Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

Comment j’ai visité une usine Renault

20086_BD__43E4E12DAttention, ceci n’est pas un publi-reportage !

Cette précision liminaire effectuée, il me faut encore faire une digression qui portera sur quelque chose que je connais particulièrement bien… moi !

Qu’on me pardonne cette parenthèse nombriliste, je la juge utile pour bien comprendre que le billet qui suit pourra être jugé trop sarcastique. Ce n’est pas son but. Je m’efforce d’être impartial. Et je sais que parfois, l’honnêteté intellectuelle peut être blessante.

Voici donc la parenthèse.

J’ai appris de la bouche d’un véritable journaliste (plusieurs fois cité sur ce blog d’ailleurs) qu’il ne faut jamais rencontrer ses ennemis. Pour la simple raison qu’un jour où l’autre, on est amené parfois à les rencontrer et que si l’offense est connue, on est tenté de vouloir se faire pardonner. Pire encore, les gens en vrai, sont souvent sympathiques et on en vient à se demander pourquoi on a eu la dent si dure alors que ce sont de francs camarades le temps d’une soirée.

Le phénomène n’est pas nouveau et atteint son paroxysme dans les forums virtuels par exemple, où les internautes peuvent se lâcher (souvent pour le pire d’ailleurs) parce qu’ils savent qu’ils ne verront jamais la personne qu’ils offensent.

Moralité, pour un simple eco-sapiens comme moi, mieux vaut garder ses distances. Je dis cela avec d’autant plus d’expérience que nombre de mes camarades d’école d’ingénieur exercent leur besogne parmi les entreprises les plus infréquentables à mes yeux. Mais ils sont mes amis…

Fin de la parenthèse. Encore pardon !

Un jour, nous recevons un coup de téléphone. Une agence de communication souhaite organiser une rencontre entre blogueurs écolos influents -quel honneur !- et l’usine Renault de Maubeuge qui s’inscrit dans une démarche environnementale sur deux fronts:

  • l’optimisation écologique du site de production et, perlinpinpin,
  • le lancement de la future voiture électrique Made in La Marque Au Losange.

Bon, nous sommes à Marseille, ca se passerait à la frontière belge. On a donc décliné poliment l’invitation trouvant que la géographie de l’Hexagone pouvait se révéler bien pratique par moment…

Et puis et puis… et puis j’ai été tanné pour tenter l’aventure.

Cédant donc à la curiosité et à l’appel improbable du nom de Maubeuge, j’ai donc accepté en m’assurant de deux conditions. Primo qu’en retour on ne serait pas obligé d’écrire quelque chose. Secundo que si l’on écrivait, on avait le droit de casser du sucre. Tout ceci m’a été confirmé.

Dubitatif, me voici donc Gare du Nord, un lundi matin de Paris.

Dans le train (1ère classe, durée 1h40) je discute longuement avec le responsable communication de Renault. Je cherche à comprendre, j’essaie de percevoir le piège. Manifestement, il n’y en a pas. Ils adoptent, à juste titre selon moi, les techniques de communication à la mode, où l’on fait aussi appel à la communauté du web qui est capable aujourd’hui de créer une opinion, parfois un buzz, à moindre frais que des encarts énormes venant assombrir nos journaux et magazines…

On parle de tout. Un peu de Renault. Un peu d’écologie. On parle de la conquête de l’Amérique. Je lui raconte les thèses Jared Diamond à la fois sur l’effondrement des sociétés mais aussi sur « pourquoi l’homme blanc a gagné ?» 

Ouf, moi qui ne connais rien aux modèles de bagnoles, je vais pouvoir m’en sortir !

