Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

Quelqu’un a-t-il compris la campagne « Tous candidats»  ?

Je vous assure que la question est sincère. Elle l’est d’autant plus que mon respect, ma sympathie et mon enthousiasme pour le mouvement Colibris est fort comme un roc !

Pour ceux qui auraient raté le train, je tente un bref résumé.

Il existe un homme ô combien précieux qui s’appelle Pierre Rabhi. Quiconque assiste à une de ses conférences ou dévore un de ces livres en sort, s’il est normalement constitué et si la société moderne n’a pas trop gâté ce qui lui reste d’humanité, conséquemment bouleversé. Ce vieux bonhomme a un parcours et une philosophie qui font du bien. Tous simplement. Il respire bonté, sincérité et humanisme. C’est un sage. Cela devient rare.

Objecteur de croissance, paysan agro-écologiste, propagateur de « l’insurrection des consciences« , Pierre Rabhi est aussi le fondateur du Mouvement pour la Terre et l’Humanisme dont le but est de partager l’agro-écologie.

Il est aussi l’initiateur du mouvement Colibris, dénommé ainsi en l’honneur de la fable qu’on n’ose plus raconter de peur de paraître tartignolle. Je vous la fais brève parce qu’elle est chouette quand même.

Un incendie dans la forêt. Tous les animaux paniquent. Mais un colibri prend quelques gouttes d’eau dans son bec qu’il jette sur les flammes. Alors aux animaux bouffons et rigolards qui lui demandent ce qu’il fait, le chétif volatile répond : « je fais ma part« .

C’est la fameuse part du colibri. Que l’on peut aussi traduire en termes plus universitaires « simplicité volontaire» . Id est, « déjà change toi toi-même avant de changer le monde« .

Variante gandhienne : l’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre les autres, c’est le seul.

Variante kantienne (amputée d’un bras !) : comporte toi comme tu voudrais que les autres se comportent.

Variante christique (clouée au pilori) : aimez-vous les uns les autres.

J’avoue être d’une ignorance crasse en éthique orientale mais je parie qu’on doit trouver des préceptes voisins chez Confucius, Boudha, Zarathoustra, Kim-Jung-Il ou Lao Tseu.

Le mouvement Colibris est l’orginsation fonctionnelle pour provoquer l’» insurrection des consciences» , c’est à dire aider les gens qui souhaitent se réapproprier leur destin, écologique, social et riche de sens, à se relier et à retrouver l’envie d’agir.

Bref, des gens biens qui changent le monde dans le bon sens et pacifiquement avec la patience et la détermination d’un colibri.

Le petit oiseau va sortir !

Il y a quelques mois, le mouvement a lancé une campagne de communication interpellant tous les Français à se déclarer candidat ! Oui oui à se déclarer candidat. Tous candidat en 2012. Alors bien entendu c’est symbolique. Personne ne va aller à la chasse aux 500 signatures.

D’abord j’ai trouvé l’idée amusante. Plutôt que d’être des millions d’électeurs, nous allons pouvoir renverser les rôles et devenir des millions d’élus.

Puis j’ai cherché dans la FAQ relative à cette campagne, qui consiste à envoyer son affiche électorale sous forme de portrait noir et blanc, quel était au fait l’objectif.

Et la seule réponse concrète que j’ai fini par épouiller est :

« L’objectif de la campagne est de nous faire prendre conscience que nous sommes beaucoup plus nombreux que ce que nous pensons à vouloir ces changements» .

Bigre !

Cela me rappelle un certain pacte lancé il y a à peine un quinquennat. Je veux bien entendu parler du pacte écologique initié par Nicolas Hulot à la précédente élection présidentielle. Ce pacte visait aussi in fine à « compter les troupes« .

C’est donc la grosse interrogation des dernières années. Avant de passer à l’attaque, assurons-nous que nous avons assez de divisions.

Plus que le Vatican ? Voire.

Vous n’êtes pas sans savoir que chaque année, les doctes études sociologiques révèlent que nous sommes 20% de créatifs culturels, cette espèce de masse protéiforme qui peine à prendre conscience de son unité et de son poids.

D’ailleurs si vous voulez savoir si vous en êtes… faites donc ce test chez l’ami Yves Michel.

Voilà voilà, on compte les troupes et on le fait le plus fun possible. Au temps de la gloire médiatique de Nicolas Hulot, on interpellait les politiques en leur demandant de signer le pacte (je le sais ! je les ai vus faire à Marseille !).

Revers de la médaille, ce ne fut qu’une promesse qui n’engage comme on sait, que ceux qui les formulent. Certains accusent l’ex animateur d’avoir paradoxalement liquidé l’écologie de la scène politique.

Désormais, on n’interpelle plus le politique. On ne compte plus que sur les anonymes, les sans-voix, les indignés, les desperados, les colibris de tous nos registres communaux. Avec l’espoir ineffable que si nous sommes suffisamment nombreux à nous tirer le portrait, les politiques ne pourront plus l’ignorer.

C’est une tactique qui est à la fois rassurante et cohérente.

Mais… est-elle efficace ?

J’avoue être mitigé. Je rappelle souvent que la majorité des Français sont contre les OGM mais que ce n’est pas cela qui fait de la France un pays sans OGM. C’est bien la détermination des faucheurs qui a bloqué le processus dans l’Hexagone.

Et, dernièrement, nous avons appris à nos dépends que même un référendum pouvait ne pas être entendu et simplement blackboulé quelques mois après.

Mais je suis fair-play: je soutiens la campagne et en fouillant, on verra même que j’ai envoyé ma binette dans les premiers !

Mais quand la nuit vient, voilà que j’embarque avec Paul Watson. Me voici en train de faire les derniers réglages sur l’un des drones que s’est procuré Sea Shepherd. Plus pratique pour détecter les baleiniers illicites.

Et, hajduk des temps modernes, me voici face aux embruns, prêt à harponner les navires d’un capitaine Achab spéculant sur le cours du sushi…

Alors qui est le plus lourd ? 30 millions de piafs ou une bonne grosse baleine de la famille qui dit « c’est assez»  ?

Verdict en 2012…

c’est à dire maintenant.


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Ecrit par Baptiste le 13 janvier 2012 :: Classé dans Débat,Les autres...,Un peu sur nous
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Hausser le ton

manchots observateursL’automne arrive.

Et c’est comme si personne ne s’intéressait aux derniers mois qui cloront 2011. C’est bien simple ! Octobre, Novembre et Décembre 2011 n’existent que virtuellement.

Tout le monde a hâte de passer à 2012. Car tout le monde se dit que l’on pourra remettre les compteurs à zéro.

Nouvelles élections présidentielles. En France bien sûr mais aussi, ne l’oublions pas, aux Etats-Unis.

Ainsi, de même que le Grenelle de l’Environnement est définitivement considéré comme un échec voire même un fumigène, la politique verte tant attendue par Obama vient de subir un sérieux revers.

L’association Respire et Fabrice Nicolino mentionnent (par-ci, par-là) cette tribune de Robert Redford, soutien médiatique d’Obama lors des élections, contre le président américain. L’acteur qui murmure aux oreilles des chevaux n’a pas su visiblement avoir celle d’Obama.

feux tricoloresCertains peuvent se demander que vient donc faire le people Redford dans cette histoire. Personnellement, jusqu’à la lecture du roman culte Le Gang de la clé à molette de Edward Abbey, et donc au passage la merveilleuse préface de Robert Redford dans la version française, j’ignorais aussi que l’acteur avait une sérieuse culture écologiste.

