Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

Publication du scenario NegaWatt : la guerre des prospectives énergétiques est lancée

En routeAprès 14 mois d’études, d’états de l’art des technologies et de savants calculs… l’association NegaWatt a partagé le 29 septembre son scénario 2011, applaudi par une salle comble de plus de 500 personnes.

Exercice le plus solide et abouti à ce jour, ce scenario s’inscrit dans la guerre des prospectives énergétiques 2050, lancé sur fonds d’enjeux industriels et électoraux, de crise économique et climatique.

Suivront -au minimum- les prospectives des Verts, du Parti Socialiste, de la Commission BESSON « Energie 2050 », et bien entendu, des visions futures divergentes de la France.

Confronté à ces buzz médiatiques, comment naviguer dans toutes ces paroles assurées d’experts ?

Pour réduire vos chances d’enfumage, je vous propose 5 questions basiques à se poser la prochaine fois qu’un expert vous assènera un message.

Ces 5 questions pratiques seront alors illustrées dans deux cas pratiques.

  1. Qui porte le message : à quel milieu appartient cette personne, qui dit-elle représenter, qui la nomme, et qui la paie ?
  2. Précise-t-elle des sources ? sont-elles vérifiables et crédibles ?
  3. Quelle idéologie sous-tend son propos ?
  4. Interpelle-t-elle mon libre arbitre, mes désirs ou mes peurs ?
  5. Qu’est-ce que cela signifie pour mes enfants ?

Le 22 septembre, la Une du Figaro annonçait que la sortie du nucléaire couterait 750 Milliards d’Euros à la France.

  1. Le messager : M. Bernard BIGOT, ancien Directeur du CEA (Commissariat à l’Energie Atomique), nomme par N. Sarkozy en 2009 administrateur général du Commissariat à l’énergie Atomique (CEA), et par décret administrateur d’AREVA NC
  2. Sources : un calcul de coin de table, rapportant le coût annoncé en Allemagne (250 Mds d’Euros) au nombre de réacteurs en France
  3. Idéologie sous-jacente : sortir du nucléaire n’est pas une option, surtout en période de crise et de surendettement de la France, mieux vaudrait sécuriser et prolonger… sans mentionner de coût cette fois-ci !
  4. Interpellation : craignez, pauvres hères, que les Ayatollahs verts ne grèvent lourdement le budget, pénalisent notre économie, et nous renvoient au Moyen-Âge.
  5. Et mes enfants ? Ils auront certes encore un peu d’énergie nucléaire, mais surtout des risques, des contaminations et un parc entier de centrales à décommissionner.

Le 29 septembre, NegaWatt annonce une possible sortie du nucléaire en 23 ans

(et annonce diviser les émissions de CO2 par 16 à l’horizon 2050, grâce à une trilogie sobriété+ efficacité + énergies renouvelables)

  1. Le messager : un panel d’une dizaine d’experts, bénévoles mais engagés, et joyeux, représentant un collectif d’un millier de praticiens, ingénieurs, architectes, urbanistes, sociologues…
  2. Sources : 14 mois de réactualisation du scenario 2006, les états de l’art, statistiques officielles (AIE, INSEE, etc.), des études concomitantes (Solagro, CIRED etc)
  3. Idéologie : remettre les citoyens au cœur du développement des territoires, en relocalisant les productions, et en tendant vers une souveraineté énergétique, renouvelable, décentralisée, diffuse, que s’est appropriées la population.
  4. Interpellation : les solutions techniques sont éprouvées et les hypothèses du scenario sont conservatrices. C’est donc juste une question de choix politique.
  5. Pour mes enfants : 750 Mds d’Euros d’importations de produits pétroliers évités d’ici 2030, et plus de 600,000 emplois verts nets créés. C’est-à-dire un projet de société qu’il m’appartient de construire au mieux.

Quand est-ce qu’on commence ?


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Ecrit par Minh le 3 octobre 2011 :: Classé dans Ad Hominem,Débat,Les autres...
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Quoi de plus normal que des germes dans des graines germées

Ding dong !

J’ai un Coli pour vous ! Un Escherichia Coli.

Ding Dong !

J’ai entendu que les graines germées étaient contaminées.

Or, qui mange des graines ? Ce sont les Bio Bobos.

Et ca venait d’Allemagne où ca mange bio dans chaque Länder. Je ne vous traduis pas l’expression manger des graines en allemand. Ce serait indécent… Le mot Samen comporte en effet un deuxième sens que la déontologie m’empêche d’expliciter.

Bref. Après la mélamine dans le soja, voici donc le germe dans la graine germée.

Et hop la suspicion s’installe ! Et dans l’inconscient collectif, plutôt que de tuer le concombre espagnol (Almeria ?), on introduit subrepticement l’idée que manger bio n’est pas sans risque. Que les filières industrielles sont peut-êtres plein de pesticides mais qu’au moins tout est irréprochable d’un point de vue sanitaire.

Canard LaspidAlors que dans la bio, les conditions d’hygiène laissent forcément à désirer.