Arrivée Maubeuge. Une flotte de trois Kangoo (le fameux ludospace, « véhicule idéal pour les primoaccédants à l’automobile car compromis entre utilitaire et familial»  ) nous transportent de la gare à l’usine MCA.  C’est là que Renault fabrique la Kangoo de A à Z. Pour une ville de 30 000 habitants, c’est 2400 salariés et sûrement des emplois indirects à rajouter. Bref, quand l’industrie automobile va mal, on imagine sans peine que la ville sombre dans la Sambre…

Heureusement pour eux, l’usine va mieux par rapport à l’année dernière qui fut terrible. Au lieu des 200 000 véhicules produits chaque année, 2009 a atteint à peine 120 000 unités. Eux parlent de la crise économique. Moi je perçois les signes avant-coureurs du peak oil, ce fameux pic de production du pétrole. Bref, pour moi la crise économique est un symptôme et non une cause.

Le pétrole, justement on a des idées dessus chez Renault. « Enfin !»  diront les mauvaises langues. Eh oui car en 2011, l’usine de Maubeuge devrait sortir la Kangoo électrique, ce qui serait alors le premier utilitaire accessible et électrique.

Je confesse que n’étant pas partisan de la voiture, je m’emballe peu pour ce genre d’annonce. Car une fois le peak oil périmé, on regardera du côté du peak lithium. Je rappelle qu’il n’existe que deux principales mines de lithium. En Bolivie(convoité par Bolloré et Mitsubishi mais Morales tient bon…) et au Tibet. Et que le prix du lithium a été multiplié par 10 en cinq ans.

22491_BD__45DEFABEBon c’était plutôt secret défense la Kangoo électrique ZE, donc je ne vous fournis que l’image « publique»  si vous voulez voir à quoi ca ressemble.

Allez hop, pendant ce temps, j’enfile un casque, un gilet jaune, des chaussures de sécurité, des lunettes de protection et on s’engouffre dans l’usine.

Tolerie: on découpe et on modèle les plaques d’acier,

Emboutissage: on soude les parties métalliques pour faire une « caisse» 

Peintures: vous imaginez n’est-ce pas

Montage: on clipse et on visse tous le mobilier: la sellerie, le tableau de bord et tout à la fin les roues.

Chaque jour, ce sont 340 tonnes d’acier qui s’engouffrent et qui ressortent sous forme de 630 Kangoo disponibles sous « 4 modèles et 200 colorants disponibles, sans compter les finitions spécifiques sur mesure selon l’envie du client» .

Ces chiffres ne m’émeuvent pas car au fond de moi, j’ai comme l’envie de colmater cette fuite d’animaux à quatre roues, deux élytres et une antenne. Je repense au « pas de côté»  qu’on pourrait faire avec Gébé.

Ici, il convient d’ouvrir une nouvelle parenthèse pour ceux qui seraient choqués que l’on puisse ainsi dénigrer la voiture. Eh oui, dans cette civilisation automobile quoi de plus blasphématoire que de pester contre ce fort efficace engin !

Voici.  Quand on y pense, en tant qu’objet, la voiture est une des plus belles inventions du génie humain. Avec un litre de liquide visqueux (huile… ou pétrole) on peut déplacer une tonne sur 20 km sans se fatiguer. Essayer de tirer une tonne sur 20 km avec juste une bouteille d’eau… Mais en tant que pratique individuelle, la voiture est une aberration. On l’utilise pour tout et n’importe quoi. On finit par se déplacer sans savoir pourquoi. On finit au bout du compte à planifier le territoire en fonction d’elle, rendant du coup ces déplacements inévitables. Et la boucle est bouclé. En quarante ans, nous voici embourbée dans la civilisation automobile.

On ne devrait garder que les véhicules type pompiers, ambulance et utilitaires. Supprimer les autoroutes, rapprocher les lieux de travail des lieux de vie, lutter contre l’évidence qu’une voiture se possède et demander plutôt qu’elle se partage.

D’autres en parlent mieux que moi et l’on peut donc ferme cette parenthèse.

15072_BD_ren2007mcaRevenons à l’usine. Nous voici plongé au milieu d’un ballet fantastique et devant lequel je n’avais jamais pensé que l’on puisse être ému. Celui des robots. On se croirait à Jurassic Park. Tels des animaux au coup de girafe, les petits robots viennent mordre gracieusement la tôle, provoquant parfois des feux d’artifice magiques.

Parfois, on a l’impression que deux robots dansent le tango.

