ?

A ma droite, je veux parler d’un panda moins connu des naturalistes mais bien connu des spécialistes du web. Panda est le nom choisi pour le nouvel algorithme de Google.

Google, tout le monde connaît. Ou croît connaître…

Le Dieu Internet, le moteur de recherche le plus époustouflant qui soit, les google maps, le gmail, le google images mais aussi, pour ceux qui y travaillent les Adwords et Adsense. J’ai déjà expliqué pourquoi eco-SAPIENS n’achète pas de mots clés sur Google. Aussi absurde que cela puisse paraître pour une structure totalement tournée vers le Web, eco-SAPIENS continue de défendre sa conception du rôle et de la nature de la publicité.

Malgré une fois, ce coup de fil de Google, nous demandant pourquoi nous ne passions pas à la caisse.

C’était au mois de Juillet 2010. Nous avions répondu que nous aimions beaucoup Google (c’est objectivement vrai si l’on mesure tous les services rendus par cette firme… avec des contreparties franchement peu agaçantes quand on voit les pratiques sur le web). Nous avions simplement répondu que payer pour être mieux affiché, autrement dit, faire de la pub, était contraire à notre philosophie.

Certains prendront cette philosophie pour de la radinerie. C’est leur droit. Tout le monde a droit à l’erreur !

Revenons à nos moutons. Ou plutôt à cet animal algorithmique qu’est Panda. En clair, Google a voulu débarrasser le web des tricheurs. En ligne de mire, ce que l’on appelle les « content farms»  (fermes de contenu). Des sites qui produisent du contenu à la chaîne juste pour le référencement. Et aussi les agrégateurs de contenu qui ne produisent pas de contenu mais l’aspirent et le classent. Typiquement des agrégateurs de blog comme paperblog ou wikio.

Mettons nous à la place de Google. C’est lui qui est censé avaler le web, le trier, l’ordonner et fournir à l’internaute le résultat de sa requête. Quel intérêt pour lui de renvoyer vers des annuaires, des guides et des portails ? Hop, on les squeeze et on renvoie directement vers l’article, le produit, la source originelle.

Pas bête !

Informations: le noeud gordien du producteur/diffuseur

Et la question qui brûle les lèvres est : comment distinguer une source d’une fontaine ?

C’est à dire, pour prendre le cas d’eco-SAPIENS, comment savoir si nous sommes plutôt un relai d’informations ou un producteur d’informations. A cette question, il est impossible de répondre tant nos articles sont un mélange, un croisement, une mise en perspective de plusieurs sources.

Cette question hante la littérature. La mythologie romaine n’est qu’un réarrangement de la mythologie grecque qui l’avait pompée aux Egyptiens qui eux-mêmes l’ont copiée sur les Mésopotamiens. (Ici, l’histoire de l’écriture s’arrête… ou plutôt commence…*)

Cette question hante le journalisme. Un journaliste n’est là que pour faire le pont entre une source et un lecteur. Parfois il enquête, mais le ne créé pas l’étude scientifique, ou le discours politique qui permet de réaliser le papier.

Cette question hante la science et la philosophie. Heidegger s’amusait à plaisanter qu’après les Grecs, les 2500 ans de philosophie pouvaient être considérés comme des notes de bas de page…

Il se trouve aussi qu’aujourd’hui Google propose un moteur de shopping. Forcément, les comparateurs de prix apprécient y voient un vrai concurrent. Leguide.com a déjà perdu 50% en bourse par exemple.

Parallèlement, des webmasters amateurs publient ce genre de message sur les forums: « +100% pour mon site que j’avais abandonné il y a deux ans« .

Pour résumer la situation, Google redistribue les cartes.

D’une certaine manière, il va à contre-courant de l’évolution de ce monde en réduisant les « inégalités»  de trafic.

D’ailleurs, vous pouvez déjà observer ces effets sur Google.

Tiens ! Une requete au hasard, faite pour retrouver quelle était l’étude scientifique qui avait épinglé la migration de DEHP (un phtalate) depuis les bouteilles plastiques. Tapons DEHP science et observons les résultats fournis par Google. La moitié des liens renvoient vers HP… Hewlett Packard et un vers l’auteur H.P. Lovecraft. Bref, à côté de la plaque. Certes la requête était un peu spécifique mais beaucoup témoignent déjà du fait que depuis début Juillet, les résultats fournis par Google sont moins bons qu’avant.

A-t-on déjà vu une entreprise sortir une version moins performante de son produit phare ? Jamais… sauf Microsoft bien sûr.

Analyse de la mutation du Web: recherche perso vs. buzz collectif

Deux idées me traversent l’esprit. Google a aussi lancé en catastrophe son Google plus qui se veut concurrent du réseau social Facebook. Indéniablement, nous n’utilisons plus le web comme il y a deux ans.

Auparavant, nous naviguions par recherche. Aujourd’hui, nous naviguons par recommandation.

Pour le dire autrement, la communication (même sociale) l’a emporté sur la technique.

