Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

Quelqu’un a-t-il compris la campagne « Tous candidats»  ?

Je vous assure que la question est sincère. Elle l’est d’autant plus que mon respect, ma sympathie et mon enthousiasme pour le mouvement Colibris est fort comme un roc !

Pour ceux qui auraient raté le train, je tente un bref résumé.

Il existe un homme ô combien précieux qui s’appelle Pierre Rabhi. Quiconque assiste à une de ses conférences ou dévore un de ces livres en sort, s’il est normalement constitué et si la société moderne n’a pas trop gâté ce qui lui reste d’humanité, conséquemment bouleversé. Ce vieux bonhomme a un parcours et une philosophie qui font du bien. Tous simplement. Il respire bonté, sincérité et humanisme. C’est un sage. Cela devient rare.

Objecteur de croissance, paysan agro-écologiste, propagateur de « l’insurrection des consciences« , Pierre Rabhi est aussi le fondateur du Mouvement pour la Terre et l’Humanisme dont le but est de partager l’agro-écologie.

Il est aussi l’initiateur du mouvement Colibris, dénommé ainsi en l’honneur de la fable qu’on n’ose plus raconter de peur de paraître tartignolle. Je vous la fais brève parce qu’elle est chouette quand même.

Un incendie dans la forêt. Tous les animaux paniquent. Mais un colibri prend quelques gouttes d’eau dans son bec qu’il jette sur les flammes. Alors aux animaux bouffons et rigolards qui lui demandent ce qu’il fait, le chétif volatile répond : « je fais ma part« .

C’est la fameuse part du colibri. Que l’on peut aussi traduire en termes plus universitaires « simplicité volontaire» . Id est, « déjà change toi toi-même avant de changer le monde« .

Variante gandhienne : l’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre les autres, c’est le seul.

Variante kantienne (amputée d’un bras !) : comporte toi comme tu voudrais que les autres se comportent.

Variante christique (clouée au pilori) : aimez-vous les uns les autres.

J’avoue être d’une ignorance crasse en éthique orientale mais je parie qu’on doit trouver des préceptes voisins chez Confucius, Boudha, Zarathoustra, Kim-Jung-Il ou Lao Tseu.

Le mouvement Colibris est l’orginsation fonctionnelle pour provoquer l’» insurrection des consciences» , c’est à dire aider les gens qui souhaitent se réapproprier leur destin, écologique, social et riche de sens, à se relier et à retrouver l’envie d’agir.

Bref, des gens biens qui changent le monde dans le bon sens et pacifiquement avec la patience et la détermination d’un colibri.

Le petit oiseau va sortir !

Il y a quelques mois, le mouvement a lancé une campagne de communication interpellant tous les Français à se déclarer candidat ! Oui oui à se déclarer candidat. Tous candidat en 2012. Alors bien entendu c’est symbolique. Personne ne va aller à la chasse aux 500 signatures.

D’abord j’ai trouvé l’idée amusante. Plutôt que d’être des millions d’électeurs, nous allons pouvoir renverser les rôles et devenir des millions d’élus.

Puis j’ai cherché dans la FAQ relative à cette campagne, qui consiste à envoyer son affiche électorale sous forme de portrait noir et blanc, quel était au fait l’objectif.

Et la seule réponse concrète que j’ai fini par épouiller est :

« L’objectif de la campagne est de nous faire prendre conscience que nous sommes beaucoup plus nombreux que ce que nous pensons à vouloir ces changements» .

Bigre !

Cela me rappelle un certain pacte lancé il y a à peine un quinquennat. Je veux bien entendu parler du pacte écologique initié par Nicolas Hulot à la précédente élection présidentielle. Ce pacte visait aussi in fine à « compter les troupes« .

C’est donc la grosse interrogation des dernières années. Avant de passer à l’attaque, assurons-nous que nous avons assez de divisions.

Plus que le Vatican ? Voire.

Vous n’êtes pas sans savoir que chaque année, les doctes études sociologiques révèlent que nous sommes 20% de créatifs culturels, cette espèce de masse protéiforme qui peine à prendre conscience de son unité et de son poids.

D’ailleurs si vous voulez savoir si vous en êtes… faites donc ce test chez l’ami Yves Michel.

Voilà voilà, on compte les troupes et on le fait le plus fun possible. Au temps de la gloire médiatique de Nicolas Hulot, on interpellait les politiques en leur demandant de signer le pacte (je le sais ! je les ai vus faire à Marseille !).

Revers de la médaille, ce ne fut qu’une promesse qui n’engage comme on sait, que ceux qui les formulent. Certains accusent l’ex animateur d’avoir paradoxalement liquidé l’écologie de la scène politique.

Désormais, on n’interpelle plus le politique. On ne compte plus que sur les anonymes, les sans-voix, les indignés, les desperados, les colibris de tous nos registres communaux. Avec l’espoir ineffable que si nous sommes suffisamment nombreux à nous tirer le portrait, les politiques ne pourront plus l’ignorer.

C’est une tactique qui est à la fois rassurante et cohérente.

Mais… est-elle efficace ?

J’avoue être mitigé. Je rappelle souvent que la majorité des Français sont contre les OGM mais que ce n’est pas cela qui fait de la France un pays sans OGM. C’est bien la détermination des faucheurs qui a bloqué le processus dans l’Hexagone.

Et, dernièrement, nous avons appris à nos dépends que même un référendum pouvait ne pas être entendu et simplement blackboulé quelques mois après.

Mais je suis fair-play: je soutiens la campagne et en fouillant, on verra même que j’ai envoyé ma binette dans les premiers !

Mais quand la nuit vient, voilà que j’embarque avec Paul Watson. Me voici en train de faire les derniers réglages sur l’un des drones que s’est procuré Sea Shepherd. Plus pratique pour détecter les baleiniers illicites.

Et, hajduk des temps modernes, me voici face aux embruns, prêt à harponner les navires d’un capitaine Achab spéculant sur le cours du sushi…

Alors qui est le plus lourd ? 30 millions de piafs ou une bonne grosse baleine de la famille qui dit « c’est assez»  ?

Verdict en 2012…

c’est à dire maintenant.


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Ecrit par Baptiste le 13 janvier 2012 :: Classé dans Débat,Les autres...,Un peu sur nous
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Google et la danse du panda

Coïncidence des temps modernes, le panda est ces temps-ci vivement critiqué.

A ma gauche, le Panda WWF, épinglé par le journaliste Fabrice Nicolino dans son livre « Qui a tué l’écologie ?»  L’ONG n’a jamais daigné répondre aux critiques et préféré continuer à manger les pousses de bambou.

Malheureusement, ca chahute chez les salariés de l’emblématique association. Il serait vain de raconter ce qui se passe dans l’arrière cuisine. Chaque fois qu’une association environnementale se déchire, c’est toujours une perte pour le monde écologiste.

