Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

L’amour du lointain

Label ACOn s’amuse à dire que « Ainsi parlait Zarthoustra»  de Nietzsche constitue en fait le cinquième évangile.

Pour le moment, l’oeuvre phare du philosophe ne figure pas vraiment dans le canon, pas même dans les apocryphes…

Et pourtant !

Quand Zarathoustra dit :

Mes frères, je ne vous conseille pas l’amour du prochain, je vous conseille l’amour du plus lointain.
Ainsi parlait Zarathoustra.

L’amour du lointain… D’une certaine manière, ce pourrait un mot d’ordre écologique. Et donc à l’opposé du mouvement Nimby (Not in My BackYard) qui défend ses intérêts proches.

Bon évidemment, on a le droit d’aimer son lointain… et aussi son prochain.

Mais il y lointain dans l’espace (les premiers réfugiés climatiques du Pacifique) et lointain dans le temps (nos petits-enfants… les fameuses générations futures).

Et donc aujourd’hui, un peu de copinage, d’amour du prochain. Mais les prochains se soucient eux du lointain. Vous me suivez ?

D’abord sur les gaz de schiste sort enfin le DVD Gasland chez Arte Video. Le film de Josh Fox, nominé aux oscars, comporte aussi et surtout un livret signé Sylvain Lapoix. Tout cela pour moins de 15 euros !

Lui aussi nominé (Le Monde des Livres), l’ouvrage « Le vrai scandale des gaz de schiste»  est signé Marine Jobert et François Veillerette. Un poil plus cher mais il fallait bien fouiller comment les gaz de schiste affectaient la France.

Je ne les connais pas personnellement et par conséquent, en faisant leur promotion, je m’approche de l’amour du lointain non ?

Et enfin, quintessence de l’amour du lointain : un auteur anonyme a réalisé cette petite vidéo reprenant notre canular du label agriculture chimique. Lui est passé à l’acte en collant sur des produits en supermarché des stickers imitant le label Agriculture Biologique.


L'agriculture chimique bientôt disponible en… par francois_clam

Enjoy !


0 commentaire(s)
Ecrit par Baptiste le 22 septembre 2011 :: Classé dans Débat,Les autres...,vidéo
Tags :: , , , ,

Blackout dans the idiot cycle

Si j’avais été journaliste, ou mieux encore, chroniqueur, je n’aurais jamais à acheter de livres ni de DVD. Ils arriveraient chez moi, accompagnés de petits mots doux d’un attaché de presse ou carrément de l’auteur.

Evidemment, je recevrais des grosses daubes qui s’accumuleraient alors dans une étagère inaccessible. De temps en temps, j’en offrirai à des amis, me gardant bien de leur avouer que ce n’est que du recel.

Je parle en connaissance de cause car, avec un oncle journaliste, j’ai jadis récupéré les biographies d’Aimé Jacquet et de Thierry Henri. Je ne savais qu’en faire mais, comme il s’agissait -croyais-je- de cadeaux, je les lisais et les conservais précieusement.

Un jour j’ai réalisé la supercherie et j’ai décidé de m’adonner moi-même à cette pratique.

Là où c’est embêtant, c’est quand on reçoit de bonnes choses. On ne sait s’il faut les offrir (de peur que ca ne se perde) ou les conserver (mais alors personne d’autre n’en profitera).

« Or, tout dernièrement, m’étant trouvé sur le point de faire le dernier couac»  j’ai crû bon de visionner un film encore introuvable en France et donc de retourner une saison en enfer…. The Idiot Cycle.

Précisons d’emblée que vous aurez beaucoup de mal à voir le film en France. Et pour cause… il traite d’environnement et ne fait pas dans la dentelle. Il semblerait qu’il y ait des pressions pour qu’il soit introuvable dans notre cher pays qui a vu naître Monsieur Dupont de Nemours (ah Lavoisier, si tu savais pour ta femme… mais je m’égare !)

Autant j’avais été fortement déçu par Severn, autant The Idiot Cycle parvient à ne pas être lourdingue et apocalyptique… alors qu’il y a matière !

Tout part d’une ville canadienne, Sarnia, qui se paie le luxe d’être LA ville pétrochimique du pays… et aussi une réserve d’Indiens Aamjiwnaang. Un peu comme à Gilly-sur-Isère et son proche incinérateur qui améliore nettement le taux de cancer des résidents, Sarnia bat tous les records outre Atlantique. Mais qui se soucie des Algonquins ?

Pas de bol, la réalisatrice Emmanuelle Schick Garcia, alertée par tous les cancers chez ses proches, décide d’enquêter…

Ce que je dis ne pourrait être qu’apitoyant. Mais c’est bien plus que cela. C’est cynique.

« Le Cycle Idiot»  from Mansan on Vimeo.

Le générique introductif fait malicieusement, tandis qu’on déambule avec son caddie dans les rayonnages d’un hyper, des rapprochements plutôt grinçants.

