Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

Quoi de plus normal que des germes dans des graines germées

Ding dong !

J’ai un Coli pour vous ! Un Escherichia Coli.

Ding Dong !

J’ai entendu que les graines germées étaient contaminées.

Or, qui mange des graines ? Ce sont les Bio Bobos.

Et ca venait d’Allemagne où ca mange bio dans chaque Länder. Je ne vous traduis pas l’expression manger des graines en allemand. Ce serait indécent… Le mot Samen comporte en effet un deuxième sens que la déontologie m’empêche d’expliciter.

Bref. Après la mélamine dans le soja, voici donc le germe dans la graine germée.

Et hop la suspicion s’installe ! Et dans l’inconscient collectif, plutôt que de tuer le concombre espagnol (Almeria ?), on introduit subrepticement l’idée que manger bio n’est pas sans risque. Que les filières industrielles sont peut-êtres plein de pesticides mais qu’au moins tout est irréprochable d’un point de vue sanitaire.

Canard LaspidAlors que dans la bio, les conditions d’hygiène laissent forcément à désirer.

Si le ministère a débloqué des fonds pour sauver les producteurs de concombre et de salades, ca m’étonnerait qu’il mette la main à la poche pour compenser le naufrage annoncé des vendeurs de graines germées… et des agriculteurs bio en général.

Tout ceci est d’autant plus absurde que les médias n’ont fait que répeter en boucle la même information: « des graines germées. Nord de l’Allemagne. Graines germées. Allemagne.» 

Mais à eco-SAPIENS, nous pouvons vous confirmer que le producteur incriminé travaille effectivement en bio. Quelles graines germées au fait ? Alfalfa ? Du soja (ou pour être exact du haricot mungo, cette confusion fait partie des grands mystères de ce monde…) ? Nous ne le saurons pas.

Mais si l’on va sur le site de Gärtnerhof Bienenbüttel, on voit explicitement le coupable :là, ce chien qui se balade innocemment dans les champs. Le voilà qui s’apprête à intoxiquer les Teutons !

On aurait aimé voir tant d’émotion politique lorsque la grippe aviaire sévissait dans les poulaillers industriels d’Asie.

Ah mais non, rappelez-vous, on nous disait de nos méfier des canards sauvages !

Et pendant ce temps, on parle de réintroduire les farines animales… Cherchez l’erreur !

Crédit Photo: Laspid Canard du Lundi

PS: Plus sérieusement, quelques conseils à propos des graines germées sont disponibles sur eco-SAPIENS.


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Ecrit par Baptiste le 10 juin 2011 :: Classé dans Débat,Poïesis
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Pour que ca DOP les ventes

cheveux longsJe découvre la campagne « adopte un déchet»  . Le titre est bien trouvé et immédiatement j’ai pensé que sous cet intitulé sardonique, on verrait une campagne de sensibilisation amusante lancée par une association environnementale.

Un peu à l’image de la bonne campagne « we want furniture»  où l’on peut acheter des meubles en teck à des prix défiant toute concurrence. Si l’on prend les initiales, on devinera l’initiative d’une ONG à la pilosité blanche et noire.

Bon le hic, c’est que la campagne « adopte un déchet.com»  n’émane ni de Surfrider Foundation ni du CNIID. Mais de la sous-marque DOP, proprité de L’Oréal. Pardon de DOP Nature ! Ca change tout évidemment…

Désolé mais cette rase campagne, pour le coup, me pique les yeux et n’évite pas les noeuds !

Ca pique les yeux tellement qu’on se les frotte pour y croire. DOP qui n’a que faire de la cosmétique bio, sort soudain une gamme, appelée DOP Nature pour l’occas’ (original ?). Gamme de 3 shampoings s’il vous plaît. Ils sont « à l’extrait bio d’agrumes« , ou d’aloé vera ou d’olivier (c’est à dire d’olive ?). Ils ne sont pas labelisés bio…

Bref 3 shampooings un peu bio noyés dans une floppée de gels-douches avec PEG et paraben (vérfiez donc sur les étiquettes de Ptit Dop pour les petits), on est en plein dans le greenwashing.

Et DOP n’évite pas les noeuds. Voici pourquoi. Sur le site de la campagne, vous pourrez donc « adopter»  un déchet. Je vous rassure ca ne vous coûte rien. Vous choisissez un détritus, sur la plage, abandonné. Vous le « liker»  parce que c’est cool. Et hop, on vous dit que la petite bouteille en plastique est comptabilisée. 24 grammes. Chouette.

