Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

L’obsolescence programmée est un mythe

… selon certains experts bien informés.

Non mais, sans rire, je vous invite à lire cette interviou sur le journal Le Figaro.

On va quand même pas faire du bashing ?

C’est nul et pas très constructif le bashing ? Gratuit, mesquin et bileux n’est-ce pas ?

Allez, j’ai bien réfléchi…

On va faire du bashing.

Chapeau:

Pour l’économiste Alexandre Delaigue, les industriels ne planifient pas la dégradation anticipée de leurs produits, comme le suggère Eva Joly en proposant de mettre un terme à cette pratique.

Donc pour parler de l’obsolescence programmée, on invite un économiste qui évidemment n’aborde le problème technique que sous l’angle économique. Pour lui, la technique est une immanence, c’est à dire quelque chose qui n’est pas soumis aux aléas des hommes. Autrement dit, les ingénieurs ne peuvent pas être mesquins, lâches ou soumis. Ils exécutent et tout est mécaniquement pur. C’est le fameux mythe de la science neutre.

Rappelons que l’obsolescence programmée est cette stratégie économique qui engage des entreprises à créer des objets sciemment moins performants que ce qu’ils pourraient être avec les connaissances actuelles. Arte avait diffusé un documentaire montrant comment l’on sait très bien fabriquer des ampoules à incandescence increvables. Mais comme elles sont inusables, les consommateurs n’en achètent plus au bout d’un moment. D’où l’idée de les rendre moins durables. Et les Shadocks pompaient…

Un mot sur l’expert. Alexandre Delaigue anime le blog econoclaste qui, comme son nom l’indique, vise à briser les mythes économiques. Alors normalement, j’ai pas mal de sympathie car il est certain que c’est bien l’économie qui est un mythe (étymologiquement parlant, une parole créatrice). Pas l’obsolescence programmée.

Donc avant de commencer, je confesse que je suis déçu de voir la pauvreté argumentaire d’un économiste qui se prétend iconoclaste. En fait, on a un point de vue on ne peut plus conformiste. On crie à la théorie du complot, on demande des preuves et quand on en amène, on fait comme si ca n’existait pas.

Eva Joly a trouvé le bouc émissaire idéal pour expliquer l’avènement de la société de consommation: l’obsolescence programmée. Elle a proposé mercredi soir sur Public Sénat d’interdire cette pratique qui suppose que les industriels mettent en œuvre sciemment des mécanismes de dégradation de leurs produits pour accroître leurs ventes. Problème, personne n’a jamais pu prouver la véracité de ce phénomène, estime Alexandre Delaigue, professeur d’économie à Saint-Cyr et créateur du site Econoclaste. Pour lui, les industriels n’en retireraient de toute façon aucun bénéfice.

LE FIGARO.FR: Comment expliquer le succès de la théorie de l’obsolescence programmée?

Alexandre Delaigue : C’est l’agacement éprouvé par les clients devant la dégradation d’un produit qu’ils ont acheté qui les pousse à penser, par dépit, que la panne n’est pas le fruit du hasard mais d’un calcul des industriels. Cette idée est renforcée par la sensation très commune que cette situation est nouvelle et que les biens étaient plus durables «avant». Il y a là un biais de perception: parmi les vieux équipements, on ne remarque que ceux qui fonctionnent encore. On oublie tous ceux qui ont fini à la décharge. Une étude récente a montré que la durée de vie des appareils électroménager n’avait en réalité quasiment pas évolué entre les années 80 et aujourd’hui.

Tiens donc une étude sur le sujet ? Ah oui, l’article… du Figaro en fait. Un autre article sur l’obsolescence programmée à la gloire du Gifam (Groupement interprofessionnels des fabricants d’électroménagers) qui n’avait à se mettre sous la main non pas une étude mais… un sondage. 2 000 questionnaires. Faudrait savoir. Soit on fait confiance aux utilisateurs, soit on ne les consulte pas puisque ceux-ci ont un biais de perception.

Une étude, cela aurait été de regarder disons le taux d’appareils à la casse en fonction de leur date d’achat. Ou le taux de retour pour panne en fonction de la première date d’utilisation. Appeler sondage une étude, voilà un glissement sémantique qui ne fait pas peur à notre éconoclaste.

Mais les industriels n’auraient-ils pas intérêt à fabriquer des produits fragiles pour entretenir la demande?
Cette stratégie n’a aucun sens sur le plan économique. Pour prendre un exemple caricatural, il vaut mieux, en terme de marge, vendre 50 euros une paire de chaussettes qui dure un an que 50 paires à deux euros qui vont se trouer au bout d’une semaine. Si tous les industriels ne font pas ce choix, c’est parce que la durée de vie n’est qu’une qualité parmi d’autres. Les machines à laver ont intégré des composants électroniques et des moteurs plus complexes pour économiser de l’électricité et de l’eau. Or l’électronique a une influence néfaste sur la fiabilité. Cette situation n’est pas le fait d’une préméditation sournoise mais de la recherche d’un compromis entre le prix, l’efficacité et la durabilité. L’obsolescence programmée est une (sic) mythe.

Alors là j’ai du mal à croire que l’on puisse être économiste et sortir un pseudo-calcul ras les chaussettes. Car pour calculer une marge, il faut avoir un prix de vente… mais il faut aussi définir un coût de production. Donc essayez de faire le calcul, il vous manque une donnée essentielle. Supposons que fabriquer une chaussette durable me coûte 25 euros. Ma marge est de 25 euros. Supposons que fabriquer une chaussette jetable me coute 1 €, ma marge sur l’année (52 semaines) sera de 52 euros. Merci l’économiste !

On voit pourtant dans un documentaire diffusé sur Arte l’été dernier, Prêt à jeter , l’exemple d’un compteur d’imprimante qui bloque le fonctionnement de l’appareil au bout d’un certain nombre d’impressions…
C’est un exemple très curieux. Ces fabricants ont basé leur business model sur des cartouches très chères et des imprimantes vendues presque à perte. Ils ont tout intérêt à ce que vous gardiez votre appareil le plus longtemps possible pour que vous continuiez à acheter leurs cartouches. Je pense que les ingénieurs avaient besoin d’un compteur pour une raison quelconque et que son blocage n’est qu’un vice de conception involontaire. Il faut bien comprendre qu’ils n’auraient absolument rien à y gagner. Ils prendraient au contraire le risque que, déçu, vous vous tourniez vers la concurrence.

« L’obsolescence programmée est un mythe.»  Et quand on lui exhibe un exemple, voilà que ce compteur d’imprimante devient curieux. Est-ce que les économistes font de la psychologie ? Ah non, ils font des calculs troués avec des chaussettes trouées. Parce qu’ils apprendraient qu’en psychologie, il existe un fameux dilemme, celui du piège abscons (Merci au traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens). En résumé, quand vous avez engagé une dépense, quand vous avez choisi une stratégie, vous êtes éternellement confronté à la question du retour en arrière pour changer de stratégie… au risque de perdre l’investissement de départ.

