Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

Ca sent le soufre social à Feyzin

Oh ce n’est pas grand chose.

Quand on disait que l’affaire des graines germées bio venues d’Allemagne allait être l’argument massue pour dénoncer les bobos bios, on ne croyait pas si bien dire.

Constater l’union sacrée entre syndicaliste productivistes et idéologues libéraux, voilà qui démontre (s’il fallait encore le démontrer…) que la pensée la plus sulfureuse de notre époque n’est plus à gauche

En tout cas plus dans la gauche traditionnelle, obsédée d’emplois, de maintien des acquis sociaux etc.

Ecoutons donc le cri du coeur de ces deux syndicalistes CFDT de l’usine Total de Feyzin. Et jouons au jeu des différences avec ce qu’aurait pu dire un patron, un financier ou un économiste libéral…

« On les attend de pied ferme : que ce soient des emplois verts, jaunes ou bleus, on se fout des couleurs, pourvu que ce soient des emplois.[...]
Que veut-on : arrêter l’industrie et mettre 500 000 personnes de plus au chômage en France ? Oui, le gouvernement surfe sur la vague écolo, ils ont la trouille avant les élections. Les Verts ont la cote après Fukushima. Mais les graines germées en Allemagne, c’était bio et ça a tué des gens, alors on n’en veut pas pour nos enfants, de leur m… »

Lecteur, après le jeu des différences,voici un autre jeu. Sauras-tu compléter comme il se doit le mot de la fin ?

En somme, ces travailleurs sont paradoxalement des conservateurs. Ils ne voient pas autre chose que le maintein de leur boulot et sont prêts à taper sur tout ce qui mettrait en péril leur pré carré. C’est tout à fait compréhensible.

Néanmoins, on reste scotché par tant de haine et de violence dans les propos, notamment à l’encontre de la Ministre de l’Environnement. Il y heureusement cette porte ouverte:

Que le raffinage ne soit pas un secteur porteur, on en est conscients et on est prêts à prendre le virage.

La hargne bien visible dans l’interview laisse plutôt penser le contraire. Mais… dont acte !

Je profite de cette brève sur la qualité de l’air pour rappeler que si le nombre d’hospitalisations peut sembler dérisoire (3 personnes) cela ne signifie nullement que ces rejets ont eu un faible impacte sur la population lyonnaise.

Comme dans toute pollution insidieuse (radio-activité, ondes électro-magnétiques, pesticides, tabagisme, pots d’échappements…) il y a des effets cumulatifs. Le hic, c’est que nous sommes constamment soumis à des pollutions diverses.

L’association Respire rappelle que nous avons le droit de vivre dans un environnement sain (article 1 de la Charte de l’Environnement).

Faisons respecter ce droit, qui nous semble tout de même bien plus fondamental que le droit de faire ses 35 heures à l’usine…

Respire


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Ecrit par Baptiste le 24 juin 2011 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...
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Diffamation, délation… mis sous pression

Dernièrement, nous nous sommes faits tirer les oreilles (ou plutôt devrais-je parler d’oneilles tant cette histoire est ubuesque…)

En cause, notre fiche label NF Environnement, qui dans le cadre de notre guide « Les bons labels et les truands»  avait reçu une note bof. Nous avions déjà reçu des doléances de la part de quelques responsables des labels mal notés et cela avait toujours été cordial. Puisque que nous pouvions justifier notre position avec des éléments factuels.

Evidemment, établir un classement oblige à ce qu’il y ait des « perdants»  et nous savons qu’il n’est jamais très agréable d’être en fin de classement… surtout quand il y a des efforts et des progrès manifestes.

Et voilà qu’avec NF Environnement, nous sommes exactement dans ce cas de figure. Rappelons que la norme NF est établie par l’AFNOR et que quand on parle de normes, on parle de choses on ne peut plus sérieuses. La norme NF Environnement décline et va plus loin que NF tout court puisque, dans les catégories concernées, elle intègre l’impact environnemental.

Se pose donc la question de savoir qui évalue et comment cela est évalué. Mais ce n’est pas l’objet de ce billet.

Revenons plutôt à cette indignation d’une représentante non pas de l’AFNOR, mais de la FCBA.

La quoi ?

La FCBA (Forêt Cellulose Bois Ameublement), fusion de AFOCEL (Association Forêt Cellulose qui n’était pas une association mais un organisme privé) et la CTBA (Centre Technique du Bois et de l’Ameublement), la FCBA donc est le bureau de normalisations pour l’AFNOR pour tout le secteur bois/ameublement.

La FCBA qui, pardi, édite le site internet www.nf-environnement-ameublement.com.

Pour faire un parallèle, forcément imparfait, NF Environnement Ameublement serait le label AB, l’AFNOR serait le Ministère de l’Agriculture propriétaire du cahier des charges AB et FCBA serait Ecocert. Différence notoire, s’il existe cinq organismes de certifications pour le label AB (Qualité France, Agrocert,…), il est unique pour NF Environnement Ameublement: c’est l’institut Technologique FCBA.

Mais je sens déjà que cette plongée dans les arcanes du processus normalisateur/certificateur vous a noyé.

Gardez juste à l’esprit que la structure qui nous vole dans les plumes n’est pas celui qui a fait la norme, mais celui qui la contrôle. Ce qui est cocasse. Ou plutôt ce qui montre qu’il est difficile de séparer les fils qui relient celui qui écrit le cahier des charges et celui qui le contrôle.

Bon alors que nous vaut l’ire de FCBA ?

D’abord d’avoir écrit que NF Environnement était « peu fiable car trop mouvant selon les catégories« . Rappelons que cette phrase se situe dans une case dénommée: notre avis. Ce n’est donc que notre avis.

J’espère qu’un site internet indépendant comme eco-SAPIENS a encore le droit de donner son avis…

Mais question de fond désormais. Notre avis est-il justifié ? Eh bien nous rentrons dans le coeur du reproche que nous formulons, à savoir que c’est le même logo qui peut être apposé parfois sur une cafetière, parfois sur une enveloppe, parfois sur un meuble. Or, on sent bien qu’il va être long d’expliquer la pertinence de NF Environnement pour chaque classe de produits.

FCBA m’ayant informé que leur démarche était extrêmement aboutie dans leur secteur (bois – ameublement), nous n’avons que pu répondre qu’il était effectivement dommage qu’une catégorie pâtisse d’une moindre implication des classes voisines.

Et comme nous sommes des gens polis, bien élevés et constructifs chez eco-SAPIENS, nous avons remercié l’auteur du message, en affirmant que nous pourrions un jour rentrer dans le détail des catégories pour donner un avis dans chaque cas.

Et là le miracle opère ! En guise de réponse, nous recevons une lettre nous accusant de faire de la diffamation, avec copie aux personnes de l’AFNOR qui, à ma connaissance, n’ont rien demandé…

C’est d’ailleurs cette mise en copie d’un échange privé qui m’a convaincu qu’en fin de compte, nos échanges étaient publics. Et c’est pourquoi vous les avez sous les yeux…

Bref, si vous suivez bien (et c’est tout à votre honneur que de supporter nos tambouilles internes), un organisme certificateur nous accuse de faire la diffamation à propos d’un label… que nous ne mentionnons pas sur notre site.

L’histoire ne s’arrête pas là ! Je suis allé faire un tour sur le site nf-environnement-ameublement (propriété de FCBA donc) pour lire leurs propres recommandations sur les labels. Surprise ! C’est un hymne à la gloire des eco-labels et donc de NF Environnement Ameublement. Conclusion sans appel : « Les éco-labels permettent d’identifier les vrais eco-produits« .

Au fond, nous partageons avec la FCBA la même envie d’informer le consommateur. Et de faire évoluer les mentalités. Eux ont indéniablement l’envie et les moyens de faire progresser le secteur de l’ameublement dans une voie écologique. Mais ma foi, chacun son rôle… et l’on aime pas trop voir ces organismes enfiler celui de censeur.

Mais une petite boutade pour finir. C’est quoi le cahier des charges de NF Environnement pour l’Ameublement ? Il est ici. Et le résultat, c’est que l’on trouve quand même des article NF Environnement… avec polyuréthane, polystyrène et vernis mélaminés

Comme quoi, quand on parle d’environnement, c’est vraiment une question de point de vue !

