Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

Quelqu’un a-t-il compris la campagne « Tous candidats»  ?

Je vous assure que la question est sincère. Elle l’est d’autant plus que mon respect, ma sympathie et mon enthousiasme pour le mouvement Colibris est fort comme un roc !

Pour ceux qui auraient raté le train, je tente un bref résumé.

Il existe un homme ô combien précieux qui s’appelle Pierre Rabhi. Quiconque assiste à une de ses conférences ou dévore un de ces livres en sort, s’il est normalement constitué et si la société moderne n’a pas trop gâté ce qui lui reste d’humanité, conséquemment bouleversé. Ce vieux bonhomme a un parcours et une philosophie qui font du bien. Tous simplement. Il respire bonté, sincérité et humanisme. C’est un sage. Cela devient rare.

Objecteur de croissance, paysan agro-écologiste, propagateur de « l’insurrection des consciences« , Pierre Rabhi est aussi le fondateur du Mouvement pour la Terre et l’Humanisme dont le but est de partager l’agro-écologie.

Il est aussi l’initiateur du mouvement Colibris, dénommé ainsi en l’honneur de la fable qu’on n’ose plus raconter de peur de paraître tartignolle. Je vous la fais brève parce qu’elle est chouette quand même.

Un incendie dans la forêt. Tous les animaux paniquent. Mais un colibri prend quelques gouttes d’eau dans son bec qu’il jette sur les flammes. Alors aux animaux bouffons et rigolards qui lui demandent ce qu’il fait, le chétif volatile répond : « je fais ma part« .

C’est la fameuse part du colibri. Que l’on peut aussi traduire en termes plus universitaires « simplicité volontaire» . Id est, « déjà change toi toi-même avant de changer le monde« .

Variante gandhienne : l’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre les autres, c’est le seul.

Variante kantienne (amputée d’un bras !) : comporte toi comme tu voudrais que les autres se comportent.

Variante christique (clouée au pilori) : aimez-vous les uns les autres.

J’avoue être d’une ignorance crasse en éthique orientale mais je parie qu’on doit trouver des préceptes voisins chez Confucius, Boudha, Zarathoustra, Kim-Jung-Il ou Lao Tseu.

Le mouvement Colibris est l’orginsation fonctionnelle pour provoquer l’» insurrection des consciences» , c’est à dire aider les gens qui souhaitent se réapproprier leur destin, écologique, social et riche de sens, à se relier et à retrouver l’envie d’agir.

Bref, des gens biens qui changent le monde dans le bon sens et pacifiquement avec la patience et la détermination d’un colibri.

Le petit oiseau va sortir !

Il y a quelques mois, le mouvement a lancé une campagne de communication interpellant tous les Français à se déclarer candidat ! Oui oui à se déclarer candidat. Tous candidat en 2012. Alors bien entendu c’est symbolique. Personne ne va aller à la chasse aux 500 signatures.

D’abord j’ai trouvé l’idée amusante. Plutôt que d’être des millions d’électeurs, nous allons pouvoir renverser les rôles et devenir des millions d’élus.

Puis j’ai cherché dans la FAQ relative à cette campagne, qui consiste à envoyer son affiche électorale sous forme de portrait noir et blanc, quel était au fait l’objectif.

Et la seule réponse concrète que j’ai fini par épouiller est :

« L’objectif de la campagne est de nous faire prendre conscience que nous sommes beaucoup plus nombreux que ce que nous pensons à vouloir ces changements» .

Bigre !

Cela me rappelle un certain pacte lancé il y a à peine un quinquennat. Je veux bien entendu parler du pacte écologique initié par Nicolas Hulot à la précédente élection présidentielle. Ce pacte visait aussi in fine à « compter les troupes« .

C’est donc la grosse interrogation des dernières années. Avant de passer à l’attaque, assurons-nous que nous avons assez de divisions.

Plus que le Vatican ? Voire.