Je pense faire partie des millions d’utilisateurs d’imprimantes qui se sont posé la question de racheter une imprimante (puisque effectivement elles sont déraisonnablement bon marché) étant donné que la dernière vide entièrement une cartouche par feuille imprimée… Donc oui, on est déçu et on se tourne vers la concurrence. Et l’on a la même déception. Allons plus loin dans la théorie du complot… Et si tous les fabricants d’imprimante s’étaient entendus pour fabriquer des appareils avec les mêmes pièges technologiques ? Il existe aujourd’hui 5 grandes marques d’imprimantes (HP, Canon, Lexmark, Brother et Epson).

Un oligopole, comme dans le secteur de la téléphonie où ma foi, on sait bien qu’il n’y a jamais eu d’ententes sur les prix et les forfaits…

Les consommateurs sont-ils justement assez informés de la durabilité des produits qu’ils achètent pour faire un choix éclairé?
Il n’est pas forcément facile de savoir à l’achat si un produit est conçu ou non pour durer. Mais les contrats de garanties permettent aux constructeurs de faire la promotion de leur fiabilité. C’est un outil de marketing puissant. Les produits à longue durée de vie existent d’ailleurs mais les consommateurs préfèrent souvent se tourner vers leurs équivalents bon marché quitte à en changer plus régulièrement. Les gens disent vouloir des biens durables mais, dans les faits, force est de constater qu’ils aiment bien le changement.

C’est bien mal connaître les gens ! Les gens détestent se prendre la tête avant de choisir, ils craignent de ne pas avoir toutes les billes pour choisir le bon produit. Le moindre appareil existe avec des quinzaines d’options déclinables entre elles. Les gens ne changent que pour remplacer ou bénéficier d’une fonction qu’ils n’avaient pas dans le précédent appareil. Faut vraiment être maso pour croire que des gens changent de machine à laver quand elle marche…

La seule obsolescence programmée tacite et tolérée, c’est la mode. Mais c’est un autre débat.

Comment pourrait-on contraindre les industriels à fabriquer des produits plus durables comme le souhaite Eva Joly?
Il faudrait passer par des garanties obligatoires. Ce n’est pas impossible mais cela aurait un prix. Tous les biens de consommation seraient infiniment plus chers.

D’abord merci pour l’aveu.

En fin de compte, l’économiste reconnaît que les industriels pourraient fabriquer des produits plus durables mais qu’ils ne le font pas. Ou en tout cas, ce ne serait qu’une question de prix. Un prix infini (!) certes mais cela est possible. A l’époque de la télévision noir et blanc, on était capable d’envoyer des hommes sur la Lune, mais aujourd’hui, cela coûterait ‘achement plus cher de faire des objets robustes. Pardon pour la  réflexion de comptoir mais je me demande bien comment on a réussi à nous faire croire que c’était compliqué et onéreux de fabriquer un automatisme qui ne casse pas au bout de 30 cycles. Insidieusement, on essaie de nous faire croire que la durabilité est un luxe !

Et imposer des produits que l’on peut réparer facilement?
Penser un produit pour qu’il soit réparable a aussi un coût. D’autre part, la réparation elle-même est un artisanat et la main d’œuvre coûte cher. Les entreprises sont déjà obligées de vendre très cher les pièces de remplacement pour amortir leur coût élevé de fabrication. Sur le plan strictement économique, réparer n’est pas toujours la meilleure solution.

Merci pour la conclusion qui fait s’effondrer en une seconde tout l’argumentaire précédent.

Oui, sur le plan strictement économique (qui est quand même le plan qui intéresse au plus haut point une entreprise…) réparer n’est pas toujours la meilleure solution. Une entreprise économiquement rationnelle se doit donc de faire des appareils difficilement réparables et pas forcément durables. Certes, il faut savoir distiller ces défauts à bon escient au risque de voir apparaître un concurrent qui proposerait des produits durables et réparables et capterait toute la clientèle. Mais regardons le monde industriel en face.

Il n’y a que des oligopoles et peu de contraintes législatives. Donc aujourd’hui la programmation de l’obsolescence est la stratégie la plus cohérente. On trouvera toujours des contre exemples (téléphones Nokia mais ca va pas fort pour eux en ce moment… en partie pour cette raison de durabilité).

Mais la récente Free-mania permet au moins de mettre en lumière cette évidence. Les industriels qui détiennent un secteur n’aiment pas trop quand on marche sur leurs plates-bandes. Et donc la stratégie est simple. Dégrader les objets pour assurer le business. S’entendre avec la concurrence pour se partager ce business.

L’obsolescence programmée existe. Je l’ai rencontrée.


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Ecrit par Baptiste le 27 janvier 2012 :: Classé dans Ad Hominem,Débat
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Google et la danse du panda

Coïncidence des temps modernes, le panda est ces temps-ci vivement critiqué.

A ma gauche, le Panda WWF, épinglé par le journaliste Fabrice Nicolino dans son livre « Qui a tué l’écologie ?»  L’ONG n’a jamais daigné répondre aux critiques et préféré continuer à manger les pousses de bambou.

Malheureusement, ca chahute chez les salariés de l’emblématique association. Il serait vain de raconter ce qui se passe dans l’arrière cuisine. Chaque fois qu’une association environnementale se déchire, c’est toujours une perte pour le monde écologiste.

Le scénario est toujours identique d’ailleurs : entre militants, salariés et dirigeants; et toujours à propos de l’éternel débat réformiste/radical.

On se souvient par exemple des agitations au sein de la Fédération France Nature Environnement. On se souvient aussi du réseau Sortir du Nucléaire et son porte-parole Stéphane Lhomme (qui sévit encore lors des primaires de l’écologie). En ce moment donc, c’est au tour du panda français d’inspecter son pelage noir et blanc (symbolique !).

Google réduit les inégalités…

Et à ma droite ?

A ma droite, je veux parler d’un panda moins connu des naturalistes mais bien connu des spécialistes du web. Panda est le nom choisi pour le nouvel algorithme de Google.

Google, tout le monde connaît. Ou croît connaître…

Le Dieu Internet, le moteur de recherche le plus époustouflant qui soit, les google maps, le gmail, le google images mais aussi, pour ceux qui y travaillent les Adwords et Adsense. J’ai déjà expliqué pourquoi eco-SAPIENS n’achète pas de mots clés sur Google. Aussi absurde que cela puisse paraître pour une structure totalement tournée vers le Web, eco-SAPIENS continue de défendre sa conception du rôle et de la nature de la publicité.

Malgré une fois, ce coup de fil de Google, nous demandant pourquoi nous ne passions pas à la caisse.