L’AFOCEL, organisme privé de recherche, a pour mission d’améliorer la compétitivité des approvisionnements de l’industrie et de la filière forêt-bois-papier

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Ecrit par Baptiste le 18 mai 2011 :: Classé dans Les autres...,Un peu sur nous
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Pour que ca DOP les ventes

cheveux longsJe découvre la campagne « adopte un déchet»  . Le titre est bien trouvé et immédiatement j’ai pensé que sous cet intitulé sardonique, on verrait une campagne de sensibilisation amusante lancée par une association environnementale.

Un peu à l’image de la bonne campagne « we want furniture»  où l’on peut acheter des meubles en teck à des prix défiant toute concurrence. Si l’on prend les initiales, on devinera l’initiative d’une ONG à la pilosité blanche et noire.

Bon le hic, c’est que la campagne « adopte un déchet.com»  n’émane ni de Surfrider Foundation ni du CNIID. Mais de la sous-marque DOP, proprité de L’Oréal. Pardon de DOP Nature ! Ca change tout évidemment…

Désolé mais cette rase campagne, pour le coup, me pique les yeux et n’évite pas les noeuds !

Ca pique les yeux tellement qu’on se les frotte pour y croire. DOP qui n’a que faire de la cosmétique bio, sort soudain une gamme, appelée DOP Nature pour l’occas’ (original ?). Gamme de 3 shampoings s’il vous plaît. Ils sont « à l’extrait bio d’agrumes« , ou d’aloé vera ou d’olivier (c’est à dire d’olive ?). Ils ne sont pas labelisés bio…

Bref 3 shampooings un peu bio noyés dans une floppée de gels-douches avec PEG et paraben (vérfiez donc sur les étiquettes de Ptit Dop pour les petits), on est en plein dans le greenwashing.

Et DOP n’évite pas les noeuds. Voici pourquoi. Sur le site de la campagne, vous pourrez donc « adopter»  un déchet. Je vous rassure ca ne vous coûte rien. Vous choisissez un détritus, sur la plage, abandonné. Vous le « liker»  parce que c’est cool. Et hop, on vous dit que la petite bouteille en plastique est comptabilisée. 24 grammes. Chouette.

Il y a l’inévitable compteur pour savoir combien de tonnes ont été adoptées. Car du virtuel au réel, il n’y a qu’un pas que nous explique DOP :

pour chaque kilo de déchets tout mignons adoptés sur ce site, DOP finance le ramassage d’un kilo de déchets dans la réalité (aide financière de 5 € par kilo de déchets adoptés, dans la limite de deux tonnes, soit 10 000 euros)

Voilà, avec ma bouteille de tout à l’heure, DOP a donné 10 centimes à la grande journée citoyenne de nettoyage du littoral et des dunes de l’île d’Oléron. Vous savez ces opérations où l’on demande aux habitants de nettoyer eux-mêmes leur territoire.

C’est d’ailleurs toute l’absurdité de la gestion des déchets. On paye pour l’emballage. On paye pour le ramassage. On paye pour le tri sélectif. On paye enfin de sa personne pour venir nettoyer…

Mais surtout, ca ne fait pas un pli, le coût de cette opération (étude marketing, création du site internet, campagne médiatique etc…) tout ceci aura coûté au moins 10 000 euros. Au bas mot assurément. Donc on en est là. Si vraiment DOP voulait lutter contre les déchets, il ferait un chèque de 10 000 euros et garderait les autres 10 000 euros pour travailler sur sa gamme.

Mais je pressens qu’en réalité, tout ce tintamarre, c’était juste pour se faire mousser…


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Ecrit par Baptiste le 26 avril 2011 :: Classé dans Ad Hominem
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Droit de réponse à Jancovici

Foin du statut de vache sacrée de Jean-Marc Jancovici, éternellement présenté comme l’expert « neutre»  sur les questions de l’énergie.

Invité au journal télévisé de France 2 (je n’ai pas la télévision mais on m’a passé le lien Internet pour me dire « regarde, il y a négaWatt au 20h ! ce qui est effectivement un évènement), Jancovici est introduit ainsi par le présentateur David Pujadas: « ni un pro ni un anti-nucléaire« .

Diantre ! Nous verrons, si besoin est, qu’il n’en est rien. On ne sort pas de l’X, on n’est pas formé et formateur au corps des Mines sans séquelles… Le site arrêtsurimages revient d’ailleurs sur ce glissement intellectuel pas anodin : quand on est neutre sur le nucléaire… on n’est pas contre !

Comme Jancovici, je suis évidemment pour aller d’abord et surtout chercher des économies d’énergie. Tout le monde le dit car c’est le début de tout. 30% de gisements de négaWatts. Venons-en donc au point de désaccord: l’énergie résiduelle qu’il nous faut consommer. Et aussi cette sempiternelle et inexorable alternative entre nucléaire « décarboné»  et vilaines usines à pétrole et charbon.

Comme Jancovici, je souhaite également que nos sociétés sortent de la dépendance au pétrole Et plus de gré que de force…

Dans une tribune publiée sur Good Planet à propos de Fukushima, on découvre tout de même que le cerveau de Janco (pour les intimes) sombre un peu dans le cartésianisme vulgaire et finit, pour le prestige de la démonstration, par mélanger choux et carottes. A trop vouloir sortir des chiffres, on oublie ce qu’il y a derrière. Pour Jancovici, un mort est un mort, il ne reste plus qu’à additionner, soustraire, calculer les moyennes et décréter au bout du calcul que ce qui est le moins mortifère est ce qui est bon.

Avant de m’adonner au bashing (exercice que je considère en principe peu constructif), je précise d’où je parle. Je suis diplômé d’une grande école en physique (ça c’est pour éviter les coups bas style « obscurantiste» ). En école d’ingénieur, tout le monde est pour le nucléaire. Mais au fur et à mesure de mes études, l’intérêt de cette industrie m’a paru de moins en moins évident.

En fait, j’ai réussi à dépasser le cadre purement technique pour aborder la question nucléaire sous d’autres angles, ce que ne font pas en général les ingénieurs (il faudrait consacrer un autre billet à ce qui est dispensé dans les écoles d’ingénieurs…). L’histoire du nucléaire, par exemple, est très éclairante sur la politique, la démocratie, et sur ce que le penseur Jacques Ellul appelle le système technicien.

En résumé, j’ai de sérieux doutes sur l’énergie nucléaire non pas pour des raisons techniques mais pour des raisons philosophiques.

Je fais partie de ces gens qui considèrent que la technique est un moyen et non une fin, qui doit être sous-tendue par une culture et une politique. Incroyable non ?

Petite plongée dans la tribune de Jancovici.

Le parallèle entre les deux catastrophe (sic) est faux, pour l’essentiel, selon Jean-Marc Jancovici. Si un ou plusieurs réacteurs de la centrale fond, ils n’exploseront pas, les dégâts seront beaucoup plus localisés, et le bilan humain sera bien moindre que celui du tsunami.

On ne pourrait pas comparer deux catastrophes sous prétexte qu’elles n’ont pas exactement les mêmes causes et a fortiori les mêmes conséquences. Et focalisez-vous plutôt sur le tsunami qui est le vrai problème et le plus mortel.
Conclusion: il vaut mieux une catastrophe de Fukushima qu’un tsunami…

Je dit (sic) « le réacteur»  mais ca concerne tous ceux de Fukushima, qui ont tous eux à peu près le même pépin.

1 – Une remarque sur les sources : que les antinucléaires aient, comme d’habitude, un avis définitif sur la base d’informations partielles et sans aucun recul est leur droit. Mais ils n’ont aucune raison d’avoir des informations primaires meilleures que celles des experts, au contraire : vous voyez un opérateur de centrales nucléaires japonais ou l’autorité de sûreté japonaise privilégier les antinucléaires français dans ses explications techniques ?

