Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

L’amour du lointain

Label ACOn s’amuse à dire que « Ainsi parlait Zarthoustra»  de Nietzsche constitue en fait le cinquième évangile.

Pour le moment, l’oeuvre phare du philosophe ne figure pas vraiment dans le canon, pas même dans les apocryphes…

Et pourtant !

Quand Zarathoustra dit :

Mes frères, je ne vous conseille pas l’amour du prochain, je vous conseille l’amour du plus lointain.
Ainsi parlait Zarathoustra.

L’amour du lointain… D’une certaine manière, ce pourrait un mot d’ordre écologique. Et donc à l’opposé du mouvement Nimby (Not in My BackYard) qui défend ses intérêts proches.

Bon évidemment, on a le droit d’aimer son lointain… et aussi son prochain.

Mais il y lointain dans l’espace (les premiers réfugiés climatiques du Pacifique) et lointain dans le temps (nos petits-enfants… les fameuses générations futures).

Et donc aujourd’hui, un peu de copinage, d’amour du prochain. Mais les prochains se soucient eux du lointain. Vous me suivez ?

D’abord sur les gaz de schiste sort enfin le DVD Gasland chez Arte Video. Le film de Josh Fox, nominé aux oscars, comporte aussi et surtout un livret signé Sylvain Lapoix. Tout cela pour moins de 15 euros !

Lui aussi nominé (Le Monde des Livres), l’ouvrage « Le vrai scandale des gaz de schiste»  est signé Marine Jobert et François Veillerette. Un poil plus cher mais il fallait bien fouiller comment les gaz de schiste affectaient la France.

Je ne les connais pas personnellement et par conséquent, en faisant leur promotion, je m’approche de l’amour du lointain non ?

Et enfin, quintessence de l’amour du lointain : un auteur anonyme a réalisé cette petite vidéo reprenant notre canular du label agriculture chimique. Lui est passé à l’acte en collant sur des produits en supermarché des stickers imitant le label Agriculture Biologique.


L'agriculture chimique bientôt disponible en… par francois_clam

Enjoy !


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Ecrit par Baptiste le 22 septembre 2011 :: Classé dans Débat,Les autres...,vidéo
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Conférences gesticulées pour les etats généraux de l’ESS

Tout le monde connaît Franck Lepage de la SCOP Le Pavé et ses célèbres conférences gesticulées.

Ah non, vous ne connaissez pas ? Comme vous êtes has been ! C’est comme si vous demandiez ce que signifie résilience, mutualisation ou pire encore, gouvernance.

Quand vous fréquentez les bons milieux, vous devez avoir le vocabulaire adéquat. A-t-on déjà vu un développeur ignorer ce que veut dire  geek ou un journaliste ce que veut dire procrastination ? Franchement !

Bon alors je résume. Avant on faisait des interventions.

Cela s’appelait des conférences et au bout d’un moment ca ne faisait plus venir personne parce que c’était trop rébarbatif.

On avait beau rajouter -débat en suffixe, ca n’a pas suffi…

Alors, on a décidé d’y adjoindre des excipients, comme par exemple des préfixes sympathiques: apéro-conférence ou cocktail-conférence.

On a même vu des « petits-déjeuners débat»  ! C’est vrai que le matin c’est plus pratique. pas d’angoisses de métro ou de covoiturage pour rentrer après 23h..

Toujours pas palpitant ! Alors on a créé les formats des mini-conférences. 3 minutes de passage, au moins on est certain de ne pas lasser l’auditoire. C’est le format « poster»  des chercheurs ou le format 3 slides des rencontres entre professionnels. C’est aussi le format des célèbres Talks du TED qui n’excèdent pas 15 minutes. C’est encore le show à la Steve Jobs dès que sort un nouveau fruit défendu…

Bon alors, la conférence gesticulée ? Est-ce du théâtre, un one man show, une conférence sexy ?

Eh bien, pour résumer, il s’agit tout simplement d’un mélange de récit personnel et de conférence universitaire. Ce que Franck Lepage appelle le mélange des savoirs chauds et de savoirs froids.

Ca tombe bien pour nous parce qu’à eco-SAPIENS, on a beaucoup de savoirs froids (évolution de la bio, sociologie et philosophie de la consommation, limites du commerce équitable, rôle du e-commerce dans l’économie locale, analyse de cycles de vie…) et on a le sang réchauffée par le soleil phocéen.

