Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

Ca sent le soufre social à Feyzin

Oh ce n’est pas grand chose.

Quand on disait que l’affaire des graines germées bio venues d’Allemagne allait être l’argument massue pour dénoncer les bobos bios, on ne croyait pas si bien dire.

Constater l’union sacrée entre syndicaliste productivistes et idéologues libéraux, voilà qui démontre (s’il fallait encore le démontrer…) que la pensée la plus sulfureuse de notre époque n’est plus à gauche

En tout cas plus dans la gauche traditionnelle, obsédée d’emplois, de maintien des acquis sociaux etc.

Ecoutons donc le cri du coeur de ces deux syndicalistes CFDT de l’usine Total de Feyzin. Et jouons au jeu des différences avec ce qu’aurait pu dire un patron, un financier ou un économiste libéral…

« On les attend de pied ferme : que ce soient des emplois verts, jaunes ou bleus, on se fout des couleurs, pourvu que ce soient des emplois.[...]
Que veut-on : arrêter l’industrie et mettre 500 000 personnes de plus au chômage en France ? Oui, le gouvernement surfe sur la vague écolo, ils ont la trouille avant les élections. Les Verts ont la cote après Fukushima. Mais les graines germées en Allemagne, c’était bio et ça a tué des gens, alors on n’en veut pas pour nos enfants, de leur m… »

Lecteur, après le jeu des différences,voici un autre jeu. Sauras-tu compléter comme il se doit le mot de la fin ?

En somme, ces travailleurs sont paradoxalement des conservateurs. Ils ne voient pas autre chose que le maintein de leur boulot et sont prêts à taper sur tout ce qui mettrait en péril leur pré carré. C’est tout à fait compréhensible.

Néanmoins, on reste scotché par tant de haine et de violence dans les propos, notamment à l’encontre de la Ministre de l’Environnement. Il y heureusement cette porte ouverte:

Que le raffinage ne soit pas un secteur porteur, on en est conscients et on est prêts à prendre le virage.

La hargne bien visible dans l’interview laisse plutôt penser le contraire. Mais… dont acte !

Je profite de cette brève sur la qualité de l’air pour rappeler que si le nombre d’hospitalisations peut sembler dérisoire (3 personnes) cela ne signifie nullement que ces rejets ont eu un faible impacte sur la population lyonnaise.

Comme dans toute pollution insidieuse (radio-activité, ondes électro-magnétiques, pesticides, tabagisme, pots d’échappements…) il y a des effets cumulatifs. Le hic, c’est que nous sommes constamment soumis à des pollutions diverses.

L’association Respire rappelle que nous avons le droit de vivre dans un environnement sain (article 1 de la Charte de l’Environnement).

Faisons respecter ce droit, qui nous semble tout de même bien plus fondamental que le droit de faire ses 35 heures à l’usine…

Respire


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Ecrit par Baptiste le 24 juin 2011 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...
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Le jour de la grande mutation

UNESCO. Paris.

Pour une avant-première d’un documentaire en 20 épisodes appelé « Les Artisans du Changement« . A la manière du livre « 80 hommes pour changer le monde« , cette série-reportage dresse des portraits en racontant l’histoire du projet. Des hommes et des femmes qui « entreprennent»  et qui par leur action, font des choses concrètes et alternatives.

En bref, il s’agit de personnes qui se sont retroussées les manches et ont proposé quelque chose là où le système déployait son inéluctable et néfaste action.

J’avoue avoir toujours un sentiment mitigé devant ce genre d’exercice.

Évidemment, je trouve formidable (pour ne pas dire indispensable) de montrer à quel point les alternatives sont concrètes. Et je trouve salutaire de rappeler que ces gens-là sont toujours, pour reprendre le poncif consacré, des « héros ordinaires« . Bref, de rappeler que nous sommes en fait tous capables de franchir le pas.

Cependant, ce genre de « trombinoscsope»  a la fâcheuse tendance à mélanger torchons et serviettes. Et on a parfois le sentiment que les auteurs n’osent pas aborder les points sensibles, comme par exemple la vision à long-terme ou la pertinence initiale du projet.

Dans l’épisode que j’ai vu, il y avait donc trois exemples, trois alternatives concrètes, trois personnalités différentes. Dans trois pays différents.

Je connaissais déjà le projet de voûte nubienne qui est incontestablement une belle histoire en devenir. Il s’agit de repenser l’architecture des maisons au Burkina Faso, en se passant de la tôle et du bois pour le toit. Juste des voûtes en terre crue et en pierre sèche. C’est écologique, social et esthétique. C’est social car en filigrane se dessine un système de « compagnonnage»  où chacun peut donc s’approprier la technique de construction.