Qui fabrique les pesticides ?
Dow Chemical, BASF, Bayer, Dupont, Astrazeneca, et Monsanto
Qui fabrique les traitements contre le cancer ?
Dow Chemical, BASF, Bayer, Dupont, Astrazeneca, et Monsanto
Qui fabrique les OGM ?
Dow Chemical, BASF, Bayer, Dupont, Astrazeneca, et Monsanto

Jackpot !

C’est cela qui est appelé « le cycle idiot« . Des industries s’enrichissent en développant le cancer, qui est aussi la maladie la plus lucrative du siècle. Aujourd’hui encore le lien entre produits chimique et santé peine à être entièrement reconnu. On cite l’exemple de Dow Chemical qui a fait croire encore croire à Midland Michigan, fief de l’entreprise (1897 !) que la dioxine ne présente aucun risque pour la santé…

Ensuite, on se balade en France, en Italie, en Ecosse etc. Où l’on voit qu’aucun pays n’est épargné par cette espèce d’omerta. Ceux qui nous tuent gagnent aussi de l’argent en nous proposant les soins. Et ils nient. Et ils mentent.

On préfèrerait couper tout, éteindre le post. Faire le blackout.

Le Blackout, c’est le concept de Veja ce jeudi 24 Février !

Comment ca, vous trouvez cette transition tirée par les cheveux ? Tant pis je continue !

Le Blackout donc, aura lieu au Centre Commercial à Paris dans le 11ème. En principe, quiconque rentre… devra amener sa facture d’électricité. Et il ne ressortira pas vivant tant qu’il n’aura pas rejoint Enercoop.

Non mais !

Centre Commercial x Enercoop : Blackout from Centre Commercial on Vimeo.


1 commentaire(s)
Ecrit par Baptiste le 18 février 2011 :: Classé dans Itinéraire,vidéo
Tags :: , , ,

Le jour de la grande mutation

UNESCO. Paris.

Pour une avant-première d’un documentaire en 20 épisodes appelé « Les Artisans du Changement« . A la manière du livre « 80 hommes pour changer le monde« , cette série-reportage dresse des portraits en racontant l’histoire du projet. Des hommes et des femmes qui « entreprennent»  et qui par leur action, font des choses concrètes et alternatives.

En bref, il s’agit de personnes qui se sont retroussées les manches et ont proposé quelque chose là où le système déployait son inéluctable et néfaste action.

J’avoue avoir toujours un sentiment mitigé devant ce genre d’exercice.

Évidemment, je trouve formidable (pour ne pas dire indispensable) de montrer à quel point les alternatives sont concrètes. Et je trouve salutaire de rappeler que ces gens-là sont toujours, pour reprendre le poncif consacré, des « héros ordinaires« . Bref, de rappeler que nous sommes en fait tous capables de franchir le pas.

Cependant, ce genre de « trombinoscsope»  a la fâcheuse tendance à mélanger torchons et serviettes. Et on a parfois le sentiment que les auteurs n’osent pas aborder les points sensibles, comme par exemple la vision à long-terme ou la pertinence initiale du projet.

Dans l’épisode que j’ai vu, il y avait donc trois exemples, trois alternatives concrètes, trois personnalités différentes. Dans trois pays différents.

Je connaissais déjà le projet de voûte nubienne qui est incontestablement une belle histoire en devenir. Il s’agit de repenser l’architecture des maisons au Burkina Faso, en se passant de la tôle et du bois pour le toit. Juste des voûtes en terre crue et en pierre sèche. C’est écologique, social et esthétique. C’est social car en filigrane se dessine un système de « compagnonnage»  où chacun peut donc s’approprier la technique de construction.

J’avais entendu parler, via Ashoka, de l’association Ciudad Saludable qui indéniablement permet de redonner une dignité à ceux qui travaillaient de manière informelle dans la récupération des déchets de Lima au Pérou. Ce n’est pas rien. D’autant que le projet se décline en recyclage pour la confection de sacs par exemple. Le défi relevé est tellement énorme que j’ai presque honte de critiquer un aspect pourtant fondamental: ne faut-il pas aussi sensibiliser à la diminution des déchets et de l’emballage en général ?

Enfin, le dernier projet est pour moi une grosse farce. Il s’agit de la Laiterie du Berger au Sénégal. Dans le documentaire le portrait est introduit sur un constat faussement naïf: « pourquoi diable n’y a-t-il pas de débouchés pour le lait qui est de toute façon produit par les vaches des bergers peuls ?»  Et un éleveur d’expliquer que le lait de ses vaches ne servait qu’à nourrir les veaux. On le jetait même parfois dans les rivières.

Ils sont vraiment idiots non ? Ils pourraient le boire au village se dit-on.

Il est quand même assez connu que les peuples asiatiques et africains ont une intolérance au lactose, molécule fortement présente dans le lait de vache. Ceci pour des raisons historiques. Bien entendu cela ne signifie pas qu’un Sénégalais ne peut pas boire de lait ou manger du yaourt. Cela signifie qu’il le digérera plus ou moins bien et que de toute façon, tant mieux pour eux car, contrairement à ce que dit la publicité chez nous : « les produits laitiers ce n’est pas vraiment bon pour la santé» .