Le scénario est toujours identique d’ailleurs : entre militants, salariés et dirigeants; et toujours à propos de l’éternel débat réformiste/radical.

On se souvient par exemple des agitations au sein de la Fédération France Nature Environnement. On se souvient aussi du réseau Sortir du Nucléaire et son porte-parole Stéphane Lhomme (qui sévit encore lors des primaires de l’écologie). En ce moment donc, c’est au tour du panda français d’inspecter son pelage noir et blanc (symbolique !).

Google réduit les inégalités…

Et à ma droite ?

A ma droite, je veux parler d’un panda moins connu des naturalistes mais bien connu des spécialistes du web. Panda est le nom choisi pour le nouvel algorithme de Google.

Google, tout le monde connaît. Ou croît connaître…

Le Dieu Internet, le moteur de recherche le plus époustouflant qui soit, les google maps, le gmail, le google images mais aussi, pour ceux qui y travaillent les Adwords et Adsense. J’ai déjà expliqué pourquoi eco-SAPIENS n’achète pas de mots clés sur Google. Aussi absurde que cela puisse paraître pour une structure totalement tournée vers le Web, eco-SAPIENS continue de défendre sa conception du rôle et de la nature de la publicité.

Malgré une fois, ce coup de fil de Google, nous demandant pourquoi nous ne passions pas à la caisse.

C’était au mois de Juillet 2010. Nous avions répondu que nous aimions beaucoup Google (c’est objectivement vrai si l’on mesure tous les services rendus par cette firme… avec des contreparties franchement peu agaçantes quand on voit les pratiques sur le web). Nous avions simplement répondu que payer pour être mieux affiché, autrement dit, faire de la pub, était contraire à notre philosophie.

Certains prendront cette philosophie pour de la radinerie. C’est leur droit. Tout le monde a droit à l’erreur !

Revenons à nos moutons. Ou plutôt à cet animal algorithmique qu’est Panda. En clair, Google a voulu débarrasser le web des tricheurs. En ligne de mire, ce que l’on appelle les « content farms»  (fermes de contenu). Des sites qui produisent du contenu à la chaîne juste pour le référencement. Et aussi les agrégateurs de contenu qui ne produisent pas de contenu mais l’aspirent et le classent. Typiquement des agrégateurs de blog comme paperblog ou wikio.

Mettons nous à la place de Google. C’est lui qui est censé avaler le web, le trier, l’ordonner et fournir à l’internaute le résultat de sa requête. Quel intérêt pour lui de renvoyer vers des annuaires, des guides et des portails ? Hop, on les squeeze et on renvoie directement vers l’article, le produit, la source originelle.

Pas bête !

Informations: le noeud gordien du producteur/diffuseur

Et la question qui brûle les lèvres est : comment distinguer une source d’une fontaine ?

C’est à dire, pour prendre le cas d’eco-SAPIENS, comment savoir si nous sommes plutôt un relai d’informations ou un producteur d’informations. A cette question, il est impossible de répondre tant nos articles sont un mélange, un croisement, une mise en perspective de plusieurs sources.

Cette question hante la littérature. La mythologie romaine n’est qu’un réarrangement de la mythologie grecque qui l’avait pompée aux Egyptiens qui eux-mêmes l’ont copiée sur les Mésopotamiens. (Ici, l’histoire de l’écriture s’arrête… ou plutôt commence…*)

Cette question hante le journalisme. Un journaliste n’est là que pour faire le pont entre une source et un lecteur. Parfois il enquête, mais le ne créé pas l’étude scientifique, ou le discours politique qui permet de réaliser le papier.

Cette question hante la science et la philosophie. Heidegger s’amusait à plaisanter qu’après les Grecs, les 2500 ans de philosophie pouvaient être considérés comme des notes de bas de page…

Il se trouve aussi qu’aujourd’hui Google propose un moteur de shopping. Forcément, les comparateurs de prix apprécient y voient un vrai concurrent. Leguide.com a déjà perdu 50% en bourse par exemple.

Parallèlement, des webmasters amateurs publient ce genre de message sur les forums: « +100% pour mon site que j’avais abandonné il y a deux ans« .

Pour résumer la situation, Google redistribue les cartes.

D’une certaine manière, il va à contre-courant de l’évolution de ce monde en réduisant les « inégalités»  de trafic.

D’ailleurs, vous pouvez déjà observer ces effets sur Google.

Tiens ! Une requete au hasard, faite pour retrouver quelle était l’étude scientifique qui avait épinglé la migration de DEHP (un phtalate) depuis les bouteilles plastiques. Tapons DEHP science et observons les résultats fournis par Google. La moitié des liens renvoient vers HP… Hewlett Packard et un vers l’auteur H.P. Lovecraft. Bref, à côté de la plaque. Certes la requête était un peu spécifique mais beaucoup témoignent déjà du fait que depuis début Juillet, les résultats fournis par Google sont moins bons qu’avant.

A-t-on déjà vu une entreprise sortir une version moins performante de son produit phare ? Jamais… sauf Microsoft bien sûr.

Analyse de la mutation du Web: recherche perso vs. buzz collectif

Deux idées me traversent l’esprit. Google a aussi lancé en catastrophe son Google plus qui se veut concurrent du réseau social Facebook. Indéniablement, nous n’utilisons plus le web comme il y a deux ans.

Auparavant, nous naviguions par recherche. Aujourd’hui, nous naviguons par recommandation.

Pour le dire autrement, la communication (même sociale) l’a emporté sur la technique.

Nous étions décontenancés par la masse d’informations offerte par le web. Heureusement le moteur de recherche nous permettait d’y naviguer efficacement.

Aujourd’hui, nous sommes toujours décontenancés mais nous avons fait le deuil de trouver quelque chose dans cette toile immense. Nous demandons alors aux autres de nous dire ce qu’ils ont trouvé d’intéressant.

La deuxième chose, c’est cette histoire de ruée vers l’or que représente Internet aujourd’hui. Je veux parler du mythe du petit site sur le web qui va faire boule de neige et hop, à la fin, le créateur/blogueur/webmaster est célèbre, payé et… ne fait pas grand chose. Ah le doux rêve de la rente Internet !

Soyons certains d’une chose. Si Google rebats les cartes en faveur des sites mineurs, c’est bien parce qu’il trouve un intérêt stratégique.  D’abord de contraindre les sites google-dépendants à moins compter sur le référencement naturel et plus sur le référencement payant. Puis de redonner espoir à la légion de sites zombies qui, n’en doutons pas, requinqués par une augmentation inopinée de trafic, va décider d’y investir un peu de moyens…

Aujourd’hui que le Panda est lâché en France, après avoir fait ses dégâts aux Etats-Unis et en Angleterre, tout le monde s’interroge sur l’évolution du web à venir. Bien malin celui qui pourra prophétiser là-dessus.