Je me suis fait la réflexion qu’il existait peut-être désormais des ecosystèmes composés de machines. Je me suis aussi rappelé ce constat de Heidegger qui se demandait si la machine n’avait pas dompté l’homme pour qu’il l’améliore sans cesse et assure sa reproduction

J’ai tous les chiffres sur l’usine !

Je ne vous assomme pas avec… mais l’idée à retenir est celle-ci. Entamée il y a une dizaine d’année, la politique environnementale a permis de réduire drastiquement la consommation d’eau et d’énergie ainsi que les rejets de COV (composés Organiques volatils). Les chiffres sont sidérants (en plus d’être sidérurgiques…) Energie -30%, eau -65%, COV -70%, rejets atmosphériques -40%

Tout cela en 10 ans. D’où la question qui fâche: cela veut-il dire qu’avant, l’usine était franchement crado, en tout cas insouciante ? Ou alors est-ce vraiment le top qu’on puisse faire et du coup on se dit qu’il reste peu de progrès à faire ?

Personnellement, avec les chiffres mis à ma disposition, j’ai réalisé que le principal poste impactant l’environnement… c’était la peinture. Et de loin ! Gourmand en eau (il faut laver drainer la peinture en trop), rejetant des saletés chimiques (merci les métaux lourds de BASF, Dupont et PPG) et assez gourmand en énergie (il faut cuire les différents apprêts, les laques, la cire finale), on demande pourquoi tant d’efforts pour avoir du rouge ou du bleu sur sa caisse.

Bref, c’est la chose la moins « utile»  qui endommage le plus. Mais il semble que sortir des voitures « gris acier naturel»  ne soit pas envisageable au service marketing. Dommage.

On finit la visite par LA spécificité du site de Maubeuge: son collecteur d’eau de pluie. Bon c’est tout bête, au point qu’on se demande pourquoi ce n’est pas « la normalité» . Mais soyons fair-play car je peux concevoir que faire adopter une telle nouveauté face à une inertie industrielle, ce doit être un travail de titan. Voilà, il y a 10 ans, ils ont décidé de collecter l’eau de pluie (en plus il paraît qu’il pleut souvent à Maubeuge) ce qui permet de subvenir à un tiers de leur besoin. Pas négligeable donc.

Allez, on peut être fier de ce colllecteur d’eau de pluie !

La visite est finie ! On a été plus que bien reçu par Jean Goutierre (le bien nommé, du coup !), responsable environnement du site. Sur le trajet du retour, au milieu du paysage brique qui dévoile ses charmes, je repense à une discussion que j’ai eue avec lui. Je lui disais qu’il fallait tout de même se poser la question du « faut-il toujours produire plus de voitures ?« .

3274_0076_480Il était fort conscient du problème sociétal. Je crois que parmi certains esprits courageux du monde automobile on s’est fait à l’idée que ce ne sera plus comme avant. Comment pourra-t-on continuer à gagner de l’argent et employer des gens ? Ils y réfléchissent. L’idée qu’il puisse y a voir moins de voiture est envisagée. Si si !

En contreprartie, ils espèrent, je crois, que les déplacements augmentent. Inventer un modèle économique basé sur l’usage plus que sur l’objet ? Tout est possible pour sauver le soldat Auto. Voir leur site Mobilite durable qui ouvre le débat.

Enfin il m’a confié cette prophétie tellement limpide. L’informatique et le numérique remplacent petit à petit l’automobile. Une nouvelle civilisation s’installe, celle de l’Internet et des télécommunications. Aujourd’hui on feint de croire qu’elle pollue peu. Ca change. La consommation des serveurs, une requête sur Google.

Dans quinze ans, mon fils m’interpellera et sera stupéfait que ma génération ait pu considérer comme normal le fait d’avoir chacun un ordinateur, un site internet, un compte Facebook, un Iphone et tutti quanti. Et comment nous avons pu, avec nos autoroutes de l’information, défigurer la planète sous prétexte d’accéder à tous les films en téléchargement illimité et instantané.

