Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

Quelqu’un a-t-il compris la campagne « Tous candidats»  ?

Je vous assure que la question est sincère. Elle l’est d’autant plus que mon respect, ma sympathie et mon enthousiasme pour le mouvement Colibris est fort comme un roc !

Pour ceux qui auraient raté le train, je tente un bref résumé.

Il existe un homme ô combien précieux qui s’appelle Pierre Rabhi. Quiconque assiste à une de ses conférences ou dévore un de ces livres en sort, s’il est normalement constitué et si la société moderne n’a pas trop gâté ce qui lui reste d’humanité, conséquemment bouleversé. Ce vieux bonhomme a un parcours et une philosophie qui font du bien. Tous simplement. Il respire bonté, sincérité et humanisme. C’est un sage. Cela devient rare.

Objecteur de croissance, paysan agro-écologiste, propagateur de « l’insurrection des consciences« , Pierre Rabhi est aussi le fondateur du Mouvement pour la Terre et l’Humanisme dont le but est de partager l’agro-écologie.

Il est aussi l’initiateur du mouvement Colibris, dénommé ainsi en l’honneur de la fable qu’on n’ose plus raconter de peur de paraître tartignolle. Je vous la fais brève parce qu’elle est chouette quand même.

Un incendie dans la forêt. Tous les animaux paniquent. Mais un colibri prend quelques gouttes d’eau dans son bec qu’il jette sur les flammes. Alors aux animaux bouffons et rigolards qui lui demandent ce qu’il fait, le chétif volatile répond : « je fais ma part« .

C’est la fameuse part du colibri. Que l’on peut aussi traduire en termes plus universitaires « simplicité volontaire» . Id est, « déjà change toi toi-même avant de changer le monde« .

Variante gandhienne : l’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre les autres, c’est le seul.

Variante kantienne (amputée d’un bras !) : comporte toi comme tu voudrais que les autres se comportent.

Variante christique (clouée au pilori) : aimez-vous les uns les autres.

J’avoue être d’une ignorance crasse en éthique orientale mais je parie qu’on doit trouver des préceptes voisins chez Confucius, Boudha, Zarathoustra, Kim-Jung-Il ou Lao Tseu.

Le mouvement Colibris est l’orginsation fonctionnelle pour provoquer l’» insurrection des consciences» , c’est à dire aider les gens qui souhaitent se réapproprier leur destin, écologique, social et riche de sens, à se relier et à retrouver l’envie d’agir.

Bref, des gens biens qui changent le monde dans le bon sens et pacifiquement avec la patience et la détermination d’un colibri.

Le petit oiseau va sortir !

Il y a quelques mois, le mouvement a lancé une campagne de communication interpellant tous les Français à se déclarer candidat ! Oui oui à se déclarer candidat. Tous candidat en 2012. Alors bien entendu c’est symbolique. Personne ne va aller à la chasse aux 500 signatures.

D’abord j’ai trouvé l’idée amusante. Plutôt que d’être des millions d’électeurs, nous allons pouvoir renverser les rôles et devenir des millions d’élus.

Puis j’ai cherché dans la FAQ relative à cette campagne, qui consiste à envoyer son affiche électorale sous forme de portrait noir et blanc, quel était au fait l’objectif.

Et la seule réponse concrète que j’ai fini par épouiller est :

« L’objectif de la campagne est de nous faire prendre conscience que nous sommes beaucoup plus nombreux que ce que nous pensons à vouloir ces changements» .

Bigre !

Cela me rappelle un certain pacte lancé il y a à peine un quinquennat. Je veux bien entendu parler du pacte écologique initié par Nicolas Hulot à la précédente élection présidentielle. Ce pacte visait aussi in fine à « compter les troupes« .

C’est donc la grosse interrogation des dernières années. Avant de passer à l’attaque, assurons-nous que nous avons assez de divisions.

Plus que le Vatican ? Voire.

Vous n’êtes pas sans savoir que chaque année, les doctes études sociologiques révèlent que nous sommes 20% de créatifs culturels, cette espèce de masse protéiforme qui peine à prendre conscience de son unité et de son poids.

D’ailleurs si vous voulez savoir si vous en êtes… faites donc ce test chez l’ami Yves Michel.