Mais face à cette débauche de moyens et ces révolutions ininterrompues, on en vient à se dire que la seule valeur sûre tient dans la formule « small is beautiful« …

* Hommage à Borges !


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Ecrit par Baptiste le 5 juillet 2011 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Poïesis,Un peu sur nous
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Conférences gesticulées pour les etats généraux de l’ESS

Tout le monde connaît Franck Lepage de la SCOP Le Pavé et ses célèbres conférences gesticulées.

Ah non, vous ne connaissez pas ? Comme vous êtes has been ! C’est comme si vous demandiez ce que signifie résilience, mutualisation ou pire encore, gouvernance.

Quand vous fréquentez les bons milieux, vous devez avoir le vocabulaire adéquat. A-t-on déjà vu un développeur ignorer ce que veut dire  geek ou un journaliste ce que veut dire procrastination ? Franchement !

Bon alors je résume. Avant on faisait des interventions.

Cela s’appelait des conférences et au bout d’un moment ca ne faisait plus venir personne parce que c’était trop rébarbatif.

On avait beau rajouter -débat en suffixe, ca n’a pas suffi…

Alors, on a décidé d’y adjoindre des excipients, comme par exemple des préfixes sympathiques: apéro-conférence ou cocktail-conférence.

On a même vu des « petits-déjeuners débat»  ! C’est vrai que le matin c’est plus pratique. pas d’angoisses de métro ou de covoiturage pour rentrer après 23h..

Toujours pas palpitant ! Alors on a créé les formats des mini-conférences. 3 minutes de passage, au moins on est certain de ne pas lasser l’auditoire. C’est le format « poster»  des chercheurs ou le format 3 slides des rencontres entre professionnels. C’est aussi le format des célèbres Talks du TED qui n’excèdent pas 15 minutes. C’est encore le show à la Steve Jobs dès que sort un nouveau fruit défendu…

Bon alors, la conférence gesticulée ? Est-ce du théâtre, un one man show, une conférence sexy ?

Eh bien, pour résumer, il s’agit tout simplement d’un mélange de récit personnel et de conférence universitaire. Ce que Franck Lepage appelle le mélange des savoirs chauds et de savoirs froids.

Ca tombe bien pour nous parce qu’à eco-SAPIENS, on a beaucoup de savoirs froids (évolution de la bio, sociologie et philosophie de la consommation, limites du commerce équitable, rôle du e-commerce dans l’économie locale, analyse de cycles de vie…) et on a le sang réchauffée par le soleil phocéen.

On va donc inaugurer lors des états généraux de l’Economie Sociale et Solidaire.

Retrouvez le programme et venez donc vous confronter à notre tchatche l’avant-veille de la fête de musique !

  • Première séance : dimanche 19 Juin à 10h
  • Seconde séance : dimanche 19 Juin à 14h

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Ecrit par Baptiste le 1 juin 2011 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...,Un peu sur nous,vidéo
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Pour que ca DOP les ventes

cheveux longsJe découvre la campagne « adopte un déchet»  . Le titre est bien trouvé et immédiatement j’ai pensé que sous cet intitulé sardonique, on verrait une campagne de sensibilisation amusante lancée par une association environnementale.

Un peu à l’image de la bonne campagne « we want furniture»  où l’on peut acheter des meubles en teck à des prix défiant toute concurrence. Si l’on prend les initiales, on devinera l’initiative d’une ONG à la pilosité blanche et noire.

Bon le hic, c’est que la campagne « adopte un déchet.com»  n’émane ni de Surfrider Foundation ni du CNIID. Mais de la sous-marque DOP, proprité de L’Oréal. Pardon de DOP Nature ! Ca change tout évidemment…

Désolé mais cette rase campagne, pour le coup, me pique les yeux et n’évite pas les noeuds !

Ca pique les yeux tellement qu’on se les frotte pour y croire. DOP qui n’a que faire de la cosmétique bio, sort soudain une gamme, appelée DOP Nature pour l’occas’ (original ?). Gamme de 3 shampoings s’il vous plaît. Ils sont « à l’extrait bio d’agrumes« , ou d’aloé vera ou d’olivier (c’est à dire d’olive ?). Ils ne sont pas labelisés bio…

Bref 3 shampooings un peu bio noyés dans une floppée de gels-douches avec PEG et paraben (vérfiez donc sur les étiquettes de Ptit Dop pour les petits), on est en plein dans le greenwashing.

Et DOP n’évite pas les noeuds. Voici pourquoi. Sur le site de la campagne, vous pourrez donc « adopter»  un déchet. Je vous rassure ca ne vous coûte rien. Vous choisissez un détritus, sur la plage, abandonné. Vous le « liker»  parce que c’est cool. Et hop, on vous dit que la petite bouteille en plastique est comptabilisée. 24 grammes. Chouette.

Il y a l’inévitable compteur pour savoir combien de tonnes ont été adoptées. Car du virtuel au réel, il n’y a qu’un pas que nous explique DOP :

pour chaque kilo de déchets tout mignons adoptés sur ce site, DOP finance le ramassage d’un kilo de déchets dans la réalité (aide financière de 5 € par kilo de déchets adoptés, dans la limite de deux tonnes, soit 10 000 euros)

Voilà, avec ma bouteille de tout à l’heure, DOP a donné 10 centimes à la grande journée citoyenne de nettoyage du littoral et des dunes de l’île d’Oléron. Vous savez ces opérations où l’on demande aux habitants de nettoyer eux-mêmes leur territoire.

C’est d’ailleurs toute l’absurdité de la gestion des déchets. On paye pour l’emballage. On paye pour le ramassage. On paye pour le tri sélectif. On paye enfin de sa personne pour venir nettoyer…

Mais surtout, ca ne fait pas un pli, le coût de cette opération (étude marketing, création du site internet, campagne médiatique etc…) tout ceci aura coûté au moins 10 000 euros. Au bas mot assurément. Donc on en est là. Si vraiment DOP voulait lutter contre les déchets, il ferait un chèque de 10 000 euros et garderait les autres 10 000 euros pour travailler sur sa gamme.

Mais je pressens qu’en réalité, tout ce tintamarre, c’était juste pour se faire mousser…


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Ecrit par Baptiste le 26 avril 2011 :: Classé dans Ad Hominem
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Prévisions sur ce qui va se passer sur le gaz de schiste

C’est le nouveau combat.

Oui je sais, sur bien d’autres fronts, les tranchées sont encore ouvertes : OGM, nucléaire, pesticides, huile de palme, poissons, etc… Sans compter toutes les batailles locales : l’aéroport de Notre-Dame des Landes, le loup dans les Alpes, l’ours dans les Pyrénées, l’incinérateur de Fos, l’EPR et le centre d’enfouissage, le projet ITER…

Alors quand l’ennemi fait diversion, est-ce vraiment judicieux d’entamer une nouvelle ligne ? Tout bon tacticien sait qu’il vaut mieux concentrer ses forces pour mieux écraser, l’une après l’autre, les armées essaimées par l’adversaire.