Il y a l’inévitable compteur pour savoir combien de tonnes ont été adoptées. Car du virtuel au réel, il n’y a qu’un pas que nous explique DOP :

pour chaque kilo de déchets tout mignons adoptés sur ce site, DOP finance le ramassage d’un kilo de déchets dans la réalité (aide financière de 5 € par kilo de déchets adoptés, dans la limite de deux tonnes, soit 10 000 euros)

Voilà, avec ma bouteille de tout à l’heure, DOP a donné 10 centimes à la grande journée citoyenne de nettoyage du littoral et des dunes de l’île d’Oléron. Vous savez ces opérations où l’on demande aux habitants de nettoyer eux-mêmes leur territoire.

C’est d’ailleurs toute l’absurdité de la gestion des déchets. On paye pour l’emballage. On paye pour le ramassage. On paye pour le tri sélectif. On paye enfin de sa personne pour venir nettoyer…

Mais surtout, ca ne fait pas un pli, le coût de cette opération (étude marketing, création du site internet, campagne médiatique etc…) tout ceci aura coûté au moins 10 000 euros. Au bas mot assurément. Donc on en est là. Si vraiment DOP voulait lutter contre les déchets, il ferait un chèque de 10 000 euros et garderait les autres 10 000 euros pour travailler sur sa gamme.

Mais je pressens qu’en réalité, tout ce tintamarre, c’était juste pour se faire mousser…


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Ecrit par Baptiste le 26 avril 2011 :: Classé dans Ad Hominem
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Zadig et Voltaire ? Références dépassées !

Que n’accable-t-on pas ce cher porte-parole du gouvernement !

Si le monsieur avait baigné dans un autre milieu, peut-être aurait-il eu une culture plus honorable !

Exercice de style où l’on imaginerait un homme politique qui aurait eu d’autres références vestimentaires…

Votre opéra préféré ?
L’opéra de quat’rues

Votre héros de dessin animé
Laspid y Gonazles

Votre livre préféré
La vie devant soie
Lucien Zazaou dans le métro

Votre essai préféré
Ethos et Thanathos

Votre scientifique préféré
g=9.8

Votre boisson préférée

Le koka Kolam

Votre livre de philo ?
Ainsi parlait Zaza Factory
Le Prince de Machja Weil

Inspiré par http://twitter.com/#!/search?q=%23bibliolefebvre


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Ecrit par Baptiste le 4 avril 2011 :: Classé dans Ad Hominem,Poïesis,vidéo
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Les deux dernières propagandes qui m’ont amusé

Je lis toujours le journal La Décroissance tout simplement parce que c’est provocateur. D’ailleurs, le dernier numéro propose comme action du mois « refuser le consensus« . Evidemment, ce genre d’impératif, dans nos sociétés policées, n’est pas très consensuel.

Dans le dernier numéro, un certain Christophe Catsaros, rapporte de Grèce des clichés de panneaux publicitaires vierges avec un commentaire.

Celui-ci figure à l’origine dans la revue d’architecture Archistorm.

« Le blanc des panneaux désaffectés démasque également une imposture: celle qui s’obstine à voir dans la joyeuse anarchie graphique des réclames un indice de liberté. Blancs, les panneaux émergent comme un système centralisé détraqué, une machine totalitaire défectueuse.» 

Belle citation, sur le fond comme sur la forme. Auparavant, quand d’aventure, certaines stations du métropolitain parisien arboraient des panneaux vierges, je ne retenais que la sensation d’apaisement. Je fais partie de ces gens qui sont comme obligés de lire tout ce qui présente à leurs yeux. Avec la publicité dans les lieux publics, on est sans cesse sollicité mais on ne s’en souvient plus. D’une certaine manière, comme la lecture de la Décroissance, cela stimule le cerveau… mais pas les neurones !

Mais voici qu’effectivement, la photo de cette Athènes avec d’immenses rectangles blancs me saisit. Coïncidence, je viens de finir une nouvelle de J.G. Ballard écrite en 1963 et intitulée « L’homme subliminal« . Un type suspecte des panneaux géants et complètements noirs d’influencer de manière subliminale les comportements d’achat des passants. Tout le monde le prend pour un fou jusqu’à ce qu’il aille saboter un de ces panneaux géants. Il y laisse sa vie mais son compère, jusque là sceptique, voit les messages subliminaux injonctant à consommer.

Bref, c’est le même phénomène mais comme inversé. A savoir que la manipulation paraît évidente quand un seul panneau se dérègle

Et je m’imagine seul, arpentant les boulevards d’Athènes, m’interrogeant sur ces étranges surfaces immaculées qui, ôtées de leur contenu, trahissent leur véritable fonction: la propagande !

Je m’imagine aussi à São Paulo, première grande ville à avoir interdit la publicité. Je m’imagine aussi à Forcalquier, où je déambulais il n’y a pas si longtemps et où, effectivement, il me sembla naturel de n’y apercevoir aucune réclame.

Et c’est du coup en reprenant le métropolitain de la capitale que la vérité de cette débauche graphique m’apparaît limpide. Entre deux secousses, je récolte sur un siège un journal dit gratuit. Ou plutôt un « gratuit»  dit journal.