J’avais entendu parler, via Ashoka, de l’association Ciudad Saludable qui indéniablement permet de redonner une dignité à ceux qui travaillaient de manière informelle dans la récupération des déchets de Lima au Pérou. Ce n’est pas rien. D’autant que le projet se décline en recyclage pour la confection de sacs par exemple. Le défi relevé est tellement énorme que j’ai presque honte de critiquer un aspect pourtant fondamental: ne faut-il pas aussi sensibiliser à la diminution des déchets et de l’emballage en général ?

Enfin, le dernier projet est pour moi une grosse farce. Il s’agit de la Laiterie du Berger au Sénégal. Dans le documentaire le portrait est introduit sur un constat faussement naïf: « pourquoi diable n’y a-t-il pas de débouchés pour le lait qui est de toute façon produit par les vaches des bergers peuls ?»  Et un éleveur d’expliquer que le lait de ses vaches ne servait qu’à nourrir les veaux. On le jetait même parfois dans les rivières.

Ils sont vraiment idiots non ? Ils pourraient le boire au village se dit-on.

Il est quand même assez connu que les peuples asiatiques et africains ont une intolérance au lactose, molécule fortement présente dans le lait de vache. Ceci pour des raisons historiques. Bien entendu cela ne signifie pas qu’un Sénégalais ne peut pas boire de lait ou manger du yaourt. Cela signifie qu’il le digérera plus ou moins bien et que de toute façon, tant mieux pour eux car, contrairement à ce que dit la publicité chez nous : « les produits laitiers ce n’est pas vraiment bon pour la santé» .

Mais ne rentrons pas dans un débat de nutritionniste et soyons lucide un instant. Pourquoi vouloir faire boire du lait à des gens qui traditionnellement n’en consommaient pas bien que, j’insiste, ils le produisaient.

Mais parce que Danone, et l’industrie laitière, en général trouve que la marché occidental (qui commence à bouder les laitages) c’est pas assez grand. Il faut donc convaincre les Asiatiques (voyez Muhammad Yunus au Bengladesh) et les Africains de s’y mettre. Il se trouve qu’en tapant « La laiterie du Berger» , on tombe directement sur le lien Danone Communities qui, sous couvert d’action sociale, n’hésite pas à financer tout ce qui peut faire progresser l’industrie laitière dans ces nouveaux continents.

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur le lait mais je tiens à faire une précision. Je ne pense pas que le lait « c’est mal» . J’en suis même plutôt friand, plutôt sous forme de comté si vous voulez tout savoir !

Je trouve juste gonflé qu’on fasse passer pour social un projet qui n’existe manifestement que pour faire rentrer l’Afrique dans le train du système marchand et industriel.

En préambule du reportage, il y avait notamment un petit discours de Nicolas Hulot. Je dois avouer que le revirement de pensée, au cours des dernières années, chez l’animateur m’interpelle. Plus incisif, n’hésitant pas à rappeler qu’avant d’aider le Sud, on ferait mieux d’arrêter de le piller, notamment par la dette, il a aussi improvisé cette petite sortie sur « le jour de la grande mutation»  qui arrivera de toute façon. En clair, Nicolas Hulot croît au grand soir version écologiste, c’est à dire au pas de côté de l’an 01.

J’avoue être plus circonspect sur l’éventualité du jour de la grande mutation


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Ecrit par Baptiste le 14 janvier 2011 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Les autres...,vidéo
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La conférence eco-SAPIENS avec Dominique Bourg et Sébastien Kopp

Comme promis, voici le compte rendu de notre conférence du 3 Décembre autour de la question « Y a-t-il un business model dans la décroissance ?» 

Conférence est un bien grand mot puisque l’idée était bien de profiter de la convivialité et de la simplicité du lieu (l’Equitable Café à Marseille) pour pouvoir discuter décontracté.

Comme cela a duré deux heures, qu’il y a eu environ 30 questions/interventions, il est inconcevable de balancer l’enregistrement tel quel. Voici donc le synopsis.

Développement durable et décroissance

Et si on passait à côté du débat !

le sens bordel !
D’emblée, Dominique Bourg envoie le développement durable aux oubliettes. Non seulement il explique (en s’appuyant sur le rapport de Tim Jackson… on en reparlera) que ce n’est pas possible de découpler croissance économique et prélèvement des ressources, mais il va plus loin encore dans son « apostasie» .

Le Développement Durable aura servi à masquer les questions soulevées par les pionniers de l’écologie qui interrogeaient la notion de croissance. Les 25 années d’essor du DD correspondent au moment où le néolibéralisme s’impose !