Nous étions décontenancés par la masse d’informations offerte par le web. Heureusement le moteur de recherche nous permettait d’y naviguer efficacement.

Aujourd’hui, nous sommes toujours décontenancés mais nous avons fait le deuil de trouver quelque chose dans cette toile immense. Nous demandons alors aux autres de nous dire ce qu’ils ont trouvé d’intéressant.

La deuxième chose, c’est cette histoire de ruée vers l’or que représente Internet aujourd’hui. Je veux parler du mythe du petit site sur le web qui va faire boule de neige et hop, à la fin, le créateur/blogueur/webmaster est célèbre, payé et… ne fait pas grand chose. Ah le doux rêve de la rente Internet !

Soyons certains d’une chose. Si Google rebats les cartes en faveur des sites mineurs, c’est bien parce qu’il trouve un intérêt stratégique.  D’abord de contraindre les sites google-dépendants à moins compter sur le référencement naturel et plus sur le référencement payant. Puis de redonner espoir à la légion de sites zombies qui, n’en doutons pas, requinqués par une augmentation inopinée de trafic, va décider d’y investir un peu de moyens…

Aujourd’hui que le Panda est lâché en France, après avoir fait ses dégâts aux Etats-Unis et en Angleterre, tout le monde s’interroge sur l’évolution du web à venir. Bien malin celui qui pourra prophétiser là-dessus.

Mais face à cette débauche de moyens et ces révolutions ininterrompues, on en vient à se dire que la seule valeur sûre tient dans la formule « small is beautiful« …

* Hommage à Borges !


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Ecrit par Baptiste le 5 juillet 2011 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Poïesis,Un peu sur nous
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Pour que ca DOP les ventes

cheveux longsJe découvre la campagne « adopte un déchet»  . Le titre est bien trouvé et immédiatement j’ai pensé que sous cet intitulé sardonique, on verrait une campagne de sensibilisation amusante lancée par une association environnementale.

Un peu à l’image de la bonne campagne « we want furniture»  où l’on peut acheter des meubles en teck à des prix défiant toute concurrence. Si l’on prend les initiales, on devinera l’initiative d’une ONG à la pilosité blanche et noire.

Bon le hic, c’est que la campagne « adopte un déchet.com»  n’émane ni de Surfrider Foundation ni du CNIID. Mais de la sous-marque DOP, proprité de L’Oréal. Pardon de DOP Nature ! Ca change tout évidemment…

Désolé mais cette rase campagne, pour le coup, me pique les yeux et n’évite pas les noeuds !

Ca pique les yeux tellement qu’on se les frotte pour y croire. DOP qui n’a que faire de la cosmétique bio, sort soudain une gamme, appelée DOP Nature pour l’occas’ (original ?). Gamme de 3 shampoings s’il vous plaît. Ils sont « à l’extrait bio d’agrumes« , ou d’aloé vera ou d’olivier (c’est à dire d’olive ?). Ils ne sont pas labelisés bio…

Bref 3 shampooings un peu bio noyés dans une floppée de gels-douches avec PEG et paraben (vérfiez donc sur les étiquettes de Ptit Dop pour les petits), on est en plein dans le greenwashing.

Et DOP n’évite pas les noeuds. Voici pourquoi. Sur le site de la campagne, vous pourrez donc « adopter»  un déchet. Je vous rassure ca ne vous coûte rien. Vous choisissez un détritus, sur la plage, abandonné. Vous le « liker»  parce que c’est cool. Et hop, on vous dit que la petite bouteille en plastique est comptabilisée. 24 grammes. Chouette.

Il y a l’inévitable compteur pour savoir combien de tonnes ont été adoptées. Car du virtuel au réel, il n’y a qu’un pas que nous explique DOP :

pour chaque kilo de déchets tout mignons adoptés sur ce site, DOP finance le ramassage d’un kilo de déchets dans la réalité (aide financière de 5 € par kilo de déchets adoptés, dans la limite de deux tonnes, soit 10 000 euros)

Voilà, avec ma bouteille de tout à l’heure, DOP a donné 10 centimes à la grande journée citoyenne de nettoyage du littoral et des dunes de l’île d’Oléron. Vous savez ces opérations où l’on demande aux habitants de nettoyer eux-mêmes leur territoire.

C’est d’ailleurs toute l’absurdité de la gestion des déchets. On paye pour l’emballage. On paye pour le ramassage. On paye pour le tri sélectif. On paye enfin de sa personne pour venir nettoyer…

Mais surtout, ca ne fait pas un pli, le coût de cette opération (étude marketing, création du site internet, campagne médiatique etc…) tout ceci aura coûté au moins 10 000 euros. Au bas mot assurément. Donc on en est là. Si vraiment DOP voulait lutter contre les déchets, il ferait un chèque de 10 000 euros et garderait les autres 10 000 euros pour travailler sur sa gamme.