« Bataille» , « combat» , « front» , « tranchée» , « ennemi» , « armée» . Le langage martial est-il bien judicieux lorsque l’on parle d’environnement ? En recourant, plus ou moins inconsciemment, au vocabulaire militaire, ne sommes-nous pas en train de diaboliser celles et ceux qui ne font que leur boulot ? Et surtout, ne risquons-nous pas de passer pour des fanatiques ?

J’ai employé à bon escient la métaphore guerrière pour rappeler un fait bête et méchant. Mais comme c’est dans l’ère du temps, mieux vaut être clair et net.

Plusieurs évènements tendent en effet à laisser accroire que le terrorisme écologiste existe.

On connaît la chansonnette : après Al Qaïda, l’écolo serait la deuxième menace terroriste en ce monde. On tremble !

Mettons donc les points sur les i : personne n’a jamais été tué par un écologiste. Que l’écologie soit une menace (pour l’ordre établi, la cupidité des intérêts privés, etc) c’est certain. Que certains mouvements écologistes, formels ou informels, aient déjà dégradé ou détruit des bâtiments oui aussi. Dans le jargon, on dit plutôt « neutraliser» …

Alors on se braque sur les mouvements de libération animale qui menacent les laboratoires d’expérimentation.

L’écrivaillon et diplomate Jean-Christophe Rufin avait d’ailleurs commis un roman à ce sujet. Le plus inquiétant est que l’académicien confondait sa fiction avec la réalité. Déballant toutes ses inepties à la télévision, c’est finalement Michel Polac qui lui répond (cf cet extrait, à 5min 54sec) que bon, l’écologie profonde, c’est plutôt petit et pas très grave par rapport à, par exemple, les anti-avortements américains.

Et Polac ajoute nonchalamment:

« Mais bon, les écolos n’ont pas commis de crimes comme les fondamentalistes.» 

Et Rufin de rétorquer

»  – Bien sûr que si ! Les écologistes radicaux tuent !» 

Là le lecteur attentif que je suis cherche donc le fait qui étaiera un tel propos. Le voici ! Des membres du FLA qui vont traire les vaches au Kosovo sous les bombes. Je n’invente rien. Rufin, quand on lui demande les crimes qui démontrent que les écologistes sont dangereux, ils invoquent deux trois péquins partis traire les vaches au risque de  leur vie.

L’Académie est pleine de gens irremplaçables…

Fin de cette parenthèse sur la prétendue dangerosité d’un mouvement qui d’ailleurs devrait plutôt déplorer sa non-violence au point d’avoir subi les bavures de l’armée ou des renseignements généraux.

Ah non encore autre chose ! Vous avez lu cette histoire de l’infiltré des services secrets anglais qui non seulement n’a pas trouvé que les écolos radicaux étaient des tueurs potentiels, mais surtout a fini par embrasser la cause environnementale. On rêve d’une situation inversée où un écolo infiltrerait nos services secrets… et leur retournerait le cerveau.

Alors pourquoi aujourd’hui les gaz de schiste ?

A vrai dire, quand on est submergé chaque jour par les mauvaises nouvelles, on finit par se forger une sorte de carapace qui devient fort commode pour ne plus rien faire. Tout est perdu alors à quoi bon lutter. Mais avec les gaz de schiste, je ne sais pourquoi, je reprends espoir. Ce n’est pas « nouveau»  et il n’y a donc pas besoin de débalterer scientifiquement. Cf débat sur le nucléaire, les OGM ou les nanos où, à chaque fois, on tombe dans le débat d’expert, qui ne fait que contourner le véritable problème.

Là il s’agit de gaz. Celui qu’on connaît. Certes, la méthode d’extraction est nouvelle. Et on peut effectivement vouloir débattre des aspects techniques. Est-ce sans danger ? La réponse est non bien évidemment. N’en déplaise aux gaziers américains qui viennent de publier un communiqué s’indignant de la nomination du documentaire Gasland aux Oscars. Et maintenant les stars canadiennes qui réalisent un clip contre le gaz de schiste au Québec. En France, ce sont les communes concernées par les permis d’exploration qui se soulèvent.

Bref, ca ne sent pas bon et les géants du gaz l’ont compris. Alors, il faut plier le débat. Et ne pas rentrer dans l’argumentaire technique. Juste dire que si l’on en vient à prospecter ce gaz, c’est donc que le gaz conventionnel s’épuise. Et de se demander, une fois le gaz de schiste épuisé, que restera-t-il ? Et donc de démontrer que ce n’est qu’une fuite (de gaz !) en avant.

Chaque jour, 1000 personnes signent la pétition en ligne lancée par Bové et Nicolino. Ce n’est pas grand chose mais c’est le préambule avant le face à face. Politique d’abord. On vainc l’ennemi d’autant plus facilement qu’il n’a même pas commencé à mettre le pied dans la porte.

Cette bataille est gagnable aisément.

Il ne tient qu’à nous de prendre les devants.

PS: Vive le Québec libre !


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Ecrit par Baptiste le 27 janvier 2011 :: Classé dans Débat,Les autres...,Participez
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La conférence eco-SAPIENS avec Dominique Bourg et Sébastien Kopp

Comme promis, voici le compte rendu de notre conférence du 3 Décembre autour de la question « Y a-t-il un business model dans la décroissance ?» 

Conférence est un bien grand mot puisque l’idée était bien de profiter de la convivialité et de la simplicité du lieu (l’Equitable Café à Marseille) pour pouvoir discuter décontracté.

Comme cela a duré deux heures, qu’il y a eu environ 30 questions/interventions, il est inconcevable de balancer l’enregistrement tel quel. Voici donc le synopsis.

Développement durable et décroissance

Et si on passait à côté du débat !

le sens bordel !
D’emblée, Dominique Bourg envoie le développement durable aux oubliettes. Non seulement il explique (en s’appuyant sur le rapport de Tim Jackson… on en reparlera) que ce n’est pas possible de découpler croissance économique et prélèvement des ressources, mais il va plus loin encore dans son « apostasie» .

Le Développement Durable aura servi à masquer les questions soulevées par les pionniers de l’écologie qui interrogeaient la notion de croissance. Les 25 années d’essor du DD correspondent au moment où le néolibéralisme s’impose !

Autrement dit, les masques tombent. Le développement durable n’était que de la verdure digérée par le libéralisme. Et on a perdu du temps. Au passage, M Bourg rappelle quelques bases de la littérature décroissante. A savoir que la technologie ne résout pas les problèmes écologiques en raison de deux biais : création de nouveaux besoins donc de nouveaux biens (fuite en avant consumériste) et abaissement du coût de production entraînant une « démocratisation»  des biens (effet rebond).

