Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

Quelqu’un a-t-il compris la campagne « Tous candidats»  ?

Je vous assure que la question est sincère. Elle l’est d’autant plus que mon respect, ma sympathie et mon enthousiasme pour le mouvement Colibris est fort comme un roc !

Pour ceux qui auraient raté le train, je tente un bref résumé.

Il existe un homme ô combien précieux qui s’appelle Pierre Rabhi. Quiconque assiste à une de ses conférences ou dévore un de ces livres en sort, s’il est normalement constitué et si la société moderne n’a pas trop gâté ce qui lui reste d’humanité, conséquemment bouleversé. Ce vieux bonhomme a un parcours et une philosophie qui font du bien. Tous simplement. Il respire bonté, sincérité et humanisme. C’est un sage. Cela devient rare.

Objecteur de croissance, paysan agro-écologiste, propagateur de « l’insurrection des consciences« , Pierre Rabhi est aussi le fondateur du Mouvement pour la Terre et l’Humanisme dont le but est de partager l’agro-écologie.

Il est aussi l’initiateur du mouvement Colibris, dénommé ainsi en l’honneur de la fable qu’on n’ose plus raconter de peur de paraître tartignolle. Je vous la fais brève parce qu’elle est chouette quand même.

Un incendie dans la forêt. Tous les animaux paniquent. Mais un colibri prend quelques gouttes d’eau dans son bec qu’il jette sur les flammes. Alors aux animaux bouffons et rigolards qui lui demandent ce qu’il fait, le chétif volatile répond : « je fais ma part« .

C’est la fameuse part du colibri. Que l’on peut aussi traduire en termes plus universitaires « simplicité volontaire» . Id est, « déjà change toi toi-même avant de changer le monde« .

Variante gandhienne : l’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre les autres, c’est le seul.

Variante kantienne (amputée d’un bras !) : comporte toi comme tu voudrais que les autres se comportent.

Variante christique (clouée au pilori) : aimez-vous les uns les autres.

J’avoue être d’une ignorance crasse en éthique orientale mais je parie qu’on doit trouver des préceptes voisins chez Confucius, Boudha, Zarathoustra, Kim-Jung-Il ou Lao Tseu.

Le mouvement Colibris est l’orginsation fonctionnelle pour provoquer l’» insurrection des consciences» , c’est à dire aider les gens qui souhaitent se réapproprier leur destin, écologique, social et riche de sens, à se relier et à retrouver l’envie d’agir.

Bref, des gens biens qui changent le monde dans le bon sens et pacifiquement avec la patience et la détermination d’un colibri.

Le petit oiseau va sortir !

Il y a quelques mois, le mouvement a lancé une campagne de communication interpellant tous les Français à se déclarer candidat ! Oui oui à se déclarer candidat. Tous candidat en 2012. Alors bien entendu c’est symbolique. Personne ne va aller à la chasse aux 500 signatures.

D’abord j’ai trouvé l’idée amusante. Plutôt que d’être des millions d’électeurs, nous allons pouvoir renverser les rôles et devenir des millions d’élus.

Puis j’ai cherché dans la FAQ relative à cette campagne, qui consiste à envoyer son affiche électorale sous forme de portrait noir et blanc, quel était au fait l’objectif.

Et la seule réponse concrète que j’ai fini par épouiller est :

« L’objectif de la campagne est de nous faire prendre conscience que nous sommes beaucoup plus nombreux que ce que nous pensons à vouloir ces changements» .

Bigre !

Cela me rappelle un certain pacte lancé il y a à peine un quinquennat. Je veux bien entendu parler du pacte écologique initié par Nicolas Hulot à la précédente élection présidentielle. Ce pacte visait aussi in fine à « compter les troupes« .

C’est donc la grosse interrogation des dernières années. Avant de passer à l’attaque, assurons-nous que nous avons assez de divisions.

Plus que le Vatican ? Voire.

Vous n’êtes pas sans savoir que chaque année, les doctes études sociologiques révèlent que nous sommes 20% de créatifs culturels, cette espèce de masse protéiforme qui peine à prendre conscience de son unité et de son poids.

D’ailleurs si vous voulez savoir si vous en êtes… faites donc ce test chez l’ami Yves Michel.

Voilà voilà, on compte les troupes et on le fait le plus fun possible. Au temps de la gloire médiatique de Nicolas Hulot, on interpellait les politiques en leur demandant de signer le pacte (je le sais ! je les ai vus faire à Marseille !).

Revers de la médaille, ce ne fut qu’une promesse qui n’engage comme on sait, que ceux qui les formulent. Certains accusent l’ex animateur d’avoir paradoxalement liquidé l’écologie de la scène politique.