C’était au mois de Juillet 2010. Nous avions répondu que nous aimions beaucoup Google (c’est objectivement vrai si l’on mesure tous les services rendus par cette firme… avec des contreparties franchement peu agaçantes quand on voit les pratiques sur le web). Nous avions simplement répondu que payer pour être mieux affiché, autrement dit, faire de la pub, était contraire à notre philosophie.

Certains prendront cette philosophie pour de la radinerie. C’est leur droit. Tout le monde a droit à l’erreur !

Revenons à nos moutons. Ou plutôt à cet animal algorithmique qu’est Panda. En clair, Google a voulu débarrasser le web des tricheurs. En ligne de mire, ce que l’on appelle les « content farms»  (fermes de contenu). Des sites qui produisent du contenu à la chaîne juste pour le référencement. Et aussi les agrégateurs de contenu qui ne produisent pas de contenu mais l’aspirent et le classent. Typiquement des agrégateurs de blog comme paperblog ou wikio.

Mettons nous à la place de Google. C’est lui qui est censé avaler le web, le trier, l’ordonner et fournir à l’internaute le résultat de sa requête. Quel intérêt pour lui de renvoyer vers des annuaires, des guides et des portails ? Hop, on les squeeze et on renvoie directement vers l’article, le produit, la source originelle.

Pas bête !

Informations: le noeud gordien du producteur/diffuseur

Et la question qui brûle les lèvres est : comment distinguer une source d’une fontaine ?

C’est à dire, pour prendre le cas d’eco-SAPIENS, comment savoir si nous sommes plutôt un relai d’informations ou un producteur d’informations. A cette question, il est impossible de répondre tant nos articles sont un mélange, un croisement, une mise en perspective de plusieurs sources.

Cette question hante la littérature. La mythologie romaine n’est qu’un réarrangement de la mythologie grecque qui l’avait pompée aux Egyptiens qui eux-mêmes l’ont copiée sur les Mésopotamiens. (Ici, l’histoire de l’écriture s’arrête… ou plutôt commence…*)

Cette question hante le journalisme. Un journaliste n’est là que pour faire le pont entre une source et un lecteur. Parfois il enquête, mais le ne créé pas l’étude scientifique, ou le discours politique qui permet de réaliser le papier.

Cette question hante la science et la philosophie. Heidegger s’amusait à plaisanter qu’après les Grecs, les 2500 ans de philosophie pouvaient être considérés comme des notes de bas de page…

Il se trouve aussi qu’aujourd’hui Google propose un moteur de shopping. Forcément, les comparateurs de prix apprécient y voient un vrai concurrent. Leguide.com a déjà perdu 50% en bourse par exemple.

Parallèlement, des webmasters amateurs publient ce genre de message sur les forums: « +100% pour mon site que j’avais abandonné il y a deux ans« .

Pour résumer la situation, Google redistribue les cartes.

D’une certaine manière, il va à contre-courant de l’évolution de ce monde en réduisant les « inégalités»  de trafic.

D’ailleurs, vous pouvez déjà observer ces effets sur Google.

Tiens ! Une requete au hasard, faite pour retrouver quelle était l’étude scientifique qui avait épinglé la migration de DEHP (un phtalate) depuis les bouteilles plastiques. Tapons DEHP science et observons les résultats fournis par Google. La moitié des liens renvoient vers HP… Hewlett Packard et un vers l’auteur H.P. Lovecraft. Bref, à côté de la plaque. Certes la requête était un peu spécifique mais beaucoup témoignent déjà du fait que depuis début Juillet, les résultats fournis par Google sont moins bons qu’avant.

A-t-on déjà vu une entreprise sortir une version moins performante de son produit phare ? Jamais… sauf Microsoft bien sûr.

Analyse de la mutation du Web: recherche perso vs. buzz collectif

Deux idées me traversent l’esprit. Google a aussi lancé en catastrophe son Google plus qui se veut concurrent du réseau social Facebook. Indéniablement, nous n’utilisons plus le web comme il y a deux ans.

Auparavant, nous naviguions par recherche. Aujourd’hui, nous naviguons par recommandation.

Pour le dire autrement, la communication (même sociale) l’a emporté sur la technique.

Nous étions décontenancés par la masse d’informations offerte par le web. Heureusement le moteur de recherche nous permettait d’y naviguer efficacement.

Aujourd’hui, nous sommes toujours décontenancés mais nous avons fait le deuil de trouver quelque chose dans cette toile immense. Nous demandons alors aux autres de nous dire ce qu’ils ont trouvé d’intéressant.

La deuxième chose, c’est cette histoire de ruée vers l’or que représente Internet aujourd’hui. Je veux parler du mythe du petit site sur le web qui va faire boule de neige et hop, à la fin, le créateur/blogueur/webmaster est célèbre, payé et… ne fait pas grand chose. Ah le doux rêve de la rente Internet !

Soyons certains d’une chose. Si Google rebats les cartes en faveur des sites mineurs, c’est bien parce qu’il trouve un intérêt stratégique.  D’abord de contraindre les sites google-dépendants à moins compter sur le référencement naturel et plus sur le référencement payant. Puis de redonner espoir à la légion de sites zombies qui, n’en doutons pas, requinqués par une augmentation inopinée de trafic, va décider d’y investir un peu de moyens…

Aujourd’hui que le Panda est lâché en France, après avoir fait ses dégâts aux Etats-Unis et en Angleterre, tout le monde s’interroge sur l’évolution du web à venir. Bien malin celui qui pourra prophétiser là-dessus.

Mais face à cette débauche de moyens et ces révolutions ininterrompues, on en vient à se dire que la seule valeur sûre tient dans la formule « small is beautiful« …

* Hommage à Borges !


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Ecrit par Baptiste le 5 juillet 2011 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Poïesis,Un peu sur nous
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Ipad, Iphone et Imonde…

geek jusqu'au boutMon nom est l’ecolo-geek.

C’est à dire que je suis un écolo, qui mange bio et vis sans voiture dans la ville, qui, selon les dernières études, a une empreinte écologique paradoxalement inférieure à celle de la campagne. Ca s’appelle même l’éco-densité.

Je suis écolo donc.

Mais je suis aussi geek. C’est à dire que je suis né à une époque où mes parents achetaient les premiers micro-ordinateurs. J’ai vu passer l’Amstrad, l’Atari et Windows95. J’ai connu les trafics de CD gravés au lycée qu’alimentait le seul type à avoir un graveur à la maison. Bref, je suis peut-être moins agile des raccourcis claviers que mon petit cousin, mais lui est quasiment devenu autiste car il n’y a rien de pire qu’être adolescent à l’heure des blogs et de facebook…

Je passe 9h par jour devant mon ordinateur. Disons deux tiers pour le travail. Un tiers pour surfer.