Il est ouvert sur les pages 2 et 3 qui forment une publicité immense que voici.

Je me suis du coup demandé s’il s’agissait vraiment du journal. En voyant ces deux ours dévorer des sandwiches, j’ai repensé à cette propagande, dernière en date, d’un célèbre fast-food ici épinglé. Leur spot promotionnel montre papa ours et fiston ours en train de fêter le bulletin de note du petit en mangeant un BigMac.

Je me suis demandé si ce genre de coïncidence, cette obsession de montrer cet animal, menacé pour l’écologiste, mais aux airs débonnaires pour le marketeur, se repaître d’une nourriture infecte, n’avait pas un sens secret pour nos inconscients collectifs…

Finalement, j’ai réussi, à trouver au milieu des publicités la une du journal gratuit. La voici.

Cette dame, qui annonçait sans rire au moment de la crise, cette devise sibylline si on s’y arrête un peu, à savoir qu’il fallait « financer l’économie« , cette dame retrouve donc le sourire à l’annonce d’un slogan aussi creuse qu’hypothétique. La croissance repart.

En lisant l’article, je crois lire le bulletin météorologique.

« L’environnement international est bon»  [...] « La France bénéficie notamment de l’appel d’air créé par la reprise de la croissance mondiale»  [...] A condition que cette éclaircie soit possible.» 

Etc etc

Croissance croissance croissance.

Je tourne la page et retombe, j’avais oublié, sur les deux ours.

Sens ? Sens ? Sens ?

J’y ai fait une croix dessus.


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Ecrit par Baptiste le 10 février 2011 :: Classé dans Itinéraire,Poïesis,vidéo
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Ipad, Iphone et Imonde…

geek jusqu'au boutMon nom est l’ecolo-geek.

C’est à dire que je suis un écolo, qui mange bio et vis sans voiture dans la ville, qui, selon les dernières études, a une empreinte écologique paradoxalement inférieure à celle de la campagne. Ca s’appelle même l’éco-densité.

Je suis écolo donc.

Mais je suis aussi geek. C’est à dire que je suis né à une époque où mes parents achetaient les premiers micro-ordinateurs. J’ai vu passer l’Amstrad, l’Atari et Windows95. J’ai connu les trafics de CD gravés au lycée qu’alimentait le seul type à avoir un graveur à la maison. Bref, je suis peut-être moins agile des raccourcis claviers que mon petit cousin, mais lui est quasiment devenu autiste car il n’y a rien de pire qu’être adolescent à l’heure des blogs et de facebook…

Je passe 9h par jour devant mon ordinateur. Disons deux tiers pour le travail. Un tiers pour surfer.

J’ai mes habitudes, mes flux RSS bien rangés, mes forums de prédilection, mon compte gmail, bit.ly, twitter, facebook et plein d’autres que je n’exploite pas à fond. Parfois, pour tuer le temps le soir, je vérifie que je n’ai pas reçu de mails importants à minuit…

Atari portableLe seul problème, c’est que je n’ai pas d’Ipad ni d’Iphone. Alors, quand je voyage en train régional express ou attends sur le quai le passage du métropolitain, je me sens en manque. J’ai des secondes disponibles dans les interstices inoccupées de ma vie… et je n’en fais rien. Pas d’écran à lire. Pas de clavier à pianoter. Je suis même, ô suprême vice de la modernité, injoignable.

Alors je me convainc que de toute façon, toute cette camelote électronique n’est en réalité pas du tout écologique. Une part due au fameux effet rebond qui dit que certes, envoyer un message impacte moins aujourd’hui… sauf que nous sommes des milliards à envoyer ces messages virtuels.

On appelle cela la démocratisation.
On peut aussi l’appeler standardisation.

Une autre part due au simple prélèvement des ressources. Energie, eau, minerais.

Je sais que les métaux et terres rares utilisés pour tous ces nouveaux objets si XXIème siècle sont, comme leur nom l’indique, limités. Voire très limités. Plus de platine, plus de palladium, plus d’iridium. Et le coltan qu’on extrait dans le coeur des gorilles congolais.

Alors, quand je vois que tout site écolo, tout blog écolo, tout animalcule écolo est en train de développer son application Iphone, Blackberry, Androïd (ou le prochain qui sortira), je me pose des questions sur ce qui, après développement durable semble être un nouvel oxymore : ecolo-geek.

Autant dire chauffard responsable.

Où fixer la limite ? Bizarrement, aléatoirement, il semble que je l’ai fixée jusqu’aux écrans qui tiennent dans la main. Pourquoi ? Car un écran, c’est aussi un miroir, un reflet de soi-même. Et qu’instinctivement, me regarder continuellement dans un miroir n’est pas de mon acabit…

Peut-être au fond ne suis-je ni écolo ni geek. Mais que suis-je alors ?