Désormais, on n’interpelle plus le politique. On ne compte plus que sur les anonymes, les sans-voix, les indignés, les desperados, les colibris de tous nos registres communaux. Avec l’espoir ineffable que si nous sommes suffisamment nombreux à nous tirer le portrait, les politiques ne pourront plus l’ignorer.

C’est une tactique qui est à la fois rassurante et cohérente.

Mais… est-elle efficace ?

J’avoue être mitigé. Je rappelle souvent que la majorité des Français sont contre les OGM mais que ce n’est pas cela qui fait de la France un pays sans OGM. C’est bien la détermination des faucheurs qui a bloqué le processus dans l’Hexagone.

Et, dernièrement, nous avons appris à nos dépends que même un référendum pouvait ne pas être entendu et simplement blackboulé quelques mois après.

Mais je suis fair-play: je soutiens la campagne et en fouillant, on verra même que j’ai envoyé ma binette dans les premiers !

Mais quand la nuit vient, voilà que j’embarque avec Paul Watson. Me voici en train de faire les derniers réglages sur l’un des drones que s’est procuré Sea Shepherd. Plus pratique pour détecter les baleiniers illicites.

Et, hajduk des temps modernes, me voici face aux embruns, prêt à harponner les navires d’un capitaine Achab spéculant sur le cours du sushi…

Alors qui est le plus lourd ? 30 millions de piafs ou une bonne grosse baleine de la famille qui dit « c’est assez»  ?

Verdict en 2012…

c’est à dire maintenant.


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Ecrit par Baptiste le 13 janvier 2012 :: Classé dans Débat,Les autres...,Un peu sur nous
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Blackout dans the idiot cycle

Si j’avais été journaliste, ou mieux encore, chroniqueur, je n’aurais jamais à acheter de livres ni de DVD. Ils arriveraient chez moi, accompagnés de petits mots doux d’un attaché de presse ou carrément de l’auteur.

Evidemment, je recevrais des grosses daubes qui s’accumuleraient alors dans une étagère inaccessible. De temps en temps, j’en offrirai à des amis, me gardant bien de leur avouer que ce n’est que du recel.

Je parle en connaissance de cause car, avec un oncle journaliste, j’ai jadis récupéré les biographies d’Aimé Jacquet et de Thierry Henri. Je ne savais qu’en faire mais, comme il s’agissait -croyais-je- de cadeaux, je les lisais et les conservais précieusement.

Un jour j’ai réalisé la supercherie et j’ai décidé de m’adonner moi-même à cette pratique.

Là où c’est embêtant, c’est quand on reçoit de bonnes choses. On ne sait s’il faut les offrir (de peur que ca ne se perde) ou les conserver (mais alors personne d’autre n’en profitera).

« Or, tout dernièrement, m’étant trouvé sur le point de faire le dernier couac»  j’ai crû bon de visionner un film encore introuvable en France et donc de retourner une saison en enfer…. The Idiot Cycle.

Précisons d’emblée que vous aurez beaucoup de mal à voir le film en France. Et pour cause… il traite d’environnement et ne fait pas dans la dentelle. Il semblerait qu’il y ait des pressions pour qu’il soit introuvable dans notre cher pays qui a vu naître Monsieur Dupont de Nemours (ah Lavoisier, si tu savais pour ta femme… mais je m’égare !)

Autant j’avais été fortement déçu par Severn, autant The Idiot Cycle parvient à ne pas être lourdingue et apocalyptique… alors qu’il y a matière !

Tout part d’une ville canadienne, Sarnia, qui se paie le luxe d’être LA ville pétrochimique du pays… et aussi une réserve d’Indiens Aamjiwnaang. Un peu comme à Gilly-sur-Isère et son proche incinérateur qui améliore nettement le taux de cancer des résidents, Sarnia bat tous les records outre Atlantique. Mais qui se soucie des Algonquins ?

Pas de bol, la réalisatrice Emmanuelle Schick Garcia, alertée par tous les cancers chez ses proches, décide d’enquêter…

Ce que je dis ne pourrait être qu’apitoyant. Mais c’est bien plus que cela. C’est cynique.

« Le Cycle Idiot»  from Mansan on Vimeo.

Le générique introductif fait malicieusement, tandis qu’on déambule avec son caddie dans les rayonnages d’un hyper, des rapprochements plutôt grinçants.

Qui fabrique les pesticides ?
Dow Chemical, BASF, Bayer, Dupont, Astrazeneca, et Monsanto
Qui fabrique les traitements contre le cancer ?
Dow Chemical, BASF, Bayer, Dupont, Astrazeneca, et Monsanto
Qui fabrique les OGM ?
Dow Chemical, BASF, Bayer, Dupont, Astrazeneca, et Monsanto

Jackpot !