C’est à dessein que j’emploie le terme culture, de même que l’on parlerait de culture générale.

Voilà, Redford est déçu de voir que les actes ne suivent pas les discours. Les élections arrivent à grand pas et c’est le retour du pragmatisme. Pragmatisme industriel s’entend.

Certains diront que la crise est passée par là et que dans les conditions actuelles (vous savez ? la Grèce, le CAC 40 sous les 3 000 points, la note américaine dégradée de AAA en AA+, etc.) il faut d’abord se soucier d’emplois et de finances.

A n’en pas douter, comme tout le monde se focalisera sur 2012, dans le culte du RAZ (remise à zéro des compteurs), on ne peut que prévoir des crispations de toute part.

Pourtant, c’est bien maintenant, avant 2012, qu’il faut opérer ce changement de culture.

Facile à dire bien sûr ! D’autant qu’il y a de quoi se démoraliser encore plus en apprenant au passage que la cour d’appel de Paris a prononcé un non-lieu à propos des retombées du nuage de Tchernobyl en France. Les malades de la thyroïde (entre autres) ne peuvent que se résigner. Leur cancer n’a rien à voir.

Soyons plus précis et plus honnêtes à propos de ces cancers de la thyroïde car ceci est très instructif.

moto hondaD’abord, c’est un cancer avec un bon prognostic (on n’en meurt pas, il se « soigne»  bien). Certes.

Le plus déconcertant, c’est cette phrase extraite du site de la Ligue contre le cancer. L’association reprend à son compte le rapport de l’Institut de veille sanitaire.

Des études épidémiologiques avec calculs de risque ont montré que l’augmentation du nombre de cas de cancers thyroïdiens en France ne pouvait être imputée à l’accident nucléaire de Tchernobyl.

En réalité, dans la grande majorité des cas, les cancers de la thyroïde se développent sans cause précise.

Relisez donc.

On constate une augmentation depuis 20 ans. On sait que ce n’est pas Tchernobyl. Mais on ne sait pas la cause. Et l’on sait quand même que, majoritairement, c’est sans cause précise. Le raisonnement est évidemment contradictoire (on ne connait pas la cause mais on sait que ce n’est pas Tchernobyl).

Je ne dis évidemment pas que les auteurs du rapport mentent. Ou que la Ligue trompe le grand public. Je constate juste que rationnellement parlant, cela ne tient pas la route. Et comme tout citoyen lassé du discours lénifiant et abscons tenu par l’industrie nucléaire (y compris dans ses aspects sanitaires), je ne peux que développer de la méfiance.

Cette semaine, Jean-Luc Porquet a rappelé que, catastrophe oblige, malgré seulement un cinquième du parc nucléaire japonais en activité, l’archipel nippon ne s’est pas arrêté de vivre. Et ne s’éclaire pas à la bougie.

Ils ont, c’est incroyable, réduit leur consommation. Comme quoi c’est possible. Dommage que cela soit subi et qu’il faille une catastrophe pour avoir la preuve que oui, il est temps d’amorcer une décroissance énergétique.

Sus au gaspillage. Vive l’isolation. Haro sur la maîtrise de l’énergie et l’efficacité. Et enfin: place aux renouvelables.

Vous croyiez que les compteurs vont redémarrer en 2012. Détrompez-vous, le 29 septembre, l’association négaWatt présente son (tant attendu) scénario 2011.

Mais j’ai bien peur que cela soit déjà complet.


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Ecrit par Baptiste le 7 septembre 2011 :: Classé dans Poïesis
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Le vélo qui avait bouché le Vieux-Port de Marseille

Un immense bravo aux 400 vélorutionnaires qui ont défilé vendredi soir sur le Vieux-Port de Marseille.

Bravo aux amis des poulets bicyclettes, de l’équitable café, de la boutique écologique, de Vélo Utile et bien sûr du collectif vélo en ville pour avoir su insuffler un évènement aussi improbable dans la cité phocéenne, peu réputée pour le moment pour sa cyclophilie.

Et bravo aussi à tous les eco-sapiens… ;-)

Et si, avant 2013, on rentrait dans un cycle vertueux qui transformerait Marseille en ville modèle.

400 aujourd’hui. Et combien demain ?

En attendant, on continuera à dessiner nous-mêmes nos pistes cyclables

Aïoli !


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Ecrit par Baptiste le 9 mai 2011 :: Classé dans Itinéraire,vidéo
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Blackout dans the idiot cycle

Si j’avais été journaliste, ou mieux encore, chroniqueur, je n’aurais jamais à acheter de livres ni de DVD. Ils arriveraient chez moi, accompagnés de petits mots doux d’un attaché de presse ou carrément de l’auteur.

Evidemment, je recevrais des grosses daubes qui s’accumuleraient alors dans une étagère inaccessible. De temps en temps, j’en offrirai à des amis, me gardant bien de leur avouer que ce n’est que du recel.

Je parle en connaissance de cause car, avec un oncle journaliste, j’ai jadis récupéré les biographies d’Aimé Jacquet et de Thierry Henri. Je ne savais qu’en faire mais, comme il s’agissait -croyais-je- de cadeaux, je les lisais et les conservais précieusement.

Un jour j’ai réalisé la supercherie et j’ai décidé de m’adonner moi-même à cette pratique.

Là où c’est embêtant, c’est quand on reçoit de bonnes choses. On ne sait s’il faut les offrir (de peur que ca ne se perde) ou les conserver (mais alors personne d’autre n’en profitera).

« Or, tout dernièrement, m’étant trouvé sur le point de faire le dernier couac»  j’ai crû bon de visionner un film encore introuvable en France et donc de retourner une saison en enfer…. The Idiot Cycle.

Précisons d’emblée que vous aurez beaucoup de mal à voir le film en France. Et pour cause… il traite d’environnement et ne fait pas dans la dentelle. Il semblerait qu’il y ait des pressions pour qu’il soit introuvable dans notre cher pays qui a vu naître Monsieur Dupont de Nemours (ah Lavoisier, si tu savais pour ta femme… mais je m’égare !)

Autant j’avais été fortement déçu par Severn, autant The Idiot Cycle parvient à ne pas être lourdingue et apocalyptique… alors qu’il y a matière !

Tout part d’une ville canadienne, Sarnia, qui se paie le luxe d’être LA ville pétrochimique du pays… et aussi une réserve d’Indiens Aamjiwnaang. Un peu comme à Gilly-sur-Isère et son proche incinérateur qui améliore nettement le taux de cancer des résidents, Sarnia bat tous les records outre Atlantique. Mais qui se soucie des Algonquins ?

Pas de bol, la réalisatrice Emmanuelle Schick Garcia, alertée par tous les cancers chez ses proches, décide d’enquêter…

Ce que je dis ne pourrait être qu’apitoyant. Mais c’est bien plus que cela. C’est cynique.

« Le Cycle Idiot»  from Mansan on Vimeo.

Le générique introductif fait malicieusement, tandis qu’on déambule avec son caddie dans les rayonnages d’un hyper, des rapprochements plutôt grinçants.