Les anti-nucléaires apprécieront d’être considérés comme des dogmatiques qui rouspètent sans savoir, comme d’habitude (ils deviennent lassants à dire la même chose depuis 50 ans).  J’aime beaucoup la délicatesse du « c’est leur droit» . Ils sont bornés, rabâcheurs et ignorants… mais c’est leur droit ! Jancovici est un grand démocrate.
Et c’est bien connu, les experts ont de meilleurs informations que les non-experts. Transmis à la CRIIRAD qui avait de moins bonnes mesures de radioactivité que les officielles…

2 – Certes des centrales nucléaires ont été touchées, mais cela est aussi vrai de centrales à charbon ou de barrages (et très accessoirement le Japon est privé partiellement de transports routiers par défaut de fonctionnement de raffineries, manque de distribution de carburant et effondrement des routes, tout cela va empêcher les malades et les blessés d’être acheminés vers les hôpitaux, ce qui prouve bien qu’il faut sortir du pétrole qui fait des morts que l’on vous cache.

On se demande vraiment pourquoi les médias ne parlent que des centrales nucléaires ! Il faudrait être équitable et évoquer tous ces dégâts ailleurs que sur les zones nucléaires. D’ailleurs, si le Japon était sorti du pétrole, il parviendrait à soigner ces (sic) blessés.

3 – A Fukushima, l’accident est arrivé par l’extérieur (et non par l’intérieur comme à Tchernobyl) alors que la réaction nucléaire avait été stoppée. Il ne s’agit pas d’un accident causé par un emballement de la réaction nucléaire (comme à Tchernobyl) mais d’un accident mécanique causé à une installation nucléaire mise à l’arrêt. Il n’y a donc aucun risque « d’explosion»  comme je l’ai déjà entendu dans la bouche d’antinucléaires repris par les media. Le risque est celui d’une absence d’évacuation de la chaleur résiduelle qui se dégage du coeur à cause de la radioactivité des produits de fission qui y sont présents, et d’une fonte du coeur qui libèrerait dans l’environnement proche des produits de fission gazeux (même dans ce cas, ca ne sera pas de nature à causer des morts par centaines).

Leitmotiv: Fukushima et Tchernobyl ne sont pas exactement la même catastrophe. On aura tous les détails techniques pour en être convaincus. Il ne manquera qu’un argument qui aurait pu étayer la démonstration de Jancovici: Tchernobyl est en Ukraine alors que Fukushima est au Japon.

4 – Fukushima ne pourra pas déboucher sur un scénario de type Tchernobyl. A Tchernobyl, ce qui a causé la dissémination de matières radioactives est essentiellement l’incendie des 600 tonnes de graphite que contenait le coeur (ce graphite servait de modérateur aux neutrons), incendie qui a entraîné dans l’atmosphère l’essentiel des produits de fission contenus dans le coeur. Cet incendie a pu avoir lieu parce que l’explosion d’hydrogène a eu lieu à l’intérieur de l’enceinte de confinement et a rompu cette dernière, et exposé le graphite à l’oxygène de l’air. A Fukushima, l’explosion d’hydrogène a eu lieu en dehors de l’enceinte de confinement du coeur. A l’instant où je tape ce message les matières radioactives sont donc toujours confinées dans la cuve, exception faite des lâchers de vapeur décrits dans la chronologie rappelée en pied de message.

Leitmotiv : Fukushima n’est pas Tchernobyl ! Compris ?

5 – Il n’y a rien de chimiquement combustible dans le coeur à Fukushima. Si le coeur fond (cette fonte sera causée par le dégagement de chaleur engendré par la radioactivité des produits de fission), soit il reste sur place dans la cuve qui résiste (et alors les conséquences sanitaires pour les populations sont à peu près nulles), soit il perce la cuve et à ce moment des produits de fission gazeux s’échappent (xenon, krypton, iode). En pareil cas la partie solide et les produits solubles (dont l’iode) fait une grosse bouillie pas sympathique mais qui reste sur place. Fukushima ne peut pas « exploser»  au sens d’une explosion nucléaire comme à Hiroshima.

Leitmotiv par transitivité : Fukushima n’est pas Hiroshima car Hiroshima était une explosion. Comme à Tchernobyl. OK ?

6 – 25 ans après l’accident, les conséquences sanitaires documentées à Tchernobyl (par des médecins !) sont environ 50 morts par irradiation au sein des pompiers (je n’ai plus le chiffre exact en tête, mais c’est de cet ordre), environ 4000 cancers de la thyroïde chez les enfants au moment de l’accident (les risques semblent devenir infimes après 12 ans) qui feront de quelques dizaines à quelques centaines de morts selon la qualité des soins, et enfin le stress au sein de la population déplacée, aux conséquences mal évaluées. Mais il n’y a pas eu les 25.000 morts que je revois commencer à circuler partout ; ce chiffre correspond à un calcul bien particulier avec des hypothèses utilisées pour la radioprotection et qui n’ont pas pour objet de dénombrer des morts survenus « pour de vrai»  (pour les explications techniques il me faut 3 pages, mais si d’aucun(e)s d’entre vous sont intéressés je peux voir ce que je peux faire…). Il n’y a pas plus eu de surplus de malformations, même si d’aucuns savants documentaires ont laissé croire le contraire.

Leitmotiv : Fukushima n’est pas Tchernobyl ! Vous le faîtes exprès ?

Et puis à Tchernobyl, il n’y a pas eu tant de morts comme ces idiots d’anti-nucléaires le colportent. Par contre, on ne doute pas que s’il y avait eu véritablement 25 000 morts, Jancovici aurait reconnu que les conséquences sanitaires furent graves à Tchernobyl. Pour un cerveau technicien comme le sien: 1 000 morts ça va. 25 000 morts ça ne va pas. Qu’on nous démontre pourquoi.

7 – De ce fait, il est difficile d’imaginer que l’accident de Fukushima, qui conduira à un relâchement de radioactivité dans l’environnement bien inférieur à celui de Tchernobyl même si le coeur fond et que le confinement est rompu (car à part les produits gazeux, notamment l’iode, l’essentiel de la radioactivité restera sur place) puisse changer significativement l’addition mortifère du tsunami. Parler de « 3è catastrophe possible»  après le tremblement de terre et le tsunami est donc comparer des choux et des carottes.

Leitmotiv : Fukushima n’est pas Tchernobyl ! Toujours pas compris ? Et puis franchement. Franchement. Le séisme c’est une catastrophe. Le tsunami, c’est une catastrophe. Mais des explosions dans des réacteurs nucléaires et des fuites radioactives, ce n’est pas catastrophique

C’est la nature qui fait des catastrophes. Pas les industriels, voyons.

8 – L’IRSN indique avoir ponctuellement mesuré des débits de dose (externes) de 1 mSv/heure à l’extérieur immédiat du bâtiment réacteur 1, décroissant en quelques heures à moins de 0,05 mSv/h. Il faut savoir que quand on passe une radio médicale on reçoit en quelques secondes ou minutes entre 5 et 80 mSv d’irradiation externe. 1mSv/heure, sur quelques heures, c’est donc quelque chose qui ne fera pas des morts par millions…

Bon, les chiffres ont changé depuis l’article de Jancovici. Ce n’est plus 1mSv/heure mais 1500 msV/heure. On continue à comparer avec la radio du dentiste ?

9 – Si le confinement du coeur est rompu, c’est l’iode radioactif qui est la préoccupation principale. La demi-vie des isotopes va de quelques heures à quelques jours. La bonne réponse des autorités est ce qui a été fait : l’évacuation (qui n’a pas besoin de durer des années comme à Tchernobyl, et qui est une application normale du principe de précaution, ca serait quand même farce que ce principe disparaisse parce qu’il s’agit de nucléaire !) et l’administration d’iode « normale» . Cette dernière va aller saturer la thyroïde, qui du coup n’aura plus envie de fixer de l’iode radioactif (car le danger est d’avoir cette iode fixée pour longtemps dans la thyroïde, si l’iode rentre et ressort du corps ca ne provoque pas de conséquences sanitaires particulières).

Pour l’iode, prenez la pastille verte. Pour le reste pas besoin de pastille. Et tout ira bien.

10 – le risque en France de conséquences de cette affaire est rigoureusement nul !!!