Autrement dit, les masques tombent. Le développement durable n’était que de la verdure digérée par le libéralisme. Et on a perdu du temps. Au passage, M Bourg rappelle quelques bases de la littérature décroissante. A savoir que la technologie ne résout pas les problèmes écologiques en raison de deux biais : création de nouveaux besoins donc de nouveaux biens (fuite en avant consumériste) et abaissement du coût de production entraînant une « démocratisation»  des biens (effet rebond).

Il rappelle que des études démontrent que le maximum de bonheur ne correspondent pas au maximum de consommation de biens matériels (ndr: il fallait bien une étude pour ça !)

Sébastien Kopp met lui aussi les pieds dans le plat en disant qu’il avait demandé à changer le titre de la conférence (ce qui est vrai !). Croissance, décroissance, développement durable, on oublie un pilier fondamental, peut-être le seul : celui du sens. Quelle vision, quel projet de société, quelle portée culturelle et artistique ?

Paradoxalement, partant du constat que l’économie a pénétré toutes les sphères du réel, il explique qu’il faut donc créer des entreprises qui ne créent non pas de la richesse ou de la valeur mais qui créent du sens. En espérant que le sens suffira à faire office de marketing…

Je résume cela à la simple question de savoir pourquoi on se lève le matin et si l’on est heureux de se lever ! Etrangement, la recherche de la rentabilité a conduit nombre d’entreprises à trouver des modèles économiques de plus en plus complexes, voire incompréhensibles. D’une certaine manière, on s’éloigne du sens.

Au fond, cette quête obsessionnelle de l’argent démontre justement l’absence de sens. Comme on n’a pas de projet de société, en attendant, chacun cherche à accumuler le plus possible pour le jour où il y aura un projet de société.

Ecouter la partie 1

Télécharger la partie 1

Le pouvoir d’achat et le sens d’achat

Dominique Bourg plussoie ces remarques. Il observe que c’est la même désorientation qui sous-tend la notion de principe de précaution (même s’il n’est évidemment pas contre le principe de précaution).

Vision d’horreur : et demain ? la question du sens sera-t-elle encore possible demain ? Il évoque le projet transhumaniste qui vise à affranchir l’homme de toute limite, notamment l’immortalité.

La question du sens est révolutionnaire. C’est la seule qui soit aujourd’hui tabou. C’est pourtant la première que se posent les sociétés traditionnelles.

Sébastien Kopp raconte. Venant de milieux aisés et ayant fait de bonnes études, on ne se pose pas la question si « entreprendre » est facile ou difficile ». On se dit  juste « si ce n’est pas nous qui le faisons, qui le fera ? ». On a fait une boîte pour travailler dedans mais aussi pour pouvoir se procurer la basket dont on rêvait.

Il mentionne les plus-values de la basket Veja (coton bio, agro-écologie, seringueros, payer le caoutchouc au prix qu’il faut pour laisser la forêt en pied).

Après 3 ans, ca marche. Mais on devenait des petits patrons un peu cons… Qu’est-ce qui se passe dans l’entreprise ? On pourrait être en SCOP par exemple. Pour l’instant on a plafonné les écarts de salaires.

Le projet est chouette mais si c’est pour finir patron en 4×4, on rate l’essentiel ! Paradoxalement, la première prime pour la coopérative brésilienne a été dépensée pour avoir des antennes télévisions… alors qu’il manquait tout là-bas ! Mais on ne peut rien dire. Ou alors on tombe dans le neo-colonialisme.

La consommation est un vote ! A pas tant que ça, on peut changer les choses rien que par le choix des achats !

Ecouter la partie 2

Télécharger la partie 2

Contradiction et polémique sur EDF

Je rappelle les 3 modes d’eco-SAPIENS. L’information pour expliquer et convaincre par la raison. Le comparateur de produits pour la facilité d’accès, convaincre par la pulsion. Et enfin, l’entreprise elle-même qui a choisi la cohérence selon l’adage attribué à  Gandhi : « L’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre, c’est le seul ». Statut coopératif et La Nef.

Sébastien Kopp évoque en plus le fournisseur d’électricité verte Enercoop dont Veja est sociétaire et client. Mais il s’étonne de voir que ces acteurs exemplaires soient aussi peu connus finalement et que les principaux concernées fassent faux bond. Ainsi Les figures médiatiques de l’écologie pourraient les propulser en y adhérant.