Qui fabrique les pesticides ?
Dow Chemical, BASF, Bayer, Dupont, Astrazeneca, et Monsanto
Qui fabrique les traitements contre le cancer ?
Dow Chemical, BASF, Bayer, Dupont, Astrazeneca, et Monsanto
Qui fabrique les OGM ?
Dow Chemical, BASF, Bayer, Dupont, Astrazeneca, et Monsanto

Jackpot !

C’est cela qui est appelé « le cycle idiot« . Des industries s’enrichissent en développant le cancer, qui est aussi la maladie la plus lucrative du siècle. Aujourd’hui encore le lien entre produits chimique et santé peine à être entièrement reconnu. On cite l’exemple de Dow Chemical qui a fait croire encore croire à Midland Michigan, fief de l’entreprise (1897 !) que la dioxine ne présente aucun risque pour la santé…

Ensuite, on se balade en France, en Italie, en Ecosse etc. Où l’on voit qu’aucun pays n’est épargné par cette espèce d’omerta. Ceux qui nous tuent gagnent aussi de l’argent en nous proposant les soins. Et ils nient. Et ils mentent.

On préfèrerait couper tout, éteindre le post. Faire le blackout.

Le Blackout, c’est le concept de Veja ce jeudi 24 Février !

Comment ca, vous trouvez cette transition tirée par les cheveux ? Tant pis je continue !

Le Blackout donc, aura lieu au Centre Commercial à Paris dans le 11ème. En principe, quiconque rentre… devra amener sa facture d’électricité. Et il ne ressortira pas vivant tant qu’il n’aura pas rejoint Enercoop.

Non mais !

Centre Commercial x Enercoop : Blackout from Centre Commercial on Vimeo.


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Ecrit par Baptiste le 18 février 2011 :: Classé dans Itinéraire,vidéo
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Prévisions sur ce qui va se passer sur le gaz de schiste

C’est le nouveau combat.

Oui je sais, sur bien d’autres fronts, les tranchées sont encore ouvertes : OGM, nucléaire, pesticides, huile de palme, poissons, etc… Sans compter toutes les batailles locales : l’aéroport de Notre-Dame des Landes, le loup dans les Alpes, l’ours dans les Pyrénées, l’incinérateur de Fos, l’EPR et le centre d’enfouissage, le projet ITER…

Alors quand l’ennemi fait diversion, est-ce vraiment judicieux d’entamer une nouvelle ligne ? Tout bon tacticien sait qu’il vaut mieux concentrer ses forces pour mieux écraser, l’une après l’autre, les armées essaimées par l’adversaire.

« Bataille» , « combat» , « front» , « tranchée» , « ennemi» , « armée» . Le langage martial est-il bien judicieux lorsque l’on parle d’environnement ? En recourant, plus ou moins inconsciemment, au vocabulaire militaire, ne sommes-nous pas en train de diaboliser celles et ceux qui ne font que leur boulot ? Et surtout, ne risquons-nous pas de passer pour des fanatiques ?

J’ai employé à bon escient la métaphore guerrière pour rappeler un fait bête et méchant. Mais comme c’est dans l’ère du temps, mieux vaut être clair et net.

Plusieurs évènements tendent en effet à laisser accroire que le terrorisme écologiste existe.

On connaît la chansonnette : après Al Qaïda, l’écolo serait la deuxième menace terroriste en ce monde. On tremble !

Mettons donc les points sur les i : personne n’a jamais été tué par un écologiste. Que l’écologie soit une menace (pour l’ordre établi, la cupidité des intérêts privés, etc) c’est certain. Que certains mouvements écologistes, formels ou informels, aient déjà dégradé ou détruit des bâtiments oui aussi. Dans le jargon, on dit plutôt « neutraliser» …

Alors on se braque sur les mouvements de libération animale qui menacent les laboratoires d’expérimentation.

L’écrivaillon et diplomate Jean-Christophe Rufin avait d’ailleurs commis un roman à ce sujet. Le plus inquiétant est que l’académicien confondait sa fiction avec la réalité. Déballant toutes ses inepties à la télévision, c’est finalement Michel Polac qui lui répond (cf cet extrait, à 5min 54sec) que bon, l’écologie profonde, c’est plutôt petit et pas très grave par rapport à, par exemple, les anti-avortements américains.

Et Polac ajoute nonchalamment:

« Mais bon, les écolos n’ont pas commis de crimes comme les fondamentalistes.» 

Et Rufin de rétorquer

»  – Bien sûr que si ! Les écologistes radicaux tuent !» 

Là le lecteur attentif que je suis cherche donc le fait qui étaiera un tel propos. Le voici ! Des membres du FLA qui vont traire les vaches au Kosovo sous les bombes. Je n’invente rien. Rufin, quand on lui demande les crimes qui démontrent que les écologistes sont dangereux, ils invoquent deux trois péquins partis traire les vaches au risque de  leur vie.

L’Académie est pleine de gens irremplaçables…

Fin de cette parenthèse sur la prétendue dangerosité d’un mouvement qui d’ailleurs devrait plutôt déplorer sa non-violence au point d’avoir subi les bavures de l’armée ou des renseignements généraux.

Ah non encore autre chose ! Vous avez lu cette histoire de l’infiltré des services secrets anglais qui non seulement n’a pas trouvé que les écolos radicaux étaient des tueurs potentiels, mais surtout a fini par embrasser la cause environnementale. On rêve d’une situation inversée où un écolo infiltrerait nos services secrets… et leur retournerait le cerveau.

Alors pourquoi aujourd’hui les gaz de schiste ?

A vrai dire, quand on est submergé chaque jour par les mauvaises nouvelles, on finit par se forger une sorte de carapace qui devient fort commode pour ne plus rien faire. Tout est perdu alors à quoi bon lutter. Mais avec les gaz de schiste, je ne sais pourquoi, je reprends espoir. Ce n’est pas « nouveau»  et il n’y a donc pas besoin de débalterer scientifiquement. Cf débat sur le nucléaire, les OGM ou les nanos où, à chaque fois, on tombe dans le débat d’expert, qui ne fait que contourner le véritable problème.

Là il s’agit de gaz. Celui qu’on connaît. Certes, la méthode d’extraction est nouvelle. Et on peut effectivement vouloir débattre des aspects techniques. Est-ce sans danger ? La réponse est non bien évidemment. N’en déplaise aux gaziers américains qui viennent de publier un communiqué s’indignant de la nomination du documentaire Gasland aux Oscars. Et maintenant les stars canadiennes qui réalisent un clip contre le gaz de schiste au Québec. En France, ce sont les communes concernées par les permis d’exploration qui se soulèvent.

Bref, ca ne sent pas bon et les géants du gaz l’ont compris. Alors, il faut plier le débat. Et ne pas rentrer dans l’argumentaire technique. Juste dire que si l’on en vient à prospecter ce gaz, c’est donc que le gaz conventionnel s’épuise. Et de se demander, une fois le gaz de schiste épuisé, que restera-t-il ? Et donc de démontrer que ce n’est qu’une fuite (de gaz !) en avant.

Chaque jour, 1000 personnes signent la pétition en ligne lancée par Bové et Nicolino. Ce n’est pas grand chose mais c’est le préambule avant le face à face. Politique d’abord. On vainc l’ennemi d’autant plus facilement qu’il n’a même pas commencé à mettre le pied dans la porte.