J’ai demandé à Google.  15 200 000 résultats.

Walton Ford


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Ecrit par Baptiste le 26 novembre 2010 :: Classé dans Débat,Poïesis,Un peu sur nous
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Bienvenue chez Soleil Vert

Que du jour au lendemain, l’Etat, de concert avec l’industrie agro-alimentaire, décide de (ré)instaurer l’anthropophagie, nul doute que la révolte du public ne le mette aussitôt à bas.

– Mais, attendez- rien n’empêche d’en parler en interne. Entre gens sans préjugé. Théoriquement.

Les économistes dans les séminaires d’entreprises et les colloques universitaires soulignent la gravité de la crise des protéines, en rapport avec l’essor démographique et le tarissement des ressources.

Invités des cercles de réflexion et de prospective, les écologistes indiquent que, du point de vue de la souveraineté alimentaire, de la re-localisation de l’économie, et du respect de la bio-diversité, mieux vaut consommer un kilo de protéines autogènes, que de détruire un are de forêt amazonienne pour l’importer.

Les chimistes expliquent aux commissions parlementaires que la protéine, c’est de la protéine ; on peut lui donner le goût du veau, la couleur du saumon, un parfum de vanille, l’aspect d’une pizza.

Les anthropologues rappellent qu’il n’y a là rien de nouveau, le cannibalisme, y compris alimentaire est vieux comme l’humanité, et persiste dans certains endroits.

Les églises s’interrogent, et appellent au dialogue sur ce retour à l’authentique communion.

Les urbanistes regrettent le gaspillage de l’espace par les cimetières.

Les éthiciens remarquent qu’on est somme toute dans une variante du don d’organes et que l’important est le respect de la personne, et le caractère volontaire du don.

Une étude de l’Inra prouve la supériorité des farines anthropiques, leurs bénéfices pour la santé – élimination des virus et bactéries exogènes-, et leur rendement exceptionnel.

Les scientifiques des laboratoires de diététique moléculaire fustigent l’irrationalisme et l’obscurantisme des opposants aux recherches sur les Nouvelles Calories, qui voudraient nous ramener à l’âge de pierre et de la cueillette.

Les dirigeants pourfendent les végétariens. « Faire croire que l’on imposerait une alimentation anthropophagique à la population sans débat préalable, et que l’on transformerait les hôpitaux en abattoirs de science-fiction relève de la théorie du complot, etc. » Un sondage montre qu’en dehors de 15 % de conservateurs hostiles et de 15 % de modernistes enthousiastes, la population ne sait pas grand chose des Nouvelles Calories, et donc la Commission des Débats de Société organise avec l’association Vivaviandes un cycle « Farines anthropiques : à quelle sauce va-t-on nous manger ? »

L’avis consultatif du comité des sages, représentants du gouvernement, du sénat, du parlement, de l’industrie, des églises, de l’académie des sciences, conclut en toute indépendance, que ceux qui n’aiment pas ça, ne doivent pas en dégoûter les autres ; que chacun doit avoir la liberté de choisir ; et que donc, au-dessous de 1 %, la mention d’homoprotéines dans un produit alimentaire n’est pas obligatoire sur l’étiquette.

Disposition d’ailleurs contestée et violée par la marque Soleil Vert. Soudain, une mystérieuse épidémie de fièvre porcine, attaque biologique ou mutation d’un virus en batterie, extermine le cheptel mondial, et il n’y a plus d’alternative aux Nouvelles Calories. Dans l’urgence de la famine, le gouvernement sort des projets de ses cartons – gouverner, c’est prévoir-, dont l’interdiction de la crémation et la réquisition de toutes les réserves de protéines disponibles.

Mais qu’on se rassure : nous vivons en démocratie. Nous n’allons pas fabriquer des clones pour les cannibaliser.

*En voyant le nouveau logo proposé par Carrefour « Nourri sans OGM» , je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ce texte signé Pièces et Main d’Oeuvre. Il figure dans le livre « Terreur et Possession»  qui est un « indispensable« .
N’est-ce pas beau de voir Carrefour dire « liberté de manger ou pas des OGM»  ?

Dédicace amicale au Marcel Vert qui s’est laissé engluer dans ce genre de publicité !


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Ecrit par Baptiste le 5 novembre 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...,Poïesis
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Severn bien plus belle en vrai que dans son film

Ca sort le 10 Novembre et le casting est savamment choisi : du Nicolas Hulot, du Pierre Rabhi, du Seralini… Et même des inconnus qu’on est heureux de voir sur grand écran (Wartena de Terre de liens, Guy Kastler de Nature & Progrès etc).

Tous gravitant autour du même astre : Severn Cullis-Suzuki. Cette Canadienne qui avait tenu un discours percutant au sommet de la Terre en 1992. Elle avait alors 12 ans et en revoyant ces images, on est toujours saisi par le charisme et la pertinence de cet enfant.