Mais je pressens qu’en réalité, tout ce tintamarre, c’était juste pour se faire mousser…


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Ecrit par Baptiste le 26 avril 2011 :: Classé dans Ad Hominem
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Les deux dernières propagandes qui m’ont amusé

Je lis toujours le journal La Décroissance tout simplement parce que c’est provocateur. D’ailleurs, le dernier numéro propose comme action du mois « refuser le consensus« . Evidemment, ce genre d’impératif, dans nos sociétés policées, n’est pas très consensuel.

Dans le dernier numéro, un certain Christophe Catsaros, rapporte de Grèce des clichés de panneaux publicitaires vierges avec un commentaire.

Celui-ci figure à l’origine dans la revue d’architecture Archistorm.

« Le blanc des panneaux désaffectés démasque également une imposture: celle qui s’obstine à voir dans la joyeuse anarchie graphique des réclames un indice de liberté. Blancs, les panneaux émergent comme un système centralisé détraqué, une machine totalitaire défectueuse.» 

Belle citation, sur le fond comme sur la forme. Auparavant, quand d’aventure, certaines stations du métropolitain parisien arboraient des panneaux vierges, je ne retenais que la sensation d’apaisement. Je fais partie de ces gens qui sont comme obligés de lire tout ce qui présente à leurs yeux. Avec la publicité dans les lieux publics, on est sans cesse sollicité mais on ne s’en souvient plus. D’une certaine manière, comme la lecture de la Décroissance, cela stimule le cerveau… mais pas les neurones !

Mais voici qu’effectivement, la photo de cette Athènes avec d’immenses rectangles blancs me saisit. Coïncidence, je viens de finir une nouvelle de J.G. Ballard écrite en 1963 et intitulée « L’homme subliminal« . Un type suspecte des panneaux géants et complètements noirs d’influencer de manière subliminale les comportements d’achat des passants. Tout le monde le prend pour un fou jusqu’à ce qu’il aille saboter un de ces panneaux géants. Il y laisse sa vie mais son compère, jusque là sceptique, voit les messages subliminaux injonctant à consommer.

Bref, c’est le même phénomène mais comme inversé. A savoir que la manipulation paraît évidente quand un seul panneau se dérègle

Et je m’imagine seul, arpentant les boulevards d’Athènes, m’interrogeant sur ces étranges surfaces immaculées qui, ôtées de leur contenu, trahissent leur véritable fonction: la propagande !

Je m’imagine aussi à São Paulo, première grande ville à avoir interdit la publicité. Je m’imagine aussi à Forcalquier, où je déambulais il n’y a pas si longtemps et où, effectivement, il me sembla naturel de n’y apercevoir aucune réclame.

Et c’est du coup en reprenant le métropolitain de la capitale que la vérité de cette débauche graphique m’apparaît limpide. Entre deux secousses, je récolte sur un siège un journal dit gratuit. Ou plutôt un « gratuit»  dit journal.

Il est ouvert sur les pages 2 et 3 qui forment une publicité immense que voici.

Je me suis du coup demandé s’il s’agissait vraiment du journal. En voyant ces deux ours dévorer des sandwiches, j’ai repensé à cette propagande, dernière en date, d’un célèbre fast-food ici épinglé. Leur spot promotionnel montre papa ours et fiston ours en train de fêter le bulletin de note du petit en mangeant un BigMac.

Je me suis demandé si ce genre de coïncidence, cette obsession de montrer cet animal, menacé pour l’écologiste, mais aux airs débonnaires pour le marketeur, se repaître d’une nourriture infecte, n’avait pas un sens secret pour nos inconscients collectifs…

Finalement, j’ai réussi, à trouver au milieu des publicités la une du journal gratuit. La voici.

Cette dame, qui annonçait sans rire au moment de la crise, cette devise sibylline si on s’y arrête un peu, à savoir qu’il fallait « financer l’économie« , cette dame retrouve donc le sourire à l’annonce d’un slogan aussi creuse qu’hypothétique. La croissance repart.

En lisant l’article, je crois lire le bulletin météorologique.

« L’environnement international est bon»  [...] « La France bénéficie notamment de l’appel d’air créé par la reprise de la croissance mondiale»  [...] A condition que cette éclaircie soit possible.» 

Etc etc

Croissance croissance croissance.

Je tourne la page et retombe, j’avais oublié, sur les deux ours.

Sens ? Sens ? Sens ?

J’y ai fait une croix dessus.


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Ecrit par Baptiste le 10 février 2011 :: Classé dans Itinéraire,Poïesis,vidéo
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Yann Arthus-Bertrand et le Qatar

pétrole pistoletJe fais le pari.

En 2022, il n’y aura pas de coupe du monde au Qatar. Ou alors dans des conditions dramatiques.

Je ne sais pas si vous le saviez mais le Qatar, pays pétrolier par excellence, a joui du soutien de quelques ambassadeurs curieux pour sa candidature à accueillir la coupe du monde de football dans 11 ans.

Zinedine Zidane qui a ainsi pu gagner 11 millions d’euros. Mais aussi le photographe Yann Arthus-Bertrand qui, depuis son engagement pour l’environnement, n’est plus à une contradiction près.

