Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

Hausser le ton

manchots observateursL’automne arrive.

Et c’est comme si personne ne s’intéressait aux derniers mois qui cloront 2011. C’est bien simple ! Octobre, Novembre et Décembre 2011 n’existent que virtuellement.

Tout le monde a hâte de passer à 2012. Car tout le monde se dit que l’on pourra remettre les compteurs à zéro.

Nouvelles élections présidentielles. En France bien sûr mais aussi, ne l’oublions pas, aux Etats-Unis.

Ainsi, de même que le Grenelle de l’Environnement est définitivement considéré comme un échec voire même un fumigène, la politique verte tant attendue par Obama vient de subir un sérieux revers.

L’association Respire et Fabrice Nicolino mentionnent (par-ci, par-là) cette tribune de Robert Redford, soutien médiatique d’Obama lors des élections, contre le président américain. L’acteur qui murmure aux oreilles des chevaux n’a pas su visiblement avoir celle d’Obama.

feux tricoloresCertains peuvent se demander que vient donc faire le people Redford dans cette histoire. Personnellement, jusqu’à la lecture du roman culte Le Gang de la clé à molette de Edward Abbey, et donc au passage la merveilleuse préface de Robert Redford dans la version française, j’ignorais aussi que l’acteur avait une sérieuse culture écologiste.

C’est à dessein que j’emploie le terme culture, de même que l’on parlerait de culture générale.

Voilà, Redford est déçu de voir que les actes ne suivent pas les discours. Les élections arrivent à grand pas et c’est le retour du pragmatisme. Pragmatisme industriel s’entend.

Certains diront que la crise est passée par là et que dans les conditions actuelles (vous savez ? la Grèce, le CAC 40 sous les 3 000 points, la note américaine dégradée de AAA en AA+, etc.) il faut d’abord se soucier d’emplois et de finances.

A n’en pas douter, comme tout le monde se focalisera sur 2012, dans le culte du RAZ (remise à zéro des compteurs), on ne peut que prévoir des crispations de toute part.

Pourtant, c’est bien maintenant, avant 2012, qu’il faut opérer ce changement de culture.

Facile à dire bien sûr ! D’autant qu’il y a de quoi se démoraliser encore plus en apprenant au passage que la cour d’appel de Paris a prononcé un non-lieu à propos des retombées du nuage de Tchernobyl en France. Les malades de la thyroïde (entre autres) ne peuvent que se résigner. Leur cancer n’a rien à voir.

Soyons plus précis et plus honnêtes à propos de ces cancers de la thyroïde car ceci est très instructif.

moto hondaD’abord, c’est un cancer avec un bon prognostic (on n’en meurt pas, il se « soigne»  bien). Certes.

Le plus déconcertant, c’est cette phrase extraite du site de la Ligue contre le cancer. L’association reprend à son compte le rapport de l’Institut de veille sanitaire.

Des études épidémiologiques avec calculs de risque ont montré que l’augmentation du nombre de cas de cancers thyroïdiens en France ne pouvait être imputée à l’accident nucléaire de Tchernobyl.

En réalité, dans la grande majorité des cas, les cancers de la thyroïde se développent sans cause précise.

Relisez donc.

On constate une augmentation depuis 20 ans. On sait que ce n’est pas Tchernobyl. Mais on ne sait pas la cause. Et l’on sait quand même que, majoritairement, c’est sans cause précise. Le raisonnement est évidemment contradictoire (on ne connait pas la cause mais on sait que ce n’est pas Tchernobyl).

Je ne dis évidemment pas que les auteurs du rapport mentent. Ou que la Ligue trompe le grand public. Je constate juste que rationnellement parlant, cela ne tient pas la route. Et comme tout citoyen lassé du discours lénifiant et abscons tenu par l’industrie nucléaire (y compris dans ses aspects sanitaires), je ne peux que développer de la méfiance.

Cette semaine, Jean-Luc Porquet a rappelé que, catastrophe oblige, malgré seulement un cinquième du parc nucléaire japonais en activité, l’archipel nippon ne s’est pas arrêté de vivre. Et ne s’éclaire pas à la bougie.

Ils ont, c’est incroyable, réduit leur consommation. Comme quoi c’est possible. Dommage que cela soit subi et qu’il faille une catastrophe pour avoir la preuve que oui, il est temps d’amorcer une décroissance énergétique.

Sus au gaspillage. Vive l’isolation. Haro sur la maîtrise de l’énergie et l’efficacité. Et enfin: place aux renouvelables.

Vous croyiez que les compteurs vont redémarrer en 2012. Détrompez-vous, le 29 septembre, l’association négaWatt présente son (tant attendu) scénario 2011.

Mais j’ai bien peur que cela soit déjà complet.