On va donc inaugurer lors des états généraux de l’Economie Sociale et Solidaire.

Retrouvez le programme et venez donc vous confronter à notre tchatche l’avant-veille de la fête de musique !

  • Première séance : dimanche 19 Juin à 10h
  • Seconde séance : dimanche 19 Juin à 14h

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Ecrit par Baptiste le 1 juin 2011 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...,Un peu sur nous,vidéo
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Le vélo qui avait bouché le Vieux-Port de Marseille

Un immense bravo aux 400 vélorutionnaires qui ont défilé vendredi soir sur le Vieux-Port de Marseille.

Bravo aux amis des poulets bicyclettes, de l’équitable café, de la boutique écologique, de Vélo Utile et bien sûr du collectif vélo en ville pour avoir su insuffler un évènement aussi improbable dans la cité phocéenne, peu réputée pour le moment pour sa cyclophilie.

Et bravo aussi à tous les eco-sapiens… ;-)

Et si, avant 2013, on rentrait dans un cycle vertueux qui transformerait Marseille en ville modèle.

400 aujourd’hui. Et combien demain ?

En attendant, on continuera à dessiner nous-mêmes nos pistes cyclables

Aïoli !


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Ecrit par Baptiste le 9 mai 2011 :: Classé dans Itinéraire,vidéo
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Zadig et Voltaire ? Références dépassées !

Que n’accable-t-on pas ce cher porte-parole du gouvernement !

Si le monsieur avait baigné dans un autre milieu, peut-être aurait-il eu une culture plus honorable !

Exercice de style où l’on imaginerait un homme politique qui aurait eu d’autres références vestimentaires…

Votre opéra préféré ?
L’opéra de quat’rues

Votre héros de dessin animé
Laspid y Gonazles

Votre livre préféré
La vie devant soie
Lucien Zazaou dans le métro

Votre essai préféré
Ethos et Thanathos

Votre scientifique préféré
g=9.8

Votre boisson préférée

Le koka Kolam

Votre livre de philo ?
Ainsi parlait Zaza Factory
Le Prince de Machja Weil

Inspiré par http://twitter.com/#!/search?q=%23bibliolefebvre


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Ecrit par Baptiste le 4 avril 2011 :: Classé dans Ad Hominem,Poïesis,vidéo
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Blackout dans the idiot cycle

Si j’avais été journaliste, ou mieux encore, chroniqueur, je n’aurais jamais à acheter de livres ni de DVD. Ils arriveraient chez moi, accompagnés de petits mots doux d’un attaché de presse ou carrément de l’auteur.

Evidemment, je recevrais des grosses daubes qui s’accumuleraient alors dans une étagère inaccessible. De temps en temps, j’en offrirai à des amis, me gardant bien de leur avouer que ce n’est que du recel.

Je parle en connaissance de cause car, avec un oncle journaliste, j’ai jadis récupéré les biographies d’Aimé Jacquet et de Thierry Henri. Je ne savais qu’en faire mais, comme il s’agissait -croyais-je- de cadeaux, je les lisais et les conservais précieusement.

Un jour j’ai réalisé la supercherie et j’ai décidé de m’adonner moi-même à cette pratique.

Là où c’est embêtant, c’est quand on reçoit de bonnes choses. On ne sait s’il faut les offrir (de peur que ca ne se perde) ou les conserver (mais alors personne d’autre n’en profitera).

« Or, tout dernièrement, m’étant trouvé sur le point de faire le dernier couac»  j’ai crû bon de visionner un film encore introuvable en France et donc de retourner une saison en enfer…. The Idiot Cycle.

Précisons d’emblée que vous aurez beaucoup de mal à voir le film en France. Et pour cause… il traite d’environnement et ne fait pas dans la dentelle. Il semblerait qu’il y ait des pressions pour qu’il soit introuvable dans notre cher pays qui a vu naître Monsieur Dupont de Nemours (ah Lavoisier, si tu savais pour ta femme… mais je m’égare !)

Autant j’avais été fortement déçu par Severn, autant The Idiot Cycle parvient à ne pas être lourdingue et apocalyptique… alors qu’il y a matière !