Mais ne rentrons pas dans un débat de nutritionniste et soyons lucide un instant. Pourquoi vouloir faire boire du lait à des gens qui traditionnellement n’en consommaient pas bien que, j’insiste, ils le produisaient.

Mais parce que Danone, et l’industrie laitière, en général trouve que la marché occidental (qui commence à bouder les laitages) c’est pas assez grand. Il faut donc convaincre les Asiatiques (voyez Muhammad Yunus au Bengladesh) et les Africains de s’y mettre. Il se trouve qu’en tapant « La laiterie du Berger» , on tombe directement sur le lien Danone Communities qui, sous couvert d’action sociale, n’hésite pas à financer tout ce qui peut faire progresser l’industrie laitière dans ces nouveaux continents.

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur le lait mais je tiens à faire une précision. Je ne pense pas que le lait « c’est mal» . J’en suis même plutôt friand, plutôt sous forme de comté si vous voulez tout savoir !

Je trouve juste gonflé qu’on fasse passer pour social un projet qui n’existe manifestement que pour faire rentrer l’Afrique dans le train du système marchand et industriel.

En préambule du reportage, il y avait notamment un petit discours de Nicolas Hulot. Je dois avouer que le revirement de pensée, au cours des dernières années, chez l’animateur m’interpelle. Plus incisif, n’hésitant pas à rappeler qu’avant d’aider le Sud, on ferait mieux d’arrêter de le piller, notamment par la dette, il a aussi improvisé cette petite sortie sur « le jour de la grande mutation»  qui arrivera de toute façon. En clair, Nicolas Hulot croît au grand soir version écologiste, c’est à dire au pas de côté de l’an 01.

J’avoue être plus circonspect sur l’éventualité du jour de la grande mutation


0 commentaire(s)
Ecrit par Baptiste le 14 janvier 2011 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Les autres...,vidéo
Tags :: , , , ,

Bienvenue chez Soleil Vert

Que du jour au lendemain, l’Etat, de concert avec l’industrie agro-alimentaire, décide de (ré)instaurer l’anthropophagie, nul doute que la révolte du public ne le mette aussitôt à bas.

– Mais, attendez- rien n’empêche d’en parler en interne. Entre gens sans préjugé. Théoriquement.

Les économistes dans les séminaires d’entreprises et les colloques universitaires soulignent la gravité de la crise des protéines, en rapport avec l’essor démographique et le tarissement des ressources.

Invités des cercles de réflexion et de prospective, les écologistes indiquent que, du point de vue de la souveraineté alimentaire, de la re-localisation de l’économie, et du respect de la bio-diversité, mieux vaut consommer un kilo de protéines autogènes, que de détruire un are de forêt amazonienne pour l’importer.

Les chimistes expliquent aux commissions parlementaires que la protéine, c’est de la protéine ; on peut lui donner le goût du veau, la couleur du saumon, un parfum de vanille, l’aspect d’une pizza.

Les anthropologues rappellent qu’il n’y a là rien de nouveau, le cannibalisme, y compris alimentaire est vieux comme l’humanité, et persiste dans certains endroits.

Les églises s’interrogent, et appellent au dialogue sur ce retour à l’authentique communion.

Les urbanistes regrettent le gaspillage de l’espace par les cimetières.

Les éthiciens remarquent qu’on est somme toute dans une variante du don d’organes et que l’important est le respect de la personne, et le caractère volontaire du don.

Une étude de l’Inra prouve la supériorité des farines anthropiques, leurs bénéfices pour la santé – élimination des virus et bactéries exogènes-, et leur rendement exceptionnel.

Les scientifiques des laboratoires de diététique moléculaire fustigent l’irrationalisme et l’obscurantisme des opposants aux recherches sur les Nouvelles Calories, qui voudraient nous ramener à l’âge de pierre et de la cueillette.

Les dirigeants pourfendent les végétariens. « Faire croire que l’on imposerait une alimentation anthropophagique à la population sans débat préalable, et que l’on transformerait les hôpitaux en abattoirs de science-fiction relève de la théorie du complot, etc. » Un sondage montre qu’en dehors de 15 % de conservateurs hostiles et de 15 % de modernistes enthousiastes, la population ne sait pas grand chose des Nouvelles Calories, et donc la Commission des Débats de Société organise avec l’association Vivaviandes un cycle « Farines anthropiques : à quelle sauce va-t-on nous manger ? »

L’avis consultatif du comité des sages, représentants du gouvernement, du sénat, du parlement, de l’industrie, des églises, de l’académie des sciences, conclut en toute indépendance, que ceux qui n’aiment pas ça, ne doivent pas en dégoûter les autres ; que chacun doit avoir la liberté de choisir ; et que donc, au-dessous de 1 %, la mention d’homoprotéines dans un produit alimentaire n’est pas obligatoire sur l’étiquette.