Alors, Jean Goutierre me dit qu’il ne voudrait pas que les efforts de l’industrie automobile soient annihilés par l’appétit grandissant du tout numérique.

Bien sûr, il y aura des « optimistes»  qui diront que les ordinateurs propres sont pour bientôt. Tiens, peut-être que mon fils sera invité à visiter une usine de semi-conducteurs verte et qu’il publiera, sceptique, une lettre manuscrite à ses amis pour faire part de ses doutes…

Fin du billet.

Et, par souci de cohérence, fin du blog !


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Ecrit par Baptiste le 11 mai 2010 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Les autres...,Participez,Poïesis,Un peu sur nous
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Vaccinations et vaticinations

homer-simpson--2-« A quoi ca sert de se faire vacciner contre des maladies qu’on attrape jamais ?»  demande innocemment Homer.

A force de vivre dans une tour d’ivoire (c’est effectivement le cas puisque je n’ai pas de télévision et que question presse, je ne lis que celle qui n’appartient pas aux marchands d’armes…) je n’ai pas réalisé à quel point la grippe A était LE sujet bouillant d’actualité.

Je viens de le réaliser à force d’emails reçus qui tournent dans les différents cercles d’amis. Au bout d’un moment on finit par ouvrir un diaporama et il faut reconnaître qu’on apprend des choses.

Bien entendu, sur des salons, j’avais déjà vu quelques stands « Droit à la vaccination»  et feuilleté leur brochure. De mon point de vue, quand on commence à parler médecine, on s’aventure sur un terrain où chaque certitude glisse et bouscule sa voisine. Car quoi de plus imprévisible que la physiologie humaine. Certains développent des allergies, d’autres ont des effets secondaires rarissimes. C’est peut-être pour cela que corps prend un s, même au singulier…

Aujourd’hui, on a le sentiment que la médecine c’est 50% de biologie et 50% de statistiques. Or, les statistiques, on peut toujours leur faire dire ce qu’il convient.

Par exemple, même le grand Pasteur avait arrangé quelques résultats pour son vaccin contre la rage. Imaginez aujourd’hui avec la compétition acharnée entre labos, instituts et… chercheurs. Mélangez recherche de notoriété, appât du gain et politique sécuritaire… vous aurez des alertes sanitaires pour encore longtemps !

Donc, pour revenir à la grippe A, si j’ai bien compris c’est soit le vaccin indispensable en prévision d’une grippe inédite soit un formidable complot ourdi par l’OMS et quelques labos pharmaceutiques.

Si l’on définit correctement le terme « complot« , cette dernière hypothèse ne semble pas idiote. « Complot»  dans le sens où certains groupes de pressions ont intérêt à croire que vraiment, il y a un risque. Bref, des industriels et des spécialistes certainement de bonne foi mais qui ne réalisent pas qu’une fois la mayonnaise prise, on ne peut plus la faire descendre. Et qui justifieront par tous les moyens l’efficacité de leurs produits et la nécessité de les commander en masse.

Donc peut-être le cheptel humain sera-t-il la prochaine victime de cette société du risque, mais je préfère me dire que les vraies victimes ce seront comme souvent ceux qui font fonctionner l’emballement médiatique.

Je vous livre donc quelques documents critiques sur la grippe A et la vaccination en général. Pour éviter toute polémique, je précise qu’ils ne reflètent pas forcément mon opinion personnelle (ou celle d’eco-SAPIENS). Ils posent quelques questions… et justement one en manquait ces temps-ci !

A toutes fins utiles, rappelons qu’en France, 4 vaccins sont obligatoires (BCG, tétanos, diphtérie, polio). Et qu’en ce qui me concerne, je n’en fais pas une maladie…

ga armement site jpg


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Ecrit par Baptiste le 5 août 2009 :: Classé dans Débat
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La Californie en faillite recourt aux monnaies libres

couverture Terra Eco

couverture Terra Eco

On en parle peu mais il se passe de drôles de choses en Californie. La Californie c’est, rappelons-le, un territoire mexicain cédé aux Etats-Unis en 1848. 10 ans auparavant, la province mexicaine comptait 5 000 Européens pour 30 000 Amérindiens. Aujourd’hui, c’est 40 millions de personnes qui vivent sur ce territoire qui représente 14% du PNB américain.