Cette bataille est gagnable aisément.

Il ne tient qu’à nous de prendre les devants.

PS: Vive le Québec libre !


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Ecrit par Baptiste le 27 janvier 2011 :: Classé dans Débat,Les autres...,Participez
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La conférence eco-SAPIENS avec Dominique Bourg et Sébastien Kopp

Comme promis, voici le compte rendu de notre conférence du 3 Décembre autour de la question « Y a-t-il un business model dans la décroissance ?» 

Conférence est un bien grand mot puisque l’idée était bien de profiter de la convivialité et de la simplicité du lieu (l’Equitable Café à Marseille) pour pouvoir discuter décontracté.

Comme cela a duré deux heures, qu’il y a eu environ 30 questions/interventions, il est inconcevable de balancer l’enregistrement tel quel. Voici donc le synopsis.

Développement durable et décroissance

Et si on passait à côté du débat !

le sens bordel !
D’emblée, Dominique Bourg envoie le développement durable aux oubliettes. Non seulement il explique (en s’appuyant sur le rapport de Tim Jackson… on en reparlera) que ce n’est pas possible de découpler croissance économique et prélèvement des ressources, mais il va plus loin encore dans son « apostasie» .

Le Développement Durable aura servi à masquer les questions soulevées par les pionniers de l’écologie qui interrogeaient la notion de croissance. Les 25 années d’essor du DD correspondent au moment où le néolibéralisme s’impose !

Autrement dit, les masques tombent. Le développement durable n’était que de la verdure digérée par le libéralisme. Et on a perdu du temps. Au passage, M Bourg rappelle quelques bases de la littérature décroissante. A savoir que la technologie ne résout pas les problèmes écologiques en raison de deux biais : création de nouveaux besoins donc de nouveaux biens (fuite en avant consumériste) et abaissement du coût de production entraînant une « démocratisation»  des biens (effet rebond).

Il rappelle que des études démontrent que le maximum de bonheur ne correspondent pas au maximum de consommation de biens matériels (ndr: il fallait bien une étude pour ça !)

Sébastien Kopp met lui aussi les pieds dans le plat en disant qu’il avait demandé à changer le titre de la conférence (ce qui est vrai !). Croissance, décroissance, développement durable, on oublie un pilier fondamental, peut-être le seul : celui du sens. Quelle vision, quel projet de société, quelle portée culturelle et artistique ?

Paradoxalement, partant du constat que l’économie a pénétré toutes les sphères du réel, il explique qu’il faut donc créer des entreprises qui ne créent non pas de la richesse ou de la valeur mais qui créent du sens. En espérant que le sens suffira à faire office de marketing…

Je résume cela à la simple question de savoir pourquoi on se lève le matin et si l’on est heureux de se lever ! Etrangement, la recherche de la rentabilité a conduit nombre d’entreprises à trouver des modèles économiques de plus en plus complexes, voire incompréhensibles. D’une certaine manière, on s’éloigne du sens.

Au fond, cette quête obsessionnelle de l’argent démontre justement l’absence de sens. Comme on n’a pas de projet de société, en attendant, chacun cherche à accumuler le plus possible pour le jour où il y aura un projet de société.

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Le pouvoir d’achat et le sens d’achat

Dominique Bourg plussoie ces remarques. Il observe que c’est la même désorientation qui sous-tend la notion de principe de précaution (même s’il n’est évidemment pas contre le principe de précaution).

Vision d’horreur : et demain ? la question du sens sera-t-elle encore possible demain ? Il évoque le projet transhumaniste qui vise à affranchir l’homme de toute limite, notamment l’immortalité.

La question du sens est révolutionnaire. C’est la seule qui soit aujourd’hui tabou. C’est pourtant la première que se posent les sociétés traditionnelles.

Sébastien Kopp raconte. Venant de milieux aisés et ayant fait de bonnes études, on ne se pose pas la question si « entreprendre » est facile ou difficile ». On se dit  juste « si ce n’est pas nous qui le faisons, qui le fera ? ». On a fait une boîte pour travailler dedans mais aussi pour pouvoir se procurer la basket dont on rêvait.

Il mentionne les plus-values de la basket Veja (coton bio, agro-écologie, seringueros, payer le caoutchouc au prix qu’il faut pour laisser la forêt en pied).

Après 3 ans, ca marche. Mais on devenait des petits patrons un peu cons… Qu’est-ce qui se passe dans l’entreprise ? On pourrait être en SCOP par exemple. Pour l’instant on a plafonné les écarts de salaires.

Le projet est chouette mais si c’est pour finir patron en 4×4, on rate l’essentiel ! Paradoxalement, la première prime pour la coopérative brésilienne a été dépensée pour avoir des antennes télévisions… alors qu’il manquait tout là-bas ! Mais on ne peut rien dire. Ou alors on tombe dans le neo-colonialisme.

La consommation est un vote ! A pas tant que ça, on peut changer les choses rien que par le choix des achats !

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Contradiction et polémique sur EDF

Je rappelle les 3 modes d’eco-SAPIENS. L’information pour expliquer et convaincre par la raison. Le comparateur de produits pour la facilité d’accès, convaincre par la pulsion. Et enfin, l’entreprise elle-même qui a choisi la cohérence selon l’adage attribué à  Gandhi : « L’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre, c’est le seul ». Statut coopératif et La Nef.

Sébastien Kopp évoque en plus le fournisseur d’électricité verte Enercoop dont Veja est sociétaire et client. Mais il s’étonne de voir que ces acteurs exemplaires soient aussi peu connus finalement et que les principaux concernées fassent faux bond. Ainsi Les figures médiatiques de l’écologie pourraient les propulser en y adhérant.

J’évoque mon expérience personnelle où, invité à la Fondation Nicolas Hulot, j’avais expliqué que je relaierai les actions quand la fondation changera de banque pour la Nef (eco-SAPIENS ainsi que ses salariés sont à la Nef)

Ca tombe bien, Dominique Bourg fait partie de la Fondation Nicolas Hulot. Il reconnaît que ce pourrait être un formidable echo. Mais il faut savoir lier les deux : petites initiatives exemplaires d’un côté et grosses machineries un peu inertes de l’autre. Si FNH ne va pas chez Enercoop, c’est parce qu’on reçoit des sous d’EDF. C’est effectivement une contradiction.

A la question posée pour savoir si la fin justife les moyens, Dominique Bourg rappelle que pour gagner en indépendance, il faut avoir beaucoup de dons personnels. Or les attaques climato-sceptiques ont sensiblement fait baisser cette part de don. Comme il travaille aussi avec EDF, il ne veut pas qu’on laisse croire qu’EDF est une entreprise de 150 000 salauds. Le monde n’est pas manichéen. Il faut savoir assumer ses contradictions. Enercoop a au moins le mérite d’inspirer EDF.

Sébastien Kopp répond qu’on a pas vraiment le temps d’attendre qu’EDF change.

Si Enercoop devient « en terme de taille » comme EDF, Enercoop deviendra-t-elle « en terme de valeur » comme EDF ?

Ecouter la partie 3

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Avalanche de questions

Peut-on réduire l’Amazonie à sa valeur marchande ? Viable est préférable à rentable ?
Les initiatives porteuses de sens progressent mais sont petites. N’est-ce pas la course du vélo contre le TGV ?