Voilà voilà, on compte les troupes et on le fait le plus fun possible. Au temps de la gloire médiatique de Nicolas Hulot, on interpellait les politiques en leur demandant de signer le pacte (je le sais ! je les ai vus faire à Marseille !).

Revers de la médaille, ce ne fut qu’une promesse qui n’engage comme on sait, que ceux qui les formulent. Certains accusent l’ex animateur d’avoir paradoxalement liquidé l’écologie de la scène politique.

Désormais, on n’interpelle plus le politique. On ne compte plus que sur les anonymes, les sans-voix, les indignés, les desperados, les colibris de tous nos registres communaux. Avec l’espoir ineffable que si nous sommes suffisamment nombreux à nous tirer le portrait, les politiques ne pourront plus l’ignorer.

C’est une tactique qui est à la fois rassurante et cohérente.

Mais… est-elle efficace ?

J’avoue être mitigé. Je rappelle souvent que la majorité des Français sont contre les OGM mais que ce n’est pas cela qui fait de la France un pays sans OGM. C’est bien la détermination des faucheurs qui a bloqué le processus dans l’Hexagone.

Et, dernièrement, nous avons appris à nos dépends que même un référendum pouvait ne pas être entendu et simplement blackboulé quelques mois après.

Mais je suis fair-play: je soutiens la campagne et en fouillant, on verra même que j’ai envoyé ma binette dans les premiers !

Mais quand la nuit vient, voilà que j’embarque avec Paul Watson. Me voici en train de faire les derniers réglages sur l’un des drones que s’est procuré Sea Shepherd. Plus pratique pour détecter les baleiniers illicites.

Et, hajduk des temps modernes, me voici face aux embruns, prêt à harponner les navires d’un capitaine Achab spéculant sur le cours du sushi…

Alors qui est le plus lourd ? 30 millions de piafs ou une bonne grosse baleine de la famille qui dit « c’est assez»  ?

Verdict en 2012…

c’est à dire maintenant.


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Ecrit par Baptiste le 13 janvier 2012 :: Classé dans Débat,Les autres...,Un peu sur nous
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Les coopératives parlent aux Français

BonsaiUn porte-parole socialiste qui prend deux parts dans une société coopérative (SCOP) en cours de création… Quoi de plus normal en fin de compte ? Si le socialisme consiste en l’émancipation des travailleurs, on voit que chacun est dans son rôle :

  • Une direction qui veut se séparer d’une branche déficitaire.
  • Des syndicats qui proposent l’ultime solution (et qui bien sûr sont désavoués par leur branche représentative).
  • Et donc un responsable étiquetté socialiste qui appuie symboliquement cette restructuration.

Si SeaFrance est liquidé le 3 Janvier, c’est une mauvaise nouvelle pour l’année qui démarre d’autant qu’elle se trouve être paradoxalement l’année des coopératives.

Si SeaFrance est rachetée par Louis Dreyfus Armateurs, on dira « ouais. bof. c’est quoi le match ce soir ?» .

Mais si SeaFrance est repris en SCOP par les salariés avec la participation externe d’hommes politiques de premier plan, et surtout, cerise sur le gâteau, la bénédiction de l’état, alors là, on pourra retrouver de l’espoir en 2012 !

Car la vraie nouveauté, c’est bien ce soutien inattendu de l’Etat.

Petit Rappel.

Le 18 Juin (sic!) 1973, Les LIP, ces salariés d’une manufacture horlogère en péril, n’en finissent plus de faire du grabuge et répètent ce slogan : « C’est possible : on fabrique, on vend, on se paie« . Bref, il ya de l’autogestion dans l’air et toujours cette idée qu’une entreprise sans patron, ca peut tourner, alors qu’une usine sans ouvrier, ca ne marche guère

Grève qui s’intensifie, vente sauvage de montres, répression par les gardes mobiles, 100 000 personnes dans les rues de Besançon, solidarité des autres ouvriers en grève… jusqu’à la réponse pleine de tact du premier ministre Messmer: « Lip, c’est fini« .

Bon, en même temps, on va pas demander à celui qui a imposé la nucléarisation de la France en quelques mois de faire dans la douceur quand des petits rêveurs parlent d’administrer eux-mêmes leur outil de travail.

Où l’on voit aussi que le monde du travail a bien changé… Qui aujourd’hui se mobiliserait pour une liquidation ?