Disposition d’ailleurs contestée et violée par la marque Soleil Vert. Soudain, une mystérieuse épidémie de fièvre porcine, attaque biologique ou mutation d’un virus en batterie, extermine le cheptel mondial, et il n’y a plus d’alternative aux Nouvelles Calories. Dans l’urgence de la famine, le gouvernement sort des projets de ses cartons – gouverner, c’est prévoir-, dont l’interdiction de la crémation et la réquisition de toutes les réserves de protéines disponibles.

Mais qu’on se rassure : nous vivons en démocratie. Nous n’allons pas fabriquer des clones pour les cannibaliser.

*En voyant le nouveau logo proposé par Carrefour « Nourri sans OGM» , je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ce texte signé Pièces et Main d’Oeuvre. Il figure dans le livre « Terreur et Possession»  qui est un « indispensable« .
N’est-ce pas beau de voir Carrefour dire « liberté de manger ou pas des OGM»  ?

Dédicace amicale au Marcel Vert qui s’est laissé engluer dans ce genre de publicité !


4 commentaire(s)
Ecrit par Baptiste le 5 novembre 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...,Poïesis
Tags :: , , , , , , ,

Severn bien plus belle en vrai que dans son film

Ca sort le 10 Novembre et le casting est savamment choisi : du Nicolas Hulot, du Pierre Rabhi, du Seralini… Et même des inconnus qu’on est heureux de voir sur grand écran (Wartena de Terre de liens, Guy Kastler de Nature & Progrès etc).

Tous gravitant autour du même astre : Severn Cullis-Suzuki. Cette Canadienne qui avait tenu un discours percutant au sommet de la Terre en 1992. Elle avait alors 12 ans et en revoyant ces images, on est toujours saisi par le charisme et la pertinence de cet enfant.

Les enfants justement ! Le réalisateur Jean-Paul Jaud (oui oui, celui du foot sur Canal plus…) avait entamé une carrière de cinéaste avec le film « Nos enfants nous accuseront» . Avoir dans son camp, un aussi habile technicien de l’image, on ne va pas s’en plaindre. Ce film c’est un peu : la voix de nos enfants qui nous accuseront» …

Malheureusement, il me faut faire quelque chose d’absolument nul. Dire que je n’ai pas aimé Severn.

Que l’on se rassure, je trouve que l’idée du film est bonne, d’autant que la vraie Severn parle d’une manière douce, franche, limpide et déterminée. Je crois que dès qu’elle parle, je ne peux que acquiescer. Il y a quelque chose de troublant à l’entendre répéter mot pour mot, 18 ans plus tard, le même discours où rien n’a changé.

Les propos d’une enfant précoce deviennent les propos d’une jeune femme lucide. Lucide mais tout de même déçue de constater que l’utopie ai davantage reculé.

Mais un fil rouge ne suffit pas et il faut autour broder. Or, selon moi, la dentelle ne tient pas et j’ai vu un film plutôt décousu.

Pêle-mêle.

On démarre au Canada donc, retrouver Severn qui attend un bébé. A la fin du film, nous la retrouverons après la naissance. Entre temps, on fait des allers-retours pour aborder différentes thématiques, surtout l’agriculture bio.

On rencontre par exemple ce Japonais qui cultive une rizière sans intrants chimiques et où barbotent des canards. De vieilles Japonaises transmettent leur savoir potager à des écoliers. On apprendra que le peu de compléments alimentaires qu’elles utilisent proviennent de Chine et contiennent des traces d’OGM.

Volonté de transparence du réalisateur ? On ne sait.

On retrouve le maire de Barjac, déjà à l’honneur du premier opus. Il peine à trouver des agriculteurs bio et locaux. Ca tombe bien, le voici qui déjeune sur une table improvisée en plein champ avec, entre autres, le responsable de Terre de Liens. Une foncière, soutenue par La Nef, qui aide les jeunes agriculteurs à s’installer. Mais les discussions improvisées autour de cette table sonnent faux. On croirait des discours aussi naturels que ceux d’Eric Rohmer.

On rencontre aussi deux agriculteurs conventionnels qui ont subi des intoxications sévères à cause des pesticides. L’un a attaqué et fait reconnaître l’empoisonnement comme maladie du travail. On le voit plusieurs fois dire qu’il s’apprête à passer en bio. Heureusement pour lui, les deux agriculteurs bio  de la même région sont compréhensifs avec cette reconversion qui se fait attendre. Volonté de montrer la difficulté à passer à l’acte ? On ne sait.

Il y a cette fille, Ondine, 14 ans, qui est là pour montrer qu’une nouvelle Severn a peut-être été découverte… Elle entretient un skyblog sur les requins et on la voit faire une intervention sur les squales auprès de jeunes élèves. On la revoit avec le télécologiste Nicolas Hulot qui l’encourage. Il est sympa Nicolas Hulot.