C’est cela qui est appelé « le cycle idiot« . Des industries s’enrichissent en développant le cancer, qui est aussi la maladie la plus lucrative du siècle. Aujourd’hui encore le lien entre produits chimique et santé peine à être entièrement reconnu. On cite l’exemple de Dow Chemical qui a fait croire encore croire à Midland Michigan, fief de l’entreprise (1897 !) que la dioxine ne présente aucun risque pour la santé…

Ensuite, on se balade en France, en Italie, en Ecosse etc. Où l’on voit qu’aucun pays n’est épargné par cette espèce d’omerta. Ceux qui nous tuent gagnent aussi de l’argent en nous proposant les soins. Et ils nient. Et ils mentent.

On préfèrerait couper tout, éteindre le post. Faire le blackout.

Le Blackout, c’est le concept de Veja ce jeudi 24 Février !

Comment ca, vous trouvez cette transition tirée par les cheveux ? Tant pis je continue !

Le Blackout donc, aura lieu au Centre Commercial à Paris dans le 11ème. En principe, quiconque rentre… devra amener sa facture d’électricité. Et il ne ressortira pas vivant tant qu’il n’aura pas rejoint Enercoop.

Non mais !

Centre Commercial x Enercoop : Blackout from Centre Commercial on Vimeo.


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Ecrit par Baptiste le 18 février 2011 :: Classé dans Itinéraire,vidéo
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Prévisions sur ce qui va se passer sur le gaz de schiste

C’est le nouveau combat.

Oui je sais, sur bien d’autres fronts, les tranchées sont encore ouvertes : OGM, nucléaire, pesticides, huile de palme, poissons, etc… Sans compter toutes les batailles locales : l’aéroport de Notre-Dame des Landes, le loup dans les Alpes, l’ours dans les Pyrénées, l’incinérateur de Fos, l’EPR et le centre d’enfouissage, le projet ITER…

Alors quand l’ennemi fait diversion, est-ce vraiment judicieux d’entamer une nouvelle ligne ? Tout bon tacticien sait qu’il vaut mieux concentrer ses forces pour mieux écraser, l’une après l’autre, les armées essaimées par l’adversaire.

« Bataille» , « combat» , « front» , « tranchée» , « ennemi» , « armée» . Le langage martial est-il bien judicieux lorsque l’on parle d’environnement ? En recourant, plus ou moins inconsciemment, au vocabulaire militaire, ne sommes-nous pas en train de diaboliser celles et ceux qui ne font que leur boulot ? Et surtout, ne risquons-nous pas de passer pour des fanatiques ?

J’ai employé à bon escient la métaphore guerrière pour rappeler un fait bête et méchant. Mais comme c’est dans l’ère du temps, mieux vaut être clair et net.

Plusieurs évènements tendent en effet à laisser accroire que le terrorisme écologiste existe.

On connaît la chansonnette : après Al Qaïda, l’écolo serait la deuxième menace terroriste en ce monde. On tremble !

Mettons donc les points sur les i : personne n’a jamais été tué par un écologiste. Que l’écologie soit une menace (pour l’ordre établi, la cupidité des intérêts privés, etc) c’est certain. Que certains mouvements écologistes, formels ou informels, aient déjà dégradé ou détruit des bâtiments oui aussi. Dans le jargon, on dit plutôt « neutraliser» …

Alors on se braque sur les mouvements de libération animale qui menacent les laboratoires d’expérimentation.

L’écrivaillon et diplomate Jean-Christophe Rufin avait d’ailleurs commis un roman à ce sujet. Le plus inquiétant est que l’académicien confondait sa fiction avec la réalité. Déballant toutes ses inepties à la télévision, c’est finalement Michel Polac qui lui répond (cf cet extrait, à 5min 54sec) que bon, l’écologie profonde, c’est plutôt petit et pas très grave par rapport à, par exemple, les anti-avortements américains.

Et Polac ajoute nonchalamment:

« Mais bon, les écolos n’ont pas commis de crimes comme les fondamentalistes.» 

Et Rufin de rétorquer

»  – Bien sûr que si ! Les écologistes radicaux tuent !» 

Là le lecteur attentif que je suis cherche donc le fait qui étaiera un tel propos. Le voici ! Des membres du FLA qui vont traire les vaches au Kosovo sous les bombes. Je n’invente rien. Rufin, quand on lui demande les crimes qui démontrent que les écologistes sont dangereux, ils invoquent deux trois péquins partis traire les vaches au risque de  leur vie.

L’Académie est pleine de gens irremplaçables…

Fin de cette parenthèse sur la prétendue dangerosité d’un mouvement qui d’ailleurs devrait plutôt déplorer sa non-violence au point d’avoir subi les bavures de l’armée ou des renseignements généraux.

Ah non encore autre chose ! Vous avez lu cette histoire de l’infiltré des services secrets anglais qui non seulement n’a pas trouvé que les écolos radicaux étaient des tueurs potentiels, mais surtout a fini par embrasser la cause environnementale. On rêve d’une situation inversée où un écolo infiltrerait nos services secrets… et leur retournerait le cerveau.