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Ecrit par Baptiste le 7 septembre 2011 :: Classé dans Poïesis
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Les écolos maudits (Hommage à Jaime Semprun)

La mort de l’écrivain et éditeur Jaime Semprun est passée inaperçue. C’était le 3 août 2010 et à ma connaissance, il n’y a guère que Jean-Luc Porquet, le chroniqueur du Canard Enchaîné, à lui avoir dit adieu comme il le mérite.

Peut-être le nom de Semprun vous dit-il quelque chose. C’est que le père, Jorge Semprun, est davantage connu, notamment pour un livre remarquable, Le Grand Voyage, qui est bien plus qu’un récit sur sa déportation. En parlant de ce qu’il a vécu, de la guerre d’Espagne à la Libération en passant par Buchenwald, il fait preuve d’un détachement métaphysique inouï. Chez lui, la révolte est si naturelle qu’elle n’a pas besoin de grands gestes. Au contraire, elle est calme et confiante.

Ironie des temps modernes, les rares magazines qui ont mentionné la mort de Jaime Semprun ont illustré leur nécrologie avec une photo de Jorge, le père…

Car il est vrai que Jaime avait choisi la discrétion, le refus de la télévision, s’attelant à publier modestement des oeuvres essentielles. Rassembler l’intégrale de Orwell, faire découvrir les oeuvres de Lewis Mumford, William Morris, Günther Anders et oser publier le manifeste du terroriste américain Theodore Kaczynski (Unabomber).

C’est que l’Encyclopédie des Nuisances, nom de la maison d’édition fondée par Semprun, avait le goût des livres qu’on range dans la case « mouvement anti-industriel« . Une critique de la société très peu connue en France, qui s’interroge sur la technologie et qui par conséquent, souffre d’une image passéiste voire obscurantiste.

Il faut reconnaître les immenses qualités du travail effectué par Semprun. D’abord sur la forme, les livres sont de vraies merveilles. J’ai appris grâce à Porquet que le « grain»  de ces ouvrages était dû au fait que Semprun utilisait les dernières imprimeries avec linotype et caractère en plomb. Bizarrement, pour ce genre d’artisanat, les prix étaient plutôt bas. On est donc pas dans l’intellectualisme chic. On est dans l’intellectualisme honnête et sans concession.

Sur le fond, quasiment tous les livres que j’y ai lus étaient d’une rare qualité. Evidemment très grincheux, très neurasthénique, très révolté, très pessimiste. Je dirai « malsain mais salutaire« .

A ce propos, je me suis dit qu’il était paradoxal que le mot « lucidité»  avait pour étymologie « lux»  (lumière) là où elle amène plutôt la noirceur

Par exemple, les deux derniers livres que j’ai lus étaient « Le sens du vent»  (un pamphlet contre les éoliennes et le Réseau sortir du Nucléaire) ainsi que Longévité d’une imposture : Michel Foucault dont on devine que ça balance sur le philosophe le plus intouchable… C’est mesquin, peut-être pas très constructif, mais c’est comme une bouffée d’air pur au milieu d’un ciel encombré de nuages au consensuel grisâtre et étouffant.

Ainsi, pour faire des étiquettes commodes, j’ai rangé les livres de l’Encyclopédie dans mon tiroirs « écologistes idéalistes… et donc jamais contents !» 

Je ne les ouvre que quand je suis bien dans ma tête. Alors je suis saisi, par exemple par le style de Baudoin de Bodinat, ou par les formules impeccables de Riesel et Semprun.

Aucun doute pour moi : l’Encyclopédie des Nuisances est une comète dans le paysage littéraire mais surtout dans le fourbis écologiste.

Sinon, hier, j’ai reçu le dernier numéro d’un magazine lui aussi admirable mais pour d’autres raisons. La Salamandre, à mi-chemin entre revue naturaliste et expression artistique. On est dans l’émerveillement et la poésie de la nature, bref à l’opposée de l’Encyclopédie des Nuisances !

Eh bien, y figure un article de Fleur (sic) Daugey qui titre « Eoliennes, l’illusion durable« . Diantre, les éoliennes se font attaquer par les écologistes idéalistes et par les écologistes naturalistes !

« Pfff… jamais contents»  dira le badaud !

Pour autant, les arguments formulés par la revue me semblent moins pertinents que ceux avancés par Arnaud Michon dans le livre sus-cité. Mais, en espérant un jour pouvoir rentrer dans le vif du débat, une chose est sûre, les éoliennes industrielles vont commencer à diviser, une fois n’est pas coutume les écologistes.


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Ecrit par Baptiste le 26 août 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...,Poïesis
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Comment j’ai visité une usine Renault

20086_BD__43E4E12DAttention, ceci n’est pas un publi-reportage !

Cette précision liminaire effectuée, il me faut encore faire une digression qui portera sur quelque chose que je connais particulièrement bien… moi !