Saluons la grâce de ces scolaires trois points d’exclamation qui disent bien ce qu’ils veulent dire. Imbéciles de Français, c’est vous qui êtes nuls. Cessez de gémir.

Toute bonne démonstration se fait en 10 points.

Mais après ce décalogue, le scribe a cru bon d’ajouter quelques appendices aux modernes Tables de la Loi.

Et le mieux est à venir. Voici rassemblés tous les poncifs, sortis du chapeau magique des pro-nucléaires. Attention les yeux ! C’est scientifique. Le monsieur qui nous invitait à ne pas mélanger choux et carottes va devant vos yeux ébahis montrer que tout, absolument tout, fait plus de morts que le nucléaire !

Et voici quelques autres chiffres pour remettre tout cela en perspective :

- le charbon fait un peu moins de 10.000 morts par an rien que dans les mines, et ceux là ils portent tous un nom, à la différence des morts supposés de la pollution ou des radiations qui sont calculés dans le cadre d’études épidémiologiques et qui sont donc anonymes (donc depuis Tchernobyl le charbon a fait environ 200.000 morts, l’équivalent du tsunami en Indonésie d’il y a 10 ans, pour une production électrique à peu près 3 fois supérieure à celle du nucléaire, qui, à ma connaissance, n’a pas fait 60.000 morts…)

- la voiture fait quelques centaines de milliers de morts par an dans le monde

- le tabac n’importe quoi (sic) entre 500.000 et 5 millions de morts par an,

Jancovici qui a passé son temps à dire que l’on ne peut comparer Fukushima et Tchernobyl, n’hésite pas à comparer maintenant les morts du tabac et de la voiture avec ceux du nucléaire. Cherchez la logique. Je vous propose donc un début d’argumentaire à la manière Jancovici:

3 – A VoitureLand, l’accident est arrivé par l’extérieur (et non par l’intérieur comme à NucléaireLand) alors que etc…
4 – NucléaireLand ne pourra pas déboucher sur un scénario de type TabacLand. A TabacLand, ce qui a causé la dissémination etc…

- pour le moment, les réacteurs japonais c’est quasi zéro [morts], et même dans le scénario du pire ca ne changera pas grand chose au bilan du séisme.

Ca devient lassant cette comparaison nombre de morts liés au séisme versus liés à la centrale nucléaire. Encore une fois, comment peut-on comparer puisque les morts liés à la catastrophe naturelle sont directs et immédiats alors que dans le cas de la radioactivité, cela est indirect (voire improuvable parfois !) et espacé dans le temps ?

- le séisme a aussi détruit des centrales à charbon et au moins un barrage, donc la question est de savoir si on peut prévenir les dommages aux populations en cas d’accident industriel, pas de savoir si l’outil industriel doit pouvoir résister à tout, puisque cette suggestion ne semble venir à l’esprit de personne en ce qui concerne les raffineries, les routes, les aéroports et les barrages !

Mais pourquoi à la fin veut-on des centrales nucléaires plus sûres que des aéroports ?

- au risque d’en choquer certains, je ne vois pas en quoi il serait plus abominable de mourir irradié que noyé si un tsunami jette à bas logements et infrastructures, et endommage des centrales nucléaires.

Imparable !

Mourir dans une éruption volcanique n’est pas pire que mourir sur un bûcher préparé par les autorités compétentes.

Très accessoirement nous sommes à un stade de notre histoire sur les combustibles fossiles où les japonais (sic) auront le choix entre reconstruire du nucléaire et construire du gaz ou du charbon (oubliez les éoliennes pour tout remplacer, ca ne tient pas une seconde). Que doivent-ils choisir ?

Mon petit doigt me dit que pour Jancovici la réponse est toute trouvée !

Voici le lien de cette tribune accordée sur Good Planet dont le fondateur Yann Arthus-Bertrand assume tout à fait la sortie du pétrole appelée par Jancovici… en témoigne son récent soutien au Qatar.

Après tout, dans l’écologie médiatique, on en est pas une contradiction près. Voir aussi le logo BNP Paribas, banque la plus radio-active.

Prenons du recul. Au risque de surprendre, ce droit de réponse à Jancovici n’est pas une argumentation anti-nucléaire contre une argumentation pro-nucléaire. Ce genre de trolls foisonne sur le net actuellement.

Comparaison n’est pas raison dit le proverbe. Les arguties de Jancovici, sous couvert de comparaison et de rationalité froide, ne sont plutôt qu’un symptôme. Le symptôme d’une industrie qui tourne en rond dans ses arguments: puisque ce n’est pas Tchernobyl, il n’y a pas à s’affoler.


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Ecrit par Baptiste le 18 mars 2011 :: Classé dans Ad Hominem,Débat,Les autres...
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La conférence eco-SAPIENS avec Dominique Bourg et Sébastien Kopp

Comme promis, voici le compte rendu de notre conférence du 3 Décembre autour de la question « Y a-t-il un business model dans la décroissance ?» 

Conférence est un bien grand mot puisque l’idée était bien de profiter de la convivialité et de la simplicité du lieu (l’Equitable Café à Marseille) pour pouvoir discuter décontracté.

Comme cela a duré deux heures, qu’il y a eu environ 30 questions/interventions, il est inconcevable de balancer l’enregistrement tel quel. Voici donc le synopsis.

Développement durable et décroissance

Et si on passait à côté du débat !

le sens bordel !
D’emblée, Dominique Bourg envoie le développement durable aux oubliettes. Non seulement il explique (en s’appuyant sur le rapport de Tim Jackson… on en reparlera) que ce n’est pas possible de découpler croissance économique et prélèvement des ressources, mais il va plus loin encore dans son « apostasie» .

Le Développement Durable aura servi à masquer les questions soulevées par les pionniers de l’écologie qui interrogeaient la notion de croissance. Les 25 années d’essor du DD correspondent au moment où le néolibéralisme s’impose !

Autrement dit, les masques tombent. Le développement durable n’était que de la verdure digérée par le libéralisme. Et on a perdu du temps. Au passage, M Bourg rappelle quelques bases de la littérature décroissante. A savoir que la technologie ne résout pas les problèmes écologiques en raison de deux biais : création de nouveaux besoins donc de nouveaux biens (fuite en avant consumériste) et abaissement du coût de production entraînant une « démocratisation»  des biens (effet rebond).

Il rappelle que des études démontrent que le maximum de bonheur ne correspondent pas au maximum de consommation de biens matériels (ndr: il fallait bien une étude pour ça !)

Sébastien Kopp met lui aussi les pieds dans le plat en disant qu’il avait demandé à changer le titre de la conférence (ce qui est vrai !). Croissance, décroissance, développement durable, on oublie un pilier fondamental, peut-être le seul : celui du sens. Quelle vision, quel projet de société, quelle portée culturelle et artistique ?

Paradoxalement, partant du constat que l’économie a pénétré toutes les sphères du réel, il explique qu’il faut donc créer des entreprises qui ne créent non pas de la richesse ou de la valeur mais qui créent du sens. En espérant que le sens suffira à faire office de marketing…

Je résume cela à la simple question de savoir pourquoi on se lève le matin et si l’on est heureux de se lever ! Etrangement, la recherche de la rentabilité a conduit nombre d’entreprises à trouver des modèles économiques de plus en plus complexes, voire incompréhensibles. D’une certaine manière, on s’éloigne du sens.

Au fond, cette quête obsessionnelle de l’argent démontre justement l’absence de sens. Comme on n’a pas de projet de société, en attendant, chacun cherche à accumuler le plus possible pour le jour où il y aura un projet de société.

Ecouter la partie 1

Télécharger la partie 1

Le pouvoir d’achat et le sens d’achat

Dominique Bourg plussoie ces remarques. Il observe que c’est la même désorientation qui sous-tend la notion de principe de précaution (même s’il n’est évidemment pas contre le principe de précaution).

Vision d’horreur : et demain ? la question du sens sera-t-elle encore possible demain ? Il évoque le projet transhumaniste qui vise à affranchir l’homme de toute limite, notamment l’immortalité.

La question du sens est révolutionnaire. C’est la seule qui soit aujourd’hui tabou. C’est pourtant la première que se posent les sociétés traditionnelles.