Si le ministère a débloqué des fonds pour sauver les producteurs de concombre et de salades, ca m’étonnerait qu’il mette la main à la poche pour compenser le naufrage annoncé des vendeurs de graines germées… et des agriculteurs bio en général.

Tout ceci est d’autant plus absurde que les médias n’ont fait que répeter en boucle la même information: « des graines germées. Nord de l’Allemagne. Graines germées. Allemagne.» 

Mais à eco-SAPIENS, nous pouvons vous confirmer que le producteur incriminé travaille effectivement en bio. Quelles graines germées au fait ? Alfalfa ? Du soja (ou pour être exact du haricot mungo, cette confusion fait partie des grands mystères de ce monde…) ? Nous ne le saurons pas.

Mais si l’on va sur le site de Gärtnerhof Bienenbüttel, on voit explicitement le coupable :là, ce chien qui se balade innocemment dans les champs. Le voilà qui s’apprête à intoxiquer les Teutons !

On aurait aimé voir tant d’émotion politique lorsque la grippe aviaire sévissait dans les poulaillers industriels d’Asie.

Ah mais non, rappelez-vous, on nous disait de nos méfier des canards sauvages !

Et pendant ce temps, on parle de réintroduire les farines animales… Cherchez l’erreur !

Crédit Photo: Laspid Canard du Lundi

PS: Plus sérieusement, quelques conseils à propos des graines germées sont disponibles sur eco-SAPIENS.


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Ecrit par Baptiste le 10 juin 2011 :: Classé dans Débat,Poïesis
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Qu’est-ce que l’écologie ? Qu’est-ce que la politique ? Qui est Hulot ?

Comme à son habitude, eco-SAPIENS ne parle pas de politique. Tout du moins de parti politique.

Alors, à l’heure où tous les medias ont décidé de consacrer leur une à la candidature aux primaires pour la présidentielle de Nicolas Hulot, j’ai en tête les premières phrases de Bruno Latour. Dans « Politique de la Nature»  , il entame ainsi:

Que faire de l’écologie politique? Rien. Que faire? De l’écologie politique!

Je me dis que pour qu’une célébrité comme Nicolas Hulot finisse par céder aux sirènes de l’investiture suprême, c’est qu’il est parti du même constat. Comment se fait-il que l’écologie politique jusqu’à présent en France n’ait jamais pu rassembler plus de 5,25% aux présidentielles (Noël Mamère en 2002) ? Et que faire aujourd’hui sinon de l’écologie politique ?

Alors tout dépend bien entendu de ce que l’on met dans « écologie»  ? Les filtres médiatiques l’ont souvent associée à « protection de l’environnement»  quand ce n’est pas une caricature de « hippies souhaitant retourner à l’âge de pierre» .

Les dièses de Hulot

Nicolas Hulot est intéressant comme candidat à plusieurs égards:

  • Ce n’est pas un professionnel de la politique.
  • C’est une personnalité complexe qui a fortement évolué ces dernières années et, ne le cachons pas, dans un sens qui nous plaît beaucoup.
    D’abord un durcissement de ton qui le dégage légèrement de la posture consensuelle obligatoire pour une personnalité soutenue par des sponsors aussi peu eco-friendly que Bouygues, l’Oréal ou EDF…
    Ensuite une évolution intellectuelle consistant à rappeler que la crise écologique est indissociable de la crise sociale.

Hulot lunettes rougesSymboliquement parlant, la candidature de Nicolas Hulot est stimulante car elle correspond à une réappropriation du champ politique par le citoyen. Qui plus est, un citoyen qui aurait longuement mûri une réflexion difficile qui est celle de l’écologie. Car aussi prétentieux que cela puisse paraître, l’écologie est par nature la pensée de la complexité. Nous avons déjà dit qu’elle était la réflexion autour des interactions et non autour des choses.

C’est donc une rupture épistémologique avec le savoir moderne. Ce qui n’est pas rien !

Pourquoi dissimuler sa joie ? Un parti politique qui peut proposer deux candidatures aussi fraîches et vierges que celles d’Eva Joly et Nicolas Hulot, voilà tout de même un signe que la façon de faire de la politique va changer.

Les bémols de Hulot

Les défauts de Hulot ? ils sont connus et archi-connus.

Ses connivences avec les sponsors de son émission phare Ushuaïa: L’Oréal, Bouygues et EDF entre autres. Sa fondation (qui vient de changer de nom du coup) qui ne vit que par les mêmes sponsors et dont on mesure mal l’impact sur le terrain.

Son pacte écologique qui a réuni énormément de signatures pour ne devenir finalement qu’un coup médiatique et un blanc seing pour les candidats à la dernière élection présidentielle.

Son Grenelle (ce n’est pas que lui bien sûr) qui ne fut qu’une opération de greenwashing (mais les éternels optimistes retiendront les deux trois victoires et promesses… non tenues).