Ah oui, on s’habitue, voilà tout.

Il y a 40 ans donc, l’Etat n’avait que faire des SCOP. Mais en 1978, une loi est passée qui permettra l’essor des SCOP. De 500 à l’époque, ce chiffre a été multiplié par 4 en 2011.

Eh oui, il n’y a que 2 000 SCOP en France. Dérisoire par rapport à nos voisins italiens par exemple. C’est une question de culture voyez-vous. J’aime à rappeler qu’en France le loup est un animal démoniaque qu’il faut aller carabiner par arrêté préfectoral extraordinaire à coup de 4×4 sur le plateau du Vercors. Passez le col transalpin et vous verrez des Italiens pour qui le loup est quasiment sacré. Remus et Romulus seraient-ils passé par là ?

Et bien les SCOP c’est comme le loup. C’est plein de préjugés en pays françois. « Ca marche pas» , « c’est petit»  et « c’est pour donner deux ans de plus avant la liquidation» . Et même que ca mange les petits enfants perdus dans le bois.

En fait, au risque de décevoir, et sur la maigre expérience qu’est la notre puisque eco-SAPIENS est une SCOP toute fraîche et fort petite, et en m’appuyant sur les statistiques officielles délivrées par la Confédération Générale des SCOP, la SCOP est économiquement parlant une entreprise comme une autre.

A vrai dire, qui marche un petit mieux que la moyenne. 74% de survie après 3 ans contre 66% pour une entreprise classique). Mais c’est sûr que dans la SCOP, il y a un côté Small Is Beautiful. Difficile de grossir d’un coup puisqu’il faut veiller à ce que les salariés restent les actionnaires majoritaires.

Mais hors champ économique, il est sûr que la SCOP c’est extra-terrestre et même transgressif. Quoi ? La démocratie, ce truc qui génère sans cesse des contre-pouvoirs et exige de la transparence, cela est compatible avec l’économie qui affectionne plutôt le secret et la confidentialité (je te le revends sans que tu saches combien cela m’a coûté car sinon…)

Et si tout cela est du charabia pour vous, pourquoi ne pas se faire une séance ciné: le film Lip, l’imagination au pouvoir est en libre diffusion.


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Ecrit par Baptiste le 2 janvier 2012 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Les autres...
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Petit tour de lecture

Comment surprendre encore dans le domaine de la littérature écologique ?

Aujourd’hui, de nombreux ouvrages paraissent, fort présentables et fort intéressants.

Rares sont ceux qui apportent de nouveaux éléments à la réflexion. Le plus souvent, ils dressent avec brio un état des lieux (cette actualisation est toujours de plus en plus angoissante: bois, poissons, pétrole, changement climatique, santé, perte du lien social…) qu’ils contrebalancent  tout de go avec des exemples porteurs d’espoir (telle association au Brésil, telle industrie en Scandinavie, tel penseur aux Etats-Unis, tel agriculteur en France etc)

En fait, on peut presque dire qu’avec une poignée d’auteurs anciens (Gorz, Latouche, Meda, Baudrillard, Ellul), un peu de spiritualité et un peu de culture historique, on est en mesure de savoir ce qu’on ne veut plus et là où l’on veut aller.

La littérature spécialisée contemporaine permet juste de décliner en cas pratiques et parfois fort éloquents comment les problématiques se matérialisent. Des fois qu’on aurait besoin de preuves. Après tout, la disparition des poissons c’est dur à évaluer quand l’océan est à jamais opaque pour nos yeux…

Personnellement, si quelqu’un vient à me parler de la crise grecque, je ne peux qu’avoir un sourire malicieux. Voici donc le bouc-émissaire. Les Grecs-qui-paient-pas-d’impôts.
Quelques minutes auparavant, ce furent les agences de notation.

Un peu plus tôt les marchés financiers.

Et voici que nous boucs favoris, les Chinois-qui-savent-pas-bosser-et-qui-font-que-de-la-contrefaçon, sont devenus une nuit nos principaux sauveteurs.

Désolé mais sur moi, ca ne fonctionne pas !

Quiconque réfléchit un instant sur ce qu’est l’argent ne peut que constater qu’à l’instar de l’écologie, tout a déjà été dit (Aristote, Marx, Simmel, Mauss) et que ces méga-évènements financiers ne sont là aussi que des déclinaisons pratiques dans un monde où les hautes technologies permettent de décupler les effets.