Sébastien Kopp raconte. Venant de milieux aisés et ayant fait de bonnes études, on ne se pose pas la question si « entreprendre » est facile ou difficile ». On se dit  juste « si ce n’est pas nous qui le faisons, qui le fera ? ». On a fait une boîte pour travailler dedans mais aussi pour pouvoir se procurer la basket dont on rêvait.

Il mentionne les plus-values de la basket Veja (coton bio, agro-écologie, seringueros, payer le caoutchouc au prix qu’il faut pour laisser la forêt en pied).

Après 3 ans, ca marche. Mais on devenait des petits patrons un peu cons… Qu’est-ce qui se passe dans l’entreprise ? On pourrait être en SCOP par exemple. Pour l’instant on a plafonné les écarts de salaires.

Le projet est chouette mais si c’est pour finir patron en 4×4, on rate l’essentiel ! Paradoxalement, la première prime pour la coopérative brésilienne a été dépensée pour avoir des antennes télévisions… alors qu’il manquait tout là-bas ! Mais on ne peut rien dire. Ou alors on tombe dans le neo-colonialisme.

La consommation est un vote ! A pas tant que ça, on peut changer les choses rien que par le choix des achats !

Ecouter la partie 2

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Contradiction et polémique sur EDF

Je rappelle les 3 modes d’eco-SAPIENS. L’information pour expliquer et convaincre par la raison. Le comparateur de produits pour la facilité d’accès, convaincre par la pulsion. Et enfin, l’entreprise elle-même qui a choisi la cohérence selon l’adage attribué à  Gandhi : « L’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre, c’est le seul ». Statut coopératif et La Nef.

Sébastien Kopp évoque en plus le fournisseur d’électricité verte Enercoop dont Veja est sociétaire et client. Mais il s’étonne de voir que ces acteurs exemplaires soient aussi peu connus finalement et que les principaux concernées fassent faux bond. Ainsi Les figures médiatiques de l’écologie pourraient les propulser en y adhérant.

J’évoque mon expérience personnelle où, invité à la Fondation Nicolas Hulot, j’avais expliqué que je relaierai les actions quand la fondation changera de banque pour la Nef (eco-SAPIENS ainsi que ses salariés sont à la Nef)

Ca tombe bien, Dominique Bourg fait partie de la Fondation Nicolas Hulot. Il reconnaît que ce pourrait être un formidable echo. Mais il faut savoir lier les deux : petites initiatives exemplaires d’un côté et grosses machineries un peu inertes de l’autre. Si FNH ne va pas chez Enercoop, c’est parce qu’on reçoit des sous d’EDF. C’est effectivement une contradiction.

A la question posée pour savoir si la fin justife les moyens, Dominique Bourg rappelle que pour gagner en indépendance, il faut avoir beaucoup de dons personnels. Or les attaques climato-sceptiques ont sensiblement fait baisser cette part de don. Comme il travaille aussi avec EDF, il ne veut pas qu’on laisse croire qu’EDF est une entreprise de 150 000 salauds. Le monde n’est pas manichéen. Il faut savoir assumer ses contradictions. Enercoop a au moins le mérite d’inspirer EDF.

Sébastien Kopp répond qu’on a pas vraiment le temps d’attendre qu’EDF change.

Si Enercoop devient « en terme de taille » comme EDF, Enercoop deviendra-t-elle « en terme de valeur » comme EDF ?

Ecouter la partie 3

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Avalanche de questions

Peut-on réduire l’Amazonie à sa valeur marchande ? Viable est préférable à rentable ?
Les initiatives porteuses de sens progressent mais sont petites. N’est-ce pas la course du vélo contre le TGV ?

Malheureusement, toutes ces belles initiatives ne font pas système.
Voire !

Sempiternelles questions sur les pauvres (au Sud comme au Nord) à qui on ne peut pas demander de faire une fort supplémentaire (l’éco-consommation est souvent plus chère).

Sébastien Kopp: Ceux qui ont la possibilité de le faire ne le font malheureusement pas. On vise les salaires medians. Or ils ont une vraie responsabilité car ils ont la gouvernance financière, intellectuelle et culturelle. Et c’est ceux-là qui ne changent pas !

Ecouter la partie 4

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Salauds de pauvres

Internet va vite et permet de connecter ce fourmillement d’initiatives « sensées» . Il manque certainement une incarnation (politique ? syndicale ?)

On a tellement peur de froisser les gens qu’on ose plus dire en face qu’ils dépensent mal leur argent. L’argent n’a qu’une valeur. Mais ne véhicule plus de valeurs…

Anecdote des salariés Moulinex qui manifestent contre la délocalisation de leur usine alors qu’ils achètent de l’électro-ménager chinois.

Beaucoup d’interventions pour démontrer que le choix par exemple d’une alimentation bio, ne dépend pas vraiment du revenu.

Ecouter la partie 5

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12 questions pour finir

En tout, il y aura eu 30 interventions dans la salle. C’est bien !

Sans pub, comment Veja s’est fait connaître ?

Veja peut continuer à se développer sans croître ?

Le système s’effondre aussi car même physiquement les gens s’effondrent (observateur de la Sécurité sociale)

Quid Enercoop ? Les certificats verts ? Les AMAP ? le statut SCOP

Relation Travail/Consommation

Ecouter la partie 6

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Encore un grand merci à Sébsatien Kopp de Veja, à Dominique Bourg bien sûr, à l’Equitable café pour l’accueil chaleureux (même si on a été privé de fanfare !) et des bises à l’Elephant du poulailler qui assure toujours pour transformer des citrouilles en carrosse.

La bande complète de 1h45min est disponible mais pèse 100 Mo !


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Ecrit par Baptiste le 15 décembre 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...,Participez
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Yann Arthus-Bertrand et le Qatar

pétrole pistoletJe fais le pari.

En 2022, il n’y aura pas de coupe du monde au Qatar. Ou alors dans des conditions dramatiques.

Je ne sais pas si vous le saviez mais le Qatar, pays pétrolier par excellence, a joui du soutien de quelques ambassadeurs curieux pour sa candidature à accueillir la coupe du monde de football dans 11 ans.

Zinedine Zidane qui a ainsi pu gagner 11 millions d’euros. Mais aussi le photographe Yann Arthus-Bertrand qui, depuis son engagement pour l’environnement, n’est plus à une contradiction près.

Jadis photographe officiel du Paris-Dakar, sponsor et défenseur des banques irresponsables (Cortal, BNP), le voici qui soutient le Qatar dans cette compétition mondiale du ballon rond.

Diantre ! Par quel contorsion sémantique Yann Arthus-Bertrand va-t-il pouvoir justifier son soutien au Qatar ? Voici le communiqué. C’est un chef d’oeuvre. Une anthologie. Que dis-je? Une pétrologie (anthos-signifie fleur…)

Parce que ce que j’ai compris, et qui m’a intéressé, c’est que, pour la première fois, un événement sportif mondial se donne pour objectif la neutralité carbone, et parce que cela se fera au Qatar, précisément le pays qui a aujourd’hui la plus forte empreinte écologique par habitant du monde.
Cet objectif sera atteint notamment grâce à 3 éléments : l’énergie utilisée proviendra de panneaux photovoltaïques, les voyages en avion effectués par les spectateurs venus au Qatar seront compensés carbone et  la proximité des différents stades permettra de limiter les déplacements ; la candidature du Qatar se présente ainsi de façon plus favorable en termes d’environnement que les autres candidatures. Mais il faut ajouter aussi que les stades ont été conçus pour être démontables, de façon à  pouvoir être réinstallés dans des pays  en voie de développement ne bénéficiant pas de tels équipements sportifs  et cette idée me plait.

Ce qui m’intéresse, et c’est dans cet esprit que travaille ma fondation, GoodPlanet, ce n’est pas seulement de dénoncer les situations critiquables, malheureusement trop nombreuses, mais surtout de faire connaitre ce qui fait progresser les choses ; on a besoin d’innovation, de créativité ; et ce sont les bonnes initiatives qui font évoluer les esprits et les  pratiques.
Or la Coupe du monde de football se tiendra pour la 1ère fois dans cette partie du monde, où la préoccupation environnementale n’est pas le premier souci ; cela ne pourra qu’y  faire avancer la conscience écologique.
Voilà tout simplement pourquoi j’ai soutenu ce projet, que je trouvais intéressant ; j’espère ne pas m’être trompé.