Qu’on me pardonne cette parenthèse nombriliste, je la juge utile pour bien comprendre que le billet qui suit pourra être jugé trop sarcastique. Ce n’est pas son but. Je m’efforce d’être impartial. Et je sais que parfois, l’honnêteté intellectuelle peut être blessante.

Voici donc la parenthèse.

J’ai appris de la bouche d’un véritable journaliste (plusieurs fois cité sur ce blog d’ailleurs) qu’il ne faut jamais rencontrer ses ennemis. Pour la simple raison qu’un jour où l’autre, on est amené parfois à les rencontrer et que si l’offense est connue, on est tenté de vouloir se faire pardonner. Pire encore, les gens en vrai, sont souvent sympathiques et on en vient à se demander pourquoi on a eu la dent si dure alors que ce sont de francs camarades le temps d’une soirée.

Le phénomène n’est pas nouveau et atteint son paroxysme dans les forums virtuels par exemple, où les internautes peuvent se lâcher (souvent pour le pire d’ailleurs) parce qu’ils savent qu’ils ne verront jamais la personne qu’ils offensent.

Moralité, pour un simple eco-sapiens comme moi, mieux vaut garder ses distances. Je dis cela avec d’autant plus d’expérience que nombre de mes camarades d’école d’ingénieur exercent leur besogne parmi les entreprises les plus infréquentables à mes yeux. Mais ils sont mes amis…

Fin de la parenthèse. Encore pardon !

Un jour, nous recevons un coup de téléphone. Une agence de communication souhaite organiser une rencontre entre blogueurs écolos influents -quel honneur !- et l’usine Renault de Maubeuge qui s’inscrit dans une démarche environnementale sur deux fronts:

  • l’optimisation écologique du site de production et, perlinpinpin,
  • le lancement de la future voiture électrique Made in La Marque Au Losange.

Bon, nous sommes à Marseille, ca se passerait à la frontière belge. On a donc décliné poliment l’invitation trouvant que la géographie de l’Hexagone pouvait se révéler bien pratique par moment…

Et puis et puis… et puis j’ai été tanné pour tenter l’aventure.

Cédant donc à la curiosité et à l’appel improbable du nom de Maubeuge, j’ai donc accepté en m’assurant de deux conditions. Primo qu’en retour on ne serait pas obligé d’écrire quelque chose. Secundo que si l’on écrivait, on avait le droit de casser du sucre. Tout ceci m’a été confirmé.

Dubitatif, me voici donc Gare du Nord, un lundi matin de Paris.

Dans le train (1ère classe, durée 1h40) je discute longuement avec le responsable communication de Renault. Je cherche à comprendre, j’essaie de percevoir le piège. Manifestement, il n’y en a pas. Ils adoptent, à juste titre selon moi, les techniques de communication à la mode, où l’on fait aussi appel à la communauté du web qui est capable aujourd’hui de créer une opinion, parfois un buzz, à moindre frais que des encarts énormes venant assombrir nos journaux et magazines…

On parle de tout. Un peu de Renault. Un peu d’écologie. On parle de la conquête de l’Amérique. Je lui raconte les thèses Jared Diamond à la fois sur l’effondrement des sociétés mais aussi sur « pourquoi l’homme blanc a gagné ?» 

Ouf, moi qui ne connais rien aux modèles de bagnoles, je vais pouvoir m’en sortir !

Arrivée Maubeuge. Une flotte de trois Kangoo (le fameux ludospace, « véhicule idéal pour les primoaccédants à l’automobile car compromis entre utilitaire et familial»  ) nous transportent de la gare à l’usine MCA.  C’est là que Renault fabrique la Kangoo de A à Z. Pour une ville de 30 000 habitants, c’est 2400 salariés et sûrement des emplois indirects à rajouter. Bref, quand l’industrie automobile va mal, on imagine sans peine que la ville sombre dans la Sambre…

Heureusement pour eux, l’usine va mieux par rapport à l’année dernière qui fut terrible. Au lieu des 200 000 véhicules produits chaque année, 2009 a atteint à peine 120 000 unités. Eux parlent de la crise économique. Moi je perçois les signes avant-coureurs du peak oil, ce fameux pic de production du pétrole. Bref, pour moi la crise économique est un symptôme et non une cause.

Le pétrole, justement on a des idées dessus chez Renault. « Enfin !»  diront les mauvaises langues. Eh oui car en 2011, l’usine de Maubeuge devrait sortir la Kangoo électrique, ce qui serait alors le premier utilitaire accessible et électrique.

Je confesse que n’étant pas partisan de la voiture, je m’emballe peu pour ce genre d’annonce. Car une fois le peak oil périmé, on regardera du côté du peak lithium. Je rappelle qu’il n’existe que deux principales mines de lithium. En Bolivie(convoité par Bolloré et Mitsubishi mais Morales tient bon…) et au Tibet. Et que le prix du lithium a été multiplié par 10 en cinq ans.