D’ailleurs, on le retrouve aussi avec Pierre Rabhi pour échanger 6 phrases censées se compléter et percuter. Peine perdue. Après avoir dit que le grand prix de formule 1 à Flins n’était pas une bonne idée, il caresse la tête de Pierre Rabhi qui a l’air penaud devant tant d’intrusion tactile…

On voit aussi quelques individus pique-niquer au bord de l’eau, en face d’une centrale nucléaire. On n’apprendra rien sinon que la fresque géante peinte sur le réacteur, c’est pas très sérieux. Je crois que c’est le moment le plus incongru du film.

On part aussi écouter des polyphonies en Corse (perso j’adore !). Un père et ses deux fils font du vin bio tout en s’inscrivant dans le traditionalisme corse.

Alors oui, on aborde, ou plutôt on survole, chaque thématique: la bio, les pesticides, l’alimentation, le nucléaire, la déforestation etc. Bref, c’est un film écologiste avec plein de qualités. Qualité de l’image surtout. Qualité de la musique (Japon, Corse, piano de Gabriel Yared). Qualité du discours initial (encore merci Severn Suzuki !).

Mais on a l’impression que Jean-Paul Jaud a constitué un patchwork où ne manque qu’un raton-laveur pour vraiment trouver une cohérence à cet enchevêtrement de rencontres aux discussions molletonnées.

Les aficionados n’apprendront rien. Les novices repartiront avec quelques belles images, un sentiment de sérénité et peut-être quelques pistes concrètes.

On me dira « c’est toujours ca»  .
A quoi je réponds : « c’est déjà ca !»  .

Bande-annonce du film

Plus sérieusement, il y a aujourd’hui une impressionnante filmographie autour des questions écologiques. On sait tout le bien que j’ai pensé du film de Coline Serreau (pourtant fou-fou). Mais bien avant, il y avait ces documentaires plus incisifs (j’aime quand on me montre les méchants !) comme We Feed the World ou Notre Pain Quotidien.

Personnellement, je trouve que le meilleur, c’est encore l’Île au Fleurs, film brésilien de 12 minutes réalisé en 89 !


5 commentaire(s)
Ecrit par Baptiste le 20 octobre 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...,vidéo
Tags :: , , ,

Mort aux vaches et morts au champ d’honneur

5361_d334_480J’ai eu la chance d’assister à l’avant-première du film de Coline Serreau. Pour ceux qui l’ignorent, la réalisatrice de « Trois hommes et un couffin»  sort aujourd’hui Solutions Locales pour Désordre Global qui est un film-documentaire sur l’agriculture.

Dit ainsi, cela semble peu aguicheur. Car au fond, qui s’intéresse aux agriculteurs ? Car qui rêve de devenir agriculteur ? Oui eux, je sais, mais bon…

Le film débute avec des plans très rapprochés sur des museaux. Pendant 5 minutes, sur fond de trio à cordes, on est collé à des groins, des gueules, des narines touffues, des yeux rieurs comme peuvent rire les animaux de ferme.

Et puis l’histoire de l’agriculture moderne commence. Oh bien sûr une telle version de l’histoire ne sierra pas aux techniciens de l’agronomie d’aujourd’hui. Et pourtant, tout ceci est fort bien connu et fort bien prouvé. Même Liebig, père de l’agriculture moderne le présentait

L’agriculture moderne est une agriculture de guerre. C’est avec la Grande Guerre que l’on a pu expérimenter et développer tout ce qui allait devenir intrants, engrais, pesticides, herbicides et fongicides. Si vous ne saviez pas, allez voir au cinéma !

Le film parle moins du sort des animaux pour se concentrer sur la terre, le sol, l’humus. On entend toujours avec plaisir Claude Bourguignon expliquer comment l’étude des sols (sa micro-biologie) a disparu de l’enseignement agricole. Aujourd’hui, on exploite des sols morts qui ne tiennent qu’à coup de produits chimiques. Lui parle de gestion de pathologie végétale.

utopiaLors du salon Planète Durable, j’ai eu l’occasion d’échanger vivement avec la responsable Environnement du CIV (Centre d’Information sur les Viandes, qui vise donc à informer sur la viande). Cet organisme est la représentation des éleveurs français, spécifiquement vache et mouton. Bref, on ne mélange pas les cochons avec les bavettes !

Inutile de préciser que la sortie du livre à charge Bidoche, de Fabrice Nicolino, sur l’industrie de la viande, a fait bondir plus d’un éleveur. Il fut assez long d’expliquer à mon interlocutrice que, selon moi, Bidoche n’est pas un livre contre les éleveurs. Ce qui est dénoncé c’est un système.

Car mettons nous à la place d’un agriculteur français d’aujourd’hui, qui choisirai la voie « conventionnelle» .

  1. Il est trimballé au gré des allocations de subventions européennes et françaises (par exemple le maïs il y a une dizaine d’années)
  2. Il est étranglé par les négociations des centrales d’achat de la grande distribution
  3. Il est sommé par les consommateurs exigeants de fournir des produits sains, de ne pas polluer les cours d’eau etc

D’où l’on tire comme conclusion que l’agriculture française n’est pas viable économiquement, ne suffit pas à l’autosuffisance alimentaire du pays et n’est pas durable.