*******
Faut-il dire enfin qu’évidemment je n’ai pas touché un sou pour avoir exprimé mon soutien dans cette vidéo ?
Quant au film « Home », pour lequel j’ai travaillé pendant 3 ans sans percevoir aucune rémunération, l’aide de la Fondation du Qatar et d’Al Jazeera a permis sa traduction en arabe et sa diffusion dans tous les Pays du Golfe, permettant ainsi qu’il soit vu au total par 400 millions de personnes dans le monde.

Yann Arthus-Bertrand

Que peut-on ajouter à tout cet imbroglio ?
Ah si !

Déjà une contradiction: les stades sont proches mais ca se fera en avion…

Et la compensation carbone ne peut en aucun cas justifier des pratiques. Dommage que l’organisme qui proposait justement des projets de compensation au compensateur actioncarbone (rattaché à Goodplanet) ait toujours pris soin d’insister là-dessus. Yann Arthus-Bertrand fait fi des recommandations des compensateurs et n’hésite pas à parler de »  neutralité carbone « .

Quant aux panneaux photovoltaïques, en plus de la polémique technique sur l’énergie grise, on se demande bien pourquoi le Qatar y aurait recours justement pour la coupe du monde… Pourquoi pas aujourd’hui ? Que change la coupe du monde ? Est-on dupe au point de croire que les climatiseurs qui vont tourner à fond vont fonctionner à l’énergie solaire ?

Le prétexte des « pays en développement» , tarte à la crème de la bonne conscience, à qui l’on refourguerait des équipements pharaoniques, ca s’appelle aussi, dans le jargon du colonisateur, des éléphants blancs.

Je me souviens de Nicolas Hulot expliquant que l’idée de faire un grand prix de formule 1 à Flins, lui « donnait un peu la nausée« . On mesure ainsi l’écart sans cesse grandissant entre les deux hélicologistes.

Non rien ne justifie le soutien d’un écologiste pour ce qui non seulement est une aberration environnementale mais aussi une immondice du divertissement. Et c’est un passionné de football qui l’écrit.

Mais au fond, la vraie question qu’on oublie à force d’arguments et de contre arguments, c’est « Pourquoi une personnalité se manifeste pour soutenir une candidature ?» 

Évidemment, nier avoir obtenu une rétribution pour ce soutien n’est pas crédible. D’abord parce qu’officiellement, le Qatar, par une fondation, a contribué à hauteur de 8% au film Home. Alors ce n’est peut-être pas une rémunération, sous-entendue personnelle, mais cela revient bien au même. L’astuce est ici que YAB dissocie sa personne de son activité (fondation, film) ce qui est vrai d’un point de vue physique et juridique… mais caduque d’un point de vue financement des activités.

Mince, on n’a même pas parlé du fait que le Qatar interdise constitutionnellement les partis politiques.


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Ecrit par Baptiste le 10 décembre 2010 :: Classé dans Ad Hominem,Débat,Les autres...
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Bienvenue chez Soleil Vert

Que du jour au lendemain, l’Etat, de concert avec l’industrie agro-alimentaire, décide de (ré)instaurer l’anthropophagie, nul doute que la révolte du public ne le mette aussitôt à bas.

– Mais, attendez- rien n’empêche d’en parler en interne. Entre gens sans préjugé. Théoriquement.

Les économistes dans les séminaires d’entreprises et les colloques universitaires soulignent la gravité de la crise des protéines, en rapport avec l’essor démographique et le tarissement des ressources.

Invités des cercles de réflexion et de prospective, les écologistes indiquent que, du point de vue de la souveraineté alimentaire, de la re-localisation de l’économie, et du respect de la bio-diversité, mieux vaut consommer un kilo de protéines autogènes, que de détruire un are de forêt amazonienne pour l’importer.

Les chimistes expliquent aux commissions parlementaires que la protéine, c’est de la protéine ; on peut lui donner le goût du veau, la couleur du saumon, un parfum de vanille, l’aspect d’une pizza.

Les anthropologues rappellent qu’il n’y a là rien de nouveau, le cannibalisme, y compris alimentaire est vieux comme l’humanité, et persiste dans certains endroits.

Les églises s’interrogent, et appellent au dialogue sur ce retour à l’authentique communion.

Les urbanistes regrettent le gaspillage de l’espace par les cimetières.

Les éthiciens remarquent qu’on est somme toute dans une variante du don d’organes et que l’important est le respect de la personne, et le caractère volontaire du don.

Une étude de l’Inra prouve la supériorité des farines anthropiques, leurs bénéfices pour la santé – élimination des virus et bactéries exogènes-, et leur rendement exceptionnel.

Les scientifiques des laboratoires de diététique moléculaire fustigent l’irrationalisme et l’obscurantisme des opposants aux recherches sur les Nouvelles Calories, qui voudraient nous ramener à l’âge de pierre et de la cueillette.

Les dirigeants pourfendent les végétariens. « Faire croire que l’on imposerait une alimentation anthropophagique à la population sans débat préalable, et que l’on transformerait les hôpitaux en abattoirs de science-fiction relève de la théorie du complot, etc. » Un sondage montre qu’en dehors de 15 % de conservateurs hostiles et de 15 % de modernistes enthousiastes, la population ne sait pas grand chose des Nouvelles Calories, et donc la Commission des Débats de Société organise avec l’association Vivaviandes un cycle « Farines anthropiques : à quelle sauce va-t-on nous manger ? »

L’avis consultatif du comité des sages, représentants du gouvernement, du sénat, du parlement, de l’industrie, des églises, de l’académie des sciences, conclut en toute indépendance, que ceux qui n’aiment pas ça, ne doivent pas en dégoûter les autres ; que chacun doit avoir la liberté de choisir ; et que donc, au-dessous de 1 %, la mention d’homoprotéines dans un produit alimentaire n’est pas obligatoire sur l’étiquette.

Disposition d’ailleurs contestée et violée par la marque Soleil Vert. Soudain, une mystérieuse épidémie de fièvre porcine, attaque biologique ou mutation d’un virus en batterie, extermine le cheptel mondial, et il n’y a plus d’alternative aux Nouvelles Calories. Dans l’urgence de la famine, le gouvernement sort des projets de ses cartons – gouverner, c’est prévoir-, dont l’interdiction de la crémation et la réquisition de toutes les réserves de protéines disponibles.

Mais qu’on se rassure : nous vivons en démocratie. Nous n’allons pas fabriquer des clones pour les cannibaliser.

*En voyant le nouveau logo proposé par Carrefour « Nourri sans OGM» , je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ce texte signé Pièces et Main d’Oeuvre. Il figure dans le livre « Terreur et Possession»  qui est un « indispensable« .
N’est-ce pas beau de voir Carrefour dire « liberté de manger ou pas des OGM»  ?

Dédicace amicale au Marcel Vert qui s’est laissé engluer dans ce genre de publicité !


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Ecrit par Baptiste le 5 novembre 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...,Poïesis
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SPIPOLL : Ca fout le bourdon

Comme vous le savez sans doute, 2010, c’était l’année de la biodiversité. Je parle à l’imparfait volontairement. A l’image des grands enjeux de ces dernières années, le rendez-vous biodiversité a suivi inexorablement le même scénario. On s’enthousiasme au début. Et à la fin on repart la tête baissée.

Aussi le sommet de Nagoya sonne le glas de la vieille polémique concernant le « coût de la nature« . Débat qui, comme le rappelle Patrick Blandin, date de quasiment un siècle.

Je vous invite à visionner l’intervention de ce professeur émérite au Muséum d’Histoire naturelle, lors d’un colloque Iddri filmé par la webTV terre.tv

Pour ceux qui préfèrent lire, je résume le propos.

