Retro: en regardant Cousteau

13 mai 2008

requin pas marteau à la hacheUn ami m’a conseillé “Le Monde du Silence“, palme d’Or en 1955. Il m’avait prévenu: aujourd’hui ce genre de documentaire ne passe plus. Pour cause, on y voit pêle-mêle lynchage de requins, sadisme envers certains poissons, humiliation des tortues géantes. L’écologie (et le reportage animalier) a bien changé.

Loin de moi l’idée de condamner “Le Monde du Silence”. Je cherche plutôt à interroger l’évolution de la cause écologiste. Le commandant Cousteau fait figure de pionnier médiatique de l’écologie et la Calypso a grandement contribué à mieux connaître le monde sous-marin.

diodon crevé par un crochetPour ceux qui ne connaissent pas ce “docu-fiction” signé Louis Malle (alors étudiant en cinéma, 23 ans seulement !) avec pour acteurs… l’équipage de la Calypso, précipitez vous pour l’emprunter. Les images restent toujours époustouflantes (découverte d’une épave, dauphins sauvages, prototypes pour la plongée sous-marine etc.) même si la pellicule a vieilli.

Vous devriez néanmoins être surpris par certaines scènes.

  1. Crevons Diodon
    Le recensement à la dynamite, en direct s’il vous plaît.
    On apprend que c’est interdit en pêche mais admis pour la recherche… bien que 1 poisson sur 10 seulement flottera en surface. Qu’à cela ne tienne, on récupère sous nos yeux les survivants. Et l’on démontre que “face à la dynamite, le diodon - poisson porc-epic - ne résiste pas“. On le voit alors agoniser une fois l’avoir crevé pour le vider de son eau…
  2. Pas de table, pas de chaise, mais des tortues
    L’équipage arrive sur une île déserte avec juste des tortues géantes. Les hommes s’amusent à les monter et l’on devine que ca ne fait pas rire ces “monstres préhistoriques“…
    Et la pause déjeuner s’effectue en réquisitionnat quelques specimens pour servir de table et de tabouret !
  3. Le massacre des requins
    Déjà ca commence avec un incident. Un bébé cachalot s’estmangé une hélice et la blessure est si profonde que les hommes décident de l’achever d’une balle dans la tête. Auparavant, un des marins avait tenté d’harponner un plus gros cétéacé.
    Alors les requins (”ennemis jurés de tous les marins“) arrivent en nombre grignoter le petit cachalot. Les hommes décident alors de se défouler (il n’y a pas d’autre mot, l’acte est gratuit) et d’en frapper quelques uns sur le pont à coup de massue et de hache. Un carnage assez énigmatique.

tortue pique nique

La cause est entendue, ce genre d’images susciterait aujourd’hui de nombreuses plaintes. Certes, il y a 50 ans, on ne parlait pas d’extinction des espèces, de menaces sur la biodiversité. Mais cette attitude anthropocratique, cautionnée par un océanographe de renom, n’est-elle pas annonciatrice de la crise environnementale majeure.

La nature est perçue comme un stock de ressources où l’homme peut se servir à sa guise. Rira-t-on dans 20 ans des écologistes médiatisés qui nous font découvrir les merveilles a coup d’hélicoptères (mêmes compensés par des plantations d’arbres) ? Peut-on s’émerveiller simplement sans avoir recours au spectacle qui, peut-être, pervertit la cause écologiste ?

A regarder en tous les cas !

Le cycle éthique de retour à Marseille pour un show room équitable très réussi !

3 mai 2008

La quinzaine bat son plein en ce moment et il était temps de rentrer à la maison. Notre cycle vert à un peu souffert, il à fallu le bichonner un peu pour qu’il soit de nouveau vaillant pour l’expo-show-room, vente, restauration de l’Urban Gallery. Jusqu’à lundi 5 mai nous invitons tous les marseillais à passer dans ce superbe lieu qui donne une belle image du commerce équitable. Celle que nous attendions. Cela fait très … marché des créateurs, en plus petit tout de même.

le cycle éthique des eco-SAPIENS à l’Urban GalleryAlors depuis 2 jours et encore pour quelques heures, on retrouve dans une très belle mise en scène, merci Christel, la déco traditionnelle from América Latina et Africa d’éthico-mundo, Terre Rouge revient de Madagascar et Sol a Sol vous propose l’artisanat argentins le tout dans le Salon. Dans la Chambre, Ethnik.org nous a amené des cosmétiques bios vraiment originaux. La penderie est rempli par les marques d’Epices : Pachama, Ethos et l’ensoleillé Tudo Bom ? Vous ne pourrez passer à côté des créations colorées de Saramani.

Et puis dans la chambre pour enfants, toujours autant de vêtements et de doudous, de peluches d’Akha Biladgo !

Bref, de quoi se faire un joli intérieur. Côté jardin on remplira nos paniers chez les épiciers d’Epice et d’Artisans du Monde et on filera se rafraîchir d’une petite Grillette ou un jus bien frais dans la cour au calme grâce à Envisages et son Equitable Café.