Alors pourquoi aujourd’hui les gaz de schiste ?

A vrai dire, quand on est submergé chaque jour par les mauvaises nouvelles, on finit par se forger une sorte de carapace qui devient fort commode pour ne plus rien faire. Tout est perdu alors à quoi bon lutter. Mais avec les gaz de schiste, je ne sais pourquoi, je reprends espoir. Ce n’est pas « nouveau»  et il n’y a donc pas besoin de débalterer scientifiquement. Cf débat sur le nucléaire, les OGM ou les nanos où, à chaque fois, on tombe dans le débat d’expert, qui ne fait que contourner le véritable problème.

Là il s’agit de gaz. Celui qu’on connaît. Certes, la méthode d’extraction est nouvelle. Et on peut effectivement vouloir débattre des aspects techniques. Est-ce sans danger ? La réponse est non bien évidemment. N’en déplaise aux gaziers américains qui viennent de publier un communiqué s’indignant de la nomination du documentaire Gasland aux Oscars. Et maintenant les stars canadiennes qui réalisent un clip contre le gaz de schiste au Québec. En France, ce sont les communes concernées par les permis d’exploration qui se soulèvent.

Bref, ca ne sent pas bon et les géants du gaz l’ont compris. Alors, il faut plier le débat. Et ne pas rentrer dans l’argumentaire technique. Juste dire que si l’on en vient à prospecter ce gaz, c’est donc que le gaz conventionnel s’épuise. Et de se demander, une fois le gaz de schiste épuisé, que restera-t-il ? Et donc de démontrer que ce n’est qu’une fuite (de gaz !) en avant.

Chaque jour, 1000 personnes signent la pétition en ligne lancée par Bové et Nicolino. Ce n’est pas grand chose mais c’est le préambule avant le face à face. Politique d’abord. On vainc l’ennemi d’autant plus facilement qu’il n’a même pas commencé à mettre le pied dans la porte.

Cette bataille est gagnable aisément.

Il ne tient qu’à nous de prendre les devants.

PS: Vive le Québec libre !


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Ecrit par Baptiste le 27 janvier 2011 :: Classé dans Débat,Les autres...,Participez
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Comme pris d’un doute avec Philips

Prenons un peu de recul…

Il existe dans ce monde une grande entreprise, d’origine néerlandaise, qui s’appelle Philips. Le grand public la coudoie par ces produits électro-ménagers mais aussi pour son label musical (du classique). On connaît aussi Philips par ses activités dans le domaine médical (appareils d’imagerie) et en tant que principal constructeur de demi-conducteurs.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il y a deux gammes de produits où la marque domine tous les autres. Les ampoules basse conso et les biberons (via sa marque Avent).

Ce mercredi 23 Juin, suite à l’avis rendu par l’AFSSA, l’agence française sanitaire, le fameux Bisphénol A est interdit. D’abord, vous remarquerez que vous pouvez continuer à acheter des articles avec bisphénol A. En clair, c’est interdit mais on peut continuer à en vendre

C’est une fabuleuse épopée que celle du bisphénol A. D’abord car on suspecte cet additif aux plastiques d’être dangereux depuis 80 ans. Mais c’est vrai que c’est bien pratique, alors l’inertie industrielle et mercantile a réalisé des tas d’études, avec diverses agences sanitaires (la plus connue étant la FDA américaine, dont on a reparlé avec les histoires de Monsanto) le tout pour montrer qu’avec les quantités employées, y a pas de danger.

C’est possible.

D’autant que le BPA n’est pas que dans les biberons, il est surtout dans le revêtement intérieur des boites de conserve. Mais ca, bizarrement, c’est moins évoqué.

Alors un jour un pays a dit « ca suffit ! On interdit« . C’est la Canada qui a inauguré la voie le 18 avril 2008. Suivi quelques années plus tard par les Etats-Unis (5 mars 2009). Curieusement, la marque Avent (propriété de Philips, donc) ne se cache pas d’avoir des biberons sans BPA disponibles dans ces deux pays depuis 2008 mais cela a tardé pour la France.

On imagine que l’entreprise se plie aux normes spécifiques de chaque pays. Comme disait Pascal… « Vérité en-deça des Pyrénées, erreur au-delà« . Sauf que… en terme de santé, on ne comprend pas bien pourquoi on continue à vendre des produits dangereux pour les bébés français là où les bébés nord-américains sont épargnés.