Son absence de réactivité sur certains sujets d’actualité; par exemple les gaz de schiste… (communiqué datant du 20/02 soit des mois après la bataille)

Les lecteurs assidus du journal La Décroissance connaissent les bonnes phrases qui poursuivront l’animateur toute sa vie (voir Pacte contre Hulot). Notons que ce journal avait tout de même, récemment, publié un article de quasi-réconciliation avec leur télécologiste préféré. Ils prenaient acte du revirement. Ils avaient bien vu que le nouveau Hulot était effectivement un excellent crû pour eux. D’ailleurs, le seul député ouvertement favorable à la décroissance, Yves Cochet, est celui qui est le plus enthousiaste à l’annonce de Nicolas Hulot.

Mais ce nouveau Hulot, celui du film Le Syndrome du Titanic, ce n’est pas celui qui rameute. Le film a été boudé et nul doute que si Hulot devient plus virulent par rapport au monde industriel, il aura plus de difficultés à trouver des soutiens financiers…

Car le Hulot qui plaît aux Français, c’est celui qui ne fait pas de politique.

Raison pour laquelle, en écoutant l’interview exclusive attribuée à Terra Eco, on est un peu déçu de voir la consensualité mielleuse reprendre le dessus. Où lui échappe même le qualificatif « anti-nucléaire primaire« , terme peu sympathique pour les pionniers de l’écologie…

J’avais évoqué cette anecdote personnelle où, invité à la Fondation Nicolas Hulot, alors qu’on nous proposait de relayer leurs communiqués, j’avais répondu que nous le ferions volontiers le jour où la Fondation changerait de banque (pour la Nef bien entendu). On m’a dit que ce n’était pas possible.

Mieux encore, Dominque Bourg, membre de la Fondation que nous avions invité pour les 3 ans de la SCOP eco-SAPIENS, nous avait avoué en direct qu’il n’avait jamais entendu parler de la Nef. Et que la « fondation ne pouvait aller chez Enercoop pour les raisons que l’on sait» …

Bref, on sent bien que la fondation n’est pas très au fait de comment on va passer au chapitre 2

Alors rêvons…

Rêvons que ce qui compte tout simplement, ce n’est pas la star, la personne, le people. Rêvons que ce qui importe c’est un collectif, une équipe, une multitude.

Que faire de l’écologie politique? Rien. Que faire? De l’écologie politique!

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Ecrit par Baptiste le 13 avril 2011 :: Classé dans Ad Hominem,Débat,Les autres...
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Les deux dernières propagandes qui m’ont amusé

Je lis toujours le journal La Décroissance tout simplement parce que c’est provocateur. D’ailleurs, le dernier numéro propose comme action du mois « refuser le consensus« . Evidemment, ce genre d’impératif, dans nos sociétés policées, n’est pas très consensuel.

Dans le dernier numéro, un certain Christophe Catsaros, rapporte de Grèce des clichés de panneaux publicitaires vierges avec un commentaire.

Celui-ci figure à l’origine dans la revue d’architecture Archistorm.

« Le blanc des panneaux désaffectés démasque également une imposture: celle qui s’obstine à voir dans la joyeuse anarchie graphique des réclames un indice de liberté. Blancs, les panneaux émergent comme un système centralisé détraqué, une machine totalitaire défectueuse.» 

Belle citation, sur le fond comme sur la forme. Auparavant, quand d’aventure, certaines stations du métropolitain parisien arboraient des panneaux vierges, je ne retenais que la sensation d’apaisement. Je fais partie de ces gens qui sont comme obligés de lire tout ce qui présente à leurs yeux. Avec la publicité dans les lieux publics, on est sans cesse sollicité mais on ne s’en souvient plus. D’une certaine manière, comme la lecture de la Décroissance, cela stimule le cerveau… mais pas les neurones !

Mais voici qu’effectivement, la photo de cette Athènes avec d’immenses rectangles blancs me saisit. Coïncidence, je viens de finir une nouvelle de J.G. Ballard écrite en 1963 et intitulée « L’homme subliminal« . Un type suspecte des panneaux géants et complètements noirs d’influencer de manière subliminale les comportements d’achat des passants. Tout le monde le prend pour un fou jusqu’à ce qu’il aille saboter un de ces panneaux géants. Il y laisse sa vie mais son compère, jusque là sceptique, voit les messages subliminaux injonctant à consommer.

Bref, c’est le même phénomène mais comme inversé. A savoir que la manipulation paraît évidente quand un seul panneau se dérègle

Et je m’imagine seul, arpentant les boulevards d’Athènes, m’interrogeant sur ces étranges surfaces immaculées qui, ôtées de leur contenu, trahissent leur véritable fonction: la propagande !

Je m’imagine aussi à São Paulo, première grande ville à avoir interdit la publicité. Je m’imagine aussi à Forcalquier, où je déambulais il n’y a pas si longtemps et où, effectivement, il me sembla naturel de n’y apercevoir aucune réclame.

Et c’est du coup en reprenant le métropolitain de la capitale que la vérité de cette débauche graphique m’apparaît limpide. Entre deux secousses, je récolte sur un siège un journal dit gratuit. Ou plutôt un « gratuit»  dit journal.

Il est ouvert sur les pages 2 et 3 qui forment une publicité immense que voici.

Je me suis du coup demandé s’il s’agissait vraiment du journal. En voyant ces deux ours dévorer des sandwiches, j’ai repensé à cette propagande, dernière en date, d’un célèbre fast-food ici épinglé. Leur spot promotionnel montre papa ours et fiston ours en train de fêter le bulletin de note du petit en mangeant un BigMac.