Il rappelle que des études démontrent que le maximum de bonheur ne correspondent pas au maximum de consommation de biens matériels (ndr: il fallait bien une étude pour ça !)

Sébastien Kopp met lui aussi les pieds dans le plat en disant qu’il avait demandé à changer le titre de la conférence (ce qui est vrai !). Croissance, décroissance, développement durable, on oublie un pilier fondamental, peut-être le seul : celui du sens. Quelle vision, quel projet de société, quelle portée culturelle et artistique ?

Paradoxalement, partant du constat que l’économie a pénétré toutes les sphères du réel, il explique qu’il faut donc créer des entreprises qui ne créent non pas de la richesse ou de la valeur mais qui créent du sens. En espérant que le sens suffira à faire office de marketing…

Je résume cela à la simple question de savoir pourquoi on se lève le matin et si l’on est heureux de se lever ! Etrangement, la recherche de la rentabilité a conduit nombre d’entreprises à trouver des modèles économiques de plus en plus complexes, voire incompréhensibles. D’une certaine manière, on s’éloigne du sens.

Au fond, cette quête obsessionnelle de l’argent démontre justement l’absence de sens. Comme on n’a pas de projet de société, en attendant, chacun cherche à accumuler le plus possible pour le jour où il y aura un projet de société.

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Le pouvoir d’achat et le sens d’achat

Dominique Bourg plussoie ces remarques. Il observe que c’est la même désorientation qui sous-tend la notion de principe de précaution (même s’il n’est évidemment pas contre le principe de précaution).

Vision d’horreur : et demain ? la question du sens sera-t-elle encore possible demain ? Il évoque le projet transhumaniste qui vise à affranchir l’homme de toute limite, notamment l’immortalité.

La question du sens est révolutionnaire. C’est la seule qui soit aujourd’hui tabou. C’est pourtant la première que se posent les sociétés traditionnelles.

Sébastien Kopp raconte. Venant de milieux aisés et ayant fait de bonnes études, on ne se pose pas la question si « entreprendre » est facile ou difficile ». On se dit  juste « si ce n’est pas nous qui le faisons, qui le fera ? ». On a fait une boîte pour travailler dedans mais aussi pour pouvoir se procurer la basket dont on rêvait.

Il mentionne les plus-values de la basket Veja (coton bio, agro-écologie, seringueros, payer le caoutchouc au prix qu’il faut pour laisser la forêt en pied).

Après 3 ans, ca marche. Mais on devenait des petits patrons un peu cons… Qu’est-ce qui se passe dans l’entreprise ? On pourrait être en SCOP par exemple. Pour l’instant on a plafonné les écarts de salaires.

Le projet est chouette mais si c’est pour finir patron en 4×4, on rate l’essentiel ! Paradoxalement, la première prime pour la coopérative brésilienne a été dépensée pour avoir des antennes télévisions… alors qu’il manquait tout là-bas ! Mais on ne peut rien dire. Ou alors on tombe dans le neo-colonialisme.

La consommation est un vote ! A pas tant que ça, on peut changer les choses rien que par le choix des achats !

Ecouter la partie 2

Télécharger la partie 2

Contradiction et polémique sur EDF

Je rappelle les 3 modes d’eco-SAPIENS. L’information pour expliquer et convaincre par la raison. Le comparateur de produits pour la facilité d’accès, convaincre par la pulsion. Et enfin, l’entreprise elle-même qui a choisi la cohérence selon l’adage attribué à  Gandhi : « L’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre, c’est le seul ». Statut coopératif et La Nef.

Sébastien Kopp évoque en plus le fournisseur d’électricité verte Enercoop dont Veja est sociétaire et client. Mais il s’étonne de voir que ces acteurs exemplaires soient aussi peu connus finalement et que les principaux concernées fassent faux bond. Ainsi Les figures médiatiques de l’écologie pourraient les propulser en y adhérant.

J’évoque mon expérience personnelle où, invité à la Fondation Nicolas Hulot, j’avais expliqué que je relaierai les actions quand la fondation changera de banque pour la Nef (eco-SAPIENS ainsi que ses salariés sont à la Nef)

Ca tombe bien, Dominique Bourg fait partie de la Fondation Nicolas Hulot. Il reconnaît que ce pourrait être un formidable echo. Mais il faut savoir lier les deux : petites initiatives exemplaires d’un côté et grosses machineries un peu inertes de l’autre. Si FNH ne va pas chez Enercoop, c’est parce qu’on reçoit des sous d’EDF. C’est effectivement une contradiction.

A la question posée pour savoir si la fin justife les moyens, Dominique Bourg rappelle que pour gagner en indépendance, il faut avoir beaucoup de dons personnels. Or les attaques climato-sceptiques ont sensiblement fait baisser cette part de don. Comme il travaille aussi avec EDF, il ne veut pas qu’on laisse croire qu’EDF est une entreprise de 150 000 salauds. Le monde n’est pas manichéen. Il faut savoir assumer ses contradictions. Enercoop a au moins le mérite d’inspirer EDF.

Sébastien Kopp répond qu’on a pas vraiment le temps d’attendre qu’EDF change.

Si Enercoop devient « en terme de taille » comme EDF, Enercoop deviendra-t-elle « en terme de valeur » comme EDF ?

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Avalanche de questions

Peut-on réduire l’Amazonie à sa valeur marchande ? Viable est préférable à rentable ?
Les initiatives porteuses de sens progressent mais sont petites. N’est-ce pas la course du vélo contre le TGV ?

Malheureusement, toutes ces belles initiatives ne font pas système.
Voire !

Sempiternelles questions sur les pauvres (au Sud comme au Nord) à qui on ne peut pas demander de faire une fort supplémentaire (l’éco-consommation est souvent plus chère).

Sébastien Kopp: Ceux qui ont la possibilité de le faire ne le font malheureusement pas. On vise les salaires medians. Or ils ont une vraie responsabilité car ils ont la gouvernance financière, intellectuelle et culturelle. Et c’est ceux-là qui ne changent pas !

Ecouter la partie 4

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Salauds de pauvres

Internet va vite et permet de connecter ce fourmillement d’initiatives « sensées» . Il manque certainement une incarnation (politique ? syndicale ?)

On a tellement peur de froisser les gens qu’on ose plus dire en face qu’ils dépensent mal leur argent. L’argent n’a qu’une valeur. Mais ne véhicule plus de valeurs…

Anecdote des salariés Moulinex qui manifestent contre la délocalisation de leur usine alors qu’ils achètent de l’électro-ménager chinois.

Beaucoup d’interventions pour démontrer que le choix par exemple d’une alimentation bio, ne dépend pas vraiment du revenu.

Ecouter la partie 5

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12 questions pour finir

En tout, il y aura eu 30 interventions dans la salle. C’est bien !

Sans pub, comment Veja s’est fait connaître ?