22491_BD__45DEFABEBon c’était plutôt secret défense la Kangoo électrique ZE, donc je ne vous fournis que l’image « publique»  si vous voulez voir à quoi ca ressemble.

Allez hop, pendant ce temps, j’enfile un casque, un gilet jaune, des chaussures de sécurité, des lunettes de protection et on s’engouffre dans l’usine.

Tolerie: on découpe et on modèle les plaques d’acier,

Emboutissage: on soude les parties métalliques pour faire une « caisse» 

Peintures: vous imaginez n’est-ce pas

Montage: on clipse et on visse tous le mobilier: la sellerie, le tableau de bord et tout à la fin les roues.

Chaque jour, ce sont 340 tonnes d’acier qui s’engouffrent et qui ressortent sous forme de 630 Kangoo disponibles sous « 4 modèles et 200 colorants disponibles, sans compter les finitions spécifiques sur mesure selon l’envie du client» .

Ces chiffres ne m’émeuvent pas car au fond de moi, j’ai comme l’envie de colmater cette fuite d’animaux à quatre roues, deux élytres et une antenne. Je repense au « pas de côté»  qu’on pourrait faire avec Gébé.

Ici, il convient d’ouvrir une nouvelle parenthèse pour ceux qui seraient choqués que l’on puisse ainsi dénigrer la voiture. Eh oui, dans cette civilisation automobile quoi de plus blasphématoire que de pester contre ce fort efficace engin !

Voici.  Quand on y pense, en tant qu’objet, la voiture est une des plus belles inventions du génie humain. Avec un litre de liquide visqueux (huile… ou pétrole) on peut déplacer une tonne sur 20 km sans se fatiguer. Essayer de tirer une tonne sur 20 km avec juste une bouteille d’eau… Mais en tant que pratique individuelle, la voiture est une aberration. On l’utilise pour tout et n’importe quoi. On finit par se déplacer sans savoir pourquoi. On finit au bout du compte à planifier le territoire en fonction d’elle, rendant du coup ces déplacements inévitables. Et la boucle est bouclé. En quarante ans, nous voici embourbée dans la civilisation automobile.

On ne devrait garder que les véhicules type pompiers, ambulance et utilitaires. Supprimer les autoroutes, rapprocher les lieux de travail des lieux de vie, lutter contre l’évidence qu’une voiture se possède et demander plutôt qu’elle se partage.

D’autres en parlent mieux que moi et l’on peut donc ferme cette parenthèse.

15072_BD_ren2007mcaRevenons à l’usine. Nous voici plongé au milieu d’un ballet fantastique et devant lequel je n’avais jamais pensé que l’on puisse être ému. Celui des robots. On se croirait à Jurassic Park. Tels des animaux au coup de girafe, les petits robots viennent mordre gracieusement la tôle, provoquant parfois des feux d’artifice magiques.

Parfois, on a l’impression que deux robots dansent le tango.

Je me suis fait la réflexion qu’il existait peut-être désormais des ecosystèmes composés de machines. Je me suis aussi rappelé ce constat de Heidegger qui se demandait si la machine n’avait pas dompté l’homme pour qu’il l’améliore sans cesse et assure sa reproduction

J’ai tous les chiffres sur l’usine !

Je ne vous assomme pas avec… mais l’idée à retenir est celle-ci. Entamée il y a une dizaine d’année, la politique environnementale a permis de réduire drastiquement la consommation d’eau et d’énergie ainsi que les rejets de COV (composés Organiques volatils). Les chiffres sont sidérants (en plus d’être sidérurgiques…) Energie -30%, eau -65%, COV -70%, rejets atmosphériques -40%

Tout cela en 10 ans. D’où la question qui fâche: cela veut-il dire qu’avant, l’usine était franchement crado, en tout cas insouciante ? Ou alors est-ce vraiment le top qu’on puisse faire et du coup on se dit qu’il reste peu de progrès à faire ?

Personnellement, avec les chiffres mis à ma disposition, j’ai réalisé que le principal poste impactant l’environnement… c’était la peinture. Et de loin ! Gourmand en eau (il faut laver drainer la peinture en trop), rejetant des saletés chimiques (merci les métaux lourds de BASF, Dupont et PPG) et assez gourmand en énergie (il faut cuire les différents apprêts, les laques, la cire finale), on demande pourquoi tant d’efforts pour avoir du rouge ou du bleu sur sa caisse.

Bref, c’est la chose la moins « utile»  qui endommage le plus. Mais il semble que sortir des voitures « gris acier naturel»  ne soit pas envisageable au service marketing. Dommage.

On finit la visite par LA spécificité du site de Maubeuge: son collecteur d’eau de pluie. Bon c’est tout bête, au point qu’on se demande pourquoi ce n’est pas « la normalité» . Mais soyons fair-play car je peux concevoir que faire adopter une telle nouveauté face à une inertie industrielle, ce doit être un travail de titan. Voilà, il y a 10 ans, ils ont décidé de collecter l’eau de pluie (en plus il paraît qu’il pleut souvent à Maubeuge) ce qui permet de subvenir à un tiers de leur besoin. Pas négligeable donc.