Je me suis demandé si ce genre de coïncidence, cette obsession de montrer cet animal, menacé pour l’écologiste, mais aux airs débonnaires pour le marketeur, se repaître d’une nourriture infecte, n’avait pas un sens secret pour nos inconscients collectifs…

Finalement, j’ai réussi, à trouver au milieu des publicités la une du journal gratuit. La voici.

Cette dame, qui annonçait sans rire au moment de la crise, cette devise sibylline si on s’y arrête un peu, à savoir qu’il fallait « financer l’économie« , cette dame retrouve donc le sourire à l’annonce d’un slogan aussi creuse qu’hypothétique. La croissance repart.

En lisant l’article, je crois lire le bulletin météorologique.

« L’environnement international est bon»  [...] « La France bénéficie notamment de l’appel d’air créé par la reprise de la croissance mondiale»  [...] A condition que cette éclaircie soit possible.» 

Etc etc

Croissance croissance croissance.

Je tourne la page et retombe, j’avais oublié, sur les deux ours.

Sens ? Sens ? Sens ?

J’y ai fait une croix dessus.


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Ecrit par Baptiste le 10 février 2011 :: Classé dans Itinéraire,Poïesis,vidéo
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De retour des universités négaWatt (le futur a un avenir !)

canards en mareLe week-end dernier s’est tenue la 4ème édition des universités négaWatt. Pour ceux qui ont raté quelques épisodes précédents, rappelons que l’association négaWatt est un consortium d’experts qui prospecte pour un scénraio énergétique jouable. Ils sont à l’origine du fameux facteur 4, qui dit qu’on peut vivre mieux en consommant quatre fois moins d’énergie, en divisant par quatre nos émissions de CO2.

Ironie du sort, le lendemain c’était le 10/10/10 que de savants récupérateurs en communication ont décidé de célébrer sous le mot d’ordre: -10% d’émissions en une année. Comme le dit le site 1010global.org, « Big tasks are easier if broken up into smaller, manageable pieces – and 10% this year is much more tangible and achievable than, say, 80% by 2050″ [Les grands chantiers deviennent plus faciles à réaliser quand on les divise en petites tâches à remplir. Et -10% cette année, c'est bien plus tangible et atteignable que de dire 80% en 2050]

Bref, le 10/10/10 c’est la première marche. On refera peut-être sept fois un petit coup de -10%. En 2015, 2020, 2025, 2030, 2035, 2040, 2045 et hop ! l’affaire est pliée.

Allons ! Cessons d’être sarcastique devant cette enième opération de matraquage ès communication qui n’a au fond que deux intérêts : compter les troupes et organiser des fêtes et des cocktails géants. Voilà, c’est du court-terme, de la sensibilisation light, ce n’est pas mon truc.  Et même si je suis toujours exaspéré de voir que BNP, le MEDEF et consorts affichent leurs logos pour l’opération, je ne vais pas taper dessus.

Tout simplement parce que l’avenir se joue ailleurs. En coulisses.

Et que se passe-t-il dans les coulisses ? Et bien en France en tout cas, ce n’est pas joli joli. Qui veut encore se souvenir qu’il y a eu un Grenelle de l’environnement ? Un peu de respect pour les défunts !

Un exemple tiré au hasard, et exhumé lors d’une table ronde des universités négaWatt. Celui du rapport pondu en plein mois d’août par la France pour expliquer comment elle allait respecter la directive européenne sur les énergies renouvelables. Un vrai devoir de vacances : bâclé, irréaliste et incohérent. Nouvelles amendes en perspective là où d’autres pays européens voient plutôt cette directive comme une opportunité.

Autant le dire tout de suite, les universités négaWatt, c’est technique ! Même si c’est ponctué de bons moments humoristiques et conviviaux, on navigue entre graphes et tableurs.

Qui sait faire les bons cafés ?

Tiens ! Un chiffre utile à retenir. La consommation d’un distributeur de boissons dans un bureau : 3 000 kWh/an. En gros, ca coûte 365 euros au porte-monnaie et 129kg de carbone (je ne rentre pas dans les détails pour savoir pourquoi j’ai retenu un coefficient  de 43 g de CO2/kWh… sachez juste que je suis clément envers l’ADEME -cf cahier n°27 de Global Chance).

En résumé, huit distributeurs de boissons  sont équivalents à un aller-retour Paris-New-York. C’est ballot non ?

On pourrait ainsi enfiler certains chiffres histoire de mettre à plat les enjeux. Le scénario négaWatt est extrêmement simple dans la mesure où l’on remplit déjà la moitié des objectifs rien qu’avec la sobriété. On aura beau dire que l’on va fabriquer des distributeurs moins énergivores ou qu’il seront alimentés par photovoltaïque, ils auront toujours la mauvaise habitude de faire des gros et des diabétiques, comme le dit Olivier Sidler du cabinet Enertech.

D’ailleurs, si vous ne connaissez pas le bonhomme, ca vaut le détour. En écoutant sa tribune, je me disais deux choses.