J’ai mes habitudes, mes flux RSS bien rangés, mes forums de prédilection, mon compte gmail, bit.ly, twitter, facebook et plein d’autres que je n’exploite pas à fond. Parfois, pour tuer le temps le soir, je vérifie que je n’ai pas reçu de mails importants à minuit…

Atari portableLe seul problème, c’est que je n’ai pas d’Ipad ni d’Iphone. Alors, quand je voyage en train régional express ou attends sur le quai le passage du métropolitain, je me sens en manque. J’ai des secondes disponibles dans les interstices inoccupées de ma vie… et je n’en fais rien. Pas d’écran à lire. Pas de clavier à pianoter. Je suis même, ô suprême vice de la modernité, injoignable.

Alors je me convainc que de toute façon, toute cette camelote électronique n’est en réalité pas du tout écologique. Une part due au fameux effet rebond qui dit que certes, envoyer un message impacte moins aujourd’hui… sauf que nous sommes des milliards à envoyer ces messages virtuels.

On appelle cela la démocratisation.
On peut aussi l’appeler standardisation.

Une autre part due au simple prélèvement des ressources. Energie, eau, minerais.

Je sais que les métaux et terres rares utilisés pour tous ces nouveaux objets si XXIème siècle sont, comme leur nom l’indique, limités. Voire très limités. Plus de platine, plus de palladium, plus d’iridium. Et le coltan qu’on extrait dans le coeur des gorilles congolais.

Alors, quand je vois que tout site écolo, tout blog écolo, tout animalcule écolo est en train de développer son application Iphone, Blackberry, Androïd (ou le prochain qui sortira), je me pose des questions sur ce qui, après développement durable semble être un nouvel oxymore : ecolo-geek.

Autant dire chauffard responsable.

Où fixer la limite ? Bizarrement, aléatoirement, il semble que je l’ai fixée jusqu’aux écrans qui tiennent dans la main. Pourquoi ? Car un écran, c’est aussi un miroir, un reflet de soi-même. Et qu’instinctivement, me regarder continuellement dans un miroir n’est pas de mon acabit…

Peut-être au fond ne suis-je ni écolo ni geek. Mais que suis-je alors ?

J’ai demandé à Google.  15 200 000 résultats.

Walton Ford


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Ecrit par Baptiste le 26 novembre 2010 :: Classé dans Débat,Poïesis,Un peu sur nous
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Tiens ! Une nouvelle version du site Internet !

Soulagement !

Cela fait deux mois que, en catamini, nous préparions cette v4 du site eco-sapiens. Ce qui a changé ? Oh beaucoup de choses ! Certaines sont patentes, d’autres subreptices ;-)

Mais reprenons depuis le début.

Quand nous avons eu l’idée d’un guide d’achat éthique sur Internet, en décembre 2005, nous étions partis du constat que la consommation alternative était un milieu sous-marin. Notre idée fut donc de faire un « comparateur‘ uniquement dédié aux couches lavables, aux réducteurs d’eau, au café équitable, aux T-Shirts bio…

Ainsi, tout ce petit foisonnement d’idées alternatives émergerait.

Mais nous savions qu’il fallait aussi expliquer le pourquoi du comment. Alors, en parallèle, nous voulions un portail avec des infos simples et claires autour des thèmes qui nous sont chers : l’écologique, l’équitable et la bio.

Achat… Infos… Achat ? Cette double casquette était cohérente pour nous, mais pour l’extérieur, c’était plutôt une schizophrénie. Parmi nos partenaires et nos fidèles internautes, certains pensent que nous sommes un comparateur, d’autres un site d’informations. Mais jamais les deux en même temps…

Et récemment, cela s’est compliqué depuis que le blog est apparu… Nous voici invités comme blogueur !

Les trois précédentes versions du site eco-sapiens facilitaient peut-être cette ambiguïté. Tout y était mélangé ! Nous y tenions pour des raisons d’ergonomistes improvisés…
1) Si l’on souhaite acheter, on voudra peut-être auparavant s’informer.
2) Si l’on est informé, on souhaitera peut-être passer à l’acte… de consommation.

Avec cette v4, nous poursuivons la longue lignée des proverbes tautologiques. « Un sou est un sou« , « Trop c’est trop« , « Non c’est non« .
Et maintenant donc: « l’achat c’est l’achat»  et « l’info c’est l’info« .

Ouf donc ! Soulagement. On va pouvoir refaire du fond, et améliorer notre offre marchande.

Mais je ne sais pas pourquoi, j’ai aussi envie de parler de l’actualité « people & sport» … C’est que tout le monde y va de son avis sur l’Equipe de France et que depuis le début j’entends comme un murmure sourd et inintelligible.

Déjà, je trouve cocasse que l’on dise « halte aux primes»  comme s’il ne fallait tout simplement pas dire « halte aux salaires« . Ensuite, quand je vois que chacun de ces surpayés (surpayés en général, pas uniquement pour cette prestation…) parlent avec derrière eux une collection de logos à la gloire de la conso, je ne vois décidément pas où est l’esprit sportif là dedans*.

Quelqu’un a remarqué que ce n’est pas tant l’argent qui a pourri le football. Le football est plutôt l’allégorie du monde marchand. Ce genre de renversement pourrait s’appliquer à des tas de domaines: la publicité, la politique, l’art…

Le problème, c’est qu’accuser l’argent, en plus d’être facile, est un peu vague. Car quelqu’un sait-il encore ce qu’est l’argent ? Quelqu’un voit-il encore un soupçon de cohérence entre des revenus et des compétences, entre des bénéfices et une utilité ?

Quelqu’un discerne-t-il encore une once de rationalité dans ce monde pourtant hyper-rationalisé ?

Tout m’échappe. Et de plus en plus. On licencie des humoristes qui ont le tort de placarder les bévues politicardes qui, rappelons-le, dans une autre démocratie d’Europe conduirait à des démissions. Vaccins, cigares, fraudes fiscales, versements illégaux, injures racistes…

En marge, les espaces de liberté et d’honnêteté intellectuelle sont bel et bien là. Et toujours pls nombreux. Mais, éclatés, nous avons le sentiment d’être minoritaires.

Nous ne le sommes pas.

*Prochainement, je parlerais de ce magnifique livre d’Alain Caillé « Don, intérêt et désintéressement»  dont la nouvelle édition comporte justement une étude sur la notion de « fair-play»  et d’esprit sportif. En bref, rappelons que le « beau»  joueur est celui qui s’expose. Et non pas celui qui pose


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Ecrit par Baptiste le 23 juin 2010 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Un peu sur nous
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Comment j’ai visité une usine Renault

20086_BD__43E4E12DAttention, ceci n’est pas un publi-reportage !

Cette précision liminaire effectuée, il me faut encore faire une digression qui portera sur quelque chose que je connais particulièrement bien… moi !