Jadis photographe officiel du Paris-Dakar, sponsor et défenseur des banques irresponsables (Cortal, BNP), le voici qui soutient le Qatar dans cette compétition mondiale du ballon rond.

Diantre ! Par quel contorsion sémantique Yann Arthus-Bertrand va-t-il pouvoir justifier son soutien au Qatar ? Voici le communiqué. C’est un chef d’oeuvre. Une anthologie. Que dis-je? Une pétrologie (anthos-signifie fleur…)

Parce que ce que j’ai compris, et qui m’a intéressé, c’est que, pour la première fois, un événement sportif mondial se donne pour objectif la neutralité carbone, et parce que cela se fera au Qatar, précisément le pays qui a aujourd’hui la plus forte empreinte écologique par habitant du monde.
Cet objectif sera atteint notamment grâce à 3 éléments : l’énergie utilisée proviendra de panneaux photovoltaïques, les voyages en avion effectués par les spectateurs venus au Qatar seront compensés carbone et  la proximité des différents stades permettra de limiter les déplacements ; la candidature du Qatar se présente ainsi de façon plus favorable en termes d’environnement que les autres candidatures. Mais il faut ajouter aussi que les stades ont été conçus pour être démontables, de façon à  pouvoir être réinstallés dans des pays  en voie de développement ne bénéficiant pas de tels équipements sportifs  et cette idée me plait.

Ce qui m’intéresse, et c’est dans cet esprit que travaille ma fondation, GoodPlanet, ce n’est pas seulement de dénoncer les situations critiquables, malheureusement trop nombreuses, mais surtout de faire connaitre ce qui fait progresser les choses ; on a besoin d’innovation, de créativité ; et ce sont les bonnes initiatives qui font évoluer les esprits et les  pratiques.
Or la Coupe du monde de football se tiendra pour la 1ère fois dans cette partie du monde, où la préoccupation environnementale n’est pas le premier souci ; cela ne pourra qu’y  faire avancer la conscience écologique.
Voilà tout simplement pourquoi j’ai soutenu ce projet, que je trouvais intéressant ; j’espère ne pas m’être trompé.

*******
Faut-il dire enfin qu’évidemment je n’ai pas touché un sou pour avoir exprimé mon soutien dans cette vidéo ?
Quant au film « Home », pour lequel j’ai travaillé pendant 3 ans sans percevoir aucune rémunération, l’aide de la Fondation du Qatar et d’Al Jazeera a permis sa traduction en arabe et sa diffusion dans tous les Pays du Golfe, permettant ainsi qu’il soit vu au total par 400 millions de personnes dans le monde.

Yann Arthus-Bertrand

Que peut-on ajouter à tout cet imbroglio ?
Ah si !

Déjà une contradiction: les stades sont proches mais ca se fera en avion…

Et la compensation carbone ne peut en aucun cas justifier des pratiques. Dommage que l’organisme qui proposait justement des projets de compensation au compensateur actioncarbone (rattaché à Goodplanet) ait toujours pris soin d’insister là-dessus. Yann Arthus-Bertrand fait fi des recommandations des compensateurs et n’hésite pas à parler de »  neutralité carbone « .

Quant aux panneaux photovoltaïques, en plus de la polémique technique sur l’énergie grise, on se demande bien pourquoi le Qatar y aurait recours justement pour la coupe du monde… Pourquoi pas aujourd’hui ? Que change la coupe du monde ? Est-on dupe au point de croire que les climatiseurs qui vont tourner à fond vont fonctionner à l’énergie solaire ?

Le prétexte des « pays en développement» , tarte à la crème de la bonne conscience, à qui l’on refourguerait des équipements pharaoniques, ca s’appelle aussi, dans le jargon du colonisateur, des éléphants blancs.

Je me souviens de Nicolas Hulot expliquant que l’idée de faire un grand prix de formule 1 à Flins, lui « donnait un peu la nausée« . On mesure ainsi l’écart sans cesse grandissant entre les deux hélicologistes.

Non rien ne justifie le soutien d’un écologiste pour ce qui non seulement est une aberration environnementale mais aussi une immondice du divertissement. Et c’est un passionné de football qui l’écrit.

Mais au fond, la vraie question qu’on oublie à force d’arguments et de contre arguments, c’est « Pourquoi une personnalité se manifeste pour soutenir une candidature ?» 

Évidemment, nier avoir obtenu une rétribution pour ce soutien n’est pas crédible. D’abord parce qu’officiellement, le Qatar, par une fondation, a contribué à hauteur de 8% au film Home. Alors ce n’est peut-être pas une rémunération, sous-entendue personnelle, mais cela revient bien au même. L’astuce est ici que YAB dissocie sa personne de son activité (fondation, film) ce qui est vrai d’un point de vue physique et juridique… mais caduque d’un point de vue financement des activités.

Mince, on n’a même pas parlé du fait que le Qatar interdise constitutionnellement les partis politiques.