Les enfants justement ! Le réalisateur Jean-Paul Jaud (oui oui, celui du foot sur Canal plus…) avait entamé une carrière de cinéaste avec le film « Nos enfants nous accuseront» . Avoir dans son camp, un aussi habile technicien de l’image, on ne va pas s’en plaindre. Ce film c’est un peu : la voix de nos enfants qui nous accuseront» …

Malheureusement, il me faut faire quelque chose d’absolument nul. Dire que je n’ai pas aimé Severn.

Que l’on se rassure, je trouve que l’idée du film est bonne, d’autant que la vraie Severn parle d’une manière douce, franche, limpide et déterminée. Je crois que dès qu’elle parle, je ne peux que acquiescer. Il y a quelque chose de troublant à l’entendre répéter mot pour mot, 18 ans plus tard, le même discours où rien n’a changé.

Les propos d’une enfant précoce deviennent les propos d’une jeune femme lucide. Lucide mais tout de même déçue de constater que l’utopie ai davantage reculé.

Mais un fil rouge ne suffit pas et il faut autour broder. Or, selon moi, la dentelle ne tient pas et j’ai vu un film plutôt décousu.

Pêle-mêle.

On démarre au Canada donc, retrouver Severn qui attend un bébé. A la fin du film, nous la retrouverons après la naissance. Entre temps, on fait des allers-retours pour aborder différentes thématiques, surtout l’agriculture bio.

On rencontre par exemple ce Japonais qui cultive une rizière sans intrants chimiques et où barbotent des canards. De vieilles Japonaises transmettent leur savoir potager à des écoliers. On apprendra que le peu de compléments alimentaires qu’elles utilisent proviennent de Chine et contiennent des traces d’OGM.

Volonté de transparence du réalisateur ? On ne sait.

On retrouve le maire de Barjac, déjà à l’honneur du premier opus. Il peine à trouver des agriculteurs bio et locaux. Ca tombe bien, le voici qui déjeune sur une table improvisée en plein champ avec, entre autres, le responsable de Terre de Liens. Une foncière, soutenue par La Nef, qui aide les jeunes agriculteurs à s’installer. Mais les discussions improvisées autour de cette table sonnent faux. On croirait des discours aussi naturels que ceux d’Eric Rohmer.

On rencontre aussi deux agriculteurs conventionnels qui ont subi des intoxications sévères à cause des pesticides. L’un a attaqué et fait reconnaître l’empoisonnement comme maladie du travail. On le voit plusieurs fois dire qu’il s’apprête à passer en bio. Heureusement pour lui, les deux agriculteurs bio  de la même région sont compréhensifs avec cette reconversion qui se fait attendre. Volonté de montrer la difficulté à passer à l’acte ? On ne sait.

Il y a cette fille, Ondine, 14 ans, qui est là pour montrer qu’une nouvelle Severn a peut-être été découverte… Elle entretient un skyblog sur les requins et on la voit faire une intervention sur les squales auprès de jeunes élèves. On la revoit avec le télécologiste Nicolas Hulot qui l’encourage. Il est sympa Nicolas Hulot.

D’ailleurs, on le retrouve aussi avec Pierre Rabhi pour échanger 6 phrases censées se compléter et percuter. Peine perdue. Après avoir dit que le grand prix de formule 1 à Flins n’était pas une bonne idée, il caresse la tête de Pierre Rabhi qui a l’air penaud devant tant d’intrusion tactile…

On voit aussi quelques individus pique-niquer au bord de l’eau, en face d’une centrale nucléaire. On n’apprendra rien sinon que la fresque géante peinte sur le réacteur, c’est pas très sérieux. Je crois que c’est le moment le plus incongru du film.

On part aussi écouter des polyphonies en Corse (perso j’adore !). Un père et ses deux fils font du vin bio tout en s’inscrivant dans le traditionalisme corse.

Alors oui, on aborde, ou plutôt on survole, chaque thématique: la bio, les pesticides, l’alimentation, le nucléaire, la déforestation etc. Bref, c’est un film écologiste avec plein de qualités. Qualité de l’image surtout. Qualité de la musique (Japon, Corse, piano de Gabriel Yared). Qualité du discours initial (encore merci Severn Suzuki !).

Mais on a l’impression que Jean-Paul Jaud a constitué un patchwork où ne manque qu’un raton-laveur pour vraiment trouver une cohérence à cet enchevêtrement de rencontres aux discussions molletonnées.

Les aficionados n’apprendront rien. Les novices repartiront avec quelques belles images, un sentiment de sérénité et peut-être quelques pistes concrètes.

On me dira « c’est toujours ca»  .
A quoi je réponds : « c’est déjà ca !»  .