Vous n’êtes pas sans savoir que chaque année, les doctes études sociologiques révèlent que nous sommes 20% de créatifs culturels, cette espèce de masse protéiforme qui peine à prendre conscience de son unité et de son poids.

D’ailleurs si vous voulez savoir si vous en êtes… faites donc ce test chez l’ami Yves Michel.

Voilà voilà, on compte les troupes et on le fait le plus fun possible. Au temps de la gloire médiatique de Nicolas Hulot, on interpellait les politiques en leur demandant de signer le pacte (je le sais ! je les ai vus faire à Marseille !).

Revers de la médaille, ce ne fut qu’une promesse qui n’engage comme on sait, que ceux qui les formulent. Certains accusent l’ex animateur d’avoir paradoxalement liquidé l’écologie de la scène politique.

Désormais, on n’interpelle plus le politique. On ne compte plus que sur les anonymes, les sans-voix, les indignés, les desperados, les colibris de tous nos registres communaux. Avec l’espoir ineffable que si nous sommes suffisamment nombreux à nous tirer le portrait, les politiques ne pourront plus l’ignorer.

C’est une tactique qui est à la fois rassurante et cohérente.

Mais… est-elle efficace ?

J’avoue être mitigé. Je rappelle souvent que la majorité des Français sont contre les OGM mais que ce n’est pas cela qui fait de la France un pays sans OGM. C’est bien la détermination des faucheurs qui a bloqué le processus dans l’Hexagone.

Et, dernièrement, nous avons appris à nos dépends que même un référendum pouvait ne pas être entendu et simplement blackboulé quelques mois après.

Mais je suis fair-play: je soutiens la campagne et en fouillant, on verra même que j’ai envoyé ma binette dans les premiers !

Mais quand la nuit vient, voilà que j’embarque avec Paul Watson. Me voici en train de faire les derniers réglages sur l’un des drones que s’est procuré Sea Shepherd. Plus pratique pour détecter les baleiniers illicites.

Et, hajduk des temps modernes, me voici face aux embruns, prêt à harponner les navires d’un capitaine Achab spéculant sur le cours du sushi…

Alors qui est le plus lourd ? 30 millions de piafs ou une bonne grosse baleine de la famille qui dit « c’est assez»  ?

Verdict en 2012…

c’est à dire maintenant.


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Ecrit par Baptiste le 13 janvier 2012 :: Classé dans Débat,Les autres...,Un peu sur nous
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Le vélo qui avait bouché le Vieux-Port de Marseille

Un immense bravo aux 400 vélorutionnaires qui ont défilé vendredi soir sur le Vieux-Port de Marseille.

Bravo aux amis des poulets bicyclettes, de l’équitable café, de la boutique écologique, de Vélo Utile et bien sûr du collectif vélo en ville pour avoir su insuffler un évènement aussi improbable dans la cité phocéenne, peu réputée pour le moment pour sa cyclophilie.

Et bravo aussi à tous les eco-sapiens… ;-)

Et si, avant 2013, on rentrait dans un cycle vertueux qui transformerait Marseille en ville modèle.

400 aujourd’hui. Et combien demain ?

En attendant, on continuera à dessiner nous-mêmes nos pistes cyclables

Aïoli !


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Ecrit par Baptiste le 9 mai 2011 :: Classé dans Itinéraire,vidéo
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La conférence eco-SAPIENS avec Dominique Bourg et Sébastien Kopp

Comme promis, voici le compte rendu de notre conférence du 3 Décembre autour de la question « Y a-t-il un business model dans la décroissance ?» 

Conférence est un bien grand mot puisque l’idée était bien de profiter de la convivialité et de la simplicité du lieu (l’Equitable Café à Marseille) pour pouvoir discuter décontracté.

Comme cela a duré deux heures, qu’il y a eu environ 30 questions/interventions, il est inconcevable de balancer l’enregistrement tel quel. Voici donc le synopsis.