Veja peut continuer à se développer sans croître ?

Le système s’effondre aussi car même physiquement les gens s’effondrent (observateur de la Sécurité sociale)

Quid Enercoop ? Les certificats verts ? Les AMAP ? le statut SCOP

Relation Travail/Consommation

Ecouter la partie 6

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Encore un grand merci à Sébsatien Kopp de Veja, à Dominique Bourg bien sûr, à l’Equitable café pour l’accueil chaleureux (même si on a été privé de fanfare !) et des bises à l’Elephant du poulailler qui assure toujours pour transformer des citrouilles en carrosse.

La bande complète de 1h45min est disponible mais pèse 100 Mo !


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Ecrit par Baptiste le 15 décembre 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...,Participez
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Ipad, Iphone et Imonde…

geek jusqu'au boutMon nom est l’ecolo-geek.

C’est à dire que je suis un écolo, qui mange bio et vis sans voiture dans la ville, qui, selon les dernières études, a une empreinte écologique paradoxalement inférieure à celle de la campagne. Ca s’appelle même l’éco-densité.

Je suis écolo donc.

Mais je suis aussi geek. C’est à dire que je suis né à une époque où mes parents achetaient les premiers micro-ordinateurs. J’ai vu passer l’Amstrad, l’Atari et Windows95. J’ai connu les trafics de CD gravés au lycée qu’alimentait le seul type à avoir un graveur à la maison. Bref, je suis peut-être moins agile des raccourcis claviers que mon petit cousin, mais lui est quasiment devenu autiste car il n’y a rien de pire qu’être adolescent à l’heure des blogs et de facebook…

Je passe 9h par jour devant mon ordinateur. Disons deux tiers pour le travail. Un tiers pour surfer.

J’ai mes habitudes, mes flux RSS bien rangés, mes forums de prédilection, mon compte gmail, bit.ly, twitter, facebook et plein d’autres que je n’exploite pas à fond. Parfois, pour tuer le temps le soir, je vérifie que je n’ai pas reçu de mails importants à minuit…

Atari portableLe seul problème, c’est que je n’ai pas d’Ipad ni d’Iphone. Alors, quand je voyage en train régional express ou attends sur le quai le passage du métropolitain, je me sens en manque. J’ai des secondes disponibles dans les interstices inoccupées de ma vie… et je n’en fais rien. Pas d’écran à lire. Pas de clavier à pianoter. Je suis même, ô suprême vice de la modernité, injoignable.

Alors je me convainc que de toute façon, toute cette camelote électronique n’est en réalité pas du tout écologique. Une part due au fameux effet rebond qui dit que certes, envoyer un message impacte moins aujourd’hui… sauf que nous sommes des milliards à envoyer ces messages virtuels.

On appelle cela la démocratisation.
On peut aussi l’appeler standardisation.

Une autre part due au simple prélèvement des ressources. Energie, eau, minerais.

Je sais que les métaux et terres rares utilisés pour tous ces nouveaux objets si XXIème siècle sont, comme leur nom l’indique, limités. Voire très limités. Plus de platine, plus de palladium, plus d’iridium. Et le coltan qu’on extrait dans le coeur des gorilles congolais.

Alors, quand je vois que tout site écolo, tout blog écolo, tout animalcule écolo est en train de développer son application Iphone, Blackberry, Androïd (ou le prochain qui sortira), je me pose des questions sur ce qui, après développement durable semble être un nouvel oxymore : ecolo-geek.

Autant dire chauffard responsable.

Où fixer la limite ? Bizarrement, aléatoirement, il semble que je l’ai fixée jusqu’aux écrans qui tiennent dans la main. Pourquoi ? Car un écran, c’est aussi un miroir, un reflet de soi-même. Et qu’instinctivement, me regarder continuellement dans un miroir n’est pas de mon acabit…

Peut-être au fond ne suis-je ni écolo ni geek. Mais que suis-je alors ?

J’ai demandé à Google.  15 200 000 résultats.

Walton Ford


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Ecrit par Baptiste le 26 novembre 2010 :: Classé dans Débat,Poïesis,Un peu sur nous
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De retour des universités négaWatt (le futur a un avenir !)

canards en mareLe week-end dernier s’est tenue la 4ème édition des universités négaWatt. Pour ceux qui ont raté quelques épisodes précédents, rappelons que l’association négaWatt est un consortium d’experts qui prospecte pour un scénraio énergétique jouable. Ils sont à l’origine du fameux facteur 4, qui dit qu’on peut vivre mieux en consommant quatre fois moins d’énergie, en divisant par quatre nos émissions de CO2.

Ironie du sort, le lendemain c’était le 10/10/10 que de savants récupérateurs en communication ont décidé de célébrer sous le mot d’ordre: -10% d’émissions en une année. Comme le dit le site 1010global.org, « Big tasks are easier if broken up into smaller, manageable pieces – and 10% this year is much more tangible and achievable than, say, 80% by 2050″ [Les grands chantiers deviennent plus faciles à réaliser quand on les divise en petites tâches à remplir. Et -10% cette année, c'est bien plus tangible et atteignable que de dire 80% en 2050]

Bref, le 10/10/10 c’est la première marche. On refera peut-être sept fois un petit coup de -10%. En 2015, 2020, 2025, 2030, 2035, 2040, 2045 et hop ! l’affaire est pliée.

Allons ! Cessons d’être sarcastique devant cette enième opération de matraquage ès communication qui n’a au fond que deux intérêts : compter les troupes et organiser des fêtes et des cocktails géants. Voilà, c’est du court-terme, de la sensibilisation light, ce n’est pas mon truc.  Et même si je suis toujours exaspéré de voir que BNP, le MEDEF et consorts affichent leurs logos pour l’opération, je ne vais pas taper dessus.

Tout simplement parce que l’avenir se joue ailleurs. En coulisses.

Et que se passe-t-il dans les coulisses ? Et bien en France en tout cas, ce n’est pas joli joli. Qui veut encore se souvenir qu’il y a eu un Grenelle de l’environnement ? Un peu de respect pour les défunts !

Un exemple tiré au hasard, et exhumé lors d’une table ronde des universités négaWatt. Celui du rapport pondu en plein mois d’août par la France pour expliquer comment elle allait respecter la directive européenne sur les énergies renouvelables. Un vrai devoir de vacances : bâclé, irréaliste et incohérent. Nouvelles amendes en perspective là où d’autres pays européens voient plutôt cette directive comme une opportunité.

Autant le dire tout de suite, les universités négaWatt, c’est technique ! Même si c’est ponctué de bons moments humoristiques et conviviaux, on navigue entre graphes et tableurs.

Qui sait faire les bons cafés ?