Bande-annonce du film

Plus sérieusement, il y a aujourd’hui une impressionnante filmographie autour des questions écologiques. On sait tout le bien que j’ai pensé du film de Coline Serreau (pourtant fou-fou). Mais bien avant, il y avait ces documentaires plus incisifs (j’aime quand on me montre les méchants !) comme We Feed the World ou Notre Pain Quotidien.

Personnellement, je trouve que le meilleur, c’est encore l’Île au Fleurs, film brésilien de 12 minutes réalisé en 89 !


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Ecrit par Baptiste le 20 octobre 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...,vidéo
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De mèche avec les renseignements généreux

Follow your dreamsIl y a quelques temps, je participais à une action de désobéissance. Bref, je faisais quelque chose d’illégal… mais de légitime. D’ailleurs, à bien chercher, nous avons tous commis des actes illégaux mais légitimes. Par exemple, dans le métro, passer par-dessus le portillon parce que le ticket s’est démagnétisé, ou parce que l’on s’était trompé de quai.

Durant cette action de désobéissance où nous nous apprêtions à occuper une grande entreprise de missiles (sous couvert d’un patronyme à la mémoire d’un célèbre théorème…) nous avons, justement, pris le métro parisien. Au bout de cinq secondes, nous avons repéré un type bizarre, un quidam plutôt costaud, habillé sombre et en train d’appeler avec un super téléphone.

Je me suis approché de lui pour savoir ce qu’il racontait au téléphone.

« Il y a deux chèvres, cinq vaches, trois cochons…» 

Je n’invente rien.

Alors j’ai eu mal pour mon pays. Moi qui imaginais les agents des renseignements généraux sur-entraînés, discrets et aptes à parler un langage codé anodin et indécelable. Eh bien non ! C’était grossier, criard et bouffon. En cinq secondes, il était grillé. Alors la trentaine de désobéissants que nous étions, nous l’avons regardé fixement. Il avait l’air penaud et moi j’étais mal à l’aise pour lui. Déçu aussi que mes impôts partent dans une élite aussi peu professionnelle. Chacun son rôle ! Moi je désobéis. Lui doit être discret.

Dali dans le mtéro parisien

Dali sortant du métropolitain

Nous l’avons semé à la station d’après. Un jeu d’enfant.

Voilà, ce fut ma première rencontre avec les renseignements généraux, institution pour la quelle j’ai, bizarrement, beaucoup de sympathie.

Au final, nous avons bien squatté le siège de l’entreprise spécialisée dans les systèmes de défense. L’action s’est bien passée malgré un impact médiatique faible (un article dans le Figaro).

Mais oublions les renseignements généraux et voyons leurs cousins: les renseignements généreux. Au départ, comme le nom l’indique, il s’agit de partager, sous formes de brochures, une synthèse autour d’enjeux sociétaux: publicité, dette des pays du Sud, nucléaire, agriculture, démocratie…

Partisans, les renseignements généreux ? Oui mais tout sauf dogmatiques car on est séduit par la limpidité et le déroulé pédagogique du propos.

Les brochures circulaient sous le manteau, de festivals en festivals tout en étant consultables sur le site internet. Site web qui fournit également d’autres ressources documentaires toujours pertinentes et inspirantes. Eco-sapiens se nourrit d’ailleurs de ces informations (cf interview d’un fabricant de papier recyclé).

Désormais, les renseignements généreux sortent une revue dont le mot d’ordre, avouons-le, fait du bien !

La revue La Traverse commence en effet avec un article intitulé « Nous avons besoin de visions positives« , sorte de pied de nez au travail encyclopédique de recensement de toutes les mauvaises nouvelles qui pleuvent sur nos semaines.

La revue essaie de remonter aux sources du problème global: pourquoi si peu de contestation ? En cela, la théorie de la tendance à la réduction de la dissonance cognitive (résultat de la psychologie sociale) nous permet au moins d’envisager une cause. Il est dur de renoncer à quelque chose pour  lequel nous nous sommes beaucoup impliqués.

Plus tard, un article teinté d’humour aborde la question du langage. On y apprend (ou rappelle) que la position « modérée»  (appelée bof-bof) mène très souvent à l’absurde. Croire aux fantôme, croire en Dieu ou croire au complot du 11 Septembre (lisez l’article ne serait-ce que pour apprendre comment la Maison Blanche n’a jamais eu besoin de tuer 2 000 personnes pour manipuler l’opinion publique, une fausse infirmière qui passe à la télé suffit à partir en guerre contre l’Irak). On ne voit pas trop comment la position intermédiaire peut tenir.