Tout part d’une ville canadienne, Sarnia, qui se paie le luxe d’être LA ville pétrochimique du pays… et aussi une réserve d’Indiens Aamjiwnaang. Un peu comme à Gilly-sur-Isère et son proche incinérateur qui améliore nettement le taux de cancer des résidents, Sarnia bat tous les records outre Atlantique. Mais qui se soucie des Algonquins ?

Pas de bol, la réalisatrice Emmanuelle Schick Garcia, alertée par tous les cancers chez ses proches, décide d’enquêter…

Ce que je dis ne pourrait être qu’apitoyant. Mais c’est bien plus que cela. C’est cynique.

« Le Cycle Idiot»  from Mansan on Vimeo.

Le générique introductif fait malicieusement, tandis qu’on déambule avec son caddie dans les rayonnages d’un hyper, des rapprochements plutôt grinçants.

Qui fabrique les pesticides ?
Dow Chemical, BASF, Bayer, Dupont, Astrazeneca, et Monsanto
Qui fabrique les traitements contre le cancer ?
Dow Chemical, BASF, Bayer, Dupont, Astrazeneca, et Monsanto
Qui fabrique les OGM ?
Dow Chemical, BASF, Bayer, Dupont, Astrazeneca, et Monsanto

Jackpot !

C’est cela qui est appelé « le cycle idiot« . Des industries s’enrichissent en développant le cancer, qui est aussi la maladie la plus lucrative du siècle. Aujourd’hui encore le lien entre produits chimique et santé peine à être entièrement reconnu. On cite l’exemple de Dow Chemical qui a fait croire encore croire à Midland Michigan, fief de l’entreprise (1897 !) que la dioxine ne présente aucun risque pour la santé…

Ensuite, on se balade en France, en Italie, en Ecosse etc. Où l’on voit qu’aucun pays n’est épargné par cette espèce d’omerta. Ceux qui nous tuent gagnent aussi de l’argent en nous proposant les soins. Et ils nient. Et ils mentent.

On préfèrerait couper tout, éteindre le post. Faire le blackout.

Le Blackout, c’est le concept de Veja ce jeudi 24 Février !

Comment ca, vous trouvez cette transition tirée par les cheveux ? Tant pis je continue !

Le Blackout donc, aura lieu au Centre Commercial à Paris dans le 11ème. En principe, quiconque rentre… devra amener sa facture d’électricité. Et il ne ressortira pas vivant tant qu’il n’aura pas rejoint Enercoop.

Non mais !

Centre Commercial x Enercoop : Blackout from Centre Commercial on Vimeo.


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Ecrit par Baptiste le 18 février 2011 :: Classé dans Itinéraire,vidéo
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Les deux dernières propagandes qui m’ont amusé

Je lis toujours le journal La Décroissance tout simplement parce que c’est provocateur. D’ailleurs, le dernier numéro propose comme action du mois « refuser le consensus« . Evidemment, ce genre d’impératif, dans nos sociétés policées, n’est pas très consensuel.

Dans le dernier numéro, un certain Christophe Catsaros, rapporte de Grèce des clichés de panneaux publicitaires vierges avec un commentaire.

Celui-ci figure à l’origine dans la revue d’architecture Archistorm.

« Le blanc des panneaux désaffectés démasque également une imposture: celle qui s’obstine à voir dans la joyeuse anarchie graphique des réclames un indice de liberté. Blancs, les panneaux émergent comme un système centralisé détraqué, une machine totalitaire défectueuse.» 

Belle citation, sur le fond comme sur la forme. Auparavant, quand d’aventure, certaines stations du métropolitain parisien arboraient des panneaux vierges, je ne retenais que la sensation d’apaisement. Je fais partie de ces gens qui sont comme obligés de lire tout ce qui présente à leurs yeux. Avec la publicité dans les lieux publics, on est sans cesse sollicité mais on ne s’en souvient plus. D’une certaine manière, comme la lecture de la Décroissance, cela stimule le cerveau… mais pas les neurones !