Qu’on me pardonne cette parenthèse nombriliste, je la juge utile pour bien comprendre que le billet qui suit pourra être jugé trop sarcastique. Ce n’est pas son but. Je m’efforce d’être impartial. Et je sais que parfois, l’honnêteté intellectuelle peut être blessante.

Voici donc la parenthèse.

J’ai appris de la bouche d’un véritable journaliste (plusieurs fois cité sur ce blog d’ailleurs) qu’il ne faut jamais rencontrer ses ennemis. Pour la simple raison qu’un jour où l’autre, on est amené parfois à les rencontrer et que si l’offense est connue, on est tenté de vouloir se faire pardonner. Pire encore, les gens en vrai, sont souvent sympathiques et on en vient à se demander pourquoi on a eu la dent si dure alors que ce sont de francs camarades le temps d’une soirée.

Le phénomène n’est pas nouveau et atteint son paroxysme dans les forums virtuels par exemple, où les internautes peuvent se lâcher (souvent pour le pire d’ailleurs) parce qu’ils savent qu’ils ne verront jamais la personne qu’ils offensent.

Moralité, pour un simple eco-sapiens comme moi, mieux vaut garder ses distances. Je dis cela avec d’autant plus d’expérience que nombre de mes camarades d’école d’ingénieur exercent leur besogne parmi les entreprises les plus infréquentables à mes yeux. Mais ils sont mes amis…

Fin de la parenthèse. Encore pardon !

Un jour, nous recevons un coup de téléphone. Une agence de communication souhaite organiser une rencontre entre blogueurs écolos influents -quel honneur !- et l’usine Renault de Maubeuge qui s’inscrit dans une démarche environnementale sur deux fronts:

  • l’optimisation écologique du site de production et, perlinpinpin,
  • le lancement de la future voiture électrique Made in La Marque Au Losange.

Bon, nous sommes à Marseille, ca se passerait à la frontière belge. On a donc décliné poliment l’invitation trouvant que la géographie de l’Hexagone pouvait se révéler bien pratique par moment…

Et puis et puis… et puis j’ai été tanné pour tenter l’aventure.

Cédant donc à la curiosité et à l’appel improbable du nom de Maubeuge, j’ai donc accepté en m’assurant de deux conditions. Primo qu’en retour on ne serait pas obligé d’écrire quelque chose. Secundo que si l’on écrivait, on avait le droit de casser du sucre. Tout ceci m’a été confirmé.

Dubitatif, me voici donc Gare du Nord, un lundi matin de Paris.

Dans le train (1ère classe, durée 1h40) je discute longuement avec le responsable communication de Renault. Je cherche à comprendre, j’essaie de percevoir le piège. Manifestement, il n’y en a pas. Ils adoptent, à juste titre selon moi, les techniques de communication à la mode, où l’on fait aussi appel à la communauté du web qui est capable aujourd’hui de créer une opinion, parfois un buzz, à moindre frais que des encarts énormes venant assombrir nos journaux et magazines…

On parle de tout. Un peu de Renault. Un peu d’écologie. On parle de la conquête de l’Amérique. Je lui raconte les thèses Jared Diamond à la fois sur l’effondrement des sociétés mais aussi sur « pourquoi l’homme blanc a gagné ?» 

Ouf, moi qui ne connais rien aux modèles de bagnoles, je vais pouvoir m’en sortir !

Arrivée Maubeuge. Une flotte de trois Kangoo (le fameux ludospace, « véhicule idéal pour les primoaccédants à l’automobile car compromis entre utilitaire et familial»  ) nous transportent de la gare à l’usine MCA.  C’est là que Renault fabrique la Kangoo de A à Z. Pour une ville de 30 000 habitants, c’est 2400 salariés et sûrement des emplois indirects à rajouter. Bref, quand l’industrie automobile va mal, on imagine sans peine que la ville sombre dans la Sambre…

Heureusement pour eux, l’usine va mieux par rapport à l’année dernière qui fut terrible. Au lieu des 200 000 véhicules produits chaque année, 2009 a atteint à peine 120 000 unités. Eux parlent de la crise économique. Moi je perçois les signes avant-coureurs du peak oil, ce fameux pic de production du pétrole. Bref, pour moi la crise économique est un symptôme et non une cause.

Le pétrole, justement on a des idées dessus chez Renault. « Enfin !»  diront les mauvaises langues. Eh oui car en 2011, l’usine de Maubeuge devrait sortir la Kangoo électrique, ce qui serait alors le premier utilitaire accessible et électrique.

Je confesse que n’étant pas partisan de la voiture, je m’emballe peu pour ce genre d’annonce. Car une fois le peak oil périmé, on regardera du côté du peak lithium. Je rappelle qu’il n’existe que deux principales mines de lithium. En Bolivie(convoité par Bolloré et Mitsubishi mais Morales tient bon…) et au Tibet. Et que le prix du lithium a été multiplié par 10 en cinq ans.

22491_BD__45DEFABEBon c’était plutôt secret défense la Kangoo électrique ZE, donc je ne vous fournis que l’image « publique»  si vous voulez voir à quoi ca ressemble.

Allez hop, pendant ce temps, j’enfile un casque, un gilet jaune, des chaussures de sécurité, des lunettes de protection et on s’engouffre dans l’usine.

Tolerie: on découpe et on modèle les plaques d’acier,

Emboutissage: on soude les parties métalliques pour faire une « caisse» 

Peintures: vous imaginez n’est-ce pas

Montage: on clipse et on visse tous le mobilier: la sellerie, le tableau de bord et tout à la fin les roues.

Chaque jour, ce sont 340 tonnes d’acier qui s’engouffrent et qui ressortent sous forme de 630 Kangoo disponibles sous « 4 modèles et 200 colorants disponibles, sans compter les finitions spécifiques sur mesure selon l’envie du client» .

Ces chiffres ne m’émeuvent pas car au fond de moi, j’ai comme l’envie de colmater cette fuite d’animaux à quatre roues, deux élytres et une antenne. Je repense au « pas de côté»  qu’on pourrait faire avec Gébé.

Ici, il convient d’ouvrir une nouvelle parenthèse pour ceux qui seraient choqués que l’on puisse ainsi dénigrer la voiture. Eh oui, dans cette civilisation automobile quoi de plus blasphématoire que de pester contre ce fort efficace engin !

Voici.  Quand on y pense, en tant qu’objet, la voiture est une des plus belles inventions du génie humain. Avec un litre de liquide visqueux (huile… ou pétrole) on peut déplacer une tonne sur 20 km sans se fatiguer. Essayer de tirer une tonne sur 20 km avec juste une bouteille d’eau… Mais en tant que pratique individuelle, la voiture est une aberration. On l’utilise pour tout et n’importe quoi. On finit par se déplacer sans savoir pourquoi. On finit au bout du compte à planifier le territoire en fonction d’elle, rendant du coup ces déplacements inévitables. Et la boucle est bouclé. En quarante ans, nous voici embourbée dans la civilisation automobile.