J’évoque mon expérience personnelle où, invité à la Fondation Nicolas Hulot, j’avais expliqué que je relaierai les actions quand la fondation changera de banque pour la Nef (eco-SAPIENS ainsi que ses salariés sont à la Nef)

Ca tombe bien, Dominique Bourg fait partie de la Fondation Nicolas Hulot. Il reconnaît que ce pourrait être un formidable echo. Mais il faut savoir lier les deux : petites initiatives exemplaires d’un côté et grosses machineries un peu inertes de l’autre. Si FNH ne va pas chez Enercoop, c’est parce qu’on reçoit des sous d’EDF. C’est effectivement une contradiction.

A la question posée pour savoir si la fin justife les moyens, Dominique Bourg rappelle que pour gagner en indépendance, il faut avoir beaucoup de dons personnels. Or les attaques climato-sceptiques ont sensiblement fait baisser cette part de don. Comme il travaille aussi avec EDF, il ne veut pas qu’on laisse croire qu’EDF est une entreprise de 150 000 salauds. Le monde n’est pas manichéen. Il faut savoir assumer ses contradictions. Enercoop a au moins le mérite d’inspirer EDF.

Sébastien Kopp répond qu’on a pas vraiment le temps d’attendre qu’EDF change.

Si Enercoop devient « en terme de taille » comme EDF, Enercoop deviendra-t-elle « en terme de valeur » comme EDF ?

Ecouter la partie 3

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Avalanche de questions

Peut-on réduire l’Amazonie à sa valeur marchande ? Viable est préférable à rentable ?
Les initiatives porteuses de sens progressent mais sont petites. N’est-ce pas la course du vélo contre le TGV ?

Malheureusement, toutes ces belles initiatives ne font pas système.
Voire !

Sempiternelles questions sur les pauvres (au Sud comme au Nord) à qui on ne peut pas demander de faire une fort supplémentaire (l’éco-consommation est souvent plus chère).

Sébastien Kopp: Ceux qui ont la possibilité de le faire ne le font malheureusement pas. On vise les salaires medians. Or ils ont une vraie responsabilité car ils ont la gouvernance financière, intellectuelle et culturelle. Et c’est ceux-là qui ne changent pas !

Ecouter la partie 4

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Salauds de pauvres

Internet va vite et permet de connecter ce fourmillement d’initiatives « sensées» . Il manque certainement une incarnation (politique ? syndicale ?)

On a tellement peur de froisser les gens qu’on ose plus dire en face qu’ils dépensent mal leur argent. L’argent n’a qu’une valeur. Mais ne véhicule plus de valeurs…

Anecdote des salariés Moulinex qui manifestent contre la délocalisation de leur usine alors qu’ils achètent de l’électro-ménager chinois.

Beaucoup d’interventions pour démontrer que le choix par exemple d’une alimentation bio, ne dépend pas vraiment du revenu.

Ecouter la partie 5

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12 questions pour finir

En tout, il y aura eu 30 interventions dans la salle. C’est bien !

Sans pub, comment Veja s’est fait connaître ?

Veja peut continuer à se développer sans croître ?

Le système s’effondre aussi car même physiquement les gens s’effondrent (observateur de la Sécurité sociale)

Quid Enercoop ? Les certificats verts ? Les AMAP ? le statut SCOP

Relation Travail/Consommation

Ecouter la partie 6

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Encore un grand merci à Sébsatien Kopp de Veja, à Dominique Bourg bien sûr, à l’Equitable café pour l’accueil chaleureux (même si on a été privé de fanfare !) et des bises à l’Elephant du poulailler qui assure toujours pour transformer des citrouilles en carrosse.

La bande complète de 1h45min est disponible mais pèse 100 Mo !


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Ecrit par Baptiste le 15 décembre 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...,Participez
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Comment j’ai visité une usine Renault

20086_BD__43E4E12DAttention, ceci n’est pas un publi-reportage !

Cette précision liminaire effectuée, il me faut encore faire une digression qui portera sur quelque chose que je connais particulièrement bien… moi !

Qu’on me pardonne cette parenthèse nombriliste, je la juge utile pour bien comprendre que le billet qui suit pourra être jugé trop sarcastique. Ce n’est pas son but. Je m’efforce d’être impartial. Et je sais que parfois, l’honnêteté intellectuelle peut être blessante.

Voici donc la parenthèse.

J’ai appris de la bouche d’un véritable journaliste (plusieurs fois cité sur ce blog d’ailleurs) qu’il ne faut jamais rencontrer ses ennemis. Pour la simple raison qu’un jour où l’autre, on est amené parfois à les rencontrer et que si l’offense est connue, on est tenté de vouloir se faire pardonner. Pire encore, les gens en vrai, sont souvent sympathiques et on en vient à se demander pourquoi on a eu la dent si dure alors que ce sont de francs camarades le temps d’une soirée.