Tiens ! Un chiffre utile à retenir. La consommation d’un distributeur de boissons dans un bureau : 3 000 kWh/an. En gros, ca coûte 365 euros au porte-monnaie et 129kg de carbone (je ne rentre pas dans les détails pour savoir pourquoi j’ai retenu un coefficient  de 43 g de CO2/kWh… sachez juste que je suis clément envers l’ADEME -cf cahier n°27 de Global Chance).

En résumé, huit distributeurs de boissons  sont équivalents à un aller-retour Paris-New-York. C’est ballot non ?

On pourrait ainsi enfiler certains chiffres histoire de mettre à plat les enjeux. Le scénario négaWatt est extrêmement simple dans la mesure où l’on remplit déjà la moitié des objectifs rien qu’avec la sobriété. On aura beau dire que l’on va fabriquer des distributeurs moins énergivores ou qu’il seront alimentés par photovoltaïque, ils auront toujours la mauvaise habitude de faire des gros et des diabétiques, comme le dit Olivier Sidler du cabinet Enertech.

D’ailleurs, si vous ne connaissez pas le bonhomme, ca vaut le détour. En écoutant sa tribune, je me disais deux choses.

1) Que ca peut être bien d’être ingénieur finalement… Suffit juste de savoir pour qui et pour quoi on déballe son ingéniosité. J’avoue être pas mal fâché avec ma formation tant j’ai l’impression qu’elle ne sert qu’à fabriquer des petits soldats pour optimiser cette société suicidaire.

2) Qu’il y a peut-être un business model dans la décroissance ?

Monnaie de singe

Entendons-nous bien. Je ne pense pas que Olivier Sidler soit un partisan de la décroissance. Il fait ce qu’on appelle des ESCOS (Energy Service Company). De toute façon, il faudrait longuement redéfinir la décroissance. Je crois juste qu’il a du bon sens:

  • Je mesure la consommation d’un bâtiment.
  • Je fais un devis pour dire comment je vais pouvoir faire réduire et optimiser cette consommation énergétique.
  • Je fais les travaux.
  • Je mesure après.
  • Je démontre que la bâtiment a fait des économies.
  • Je prends des sous sur les économies ainsi réalisées.
  • Tout le monde y gagne !
  • Sauf EDF bien sûr…

Puis, entendons-nous sur l’usage volontairement provocateur de « business model« . En demandant s’il y en a un dans la décroissance, ne suis-je pas dans la récidive du développement durable ? A voir…

Autour de moi, il y a plein d’ingénieurs qui aimeraient faire du Olivier Sidler. Mais faut bien vivre. Alors on finit chez EDF (par exemple). Ce qui est certain, c’est que désormais que le concept de négaWatt est popularisé, il faut voir comment on fait vivre celui de négaEuro !

Y a-t-il un business model dans la décroissance ? Ce sera le thème notre fête pour les 3 ans de la SCOP eco-SAPIENS, le vendredi 3 décembre à Marseille. Avec (peut-être) un invité prestigieux dont on a déjà parlé !


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Ecrit par Baptiste le 11 octobre 2010 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Les autres...,Un peu sur nous
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la propreté intellectuelle, c’est le viol… ou l’inverse

S'éveiller et jouer à la guerre

On connaît tous le refrain: « si je fabrique des armes, ce n’est pas pour attaquer, c’est pour me défendre face à l’autre qui fabrique des armes« .

Il a donc suffi que le premier être humain souhaite se défendre pour instaurer une ère à jamais belliqueuse. Le concept de « guerre préventive»  n’est d’ailleurs pas tant un euphémisme de la novlangue qu’un pléonasme. Si l’on attaque, c’est toujours pour défendre ses intérêts, considérant sa survie menacée. Idéologique (le Lebensraum) ou mercantile (Irak) l’invasion se fait toujours pour préserver son propre système.

Jusque là, rien que de très ancien.

Aujourd’hui, on fait moins la guerre avec des bombes qu’avec des accords et des brevets. Les bombes sont hélas toujours là, lorsque les juridictions ne suffisent plus. C’est l’adage « La guerre n’est qu’un prolongement de la politique par d’autres moyens»  que l’on doit au baron Von Clausewitz.

Là où le jeu guerrier devient subtil, c’est que les attaques économiques (OPA, délocalisations) et juridiques (OMC, droits des brevets) ne peuvent réellement être assumées que si l’on est sûr de sa force militaire. En clair, si Mc Donald’s vous menace d’un procès, vous y ferez attention alors que si vous recevez une lettre d’un avocat du Groenland, bah vous vous direz « cours toujours !» 

En dernier ressort, il y a toujours les canons. A ne faire sortir de la paperasse que si la cible s’évertue à ne pas céder.

Merci Monsieur le Baron.

Alors voici deux histoires juridiques dernièrement arrivées à eco-sapiens.

La première, où l’on verra que c’était nous les plus forts. La seconde où l’on verra qu’il faut savoir se cacher…

Une obscure fondation d’entreprises, comme il en fleurit chez toute compagnie qui a quelque image à redorer, a décidé de récompenser des étudiants qui mettraient les nouvelles technologies au service de l’environnement. Il y a 5 ans, « nouvelles technologies»  ca voulait dire Internet. Aujourd’hui, ca veut dire RFID, ces petites puces pour rendre les objets communicants et même « intelligents» . Ces RFID pourraient non seulement être présents sur chaque objet manufacturé mais aussi sur chaque être humain qui peut, lui, être communicant sans être intelligent…

Fiction ? Les moutons sont déjà fichés (c’est obligatoire). Alors n’importe quel troupeau fera l’affaire. D’ailleurs, on ne va pas mettre cela sous la peau (« et l’intégrité, monsieur» , « et la dignité humaine ?» ). Non. On va d’abord mettre cela dans des objets qui ne nous quittent pas. Portable, ordinateur, titre de transport par exemple.

Il se trouve que l’étudiant qui a remporté le concours avait proposé une sorte de logiciel qui commanderait une climatisation et pourrait la régler au mieux en connaissant le nombre de personnes dans une salle grâce aux RFID. A ce niveau, on est pris comme d’un vertige.

D’abord, il faut informatiser. Ensuite il faut une climatisation. Après, il faut des RFID et enfin il faut un logiciel. Il y a à peine quelques années, si on avait chaud, on proposait d’ouvrir la fenêtre.

On pourrait en rester là. Mais le hic! c’est que le nom de cet admirable projet était « ecosapiens»  .

Comme quoi on peut être étudiant en 2010, savoir programmer des logiciels couplés avec des RFID mais ne pas savoir taper dans Google le nom qu’on a choisi. N’importe quel groupe de musique ou n’importe quel club de bridge a ce réflexe au cas où le nom renverrait une webographie sulfureuse.

Incompréhension d’autant plus forte que dans le jury figurait une personne qui nous a rencontrés et qui nous avait envoyés des mails pour faire des partenariats. Offre que nous avions à l’époque décliné par manque de cohérence écologique (publicités McDo, Coca et Cetelem quand on parle d’environnement et de social, ca fait brouillon).