A l’époque où eco-sapiens relayait cette histoire de BPA (en mai 2008, pionniers ?) j’avais regardé l’argumentaire de Philips. Il a disparu et c’est dommage car j’aurais bien aimé voir le changement de discours. Aujourd’hui, c’est disponible à cette adresse. En clair, Philips fait tout pour passer au BPA-Free et donc, progressivement, le BPA va disparaître. N’est-ce pas une manière de reconnaître que ce produit n’est pas si inoffensif tel qu’il fut présenté l’année dernière ?

On peut aussi se dire que c’est l’AFSSA qui a été moteur. Celle-ci fanfaronne en appelant une mobilisation de l’industrie (…) pour mettre au point des substituts du BPA pour les usages alimentaires.

Rappelons que le Canard Enchaîné avait épinglé au départ l’agence pour collusion d’intérêts: certains experts avaient une deuxième casquette dans l’industrie du plastique. Un peu comme la FDA et l’évaluation des OGM (cf le documentaire de M-M Robin).

En même temps… reconnaissons qu’il n’y  pas meilleur expert que quelqu’un qui a fait carrière dans le secteur concerné. C’est toute la difficulté du monde politique à pouvoir créer des organismes indépendants qui disposeraient d’autant de moyens que les multinationales. Saviez-vous que l’IFREMER a été co-financé par Total pour évaluer l’impact de la marée noire Erika, payée par AREVA pour évaluer la radioactivité au large de la Hague ?

Je ne dis évidemment pas qu’il faille pour cela dénigrer nos chers instituts « indépendants» . Il n’y a pas corruption généralisée. Il y a juste des gens qui, par la force des choses, se côtoient, apprennent à se connaître et peuvent parfois verser dans une certaine empathie, et donc une certaine indulgence.

Le principal problème, c’est que le citoyen s’imagine que la science est neutre et définitive. Or elle est temporelle, géographique, culturelle, sociale et, lâchons le mot, humaine.

L’anecdote BPA suffit à montrer la malléabilité du concept innocuité selon les pays et les âges…

Mais au fait, les ampoules basse conso Philips ? Eh bien, j’ai comme le sentiment vague et improuvable que l’histoire se répète. Pour favoriser le business des ampoules basse conso, on établit des lois visant à interdire les perfides ampoules à filament. Oh il a suffi de quelques mois pour que la polémique sur ces nouvelles ampoules enfle. Mercure, rayonnement, problème du recyclage… Mais c’est trop tard. A la rigueur, on interdira les fluo-compactes pour imposer les LEDS.. quand les fabricants seront prêts !

Alors on se demande si ce sont les industriels qui s’adaptent aux lois ou si ce sont les lois qui organisent l’obsolescence générale pour le bonheur des marchands.


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Ecrit par Baptiste le 24 juin 2010 :: Classé dans Débat,Participez
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Mort aux vaches et morts au champ d’honneur

5361_d334_480J’ai eu la chance d’assister à l’avant-première du film de Coline Serreau. Pour ceux qui l’ignorent, la réalisatrice de « Trois hommes et un couffin»  sort aujourd’hui Solutions Locales pour Désordre Global qui est un film-documentaire sur l’agriculture.

Dit ainsi, cela semble peu aguicheur. Car au fond, qui s’intéresse aux agriculteurs ? Car qui rêve de devenir agriculteur ? Oui eux, je sais, mais bon…

Le film débute avec des plans très rapprochés sur des museaux. Pendant 5 minutes, sur fond de trio à cordes, on est collé à des groins, des gueules, des narines touffues, des yeux rieurs comme peuvent rire les animaux de ferme.

Et puis l’histoire de l’agriculture moderne commence. Oh bien sûr une telle version de l’histoire ne sierra pas aux techniciens de l’agronomie d’aujourd’hui. Et pourtant, tout ceci est fort bien connu et fort bien prouvé. Même Liebig, père de l’agriculture moderne le présentait

L’agriculture moderne est une agriculture de guerre. C’est avec la Grande Guerre que l’on a pu expérimenter et développer tout ce qui allait devenir intrants, engrais, pesticides, herbicides et fongicides. Si vous ne saviez pas, allez voir au cinéma !

Le film parle moins du sort des animaux pour se concentrer sur la terre, le sol, l’humus. On entend toujours avec plaisir Claude Bourguignon expliquer comment l’étude des sols (sa micro-biologie) a disparu de l’enseignement agricole. Aujourd’hui, on exploite des sols morts qui ne tiennent qu’à coup de produits chimiques. Lui parle de gestion de pathologie végétale.

utopiaLors du salon Planète Durable, j’ai eu l’occasion d’échanger vivement avec la responsable Environnement du CIV (Centre d’Information sur les Viandes, qui vise donc à informer sur la viande). Cet organisme est la représentation des éleveurs français, spécifiquement vache et mouton. Bref, on ne mélange pas les cochons avec les bavettes !