Avant Ponzi escroquait 40 000 personnes pour 15 millions de dollars. Aujourd’hui Madoff tape le 65 milliards de dollars. 60 fois le capital d’Air France. Si si ! Vous avez vu 60 compagnies couler le jour où l’escroc fut écroué ? Non ? Normal.

Nous vivons dans un monde fini et il y a en tout et pour tout autant de créances que de dettes. Les concentrations furtives, les nodosités de capital n’ont pas d’autres vocation à re-circuler un jour ou l’autre. Seul souci: certains confondent la fin et les moyens et croient qu’il faut stocker l’argent. Or rappelons cette évidence… l’argent se sert à rien si l’on ne l’utilise pas au bout d’un moment…

D’ailleurs un méchant-actionnaire-toujours-plus-avide-de-rendement a souvent pour ambition de faire beaucoup de profit pour pouvoir ré-investir. Et accessoirement acheter une piscine chauffante d’intérieur…

Ah si seulement il s'était appelé Fonzi !

Que vous possédiez une maison ou du cash, tout se résume à la confiance (le fameux fiduciaire – la foi). On vous donnera un équivalent cash pour votre maison que si la personne qui l’achète croit (crédit de credo) vraiment que cette maison nécessite un troc, certes amélioré.

Et bien entendu, il y a des niveaux de confiance qui semblent comme irréels. La faillite d’un état ? Quelque chose qui a existé dans une relative sérénité pendant des siècles peut soudain s’effondrer. La crise grecque aurait tout autant pu arriver il y a cinq ans, ou dans dix ans ou jamais.

Cela paraît irrationnel ? Assurément ! Tout autant est irrationnelle la décision des marchés de lâcher le Grèce. Croit-on vraiment que des indicateurs techniques et objectifs permettent de dire « c’est maintenant qu’il faut passer à la caisse.» 

L’humain garde encore une part d’irrationnel. Son rapport au futur l’est encore plus : angoisses, espoirs et volontés. Et que dire d’un groupe d’humains ? Plus encore ! D’un groupe d’humains tournés vers le futur. Complètement irrationnel. Forcément…

Il paraît plus sage d’accepter cette irrationalité. De reconnaître que l’argent permet simplement de contenir et de palper un peu de tangible dans cette irrationalité.

Il convient aussi et surtout, un moment donné, de retrouver sa lucidité, entrevoir de nouveau l’état d’égrégore qu’est l’argent. Et revenir in fine à la base. La politique ! A savoir : quel monde désirons-nous ?

Si la Nature, notre banquier en bout de chaîne ne peut fournir cette demande, il faut simplement revoir nos désirs. Ce n’est pas une parole en l’air que de dire que crise écologique et crise économique sont l’avers et le revers de la même pièce.

Et non pas partir du « de combien d’argent disposons-nous ?» 

Bref, nous sommes aujourd’hui en train de compter nos pénates, vous savez ces dieux pétrifiés d’origine étrusque.

Compter. Trancher. Amputer. Vénérer. Craindre.

Là où il nous faudrait, pour dégager l’horizon, briser les statues.

Publicité familiale !

La maison d’éditions Le Cavalier Bleu sort une collection consacrée au développement durable et dénommée Edden (tout un programme).

Sabine Rabourdin étant co-fondatrice historique du site eco-SAPIENS, il est bien normal de recommander son livre qui est un formidable pensum sur l’énergie ! Je le sais, je l’ai lu ! Et en plus Le Monde en dit du bien !

Vers une nouvelle révolution énergétique ?

De tout temps, l’homme a été avide d’énergie pour satisfaire ses besoins… sans trop utiliser la sienne ! De la maîtrise du feu au Paléolithique à la non-maîtrise du nucléaire à Fukushima, le rapport de l’homme à l’énergie fut toujours placé sous le signe de la domination, économique, sociale ou politique.

Or, il est clair aujourd’hui que la course à la puissance énergétique est indissociable du chronomètre de la Terre et de la manière dont les hommes sauront prendre en compte ses limites.

Quelles options reste-t-il ?

Après le feu et la machine à vapeur, une troisième révolution énergétique semble aujourd’hui inéluctable.