Cela change. Lentement. Trop lentement.

Je ne cherche pas à ce que l’on plaigne les agriculteurs et les éleveurs. Mais il est aussi trop facile de les accuser. Nous sommes clairement embarqués sur la même galère et nul doute que dans la même situation, nous n’aurions peut-être pas agi mieux.

Pour moi, en étudiant les conditions historiques et idéologiques de l’élevage (abattoirs de Chicago, peur du manque dans l’après-guerre…) le livre de Nicolino dit la même chose. De manière regrettable, les corporations concernées l’ont ressenti comme une agression.

L’agriculture moderne est un secteur, parmi d’autres, saccagée par l’arraisonnement humain du XXème siècle.

Arraisonnement ! Le terme n’est pas trop fort quand on voit les aberrations patentes des lois actuelles.

Quand on déclare illégale telle variété de pomme de terre qui a nourri l’Europe pendant des siècles; quand des firmes souhaitent interdire le commerce de semences traditionnelles sous prétexte qu’elles ne dégénèrent pas;  quand ces mêmes firmes tentent de faire interdire le purin d’ortie; quand on nourrit des vaches avec des restes d’animaux…

Si ce n’est de la folie, comment appeler cela ?

moutonsPhilosophiquement parlant il est toujours difficile de voguer entre responsabilité systémique et responsabilité individuelle. En d’autres termes, il est plus prudent de dire à son interlocuteur: « ce n’est pas ta faute si tu agis mal, c’est le système» . Ca déresponsabilise et ca le soulage ! Nous sommes donc condamnés à nous accuser les uns les autres: soit nous ne sommes pas vertueux (mais nous sommes libres), soit nous ne sommes pas libres (et nous serions vertueux sinon…).

Et pourtant système il y a !

Au Monopoly, vous pouvez être quatre amis fort gentlemen et vertueux, vous constaterez que les pauvres s’appauvrissent et que les riches accumulent à toute vitesse. Et bien depuis de longes années, nous jouons au Monopoly in vivo. La règle étant simple: « les plus riches peuvent se servir dans la banque de la Nature tant qu’il y en aura« . A celà s’ajoute une bonne dose de foi dans le progrès technique, le graal aveuglant derrière lequel nous courrons pour résoudre tous les problèmes planétaires…)

Coline Serreau, le CIV, Bidoche, le Monopoly… où en étions-nous ?

Ah oui ! Nous voulions prévenir les lobbyistes agricoles, les détracteurs de la bio et autres contempteurs de l’écologie qu’en incendiant le film de Coline Serreau (ils vont le faire je n’en doute pas, et ca va être musclé  !) ils se trompent de combat.

Car le film est résolument tourné vers les alternatives et l’espérance. Ici, on ne dénonce personne ad hominem.

Ici on dit « regardez ! il y a des gens qui font autrement. Ca marche et en plus… ca paraît sensé» .

Merci donc pour cette piqure de rappel et pour tous ces gros plans sur les vaches !


1 commentaire(s)
Ecrit par Baptiste le 7 avril 2010 :: Classé dans Botaniqus,Débat,Itinéraire,Les autres...,Participez,Poïesis
Tags :: , , , , , , , , , ,

La Californie en faillite recourt aux monnaies libres

couverture Terra Eco

couverture Terra Eco

On en parle peu mais il se passe de drôles de choses en Californie. La Californie c’est, rappelons-le, un territoire mexicain cédé aux Etats-Unis en 1848. 10 ans auparavant, la province mexicaine comptait 5 000 Européens pour 30 000 Amérindiens. Aujourd’hui, c’est 40 millions de personnes qui vivent sur ce territoire qui représente 14% du PNB américain.

On dit souvent que si la Californie était indépendante, elle serait la sixième puissance économique mondiale…

A l’origine de cette explosion démographique et de cette richesse, il y a l’or (XIXème siècle), le pétrole (1910-1950), le cinéma (Hollywood 1930-aujourd’hui) et l’informatique (Silicon Valley 1971-aujourd’hui). Et un climat exceptionnel pour enrober cette vision chronologique des ressources stratégiques…

Mais la Californie est paradoxalement aussi riche qu’endettée. Paradoxe qui n’est qu’apparent pour ceux qui savent que l’argent d’aujourd’hui est constitué à 95% de dette.

24,3 milliards de dollars* de déficit à ce jour. Et cela s’accroit de 500 $ chaque seconde. Argh ! La richesse a un coût !

Ce marasme économique, c’est peut-être parce que nous n’achetons pas assez de mots clés à Google (siège social à San Jose, California). C’est plus vraisemblablement parce la crise économique frappe en premier lieu les fleurons de l’économie américaine.

Le célèbre gouverneur haltérophile Arnold Schwarzenegger tente désespérément de trouver des remèdes, même celles qui séduisent plus le camp adverse (démocrates) que son propre parti (républicains). Deux jours de moins pour les 250 000 fonctionnaires. Hausse d’impôts. Coupes drastiques dans l’éducation et la santé.