On ne devrait garder que les véhicules type pompiers, ambulance et utilitaires. Supprimer les autoroutes, rapprocher les lieux de travail des lieux de vie, lutter contre l’évidence qu’une voiture se possède et demander plutôt qu’elle se partage.

D’autres en parlent mieux que moi et l’on peut donc ferme cette parenthèse.

15072_BD_ren2007mcaRevenons à l’usine. Nous voici plongé au milieu d’un ballet fantastique et devant lequel je n’avais jamais pensé que l’on puisse être ému. Celui des robots. On se croirait à Jurassic Park. Tels des animaux au coup de girafe, les petits robots viennent mordre gracieusement la tôle, provoquant parfois des feux d’artifice magiques.

Parfois, on a l’impression que deux robots dansent le tango.

Je me suis fait la réflexion qu’il existait peut-être désormais des ecosystèmes composés de machines. Je me suis aussi rappelé ce constat de Heidegger qui se demandait si la machine n’avait pas dompté l’homme pour qu’il l’améliore sans cesse et assure sa reproduction

J’ai tous les chiffres sur l’usine !

Je ne vous assomme pas avec… mais l’idée à retenir est celle-ci. Entamée il y a une dizaine d’année, la politique environnementale a permis de réduire drastiquement la consommation d’eau et d’énergie ainsi que les rejets de COV (composés Organiques volatils). Les chiffres sont sidérants (en plus d’être sidérurgiques…) Energie -30%, eau -65%, COV -70%, rejets atmosphériques -40%

Tout cela en 10 ans. D’où la question qui fâche: cela veut-il dire qu’avant, l’usine était franchement crado, en tout cas insouciante ? Ou alors est-ce vraiment le top qu’on puisse faire et du coup on se dit qu’il reste peu de progrès à faire ?

Personnellement, avec les chiffres mis à ma disposition, j’ai réalisé que le principal poste impactant l’environnement… c’était la peinture. Et de loin ! Gourmand en eau (il faut laver drainer la peinture en trop), rejetant des saletés chimiques (merci les métaux lourds de BASF, Dupont et PPG) et assez gourmand en énergie (il faut cuire les différents apprêts, les laques, la cire finale), on demande pourquoi tant d’efforts pour avoir du rouge ou du bleu sur sa caisse.

Bref, c’est la chose la moins « utile»  qui endommage le plus. Mais il semble que sortir des voitures « gris acier naturel»  ne soit pas envisageable au service marketing. Dommage.

On finit la visite par LA spécificité du site de Maubeuge: son collecteur d’eau de pluie. Bon c’est tout bête, au point qu’on se demande pourquoi ce n’est pas « la normalité» . Mais soyons fair-play car je peux concevoir que faire adopter une telle nouveauté face à une inertie industrielle, ce doit être un travail de titan. Voilà, il y a 10 ans, ils ont décidé de collecter l’eau de pluie (en plus il paraît qu’il pleut souvent à Maubeuge) ce qui permet de subvenir à un tiers de leur besoin. Pas négligeable donc.

Allez, on peut être fier de ce colllecteur d’eau de pluie !

La visite est finie ! On a été plus que bien reçu par Jean Goutierre (le bien nommé, du coup !), responsable environnement du site. Sur le trajet du retour, au milieu du paysage brique qui dévoile ses charmes, je repense à une discussion que j’ai eue avec lui. Je lui disais qu’il fallait tout de même se poser la question du « faut-il toujours produire plus de voitures ?« .

3274_0076_480Il était fort conscient du problème sociétal. Je crois que parmi certains esprits courageux du monde automobile on s’est fait à l’idée que ce ne sera plus comme avant. Comment pourra-t-on continuer à gagner de l’argent et employer des gens ? Ils y réfléchissent. L’idée qu’il puisse y a voir moins de voiture est envisagée. Si si !

En contreprartie, ils espèrent, je crois, que les déplacements augmentent. Inventer un modèle économique basé sur l’usage plus que sur l’objet ? Tout est possible pour sauver le soldat Auto. Voir leur site Mobilite durable qui ouvre le débat.

Enfin il m’a confié cette prophétie tellement limpide. L’informatique et le numérique remplacent petit à petit l’automobile. Une nouvelle civilisation s’installe, celle de l’Internet et des télécommunications. Aujourd’hui on feint de croire qu’elle pollue peu. Ca change. La consommation des serveurs, une requête sur Google.

Dans quinze ans, mon fils m’interpellera et sera stupéfait que ma génération ait pu considérer comme normal le fait d’avoir chacun un ordinateur, un site internet, un compte Facebook, un Iphone et tutti quanti. Et comment nous avons pu, avec nos autoroutes de l’information, défigurer la planète sous prétexte d’accéder à tous les films en téléchargement illimité et instantané.

Alors, Jean Goutierre me dit qu’il ne voudrait pas que les efforts de l’industrie automobile soient annihilés par l’appétit grandissant du tout numérique.

Bien sûr, il y aura des « optimistes»  qui diront que les ordinateurs propres sont pour bientôt. Tiens, peut-être que mon fils sera invité à visiter une usine de semi-conducteurs verte et qu’il publiera, sceptique, une lettre manuscrite à ses amis pour faire part de ses doutes…

Fin du billet.

Et, par souci de cohérence, fin du blog !


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Ecrit par Baptiste le 11 mai 2010 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Les autres...,Participez,Poïesis,Un peu sur nous
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Quel volcan ?

magma-logoQue de bons mots a fait couler ce volcan islandais !

A vrai dire, en survolant divers articles relatifs à Eyjafjallajokull, je n’ai vu qu’un magma journalistique. Trois choses m’ont particulièrement interpellé:

  1. La polémique sur la question des émissions carbone de l’éruption, qui gâcherait tous nos efforts domestiques (« aujourd’hui j’éteins mes appareils en veille etc…» )
  2. Le consensus sur le fait que le ciel n’a jamais été aussi pur
  3. Le rappel que la nature peut-être l’ennemi de l’homme (entendez… du business !)

Pour la comptabilité carbonique, il serait temps de cesser ces mélanges entre activités humaines et naturelles. Car, avec ce genre de raisonnement, on va finir par pester contre l’évaporation des océans ou le diamètre de l’orbite terrestre qui, s’il avait été plus grand, etc etc.

Le plus amusant, dans cette histoire, c’est que j’ai lu des blogs anti-écolos ironiser sur le fait que les écologistes devraient demander à installer des pots catalytiques sur les cratères. Qu’est-ce qu’on se marre !