Mais voici qu’effectivement, la photo de cette Athènes avec d’immenses rectangles blancs me saisit. Coïncidence, je viens de finir une nouvelle de J.G. Ballard écrite en 1963 et intitulée « L’homme subliminal« . Un type suspecte des panneaux géants et complètements noirs d’influencer de manière subliminale les comportements d’achat des passants. Tout le monde le prend pour un fou jusqu’à ce qu’il aille saboter un de ces panneaux géants. Il y laisse sa vie mais son compère, jusque là sceptique, voit les messages subliminaux injonctant à consommer.

Bref, c’est le même phénomène mais comme inversé. A savoir que la manipulation paraît évidente quand un seul panneau se dérègle

Et je m’imagine seul, arpentant les boulevards d’Athènes, m’interrogeant sur ces étranges surfaces immaculées qui, ôtées de leur contenu, trahissent leur véritable fonction: la propagande !

Je m’imagine aussi à São Paulo, première grande ville à avoir interdit la publicité. Je m’imagine aussi à Forcalquier, où je déambulais il n’y a pas si longtemps et où, effectivement, il me sembla naturel de n’y apercevoir aucune réclame.

Et c’est du coup en reprenant le métropolitain de la capitale que la vérité de cette débauche graphique m’apparaît limpide. Entre deux secousses, je récolte sur un siège un journal dit gratuit. Ou plutôt un « gratuit»  dit journal.

Il est ouvert sur les pages 2 et 3 qui forment une publicité immense que voici.

Je me suis du coup demandé s’il s’agissait vraiment du journal. En voyant ces deux ours dévorer des sandwiches, j’ai repensé à cette propagande, dernière en date, d’un célèbre fast-food ici épinglé. Leur spot promotionnel montre papa ours et fiston ours en train de fêter le bulletin de note du petit en mangeant un BigMac.

Je me suis demandé si ce genre de coïncidence, cette obsession de montrer cet animal, menacé pour l’écologiste, mais aux airs débonnaires pour le marketeur, se repaître d’une nourriture infecte, n’avait pas un sens secret pour nos inconscients collectifs…

Finalement, j’ai réussi, à trouver au milieu des publicités la une du journal gratuit. La voici.

Cette dame, qui annonçait sans rire au moment de la crise, cette devise sibylline si on s’y arrête un peu, à savoir qu’il fallait « financer l’économie« , cette dame retrouve donc le sourire à l’annonce d’un slogan aussi creuse qu’hypothétique. La croissance repart.

En lisant l’article, je crois lire le bulletin météorologique.

« L’environnement international est bon»  [...] « La France bénéficie notamment de l’appel d’air créé par la reprise de la croissance mondiale»  [...] A condition que cette éclaircie soit possible.» 

Etc etc

Croissance croissance croissance.

Je tourne la page et retombe, j’avais oublié, sur les deux ours.

Sens ? Sens ? Sens ?

J’y ai fait une croix dessus.


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Ecrit par Baptiste le 10 février 2011 :: Classé dans Itinéraire,Poïesis,vidéo
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Le jour de la grande mutation

UNESCO. Paris.

Pour une avant-première d’un documentaire en 20 épisodes appelé « Les Artisans du Changement« . A la manière du livre « 80 hommes pour changer le monde« , cette série-reportage dresse des portraits en racontant l’histoire du projet. Des hommes et des femmes qui « entreprennent»  et qui par leur action, font des choses concrètes et alternatives.

En bref, il s’agit de personnes qui se sont retroussées les manches et ont proposé quelque chose là où le système déployait son inéluctable et néfaste action.

J’avoue avoir toujours un sentiment mitigé devant ce genre d’exercice.

Évidemment, je trouve formidable (pour ne pas dire indispensable) de montrer à quel point les alternatives sont concrètes. Et je trouve salutaire de rappeler que ces gens-là sont toujours, pour reprendre le poncif consacré, des « héros ordinaires« . Bref, de rappeler que nous sommes en fait tous capables de franchir le pas.

Cependant, ce genre de « trombinoscsope»  a la fâcheuse tendance à mélanger torchons et serviettes. Et on a parfois le sentiment que les auteurs n’osent pas aborder les points sensibles, comme par exemple la vision à long-terme ou la pertinence initiale du projet.

Dans l’épisode que j’ai vu, il y avait donc trois exemples, trois alternatives concrètes, trois personnalités différentes. Dans trois pays différents.