Développement durable et décroissance

Et si on passait à côté du débat !

le sens bordel !
D’emblée, Dominique Bourg envoie le développement durable aux oubliettes. Non seulement il explique (en s’appuyant sur le rapport de Tim Jackson… on en reparlera) que ce n’est pas possible de découpler croissance économique et prélèvement des ressources, mais il va plus loin encore dans son « apostasie» .

Le Développement Durable aura servi à masquer les questions soulevées par les pionniers de l’écologie qui interrogeaient la notion de croissance. Les 25 années d’essor du DD correspondent au moment où le néolibéralisme s’impose !

Autrement dit, les masques tombent. Le développement durable n’était que de la verdure digérée par le libéralisme. Et on a perdu du temps. Au passage, M Bourg rappelle quelques bases de la littérature décroissante. A savoir que la technologie ne résout pas les problèmes écologiques en raison de deux biais : création de nouveaux besoins donc de nouveaux biens (fuite en avant consumériste) et abaissement du coût de production entraînant une « démocratisation»  des biens (effet rebond).

Il rappelle que des études démontrent que le maximum de bonheur ne correspondent pas au maximum de consommation de biens matériels (ndr: il fallait bien une étude pour ça !)

Sébastien Kopp met lui aussi les pieds dans le plat en disant qu’il avait demandé à changer le titre de la conférence (ce qui est vrai !). Croissance, décroissance, développement durable, on oublie un pilier fondamental, peut-être le seul : celui du sens. Quelle vision, quel projet de société, quelle portée culturelle et artistique ?

Paradoxalement, partant du constat que l’économie a pénétré toutes les sphères du réel, il explique qu’il faut donc créer des entreprises qui ne créent non pas de la richesse ou de la valeur mais qui créent du sens. En espérant que le sens suffira à faire office de marketing…

Je résume cela à la simple question de savoir pourquoi on se lève le matin et si l’on est heureux de se lever ! Etrangement, la recherche de la rentabilité a conduit nombre d’entreprises à trouver des modèles économiques de plus en plus complexes, voire incompréhensibles. D’une certaine manière, on s’éloigne du sens.

Au fond, cette quête obsessionnelle de l’argent démontre justement l’absence de sens. Comme on n’a pas de projet de société, en attendant, chacun cherche à accumuler le plus possible pour le jour où il y aura un projet de société.

Ecouter la partie 1

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Le pouvoir d’achat et le sens d’achat

Dominique Bourg plussoie ces remarques. Il observe que c’est la même désorientation qui sous-tend la notion de principe de précaution (même s’il n’est évidemment pas contre le principe de précaution).

Vision d’horreur : et demain ? la question du sens sera-t-elle encore possible demain ? Il évoque le projet transhumaniste qui vise à affranchir l’homme de toute limite, notamment l’immortalité.

La question du sens est révolutionnaire. C’est la seule qui soit aujourd’hui tabou. C’est pourtant la première que se posent les sociétés traditionnelles.

Sébastien Kopp raconte. Venant de milieux aisés et ayant fait de bonnes études, on ne se pose pas la question si « entreprendre » est facile ou difficile ». On se dit  juste « si ce n’est pas nous qui le faisons, qui le fera ? ». On a fait une boîte pour travailler dedans mais aussi pour pouvoir se procurer la basket dont on rêvait.

Il mentionne les plus-values de la basket Veja (coton bio, agro-écologie, seringueros, payer le caoutchouc au prix qu’il faut pour laisser la forêt en pied).

Après 3 ans, ca marche. Mais on devenait des petits patrons un peu cons… Qu’est-ce qui se passe dans l’entreprise ? On pourrait être en SCOP par exemple. Pour l’instant on a plafonné les écarts de salaires.

Le projet est chouette mais si c’est pour finir patron en 4×4, on rate l’essentiel ! Paradoxalement, la première prime pour la coopérative brésilienne a été dépensée pour avoir des antennes télévisions… alors qu’il manquait tout là-bas ! Mais on ne peut rien dire. Ou alors on tombe dans le neo-colonialisme.