En 1923, lors du premier congrès international pour la protection de la nature, Louis Mangin résume les raisons pour lesquelles nous devons préserver la biodiversité. Outre les hautes valeurs (esthétique, moral) il dit qu’il faut aussi mentionner les valeurs purement économiques. Mais en discours de clôture, le président de la LPO dit « les arguments économiques, ca ne marche pas» .

En 1948, Jean-Paul Harroy, premier secrétaire général de l’UICN, reconnaît qu‘il faut des arguments anthropcentriquement utilitaires pour convaincre les masses.

Jean Dorst, auteur de Avant que nature meure et vice-président de l’UICN constate que bien qu’ayant à disposition tous les arguments utilitaristes et rationnels pour sauver la nature, nous ne la sauverons que si nous lui donnons un peu d’amour

Bref, ne nous illusionnons pas, l’argumentaire économique ne date pas d’aujourd’hui. Et si force est de constater que si les arguments moraux ont failli, les arguments utilitaires ont également failli.

Alors pourquoi s’obstiner à vouloir que les écologistes adoptent le langage des économistes pour sauver les meubles ? Allons-nous faire bégayer l’Histoire pour réaliser après coup, encore une fois, que la technique du pied dans la porte ne marche pas ? Les économistes parlent un langage qui, malheureusement, est de plus en plus déconnecté de la réalité.

Je crois que sur la question de la monétarisation des services rendus par la nature, il faut redevenir intransigeant. Non la nature n’a pas de coût. Non, il ne faut pas que le vivant rentre dans le marché. Comme le dit l’Institut Inspire, c’est bien au marché de rentrer dans le vivant.

Aussi, je rejoins tout à fait Patrick Blandin quand il dit que la crise de la biodiversité, le dérèglement climatique sont surtout révélateurs d’une crise éthique. C’est la crise éthique qui explique la crise écologique qui explique la crise économique, qui explique la crise sociale.

Et à l’origine de cette crise éthique qu’y a-t-il ? Là les réponses manquent !

Puisque l’on parle du Muséum National d’Histoire Naturel, peut-être avez-vous entendu parler de cette initiative qui consiste à demander à tous les citoyens de faire l’inventaire de la nature. Par exemple un programme appelé « observatoire des bourdons»  où chacun peut rapporter ce qu’il a observé comme bourdon. Après le web 2.0, voici la science 2.0 !

Ca paraît bien sympathique au premier abord. On se dit que c’est une manière de sensibiliser et d’impliquer le grand public. Malheureusement, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Je vous livre cette lettre adressée au président du muséum, à propos du programme SPIPOLL et du programme Observatoire des Bourdons (merci Veolia !).

Lettre ouverte à M. Gilles Boeuf pour dire «Halte aux programmes pseudo-scientifiques» du Muséum National d’Histoire Naturelle

Monsieur le Président,

Le Muséum lance avec le label «2010 année internationale de la diversité biologique» une opération de Suivi Photographique des Insectes Pollinisateurs nommée SPIPOLL. Comme entomologistes attachés à l’analyse
scientifique rigoureuse, nous émettons un avis unanimement négatif sur ce programme. Nous sommes convaincus que la démarche du SPIPOLL est totalement en dehors de l’étude de la diversité biologique. Elle est dangereuse pour
la connaissance
.

UNE IMPOSTURE SCIENTIFIQUE
Tout dans le montage du SPIPOLL montre un amalgame volontaire qui mélange artificiellement la sensibilisation du public et la production de prétendues données scientifiques. La plate-forme du SPIPOLL fait croire au public qu’il peut identifier lui-même les insectes photographiés grâce à une aide en ligne. C’est impossible. Aucune donnée ne sera validée par les experts, ni même utilisable un tant soit peu, notamment parce que l’aide en ligne, aussi attrayante soit-elle, n’est absolument pas fiable.

Cette aide en ligne peut aboutir, au mieux, à ce qu’un quidam est capable
d’identifier :  une «forme d’insecte » qui ne correspond ni à une espèce, ni à aucune entité dont la donnée serait exploitable pour l’étude de la diversité biologique. Des expériences similaires menées au Royaume-Uni par
le «Bumble-bee Conservation Trust» et par «Buglife» ont déjà montré que les données issues de ces programmes étaient très largement inexploitables.

UN PROGRAMME IMPROVISE SANS LES ENTOMOLOGISTES
Les initiateurs du SPIPOLL s’appuient sur l’expérience du programme de «Suivi Temporel des Oiseaux Communs» (STOC) qu’ils prétendent transposer aux insectes pollinisateurs. D’une part, cela démontre une grande méconnaissance de la faune pollinisatrice: les abeilles sauvages ne s’identifient pas comme les oiseaux. Elles comprennent beaucoup plus d’espèces sur le territoire de la France métropolitaine et leur systématique est bien connue pour être ardue en comparaison d’autres insectes.

D’autre part, alors que le programme STOC est encadré par des ornithologues chevronnés qui notent la présence des oiseaux à partir de critères comme le chant, dans le cas de SPIPOLL le public est livré à lui-même sans validation par des experts. Cette absence de validation possible par des experts provient de ce que ceux-ci sont rares et occupés à
du travail scientifique, et parce qu’ils n’accordent pas la moindre confiance à une telle opération. Ceci explique peut-être qu’aucun spécialiste n’ait été intégré dans l’équipe de SPIPOLL. Tout indique que SPIPOLL est une opération déplacée qui n’a aucun fondement entomologique, ni dans son initiation, ni dans son déroulement, ni dans sa validation, ni dans son exploitation. Les contacts qui ont été pris entre des entomologistes et des représentants de SPIPOLL (Réunion d’Orsay, janvier 2010) ont montré une totale incompréhension de ces derniers vis-à-vis des
préoccupations et des nécessités du monde des insectes et de leur étude.

C’est une opération de communication déguisée d’un vernis pseudo-scientifique qui ne peut produire aucune information utile ni sur la diversité des espèces, ni sur la richesse des communautés, ni sur la conservation. Elle ne peut mener rapidement qu’à une grande déception du public, dès lors qu’elle est dès le début mal accueillie par la communauté scientifique et associative et qu’aucun résultat tangible ne peut en être espéré.

UN GASPILLAGE DE FONDS PUBLICS
SPIPOLL détourne l’argent public qui aurait pu être mieux utilisé pour des études scientifiques réelles. La France a accumulé un retard considérable sur la connaissance de sa faune pollinisatrice. L’analyse de la diversité des insectes pollinisateurs devrait reposer sur l’identité des espèces, en associant au maximum les laboratoires compétents et les associations entomologiques efficaces. Malheureusement, ni ces laboratoires, ni ces associations n’ont reçu ne serait-ce qu’une fraction de la manne financière considérable dont bénéficie le programme SPIPOLL.

Une autre opération, l’Observatoire des Bourdons, qui porte également le sigle du muséum est un programme de la même veine, qui est mené par une équipe sans expérience sur les bourdons. Il apparaît comme un support de
communication pour le groupe industriel financier VEOLIA
, ici encore sans validation ni soutien scientifique.

Nous remarquons, dans le même temps, que la section d’Entomologie du Muséum, et d’autres sections qui se consacrent à la surveillance efficace de la Faune et de la Flore, souffrent d’un manque de moyen flagrant. SPIPOLL et l’Observatoire des Bourdons dilapident des fonds dont la connaissance scientifique et la bonne vulgarisation manquent cruellement. Nous estimons que ces opérations nuisent fortement à la réputation, à l’image et au fonctionnement même du Muséum d’Histoire Naturelle.

Nous souhaitons, Monsieur le Président, attirer votre attention sur ces opérations initiées, au nom du muséum, vers des pseudo-sciences très loin des exigences de la bonne science et de la communication publique de qualité qui ont construit la réputation mondiale de l’institution dont vous avez la responsabilité.

Nous recommandons au muséum de mettre fin à ces opérations, ou, au minimum, de prendre des distances claires vis-à-vis de ces initiatives.