Sera-t-elle dans la lignée des précédentes ou à contrecourant ?

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Ecrit par Baptiste le 10 novembre 2011 :: Classé dans Débat,Les autres...,Poïesis
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Publication du scenario NegaWatt : la guerre des prospectives énergétiques est lancée

En routeAprès 14 mois d’études, d’états de l’art des technologies et de savants calculs… l’association NegaWatt a partagé le 29 septembre son scénario 2011, applaudi par une salle comble de plus de 500 personnes.

Exercice le plus solide et abouti à ce jour, ce scenario s’inscrit dans la guerre des prospectives énergétiques 2050, lancé sur fonds d’enjeux industriels et électoraux, de crise économique et climatique.

Suivront -au minimum- les prospectives des Verts, du Parti Socialiste, de la Commission BESSON « Energie 2050 », et bien entendu, des visions futures divergentes de la France.

Confronté à ces buzz médiatiques, comment naviguer dans toutes ces paroles assurées d’experts ?

Pour réduire vos chances d’enfumage, je vous propose 5 questions basiques à se poser la prochaine fois qu’un expert vous assènera un message.

Ces 5 questions pratiques seront alors illustrées dans deux cas pratiques.

  1. Qui porte le message : à quel milieu appartient cette personne, qui dit-elle représenter, qui la nomme, et qui la paie ?
  2. Précise-t-elle des sources ? sont-elles vérifiables et crédibles ?
  3. Quelle idéologie sous-tend son propos ?
  4. Interpelle-t-elle mon libre arbitre, mes désirs ou mes peurs ?
  5. Qu’est-ce que cela signifie pour mes enfants ?

Le 22 septembre, la Une du Figaro annonçait que la sortie du nucléaire couterait 750 Milliards d’Euros à la France.

  1. Le messager : M. Bernard BIGOT, ancien Directeur du CEA (Commissariat à l’Energie Atomique), nomme par N. Sarkozy en 2009 administrateur général du Commissariat à l’énergie Atomique (CEA), et par décret administrateur d’AREVA NC
  2. Sources : un calcul de coin de table, rapportant le coût annoncé en Allemagne (250 Mds d’Euros) au nombre de réacteurs en France
  3. Idéologie sous-jacente : sortir du nucléaire n’est pas une option, surtout en période de crise et de surendettement de la France, mieux vaudrait sécuriser et prolonger… sans mentionner de coût cette fois-ci !
  4. Interpellation : craignez, pauvres hères, que les Ayatollahs verts ne grèvent lourdement le budget, pénalisent notre économie, et nous renvoient au Moyen-Âge.
  5. Et mes enfants ? Ils auront certes encore un peu d’énergie nucléaire, mais surtout des risques, des contaminations et un parc entier de centrales à décommissionner.

Le 29 septembre, NegaWatt annonce une possible sortie du nucléaire en 23 ans

(et annonce diviser les émissions de CO2 par 16 à l’horizon 2050, grâce à une trilogie sobriété+ efficacité + énergies renouvelables)

  1. Le messager : un panel d’une dizaine d’experts, bénévoles mais engagés, et joyeux, représentant un collectif d’un millier de praticiens, ingénieurs, architectes, urbanistes, sociologues…
  2. Sources : 14 mois de réactualisation du scenario 2006, les états de l’art, statistiques officielles (AIE, INSEE, etc.), des études concomitantes (Solagro, CIRED etc)
  3. Idéologie : remettre les citoyens au cœur du développement des territoires, en relocalisant les productions, et en tendant vers une souveraineté énergétique, renouvelable, décentralisée, diffuse, que s’est appropriées la population.
  4. Interpellation : les solutions techniques sont éprouvées et les hypothèses du scenario sont conservatrices. C’est donc juste une question de choix politique.
  5. Pour mes enfants : 750 Mds d’Euros d’importations de produits pétroliers évités d’ici 2030, et plus de 600,000 emplois verts nets créés. C’est-à-dire un projet de société qu’il m’appartient de construire au mieux.

Quand est-ce qu’on commence ?


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Ecrit par Minh le 3 octobre 2011 :: Classé dans Ad Hominem,Débat,Les autres...
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L’amour du lointain

Label ACOn s’amuse à dire que « Ainsi parlait Zarthoustra»  de Nietzsche constitue en fait le cinquième évangile.