Allez, on peut être fier de ce colllecteur d’eau de pluie !

La visite est finie ! On a été plus que bien reçu par Jean Goutierre (le bien nommé, du coup !), responsable environnement du site. Sur le trajet du retour, au milieu du paysage brique qui dévoile ses charmes, je repense à une discussion que j’ai eue avec lui. Je lui disais qu’il fallait tout de même se poser la question du « faut-il toujours produire plus de voitures ?« .

3274_0076_480Il était fort conscient du problème sociétal. Je crois que parmi certains esprits courageux du monde automobile on s’est fait à l’idée que ce ne sera plus comme avant. Comment pourra-t-on continuer à gagner de l’argent et employer des gens ? Ils y réfléchissent. L’idée qu’il puisse y a voir moins de voiture est envisagée. Si si !

En contreprartie, ils espèrent, je crois, que les déplacements augmentent. Inventer un modèle économique basé sur l’usage plus que sur l’objet ? Tout est possible pour sauver le soldat Auto. Voir leur site Mobilite durable qui ouvre le débat.

Enfin il m’a confié cette prophétie tellement limpide. L’informatique et le numérique remplacent petit à petit l’automobile. Une nouvelle civilisation s’installe, celle de l’Internet et des télécommunications. Aujourd’hui on feint de croire qu’elle pollue peu. Ca change. La consommation des serveurs, une requête sur Google.

Dans quinze ans, mon fils m’interpellera et sera stupéfait que ma génération ait pu considérer comme normal le fait d’avoir chacun un ordinateur, un site internet, un compte Facebook, un Iphone et tutti quanti. Et comment nous avons pu, avec nos autoroutes de l’information, défigurer la planète sous prétexte d’accéder à tous les films en téléchargement illimité et instantané.

Alors, Jean Goutierre me dit qu’il ne voudrait pas que les efforts de l’industrie automobile soient annihilés par l’appétit grandissant du tout numérique.

Bien sûr, il y aura des « optimistes»  qui diront que les ordinateurs propres sont pour bientôt. Tiens, peut-être que mon fils sera invité à visiter une usine de semi-conducteurs verte et qu’il publiera, sceptique, une lettre manuscrite à ses amis pour faire part de ses doutes…

Fin du billet.

Et, par souci de cohérence, fin du blog !


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Ecrit par Baptiste le 11 mai 2010 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Les autres...,Participez,Poïesis,Un peu sur nous
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Le faux débat sur les nanos

L1003279Mardi soir, j’ai eu la chance d’assister au débat public sur les nanotechnologies au Palais du Pharo  à Marseille. Ou plutôt de ne pas y assister puisque ce débat n’a pas eu lieu.

Pour ceux qui ne sont pas au courant, disons qu’ils sont tout à fait pardonnés puisque les medias ne parlent absolument pas de cette consultation nationale. Pourtant, la commission est forcément passée près de chez vous puisqu’elle sillonne depuis deux mois la France entière. Sait-on que ce vaste débat a été décidé par le Grenelle de l’Environnement ? Sait-on qu’il aura coûté plus de 2 millions d’euros… pour rien ?

Sur eco-SAPIENS, nous avons relayé le relatif succès de cette initiative
Sur d’autres medias moins regardants, seul aura été relayé le communiqué de presse initial annonçant l’ouverture du débat public. Puis, pas un mot sur leur déroulement !

En réalité, il faut bien avouer que les millions d’euros dépensés pour organiser ce tour de France participatif n’ont servi qu’à révéler cette majorité silencieuse, prête à perturber chacune de ces rencontres. Perturber jusqu’à faire annuler ces débats: dans près de dix villes, le chahut et les banderoles ont tout simplement fait capoter la soirée.

Pendant la réunion à Marseille, 120 personnes étaient présentes dans le public. Malgré la fouille, les vigiles et une poignée de manifestants refoulés, 80 « anti-nano» s’étaient glissés dans la salle. 20 personnes étaient chercheurs ou affiliés au domaine des sciences concernées par les nanotechnologies. 20 personnes semblaient être venues par hasard (il s’avère qu’ils étaient étudiant ou dans la recherche).

Je me suis amusé à interroger quelques chercheurs aux tempes grisonnantes pour savoir s’ils comprenaient ce refus de débattre chez les anti-nanos. Je ne sais pas s’ils ont senti que j’avais été moi-même ingénieur-recherche en physique. En tout cas, ils se sont livrés.

Et là stupéfaction ! Ils m’ont dit clairement tout le mal qu’ils pensaient de ces personnes anti-démocratiques qui ne voulaient pas essayer de comprendre les enjeux. Comme je suis assez familier de la littérature anti-nanos, je leur ai demandé ce qu’ils pensaient des critiques formulées  à l’encontre des nanotechnologies et à l’encontre de cette commission (tout ceci est disponible sur Internet).