La consommation est un vote ! A pas tant que ça, on peut changer les choses rien que par le choix des achats !

Ecouter la partie 2

Télécharger la partie 2

Contradiction et polémique sur EDF

Je rappelle les 3 modes d’eco-SAPIENS. L’information pour expliquer et convaincre par la raison. Le comparateur de produits pour la facilité d’accès, convaincre par la pulsion. Et enfin, l’entreprise elle-même qui a choisi la cohérence selon l’adage attribué à  Gandhi : « L’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre, c’est le seul ». Statut coopératif et La Nef.

Sébastien Kopp évoque en plus le fournisseur d’électricité verte Enercoop dont Veja est sociétaire et client. Mais il s’étonne de voir que ces acteurs exemplaires soient aussi peu connus finalement et que les principaux concernées fassent faux bond. Ainsi Les figures médiatiques de l’écologie pourraient les propulser en y adhérant.

J’évoque mon expérience personnelle où, invité à la Fondation Nicolas Hulot, j’avais expliqué que je relaierai les actions quand la fondation changera de banque pour la Nef (eco-SAPIENS ainsi que ses salariés sont à la Nef)

Ca tombe bien, Dominique Bourg fait partie de la Fondation Nicolas Hulot. Il reconnaît que ce pourrait être un formidable echo. Mais il faut savoir lier les deux : petites initiatives exemplaires d’un côté et grosses machineries un peu inertes de l’autre. Si FNH ne va pas chez Enercoop, c’est parce qu’on reçoit des sous d’EDF. C’est effectivement une contradiction.

A la question posée pour savoir si la fin justife les moyens, Dominique Bourg rappelle que pour gagner en indépendance, il faut avoir beaucoup de dons personnels. Or les attaques climato-sceptiques ont sensiblement fait baisser cette part de don. Comme il travaille aussi avec EDF, il ne veut pas qu’on laisse croire qu’EDF est une entreprise de 150 000 salauds. Le monde n’est pas manichéen. Il faut savoir assumer ses contradictions. Enercoop a au moins le mérite d’inspirer EDF.

Sébastien Kopp répond qu’on a pas vraiment le temps d’attendre qu’EDF change.

Si Enercoop devient « en terme de taille » comme EDF, Enercoop deviendra-t-elle « en terme de valeur » comme EDF ?

Ecouter la partie 3

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Avalanche de questions

Peut-on réduire l’Amazonie à sa valeur marchande ? Viable est préférable à rentable ?
Les initiatives porteuses de sens progressent mais sont petites. N’est-ce pas la course du vélo contre le TGV ?

Malheureusement, toutes ces belles initiatives ne font pas système.
Voire !

Sempiternelles questions sur les pauvres (au Sud comme au Nord) à qui on ne peut pas demander de faire une fort supplémentaire (l’éco-consommation est souvent plus chère).

Sébastien Kopp: Ceux qui ont la possibilité de le faire ne le font malheureusement pas. On vise les salaires medians. Or ils ont une vraie responsabilité car ils ont la gouvernance financière, intellectuelle et culturelle. Et c’est ceux-là qui ne changent pas !

Ecouter la partie 4

Télécharger la partie 4

Salauds de pauvres

Internet va vite et permet de connecter ce fourmillement d’initiatives « sensées» . Il manque certainement une incarnation (politique ? syndicale ?)

On a tellement peur de froisser les gens qu’on ose plus dire en face qu’ils dépensent mal leur argent. L’argent n’a qu’une valeur. Mais ne véhicule plus de valeurs…

Anecdote des salariés Moulinex qui manifestent contre la délocalisation de leur usine alors qu’ils achètent de l’électro-ménager chinois.

Beaucoup d’interventions pour démontrer que le choix par exemple d’une alimentation bio, ne dépend pas vraiment du revenu.