1) Que ca peut être bien d’être ingénieur finalement… Suffit juste de savoir pour qui et pour quoi on déballe son ingéniosité. J’avoue être pas mal fâché avec ma formation tant j’ai l’impression qu’elle ne sert qu’à fabriquer des petits soldats pour optimiser cette société suicidaire.

2) Qu’il y a peut-être un business model dans la décroissance ?

Monnaie de singe

Entendons-nous bien. Je ne pense pas que Olivier Sidler soit un partisan de la décroissance. Il fait ce qu’on appelle des ESCOS (Energy Service Company). De toute façon, il faudrait longuement redéfinir la décroissance. Je crois juste qu’il a du bon sens:

  • Je mesure la consommation d’un bâtiment.
  • Je fais un devis pour dire comment je vais pouvoir faire réduire et optimiser cette consommation énergétique.
  • Je fais les travaux.
  • Je mesure après.
  • Je démontre que la bâtiment a fait des économies.
  • Je prends des sous sur les économies ainsi réalisées.
  • Tout le monde y gagne !
  • Sauf EDF bien sûr…

Puis, entendons-nous sur l’usage volontairement provocateur de « business model« . En demandant s’il y en a un dans la décroissance, ne suis-je pas dans la récidive du développement durable ? A voir…

Autour de moi, il y a plein d’ingénieurs qui aimeraient faire du Olivier Sidler. Mais faut bien vivre. Alors on finit chez EDF (par exemple). Ce qui est certain, c’est que désormais que le concept de négaWatt est popularisé, il faut voir comment on fait vivre celui de négaEuro !

Y a-t-il un business model dans la décroissance ? Ce sera le thème notre fête pour les 3 ans de la SCOP eco-SAPIENS, le vendredi 3 décembre à Marseille. Avec (peut-être) un invité prestigieux dont on a déjà parlé !


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Ecrit par Baptiste le 11 octobre 2010 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Les autres...,Un peu sur nous
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Pas de pitié pour la croissance

Au commencement était le Verbe

Il y eut une époque relativement sereine, c’était il y a à peine quatre ans, où quand on parlait de décroissance, les gens étaient stupéfaits et ne prenaient pas la peine de débattre tellement l’idée semblait farfelue.

C’était une notion d’extra-terrestre. Aussi, quand la question était évoquée, à gauche comme à droite, comme on manquait de culture sur cette question, l’habile politicien se contentait de répondre deux choses:

« Moi je ne suis pas pour la décroissance car je suis pour la croissance des énergies renouvelables et de l’amour par exemple»  (argument sémantique – Benhammias)

« Il est indécent, quand on voit la pauvreté en France comme dans le monde, de prôner la décroissance»  (argument moraliste – Juppé)

Au fil du temps, certains ont réalisé qu’ils n’avaient rien compris. Comme toujours, ils confondaient richesse et croissance, ils confondaient bien-être et production de marchandises. Mais peut-on leur jeter la pierre quand on voit le flou sémantique entretenu par économistes et médias sur ce qu’est la croissance.

Alors, ils ont sorti cette réponse:

« Moi je veux bien qu’on fasse la décroissance, mais je suis pas sûr que les Chinois aient envie»  (argument fataliste – Juppé bis !).

Il y a un argument qui a disparu aussi vite qu’il est apparu c’est celui sur lequel reposait au fond le développement durable :  l’idée que la technologie allait résoudre les dégâts de notre empreinte écologique. Des voitures moins polluantes, des avions moins polluants, des télé-conférences (mais pourquoi si les avions ne polluent plus ?).

Et ça repart comme en 40.

L’apostasie durable

Or, depuis un an, il y a manifestement un regain d’intérêt pour discuter de la décroissance. Le ton se fait plus virulent. Sur les questions environnementales, pas un politique (Vert compris) qui ne précise en préambule  : « Bon d’abord, moi je ne suis pas pour la décroissance« . Ils se sont passés le mot, comprenant qu’ils pouvaient perdre beaucoup de crédit à dire que ce concept n’était pas idiot (ou mal compris).

De l’autre côté, les tenants du développement durable commencent aussi à déchanter. A commencer par Dominique Bourg, pape du DD en France qui affirme aujourd’hui « Arrêtons la farce du développement durable« *. Son mentor américain, Tim Jackson, dans une interview sur Rue89  appelle quant à lui à une rupture avec le moteur de la croissance.

Que s’est-il passé ?

L’explication perfide qui me vient à l’esprit est que ces pionniers ont senti qu’ils s’étaient fait dépasser. Ils ont senti qu’aujourd’hui, il y avait plein d’autres ténors du développement durable et que donc, pour retrouver un statut de pionnier, il fallait se démarquer. Et du coup durcir un peu le ton.

Il ne faut pas oublier que dans l’histoire des Idées, ce sont souvent des conflits d’égo qui déroulent le fil invisible…

D’un côté, on se réjouit de voir tant de gens crédibles pour les décideurs devenir plus radicaux. De l’autre, on est tout de même stupéfait de voir que manifestement, ces apostats, n’ayant pas lu quelques ouvrages sur la décroissance, sont en train de réinventer la roue. On a perdu 40 ans.