Je connaissais déjà le projet de voûte nubienne qui est incontestablement une belle histoire en devenir. Il s’agit de repenser l’architecture des maisons au Burkina Faso, en se passant de la tôle et du bois pour le toit. Juste des voûtes en terre crue et en pierre sèche. C’est écologique, social et esthétique. C’est social car en filigrane se dessine un système de « compagnonnage»  où chacun peut donc s’approprier la technique de construction.

J’avais entendu parler, via Ashoka, de l’association Ciudad Saludable qui indéniablement permet de redonner une dignité à ceux qui travaillaient de manière informelle dans la récupération des déchets de Lima au Pérou. Ce n’est pas rien. D’autant que le projet se décline en recyclage pour la confection de sacs par exemple. Le défi relevé est tellement énorme que j’ai presque honte de critiquer un aspect pourtant fondamental: ne faut-il pas aussi sensibiliser à la diminution des déchets et de l’emballage en général ?

Enfin, le dernier projet est pour moi une grosse farce. Il s’agit de la Laiterie du Berger au Sénégal. Dans le documentaire le portrait est introduit sur un constat faussement naïf: « pourquoi diable n’y a-t-il pas de débouchés pour le lait qui est de toute façon produit par les vaches des bergers peuls ?»  Et un éleveur d’expliquer que le lait de ses vaches ne servait qu’à nourrir les veaux. On le jetait même parfois dans les rivières.

Ils sont vraiment idiots non ? Ils pourraient le boire au village se dit-on.

Il est quand même assez connu que les peuples asiatiques et africains ont une intolérance au lactose, molécule fortement présente dans le lait de vache. Ceci pour des raisons historiques. Bien entendu cela ne signifie pas qu’un Sénégalais ne peut pas boire de lait ou manger du yaourt. Cela signifie qu’il le digérera plus ou moins bien et que de toute façon, tant mieux pour eux car, contrairement à ce que dit la publicité chez nous : « les produits laitiers ce n’est pas vraiment bon pour la santé» .

Mais ne rentrons pas dans un débat de nutritionniste et soyons lucide un instant. Pourquoi vouloir faire boire du lait à des gens qui traditionnellement n’en consommaient pas bien que, j’insiste, ils le produisaient.

Mais parce que Danone, et l’industrie laitière, en général trouve que la marché occidental (qui commence à bouder les laitages) c’est pas assez grand. Il faut donc convaincre les Asiatiques (voyez Muhammad Yunus au Bengladesh) et les Africains de s’y mettre. Il se trouve qu’en tapant « La laiterie du Berger» , on tombe directement sur le lien Danone Communities qui, sous couvert d’action sociale, n’hésite pas à financer tout ce qui peut faire progresser l’industrie laitière dans ces nouveaux continents.

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur le lait mais je tiens à faire une précision. Je ne pense pas que le lait « c’est mal» . J’en suis même plutôt friand, plutôt sous forme de comté si vous voulez tout savoir !

Je trouve juste gonflé qu’on fasse passer pour social un projet qui n’existe manifestement que pour faire rentrer l’Afrique dans le train du système marchand et industriel.

En préambule du reportage, il y avait notamment un petit discours de Nicolas Hulot. Je dois avouer que le revirement de pensée, au cours des dernières années, chez l’animateur m’interpelle. Plus incisif, n’hésitant pas à rappeler qu’avant d’aider le Sud, on ferait mieux d’arrêter de le piller, notamment par la dette, il a aussi improvisé cette petite sortie sur « le jour de la grande mutation»  qui arrivera de toute façon. En clair, Nicolas Hulot croît au grand soir version écologiste, c’est à dire au pas de côté de l’an 01.

J’avoue être plus circonspect sur l’éventualité du jour de la grande mutation


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Ecrit par Baptiste le 14 janvier 2011 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Les autres...,vidéo
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Severn bien plus belle en vrai que dans son film

Ca sort le 10 Novembre et le casting est savamment choisi : du Nicolas Hulot, du Pierre Rabhi, du Seralini… Et même des inconnus qu’on est heureux de voir sur grand écran (Wartena de Terre de liens, Guy Kastler de Nature & Progrès etc).

Tous gravitant autour du même astre : Severn Cullis-Suzuki. Cette Canadienne qui avait tenu un discours percutant au sommet de la Terre en 1992. Elle avait alors 12 ans et en revoyant ces images, on est toujours saisi par le charisme et la pertinence de cet enfant.