Prof. Pierre Rasmont
Directeur du Laboratoire de Zoologie de l’Université de Mons, Belgique Rédacteur-en-Chef des Annales de la Société entomologique de France.
Partenaire du programme européen STEP de surveillance de pollinisateurs

Dr. Denis Michez
Chargé d’enseignement au Laboratoire de Zoologie de l’Université de Mons, Belgique
Membre du Conseil Supérieur Wallon de la Conservation de la Nature
Partenaire du programme européen STEP de surveillance de pollinisateurs

Dr Nicolas Vereecken, Evolution Biologique et Ecologie, Université libre de Bruxelles

Stuart Roberts, président de BWARS, National Society dedicated to studying and recording bees wasps and ants in
Britain and Ireland
Partenaire du programme européen STEP de surveillance de pollinisateurs

Bernard Vaissière, président de l’Observatoire des Abeilles, pour l’étude, l’information et la protection des abeilles sauvages en France
Partenaire du programme européen STEP de surveillance de pollinisateurs


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Ecrit par Baptiste le 28 octobre 2010 :: Classé dans Botaniqus,Débat
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Severn bien plus belle en vrai que dans son film

Ca sort le 10 Novembre et le casting est savamment choisi : du Nicolas Hulot, du Pierre Rabhi, du Seralini… Et même des inconnus qu’on est heureux de voir sur grand écran (Wartena de Terre de liens, Guy Kastler de Nature & Progrès etc).

Tous gravitant autour du même astre : Severn Cullis-Suzuki. Cette Canadienne qui avait tenu un discours percutant au sommet de la Terre en 1992. Elle avait alors 12 ans et en revoyant ces images, on est toujours saisi par le charisme et la pertinence de cet enfant.

Les enfants justement ! Le réalisateur Jean-Paul Jaud (oui oui, celui du foot sur Canal plus…) avait entamé une carrière de cinéaste avec le film « Nos enfants nous accuseront» . Avoir dans son camp, un aussi habile technicien de l’image, on ne va pas s’en plaindre. Ce film c’est un peu : la voix de nos enfants qui nous accuseront» …

Malheureusement, il me faut faire quelque chose d’absolument nul. Dire que je n’ai pas aimé Severn.

Que l’on se rassure, je trouve que l’idée du film est bonne, d’autant que la vraie Severn parle d’une manière douce, franche, limpide et déterminée. Je crois que dès qu’elle parle, je ne peux que acquiescer. Il y a quelque chose de troublant à l’entendre répéter mot pour mot, 18 ans plus tard, le même discours où rien n’a changé.

Les propos d’une enfant précoce deviennent les propos d’une jeune femme lucide. Lucide mais tout de même déçue de constater que l’utopie ai davantage reculé.

Mais un fil rouge ne suffit pas et il faut autour broder. Or, selon moi, la dentelle ne tient pas et j’ai vu un film plutôt décousu.

Pêle-mêle.

On démarre au Canada donc, retrouver Severn qui attend un bébé. A la fin du film, nous la retrouverons après la naissance. Entre temps, on fait des allers-retours pour aborder différentes thématiques, surtout l’agriculture bio.

On rencontre par exemple ce Japonais qui cultive une rizière sans intrants chimiques et où barbotent des canards. De vieilles Japonaises transmettent leur savoir potager à des écoliers. On apprendra que le peu de compléments alimentaires qu’elles utilisent proviennent de Chine et contiennent des traces d’OGM.

Volonté de transparence du réalisateur ? On ne sait.

On retrouve le maire de Barjac, déjà à l’honneur du premier opus. Il peine à trouver des agriculteurs bio et locaux. Ca tombe bien, le voici qui déjeune sur une table improvisée en plein champ avec, entre autres, le responsable de Terre de Liens. Une foncière, soutenue par La Nef, qui aide les jeunes agriculteurs à s’installer. Mais les discussions improvisées autour de cette table sonnent faux. On croirait des discours aussi naturels que ceux d’Eric Rohmer.

On rencontre aussi deux agriculteurs conventionnels qui ont subi des intoxications sévères à cause des pesticides. L’un a attaqué et fait reconnaître l’empoisonnement comme maladie du travail. On le voit plusieurs fois dire qu’il s’apprête à passer en bio. Heureusement pour lui, les deux agriculteurs bio  de la même région sont compréhensifs avec cette reconversion qui se fait attendre. Volonté de montrer la difficulté à passer à l’acte ? On ne sait.

Il y a cette fille, Ondine, 14 ans, qui est là pour montrer qu’une nouvelle Severn a peut-être été découverte… Elle entretient un skyblog sur les requins et on la voit faire une intervention sur les squales auprès de jeunes élèves. On la revoit avec le télécologiste Nicolas Hulot qui l’encourage. Il est sympa Nicolas Hulot.

D’ailleurs, on le retrouve aussi avec Pierre Rabhi pour échanger 6 phrases censées se compléter et percuter. Peine perdue. Après avoir dit que le grand prix de formule 1 à Flins n’était pas une bonne idée, il caresse la tête de Pierre Rabhi qui a l’air penaud devant tant d’intrusion tactile…

On voit aussi quelques individus pique-niquer au bord de l’eau, en face d’une centrale nucléaire. On n’apprendra rien sinon que la fresque géante peinte sur le réacteur, c’est pas très sérieux. Je crois que c’est le moment le plus incongru du film.

On part aussi écouter des polyphonies en Corse (perso j’adore !). Un père et ses deux fils font du vin bio tout en s’inscrivant dans le traditionalisme corse.

Alors oui, on aborde, ou plutôt on survole, chaque thématique: la bio, les pesticides, l’alimentation, le nucléaire, la déforestation etc. Bref, c’est un film écologiste avec plein de qualités. Qualité de l’image surtout. Qualité de la musique (Japon, Corse, piano de Gabriel Yared). Qualité du discours initial (encore merci Severn Suzuki !).

Mais on a l’impression que Jean-Paul Jaud a constitué un patchwork où ne manque qu’un raton-laveur pour vraiment trouver une cohérence à cet enchevêtrement de rencontres aux discussions molletonnées.

Les aficionados n’apprendront rien. Les novices repartiront avec quelques belles images, un sentiment de sérénité et peut-être quelques pistes concrètes.

On me dira « c’est toujours ca»  .
A quoi je réponds : « c’est déjà ca !»  .

Bande-annonce du film

Plus sérieusement, il y a aujourd’hui une impressionnante filmographie autour des questions écologiques. On sait tout le bien que j’ai pensé du film de Coline Serreau (pourtant fou-fou). Mais bien avant, il y avait ces documentaires plus incisifs (j’aime quand on me montre les méchants !) comme We Feed the World ou Notre Pain Quotidien.

Personnellement, je trouve que le meilleur, c’est encore l’Île au Fleurs, film brésilien de 12 minutes réalisé en 89 !


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Ecrit par Baptiste le 20 octobre 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...,vidéo
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Aucune raison de soutenir l’agriculture raisonnée

drôle de logoC’est la petite anecdote du jour.

Si vous connaissez par coeur le site eco-sapiens, vous connaissez sans aucun doute le guide « les bons labels et les truands»  . Sinon, il n’est jamais trop tard pour l’apprendre par coeur !

En matière de labels, impossible d’être exhaustif. Aussi auriez-vous peut-être remarqué l’absence d’un logo « agriculture raisonnée« . Tout bonnement parce qu’il est introuvable !

En réalité, nous manquions d’éléments sur cette drôle d’agriculture qui a au moins le mérite de rappeler implicitement que l’agriculture conventionnelle n’est pas raisonnable. Or aujourd’hui, nous avons enfin un logo et un cahier des charges à vous montrer.

Logo ? C’est vite dit. Il ressemble étrangement au pictogramme « Recylable ou recyclé» . Fait à la va-vite et du coup trompeur !

Cahier des charges ? Là aussi c’est vite dit. Nous venons de le récupérer. Comme il est peu mis en avant par le ministère de l’Agriculture, le voici téléchargeable sur eco-sapiens. Pas un chiffre, pas un seuil, pas une désignation technique. Juste du « Contrôle visuel»  et du « Bien lire le mode d’emploi du pulvérisateur» .

Assurément, notre catégorie Truands va s’enrichir. En espérant voir ce logo le moins possible.


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Ecrit par Baptiste le 14 octobre 2010 :: Classé dans Les autres...
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