Ecouter la partie 5

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12 questions pour finir

En tout, il y aura eu 30 interventions dans la salle. C’est bien !

Sans pub, comment Veja s’est fait connaître ?

Veja peut continuer à se développer sans croître ?

Le système s’effondre aussi car même physiquement les gens s’effondrent (observateur de la Sécurité sociale)

Quid Enercoop ? Les certificats verts ? Les AMAP ? le statut SCOP

Relation Travail/Consommation

Ecouter la partie 6

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Encore un grand merci à Sébsatien Kopp de Veja, à Dominique Bourg bien sûr, à l’Equitable café pour l’accueil chaleureux (même si on a été privé de fanfare !) et des bises à l’Elephant du poulailler qui assure toujours pour transformer des citrouilles en carrosse.

La bande complète de 1h45min est disponible mais pèse 100 Mo !


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Ecrit par Baptiste le 15 décembre 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...,Participez
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eco-SAPIENS 3 minutes sur Canal+

La vidéo diffusée dans « L’édition spéciale» , le magazine midi de Canal plus.

Initialement, cela aurait du être diffusé vendredi 12 Mars mais les aléas techniques ont reporté d’une semaine notre passage. Vous pouvez donc voir les 3 co-fondateurs: Françoise, Baptiste et Benjamin (qui maintient ses moustaches depuis notre 2ème anniversaire…)

Bon, sur le fond, il y a peu à dire. 3 minutes c’est court ! La télévision, ca va vite. Expliquer ce qu’est la décroissance et la simplicité volontaire, cela prendrait une journée… peut-être même une vie !

Installer Flash Player pour voir cette vidéo

Ce fit surtout un échange sympathique avec le journaliste Gaël Legras qui nous avait avoué être très intéressé sans réellement connaître la décroissance. Belle ouverture d’esprit !


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Ecrit par Baptiste le 20 mars 2010 :: Classé dans Itinéraire,Un peu sur nous,vidéo
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Petite chronique marseillaise

velo-bazookaEn début de semaine grand moment d’émotion à la découverte d’une piste cyclable (je devrais dire un morceau, car ici les pistes dont des tronçons qui commencent souvent dans un caniveau pour finir dans un mur) sous le tunnel du faubourg national, passage jusqu’alors plutôt risqué de mon matinal parcours de cycliste dans Marseille.

Donc, enthousiaste, je profite pleinement du  couloir aménagé, petite parenthèse de détente sur mon trajet…

Hélas le soir en rentrant,  les choses se sont gâtées … et oui, pas de voie cyclable dans l’autre sens et une circulation sur des voies automobiles rétrécies, chaud les fesses !

Mardi les sucettes Decaux du boulevard Longchamp avait été drapées de noir… là où il n’y a pas de pub il y a de l’espoir.

Vendredi les panneaux installés pour les élections devant l’école maternelle étaient entièrement squattés par un parti dont l’affiche fait une curieuse référence à  De Gaulle…  Heureusement qu’à 5 ans on ne sait pas lire.


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Ecrit par francoise le 4 février 2010 :: Classé dans Itinéraire,Un peu sur nous
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Le faux débat sur les nanos

L1003279Mardi soir, j’ai eu la chance d’assister au débat public sur les nanotechnologies au Palais du Pharo  à Marseille. Ou plutôt de ne pas y assister puisque ce débat n’a pas eu lieu.

Pour ceux qui ne sont pas au courant, disons qu’ils sont tout à fait pardonnés puisque les medias ne parlent absolument pas de cette consultation nationale. Pourtant, la commission est forcément passée près de chez vous puisqu’elle sillonne depuis deux mois la France entière. Sait-on que ce vaste débat a été décidé par le Grenelle de l’Environnement ? Sait-on qu’il aura coûté plus de 2 millions d’euros… pour rien ?