Le phénomène n’est pas nouveau et atteint son paroxysme dans les forums virtuels par exemple, où les internautes peuvent se lâcher (souvent pour le pire d’ailleurs) parce qu’ils savent qu’ils ne verront jamais la personne qu’ils offensent.

Moralité, pour un simple eco-sapiens comme moi, mieux vaut garder ses distances. Je dis cela avec d’autant plus d’expérience que nombre de mes camarades d’école d’ingénieur exercent leur besogne parmi les entreprises les plus infréquentables à mes yeux. Mais ils sont mes amis…

Fin de la parenthèse. Encore pardon !

Un jour, nous recevons un coup de téléphone. Une agence de communication souhaite organiser une rencontre entre blogueurs écolos influents -quel honneur !- et l’usine Renault de Maubeuge qui s’inscrit dans une démarche environnementale sur deux fronts:

  • l’optimisation écologique du site de production et, perlinpinpin,
  • le lancement de la future voiture électrique Made in La Marque Au Losange.

Bon, nous sommes à Marseille, ca se passerait à la frontière belge. On a donc décliné poliment l’invitation trouvant que la géographie de l’Hexagone pouvait se révéler bien pratique par moment…

Et puis et puis… et puis j’ai été tanné pour tenter l’aventure.

Cédant donc à la curiosité et à l’appel improbable du nom de Maubeuge, j’ai donc accepté en m’assurant de deux conditions. Primo qu’en retour on ne serait pas obligé d’écrire quelque chose. Secundo que si l’on écrivait, on avait le droit de casser du sucre. Tout ceci m’a été confirmé.

Dubitatif, me voici donc Gare du Nord, un lundi matin de Paris.

Dans le train (1ère classe, durée 1h40) je discute longuement avec le responsable communication de Renault. Je cherche à comprendre, j’essaie de percevoir le piège. Manifestement, il n’y en a pas. Ils adoptent, à juste titre selon moi, les techniques de communication à la mode, où l’on fait aussi appel à la communauté du web qui est capable aujourd’hui de créer une opinion, parfois un buzz, à moindre frais que des encarts énormes venant assombrir nos journaux et magazines…

On parle de tout. Un peu de Renault. Un peu d’écologie. On parle de la conquête de l’Amérique. Je lui raconte les thèses Jared Diamond à la fois sur l’effondrement des sociétés mais aussi sur « pourquoi l’homme blanc a gagné ?» 

Ouf, moi qui ne connais rien aux modèles de bagnoles, je vais pouvoir m’en sortir !

Arrivée Maubeuge. Une flotte de trois Kangoo (le fameux ludospace, « véhicule idéal pour les primoaccédants à l’automobile car compromis entre utilitaire et familial»  ) nous transportent de la gare à l’usine MCA.  C’est là que Renault fabrique la Kangoo de A à Z. Pour une ville de 30 000 habitants, c’est 2400 salariés et sûrement des emplois indirects à rajouter. Bref, quand l’industrie automobile va mal, on imagine sans peine que la ville sombre dans la Sambre…

Heureusement pour eux, l’usine va mieux par rapport à l’année dernière qui fut terrible. Au lieu des 200 000 véhicules produits chaque année, 2009 a atteint à peine 120 000 unités. Eux parlent de la crise économique. Moi je perçois les signes avant-coureurs du peak oil, ce fameux pic de production du pétrole. Bref, pour moi la crise économique est un symptôme et non une cause.

Le pétrole, justement on a des idées dessus chez Renault. « Enfin !»  diront les mauvaises langues. Eh oui car en 2011, l’usine de Maubeuge devrait sortir la Kangoo électrique, ce qui serait alors le premier utilitaire accessible et électrique.

Je confesse que n’étant pas partisan de la voiture, je m’emballe peu pour ce genre d’annonce. Car une fois le peak oil périmé, on regardera du côté du peak lithium. Je rappelle qu’il n’existe que deux principales mines de lithium. En Bolivie(convoité par Bolloré et Mitsubishi mais Morales tient bon…) et au Tibet. Et que le prix du lithium a été multiplié par 10 en cinq ans.

22491_BD__45DEFABEBon c’était plutôt secret défense la Kangoo électrique ZE, donc je ne vous fournis que l’image « publique»  si vous voulez voir à quoi ca ressemble.

Allez hop, pendant ce temps, j’enfile un casque, un gilet jaune, des chaussures de sécurité, des lunettes de protection et on s’engouffre dans l’usine.

Tolerie: on découpe et on modèle les plaques d’acier,

Emboutissage: on soude les parties métalliques pour faire une « caisse» 

Peintures: vous imaginez n’est-ce pas

Montage: on clipse et on visse tous le mobilier: la sellerie, le tableau de bord et tout à la fin les roues.