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Ecrit par Baptiste le 10 décembre 2010 :: Classé dans Ad Hominem,Débat,Les autres...
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Bienvenue chez Soleil Vert

Que du jour au lendemain, l’Etat, de concert avec l’industrie agro-alimentaire, décide de (ré)instaurer l’anthropophagie, nul doute que la révolte du public ne le mette aussitôt à bas.

– Mais, attendez- rien n’empêche d’en parler en interne. Entre gens sans préjugé. Théoriquement.

Les économistes dans les séminaires d’entreprises et les colloques universitaires soulignent la gravité de la crise des protéines, en rapport avec l’essor démographique et le tarissement des ressources.

Invités des cercles de réflexion et de prospective, les écologistes indiquent que, du point de vue de la souveraineté alimentaire, de la re-localisation de l’économie, et du respect de la bio-diversité, mieux vaut consommer un kilo de protéines autogènes, que de détruire un are de forêt amazonienne pour l’importer.

Les chimistes expliquent aux commissions parlementaires que la protéine, c’est de la protéine ; on peut lui donner le goût du veau, la couleur du saumon, un parfum de vanille, l’aspect d’une pizza.

Les anthropologues rappellent qu’il n’y a là rien de nouveau, le cannibalisme, y compris alimentaire est vieux comme l’humanité, et persiste dans certains endroits.

Les églises s’interrogent, et appellent au dialogue sur ce retour à l’authentique communion.

Les urbanistes regrettent le gaspillage de l’espace par les cimetières.

Les éthiciens remarquent qu’on est somme toute dans une variante du don d’organes et que l’important est le respect de la personne, et le caractère volontaire du don.

Une étude de l’Inra prouve la supériorité des farines anthropiques, leurs bénéfices pour la santé – élimination des virus et bactéries exogènes-, et leur rendement exceptionnel.

Les scientifiques des laboratoires de diététique moléculaire fustigent l’irrationalisme et l’obscurantisme des opposants aux recherches sur les Nouvelles Calories, qui voudraient nous ramener à l’âge de pierre et de la cueillette.

Les dirigeants pourfendent les végétariens. « Faire croire que l’on imposerait une alimentation anthropophagique à la population sans débat préalable, et que l’on transformerait les hôpitaux en abattoirs de science-fiction relève de la théorie du complot, etc. » Un sondage montre qu’en dehors de 15 % de conservateurs hostiles et de 15 % de modernistes enthousiastes, la population ne sait pas grand chose des Nouvelles Calories, et donc la Commission des Débats de Société organise avec l’association Vivaviandes un cycle « Farines anthropiques : à quelle sauce va-t-on nous manger ? »

L’avis consultatif du comité des sages, représentants du gouvernement, du sénat, du parlement, de l’industrie, des églises, de l’académie des sciences, conclut en toute indépendance, que ceux qui n’aiment pas ça, ne doivent pas en dégoûter les autres ; que chacun doit avoir la liberté de choisir ; et que donc, au-dessous de 1 %, la mention d’homoprotéines dans un produit alimentaire n’est pas obligatoire sur l’étiquette.

Disposition d’ailleurs contestée et violée par la marque Soleil Vert. Soudain, une mystérieuse épidémie de fièvre porcine, attaque biologique ou mutation d’un virus en batterie, extermine le cheptel mondial, et il n’y a plus d’alternative aux Nouvelles Calories. Dans l’urgence de la famine, le gouvernement sort des projets de ses cartons – gouverner, c’est prévoir-, dont l’interdiction de la crémation et la réquisition de toutes les réserves de protéines disponibles.

Mais qu’on se rassure : nous vivons en démocratie. Nous n’allons pas fabriquer des clones pour les cannibaliser.

*En voyant le nouveau logo proposé par Carrefour « Nourri sans OGM» , je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ce texte signé Pièces et Main d’Oeuvre. Il figure dans le livre « Terreur et Possession»  qui est un « indispensable« .
N’est-ce pas beau de voir Carrefour dire « liberté de manger ou pas des OGM»  ?

Dédicace amicale au Marcel Vert qui s’est laissé engluer dans ce genre de publicité !


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Ecrit par Baptiste le 5 novembre 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...,Poïesis
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la propreté intellectuelle, c’est le viol… ou l’inverse

S'éveiller et jouer à la guerre

On connaît tous le refrain: « si je fabrique des armes, ce n’est pas pour attaquer, c’est pour me défendre face à l’autre qui fabrique des armes« .

Il a donc suffi que le premier être humain souhaite se défendre pour instaurer une ère à jamais belliqueuse. Le concept de « guerre préventive»  n’est d’ailleurs pas tant un euphémisme de la novlangue qu’un pléonasme. Si l’on attaque, c’est toujours pour défendre ses intérêts, considérant sa survie menacée. Idéologique (le Lebensraum) ou mercantile (Irak) l’invasion se fait toujours pour préserver son propre système.

Jusque là, rien que de très ancien.

Aujourd’hui, on fait moins la guerre avec des bombes qu’avec des accords et des brevets. Les bombes sont hélas toujours là, lorsque les juridictions ne suffisent plus. C’est l’adage « La guerre n’est qu’un prolongement de la politique par d’autres moyens»  que l’on doit au baron Von Clausewitz.