Malheureusement, toutes ces belles initiatives ne font pas système.
Voire !

Sempiternelles questions sur les pauvres (au Sud comme au Nord) à qui on ne peut pas demander de faire une fort supplémentaire (l’éco-consommation est souvent plus chère).

Sébastien Kopp: Ceux qui ont la possibilité de le faire ne le font malheureusement pas. On vise les salaires medians. Or ils ont une vraie responsabilité car ils ont la gouvernance financière, intellectuelle et culturelle. Et c’est ceux-là qui ne changent pas !

Ecouter la partie 4

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Salauds de pauvres

Internet va vite et permet de connecter ce fourmillement d’initiatives « sensées» . Il manque certainement une incarnation (politique ? syndicale ?)

On a tellement peur de froisser les gens qu’on ose plus dire en face qu’ils dépensent mal leur argent. L’argent n’a qu’une valeur. Mais ne véhicule plus de valeurs…

Anecdote des salariés Moulinex qui manifestent contre la délocalisation de leur usine alors qu’ils achètent de l’électro-ménager chinois.

Beaucoup d’interventions pour démontrer que le choix par exemple d’une alimentation bio, ne dépend pas vraiment du revenu.

Ecouter la partie 5

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12 questions pour finir

En tout, il y aura eu 30 interventions dans la salle. C’est bien !

Sans pub, comment Veja s’est fait connaître ?

Veja peut continuer à se développer sans croître ?

Le système s’effondre aussi car même physiquement les gens s’effondrent (observateur de la Sécurité sociale)

Quid Enercoop ? Les certificats verts ? Les AMAP ? le statut SCOP

Relation Travail/Consommation

Ecouter la partie 6

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Encore un grand merci à Sébsatien Kopp de Veja, à Dominique Bourg bien sûr, à l’Equitable café pour l’accueil chaleureux (même si on a été privé de fanfare !) et des bises à l’Elephant du poulailler qui assure toujours pour transformer des citrouilles en carrosse.

La bande complète de 1h45min est disponible mais pèse 100 Mo !


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Ecrit par Baptiste le 15 décembre 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...,Participez
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De mèche avec les renseignements généreux

Follow your dreamsIl y a quelques temps, je participais à une action de désobéissance. Bref, je faisais quelque chose d’illégal… mais de légitime. D’ailleurs, à bien chercher, nous avons tous commis des actes illégaux mais légitimes. Par exemple, dans le métro, passer par-dessus le portillon parce que le ticket s’est démagnétisé, ou parce que l’on s’était trompé de quai.

Durant cette action de désobéissance où nous nous apprêtions à occuper une grande entreprise de missiles (sous couvert d’un patronyme à la mémoire d’un célèbre théorème…) nous avons, justement, pris le métro parisien. Au bout de cinq secondes, nous avons repéré un type bizarre, un quidam plutôt costaud, habillé sombre et en train d’appeler avec un super téléphone.

Je me suis approché de lui pour savoir ce qu’il racontait au téléphone.

« Il y a deux chèvres, cinq vaches, trois cochons…» 

Je n’invente rien.

Alors j’ai eu mal pour mon pays. Moi qui imaginais les agents des renseignements généraux sur-entraînés, discrets et aptes à parler un langage codé anodin et indécelable. Eh bien non ! C’était grossier, criard et bouffon. En cinq secondes, il était grillé. Alors la trentaine de désobéissants que nous étions, nous l’avons regardé fixement. Il avait l’air penaud et moi j’étais mal à l’aise pour lui. Déçu aussi que mes impôts partent dans une élite aussi peu professionnelle. Chacun son rôle ! Moi je désobéis. Lui doit être discret.

Dali dans le mtéro parisien

Dali sortant du métropolitain

Nous l’avons semé à la station d’après. Un jeu d’enfant.

Voilà, ce fut ma première rencontre avec les renseignements généraux, institution pour la quelle j’ai, bizarrement, beaucoup de sympathie.

Au final, nous avons bien squatté le siège de l’entreprise spécialisée dans les systèmes de défense. L’action s’est bien passée malgré un impact médiatique faible (un article dans le Figaro).

Mais oublions les renseignements généraux et voyons leurs cousins: les renseignements généreux. Au départ, comme le nom l’indique, il s’agit de partager, sous formes de brochures, une synthèse autour d’enjeux sociétaux: publicité, dette des pays du Sud, nucléaire, agriculture, démocratie…

Partisans, les renseignements généreux ? Oui mais tout sauf dogmatiques car on est séduit par la limpidité et le déroulé pédagogique du propos.

Les brochures circulaient sous le manteau, de festivals en festivals tout en étant consultables sur le site internet. Site web qui fournit également d’autres ressources documentaires toujours pertinentes et inspirantes. Eco-sapiens se nourrit d’ailleurs de ces informations (cf interview d’un fabricant de papier recyclé).

Désormais, les renseignements généreux sortent une revue dont le mot d’ordre, avouons-le, fait du bien !

La revue La Traverse commence en effet avec un article intitulé « Nous avons besoin de visions positives« , sorte de pied de nez au travail encyclopédique de recensement de toutes les mauvaises nouvelles qui pleuvent sur nos semaines.

La revue essaie de remonter aux sources du problème global: pourquoi si peu de contestation ? En cela, la théorie de la tendance à la réduction de la dissonance cognitive (résultat de la psychologie sociale) nous permet au moins d’envisager une cause. Il est dur de renoncer à quelque chose pour  lequel nous nous sommes beaucoup impliqués.

Plus tard, un article teinté d’humour aborde la question du langage. On y apprend (ou rappelle) que la position « modérée»  (appelée bof-bof) mène très souvent à l’absurde. Croire aux fantôme, croire en Dieu ou croire au complot du 11 Septembre (lisez l’article ne serait-ce que pour apprendre comment la Maison Blanche n’a jamais eu besoin de tuer 2 000 personnes pour manipuler l’opinion publique, une fausse infirmière qui passe à la télé suffit à partir en guerre contre l’Irak). On ne voit pas trop comment la position intermédiaire peut tenir.

Enfin, l’interview de Xavier Renou est éclairante. D’abord parce que son parcours est chargé de symboles. Etudiant, il s’inscrit dans l’anti-fascisme (choisissant de faire une thèse sur le GUD… à la faculté d’Assas !) pour arriver à la dénonciation de la privatisation de la violence (campagne Greenpeace). Aujourd’hui, avec le collectif des désobéissants, il initie à la désobéissance civile non-violente. Ainsi, des milieux de tous horizons, avec des causes fort différentes, se retrouvent. C’est ainsi que le monde du handicap qui dénonce le manque d’investissement au Conseil général des Hauts de Seine, va, temporairement, rencontrer des faucheurs ! Partage d’expérience garantie !

Lorsque Xavier Renou raconte l’anecdote de cet agent de la sûreté militaire qui avait infiltré les Désobéissants (« un type charmant» ) et qui a été démasqué par une lettre anonyme, je m’amuse encore.

J’imagine la vie de ces agents doubles, qui se retrouvent à faire des stages de clown-activisme ou à manger bio avec des anti-pubs. J’aimerais savoir ce qu’ils en pensent au fond. A-t-il des moments authentiques de joie durant ces stages ? Voit-il le monde différemment après ?