Inutile de préciser que la sortie du livre à charge Bidoche, de Fabrice Nicolino, sur l’industrie de la viande, a fait bondir plus d’un éleveur. Il fut assez long d’expliquer à mon interlocutrice que, selon moi, Bidoche n’est pas un livre contre les éleveurs. Ce qui est dénoncé c’est un système.

Car mettons nous à la place d’un agriculteur français d’aujourd’hui, qui choisirai la voie « conventionnelle» .

  1. Il est trimballé au gré des allocations de subventions européennes et françaises (par exemple le maïs il y a une dizaine d’années)
  2. Il est étranglé par les négociations des centrales d’achat de la grande distribution
  3. Il est sommé par les consommateurs exigeants de fournir des produits sains, de ne pas polluer les cours d’eau etc

D’où l’on tire comme conclusion que l’agriculture française n’est pas viable économiquement, ne suffit pas à l’autosuffisance alimentaire du pays et n’est pas durable.

Cela change. Lentement. Trop lentement.

Je ne cherche pas à ce que l’on plaigne les agriculteurs et les éleveurs. Mais il est aussi trop facile de les accuser. Nous sommes clairement embarqués sur la même galère et nul doute que dans la même situation, nous n’aurions peut-être pas agi mieux.

Pour moi, en étudiant les conditions historiques et idéologiques de l’élevage (abattoirs de Chicago, peur du manque dans l’après-guerre…) le livre de Nicolino dit la même chose. De manière regrettable, les corporations concernées l’ont ressenti comme une agression.

L’agriculture moderne est un secteur, parmi d’autres, saccagée par l’arraisonnement humain du XXème siècle.

Arraisonnement ! Le terme n’est pas trop fort quand on voit les aberrations patentes des lois actuelles.

Quand on déclare illégale telle variété de pomme de terre qui a nourri l’Europe pendant des siècles; quand des firmes souhaitent interdire le commerce de semences traditionnelles sous prétexte qu’elles ne dégénèrent pas;  quand ces mêmes firmes tentent de faire interdire le purin d’ortie; quand on nourrit des vaches avec des restes d’animaux…

Si ce n’est de la folie, comment appeler cela ?

moutonsPhilosophiquement parlant il est toujours difficile de voguer entre responsabilité systémique et responsabilité individuelle. En d’autres termes, il est plus prudent de dire à son interlocuteur: « ce n’est pas ta faute si tu agis mal, c’est le système» . Ca déresponsabilise et ca le soulage ! Nous sommes donc condamnés à nous accuser les uns les autres: soit nous ne sommes pas vertueux (mais nous sommes libres), soit nous ne sommes pas libres (et nous serions vertueux sinon…).

Et pourtant système il y a !

Au Monopoly, vous pouvez être quatre amis fort gentlemen et vertueux, vous constaterez que les pauvres s’appauvrissent et que les riches accumulent à toute vitesse. Et bien depuis de longes années, nous jouons au Monopoly in vivo. La règle étant simple: « les plus riches peuvent se servir dans la banque de la Nature tant qu’il y en aura« . A celà s’ajoute une bonne dose de foi dans le progrès technique, le graal aveuglant derrière lequel nous courrons pour résoudre tous les problèmes planétaires…)

Coline Serreau, le CIV, Bidoche, le Monopoly… où en étions-nous ?

Ah oui ! Nous voulions prévenir les lobbyistes agricoles, les détracteurs de la bio et autres contempteurs de l’écologie qu’en incendiant le film de Coline Serreau (ils vont le faire je n’en doute pas, et ca va être musclé  !) ils se trompent de combat.

Car le film est résolument tourné vers les alternatives et l’espérance. Ici, on ne dénonce personne ad hominem.

Ici on dit « regardez ! il y a des gens qui font autrement. Ca marche et en plus… ca paraît sensé» .

Merci donc pour cette piqure de rappel et pour tous ces gros plans sur les vaches !


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Ecrit par Baptiste le 7 avril 2010 :: Classé dans Botaniqus,Débat,Itinéraire,Les autres...,Participez,Poïesis
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Le faux débat sur les nanos

L1003279Mardi soir, j’ai eu la chance d’assister au débat public sur les nanotechnologies au Palais du Pharo  à Marseille. Ou plutôt de ne pas y assister puisque ce débat n’a pas eu lieu.

Pour ceux qui ne sont pas au courant, disons qu’ils sont tout à fait pardonnés puisque les medias ne parlent absolument pas de cette consultation nationale. Pourtant, la commission est forcément passée près de chez vous puisqu’elle sillonne depuis deux mois la France entière. Sait-on que ce vaste débat a été décidé par le Grenelle de l’Environnement ? Sait-on qu’il aura coûté plus de 2 millions d’euros… pour rien ?