Et peut-être plus, car le déni de réalité est tenace !

Le fil d’Ariane

Dans le cycle de Fondation,  Isaac Asimov imagine la psychohistoire. Il s’agit d’une science sociale prédictive où les psychohistoriens sont capables de prévoir l’avenir dans ses grandes lignes, pouvant ainsi anticiper certains évènements chaotiques. Ils dégagent des tendances et ainsi peuvent sauver la Fondation à travers les âges…

D’une certaine manière, la psychohistoire existe bel et bien mais elle est relève plus du pari que de la science. Ainsi, des cabinets d’experts établissent des scenarios prenant en compte le pic du pétrole, le changement climatique, le coût des matières premières, la consommation des ménages etc.

Exercice périlleux on s’en doute puisqu’il y a 15 ans, Internet n’existait pas, qu’il y a 10 ans, personne n’avait de téléphone portable etc. Difficile d’estimer offre et demande ne serait-ce que dans les 6 mois à venir.

Et pourtant… il nous faut bien un scenario, un fil d’Ariane. Un peu comme dans une start-up où l’on expose le plus sérieusement du monde à ses investisseurs, un budget prévisionnel sur 5 ans, un peu avant que Google existe, ou Facebook ou Twitter… Tout le monde fait semblant d’y croire. Parce que sinon, comment l’économie tournerait-elle ?

Le 10 Septembre 2010, à l’initiative du député vert Yves Cochet, quatre cabinets ont exposé leur scénario. Deux versions françaises, une version anglaise et une version danoise. Même si elles s’inscrivaient dans la même vaine (aucune n’avait émis l’hypothèse de la fusion nucléaire, du mouvement perpétuel ou de l’extraction des sbales bitumineux) elles différaient sensiblement.

L’un de ces scénarios est relativement célèbre. C’est le scénario négaWatt, notion issue de l’écologiste américain Amory Lovins.

Ici le tiercé gagnant et dans l’ordre est : sobriété, efficacité, renouvelable. Remarquez que le renouvelable arrive en fin de course ! Cette approche résume au mieux ce qu’est la décroissance par rapport au développement durable. Il y a des gisements de négaWatts partout ! Et quand on aura fait le tour des ces « gaspillages»  on aura déjà réduit la facture énergétique par quatre.

Ainsi, sur le graphique final du scénario négaWatt, nous arrivons en 2050 avec un peu de gaz, un reste de pétrole, du renouvelable et plein plein de négaWatts.

Le scénario devrait être réactualisé en 2011 mais une chose est sûre, par cette approche énergétique (et non économique) on a déjà une bonne piste pour savoir si oui ou non la Fondation sera encore là en 2050…

*citation de Dominique Bourg

« Nous parlons de développement durable depuis plus d’une vingtaine d’années. C’était une tentative pour dissocier la croissance du PIB de la consommation d’énergie des ressources naturelles.

Nous savons maintenant que c’est impossible. Deuxième diagnostic sévère sur le développement durable : ce devrait être une démarche de prévention, d’anticipation à l’échelle des problèmes globaux, tant en matière d’environnement que de répartition de la richesse. Or, force est de constater que le développement durable est à cet égard un échec, même s’il est inspiré maintes actions intéressantes à une échelle locale, également pour les entreprises (…)

Repensons à ce que disaient les grands textes fondateurs de la réflexion écologique des années 1970, ceux d’Illitch, des époux Meadows, les auteurs du rapport au club de Rome, de Georgescu-Roegen, Goldsmith ou Gorz. Tous n’envisageaient d’autres possibilités qu’une décroissante des économies.
Or, nous sommes désormais contraints de considérer à nouveau cette perspective. Telle est part exemple la position défendue en mars 2009 par la commission britannique du développement durable. Le rêve d’un découplage entre la croissance des économies et la consommation de ressources a fait long feu.
Il convient donc de refermer la parenthèse du développement durable.

Cessons de croire que nous pouvons harmoniser une économie purement financière, dont les instruments visent à rendre impossible toute considération de long terme, et la préservation de la biosphère. Finissons-en avec la rhétorique des trois piliers et d’un équilibre aussi trompeur que mensonger entre les dimensions économiques, social et écologique. »

Revue Etudes, Juillet 2010, cité par La Décroissance Août 2010


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Ecrit par Baptiste le 29 septembre 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...
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Reprise du blog eco-sapiens et Manifesto

tyrannie technologiqueC’est un peu sur un coup de tête que j’ai écrit dans le précédent billet que le blog eco-sapiens s’arrêtait. En fait la poudre s’entassait depuis quelques années et il manquait le détonateur qui fut cette réflexion comparative entre l’industrie automobile et l’industrie numérique.

A la fin du billet, il me parut tout à fait logique d’aller jusqu’au bout. Un brin provocateur peut-être. Mais la question est toujours là. Elle se résume à la formule du plus grand poète du XXème siècle, Gherasim Luca, « Comment s’en sortir sans sortir« .