Là où le jeu guerrier devient subtil, c’est que les attaques économiques (OPA, délocalisations) et juridiques (OMC, droits des brevets) ne peuvent réellement être assumées que si l’on est sûr de sa force militaire. En clair, si Mc Donald’s vous menace d’un procès, vous y ferez attention alors que si vous recevez une lettre d’un avocat du Groenland, bah vous vous direz « cours toujours !» 

En dernier ressort, il y a toujours les canons. A ne faire sortir de la paperasse que si la cible s’évertue à ne pas céder.

Merci Monsieur le Baron.

Alors voici deux histoires juridiques dernièrement arrivées à eco-sapiens.

La première, où l’on verra que c’était nous les plus forts. La seconde où l’on verra qu’il faut savoir se cacher…

Une obscure fondation d’entreprises, comme il en fleurit chez toute compagnie qui a quelque image à redorer, a décidé de récompenser des étudiants qui mettraient les nouvelles technologies au service de l’environnement. Il y a 5 ans, « nouvelles technologies»  ca voulait dire Internet. Aujourd’hui, ca veut dire RFID, ces petites puces pour rendre les objets communicants et même « intelligents» . Ces RFID pourraient non seulement être présents sur chaque objet manufacturé mais aussi sur chaque être humain qui peut, lui, être communicant sans être intelligent…

Fiction ? Les moutons sont déjà fichés (c’est obligatoire). Alors n’importe quel troupeau fera l’affaire. D’ailleurs, on ne va pas mettre cela sous la peau (« et l’intégrité, monsieur» , « et la dignité humaine ?» ). Non. On va d’abord mettre cela dans des objets qui ne nous quittent pas. Portable, ordinateur, titre de transport par exemple.

Il se trouve que l’étudiant qui a remporté le concours avait proposé une sorte de logiciel qui commanderait une climatisation et pourrait la régler au mieux en connaissant le nombre de personnes dans une salle grâce aux RFID. A ce niveau, on est pris comme d’un vertige.

D’abord, il faut informatiser. Ensuite il faut une climatisation. Après, il faut des RFID et enfin il faut un logiciel. Il y a à peine quelques années, si on avait chaud, on proposait d’ouvrir la fenêtre.

On pourrait en rester là. Mais le hic! c’est que le nom de cet admirable projet était « ecosapiens»  .

Comme quoi on peut être étudiant en 2010, savoir programmer des logiciels couplés avec des RFID mais ne pas savoir taper dans Google le nom qu’on a choisi. N’importe quel groupe de musique ou n’importe quel club de bridge a ce réflexe au cas où le nom renverrait une webographie sulfureuse.

Incompréhension d’autant plus forte que dans le jury figurait une personne qui nous a rencontrés et qui nous avait envoyés des mails pour faire des partenariats. Offre que nous avions à l’époque décliné par manque de cohérence écologique (publicités McDo, Coca et Cetelem quand on parle d’environnement et de social, ca fait brouillon).

Happy end, nous avons eu l’étudiant en question. Devant l’arsenal juridique exhibé par nos soins, il a compris qu’il n’y avait pas d’échappatoire.

Sous les fleurs… des canons.

Deuxième histoire: la défaite.

Une lettre avec accusé de réception ce n’est jamais bon signe. Dans un langage admirablement châtié, on nous explique que la catégorie Eveil et Jeux va devoir être renommée. D’abord on n’ose y croire. Il y a une cinquantaine de sites internet qui utilisent cette dénomination, certains pour des livres, d’autres pour de la puériculture. Mais bon, la marque est déposée, le langage admirablement châtié et l’entreprise plus costaude que nous.

Un petit coup de fil quand même pour dire que l’on change cela (désormais c’est Eveil et Jouets) mais qu’on reste un tantinet ébaubi. Nous avons d’autres catégories qui pourraient ainsi être débaptisées si l’INPI n’autorisait pas chaque mot du dictionnaire à être reconnu comme marque… Chambre Enfant ? Mobilier de jardin ? Epicerie sucrée ? Boissons chaudes ? Qui sait ?

Cet échange courtois avec l’avocat (elle fait son boulot) me rappelle que chacun a son monde. Il y a le bon sens et il y a la propriété intellectuelle. Parfois cela se rejoint; parfois il y a des dérives (brevets sur le vivant, sur des savoirs ancestraux, bio-piraterie). Surtout, cela rappelle cette évidence sur laquelle le discours écologiste glisse parfois trop vite : les mots ont un sens et ils ont encore une force.

Dommage que nos sociétés aient défini un protocole pour les mots quand il s’agit d’intérêt privés mais pas quand il s’agit de moralité publique. Ah… si l’INPI avait autant de force que l’OIP

Aussi, si vous avez 10 minutes et que vous souhaitez découvrir les charmes de cette terra incognita qui s’appelle « code de la propriété intellectuelle« , vous ne serez pas déçu. Ca fourmille d’anecdotes sur des conflits aux consonances surréalistes. Imaginez France Telecom attaquer le journal chrétien La Vie parce que… « Bienvenue dans la vie.com« .