Sur eco-SAPIENS, nous avons relayé le relatif succès de cette initiative
Sur d’autres medias moins regardants, seul aura été relayé le communiqué de presse initial annonçant l’ouverture du débat public. Puis, pas un mot sur leur déroulement !

En réalité, il faut bien avouer que les millions d’euros dépensés pour organiser ce tour de France participatif n’ont servi qu’à révéler cette majorité silencieuse, prête à perturber chacune de ces rencontres. Perturber jusqu’à faire annuler ces débats: dans près de dix villes, le chahut et les banderoles ont tout simplement fait capoter la soirée.

Pendant la réunion à Marseille, 120 personnes étaient présentes dans le public. Malgré la fouille, les vigiles et une poignée de manifestants refoulés, 80 « anti-nano» s’étaient glissés dans la salle. 20 personnes étaient chercheurs ou affiliés au domaine des sciences concernées par les nanotechnologies. 20 personnes semblaient être venues par hasard (il s’avère qu’ils étaient étudiant ou dans la recherche).

Je me suis amusé à interroger quelques chercheurs aux tempes grisonnantes pour savoir s’ils comprenaient ce refus de débattre chez les anti-nanos. Je ne sais pas s’ils ont senti que j’avais été moi-même ingénieur-recherche en physique. En tout cas, ils se sont livrés.

Et là stupéfaction ! Ils m’ont dit clairement tout le mal qu’ils pensaient de ces personnes anti-démocratiques qui ne voulaient pas essayer de comprendre les enjeux. Comme je suis assez familier de la littérature anti-nanos, je leur ai demandé ce qu’ils pensaient des critiques formulées  à l’encontre des nanotechnologies et à l’encontre de cette commission (tout ceci est disponible sur Internet).

A vrai dire, ils n’avaient jamais pris la peine de prendre connaissance de ce genre de critiques. Une démarche pas très « scientifique»  je dois avouer. En général, un phénomène qu’on ne comprend pas, on se documente, on l’approfondit et on fait son opinion… Là, l’opinion était toute faite. Obscurantistes (sic!), anti-démocratiques, enfants gâtés qui ne connaissent pas la chance qu’ils ont de pouvoir débattre dans un pays libre. Etc.

Passons…

Personnellement, je trouve dommage que pas une figure écologiste ne mentionne ce débat. Il n’y a que les Amis de la Terre qui, après avoir été invité à y participer,  ont finalement décidé de se retirer de ce débat. Philippe Dieudonné, président de la Ligue des Droits de l’Homme à Marseille, qui était présent comme caution « morale»  à côté des experts ingénieurs et militaires, a lui aussi quitté la scène.

Mais sinon personne ! Ni ONG ni parti ni syndicat. Or, la critique du « bluff technologique»  est presque concomitante de l’écologie politique. Refus de voir la technique devenir finalité. Refus de jouer avec des outils aux potentialités telles que tout dégat semble irréversible, que toute liberté semble vouée à être bafouée.

Mais c’est vrai qu’après le nucléaire, les OGM, les pesticides… les nanos ouvrent un front supplémentaire et que, ne sachant plus où donner de la tête, ceux qui défendent l’esprit de la vie finissent par s’épuiser.

Courage !

PS: pour ceux qui n’ont jamais entendu parler de la critique technologique, il y a le livre de Jean-Luc Porquet sur Jacques Ellul. Pour la critique des nanotechnologies, une abondante littérature est disponible sur Internet ou aux éditions L’échappée.

PPS: pour ceux qui pensent que les anti-nanos sont des obscurantistes, des dictateurs ou des fous, il n’y a pas grand chose à faire sinon se documenter un peu…


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Ecrit par Baptiste le 25 janvier 2010 :: Classé dans Itinéraire
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Après l’huître en tube, le poulet en canette

Ils ont osé ! Ils l’ont fait !

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Vu sur ce site américain, un poulet entier en conserve. N’hésitez pas à aller cliquer pour vous délecter des photos de la bête engluée (est-ce de l’huile? est-ce de la gélatine ?).

Quand on y pense, chez les animaux, le poulet est vraiment le premier qui trinque. Dans le monde de l’élevage, c’est certainement celui qui prend le plus cher : antibiotiques, entassement effroyable, limage de bec… Les éleveurs producteurs de poulets ont-ils encore une approche paysanne ? Bien sûr que non.

Quant à ces pionniers américains de la conservation & distribution, je peine à imaginer ce qui a pu se passer dans leur tête. Car enfin bon ! Pourquoi cela me brusque-t-il ? Suis-je à ce point à rebours du progrès pour ne pas m’enthousiasmer devant un tel fonctionnalisme. 52 conserves, 52 poulets du dimanche ! Plus que du dégout, c’est de l’incompréhension. Pourtant, on fait bien du confit d’oie en conserve. Alors pourquoi pas un poulet entier ?

Suis-je bête ?