A vrai dire, ils n’avaient jamais pris la peine de prendre connaissance de ce genre de critiques. Une démarche pas très « scientifique»  je dois avouer. En général, un phénomène qu’on ne comprend pas, on se documente, on l’approfondit et on fait son opinion… Là, l’opinion était toute faite. Obscurantistes (sic!), anti-démocratiques, enfants gâtés qui ne connaissent pas la chance qu’ils ont de pouvoir débattre dans un pays libre. Etc.

Passons…

Personnellement, je trouve dommage que pas une figure écologiste ne mentionne ce débat. Il n’y a que les Amis de la Terre qui, après avoir été invité à y participer,  ont finalement décidé de se retirer de ce débat. Philippe Dieudonné, président de la Ligue des Droits de l’Homme à Marseille, qui était présent comme caution « morale»  à côté des experts ingénieurs et militaires, a lui aussi quitté la scène.

Mais sinon personne ! Ni ONG ni parti ni syndicat. Or, la critique du « bluff technologique»  est presque concomitante de l’écologie politique. Refus de voir la technique devenir finalité. Refus de jouer avec des outils aux potentialités telles que tout dégat semble irréversible, que toute liberté semble vouée à être bafouée.

Mais c’est vrai qu’après le nucléaire, les OGM, les pesticides… les nanos ouvrent un front supplémentaire et que, ne sachant plus où donner de la tête, ceux qui défendent l’esprit de la vie finissent par s’épuiser.

Courage !

PS: pour ceux qui n’ont jamais entendu parler de la critique technologique, il y a le livre de Jean-Luc Porquet sur Jacques Ellul. Pour la critique des nanotechnologies, une abondante littérature est disponible sur Internet ou aux éditions L’échappée.

PPS: pour ceux qui pensent que les anti-nanos sont des obscurantistes, des dictateurs ou des fous, il n’y a pas grand chose à faire sinon se documenter un peu…


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Ecrit par Baptiste le 25 janvier 2010 :: Classé dans Itinéraire
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Carte blanche à Hervé Kempf

plaque-publicitaire-pastis-olive-4Nous avons déjà parlé de ces (trop rares) journalistes qui traitent bien sûr des sujets d’écologie mais surtout qui font encore un travail d’enquête. Ou tout simplement qui parlent d’autres choses que ce dont tous les autres parlent.

Fabrice Nicolino, Jean-Luc Porquet, Laure Nouhalat et Hervé Kempf.

Terre sauvage, Le Canard Enchaîné, Libération (feu Libération), Le Monde (feu feu Le Monde !).

Si Nicolino et Nouhalat peuvent librement s’exprimer à côté sur le blog, Porquet, ellulien oblige, n’a que son Plouf du Mercredi pour nous titiller. Et c’est rassurant de voir que ces quatre journalistes comportent de nombreuses nuances. Nulle trace de critique du système technicien chez Kempf par exemple.

Quant à Hervé Kempf, eh bien, il descend dans le Sud ce week-end. Pour parler de Let’s Make Money projeté à Aix-en-Provence vendredi soir. Et surtout pour une carte blanche à Marseille samedi soir.

Cette carte blanche à Hervé Kempf aura lieu dans un super lieu, appelé le Point de Bascule. Il y aura apéro marseillais, des artistes et surtout il n’y a pas d’heure de clôture !


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Ecrit par Baptiste le 28 mai 2009 :: Classé dans Itinéraire,Participez
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Nicolino et Veillerette

Le livre de Nicolino/Veillerette

Le livre de Nicolino et Veillerette

Difficile pour un eco-SAPIENS d’être au courant de tout ce qui se passe, tout ce qui agite et remue le milieu alternatif. Je confesse: je n’ai pas encore vu le film d’Al Gore, Une vérité qui dérange ni celui de Jean-Paul Jaud, Nos enfants nous accuseront. Ce n’est pas l’envie qui me manque mais c’est je n’y accorde pas une priorité absolue, avec l’intuition que je ne vais peut-être pas y a apprendre grand chose. J’ai sûrement tort.

Par contre, j’ai pu emprunter un ouvrage de référence dans ma bibliothèque municipale (je n’arrive toujours pas à comprendre que ce genre d’établissement existe encore dans ce monde où la gratuité et le partage sont menacés par des lois ultra libérales…)

Pesticides, révélations sur un scandale français est un ouvrage co-écrit par Fabrice Nicolino et François Veillerette qui a fait BEAUCOUP de bruit lors de sa parution. J’avais déjà parlé d’un vieux livre signé Lieutaghi, qui m’avait marqué tant on a l’impression que dès les années 60, tout était connu. L’agriculture chimique détruit et les salons greenwashings existaient déjà, étaient déjà énoncés.