Chaque jour, ce sont 340 tonnes d’acier qui s’engouffrent et qui ressortent sous forme de 630 Kangoo disponibles sous « 4 modèles et 200 colorants disponibles, sans compter les finitions spécifiques sur mesure selon l’envie du client» .

Ces chiffres ne m’émeuvent pas car au fond de moi, j’ai comme l’envie de colmater cette fuite d’animaux à quatre roues, deux élytres et une antenne. Je repense au « pas de côté»  qu’on pourrait faire avec Gébé.

Ici, il convient d’ouvrir une nouvelle parenthèse pour ceux qui seraient choqués que l’on puisse ainsi dénigrer la voiture. Eh oui, dans cette civilisation automobile quoi de plus blasphématoire que de pester contre ce fort efficace engin !

Voici.  Quand on y pense, en tant qu’objet, la voiture est une des plus belles inventions du génie humain. Avec un litre de liquide visqueux (huile… ou pétrole) on peut déplacer une tonne sur 20 km sans se fatiguer. Essayer de tirer une tonne sur 20 km avec juste une bouteille d’eau… Mais en tant que pratique individuelle, la voiture est une aberration. On l’utilise pour tout et n’importe quoi. On finit par se déplacer sans savoir pourquoi. On finit au bout du compte à planifier le territoire en fonction d’elle, rendant du coup ces déplacements inévitables. Et la boucle est bouclé. En quarante ans, nous voici embourbée dans la civilisation automobile.

On ne devrait garder que les véhicules type pompiers, ambulance et utilitaires. Supprimer les autoroutes, rapprocher les lieux de travail des lieux de vie, lutter contre l’évidence qu’une voiture se possède et demander plutôt qu’elle se partage.

D’autres en parlent mieux que moi et l’on peut donc ferme cette parenthèse.

15072_BD_ren2007mcaRevenons à l’usine. Nous voici plongé au milieu d’un ballet fantastique et devant lequel je n’avais jamais pensé que l’on puisse être ému. Celui des robots. On se croirait à Jurassic Park. Tels des animaux au coup de girafe, les petits robots viennent mordre gracieusement la tôle, provoquant parfois des feux d’artifice magiques.

Parfois, on a l’impression que deux robots dansent le tango.

Je me suis fait la réflexion qu’il existait peut-être désormais des ecosystèmes composés de machines. Je me suis aussi rappelé ce constat de Heidegger qui se demandait si la machine n’avait pas dompté l’homme pour qu’il l’améliore sans cesse et assure sa reproduction

J’ai tous les chiffres sur l’usine !

Je ne vous assomme pas avec… mais l’idée à retenir est celle-ci. Entamée il y a une dizaine d’année, la politique environnementale a permis de réduire drastiquement la consommation d’eau et d’énergie ainsi que les rejets de COV (composés Organiques volatils). Les chiffres sont sidérants (en plus d’être sidérurgiques…) Energie -30%, eau -65%, COV -70%, rejets atmosphériques -40%

Tout cela en 10 ans. D’où la question qui fâche: cela veut-il dire qu’avant, l’usine était franchement crado, en tout cas insouciante ? Ou alors est-ce vraiment le top qu’on puisse faire et du coup on se dit qu’il reste peu de progrès à faire ?

Personnellement, avec les chiffres mis à ma disposition, j’ai réalisé que le principal poste impactant l’environnement… c’était la peinture. Et de loin ! Gourmand en eau (il faut laver drainer la peinture en trop), rejetant des saletés chimiques (merci les métaux lourds de BASF, Dupont et PPG) et assez gourmand en énergie (il faut cuire les différents apprêts, les laques, la cire finale), on demande pourquoi tant d’efforts pour avoir du rouge ou du bleu sur sa caisse.

Bref, c’est la chose la moins « utile»  qui endommage le plus. Mais il semble que sortir des voitures « gris acier naturel»  ne soit pas envisageable au service marketing. Dommage.

On finit la visite par LA spécificité du site de Maubeuge: son collecteur d’eau de pluie. Bon c’est tout bête, au point qu’on se demande pourquoi ce n’est pas « la normalité» . Mais soyons fair-play car je peux concevoir que faire adopter une telle nouveauté face à une inertie industrielle, ce doit être un travail de titan. Voilà, il y a 10 ans, ils ont décidé de collecter l’eau de pluie (en plus il paraît qu’il pleut souvent à Maubeuge) ce qui permet de subvenir à un tiers de leur besoin. Pas négligeable donc.

Allez, on peut être fier de ce colllecteur d’eau de pluie !