Les enfants justement ! Le réalisateur Jean-Paul Jaud (oui oui, celui du foot sur Canal plus…) avait entamé une carrière de cinéaste avec le film « Nos enfants nous accuseront» . Avoir dans son camp, un aussi habile technicien de l’image, on ne va pas s’en plaindre. Ce film c’est un peu : la voix de nos enfants qui nous accuseront» …

Malheureusement, il me faut faire quelque chose d’absolument nul. Dire que je n’ai pas aimé Severn.

Que l’on se rassure, je trouve que l’idée du film est bonne, d’autant que la vraie Severn parle d’une manière douce, franche, limpide et déterminée. Je crois que dès qu’elle parle, je ne peux que acquiescer. Il y a quelque chose de troublant à l’entendre répéter mot pour mot, 18 ans plus tard, le même discours où rien n’a changé.

Les propos d’une enfant précoce deviennent les propos d’une jeune femme lucide. Lucide mais tout de même déçue de constater que l’utopie ai davantage reculé.

Mais un fil rouge ne suffit pas et il faut autour broder. Or, selon moi, la dentelle ne tient pas et j’ai vu un film plutôt décousu.

Pêle-mêle.

On démarre au Canada donc, retrouver Severn qui attend un bébé. A la fin du film, nous la retrouverons après la naissance. Entre temps, on fait des allers-retours pour aborder différentes thématiques, surtout l’agriculture bio.

On rencontre par exemple ce Japonais qui cultive une rizière sans intrants chimiques et où barbotent des canards. De vieilles Japonaises transmettent leur savoir potager à des écoliers. On apprendra que le peu de compléments alimentaires qu’elles utilisent proviennent de Chine et contiennent des traces d’OGM.

Volonté de transparence du réalisateur ? On ne sait.

On retrouve le maire de Barjac, déjà à l’honneur du premier opus. Il peine à trouver des agriculteurs bio et locaux. Ca tombe bien, le voici qui déjeune sur une table improvisée en plein champ avec, entre autres, le responsable de Terre de Liens. Une foncière, soutenue par La Nef, qui aide les jeunes agriculteurs à s’installer. Mais les discussions improvisées autour de cette table sonnent faux. On croirait des discours aussi naturels que ceux d’Eric Rohmer.

On rencontre aussi deux agriculteurs conventionnels qui ont subi des intoxications sévères à cause des pesticides. L’un a attaqué et fait reconnaître l’empoisonnement comme maladie du travail. On le voit plusieurs fois dire qu’il s’apprête à passer en bio. Heureusement pour lui, les deux agriculteurs bio  de la même région sont compréhensifs avec cette reconversion qui se fait attendre. Volonté de montrer la difficulté à passer à l’acte ? On ne sait.

Il y a cette fille, Ondine, 14 ans, qui est là pour montrer qu’une nouvelle Severn a peut-être été découverte… Elle entretient un skyblog sur les requins et on la voit faire une intervention sur les squales auprès de jeunes élèves. On la revoit avec le télécologiste Nicolas Hulot qui l’encourage. Il est sympa Nicolas Hulot.

D’ailleurs, on le retrouve aussi avec Pierre Rabhi pour échanger 6 phrases censées se compléter et percuter. Peine perdue. Après avoir dit que le grand prix de formule 1 à Flins n’était pas une bonne idée, il caresse la tête de Pierre Rabhi qui a l’air penaud devant tant d’intrusion tactile…

On voit aussi quelques individus pique-niquer au bord de l’eau, en face d’une centrale nucléaire. On n’apprendra rien sinon que la fresque géante peinte sur le réacteur, c’est pas très sérieux. Je crois que c’est le moment le plus incongru du film.

On part aussi écouter des polyphonies en Corse (perso j’adore !). Un père et ses deux fils font du vin bio tout en s’inscrivant dans le traditionalisme corse.

Alors oui, on aborde, ou plutôt on survole, chaque thématique: la bio, les pesticides, l’alimentation, le nucléaire, la déforestation etc. Bref, c’est un film écologiste avec plein de qualités. Qualité de l’image surtout. Qualité de la musique (Japon, Corse, piano de Gabriel Yared). Qualité du discours initial (encore merci Severn Suzuki !).