L’histoire hoquette. Elle glousse et glisse sur nos mémoires… Moi qui croyais connaître une période exceptionnelle avec des enjeux uniques…

Disons-le net, ce livre sur les pesticides est à mettre dans toutes les bibliothèques. En plus il est édité au format de poche. Ca se lit aisément et on a l’impression, malgré la profusion de personnages et d’organismes, de tout comprendre.

Même en connaissant le sujet, on apprend forcément des choses étonnantes, édifiantes, consternantes.

L’ouvrage se concentre bien plus sur l’histoire française des pesticides, de l’apparition du lobby et des arcanes administratives. Mais les quelques pages sur Fritz Haber, le scientifique allemand inventeur de toues les saloperies imaginables et Rachel Carson, la naturaliste américaine pionnière dans la dénoncaition du DDT, sont parmi les meilleures.

Je crois qu’avec Fritz Haber, prix Nobel de chimie, on a le specimen de ce qu’il y a de pire à la fois dans la science et dans le monde du pesticide. Inventeur du gaz moutarde, n’en faisant qu’à sa tête alors que sa femme le supplie d’arrêter ses morbides inventions (elle se suicidera d’une balle dans la tête à cause de cela…), il persévère pour mettre au point des poisons de plus en plus violents.

Et l’on comprend qu’un pesticide (pest=rat animal nuisible en anglais) c’est aussi efficace pour tuer un pou, un rat, ou un être humain.

On ne le répétera jamais assez. Les pesticides sont d’abord des homicides.

PS: Comme Jean-Luc Porquet, Fabrice Nicolino travaille au Canard Enchaîné. Je vous conseille fortement le blog de Nicolino, une planète sans visa


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Ecrit par Baptiste le 16 février 2009 :: Classé dans Les autres...
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Hervé Kempf persiste et signe

Comme prévenu, on poursuit notre démarche propre à ce blog: dire du mal des gens qu’on apprécie peu… sans oublier de dire du bien des gens qu’on aime bien. Hervé Kempf est de cette catégorie.

C’est une chance pour le journal Le Monde que d’avoir un journaliste comme Hervé Kempf. D’ailleurs, je me demande comment il croise les plus teigneux des chroniqueurs dans les couloirs de bureau.

En tout cas, comme Jean-Luc Porquet du Canard Enchaîné, le journaliste se permet quelques ouvrages qui impressionnent tant ils sont clairs, sans concession, justes.

« Comment les riches détruisent la planète»  réglait leurs comptes aux nouveaux et ultra-riches, la poignée à qui le système actuel profite. Le nouveau livre « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme»  devient plus virulent puisque… c’est un ordre qu’on reçoit!

Cette fois ce qui est dénoncé, ce sont principalement deux choses:

  1. La croyance que les actions individuelles vont suffir
  2. L’idée que le recours aux technologies vertes va résoudre les problèmes environnementaux

Sur le deuxième point, nous en avons déjà parlé. Les technophiles ont, reconnaissons-le, l’avantage de faire rêver en promettant Prométhée. La technologie, nous l’associons à la nouveauté et notre société aime la nouveauté, vante l’innovation. Tout ce qui est nouveau est bon… tout ce qui est bon est nouveau.

Mais le premier point est plus grinçant. D’abord, eco-SAPIENS qui propose des biens de consommation respectueux de l’homme et de l’environnement, se retrouve forcément visé. Consommer mieux ou consommer moins ? Nous avons toujours été clair: consommez MOINS pour vivre MIEUX! Et pour le reste, consommez MIEUX.

Nous reparlerons prochainement de ce qu’est pour nous la consommation. Disons juste et insistons: une consommation eco-SAPIENS ca ne suffit pas ! Il faut aussi et nécessairement du COLLECTIF. C’est d’ailleurs pour cela que nous vous proposons des partenaires tous fortement impliqués pour faire avancer certaines causes.

« Car pour la personne à qui l’on répète sans arrêt que sa vie ne dépend que d’elle et que les liens sociaux sont d’importance secondaire, la satisfaction se trouve d’abord dans la satisfaction matérielle: elle est source de plaisir -un plaisir qu’on ne trouve plus dans l’interaction et le partage avec les autres.» 

« Tous les guides expliquant comment vivre en ‘vert’ se situent du point de vue de l’individu, jamais du collectif. (…) ‘Je me préserve des grosses chaleurs’, ‘je réutilise mes objets’, ‘je refuse les traitements chimiques’, ‘je démarre en douceur’, etc…

Dans le paradis capitaliste, il suffit que nous fassions ‘les bons gestes pour la planète’, et ‘les politiques et les industriels suivront’.» 

Comme nous aurions aimé formuler ces citations.

L’article sur rue89 qui a suscité ce billet.