La visite est finie ! On a été plus que bien reçu par Jean Goutierre (le bien nommé, du coup !), responsable environnement du site. Sur le trajet du retour, au milieu du paysage brique qui dévoile ses charmes, je repense à une discussion que j’ai eue avec lui. Je lui disais qu’il fallait tout de même se poser la question du « faut-il toujours produire plus de voitures ?« .

3274_0076_480Il était fort conscient du problème sociétal. Je crois que parmi certains esprits courageux du monde automobile on s’est fait à l’idée que ce ne sera plus comme avant. Comment pourra-t-on continuer à gagner de l’argent et employer des gens ? Ils y réfléchissent. L’idée qu’il puisse y a voir moins de voiture est envisagée. Si si !

En contreprartie, ils espèrent, je crois, que les déplacements augmentent. Inventer un modèle économique basé sur l’usage plus que sur l’objet ? Tout est possible pour sauver le soldat Auto. Voir leur site Mobilite durable qui ouvre le débat.

Enfin il m’a confié cette prophétie tellement limpide. L’informatique et le numérique remplacent petit à petit l’automobile. Une nouvelle civilisation s’installe, celle de l’Internet et des télécommunications. Aujourd’hui on feint de croire qu’elle pollue peu. Ca change. La consommation des serveurs, une requête sur Google.

Dans quinze ans, mon fils m’interpellera et sera stupéfait que ma génération ait pu considérer comme normal le fait d’avoir chacun un ordinateur, un site internet, un compte Facebook, un Iphone et tutti quanti. Et comment nous avons pu, avec nos autoroutes de l’information, défigurer la planète sous prétexte d’accéder à tous les films en téléchargement illimité et instantané.

Alors, Jean Goutierre me dit qu’il ne voudrait pas que les efforts de l’industrie automobile soient annihilés par l’appétit grandissant du tout numérique.

Bien sûr, il y aura des « optimistes»  qui diront que les ordinateurs propres sont pour bientôt. Tiens, peut-être que mon fils sera invité à visiter une usine de semi-conducteurs verte et qu’il publiera, sceptique, une lettre manuscrite à ses amis pour faire part de ses doutes…

Fin du billet.

Et, par souci de cohérence, fin du blog !


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Ecrit par Baptiste le 11 mai 2010 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Les autres...,Participez,Poïesis,Un peu sur nous
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La mobilité durable ? des eco-SAPIENS au travail.

Piste cyclable Marseille

En ce jour d’ouverture de la semaine européenne de la mobilité durable, un petit coup de projecteur sur notre coopérative et la mobilité de ses salariés.

Nous nous intéressons dans cet article à la mobilité au travail. Avec l’augmentation du pétrole il ne vous a pas échappé que le coût pour aller au travail était non nul ! Par ailleurs, être coincé dans les bouchons, constater que la majorité de ces voitures n’ont qu’un seul passager à bord, c’est souvent énervant !

Avec le désir de vous dire qu’autrement c’est possible, voici comment nous fonctionnons, on espère que cela vous donnera envie.

Chez les eco-SAPIENS, nous ne sommes que trois salariés et cela nous a permis de faire des choix facilitant notre eco-mobilité. Aussi nous avons choisi des bureaux, non loin de nos habitations. Et malgré la piètre qualité des transports en commun de la ville, nous pouvons nous rendre au travail en vélo ou à pied !

Vous aussi vous pouvez essayer ! Un jour par semaine pour commencer. Si vous êtes loin, un vélo électrique peut être utile et efficace.

Pour réduire encore les déplacements on peut aussi se rendre moins souvent au travail ! En effet, notre activité, de plus en plus dans le tertiaire, permet d’effectuer une grande partie de son travail à la maison. Cela demande un peu d’organisation et de confiance de la part de l’employeur mais c’est tellement agréable. Le télétravail voilà une solution que les eco-SAPIENS ont également retenue pour diminuer leurs déplacements. Vous aussi demandez une journée en télétravail, un peu de distance avec le téléphone, toujours une connexion par internet et voici 1/5e de vos émissions de C02 qui diminue.

Si pour certains déplacements, la rencontre de clients ou la participation à des salons, le vélo n’est pas adapté, nous utilisons les transports en commun. Cela nous donne le temps de préparer nos rencontres et nous enlève le stress de la conduite.

Et si ce n’est toujours pas possible (horaire ou accessibilité difficile), nous essayons d’y aller en covoiturage, et pourquoi pas avec une voiture d’auto-partage ? En bout de course, nous utilisons une voiture qui fonctionne avec de l’huile recyclée. Eh oui c’est possible ! (nous avons partagé les locaux de Roule Ma Frite pendant 8 mois…)

Outre les économies réalisées et le plaisir de contribuer à un monde plus vivable, nous avons redécouvert les joies du vélo, le plaisir de la glisse et ce sentiment de liberté lorsque le vent caresse vos joues !