Sur eco-SAPIENS, nous avons relayé le relatif succès de cette initiative
Sur d’autres medias moins regardants, seul aura été relayé le communiqué de presse initial annonçant l’ouverture du débat public. Puis, pas un mot sur leur déroulement !

En réalité, il faut bien avouer que les millions d’euros dépensés pour organiser ce tour de France participatif n’ont servi qu’à révéler cette majorité silencieuse, prête à perturber chacune de ces rencontres. Perturber jusqu’à faire annuler ces débats: dans près de dix villes, le chahut et les banderoles ont tout simplement fait capoter la soirée.

Pendant la réunion à Marseille, 120 personnes étaient présentes dans le public. Malgré la fouille, les vigiles et une poignée de manifestants refoulés, 80 « anti-nano» s’étaient glissés dans la salle. 20 personnes étaient chercheurs ou affiliés au domaine des sciences concernées par les nanotechnologies. 20 personnes semblaient être venues par hasard (il s’avère qu’ils étaient étudiant ou dans la recherche).

Je me suis amusé à interroger quelques chercheurs aux tempes grisonnantes pour savoir s’ils comprenaient ce refus de débattre chez les anti-nanos. Je ne sais pas s’ils ont senti que j’avais été moi-même ingénieur-recherche en physique. En tout cas, ils se sont livrés.

Et là stupéfaction ! Ils m’ont dit clairement tout le mal qu’ils pensaient de ces personnes anti-démocratiques qui ne voulaient pas essayer de comprendre les enjeux. Comme je suis assez familier de la littérature anti-nanos, je leur ai demandé ce qu’ils pensaient des critiques formulées  à l’encontre des nanotechnologies et à l’encontre de cette commission (tout ceci est disponible sur Internet).

A vrai dire, ils n’avaient jamais pris la peine de prendre connaissance de ce genre de critiques. Une démarche pas très « scientifique»  je dois avouer. En général, un phénomène qu’on ne comprend pas, on se documente, on l’approfondit et on fait son opinion… Là, l’opinion était toute faite. Obscurantistes (sic!), anti-démocratiques, enfants gâtés qui ne connaissent pas la chance qu’ils ont de pouvoir débattre dans un pays libre. Etc.

Passons…

Personnellement, je trouve dommage que pas une figure écologiste ne mentionne ce débat. Il n’y a que les Amis de la Terre qui, après avoir été invité à y participer,  ont finalement décidé de se retirer de ce débat. Philippe Dieudonné, président de la Ligue des Droits de l’Homme à Marseille, qui était présent comme caution « morale»  à côté des experts ingénieurs et militaires, a lui aussi quitté la scène.

Mais sinon personne ! Ni ONG ni parti ni syndicat. Or, la critique du « bluff technologique»  est presque concomitante de l’écologie politique. Refus de voir la technique devenir finalité. Refus de jouer avec des outils aux potentialités telles que tout dégat semble irréversible, que toute liberté semble vouée à être bafouée.

Mais c’est vrai qu’après le nucléaire, les OGM, les pesticides… les nanos ouvrent un front supplémentaire et que, ne sachant plus où donner de la tête, ceux qui défendent l’esprit de la vie finissent par s’épuiser.

Courage !

PS: pour ceux qui n’ont jamais entendu parler de la critique technologique, il y a le livre de Jean-Luc Porquet sur Jacques Ellul. Pour la critique des nanotechnologies, une abondante littérature est disponible sur Internet ou aux éditions L’échappée.

PPS: pour ceux qui pensent que les anti-nanos sont des obscurantistes, des dictateurs ou des fous, il n’y a pas grand chose à faire sinon se documenter un peu…


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Ecrit par Baptiste le 25 janvier 2010 :: Classé dans Itinéraire
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Les belles moustaches de nos 2 ans

Plus que de longs discours voici les photos que les Poulets Bicyclettes nous ont offertes !

L’année prochaine vous viendrez ?