Car on a beau jeu de parler d’écologie, d’épuisement des ressources, de manque de lien social dérobé par nos écrans… tout en ayant un blog. Et je pense sincèrement qu’il y a un problème de fond au tout numérique de même qu’il y a un problème de fond avec la société automobile.

A l’heure où j’écris ces lignes, BP en est à son cinquième plan foireux pour colmater une marée noire dont on sait qu’elle dérivera encore au moins un an. Et si dans dix ans, on raclait le fond des océans pour les derniers microgrammes de palladium. J’évoque la palladium pour dire que c’est encore plus dramatique que le pétrole (moins le forçage carbone). Il y a plus de palladium dans nos appareils numériques et nos pots catalytiques qu’il en reste dans les mines.

A ce propos, l’exemple du palladium recèle de multiples symboles. D’abord parce originellement, on l’utilisait pour les pots catalytiques. Ce fut donc une exploitation pour lutter contre certaines pollutions de l’automobile.
Ensuite parce qu’aujourd’hui, une part croissante de son utilisation va aux gadgets électroniques (certainement l’IPad qui sort aujourd’hui). Comme si cette transition de l’automobile au numérique était contenue dans ce métal.

Voilà le monde de nos parents, obsédé de déplacements et d’automobiles laisse la place au monde actuel, obsédé de communications et d’Internet.

Alors, forcément, parfois on a envie de dire « Je ne marche pas !» .

J’avoue être toujours sidéré par l’enthousiasme naïf que je lis sur divers sites écolos. Tel ordinateur serait vert, tel téléphone serait écologique. A ma connaissance, la seule critique vraiment sérieuse de cette pseudo-écologie numérique se situe aux éditions L’échappée, notamment l’excellent livre La Tyrannie Technologique à la couverture évocatrice.

Voilà pour les considérations sur l’informatique. Je ne ferai plus d’auto-flagellation. Et je précise que ne suis évidemment pas partisan des communications par pigeons voyageurs (ce genre de caricatures déshonore d’ailleurs tous ces aliborons sévissant sur les forums).

De même qu’on peut manger local on pourra aussi poser la question du communiquer local.

Ceci dit, quelques justifications à la poursuite du blog eco-sapiens.

  • Nombre de blogs écolos font du relai. En clair, ils ne produisent pas d’information, ils buzzent. C’est indispensable mais ce n’est pas vraiment notre « truc» .
  • Alors le blog pourrait parler de nous, de notre société coopérative, des festivals auxquels nous participons etc. Mais alors cela intéressera surtout ceux qui nous connaissent. Et puis… notre nombril…
  • Le blog pourrait aussi être un lieu d’exfiltration de toutes ces informations trop brûlantes pour figurer sur le site officiel (exemple: huile de palme bio colombienne dont on pas fini de reparler)
  • Enfin le blog pourrait surtout parler de ce dont on ne parle pas ailleurs. Par exemple l’excellent numéro de Silence ! paru ce mois-ci, sur la non-violence.

Ainsi, autant l’annoncer, si nous continuons ce blog, il sera plus orienté sur le monde sous-marin de l’écologie. En clair, de même que le site officiel eco-sapiens souhaite rendre visible ces boutiques alternatives, le blog mettra en relief, ceux qui font un boulot énorme et dont on parle peu.

La précédente référence à la revue S!lence en est un exemple. Comment expliquer que cette revue phare, la plus vieille qui soit dans la presse écologique, soit totalement ignorée du buzz médiatique actuel ?

Pour le dire autrement, et sans aucun goût pour le « c’était mieux avant» , l’idée sera donc de fuir l’actualité pour mieux regarder en amont. « Que s’est-il passé ?»  plutôt que « que se passe-t-il ?» 

J’espère que ce virage éditorial ne décevra pas !

Au plaisir de vous lire.


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Ecrit par Baptiste le 28 mai 2010 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Poïesis,Un peu sur nous
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Morales a-t-il vraiment parlé d’homosexualité à Cochabamba

kojakDès que l’on reçoit des informations en provenance de l’Amérique latine, les choses se corsent. Les pro-Chavez, les anti-Chavez. Le régime castriste. Et Lula ?

Et maintenant Evo Morales que des medias commencent à dépeindre comme un futur Chavez en herbe.

A l’instant, je viens d’apprendre qu’au sommet de Cochabamba, ce sommet sur le climat qui n’a pas la faveur des medias car il est le sommet des « peuples»  et non des « grands» , qu’au sommet de Cochabamaba donc, le président bolivien Evo Morales aurait prononcé une phrase homophobe.

Transgénicos y hormonas causan calvicie y homosexualidad, según Evo Morales
Soit : Les OGM et les hormones sont responsables de la calvitie et de l’homosexualité.

Là où c’est complexe, c’est que des écologistes n’hésitent pas à crier au scandale, pour bien se démarquer de toute association entre écologie et homophobie.

En son temps, le penseur Jacques Ellul, critique de la technique, avait eu une phrase équivoque sur ce sujet (mais cela n’avait rien à voir avec l’écologie mais avec sa religion).

Peut-être que certains croient que l’écologiste est partisan de l’ordre « naturel»  des choses et que donc, l’homosexualité qui ne serait pas naturelle, doit être combattue par les écologistes.