Enfin, l’interview de Xavier Renou est éclairante. D’abord parce que son parcours est chargé de symboles. Etudiant, il s’inscrit dans l’anti-fascisme (choisissant de faire une thèse sur le GUD… à la faculté d’Assas !) pour arriver à la dénonciation de la privatisation de la violence (campagne Greenpeace). Aujourd’hui, avec le collectif des désobéissants, il initie à la désobéissance civile non-violente. Ainsi, des milieux de tous horizons, avec des causes fort différentes, se retrouvent. C’est ainsi que le monde du handicap qui dénonce le manque d’investissement au Conseil général des Hauts de Seine, va, temporairement, rencontrer des faucheurs ! Partage d’expérience garantie !

Lorsque Xavier Renou raconte l’anecdote de cet agent de la sûreté militaire qui avait infiltré les Désobéissants (« un type charmant» ) et qui a été démasqué par une lettre anonyme, je m’amuse encore.

J’imagine la vie de ces agents doubles, qui se retrouvent à faire des stages de clown-activisme ou à manger bio avec des anti-pubs. J’aimerais savoir ce qu’ils en pensent au fond. A-t-il des moments authentiques de joie durant ces stages ? Voit-il le monde différemment après ?

Et je me dis que j’ai raté ma carrière. J’aurais tant aimé être agent secret et énumérer les animaux de basse-cour dans le métro parisien…


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Ecrit par Baptiste le 21 septembre 2010 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...,Participez
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la propreté intellectuelle, c’est le viol… ou l’inverse

S'éveiller et jouer à la guerre

On connaît tous le refrain: « si je fabrique des armes, ce n’est pas pour attaquer, c’est pour me défendre face à l’autre qui fabrique des armes« .

Il a donc suffi que le premier être humain souhaite se défendre pour instaurer une ère à jamais belliqueuse. Le concept de « guerre préventive»  n’est d’ailleurs pas tant un euphémisme de la novlangue qu’un pléonasme. Si l’on attaque, c’est toujours pour défendre ses intérêts, considérant sa survie menacée. Idéologique (le Lebensraum) ou mercantile (Irak) l’invasion se fait toujours pour préserver son propre système.

Jusque là, rien que de très ancien.

Aujourd’hui, on fait moins la guerre avec des bombes qu’avec des accords et des brevets. Les bombes sont hélas toujours là, lorsque les juridictions ne suffisent plus. C’est l’adage « La guerre n’est qu’un prolongement de la politique par d’autres moyens»  que l’on doit au baron Von Clausewitz.

Là où le jeu guerrier devient subtil, c’est que les attaques économiques (OPA, délocalisations) et juridiques (OMC, droits des brevets) ne peuvent réellement être assumées que si l’on est sûr de sa force militaire. En clair, si Mc Donald’s vous menace d’un procès, vous y ferez attention alors que si vous recevez une lettre d’un avocat du Groenland, bah vous vous direz « cours toujours !» 

En dernier ressort, il y a toujours les canons. A ne faire sortir de la paperasse que si la cible s’évertue à ne pas céder.

Merci Monsieur le Baron.

Alors voici deux histoires juridiques dernièrement arrivées à eco-sapiens.

La première, où l’on verra que c’était nous les plus forts. La seconde où l’on verra qu’il faut savoir se cacher…

Une obscure fondation d’entreprises, comme il en fleurit chez toute compagnie qui a quelque image à redorer, a décidé de récompenser des étudiants qui mettraient les nouvelles technologies au service de l’environnement. Il y a 5 ans, « nouvelles technologies»  ca voulait dire Internet. Aujourd’hui, ca veut dire RFID, ces petites puces pour rendre les objets communicants et même « intelligents» . Ces RFID pourraient non seulement être présents sur chaque objet manufacturé mais aussi sur chaque être humain qui peut, lui, être communicant sans être intelligent…

Fiction ? Les moutons sont déjà fichés (c’est obligatoire). Alors n’importe quel troupeau fera l’affaire. D’ailleurs, on ne va pas mettre cela sous la peau (« et l’intégrité, monsieur» , « et la dignité humaine ?» ). Non. On va d’abord mettre cela dans des objets qui ne nous quittent pas. Portable, ordinateur, titre de transport par exemple.

Il se trouve que l’étudiant qui a remporté le concours avait proposé une sorte de logiciel qui commanderait une climatisation et pourrait la régler au mieux en connaissant le nombre de personnes dans une salle grâce aux RFID. A ce niveau, on est pris comme d’un vertige.

D’abord, il faut informatiser. Ensuite il faut une climatisation. Après, il faut des RFID et enfin il faut un logiciel. Il y a à peine quelques années, si on avait chaud, on proposait d’ouvrir la fenêtre.

On pourrait en rester là. Mais le hic! c’est que le nom de cet admirable projet était « ecosapiens»  .

Comme quoi on peut être étudiant en 2010, savoir programmer des logiciels couplés avec des RFID mais ne pas savoir taper dans Google le nom qu’on a choisi. N’importe quel groupe de musique ou n’importe quel club de bridge a ce réflexe au cas où le nom renverrait une webographie sulfureuse.