Et je me dis que j’ai raté ma carrière. J’aurais tant aimé être agent secret et énumérer les animaux de basse-cour dans le métro parisien…


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Ecrit par Baptiste le 21 septembre 2010 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...,Participez
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Un bon blogueur est un blogueur mort

Longue absence sur le blog eco-sapiens étant donné que nous étions plongés dans une migration périlleuse. En clair, nous avons changé de serveur. Et, croyez-moi, ce n’est jamais une mince affaire que de déplacer sans perte des gigaoctets de données.

Les connaisseurs de western auront remplacé dans ce titre le mot « blogueur»  par « Indien« . Peu importe si l’officier Sheridan a réellement prononcé cette phrase, là-bas les choses se sont faites sans avoir eu besoin d’être explicitées. Aujourd’hui, combien de peuples autochtones et traditionnels restent-ils sur cette planète ?

Hier, j’ai rencontré un homme formidable (et donc quasi-inconnu…) qui s’intéresse de très près au sort de ces communautés aux multiples qualificatifs: Indiens, sauvages, autochtones, traditionnels, tribu etc.

Il a notamment eu un coup de coeur pour une tribu qui est presque tout un symbole. Les Shiwiar qui vivent en Equateur, au Point Zéro, c’est à dire à l’endroit le plus éloigné du front de colonisation. En pleine Amzonie, ne vivant que des ressources de la forêt, perpétuant une culture millénaire fondée sur l’équilibre avec la nature. Mais surtout, une tribu menacée par l’avancée globale des multinationales qui avalent goulûment l’Amazonie : bois, soja, palme et surtout pétrole.

Abstrait ? Manichéen ? Demandez à Texaco où en est le procès… Pendant 30 ans, la compagnie pétrolière a allègrement déversé 70 millions de litres de pétrole dans les rivières.  Et avec les essais sismiques pour repérer les poches de pétrole, les glissements de terrain perforent la canopée comme du gruyère de l’emmental.

En fait, si l’on dressait le catalogue des tribus encore préservées de ce monde on observerait une gradation:

  • ceux qui sont sur le déclin: autrement dit la majorité. Ainsi les voisins des Shiwiar, les Sapara, n’ont pas été épargnés par l’avancée des pétroliers. Ils coupent le bois et délaissent leurs cultures vivrières. Plus connus, les Inuits connaissent l’alcoolisme et un taux de suicide important.
  • ceux qui ont touché le fond et remontent progressivement: c’est notamment le cas des Amérindiens d’Amérique du Nord
  • ceux qui ont « réussi»  à conserver identité en côtoyant la modernité. On peut évoquer les Kunas du Panama
  • ceux dont l’avenir se joue aujourd’hui. Ainsi des Shiwiar (Jivaro) et des Kogi qui ont connu une certaine médiatisation.

Pour réussir une cohabitation fructueuse entre l’Occident et ces multiples tribus, il est indispensable avant tout d’attribuer un territoire à la tribu.  En Australie, ce droit a mis trop longtemps à exister. Ce n’est qu’en 1992, que l’Australie a reconnu rétroactivement que le continent n’avait jamais été terra nullius (territoire sans maître, territoire non cultivé et donc appropriable par le premier qui la cultive. Allez faire comprendre ce concept britannique à des gens qui vivent là depuis des millénaires…)

Ainsi donc, pour sauver les Shiwiar, il faut que l’Equateur leur reconnaisse un territoire. C’est justement l’action de l’association Arutam dont fait partie Jean-Patrick Costa. Pour le moment, grâce aux fonds collectés, les Shiwiar sont effectivement propriétaires de la forêt qui les abrite. Mais cette zone pourrait et doit encore s’agrandir car les oléoducs se rapprochent dangereusement (à peine 50km).

Le point zéro, les Shiwiar, c’est donc tout un symbole. Et si vous ne savez pas à qui donner ces temps-ci, foncez faire un don sur Arutam ou Zéro-Déforestation

Certains croiront, à tort, que je verse dans le mythe du bon sauvage. Or dans ce billet à propos de l’extermination de la mégafaune, je crois ne pas tomber dans l’angélisme. Selon moi, et avec un brin de provocation, l’Africain, l’Amérindien ou l’Aborigène sont aussi barbares que l’homme blanc. Simplement, l’Occidental a gagné. Militairement parlant s’entend. Ce n’est pas une grande preuve d’ingéniosité de sa part. Mais comme il est gagnant et que ce sont les vainqueurs qui écrivent l’Histoire, il a bien fallu qu’il justifie sa domination en se parant des vertus à la mode (droits de l’homme, développement, culture…)

En réalité, au-delà de cette « relativisation des valeurs»  qui n’en est pas une, seule compte à mes yeux la biodiversité appliquée à l’espèce humaine: c’est à dire la diversité culturelle.

OurouborosComme le dit Jean-Patrick Costa : « Nous avons beaucoup à apprendre des Shiwiar« . Non pas qu’il nous faille vivre comme eux. Mais parce que dans leur manière de vivre, ils démontrent qu’un « autrement»  est possible. Et vu l’état de suffocation de l’Occident, tel un Ourobouros aveugle et satisfait de se manger la queue, il serait bon d’examiner toutes les pistes qui nous sortiraient de ce cercle vicieux.

Par exemple le savoir. Malgré des efforts administratifs et laborieux pour promouvoir des apprentissages plus interactifs, le seul savoir légitime reste la présentation marginale. Or, la plupart des tribus ont une méthode pédagogique qui surprendrait bien des inspecteurs d’académie… Avec un savoir horizontal qui se diffuse plus qu’il ne descend au fond du puits.

Il existe d’autres manières de soutenir ces tribus. L’éco-tourisme, sujet controversé, en est une. A ce propos, Jean-Patrick Costa raconte une anecdote à double tranchant.

Il paraît que pour l’émission de TF1, Bienvenue dans ma tribu, on a demandé aux Zaparas de mettre des costumes traditionnels pour faire plus « authentique»  alors qu’en réalité, ils ne portent plus lesdits vêtements. Cela a suscité une vive polémique, certains experts dénonçant un retour aux méthodes des expositions coloniales. S’il est certain que travestir la réalité est inadmissible, on se demande pourquoi il faudrait s’offusquer plus que d’habitude. La télé ne fait que cela: travestir la réalité, faire vrai avec du faux.

Cependant, on peut aussi voir un aspect positif dans ce regain pour nos bons sauvages. D’un seul coup, les autochtones réalisent que leurs coutumes intéressent. Ils cessent, d’une certaine manière, d’être déconsidérés. Cela est d’autant plus vrai concernant le chamanisme où l’on observe une recrudescence de carrières chamanes chez les jeunes parce que cela intéresse l’homme blanc (dommage que celui-ci, 40 après Castaneda, n’en retienne encore que l’aspect psychotrope).

Au fond, c’est la question du rapport à l’autre qui se pose, encore et toujours.

Là où le colon exterminait jadis, là où le missionnaire déculturait ensuite, là où le FMI développe aujourd’hui, il ne reste plus grand chose de ces joyaux humains. Alors anthropologues et associations tentent de rétablir des ponts, en prenant soin à ne pas les transformer en autoroute. Tâche ô combien difficile dans ce monde friand de vitesse.