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Ecrit par benjamin le 3 décembre 2009 :: Classé dans Un peu sur nous
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Cadeau d’anniversaire eco-SAPIENS: des visages

equipeVendredi soir nous fêtions les deux ans de la SCOP eco-SAPIENS, Une belle cérémonie de clôture pour le mois de l’économie sociale et solidaire.

Ce fut aussi l’occasion pour nous de rencontrer des partenaires que nous ne connaissions que d’Internet…

Ce fut le moment d’échanges autour du « faire soi-même»  avec des recettes maison.

Ce fut des débats épars autour de Copenhague (rappelons que Françoise et Benjamin seront du voyage – 17h de train tout de même) et de Marseille.

Ce fut une belle mise en scène de nos amis poulets bicyclettes (photo, musique, animation) avec qui nous travaillons en in (graphisme) et en off (pistes cyclables).

Ce fut enfin la convivialité, le verre levé (bière bio ou rhum équitable de Cuba ?) en l’honneur d’un monde empli de solidarité et d’écologie, de savoirs et de questions, de coeur et d’esprit…

Un monde encore à venir…

Merci à tous d’être venus ! Et à l’année prochaine.

Pauline, Benjamin, Françoise, Doris et Baptiste


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Ecrit par Baptiste le 2 décembre 2009 :: Classé dans Un peu sur nous
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Home, homme, O.M.

Veldorome vu du cielContrainte du jour: un billet qui relie 3 homonymes qu’a priori rien ne rassemble.

Seconde contrainte du jour: donner un avis sur The Film dont la pr(h)omo est aussi pachydermique qu’une épopée homérique. Un avis qui ne tombera pas dans trois écueils à savoir:

  1. Charybde: Film super avec de belles images. En plus c’est gratuit, mondial et ca peut éveiller les consciences. Si tout le monde prend conscience de la beauté et de la fragilité de la Terre, l’avenir sera plus vivable.
  2. Scyla: Film moraliste et hypocrite vu que les trois eco-tartuffes, passionnés jadis de Dakar, Taxi et Gucci, ont brûlé des tonnes d’essence pour leur hélico.
  3. Latium (le lieu commun…): dépassons la querelle des vrais et faux écolos. Si ce film permet à certains de prendre conscience et changer de comportement, c’est déjà un bon signal.

Ces sempiternels débats ne sont pas forcément inintéressants puisqu’ils posent perpétuellement deux questions au coeur de l’éthique:

  1. La fin justifie-t-elle les moyens ?
  2. Qu’est-ce qu’un « méchant»  ?

A vrai dire, la deuxième question m’est réapparue récemment en ré-écoutant un vieux cours de Deleuze sur Spinoza. Comme cela, ca fait très pompeux… mais l’affirmation de Deleuze est vérifiable concrètement tous les jours: « le mal n’est rien !« . Autrement dit, le méchant n’est pas forcément le malheureux. Et réciproquement.

Pourquoi je parle des « méchants»  ? Mais parce qu’on n’en voit aucun dans Home. Ils vivent cachés. Et donc, comme le dit l’adage, ils vivent heureux !

La semaine dernière, en visionnant Let’s Make Money, j’étais content de voir des méchants. Des méchants heureux certes, mais heureux à leur manière. Genre, dans une tour d’Ivoire de Singapour, avec une montre en ivoire…

Le problème des méchants, c’est que quand on en tient un, celui-ci dit impertubablement: « je ne suis pas coupable, je ne suis pas responsable. C’est le système qui est ainsi fait.» 

La responsabilité est reportée en haut (les ultra-riches qui tiennent les manettes) ou en-bas (le vulgus pecum qui achète et consomme tout ce qui passe). Mais on sent bien, qu’en réalité, cette responsabilité est diluée. Diluée parmi les 6 milliards d’êtres humains que nous sommes.
Un milliardième de responsabilité, autant dire qu’on est pas coupable, n’est-ce pas.