Incompréhension d’autant plus forte que dans le jury figurait une personne qui nous a rencontrés et qui nous avait envoyés des mails pour faire des partenariats. Offre que nous avions à l’époque décliné par manque de cohérence écologique (publicités McDo, Coca et Cetelem quand on parle d’environnement et de social, ca fait brouillon).

Happy end, nous avons eu l’étudiant en question. Devant l’arsenal juridique exhibé par nos soins, il a compris qu’il n’y avait pas d’échappatoire.

Sous les fleurs… des canons.

Deuxième histoire: la défaite.

Une lettre avec accusé de réception ce n’est jamais bon signe. Dans un langage admirablement châtié, on nous explique que la catégorie Eveil et Jeux va devoir être renommée. D’abord on n’ose y croire. Il y a une cinquantaine de sites internet qui utilisent cette dénomination, certains pour des livres, d’autres pour de la puériculture. Mais bon, la marque est déposée, le langage admirablement châtié et l’entreprise plus costaude que nous.

Un petit coup de fil quand même pour dire que l’on change cela (désormais c’est Eveil et Jouets) mais qu’on reste un tantinet ébaubi. Nous avons d’autres catégories qui pourraient ainsi être débaptisées si l’INPI n’autorisait pas chaque mot du dictionnaire à être reconnu comme marque… Chambre Enfant ? Mobilier de jardin ? Epicerie sucrée ? Boissons chaudes ? Qui sait ?

Cet échange courtois avec l’avocat (elle fait son boulot) me rappelle que chacun a son monde. Il y a le bon sens et il y a la propriété intellectuelle. Parfois cela se rejoint; parfois il y a des dérives (brevets sur le vivant, sur des savoirs ancestraux, bio-piraterie). Surtout, cela rappelle cette évidence sur laquelle le discours écologiste glisse parfois trop vite : les mots ont un sens et ils ont encore une force.

Dommage que nos sociétés aient défini un protocole pour les mots quand il s’agit d’intérêt privés mais pas quand il s’agit de moralité publique. Ah… si l’INPI avait autant de force que l’OIP

Aussi, si vous avez 10 minutes et que vous souhaitez découvrir les charmes de cette terra incognita qui s’appelle « code de la propriété intellectuelle« , vous ne serez pas déçu. Ca fourmille d’anecdotes sur des conflits aux consonances surréalistes. Imaginez France Telecom attaquer le journal chrétien La Vie parce que… « Bienvenue dans la vie.com« .

Je vous laisse le soin de savoir si France Télécom a gagné…


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Ecrit par Baptiste le 13 juillet 2010 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Un peu sur nous
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Le palais idéal du banquier requin

En passant quelques jours à Vienne, en plein centre-ville, face à la belle cathédrale Stephansdom se trouve un somptueux bâtiment appelé « Palais Equitable « , tel quel, non traduit.

Benoîtement, on va s’imaginer que les Autrichiens ont osé faire ce que Paris n’a pas pu réaliser. Rappelons que l’année dernière, le ?Palais Brongniart (le Palais de la Bourse, en face des Halles de Paris et de l’église Saint-Eustache) était de nouveau en concession et que parmi les trois postulants en lice, il y avait le groupe SOS. Symboliquement c’était fort. L’économie solidaire récupère le lieu historique de la bourse et du capitalisme.

Finalement, c’est le groupe GL Events, groupe côté au petit CAC 40, qui a remporté la concession pour 30 ans…

Bon. Mais Vienne alors ? Le paradis des végétariens et de l’écologie art-de-vivre ? Eh bien je suis au regret d’avouer que dans ce magnifique palais, on ne trouvera rien d’équitable.

En fait, le nom du palais vient d’une compagnie d’assurance américaine, nommée Equitable,  qui s’y est installé en 1890. Il semble que la compagnie existe encore au Canada sous le nome de Equitable Life. Aujourd’hui, à l’intérieur, en marge des escaliers fastes et du marbre richement orné, il y a des bureaux. Des banques, des compagnies d’assurance, des cabinets d’avocat. Le rêve quoi…

Surtout, il n’y a pas âme qui vive. Un si beau palais, transformé en muet sarcophage. Quel dommage !

Consolons-nous et lisons déchiffrons ce fronton à l’intérieur du palais, voici le mot « équitable» , tout doré tout rococo.

A la manière du facteur cheval, ce qu’il nous reste, c’est construire pierre après pierre et sans luxe apparent, notre propre palais idéal !

Le palais de l'équitable à Vienne (Intérieur)

PS: Un immense merci à Clovis du site quat’rues (T-Shirts bio, équitables, engagés et poétiques !) pour l’hébergement et l’itinéraire touristique sur Vienne…

PPS: Paris-Vienne sans avion ;-)


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Ecrit par Baptiste le 5 juillet 2010 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...,Poïesis
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