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Ecrit par Baptiste le 8 janvier 2009 :: Classé dans Débat,Les autres...
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Gueule de bois de Grenelle

Grrrenelle de l’environnementNous allons bientôt fêter le premier anniversaire du Grenelle de l’Environnement. En Octobre 2007, de nombreuses voix dénonçaient la supercherie. Un contre-Grenelle de l’environnement, initié par le journal la Décroissance, avait bien entendu obtenu des retombées médiatiques moindres que ce qui se négociait entre industriels, syndicats agricoles, collectivités et associations environnementales.

Les écologistes, élus et non élus, y allaient à tâtons mais semblaient de plus en plus se réjouir. Il semblait qu’enfin, la France allait passer au vert. Plus d’OGM, plus d’autoroute, moins de pesticides, plus d’isolation, plus de renouvelables, des eco-taxes. On pouvait bien sacrifier le nucléaire à tant de promesses victorieuses.

Hors aujourd’hui, la blogosphère fait preuve d’amertume et de désillusion. Six pieds sur Terre (blog de Laure Nouhalat, journaliste à Libération) ironise par exemple sur la taxe des fourchettes en plastique. Et les commentateurs du billet de savoir si résoudre 0,25% du problème et s’en réjouir c’est « déjà çà»  ou c’est « pathétique» .
Révolution vs Résolution.
Moitié vide vs moitié plein.
Cassandre vs Eternels optimistes.
Débat a priori sans fin.

Mais c’est vrai qu’un constat du Grenelle s’impose:

  • Quid des récentes mesures visant à freiner l’essor de l’éolien ?
  • Quid de la publicité / greenwashing jamais sanctionnée ?
  • Quid du tronçon A65 Pa-Langon qui peut déprotéger des espèces protégées ?
  • Quid des doses de pestcicides plus souples (bon d’accord c’est une décision européenne… mais la France était censée réduire de moitié sa consommation de pesticides)
    « 50% de l’utilisation des pesticides dans un délai de 10 ans et interdiction des 53 molécules les plus dangereuses dans un délai de 5 ans» 
  • Quid des OGM et de leur cartographie publique ?
  • Quid du chantier de rénovation pour une meilleure isolation ?

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Ecrit par Baptiste le 15 septembre 2008 :: Classé dans Débat,Les autres...
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Le Plouf de Jean-Luc Porquet cette semaine

Autoroutes de FranceJean-Luc Porquet est unique dans le monde du journalisme et de la presse. Dans sa chronique hebdomadaire « Plouf !» , en troisième page du journal « Le Canard enchaîné» , il parvient toujours à nous alerter sur ces petits faits dont on entend jamais parler dans la presse.

Par ailleurs, il a relativement contribué à faire re-découvrir le penseur Jacques Ellul et sa critique de la technique. Enfin, il a écrit un excellent petit livre « Que les gros salaires baissent la tête»  traitant du monde des « grands patrons»  et des poncifs justifiant leurs considérables rémunérations, leur parachutes dorés etc.

A découvrir impérativement pour un regard critique sur l’actualité sociale, environnementale… et culturelle.

Cette semaine, il nous a déniché l’arrêté prefectoral décrétant que « La société A’liénor est autorisée à détruire des aires de repos et des sites de reproduction et des individus isolés de Murin à oreilles échancrées, Murin d’Alcathoe, Murin à moustaches, Oreillard roux.[...]. La société A’lienor est autorisée à détruire des nids, oeufs et nichées d’oiseaux protégées, tels que décrits dans le dossier de demande» 

Comme l’écrit Porquet, « Quelle est donc l’activité de cette mystérieuse société A’lienor, qui lui vaut ce délicat privilège, en notre ère post-Grenelle de l’environnement, censée protéger les petites bêtes, et particulièrement les petites bêtes protégées ?» 

A’liénor est le concessionnaire de l’autoroute A65 reliant Pau à Langon .

Bon jusque là on se dit que tout est « normal»  car même si le Grenelle avait établi qu’il n’y aurait plus d’autoroutes, la voiture reste sacrée!

Non le mieux c’est de faire un petit tour sur le site de la société alienor dédié au projet A65. Du greenwashing dans toute sa magnificence.

Le projet est adapté aux nécessités de protection et de restauration des espèces protégées.
En effet, A’liénor et ses partenaires apporteront tout au long du projet, une attention particulière au respect de l’environnement, notamment en préservant les sites Natura 2000, les habitats d’espèces protégées comme les visons d’Europe, la cistude d’Europe et l’écrevisse à pieds blancs.

« Cette nouvelle liaison autoroutière va rapprocher Bordeaux des stations de ski» 

Ouf ! Que les chauves-souri, rongeurs, oiseaux et reptiles se rassurent, c’est pour que nous puissions profiter de la montagne qu’Alienor va les détruire.


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Ecrit par Baptiste le 24 juillet 2008 :: Classé dans Débat,Les autres...
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