On dit souvent que si la Californie était indépendante, elle serait la sixième puissance économique mondiale…

A l’origine de cette explosion démographique et de cette richesse, il y a l’or (XIXème siècle), le pétrole (1910-1950), le cinéma (Hollywood 1930-aujourd’hui) et l’informatique (Silicon Valley 1971-aujourd’hui). Et un climat exceptionnel pour enrober cette vision chronologique des ressources stratégiques…

Mais la Californie est paradoxalement aussi riche qu’endettée. Paradoxe qui n’est qu’apparent pour ceux qui savent que l’argent d’aujourd’hui est constitué à 95% de dette.

24,3 milliards de dollars* de déficit à ce jour. Et cela s’accroit de 500 $ chaque seconde. Argh ! La richesse a un coût !

Ce marasme économique, c’est peut-être parce que nous n’achetons pas assez de mots clés à Google (siège social à San Jose, California). C’est plus vraisemblablement parce la crise économique frappe en premier lieu les fleurons de l’économie américaine.

Le célèbre gouverneur haltérophile Arnold Schwarzenegger tente désespérément de trouver des remèdes, même celles qui séduisent plus le camp adverse (démocrates) que son propre parti (républicains). Deux jours de moins pour les 250 000 fonctionnaires. Hausse d’impôts. Coupes drastiques dans l’éducation et la santé.

A l’Ouest rien de nouveau… (pour une fois que c’est idoine !)

Mais surtout, une nouvelle monnaie apparait: le IOU. I Owe Unto – Je dois sur une période indéterminée – contracté en langage courant en I Owe You – Je vous dois.

C’est une reconnaissance de dette… sans aucun terme échu. Evidemment, cela fait rire les banques qui ne reconnaîtront ni ne convertiront ces IOU.

Et alors ? Eh bien je me dis que les monnaies libres arrivent. Doucement mais sûrement…

* ou 40 milliards de dollars… ca dépend de la source !

Article américain qui parle des IOU


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Ecrit par Baptiste le 3 juillet 2009 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...,Poïesis
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Les monnaies libres

monnaies libres

monnaies libres

J’ai assisté hier soir à une conférence dont j’ignorais absolument tout le contenu. Juste intrigué par l’intitulé: « Les monnaies libres« , car, comme beaucoup j’imagine, je m’interroge souvent sur cette drôle d’invention qu’est la monnaie.

Instinctivement, on est porté à croire que l’argent (qui est un peu la monnaie-roi) a été inventé pour des raisons de commodité. Plus facile que le troc parce qu’il encombre moins que le bœuf qu’on échange, mais surtout parce que l’on peut le thésauriser.

Avec la crise financière, de très bons documentaires et écrits ont circulé sur le système monétaire actuel: qu’est-ce qu’une banque ? Qui créé l’argent ? Pourquoi tout, des Nations aux particuliers, est endetté ? Pourquoi le monde est pourtant si riche ?

Hier donc, cette conférence proposait de vaticiner sur ce qu’allait devenir la monnaie. Le constat de départ, c’est qu’on vit dans un monde où la monnaie est rare. Il faut bien sûr rappeler que dans la plupart des pays, 10% de la population contrôle 70% de la richesse monétaire. 1% en contrôle 40%. Bref, les inégalités se creusent et le système actuel ne parvient plus à redistribuer les cartes.

C’est un peu comme un jeu de Monopoly où, même avec des joueurs de la meilleure volonté et solidarité qui soit, les règles font qu’à la fin… tout le monde meurt. Même le gagnant qui, pour vivre, a besoin que des joueurs tombent sur ses hôtels… C’est aussi ce que l’on appelle la loi Pareto.

C’est Jean-François Noubel qui intervenait, et à qui donc je dois cet exemple du Monopoly, et qui se mouillait à proposer un nouveau paradigme où la monnaie ne serait plus rare mais… suffisante.