D’une manière générale, ces tensions (pour l’instant bon enfant) entre les pro-volcans et les anti-volcans révèlent une fois de plus l’incompréhension de la pensée écologique. Je ne sais pas qui entretient cette idée que les écologistes considèrent la nature comme bonne ou parfaite ! Il suffit de lire n’importe quel philosophe de l’écologie pour se rendre compte que c’est hors-sujet !

Du coup, ceux qui parlent de Terre ennemie (Joffrin) sont franchement pathétiques. Ou alors, on devient animiste sur tout. Un évier bouché ? Les canalisations  sont cruelles ! Un bug informatique ? L’ordinateur est cruel !

Il y a tout simplement la Terre, et nous dessus, parmi tant d’autres éléments, vivants et non-vivants.

Evidemment, personne ne se réjouit que telle ou telle personne soit bloquée. Je connais personnellement une hôtesse de l’air coincée en Angola qui ne va pas voir son enfant qui a quelques mois pendant de longues semaines.

Et pourtant, au niveau global, on ne peut que se réjouir. Un petit test, une répétition générale des crises énergétiques à venir. Car si l’on peut imaginer raisonnablement que la déplétion énergétique entrainera une baisse progressive des transports, on peut aussi penser que certains pics ou certaines crises viendront ponctuer cette tendance.

Lors du choc pétrolier de 1973, on vivait une sorte d’état de crise en France avec des recommandations gouvernementales qui feraient rugir les plus libéraux d’aujourd’hui.

Pour moi, cette parenthèse dans l’agitation générale du XXIème siècle a démontré une chose. Avec moins d’avions, on vit bien ! Le monde peut continuer de vivre.

Il serait souhaitable qu’une panne générale d’Internet survienne pendant un mois. Ainsi, on reprendrait certainement goût à la vie physique, réalisant que la vie numérique est devenue une drogue.

Ce que je trouve le plus beau dans cette histoire c’est que contrairement à ce que l’on dit, ce n’est pas tant le volcan qui provoque cette pagaille, c’est bien plus la poussière.

La poussière ! Cette petite chose insignifiante et stérile. Ce truc qu’on évacue si facilement d’un coup de torchon. Ce truc d’où nous venons et où nous retournerons.

Un grain de sable, c’est déja bien gros pour enrayer la mécanique du monde marchand. La poussière suffit largement à l’affaire !


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Ecrit par Baptiste le 19 avril 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...,Poïesis
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E-Commerce : les solutions sapiens-compatibles

cabas-design-pain-450Quand nous avons commencé eco-SAPIENS, l’affiliation était à peine connue en France mais fort puissante déjà aux Etats-Unis.

L’affiliation ? C’est ce qui permet de rémunérer les sites non pas au clic ou à l’affichage (publicité en somme) mais à la commission sur vente.

Le problème de l’affiliation, c’est que cela nécessite un petit développement chez la boutique. D’où certaines difficultés que nous avons rencontrées au départ. Il fallait non seulement expliquer le principe… mais aussi proposer les solutions.

Par chance, beaucoup de boutiques à l’époque étaient sous un CMS libre appelé osCommerce. Par chance aussi, le module d’affiliation existait… mais il nous a fallu le traduire et rédiger une notice d’installation.

Aujourd’hui, les solutions pour le e-commerce se multiplient et à côté de osCommerce, on voit de plus en plus de Magento, de Prestashop et de VirtueMart. Parallèlement, il y a toujours les solutions privées comme Oxatis, Rentashop et StoreFactory (qu’on ne me parle pas de PowerBoutique avec qui nous n’avons jamais réussi à coopérer…)

Aujourd’hui on en est là:

  1. OsCommerce, c’est toujours un plaisir ! Mais il semble perdre du terrain face aux autres CMS qui semblent plus ergonomiques.
  2. Rentashop, la solution parfaite de notre partenaire impeccable (cf mademoiselle bio par exemple) qui, à n’en pas douter, ira loin !
  3. Oxatis, solution également privée mais dûment éprouvée.
  4. Prestashop qui semble être le CMS de e-commerce à la mode. C’est vrai qu’il est puissant et performant. En plus, il paraît que la dernière version du mois d’août intègre (enfin) un module d’affiliation natif.
    Quant à l’export de catalogue… il failli qu’on se penche dessus. J’espère que notre contribution enlèvera plus d’une épine de plus d’un pied de certains !
  5. Magento a le vent en poupe également. L’export a été développé mais l’affiliation repose sur un module non spécifique. Résultat, le câblage n’est pas encore optimal.
  6. StoreFactory. Là c’est un peu le silence radio ! L’affiliation était censée être développée en 2007. Et les exports se font par envoi de mails.

Au final, on s’aperçoit que les prestataires privés ne sont pas forcément meilleurs que les CMS libres. Mais on se demande pourquoi les modules d’affiliation ne sont pas obligatoires dans la conception d’un logiciel de e-commerce !


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Ecrit par Baptiste le 14 août 2009 :: Classé dans Les autres...,Un peu sur nous
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Pourquoi nous n’avons jamais acheté de mots clés à Google

adwords_minJe ne sais comment aborder ce sujet.

D’abord, j’ai cette peur de noyer le néophyte dans des considérations techniques. On va parler d’Internet, de modèle économique sur le web et aussi de spéculation. On va avancer des idées grinçantes. Et on va prendre un peu de recul sur cette compétition dans la communication, dans cette lutte incessante menée par entreprises, associations et collectivités pour sortir du vacarme informationnelle.

La publicité est un fantôme qui ne vit que parce que nous voulons bien entretenir ce brouhaha de l’information.

Voici pourquoi.

Le marché aux mots clés

Pour ceux qui ne savent pas ce que sont les mots clés Google, un petit résumé s’impose.

Google, c’est avant tout un algorithme de recherche précis, rapide et sémantiquement performant. Tellement fort que c’est le moteur de recherche utilisé par 80% de Français.

Comme le résultat d’une recherche est déterminé purement et simplement par l’algorithme, ce sont les résultats les plus pertinents qui sortent en premier. Là-dessus, un service est offert à l’internaute.

Mais si vous souhaitez apparaître en première page, vous pouvez payer une petite annonce, afin d’être affiché sur la colonne de droite pour le mot-clé de votre choix. On peut même apparaître en haut, mais alors, il y a un petit fond rose pâle avec écrit « liens commerciaux»  pour bien distinguer ceux qui payent de ceux qui sont bien classés (on dit bien référencés). Merci la législation américaine qui a su imposer cette belle idée qu’on ne mélange pas les torchons et les serviettes…

Aujourd’hui presque tous les sites internet achètent des mots-clés. Les marchands bien sûr. Ainsi, une agence de voyage achètera des mots-clés comme Thaïlande, Turquie, Corse… Comptez environ une quinzaine de centimes le mot-clé (s’il est cliqué une fois).