Je vous laisse le soin de savoir si France Télécom a gagné…


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Ecrit par Baptiste le 13 juillet 2010 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Un peu sur nous
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La liberté

bmwTouche pas à ma caisse

J’ai appris la semaine passée que le 1er premier ministre de la France avait été proclamé homme de l’année 2009 par le Journal de l’automobile.

C’est classe tout de même quand  j’y pense… homme de l’année en 2009, alors que tout semble se liguer contre ce symbole d’une mythique liberté : émissions de Co2, peak oil, pollution atmosphérique, congestion des villes, nappes d’hydrocarbures à la dérive sur les océans …

Mais voilà, il suffit qu’on parle de ce qui fâche et, hop, les herses du vieux 20ème siècle se lèvent pour défendre notre bonne vieille industrie nationale dont l’avenir est aussi radieux que le ciel le fut au-dessus du volcan Eyjafjallajokull. Et pour là rien de mieux que d’avoir sous la main un homme politique passionné d’automobile, qui ne s’en cache pas et peut même, par amour du sport, aller jusqu’à s’excuser de ses échecs :

« Je dois reconnaitre devant vous que je n’ai pas réussi, en tout cas pas encore, à ramener le grand prix de F1 en France. C’est pour moi un échec… sur lequel je n’ai pas dit mon dernier mot »

volkswagenEt à écouter son discours, ponctué par ses bons mots et les rires virils de l’assistance, certains  pourraient sûrement se laisser bercer des illusions d’évasion et de liberté que nous promettaient l’automobile du temps où elle semblait encore avoir un avenir…

Mais après les bons mots vient le temps des mises au point : toucher au symbole de  l’automobile c’est nier la liberté individuelle.  Et l’opposition entre passionné et détracteurs de cet objet fétiche nous donne droit à une jolie démonstration sans nuance conclue par une excellente définition du développement durable :

« Au fond derrière ce débat qui fait rage dans notre pays autour de l’automobile, autour de la question de l’environnement, on  voit quand même deux conceptions de la société, deux conceptions de l’avenir qui s’affrontent :
il y a ceux qui sont favorables à une sorte de forme de décroissance, de retour en arrière et peut-être même à une certaine forme de collectivisme, d’organisation de la société pour faire face aux dangers qui la menacent
et puis il y a ceux qui pensent que le Développement Durable, celui qui mise tout sur le progrès de la science, sur le progrès de la technologie, qui fait confiance à l’homme, qui fait confiance à l’individu nous permettra de relever les défis qui sont devant nous. »

Roulez jeunesse !

peugeot-rcz


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Ecrit par francoise le 30 avril 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...
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Marques et artistes, liaisons dangereuses ?

la_canalisation_marques-et-artistes

C’est le titre de la deuxième conférence-débat dite « La Canalisation» .

Évidemment, on revoit à Dali qui faisait sa publicité pour des nouilles. Mais à l’époque, je ne sais pourquoi, c’était amusant.

Surtout, il ne s’agit pas de savoir si des célébrités doivent s’acoquiner avec des grandes marques. Qu’un footballeur ou qu’un journaliste fasse des « ménages»  c’est un problème de morale personnelle.

L’art s’y mêle et s’emmêle quand des artistes n’existent que parce qu’elles ont trouvé, en quelque sorte, mécène à leur pied.

Mais si les Médicis et les Valois ont su révéler les artistes que nous connaissons, pourrons-nous en dire autant de ce mercato où grandes enseignes et artistes indépendants s’apprivoisent.

Personnellement, je crois qu’on retiendra plus un Banksy qu’un QUIK

Arrêter les incantations. Connecter les initiatives. Initier le changement.

Dans un système économique où les marques sont omniprésentes, où le secteur marchand subventionne l’Art et où les artistes se réduisent trop souvent à des placements financiers, l’art devient-il une nouvelle forme de marketing ?

La CANALISATION réunit le fonds de dotation Agnès b., l’artiste JR, des historiens et des publicitaires afin de mieux comprendre les relations entre marques et artistes.

Rappelons que la première Canalisation portait sur la publicité et sa pollution de l’économie. Là, on s’intéresse à la pollution de l’Art.

On espère qu’un troisième volet s’ouvrira sur la pollution du Savoir par la publicité. Avec le pullulement des pseudo sites « informatifs»  genre info-pesticides.org (développé par le lobby des pesticides), ou parlons-cosmetiques.com (réponse de l’industrie cosmétique sur les effets du parabens) ou encore envidedebienmanger.com (développé par l’industrie laitière pour expliquer les bienfaits des produits laitiers…) et l’invasion dans les lieux publics de brochure sur le nucléaire, la viande et consorts, il va bien falloir savoir d’où vient notre savoir !

Mais bon, chaque chose en son temps. Gloire aux artistes !