Présentation du personnage au passage.
C’est l’un des fondateurs de AOL France. Ce qui revient à dire que c’est l’un de ceux qui a vraiment contribué à amener Internet en France. Son domaine, c’est plutôt l’intelligence collective. Aujourd’hui, il fait conférences et séminaires en marge de ses recherches sur l’intelligence collective. Avec d’autres, ils mettent au point une sorte de package open-source (du code informatique libre et ouvert) pour que tout le monde puisse créer son propre système monétaire.

Vous avez bien lu. Selon lui, très rapidement, les monnaies vont se multiplier. Il y en aura des millions. Je pourrai être sur telle monnaie locale de mon village. Et aussi sur telle vaste monnaie réunissant les centaines de millions de personnes qui souhaitent faire circuler leur argent que dans de la bio, de l’éthique etc.

Bon, on est dans l’utopie. Peut-être. Dans la dystopie. Peut-être aussi. Ce qui est sûr, c’est que l’on ressort de la conférence avec des yeux nouveaux. On se dit que oui c’est possible et imminent. De même que chacun est devenu media, on pourra devenir banque. On pourrait se rapproprier la monnaie.

Un monde s’ouvre. Avec beaucoup de questions. Notamment: « que vont devenir les monnaies d’Etat ? Comment les Etats vont réagir ? Où va passer la violence que contient la monnaie ?» 

En tout cas, même si je reste septique, j’avoue être de ceux qui pensent que puisque de toute façon le système actuel est vicié, pourquoi ne pas plonger dans l’inconnu ? Après tout, les SEL fonctionnent très bien dans certains villages, voire certaines villes.

La video de la conférence est déjà disponible.

Voyage au coeur de l’intelligence collective globale. Paris-June 12th from ChristopheDucamp on Vimeo.

Le site TheTransitioner


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Ecrit par Baptiste le 12 juin 2009 :: Classé dans Débat,Les autres...,Participez,vidéo
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Croissance, récession et choix dans la date

What about downshifting the growthLa définition technique de la « récession»  est qu’il faut enregistrer deux trimestres consécutifs de croissance négative. Or, si la France a vu cette sacro-sainte croissance à -0,3% au second trimestre, elle a vu celle-ci redevenir positive à 0,1% ce troisième trimestre.

Cela veut dire que si les trimestres étaient pris un peu décalés (par exemple, un second trimestre qui débuterait en mars et un troisième qui finirait du coup en août), nous serions techniquement en récession. Le culte de la croissance relève décidément de plus en plus de l’astrologie… Vous pouvez faire dire ce que vous voulez aux indicateurs pour peu que vous définitions soient arrangeantes.

Bien entendu, mon propos n’est pas de dire que les ministres et économistes adoptent la méthode Coué pour mieux dissimuler une crise globale. Je suis simplement effaré que l’on puisse être autant focalisé, obnubilé, scotomisé… par un indicateur proche des conjonctions astrales.

Et si l’on voulait ironiser davantage, on se demanderait si la croissance trimestrielle, qui est une variation par rapport au taux précédent, est calculé par rapport à l’année ou au trimestre d’avant.Eh oui ! Imaginons que 2007 parte à 1000. Le premier trimestre est 0%. Vous partez de 1000 en mars, vous avez donc 997 en juin (-0,3%). Quid du +0,1% ? est-ce 1001 ou 998 ? L’INSEE a choisi la solution avantageuse d’annoncer une croissance trimestrielle.
Si l’on poussait le raisonnement à l’extrême, on peut imaginer un prix fluctuant ainsi:
Un PIB à 1000 points en début d’année (remplacez « point» par million d’euros par exemple)

  1. Catastrophe au premier trimestre: croissance négative de -50%. Le PIB est donc logiquement abaissé à 500 points
  2. Ouf ! La croissance revient. +20% au second trimestre.
  3. Re-Ouf ! La croissance se confirme +20% de nouveau.
  4. Youpi ! La croissance se renforce au dernier trimestre: +30%

Question. Quelle est la croissance sur l’année ? Ceux qui disent 0 ont raison. Ceux qui disent -6,4 % ont encore plus raison! Les premiers sont des statisticiens. Les seconds des scientifiques…

A propos de rapprochement entre mysticisme et économie (les économistes sont-ils les nouvelles pythies ?) il y a ce texte amusant à propos du fondateur de l’économie moderne Adam Smith. La main invisible de Jupiter ?