Je cherche, je cherche. Pourquoi ça coince ? Je cherche pourquoi il y a rupture.

« Ne sachant m’expliquer sans paroles païennes, je voudrais me taire.» 


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Ecrit par Baptiste le 16 novembre 2009 :: Classé dans Débat,Poïesis
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Gueule de bois de Grenelle

Grrrenelle de l’environnementNous allons bientôt fêter le premier anniversaire du Grenelle de l’Environnement. En Octobre 2007, de nombreuses voix dénonçaient la supercherie. Un contre-Grenelle de l’environnement, initié par le journal la Décroissance, avait bien entendu obtenu des retombées médiatiques moindres que ce qui se négociait entre industriels, syndicats agricoles, collectivités et associations environnementales.

Les écologistes, élus et non élus, y allaient à tâtons mais semblaient de plus en plus se réjouir. Il semblait qu’enfin, la France allait passer au vert. Plus d’OGM, plus d’autoroute, moins de pesticides, plus d’isolation, plus de renouvelables, des eco-taxes. On pouvait bien sacrifier le nucléaire à tant de promesses victorieuses.

Hors aujourd’hui, la blogosphère fait preuve d’amertume et de désillusion. Six pieds sur Terre (blog de Laure Nouhalat, journaliste à Libération) ironise par exemple sur la taxe des fourchettes en plastique. Et les commentateurs du billet de savoir si résoudre 0,25% du problème et s’en réjouir c’est « déjà çà»  ou c’est « pathétique» .
Révolution vs Résolution.
Moitié vide vs moitié plein.
Cassandre vs Eternels optimistes.
Débat a priori sans fin.

Mais c’est vrai qu’un constat du Grenelle s’impose:

  • Quid des récentes mesures visant à freiner l’essor de l’éolien ?
  • Quid de la publicité / greenwashing jamais sanctionnée ?
  • Quid du tronçon A65 Pa-Langon qui peut déprotéger des espèces protégées ?
  • Quid des doses de pestcicides plus souples (bon d’accord c’est une décision européenne… mais la France était censée réduire de moitié sa consommation de pesticides)
    « 50% de l’utilisation des pesticides dans un délai de 10 ans et interdiction des 53 molécules les plus dangereuses dans un délai de 5 ans» 
  • Quid des OGM et de leur cartographie publique ?
  • Quid du chantier de rénovation pour une meilleure isolation ?

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Ecrit par Baptiste le 15 septembre 2008 :: Classé dans Débat,Les autres...
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Un Samedi d’eco-SAPIENS à Marseille

Ce WE fut riche en évènements citoyens, militants, festifs pour les eco-SAPIENS. Et la semaine qui démarre semble touffue également.

velorutionSamedi, le rassemblement de vélo pour tester les pistes d’un Autre Marseille, fut très convivial. Bien que démarrant très tôt, nous avons pu dire bonjour au marché de la Plaine. Nous avons reçus des encouragements pour continuer sereinement notre balade. Ensuite nous avons emprunté les pistes ‘officielles’ du boulevard Longchamp. Très agréable, bien que les plots jonchent la piste en de nombreux endroits et oblige à quelques slaloms !
OGM bouh
En redescendant la Canebière nous avons rencontré Greenpeace et sa campagne : OGM – j’en veux pas ! Et rencontrer un militant voyageur occitan pas encore convaincu de l’arrivée des vélos dans la ville.

Continuant notre chemin, nous avons ensuite escorter les clowns et les membres du Collectif anti-incinération de Marseille.

alliance pour la planète
Lors de nos déambulations sur le Vieux Port (ensoleillé) nous avons croisé la route de Ségolène Royale lourdement escortée par ses gardes du corps et journalistes.Elle est bien venue vers nous, mais suite à quelques bousculades entre vélos et caméramans, notre candidate ne s’est pas exprimée. Notons que sur les questions environnementales le PS est noté 13/20 par l’alliance pour la planète. Peut mieux faire…

Contre l’énorme incinérateur prévu à Fos sur mer (loin de Marseille pour écarter le problème), nous vous invitions à signer la et au Préfet et à participer à la Conférence du Professeur Dominique BELPOMME ce vendredi 30 mars à la Timone sur le thème L’Homme malade de son environnement. Mr Gaudin nous a dit attendre des arguments clairs et hors querelles politiques locales contre l’incinérateur. Elles seront exposées lors de cette réunion débat.

Pour le reste de l’agenda militant je vous propose de retrouver l’agenda de Mille Babords, avec notamment l’eco-festival de Luminy, et la poursuite du cycle OGM de l’Equitable Café.

Bonne semaine à tous, que nos mobilisations soient nombreuses et festives !

Un eco-SAPIENS à Marseille !


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Ecrit par Baptiste le 26 mars 2007 :: Classé dans Itinéraire
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