A l’Ouest rien de nouveau… (pour une fois que c’est idoine !)

Mais surtout, une nouvelle monnaie apparait: le IOU. I Owe Unto – Je dois sur une période indéterminée – contracté en langage courant en I Owe You – Je vous dois.

C’est une reconnaissance de dette… sans aucun terme échu. Evidemment, cela fait rire les banques qui ne reconnaîtront ni ne convertiront ces IOU.

Et alors ? Eh bien je me dis que les monnaies libres arrivent. Doucement mais sûrement…

* ou 40 milliards de dollars… ca dépend de la source !

Article américain qui parle des IOU


1 commentaire(s)
Ecrit par Baptiste le 3 juillet 2009 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...,Poïesis
Tags :: , , ,

Home, homme, O.M.

Veldorome vu du cielContrainte du jour: un billet qui relie 3 homonymes qu’a priori rien ne rassemble.

Seconde contrainte du jour: donner un avis sur The Film dont la pr(h)omo est aussi pachydermique qu’une épopée homérique. Un avis qui ne tombera pas dans trois écueils à savoir:

  1. Charybde: Film super avec de belles images. En plus c’est gratuit, mondial et ca peut éveiller les consciences. Si tout le monde prend conscience de la beauté et de la fragilité de la Terre, l’avenir sera plus vivable.
  2. Scyla: Film moraliste et hypocrite vu que les trois eco-tartuffes, passionnés jadis de Dakar, Taxi et Gucci, ont brûlé des tonnes d’essence pour leur hélico.
  3. Latium (le lieu commun…): dépassons la querelle des vrais et faux écolos. Si ce film permet à certains de prendre conscience et changer de comportement, c’est déjà un bon signal.

Ces sempiternels débats ne sont pas forcément inintéressants puisqu’ils posent perpétuellement deux questions au coeur de l’éthique:

  1. La fin justifie-t-elle les moyens ?
  2. Qu’est-ce qu’un « méchant»  ?

A vrai dire, la deuxième question m’est réapparue récemment en ré-écoutant un vieux cours de Deleuze sur Spinoza. Comme cela, ca fait très pompeux… mais l’affirmation de Deleuze est vérifiable concrètement tous les jours: « le mal n’est rien !« . Autrement dit, le méchant n’est pas forcément le malheureux. Et réciproquement.

Pourquoi je parle des « méchants»  ? Mais parce qu’on n’en voit aucun dans Home. Ils vivent cachés. Et donc, comme le dit l’adage, ils vivent heureux !

La semaine dernière, en visionnant Let’s Make Money, j’étais content de voir des méchants. Des méchants heureux certes, mais heureux à leur manière. Genre, dans une tour d’Ivoire de Singapour, avec une montre en ivoire…

Le problème des méchants, c’est que quand on en tient un, celui-ci dit impertubablement: « je ne suis pas coupable, je ne suis pas responsable. C’est le système qui est ainsi fait.» 

La responsabilité est reportée en haut (les ultra-riches qui tiennent les manettes) ou en-bas (le vulgus pecum qui achète et consomme tout ce qui passe). Mais on sent bien, qu’en réalité, cette responsabilité est diluée. Diluée parmi les 6 milliards d’êtres humains que nous sommes.
Un milliardième de responsabilité, autant dire qu’on est pas coupable, n’est-ce pas.

Et pourtant…

Et pourtant il va bien falloir en trouver des méchants. Non pas pour les pendre, mais tout simplement pour comprendre.
Car soyons clairs, ce ne sont pas les sponsors du film qui vont changer au point de métamorphoser ce monde en joli papillon vert… Faudrait être sacrément naïf.

Non pas que ces sponsors soient vicieux, mais simplement car ils sont le reflet et le moteur d’un système qui lui est vicieux. Pour qu’une structure change, il faut que le système dans lequel elle s’inscrit change radicalement de paradigme. Pragmatiquement, il va falloir cesser de vouloir faire plus de chiffre d’affaire, plus de croissance, plus de bénéfices. Et je ne crois pas que le système économique actuel soit franchement pour !

Pour ceux à qui il faut mâcher les choses: il n’y a pas de capitalisme vert, pas de capitalisme durable, pas de croissance verte, pas de libéralisme vertueux…

Mais voilà que nous avons oublié la première question, qui est aussi l’équation inscrite en haut à droite de ce blog !
Réparons ce fâcheux oubli illico-hélico en disant que tout ceci est bien délicat à estimer.
Si l’on sent bien qu’il est difficile de prôner la non-violence par la violence, on peut par contre vraisemblablement admettre qu’on peut défendre l’écologie même en polluant.

D’un point de vue technique, on se moque un peu de la pollution exacte, au gramme de carbone près, qu’a générée le film. De même qu’on se fiche un peu que tout ceci ait été compensé. Sauf bien sûr pour ceux qui croient encore qu’on peut être neutre en carbone…

D’un point de vue symbolique, on se voit mal jouer au « plus écolo que moi tu peux pas !« . C’est une histoire de poutre et de paille vieille de 2000 ans.