Les riches sont conduits par une main invisible à accomplir presque la même distribution des nécessités de la vie que celle qui aurait eu lieu si la terre avait été partagée en portions égales entre tous ses habitants

Eh bien la même « main invisible»  est vertement critiquée par le même Adam Smith à propos de la superstition attribuant à la main invisible de Jupiter de guider le cours des hommes.

Allez messieurs les économistes ! Bonnes vaticinations ! Bonnes prophéties ! Elles sont nettement plus amusantes que celles de vos voisins étymologiques, les écologistes !


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Ecrit par Baptiste le 14 novembre 2008 :: Classé dans Débat
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Question de rentabilité

CAC 40 CAC 40 ouais !On connaissait les sociétés aux profits gigantesques qui supprimaient des emplois (pardon: le contexte économique oblige de délocaliser pour rester compétitif…).

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Voici désormais les sociétés qui vont bien et font faillite du jour et lendemain.
En fait j’ai eu un déclic avec l’histoire de la CAMIF. Le n°3 français de la vente à distance, le n°13 dans le e-commerce. La CAMIF fondée il y a 60 ans est en liquidation judiciaire aujourd’hui. Premièrement cela m’affecte car c’était une coopérative et que dans son secteur, la CAMIF se tournait toujours plus vers des produits écologiques.

Mais du coup, je me demande quelle est la véritable santé du n°4 et du reste de peloton..

Il y aussi MBO (recruteurs médicaux donc bien lié à l’industrie pharmaceutique pas très rose !) qui est dans une belle galère. Je connais quelqu’un qui y travaille et m’a dit qu’une semaine avant l’annonce de la liquidation, le PDG clamait les meilleurs chiffres depuis la création, une forte croissance etc.

Et là je viens de lire que le magazine « La société financière« , magazine sexagénaire sur la gestion du patrimoine financier, était également dans la choucroute. Bon forcément, ça amuse que ceux qui depuis 60 ans expliquent comment gérer ses finances soit incapables de gérer les leurs… Mais le plus fabuleux, c’est que c’est « comme si de rien n’était» : le site internet est là et ne fait aucune allusion.
Cerise sur le gâteau, avec la crise économique, la presse financière (Les Echos, La Tribune et La Vie Financière donc) voient leurs ventes augmenter considérablement. Comprenne qui pourra.

« La Vie Financière vit de sa diffusion mais aussi énormément de sa publicité qui se dégradait depuis quelques années, avec un coup de frein supplémentaire violent depuis septembre« , déclare la directrice du groupe.

La publicité se dégrade ! Ah bah ca alors. Je suppose que « se dégrader»  n’a ici aucune connotation morale… juste financière. Passons.

Ces 3 exemples (plus d’autres qu’il faudrait recenser éplucher…) illustrent à mon avis le flou artistique qui peut régner autour de la notion de rentabilité. Une notion qui paraît pourtant si simple.


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Ecrit par Baptiste le 12 novembre 2008 :: Classé dans Débat,Les autres...
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Petites devinettes fiscales

Un caïman crocoQuel est le rapport entre la Seine Saint-Denis, la ville de Tulle, Chartres, Saint-Etienne ou Laval ?
Toutes contractent une dette monumentale… pour avoir acheté des actions Dexia. Les banquiers avaient promis aux élus qu’avec cette formidable opération, ils réduiraient la dette de leurs collectivités locales.

Une pratique courante donc que la spéculation boursière par les pouvoirs publics…

Quel est le pays premier investisseur en Chine ?
Vous avez dit les Etats-Unis ? Que nenni, il s’agit des îles Caïman !


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Ecrit par Baptiste le 31 octobre 2008 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...
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