Mais on a l’impression que Jean-Paul Jaud a constitué un patchwork où ne manque qu’un raton-laveur pour vraiment trouver une cohérence à cet enchevêtrement de rencontres aux discussions molletonnées.

Les aficionados n’apprendront rien. Les novices repartiront avec quelques belles images, un sentiment de sérénité et peut-être quelques pistes concrètes.

On me dira « c’est toujours ca»  .
A quoi je réponds : « c’est déjà ca !»  .

Bande-annonce du film

Plus sérieusement, il y a aujourd’hui une impressionnante filmographie autour des questions écologiques. On sait tout le bien que j’ai pensé du film de Coline Serreau (pourtant fou-fou). Mais bien avant, il y avait ces documentaires plus incisifs (j’aime quand on me montre les méchants !) comme We Feed the World ou Notre Pain Quotidien.

Personnellement, je trouve que le meilleur, c’est encore l’Île au Fleurs, film brésilien de 12 minutes réalisé en 89 !


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Ecrit par Baptiste le 20 octobre 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...,vidéo
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Bia Saldanha: sur les traces de Chico Mendes

A mon grand regret je ne connais rien du Brésil. Je n’y suis allé qu’en lecture. Avec Tristes Tropiques de Levi-Strauss et manifestement, le Brésil a bien changé depuis que l’ethnographe a étudié la tribu Mbaya. Cette tribu qui m’a toujours fasciné dans la mesure où, selon la mythologie :

« Quand l’Etre suprême, Gonoenhodi, décida de créer les hommes, il tira d’abord de la terre les Guana, puis les autres tribus. Aux premiers, il donna l’agriculture en partage et la chasse aux secondes.
Le Trompeur [...] s’aperçut alors que les Mbaya avaient été oubliées au fond du trou et les en fit sortir ; mais comme il ne restait rien pour eux, ils eurent droit à la seule fonction encore disponible, celle d’opprimer et d’exploiter les autres. »

Ce pis-aller de la domination m’a longtemps interpellé. Je crois que ce dégoût de la politique, ce rejet des politiciens est toujours actuel et en chacun de nous. Le pouvoir fascine autant qu’il débecte…

Pour ma plus grande chance, on m’a présenté Bia Saldanha, une femme brésilienne qui a fait de la politique il y a 20 ans (elle est co-fondatrice du parti vert au Brésil). Styliste de formation, elle avait ouvert dans sa prime jeunesse une boutique de mode à Rio. Sensible à la cause des séringuéros, elle a définitivement basculé lors de l’assassinat du leader syndicaliste Chico Mendes en 1988.

Peut-être ne connaissez-vous pas l’histoire de cette icône de la résistance qu’est Chico Mendes. Sa lutte pour les droits des seringueiros, et plus globalement pour la forêt amazonienne, lui a couté la vie. Quand on y pense, c’est toujours grinçant du coup d’entendre parler de Khmers verts alors qu’aucun écologiste n’a jamais tué personne*. Tandis que l’inverse est arrivé plusieurs fois…

Bizarrement, ce meurtre a davantage ému la communauté internationale que le Brésil lui-même. Cela a cependant permis au pays de dégager de véritables lois pour protéger une partie de la forêt amazonienne. Il existe aussi une réserve qui porte son nom en sa mémoire.

Mais revenons à Bia. Après son « concept store»  écologique de 700 m2 à Rio où elle cherche à développer des filières de matériaux écologiques, elle parvient à mettre au point un procédé pour valoriser le latex. Rappelons que la sève d’hévéa n’acquiert ses fantastiques propriétés qu’au détriment de quelques procédés chimiques plus ou moins clean.

Bia élabore le Treetap, une sorte de mélange caoutchouc/coton qui s’apparente à du cuir végétal. Ainsi, elle peut trouver des débouchés à l’artisanat de l’Amazonie. Où l’on voit que les démarches équitables et écologiques se rejoignent pour se confondre. Belle manière d’honorer la célèbre phrase de Chico:

« Au début, je pensais que je me battais pour sauver les hévéas ; puis j’ai pensé que je me battais pour sauver la forêt amazonienne. Maintenant, je sais que je me bats pour l’humanité »

« Valoriser la forêt sans la détruire»  m’a-t-elle répété. Non pas sanctuariser la forêt mais simplement la faire vivre avec ses habitants.