En repartant, renseignez vous sur les Départs d’Etoile Indigo et des Citoyens de la Terre pour continuer le voyage autrement.

Bon, j’y retourne, à toute (37 cours Franklin Roosevelt au dessus des Réformés) !?!

Quel modèle économique sur Internet ? Aufeminin et bien d’autres

29 avril 2008

Bourse en berneeco-sapiens se situe à la croisée de deux secteurs porteurs: le e-commerce et l’éco-consommation (bio, équitable, eco-produits). En creusant un peu, il vaudrait mieux parler de secteurs fragiles. Je viens d’apprendre que le site aufeminin.com accusait une baisse de plus de 31% de son résultat net.

Si vous vous demandez comment j’ai eu cette information sachez juste que j’utilise les alertes mails et que j’ai notamment une alerte mail sur le mot “décroissance”. Aufeminin.com subit une forte décroissance… mais pourquoi ?

Il semble que de même le milieu bio/équitable soit aussi fragile que nombre de structures internet. Il est clair qu’Internet commence à prendre le même pli que la presse écrite. A savoir qu’on ne sait plus trop si le contenu sert à informer/guider ou juste obtenir de l’audience pour gagner de l’argent avec la publicité.

eco-sapiens a fait le pari que la publicité n’est pas rentable sur Internet (ou alors il faut faire du racoleur, là où est le trafic…)  C’est pourquoi nous avons choisi l’affiliation, si possible l’affiliation directe.
Il m’arrive de rencontrer des salariés de sites connus. Il y a clairement deux stratégies: créer progressivement une rentabilité; ou alors faire le pari de la communication comme une fuite en avant. Il serait intéressant de connaître la réelle rentabilité des grands du net.
En 96, quand Internet n’existait que chez les gens à la pointe, j’apprenais le lancement d’Amazon aux USA. Il était dit qu’Amazon ne serait rentable que dix ans plus tard. Sacré pari surtout dans un milieu aussi évolutif que le web !

Il y a eu la bulle internet qui a permis de réaliser un bon coup qu’être rentable sur le net, c’était plutôt l’exception. Bref, vive les petites structures qui construisent patiemment, avec cohérence et les moyens du bord, un service pertinent et innovant sans rentrer dans le jeu de la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf !

La grenouille est d’ailleurs un animal réputé pour s’ébouillanter sans s’en rendre compte pour peu qu’on chauffe progressivement…

Des salons pas encore saloons

28 avril 2008

Ouf ! 3 salons en un mois, nous allons pouvoir souffler un peu.

Entre le phocéen Science Frontières, le premier salon parisien pour une planète durable et le forum national du commerce équitable, nous avons fini par abîmer notre vélo.

En effet, notre “cycle éthique“, fort de son succès, a subi un acte de sabotage commis par un adepte des “dégonflés”. (ah la bonne blague des copains…) Mais cette fois-ci, la cible n’était pas un 4×4 pétaradant mais notre cher vélo pliable années 60, selle d’origine et tout et tout. A peine sortions nous de la Villette que les vis commencent à tomber, semant derrière nous quelques pièces difficilement retrouvables.

Comble de la soirée… nous avons également oublié notre banderole ! Si un lecteur de ce blog était présent le samedi 26 avril à 19h devant le métro Corentin Cariou, qu’il se manifeste… Réalisant notre négligence une heure plus tard… nous sommes retournés sur les lieux en vain. Qu’elle soit bien recyclée au moins !

Que dire de ces trois manifestations sinon que ce fut une grande joie pour nous de rencontrer nos partenaires? Une spéciale dédicace à Quat’rues qui réalise l’exploit de fournir 4 à 5 fous rires par heure.

Forum National du Commerce équitable

22 avril 2008

Cycle éthiqueVous avez aimé notre vélo à Marseille, vous avez aimé le retrouver à Paris pour le salon Planète Durable. Eh bien vous pourrez encore l’essayer (et faire la photo…) dès vendredi à l’occasion du 4ème Forum National du Commerce Equitable.

A l’instant, je viens d’entendre le directeur de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce … non équitable) Pascal Lamy. Il affirme que les problèmes actuels de denrées alimentaires ne sont aucunement liés aux marchés de Chicago. Il faut juste plus d’apports financiers et de techniques (transports, engrais, chaîne du froid…) et des organismes de contrôle (la libéralisation est-elle accomplie…?).

Après “Le père, le fils et le Saint-Esprit”, après “Liberté, Egalité, Fraternité”, après l’intermède “Travail, Famille, Patrie”, la nouvelle trinité qui sauvera le monde c’est : Argent, Science et Surveillance.

A l’eco-bistro de Sciences Frontières - 2 eco-SAPIENS

18 avril 2008

Et voici encore une vidéo de nos eco-SAPIENS Benjamin et Baptiste, toujours Science Frontières. On y retrouve un vélo et une discussion autour de ce sujet qui nous préoccupe tous :

L’éco-consommation peut elle être sexy ?