Et pourtant…

Et pourtant il va bien falloir en trouver des méchants. Non pas pour les pendre, mais tout simplement pour comprendre.
Car soyons clairs, ce ne sont pas les sponsors du film qui vont changer au point de métamorphoser ce monde en joli papillon vert… Faudrait être sacrément naïf.

Non pas que ces sponsors soient vicieux, mais simplement car ils sont le reflet et le moteur d’un système qui lui est vicieux. Pour qu’une structure change, il faut que le système dans lequel elle s’inscrit change radicalement de paradigme. Pragmatiquement, il va falloir cesser de vouloir faire plus de chiffre d’affaire, plus de croissance, plus de bénéfices. Et je ne crois pas que le système économique actuel soit franchement pour !

Pour ceux à qui il faut mâcher les choses: il n’y a pas de capitalisme vert, pas de capitalisme durable, pas de croissance verte, pas de libéralisme vertueux…

Mais voilà que nous avons oublié la première question, qui est aussi l’équation inscrite en haut à droite de ce blog !
Réparons ce fâcheux oubli illico-hélico en disant que tout ceci est bien délicat à estimer.
Si l’on sent bien qu’il est difficile de prôner la non-violence par la violence, on peut par contre vraisemblablement admettre qu’on peut défendre l’écologie même en polluant.

D’un point de vue technique, on se moque un peu de la pollution exacte, au gramme de carbone près, qu’a générée le film. De même qu’on se fiche un peu que tout ceci ait été compensé. Sauf bien sûr pour ceux qui croient encore qu’on peut être neutre en carbone…

D’un point de vue symbolique, on se voit mal jouer au « plus écolo que moi tu peux pas !« . C’est une histoire de poutre et de paille vieille de 2000 ans.

Personnellement, mon seul espoir pour ce film, c’est qu’il contribue à sa manière, à conforter cette idée importante que oui, nous allons droit dans le mur. On sait jamais, il y en reste certainement qui ne sont pas au courant.

Le gros bémol étant de séparer le risque environnemental de ses racines qui sont elles économiques et idéologiques.

Et la première contrainte ?

Et bien je crois que ce film aurait du s’appeler non pas Home (la maison, eko en grec, eco) mais « homme»  (sapiens ?).
Et que nous quitterons Charybde et Scyla pour gravir enfin l’Olympe de Marseille !

Mouarf !


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Ecrit par Baptiste le 5 juin 2009 :: Classé dans Débat,Les autres...,vidéo
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Carte blanche à Hervé Kempf

plaque-publicitaire-pastis-olive-4Nous avons déjà parlé de ces (trop rares) journalistes qui traitent bien sûr des sujets d’écologie mais surtout qui font encore un travail d’enquête. Ou tout simplement qui parlent d’autres choses que ce dont tous les autres parlent.

Fabrice Nicolino, Jean-Luc Porquet, Laure Nouhalat et Hervé Kempf.

Terre sauvage, Le Canard Enchaîné, Libération (feu Libération), Le Monde (feu feu Le Monde !).

Si Nicolino et Nouhalat peuvent librement s’exprimer à côté sur le blog, Porquet, ellulien oblige, n’a que son Plouf du Mercredi pour nous titiller. Et c’est rassurant de voir que ces quatre journalistes comportent de nombreuses nuances. Nulle trace de critique du système technicien chez Kempf par exemple.

Quant à Hervé Kempf, eh bien, il descend dans le Sud ce week-end. Pour parler de Let’s Make Money projeté à Aix-en-Provence vendredi soir. Et surtout pour une carte blanche à Marseille samedi soir.

Cette carte blanche à Hervé Kempf aura lieu dans un super lieu, appelé le Point de Bascule. Il y aura apéro marseillais, des artistes et surtout il n’y a pas d’heure de clôture !


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Ecrit par Baptiste le 28 mai 2009 :: Classé dans Itinéraire,Participez
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