Faut-il préciser que ce cliché à propos d’une écologie « naturelle»  est aussi inepte que l’homophobie !

Mais revenons à la petite phrase de Morales. Il se trouve… qu’il n’a pas dit cela. Et oui, l’histoire se répète ! On déforme et on mutile une phrase, hors de son contexte qui plus est, pour prêter à l’ennemi des propos qui le discréditeraient pour le reste de sa vie.

Alors Morales considère-t-il que l’homosexualité est une maladie comme la calvitie ? (D’ailleurs, la calvitie est-elle une maladie…?)

Fort heureusement, le journal El Païs propose l’extrait sonore pour mieux nous faire une idée. Pour les hispanophones, il est disponible ici.

« Le poulet que nous mangeons est plein d’hormones féminines. C’est pour cela que les jeunes, lorsqu’ils en mangent, ont des dysfonctionnements profonds (dans leur être-en su ser), en tant qu’homme» .

Faut-il surinterpréter « deviacones»  comme « déviance»  ou plutôt comme « perturbation» . On peut imaginer que si Morales avait voulu parler de l’homosexualité, il aurait employé le mot « homosexualité» …

Quant à la calvitie ? Ah bah c’est un autre extrait sonore ! Et du coup la manipulation médiatique est plus flagrante encore puisque non seulement Morales ne parle pas d’homosexualité, mais in ne l’associe pas avec la calvitie.

Par contre, on peut s’étonner de cette observation qu’il a faite sur l’Europe !

« En Europa casi todos son calvos y esto es por las cosas que comen» .

Eh oui, pauvre de nous ! Nous sommes tous chauves (et de plus en plus tôt).

Bon rien de trop grave !

Ah si… la désinformation médiatique est grave !


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Ecrit par Baptiste le 22 avril 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...
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Claude Allègre reconnaît le changement climatique et avoue avoir été payé par le lobby pétro-chimique

allegre-280Après avoir été invité sur France Inter ce mercredi 31 Mars, le géophysicien Claude Allègre, membre de l’Académie des Sciences a avoué « avoir reçu des cadeaux»  de la part de certains groupes industriels.

C’est à la toute fin du débat animé par Nicolas Demorand, face au député européen Yannick Jadot, que Claude Allègre a lâché une phrase ambiguë:

« La nature est en train de résoudre les choses par elle-même« .

Titillé par cette vision animiste inattendue de la part du climato-sceptique, le débat s’est poursuivi en coulisses. Dans un premier temps, selon les témoins, Claude Allègre aurait commencé à expliquer que l’homme faisait partie de la nature et que par conséquent, on pouvait bien dire que l’être humain était en passe de résoudre le problème climatique.

C’est alors que Nicolas Demorand a posé avec insistance la question suivante:

« Qu’est-ce qu’il y a résoudre puisque vous dites qu’il n’y a pas de problème climatique ?» 

Et Yannick Jadot d’ajouter « Pourquoi vouloir séquestrer le carbone alors que vous passez votre temps à expliquer que les émissions de carbone ne posent pas de problème ?» 

Et là, dans la stupéfaction générale du studio, le chercheur sceptique aurait tout avoué !

Qu’il n’est pas climatologue, qu’il a juste besoin de refaire parler de lui pour revenir éventuellement sur la scène politique et doper ses ventes en librairie. Et surtout qu’il aurait toucher plusieurs avantages en nature de la part de groupes industriels liés aux biotechnologies et au pétrole.

L’Académie des Sciences, dont Claude Allègre est membre depuis 1995, ne s’est pas prononcée pour le moment. Elle a juste rappelé qu’un membre qui n’a pas publié dans les revues scientifiques depuis plus de 20 ans est de toute façon remplacé.

Cette mise à jour des réels mobiles du plus célèbre climato-sceptique porte un coup dur, d’autant que l’intéressé a également avoué qu’il n’était pas le seul à bénéficier des bonnes grâces industrielles…

Ecouter le podcast de l’émission sur France Inter


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Ecrit par Baptiste le 1 avril 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...
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eco-SAPIENS 3 minutes sur Canal+

La vidéo diffusée dans « L’édition spéciale» , le magazine midi de Canal plus.

Initialement, cela aurait du être diffusé vendredi 12 Mars mais les aléas techniques ont reporté d’une semaine notre passage. Vous pouvez donc voir les 3 co-fondateurs: Françoise, Baptiste et Benjamin (qui maintient ses moustaches depuis notre 2ème anniversaire…)

Bon, sur le fond, il y a peu à dire. 3 minutes c’est court ! La télévision, ca va vite. Expliquer ce qu’est la décroissance et la simplicité volontaire, cela prendrait une journée… peut-être même une vie !

Installer Flash Player pour voir cette vidéo

Ce fit surtout un échange sympathique avec le journaliste Gaël Legras qui nous avait avoué être très intéressé sans réellement connaître la décroissance. Belle ouverture d’esprit !


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Ecrit par Baptiste le 20 mars 2010 :: Classé dans Itinéraire,Un peu sur nous,vidéo
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