Il faut donc se faire à l’idée. Muettes, ces tribus sont pourtant encore parmi nous. Certaines ont compris les enjeux. Et ont choisi. Quand je dis « comprendre»  c’est qu’à mon avis il n’y a pas de mot pour décrire ce qui est un mélange de sagesse et d’orgueil. Sagesse à fonder une vie sur l’équilibre et l’harmonie. Orgueil à affirmer leur culture… de peur de tout perdre en la perdant.

Et nous dans tout cà?

Mieux vaut citer le poète.

« Le Grand Jeu est irrémédiable; il ne se joue qu’une fois. Nous voulons le jouer à tous les instants de notre vie. C’est encore à « qui perd gagne ». Car il s’agit de se perdre. Nous voulons gagner. Or, le Grand Jeu est un jeu de hasard, c’est-à-dire d’adresse, ou mieux de « grâce » : la grâce de Dieu, et la grâce des gestes »


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Ecrit par Baptiste le 16 septembre 2010 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Les autres...,Poïesis
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Bia Saldanha: sur les traces de Chico Mendes

A mon grand regret je ne connais rien du Brésil. Je n’y suis allé qu’en lecture. Avec Tristes Tropiques de Levi-Strauss et manifestement, le Brésil a bien changé depuis que l’ethnographe a étudié la tribu Mbaya. Cette tribu qui m’a toujours fasciné dans la mesure où, selon la mythologie :

« Quand l’Etre suprême, Gonoenhodi, décida de créer les hommes, il tira d’abord de la terre les Guana, puis les autres tribus. Aux premiers, il donna l’agriculture en partage et la chasse aux secondes.
Le Trompeur [...] s’aperçut alors que les Mbaya avaient été oubliées au fond du trou et les en fit sortir ; mais comme il ne restait rien pour eux, ils eurent droit à la seule fonction encore disponible, celle d’opprimer et d’exploiter les autres. »

Ce pis-aller de la domination m’a longtemps interpellé. Je crois que ce dégoût de la politique, ce rejet des politiciens est toujours actuel et en chacun de nous. Le pouvoir fascine autant qu’il débecte…

Pour ma plus grande chance, on m’a présenté Bia Saldanha, une femme brésilienne qui a fait de la politique il y a 20 ans (elle est co-fondatrice du parti vert au Brésil). Styliste de formation, elle avait ouvert dans sa prime jeunesse une boutique de mode à Rio. Sensible à la cause des séringuéros, elle a définitivement basculé lors de l’assassinat du leader syndicaliste Chico Mendes en 1988.

Peut-être ne connaissez-vous pas l’histoire de cette icône de la résistance qu’est Chico Mendes. Sa lutte pour les droits des seringueiros, et plus globalement pour la forêt amazonienne, lui a couté la vie. Quand on y pense, c’est toujours grinçant du coup d’entendre parler de Khmers verts alors qu’aucun écologiste n’a jamais tué personne*. Tandis que l’inverse est arrivé plusieurs fois…

Bizarrement, ce meurtre a davantage ému la communauté internationale que le Brésil lui-même. Cela a cependant permis au pays de dégager de véritables lois pour protéger une partie de la forêt amazonienne. Il existe aussi une réserve qui porte son nom en sa mémoire.

Mais revenons à Bia. Après son « concept store»  écologique de 700 m2 à Rio où elle cherche à développer des filières de matériaux écologiques, elle parvient à mettre au point un procédé pour valoriser le latex. Rappelons que la sève d’hévéa n’acquiert ses fantastiques propriétés qu’au détriment de quelques procédés chimiques plus ou moins clean.

Bia élabore le Treetap, une sorte de mélange caoutchouc/coton qui s’apparente à du cuir végétal. Ainsi, elle peut trouver des débouchés à l’artisanat de l’Amazonie. Où l’on voit que les démarches équitables et écologiques se rejoignent pour se confondre. Belle manière d’honorer la célèbre phrase de Chico:

« Au début, je pensais que je me battais pour sauver les hévéas ; puis j’ai pensé que je me battais pour sauver la forêt amazonienne. Maintenant, je sais que je me bats pour l’humanité »

« Valoriser la forêt sans la détruire»  m’a-t-elle répété. Non pas sanctuariser la forêt mais simplement la faire vivre avec ses habitants.

Car, faut-il vraiment le rappeler, l’Amazonie, comme les autres forêts primaires, est gravement menacée. Soja, pâturage, éthanol, un peu de palme au Sud et un peu de monoculture d’arbres à caoutchouc. Rappelons par contre que la récolte du latex à la méthode seringueros n’a rien à voir avec la récolte conventionnelle et industrielle (monocultures d’hévéas en Asie).

Pour donner un ordre de grandeur, un seul  seringueros a besoin de 300 ha de forêt. Pouah ! Quel manque de rendement ! Et en plus, le latex sauvage c’est plus cher…

C’est pourtant avec elle et avec ces seringueiros que la marque de basket Veja collabore. Je ne rentre pas dans les détails de ce mode de production qui a bien des avantages. Cette vidéo en dira plus et mieux.

Ce qui est rassurant, c’est de voir que économie et politique se mêlent ici dans un cercle vertueux. Motivé par ces nouveaux débouchés, l’état de l’Acre (où travaillent ces seringueiros) prend la voie de l’exemplarité. Mais à côté, des états voisins, notamment le Parà, sacrifient leur territoire amazonien.

Alors quand je lui demande si selon elle, ca « bouge»  assez vite, si tout de même l’échec de Copenhague (où elle était) ne lui donne pas le cafard, elle m’e répond d’un air optimiste que si effectivement cela n’allait pas assez vite, au moins on allait dans la bonne direction. Tout est question de point de vue…

Mai 2005 - Tribu photographiée pour la première fois, état de l'Acre

J’ai conclu cette rencontre en lui demandant ce qu’elle pensait de la fameuse phrase de Levi-Strauss qui, du haut de ses 100 ans, jetait ce verdict sans appel sur le monde moderne (« Je m’apprête à quitter un monde que je n’aime pas« ) signifiant par là que tout ce qu’il aimait, la biodiversité et la diversité des cultures, le XXème siècle l’a détruit.

Bia n’est pas d’accord. Et elle connaît bien les anthropologues pour en avoir épousé un ! Celui-ci étudie les tribus du Brésil dont certaines qui sont réellement coupées du monde. « L’anthropologue préfère que les choses ne changent pas» . Alors nous sommes rentrés dans ce débat inextricable autour de la technologie, de l’ingérence et du droit à tout savoir.

Et même si je ne partage pas l’optimisme d’un Occident respectant et s’enrichissant au contact de ces cultures qu’il n’a pas encore anéanties, même si je ne partage pas l’optimisme d’un Indien d’Amazonie faisant la part des choses au contact d’Internet, je me surprends à espérer que là-bas, à l’Ouest de l’Acre, on a véritablement réfléchi au monde que l’on veut construire.

Que le Nouveau Monde n’a pas encore été découvert.