Pour le moment, l’oeuvre phare du philosophe ne figure pas vraiment dans le canon, pas même dans les apocryphes…

Et pourtant !

Quand Zarathoustra dit :

Mes frères, je ne vous conseille pas l’amour du prochain, je vous conseille l’amour du plus lointain.
Ainsi parlait Zarathoustra.

L’amour du lointain… D’une certaine manière, ce pourrait un mot d’ordre écologique. Et donc à l’opposé du mouvement Nimby (Not in My BackYard) qui défend ses intérêts proches.

Bon évidemment, on a le droit d’aimer son lointain… et aussi son prochain.

Mais il y lointain dans l’espace (les premiers réfugiés climatiques du Pacifique) et lointain dans le temps (nos petits-enfants… les fameuses générations futures).

Et donc aujourd’hui, un peu de copinage, d’amour du prochain. Mais les prochains se soucient eux du lointain. Vous me suivez ?

D’abord sur les gaz de schiste sort enfin le DVD Gasland chez Arte Video. Le film de Josh Fox, nominé aux oscars, comporte aussi et surtout un livret signé Sylvain Lapoix. Tout cela pour moins de 15 euros !

Lui aussi nominé (Le Monde des Livres), l’ouvrage « Le vrai scandale des gaz de schiste»  est signé Marine Jobert et François Veillerette. Un poil plus cher mais il fallait bien fouiller comment les gaz de schiste affectaient la France.

Je ne les connais pas personnellement et par conséquent, en faisant leur promotion, je m’approche de l’amour du lointain non ?

Et enfin, quintessence de l’amour du lointain : un auteur anonyme a réalisé cette petite vidéo reprenant notre canular du label agriculture chimique. Lui est passé à l’acte en collant sur des produits en supermarché des stickers imitant le label Agriculture Biologique.


L'agriculture chimique bientôt disponible en… par francois_clam

Enjoy !


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Ecrit par Baptiste le 22 septembre 2011 :: Classé dans Débat,Les autres...,vidéo
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Le Teflon c’est fantastique

Lavoisier et Nemours

Lavoisier et le fils Du Pont

DuPont de Nemours ! Sacré nom qui sonne bien français et qui désigne pourtant une des plus grosses firmes américaines de la chimie.

Je vous résume l’histoire. En pleine révolution française, on guillotine Lavoisier, le célèbre chimiste qui a identifié l’oxygène.

Mais parlons bien parlons fesses. Sa femme a eu une aventure avec Pierre-Samuel Du Pont de Nemours. Celui-ci avait le bon goût, étant proche du Ministre des Finances Turgot, d’être immensément riche. Il connut aussi le père de la constitution américaine, Thomas Jefferson, lors de la rédaction du traité de Versailles (indépendance des Etats-Unis en 1783).

Pierre-Samuel Du Pont de Nemours, royaliste jusqu’à défendre Louis XVI physiquement en 1792 face à la foule en colère, échappa de justesse à la guillotine. En effet, bien que condamné, la mort de Robespierre lui laissa le temps de s’éxiler aux Etats-Unis. Il y retrouva Jefferson pour qui il négocia notamment l’achat de la Louisiane par les Etats-Unis.

Son fils, Éleuthère Irénée, avait lui aussi défendu le roi en 1792. Il était assistant de Lavoisier et travaillait notamment sur la poudre à canon. C’est bien le fils qui est à l’origine de la création de l’entreprise DuPont de Nemours. Au départ, il s’agissait de fabriquer de la poudre à canon.

Éleuthère Irénée s’est fait naturaliser américain en 1803 et Jefferson lui assure alors que les Etats-Unis utiliseront sa poudre.  Qui a dit pistonné ?

Petite anecdote en guise de conclusion: on raconte que le fils Du Pont aurait écrit plus tard une lettre à Madame Lavoisier (ancienne maîtresse donc de son père et surtout femme de son ancien patron en France) lui demandant s’il pouvait nommer son entreprise Lavoisier en l’honneur de son défunt mari. Si elle avait accepté, l’entreprise se serait peut-être appelé non pas Du Pont mais Lavoisier.