Mais il n’y a pas que les marchands. Les politiques s’y mettent (« retraites»  par exemple), les associations, les multinationales qui n’ont rien à vendre au particulier mais qui, comme dit le slogan, ont des idées ! Par exemple Areva achète beaucoup de « nucléaire»  vu que le réseau sortir du nucléaire apparaît gratuitement en haut vu qu’il est bien référencé…

Enfin, il a les journaux.

Pourquoi les journaux ? Mais pour avoir plus de lecteurs pardi ! Et plus de lecteurs, pour pouvoir toucher plus de recettes publicitaires.

La course aux mots-clés

Bref, si vous avez bien suivi, vous achetez de l’espace publicitaire pour pouvoir toucher plus de sous grâce à la publicité qui est chez vous !

Tordu ? Disons que cela s’appelle de la spéculation. Si vous payez 10 cts le mot-clé cliqué et que le visiteur ainsi hameçonné clique ensuite sur une pub chez vous qui vous rapporte 20 cts… vous gagnez la différence.

Cela peut se révéler compliqué à calculer. Mais l’interface Google AdWords (nom du programme où l’on fait son marché de mots clés) est tellement bien faite que vous pouvez connaître précisément le retour sur investissement. Le ROI (Return on Investment) si vous êtes jargonaute.

Si vous tapez Michaël Jackson, vous avez une ribambelle de media (l’express, voici…) qui cherchent à capter la manne d’internautes qui ont tapé ce nom. Bien entendu, ils ne payent pas car ils ont quelque chose d’important à dire sur le sujet. Ils payent pour gagner en trafic et ensuite voir les marchands de pneu: « regardez comme on a du monde qui vient chez nous ! Du coup, c’est plus cher l’encart pub sur notre journal !» .

Où l’on voit bien que les coûts se répercutent. Plus j’achète, plus j’ai du monde, plus je vends cher. Seuls les plus gros peuvent suivre. Ou ceux qui sont très amis avec le banquier.

Qu’un marchand fasse de la publicité, c’est ainsi et c’est compréhensible. Que les journaux raisonnent en terme de spéculation, c’est une déviance. La finalité n’est plus l’information mais l’audience.

Il y a quelques années, le directeur du magazine LeMonde2 avait avoué que son objectif était d’avoir plus de lecteurs pour vendre plus cher sa publicité. Il confondait donc la fin et les moyens.

Bulle spéculative

En un mot, la publicité s’autonomise. Elle devient sa propre finalité. Peut-on imaginer un monde où tout est gratuit grâce à la publicité ? A priori non puisqu’un moment ou un autre, il faudra bien acheter les produits de celui qui fait la publicité. Produit qui sera logiquement plus cher à cause des budgets publicitaires… D’autant que la concurrence est rude dans ce secteur. Il faut toujours dépenser plus en communication.

Aujourd’hui, c’est 35 milliards d’euros qui sont investis chez les publicitaires (du concepteur au colleur d’affiche, chiffre entendu à La Canalisation) chaque année. Cela fait vivre du monde certes. Mais ce sont autant de sous qui vont dans l’éphémère gaspillage de la lutte pour la notoriété. Et qui auraient pu être investis dans tellement d’oeuvres meilleures.

Il est toujours délicat de séparer une technique de ses applications. Pourrait-on exclure par principe certains types d’annonceurs. Et si un jour, de même qu’il y a des crises financières, il y avait des crises publicitaires ? Car il s’agit bien d’une bulle spéculative qui se crée sous nos yeux. Le seul qui est sûr de gagner à tous les coups, c’est la régie publicitaire.

eco-SAPIENS n’achète pas de mots-clés

…mais c’est pas faute d’avoir essayé !

Alors, pourquoi eco-sapiens n’a-t-il jamais acheté de mots clés ? Avouons-le, c’est d’abord par flemme ! Flemme de devoir calculer si tel mot clé est plus rentable que tel autre*. Flemme de devoir contrôler chaque jour les tendances pour être sûr de n’avoir pas été grillé par un autre site plus malin. Flemme de devoir rentrer dans une nouvelle bataille dans laquelle nous ne nous reconnaissons pas.

Comme l’argument de la paresse convainc rarement notre entourage, nous nous voyons répondre généralement ceci:

«  Mais pour que les gens découvrent eco-sapiens, il faut bien communiquer?» 

Que ce billet puisse leur apporter un élément de réponse plus construit. Même si nous revendiquerons aussi une certaine forme de paresse !

* D’autant qu’on estime à 35% le taux de clics provoqués par les concurrents ! Ah que la guerre économique est jolie…


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Ecrit par Baptiste le 2 juillet 2009 :: Classé dans Débat,Un peu sur nous
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Retro: capture d’écran du site en 2006

eco-sapiens-2006

En deux ans, le site eco-sapiens a donc pas mal évolué…


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Ecrit par Baptiste le 9 février 2009 :: Classé dans Itinéraire,Un peu sur nous
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Quitter Facebook pour plus de lien social

Facebook c’est fini !J’avais prévu de quitter Facebook juste avant Noël pour me faire un joli cadeau ;-)

Autant le dire tout de suite, je trouve que le site Facebook est technologiquement parfait. Simple, direct, ergonomique, pensé « ingénieur»  je dirais. La prise en main fut donc assez facile dans mon cas.

Je reconnais que Facebook peut être utile. Quelques vieux amis perdus resurgissent mais finalement ca ne débouche pas sur grand chose. Les vies s’écartent et ce n’est pas un site Internet qui va unifier des destinées malheureusement parallèles.

Je crois surtout que Facebook a un intérêt dans un cadre professionnel: il s’apparente finalement à un agrégateur de flux où sont rassemblés non pas des sites (blogs, institutionnels) mais des personnes (même si des hybrides apparaissent: groupes, applications)

Ce que je vais regretter le plus, c’est l’application anniversaire… C’était effectivement pratique !

Mais…

Mais Facebook prend du temps.

Facebook est superficiel.

Facebook est intrusif.

Facebook cultive le narcissisme.

Ca rajoute du bruit au bruit. 1% de choses utiles pour 99% de futile. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Donc je me suis dit « c’est le week-end, l’hiver approche, il va falloir penser à mettre un peu de beurre avec des graines pour les mésanges dehors« . A quoi bon « ne pas rencontrer»  toutes ces virtualités au quotidien quand il y a suffisamment de jours dans une année pour rencontrer en vrai des amis, des collègues, de la famille.

Bref, une réflexion très banale et paradoxale (le blog n’est-il pas le meilleur ami de Narcisse ?) qui finit sur une note d’espoir:

Quand la technologie vous happe, la volonté permet encore d’y réchapper.

Ta dam !


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Ecrit par Baptiste le 6 décembre 2008 :: Classé dans Débat,Itinéraire
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