* Aux éditions L’échappée, « A la recherche du nouvel ennemi»  traite du sujet de la prétendue menace écologiste inventée par la CIA et de l’académicien romancier Jean-Christophe Rufin. Indispensable pour rappeler quelques vérités en société…


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Ecrit par Baptiste le 29 juillet 2010 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...,vidéo
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Quad et écologie, la Quadrature du cercle

quadJe souhaite partager l’étonnement qui fut le mien quand je suis tombé sur ce plaidoyer en faveur du quad qui est donc, paradoxalement, un engin particulièrement écologique.

C’est disponible sur le site journalduquad, et ca vaut son pesant de cacahuètes. Un véritable exercice de contorsion mentale pour démontrer que contrairement aux apparences, il n’y a pas plus écologique que ce chétif véhicule tout-terrain.

Extraits

le quad (bien utilisé) est sûrement le véhicule qui dégrade le moins les chemins :

Grâce à leur large surface de contact et leur basse pression,  leurs pneus exercent sur le sol moins de pression au cm2 qu’un marcheur ou un cheval, faisant moins ou aucun dégâts sur leur passage. Cela permet par exemple d’intervenir en zone sensible sans abîmer la végétation au sol. cela été notamment le cas lors du nettoyage des côtes Bretonnes polluées par la dernière marée noire. La pression au sol d’un marcheur est le double de celle d’un quad, et celle d’une voiture est 10 fois supérieure… Ne parlons pas de celle d’un tracteur moderne !

Amis randonneurs, j’espère que vous ressentez une certaine honte de participer à l’enfoncement des chemins !

Au fait, petit calcul de coin de table pour avoir des ordres de grandeur.

Sachant qu’un quad pèse 160 kg en moyenne, qu’il repose sur 4 pneus de 22 cm de largeur, et en considérant que la longueur au contact est de 11 cm (dépend de la pression des pneus, environ un quart du diamètre que nous prendrons ici à 50 cm). N’oublions pas de rajouter le poids de l’enduriste et nous calculons:

pression surfacique=(poids véhicule + poids usager)/(longueur x largeur x nombre de roues)
=(160+70)/(11*22*4)
=0,24 kg/cm2

Chouette !

Pour le piéton, la surface d’un pied masculin (bah oui j’arrive pas à me défaire de l’idée que c’est un truc d’homme le quad) étant à peu près de 192 cm2 et sachant que même s’il a deux pieds il les utilise l’un après l’autre, ca nous donne simplement

pression surfacique=(poids personne)/(surface pied*nombre de pies en contact)
=70/192
=0,36kg/cm2

Caramba ! J’exerce effectivement plus de pression sur mes chemins que le type en quad ! Ah c’est décidé, je suis convaincu, je vais en acheter un pour soulager la planète.

Reprenons nos esprits et reconnaissons que c’est une petite victoire car les résultats sont en fait du même ordre de grandeur. Ce n’est pas pour vous recommander de marcher avec des raquettes mais je crois qu’il est dommage de se focaliser sur cette histoire de pression car le principe d’un chemin, c’est justement d’être ce mince filet réservé au passage humain au milieu de la végétation. En réalité, il faudrait regarder la largeur de ce qui passe et là pas de doutes, le quad requiert une plus grande envergure pour faire passer ses quatre roues.

Mais voyons la suite

La majorité des quads utilisés en France pour la randonnée sont de type utilitaires, peu puissants ( un 250 cc Arctic-Cat développe 8,8 Chevaux aux roues arrières… soit la puissance d’un cyclomoteur moderne ), et leurs utilisateurs ne sont généralement pas des férus de vitesse. De nombreux agriculteurs possédant un quad à usage professionnel en profitent pour randonner le week-end…

Enfin, les moteurs sont principalement des quatre-temps de faible cylindrée, très silencieux. Certains modèles homologués ont désormais des pots catalytiques. La consommation moyenne d’un quad de 250 / 300 cc est de l’ ordre de 1,5 à 2 litres à l’heure…

Des quads électriques existent à l’étranger (USA principalement) et un prototype roule en France désormais.

On se demande pourquoi tous ces efforts de pot catalytique et de moteur électrique si le quad est écologique. Ah mais c’est pour être encore plus écologique. Bon, et si vous comprenez l’histoire des agriculteurs qui utilisent leur quad pour aller randonner, je veux bien une explication.

Mais venons-en à la conclusion qui est la raison pour laquelle j’ai pris la peine d’écrire ce billet.

Enfin, je rappellerais aux éventuels « allergiques»  aux véhicules à moteur dans nos beaux chemins, que seul le passage régulier de véhicules entretient les chemins, sans quoi ils retournent immanquablement à l’état de broussailles infranchissables. Chaque année des milliers de kilomètres de chemins disparaissent ainsi.

Amoureux des chemins, n’hésitez pas à vous armer de tronçonneuse (!), débroussailleuse, ou tout autre instrument contondant :-) pour redonner près de chez vous aux chemins à l’abandon leur vocation initiale : y circuler…

On se demande comment les civilisations antérieures, sans leurs engins à moteur, sont parvenues à nous léguer ces routes et chemins que nous utilisons aujourd’hui. Les études historiques concordent en effet toutes sur le fait que les itinéraires n’ont quasiment pas changé depuis la préhistoire. Bref, les centaines de générations qui nous ont précédé n’ont manifestement pas eu besoin du quad pour entretenir le réseau vicinal.

Et ceux qui ont arpenté un jour le plateau du Vercors par exemple, ont bien remarqué que des chemins de randonneurs existent sans qu’aucun moteur n’ait accompli la besogne.

Passons enfin sur les outils contondants (adjectif qui signifie justement « blesser sans couper» …à l’inverse de ce qu’écrit l’auteur) car là on tombe un peu dans la loi de la jungle. Indéniablement les chemins disparaissent trop. La faute d’abord aux politiques communales qui délaissent parfois le rôle du garde champêtre. Rien de mieux que de réhabiliter un chemin que la végétation aurait recouvré. Encore faut-il se demander si ce chemin sert encore, et à autre chose qu’à faire du quad…?

Et demandons-nous si cet abandon de nos chemins n’est pas d’abord lié à notre relation au déplacement qui est une relation de la vitesse, de l’efficacité et du loisir. Toute ressemblance avec un engin à quatre roues est bien entendu fortuite.

En tout cas, je trouve assez dément de dire aux gens en quad de penser à ramener des tronçonneuses pour faire eux-mêmes leur chemin. Dans mon village, il y a un chemin qui disparaît lentement. Nous avons fait une demande en mairie pour qu’il soit réhabilité. En six mois, ce fut fait. Bref, les chemins étant collectifs, il serait bon que ce genre de décision se prenne en collectivité et pas à la tronçonneuse individuelle.

Pour finir, j’éprouve à vrai dire une vive compassion avec l’auteur de ce texte. Je pense qu’il aime sincèrement les grands espaces et qu’il souhaite préserver la beauté des paysages. Devant la contradiction manifeste et insoluble avec sa grande passion motorisée, il tente de justifier par tous les moyens leur compatibilité.

La quadrature du cercle.

Il serait tellement plus simple d’assumer ce penchant anti-écologique. Je préfère mille fois que ce genre d’individus me dise « je sais c’est pas terrible mais cette passion est plus forte que moi» . En ce cas, nous pourrions presque repartir bons amis juste parce que je préfère l’honnêteté intellectuelle à la fausse bonne conscience écologique.


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Ecrit par Baptiste le 14 avril 2010 :: Classé dans Les autres...
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