Infos pratiques:

  • Animé par le journaliste John Paul Lepers, le débat aura lieu le vendredi 9 avril à 19h00 au Comptoir Général (80 quai de Jemmapes à Paris)
  • Apéritif libre avec vodka équitable, dégustation de vins et pizzas bio
  • Et le site internet de La Canalisation

citation


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Ecrit par Baptiste le 6 avril 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...
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Veja écoloclaste

bleu-projectA rebours…

C’est le titre d’un roman de J.K. Huysmans certes. Mais c’est surtout la nouvelle posture de la marque Veja.

Veja, rappelons-le, fabrique des baskets au Brésil avec du coton bio et du caoutchouc « écologique» , le tout dans une démarche équitable.

Veja, enfin, ca signifie « regarde»  dans la langue de Brésil. La nouveauté, c’est qu‘à rebours de tout le monde, Veja a décidé aussi de montrer à voir… ce qui ne va pas chez eux.

Sous la bannière de la transparence, la marque nous affirme spartiatement:

  • Les lacets ne sont pas en coton biologique, faute de volume. Veja ne fabrique qu’une faible quantité de baskets, et donc n’utilise pas « assez» de lacets.
  • La mousse pour maintenir la cheville est un produit synthétique à base de pétrole.
  • La semelle extérieure des baskets Veja contient entre 30 et 40% de caoutchouc sauvage.
    La semelle intérieure en contient 5%. Pour donner toutes ses propriétés techniques à une semelle (souplesse, résistance, confort), il faut encore utiliser différents composants dont du caoutchouc synthétique.
  • Les œillets ne contiennent pas de nickel mais sont en métal, dont l’origine n’est pas contrôlée.
  • Le recyclage des baskets n’a pas été mis en place.
  • Le transport pour livrer les clients asiatiques et américains s’effectue en avion.
  • Veja fait fabriquer ses baskets et accessoires au Brésil, là où sont cultivés le coton et le caoutchouc, à plus de 8 000 km de ses clients.
  • Les baskets sont un objet de sur-consommation. Veja ne cesse d’améliorer la qualité de ses produits et d’augmenter leur durée de vie.

Etc etc.

A mon sens, il ne s’agit pas de faire de l’auto-flagellation mais de rappeler une évidence toute simple: au royaume de la publicité et du développement durable, on ne parle jamais de ce qui ne va pas. Et c’est vrai que bizarrement, vous verrez toujours les pires pollueurs expliquer comment ils font des progrès, comment ils s’améliorent et comment le soleil brille sur cet avenir plein de promesses sucrées…

Exemple pris au hasard, McDo qui nous offre un beau palmarès de gentils oiseaux. Avec de tels titres de billets (agir ensemble pour le climat) et de tels sites internets (coopérons pour l’environnement) on crie bien sûr au greenwashing.

Sauf pour les indécrottables optimistes qui diront que c’est encourageant, que c’est mieux que rien.

scotomeIl y a un point aveugle dans l’oeil qui s’appelle le scotome. C’est le fond de la rétine, dénué de photorécepteurs. Eh bien avec la communication développement durable, on est en plein dans le scotome. McDo ne dit pas ce qui ne va pas. Les poulets en  batterie, les pommes de terre arrosées de pesticides, l’industrie de la viande (cf Bidoche), le climat social etc.

Je lis dans un billet récent du blog environnement de McDo France que désormais tous les « restaurants»  sont fournis en électricté verte.

A compter de janvier 2010, 100% de nos restaurants couvriront 100% de leurs consommations avec de l’électricité d’origine renouvelable. Pour ce faire nous avons bien étudié le marché français actuel et choisi de travailler avec la société Green Access qui représente des petits producteurs et à qui nous allons acheter des certificats verts. Celle-ci nous assure qu’une quantité de kilowattheures d’origine renouvelable équivalente à la consommation de nos restaurants est injectée sur le réseau électrique. L’achat d’électricité d’origine renouvelable est un bon moyen d’encourager le développement des systèmes de production d’électricité renouvelable sur le territoire français

Ami lecteur, c’est vrai eco-sapiens n’a pas encore fait de dossier pour t’expliquer comment fonctionnent ces certificats verts, sésames magiques qui fait des merveilles chez nos industriels en mal de communication verte.
Tiens mais que dit donc Green Access, revendeur de certificats verts choisis par McDO ?

Il est important de savoir que cet outil [le certificat vert] ne sert en aucun cas à développer la filière renouvelable. Ce qui permet de financer ce développement, ce sont les contrats d’achat signés entre les producteurs et EDF à partir des conditions définies par les pouvoirs publics.

Il y a donc eu un malentendu quelque part. Passons.

Ce qui est sûr, c’est qu’à l’instar de la démarche Transparent Trade,  Veja ouvre une nouvelle voie de ce que peut être la transparence. On va pouvoir « regarder»  la transparence et s’en mettre plein les mirettes. Alors qu’avec McDo, on a comme le sentiment de se faire scotomiser.


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Ecrit par Baptiste le 29 janvier 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...
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