Bon nos jeunes amis feront des efforts de tenu et de coiffure la prochaine fois pour y contribuer un peu plus !

Conférences d’un eco-SAPIENS à Sciences Frontières 2008

17 avril 2008

Eh oui les conférences-tables rondes du Festival Sciences Frontières sont en ligne. Bon c’est pas toujours facile à s’y retrouver, donc on vous a sélectionné la meilleure, celle à laquelle Benjamin est intervenu bien entendu.

Vous attendons vos commentaires sur cette intervention ou la manière de présenter les eco-SAPIENS en général.

Pour ne pas vous ennuyer et ne voulez voir que les interventions de Benjamin, voici les apparitions :

  • 20 min 28
  • 59 min 25
  • 91 min 50

Bon visionnage.

Benjamin à Science Frontières

La Chine, Carrefour et le boycott qui se mord la queue

16 avril 2008

Boycott en Chine contre les produits chinois…J’entends à la radio qu’en Chine, suite au passage mouvementé de la flamme olympique, les entreprises françaises sont appelées au boycott. Ainsi Carrefour qui possède plus de 100 hypermarchés dans le pays (à la croissance exemplaire…) serait visé en première ligne.

EnFrance, où l’appel au boycott est interdit, cela ne viendrait à l’idée de personn, surtout de boycotter les 1er et 8 Mai (sic)… Seuls des collectifs alternatifs appellent subrepticement à éviter les grandes surfaces. Mais pour d’autres raisons. (voir le printemps pour un commerce équitable ici et ailleurs)

Il y a tout de même quelque chose de paradoxal à ce que ce soit des Chinois (appelés nationalistes) , spécialisés dans les produits manufacturés à bas coût dans des conditions sociales et environnementales douteuses, qui stigmatisent les enseignes spécialisées dans le recel de produits manufacturés à bas coût dans des conditions sociales et environnementales douteuses. La Chine en viendrait-elle au final à boycotter ses propres produits ?

De même qu’Ouroboros, serpent cosmique de la mythologie grecque, se mordait la queue, cet appel à boycotter pourrait-il être considéré comme une contestation des grandes surfaces non pas parce qu’elles sont françaises mais parce que ce modèle est fondamentalement inéquitable.

En effet, pourquoi la France serait-elle seule visée (d’autres pays occidentaux sont considérés comme “amis du dalaï-lama”) ? Pourquoi citer Carrefour en premier lieu. Ne s’en prendrai-on pas plutôt à un symbole ?

Bref boycottez les grandes surfaces, vous boycotterez non seulement la France, mais aussi la Chine, mais aussi le libéralisme dans son ensemble. Là se tient le paradoxe !

Vendredi à Science Frontières

5 avril 2008

Nous avons évoqué le débat “vivre sans pétrole c’est possible” dans notre newsletter du mois d’avril. Animée par Jérôme Bonaldi, ce fut une conférence (d)étonnante.

En effet, 4 “experts”  étaient venus défendre leur secteur (pétrole, plastique, nucléaire) pour dire globalement que le plastique c’est fantastique,  le projet ITER c’est super et que le monde productiviste pourrait continuer.

Après une heure de discours certes intéressant mais technocrate et sans contradicteur, c’est une salle unanime de 500 personnes qui a “allumé” le plateau.

Erreur de casting ? quiproco ? En tout cas ca rassure de voir que le festival Science Frontières parvient toujours à faire réagir et à se faire rencontrer deux mondes qui d’habitude se fuient !

2ème journée du Festival Sciences Frontières

4 avril 2008

Ouf ! Le grand jour est passé… Benjamin, un peu décontenancé au début, a tenu la conférence avec brio !

Avec les autres conférenciers, ils ont abordé les “mythes et légendes du consommateur”. On regrettera d’abord que le “point de vue de béotien” assumé par le journaliste s’est focalisé sur le prix. Le bio plus cher ? Eternel débat qui bien sûr mérite des piqûres de rappel (euh… ca coûte combien la santé ? Et la dépollution des nappes phréatiques…?) mais qui a phagocyté d’autres aspects tout aussi intéressants.

A part le prix, d’autres freins au passage d’une consommation responsable:

  1. l’habitude (qu’on pourrait associer à la facilité, la paresse)
  2. la méfiance (face à la récupération, les gens éprouvent une certaine lassitude)
  3. la notoriété (le symbole en quelque sorte. Et il semble que ce soit le critère le plus important. Il faut indéniablement éprouver du plaisir à consommer autrement)
    Quand je parle de consommation, je n’entends pas que l’achat.
    Ainsi, de même que j’ai plaisir à acheter une belle chemise équitable en coton bio, avec une histoire -j’aime qu’on me raconte l’histoire de ce que j’achète…- j’éprouve une satisfaction à fabriquer ma lessive avec un peu de savon de Marseille.

Allez, il faut y retourner, car nous avons d’autres personnes à prendre en photo sur notre beau vélo baptisé “le cycle éthique”.