Personnellement, mon seul espoir pour ce film, c’est qu’il contribue à sa manière, à conforter cette idée importante que oui, nous allons droit dans le mur. On sait jamais, il y en reste certainement qui ne sont pas au courant.

Le gros bémol étant de séparer le risque environnemental de ses racines qui sont elles économiques et idéologiques.

Et la première contrainte ?

Et bien je crois que ce film aurait du s’appeler non pas Home (la maison, eko en grec, eco) mais « homme»  (sapiens ?).
Et que nous quitterons Charybde et Scyla pour gravir enfin l’Olympe de Marseille !

Mouarf !


4 commentaire(s)
Ecrit par Baptiste le 5 juin 2009 :: Classé dans Débat,Les autres...,vidéo
Tags :: , , , ,

Rencontrez-nous quotidiennement à Die

argentLes rencontres de l’écologie au quotidien ont commencé et il y en a encore pour une semaine. Ca se passe à Die, ville qu’on a du mal à situer mais qu’on parvient toujours à associer à sa célèbre clairette.

Et nous y serons notamment pour discuter suite à la projection d’un documentaire devenu culte: L’argent-dette de Paul Grignon. Comme son nom l’indique, c’est un documentaire sur l’argent: comment on le crée ? comment marche une banque ? qui contrôle concrètement ?

Le documentaire a été largement vu depuis la crise. En effet, tout le monde se demandait comment les pays, pourtant endettés et incapables de trouver des liquidités pour des choses essentielles, parvenaient à trouver 1000 milliards pour sauver les banquesroute

Indéniablement, la dette est le moteur de l’économie. On peut toujours vouloir séparer le bon grain de l’ivraie, autrement dit, séparer la bonne dette de la mauvaise dette, il n’empêche que nous sommes devant un paradoxe édifiant. Jamais nous n’avons été si riches (surtout au Nord…) et jamais nous n’avons été si endettés.

Mais qui nous a donc prêté tout cet argent ?
- Les générations futures pardi !

Quand allons-nous devoir les rembourser ?
- Ca commence… et c’est pas fini.

Jeudi 29 Janvier, jour de la grève générale annoncée en France, nous invitons tous les eco-SAPIENS à venir discuter avec nous à propos de richesse, d’endettement, d’usure et d’écologie. Eh oui, il y a un lien entre crise économique et crise écologique.

En plus, on aura amené notre beau vélo pour quelques photos !

le film l’argent dette sur dailymotion

Les rencontres de l’écologie au quotidien à Die (dix jours d’échanges, d’informations, de débats, de moments conviviaux)


0 commentaire(s)
Ecrit par Baptiste le 26 janvier 2009 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...,Participez
Tags :: , , ,

Mia et le Migou

Mia et le MigouMia et le Migou, c’est le nouveau dessin animé signé Jacques-Rémy Girerd, déjà à l’origine de l’excellent « La Prophétie des Grenouilles« .

L’histoire est d’une actualité assez brûlante. Mia, une fillette de 10 ans originaire d’Amérique du Sud décide de retrouver son père. Celui-ci est employé sur un chantier visant à transformer un havre de nature en complexe touristique de luxe. A l’origine de ce projet fort peu sympathique, Jacky, sorte de business man sans scrupule obsédé par la rentabilité.

La persévérance, l’entraide et l’humilité d’un côté; l’appât du gain et l’orgeuil de l’autre. Mais qu’on ne s’y trompe pas, il ne s’agit pas d’une opposition manichéenne entre la démesure humaine et la sagesse de la nature. Car de curieux personnages, les Migous, viennent se superposer à la fable. Ces curieux protecteurs de l’Arbre Sacré ont certes des facultés surnaturelles, ils sont loin d’incarner la sagesse. On peut même dire que les Migous (imités par la vois de Dany Boon) sont demeurés et qu’ils remplissent bien mal leur mission écologique…

Avec Mia et le Migou, on bascule sans cesse entre fantaisie et réalité; la problématique de la forêt amazonienne, le réchauffement climatique, les téléphones insupportables,… cohabitent avec les gris-gris et la sorcière.

Côté esthétique, on a l’impression de voyager sous un ciel dessiné par Van Gogh, ce qui contribue à renforcer ce monde à mi-chemin entre le réalisme et l’onirisme.

Pour nous, Mia et le Migou, a su aborder l’écologie sans tomber dans certains écueils. Du coup, cela fait rêver les enfants et réfléchir les adultes. A moins que ce ne soit l’inverse !

Un dessin animé dont on ressort en se rappelant les phrases d’un autre poète: « Un autre monde est possible… Et il est ici.» 

Voic l’interview du réalisateur qui peine aussi à décrire ce qu’est un Migou !


0 commentaire(s)
Ecrit par Baptiste le 15 décembre 2008 :: Classé dans Les autres...,Poïesis
Tags :: ,