Car, faut-il vraiment le rappeler, l’Amazonie, comme les autres forêts primaires, est gravement menacée. Soja, pâturage, éthanol, un peu de palme au Sud et un peu de monoculture d’arbres à caoutchouc. Rappelons par contre que la récolte du latex à la méthode seringueros n’a rien à voir avec la récolte conventionnelle et industrielle (monocultures d’hévéas en Asie).

Pour donner un ordre de grandeur, un seul  seringueros a besoin de 300 ha de forêt. Pouah ! Quel manque de rendement ! Et en plus, le latex sauvage c’est plus cher…

C’est pourtant avec elle et avec ces seringueiros que la marque de basket Veja collabore. Je ne rentre pas dans les détails de ce mode de production qui a bien des avantages. Cette vidéo en dira plus et mieux.

Ce qui est rassurant, c’est de voir que économie et politique se mêlent ici dans un cercle vertueux. Motivé par ces nouveaux débouchés, l’état de l’Acre (où travaillent ces seringueiros) prend la voie de l’exemplarité. Mais à côté, des états voisins, notamment le Parà, sacrifient leur territoire amazonien.

Alors quand je lui demande si selon elle, ca « bouge»  assez vite, si tout de même l’échec de Copenhague (où elle était) ne lui donne pas le cafard, elle m’e répond d’un air optimiste que si effectivement cela n’allait pas assez vite, au moins on allait dans la bonne direction. Tout est question de point de vue…

Mai 2005 - Tribu photographiée pour la première fois, état de l'Acre

J’ai conclu cette rencontre en lui demandant ce qu’elle pensait de la fameuse phrase de Levi-Strauss qui, du haut de ses 100 ans, jetait ce verdict sans appel sur le monde moderne (« Je m’apprête à quitter un monde que je n’aime pas« ) signifiant par là que tout ce qu’il aimait, la biodiversité et la diversité des cultures, le XXème siècle l’a détruit.

Bia n’est pas d’accord. Et elle connaît bien les anthropologues pour en avoir épousé un ! Celui-ci étudie les tribus du Brésil dont certaines qui sont réellement coupées du monde. « L’anthropologue préfère que les choses ne changent pas» . Alors nous sommes rentrés dans ce débat inextricable autour de la technologie, de l’ingérence et du droit à tout savoir.

Et même si je ne partage pas l’optimisme d’un Occident respectant et s’enrichissant au contact de ces cultures qu’il n’a pas encore anéanties, même si je ne partage pas l’optimisme d’un Indien d’Amazonie faisant la part des choses au contact d’Internet, je me surprends à espérer que là-bas, à l’Ouest de l’Acre, on a véritablement réfléchi au monde que l’on veut construire.

Que le Nouveau Monde n’a pas encore été découvert.

* Aux éditions L’échappée, « A la recherche du nouvel ennemi»  traite du sujet de la prétendue menace écologiste inventée par la CIA et de l’académicien romancier Jean-Christophe Rufin. Indispensable pour rappeler quelques vérités en société…


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Ecrit par Baptiste le 29 juillet 2010 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...,vidéo
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eco-SAPIENS 3 minutes sur Canal+

La vidéo diffusée dans « L’édition spéciale» , le magazine midi de Canal plus.

Initialement, cela aurait du être diffusé vendredi 12 Mars mais les aléas techniques ont reporté d’une semaine notre passage. Vous pouvez donc voir les 3 co-fondateurs: Françoise, Baptiste et Benjamin (qui maintient ses moustaches depuis notre 2ème anniversaire…)

Bon, sur le fond, il y a peu à dire. 3 minutes c’est court ! La télévision, ca va vite. Expliquer ce qu’est la décroissance et la simplicité volontaire, cela prendrait une journée… peut-être même une vie !

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Ce fit surtout un échange sympathique avec le journaliste Gaël Legras qui nous avait avoué être très intéressé sans réellement connaître la décroissance. Belle ouverture d’esprit !


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Ecrit par Baptiste le 20 mars 2010 :: Classé dans Itinéraire,Un peu sur nous,vidéo
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