Happy end, nous avons eu l’étudiant en question. Devant l’arsenal juridique exhibé par nos soins, il a compris qu’il n’y avait pas d’échappatoire.

Sous les fleurs… des canons.

Deuxième histoire: la défaite.

Une lettre avec accusé de réception ce n’est jamais bon signe. Dans un langage admirablement châtié, on nous explique que la catégorie Eveil et Jeux va devoir être renommée. D’abord on n’ose y croire. Il y a une cinquantaine de sites internet qui utilisent cette dénomination, certains pour des livres, d’autres pour de la puériculture. Mais bon, la marque est déposée, le langage admirablement châtié et l’entreprise plus costaude que nous.

Un petit coup de fil quand même pour dire que l’on change cela (désormais c’est Eveil et Jouets) mais qu’on reste un tantinet ébaubi. Nous avons d’autres catégories qui pourraient ainsi être débaptisées si l’INPI n’autorisait pas chaque mot du dictionnaire à être reconnu comme marque… Chambre Enfant ? Mobilier de jardin ? Epicerie sucrée ? Boissons chaudes ? Qui sait ?

Cet échange courtois avec l’avocat (elle fait son boulot) me rappelle que chacun a son monde. Il y a le bon sens et il y a la propriété intellectuelle. Parfois cela se rejoint; parfois il y a des dérives (brevets sur le vivant, sur des savoirs ancestraux, bio-piraterie). Surtout, cela rappelle cette évidence sur laquelle le discours écologiste glisse parfois trop vite : les mots ont un sens et ils ont encore une force.

Dommage que nos sociétés aient défini un protocole pour les mots quand il s’agit d’intérêt privés mais pas quand il s’agit de moralité publique. Ah… si l’INPI avait autant de force que l’OIP

Aussi, si vous avez 10 minutes et que vous souhaitez découvrir les charmes de cette terra incognita qui s’appelle « code de la propriété intellectuelle« , vous ne serez pas déçu. Ca fourmille d’anecdotes sur des conflits aux consonances surréalistes. Imaginez France Telecom attaquer le journal chrétien La Vie parce que… « Bienvenue dans la vie.com« .

Je vous laisse le soin de savoir si France Télécom a gagné…


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Ecrit par Baptiste le 13 juillet 2010 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Un peu sur nous
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Reprise du blog eco-sapiens et Manifesto

tyrannie technologiqueC’est un peu sur un coup de tête que j’ai écrit dans le précédent billet que le blog eco-sapiens s’arrêtait. En fait la poudre s’entassait depuis quelques années et il manquait le détonateur qui fut cette réflexion comparative entre l’industrie automobile et l’industrie numérique.

A la fin du billet, il me parut tout à fait logique d’aller jusqu’au bout. Un brin provocateur peut-être. Mais la question est toujours là. Elle se résume à la formule du plus grand poète du XXème siècle, Gherasim Luca, « Comment s’en sortir sans sortir« .

Car on a beau jeu de parler d’écologie, d’épuisement des ressources, de manque de lien social dérobé par nos écrans… tout en ayant un blog. Et je pense sincèrement qu’il y a un problème de fond au tout numérique de même qu’il y a un problème de fond avec la société automobile.

A l’heure où j’écris ces lignes, BP en est à son cinquième plan foireux pour colmater une marée noire dont on sait qu’elle dérivera encore au moins un an. Et si dans dix ans, on raclait le fond des océans pour les derniers microgrammes de palladium. J’évoque la palladium pour dire que c’est encore plus dramatique que le pétrole (moins le forçage carbone). Il y a plus de palladium dans nos appareils numériques et nos pots catalytiques qu’il en reste dans les mines.

A ce propos, l’exemple du palladium recèle de multiples symboles. D’abord parce originellement, on l’utilisait pour les pots catalytiques. Ce fut donc une exploitation pour lutter contre certaines pollutions de l’automobile.
Ensuite parce qu’aujourd’hui, une part croissante de son utilisation va aux gadgets électroniques (certainement l’IPad qui sort aujourd’hui). Comme si cette transition de l’automobile au numérique était contenue dans ce métal.

Voilà le monde de nos parents, obsédé de déplacements et d’automobiles laisse la place au monde actuel, obsédé de communications et d’Internet.

Alors, forcément, parfois on a envie de dire « Je ne marche pas !» .

J’avoue être toujours sidéré par l’enthousiasme naïf que je lis sur divers sites écolos. Tel ordinateur serait vert, tel téléphone serait écologique. A ma connaissance, la seule critique vraiment sérieuse de cette pseudo-écologie numérique se situe aux éditions L’échappée, notamment l’excellent livre La Tyrannie Technologique à la couverture évocatrice.

Voilà pour les considérations sur l’informatique. Je ne ferai plus d’auto-flagellation. Et je précise que ne suis évidemment pas partisan des communications par pigeons voyageurs (ce genre de caricatures déshonore d’ailleurs tous ces aliborons sévissant sur les forums).

De même qu’on peut manger local on pourra aussi poser la question du communiquer local.

Ceci dit, quelques justifications à la poursuite du blog eco-sapiens.

  • Nombre de blogs écolos font du relai. En clair, ils ne produisent pas d’information, ils buzzent. C’est indispensable mais ce n’est pas vraiment notre « truc» .
  • Alors le blog pourrait parler de nous, de notre société coopérative, des festivals auxquels nous participons etc. Mais alors cela intéressera surtout ceux qui nous connaissent. Et puis… notre nombril…
  • Le blog pourrait aussi être un lieu d’exfiltration de toutes ces informations trop brûlantes pour figurer sur le site officiel (exemple: huile de palme bio colombienne dont on pas fini de reparler)
  • Enfin le blog pourrait surtout parler de ce dont on ne parle pas ailleurs. Par exemple l’excellent numéro de Silence ! paru ce mois-ci, sur la non-violence.

Ainsi, autant l’annoncer, si nous continuons ce blog, il sera plus orienté sur le monde sous-marin de l’écologie. En clair, de même que le site officiel eco-sapiens souhaite rendre visible ces boutiques alternatives, le blog mettra en relief, ceux qui font un boulot énorme et dont on parle peu.

La précédente référence à la revue S!lence en est un exemple. Comment expliquer que cette revue phare, la plus vieille qui soit dans la presse écologique, soit totalement ignorée du buzz médiatique actuel ?

Pour le dire autrement, et sans aucun goût pour le « c’était mieux avant» , l’idée sera donc de fuir l’actualité pour mieux regarder en amont. « Que s’est-il passé ?»  plutôt que « que se passe-t-il ?» 

J’espère que ce virage éditorial ne décevra pas !

Au plaisir de vous lire.


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Ecrit par Baptiste le 28 mai 2010 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Poïesis,Un peu sur nous
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