Nous avons de la chance de pouvoir fonctionner ainsi, mais tout le monde peut faire des petits efforts et se faire des petits plaisirs…


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Ecrit par benjamin le 16 septembre 2008 :: Classé dans Itinéraire,Participez,Poïesis,Un peu sur nous
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Un stagiaire dans les nuages

ess2.gifNotre stagiaire Jonas, qui est resté près de deux mois pour traduire les fiches labels et autres dossiers, vous livre la conclusion de son rapport de stage.

J’espère que ca donne envie aux prochains !

En tout cas, pour nous, dès qu’il est de retour d’Allemagne, on lui réserve une petite place !

Le stage effectué chez eco-SAPIENS a été une expérience extrêmement positive. Le domaine d’activité, les contacts avec les autres acteurs de l’entreprise,
les travaux effectués, les expériences et informations récoltées, le cadre
marseillais… tous ces éléments ont contribué au bon déroulement du stage. Je ne regrette absolument pas de ne pas avoir trouvé de stage à l’étranger. Je désespérais, durant mes recherches trop tardives, de ne jamais trouver de stage convenable, mais la chance m’a souri et le stage chez eco-SAPIENS a répondu à toutes mes attentes.
Je souhaite au plus grand nombre d’étudiants d’avoir la chance d’effectuer un stage de cette qualité, qui m’a instruit et dont les enseignements et les compétences que j’y ai acquises me serviront longtemps.


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Ecrit par Baptiste le 24 septembre 2007 :: Classé dans Un peu sur nous
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Sauver le quotidien du monde ou sauver notre quotidien ?

« Mais tu n’as pas cherché de travail ?» …
voici la phrase que nous pouvons entendre régulièrement au sein de l’équipe des eco-SAPIENS.

Pour nos parents, notre entourage, créer le site eco-SAPIENS est assez-un peu-très (selon les opinions) valorisant, mais cela ne représente pas à leurs yeux un véritable « travail» .

Il est vrai que nous faisons encore, à l’heure actuelle, partie des statistiques du chômage, puisque nous ne touchons pas à chaque fin de mois de salaire…
Mais quels sont les créateurs d’entreprise qui, après seulement quelques mois d’existence peuvent se dégager une véritable rémunération ?

Nous serions boulangers, par exemple, nous aurions dû investir dans:

  • des murs,
  • des machines,
  • du concret,
  • du matériel quoi…

tout le monde trouverait normal que nous ne puissions vivre de notre activité si tôt.

Mais pour eco-SAPIENS il s’agit de virtuel…nous n’avons besoin que de quelques ordinateurs, que nous avions déjà à titre personnel, de stylos, de notre matière grise et de beaucoup de temps passé…alors ça surprend !

Créer une entreprise sans capital est-ce bien sérieux ?
La bulle Internet n’est pas si loin et chacun garde encore en mémoire qu’un site Internet peut être côté en bourse, qu’il doit démarrer avec de gros investisseurs…

Les eco-SAPIENS ont choisi d’être cohérents jusqu’au bout sur le thème de l’économie solidaire.
De prouver et se prouver que la motivation, la passion, la curiosité, la créativité, la compétence et l’énergie peuvent remplacer les gros sous…au démarrage tout au moins.
Nous prévoyons de déposer les statuts de notre société d’ici quelques semaines et donc de quitter la protection bienveillante de notre couveuse.

Je suis eco-sapiens..et vous ?

A partir de là, effectivement nous allons rentrer dans le concret des entreprises françaises avec les charges etc…Nous espérons que les achats de nos internautes, qui sont déjà nombreux, vont nous permettre de continuer à remplir notre mission et nous comptons sur vous !

  • Nous allons également investir avec nos propres deniers évidemment
  • et peut-être aussi faire appel à ceux qui croient en notre projet et dans les produits éthiques. Ils pourraient vouloir participer financièrement au-delà de leurs achats, si nous leur garantissons de continuer à leur proposer des solutions répondant à leurs préoccupations…
  • Pour renforcer le sentiment d’appartenance aux eco-SAPIENS, nous créerons certainement des T-shirts, en coton bio et équitable bien entendu, imprimés sans produits toxiques, afin que chacun puisse se déclarer haut et fort eco-SAPIENS.

Faites-le nous savoir…Merci


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Ecrit par Baptiste le 6 mars 2007 :: Classé dans Participez
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