Après la poudre, DuPont de Nemours va se spécialiser dans la chimie. Et l’objet de ce billet est de passer sur 150 ans d’épopée industreille pour arrvier au produit qui nous intéresse : Le Téfal.

Et qui dit Téfal dit Téflon. Un revêtement anti-adhésif qui accroche tellement peu qu’il faut aussi trouver une colle spéciale pour le lier au fond de la poêle !

Le petit nom du Téflon est PFTE. Commercialisé depuis 1954, les poêles en Téfal ont envahi toutes nos cuisines. Pourtant, des doutes subsistent quant à leur nocivité. Alors du coup, rien de tel qu’une petite campagne de comm’ avec des feuilles vertes pour démentir tout cela.

Aperçus:

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Des petites feuilles bien entendu, mais aussi des petits oiseaux qui gazouillent. Apparemment, chez DuPont de Nemours ils communiquent encore façon old school sur l’environnement.

Je ne vais pas ici m’attarder à mentionner les différents griefs faits au PFTE (et au PFOA). L’histoire de DuPont (comme celle de Monsanto) parle d’elle même.

Evidemment, les quelques sites prétendument écolos qui ont accepté d’héberger cette publicité (ou plutôt publi-reportage) ne gagnent pas en crédibilité.

J’imagine le tollé si l’on avait mis ceci sur eco-SAPIENS…

L’occasion de (re) lire notre dossier sur la cuisine écologique.


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Ecrit par Baptiste le 13 septembre 2011 :: Classé dans Les autres...
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Ca sent le soufre social à Feyzin

Oh ce n’est pas grand chose.

Quand on disait que l’affaire des graines germées bio venues d’Allemagne allait être l’argument massue pour dénoncer les bobos bios, on ne croyait pas si bien dire.

Constater l’union sacrée entre syndicaliste productivistes et idéologues libéraux, voilà qui démontre (s’il fallait encore le démontrer…) que la pensée la plus sulfureuse de notre époque n’est plus à gauche

En tout cas plus dans la gauche traditionnelle, obsédée d’emplois, de maintien des acquis sociaux etc.

Ecoutons donc le cri du coeur de ces deux syndicalistes CFDT de l’usine Total de Feyzin. Et jouons au jeu des différences avec ce qu’aurait pu dire un patron, un financier ou un économiste libéral…

« On les attend de pied ferme : que ce soient des emplois verts, jaunes ou bleus, on se fout des couleurs, pourvu que ce soient des emplois.[...]
Que veut-on : arrêter l’industrie et mettre 500 000 personnes de plus au chômage en France ? Oui, le gouvernement surfe sur la vague écolo, ils ont la trouille avant les élections. Les Verts ont la cote après Fukushima. Mais les graines germées en Allemagne, c’était bio et ça a tué des gens, alors on n’en veut pas pour nos enfants, de leur m… »

Lecteur, après le jeu des différences,voici un autre jeu. Sauras-tu compléter comme il se doit le mot de la fin ?

En somme, ces travailleurs sont paradoxalement des conservateurs. Ils ne voient pas autre chose que le maintein de leur boulot et sont prêts à taper sur tout ce qui mettrait en péril leur pré carré. C’est tout à fait compréhensible.

Néanmoins, on reste scotché par tant de haine et de violence dans les propos, notamment à l’encontre de la Ministre de l’Environnement. Il y heureusement cette porte ouverte:

Que le raffinage ne soit pas un secteur porteur, on en est conscients et on est prêts à prendre le virage.

La hargne bien visible dans l’interview laisse plutôt penser le contraire. Mais… dont acte !

Je profite de cette brève sur la qualité de l’air pour rappeler que si le nombre d’hospitalisations peut sembler dérisoire (3 personnes) cela ne signifie nullement que ces rejets ont eu un faible impacte sur la population lyonnaise.

Comme dans toute pollution insidieuse (radio-activité, ondes électro-magnétiques, pesticides, tabagisme, pots d’échappements…) il y a des effets cumulatifs. Le hic, c’est que nous sommes constamment soumis à des pollutions diverses.

L’association Respire rappelle que nous avons le droit de vivre dans un environnement sain (article 1 de la Charte de l’Environnement).

Faisons respecter ce droit, qui nous semble tout de même bien plus fondamental que le droit de faire ses 35 heures à l’usine…

Respire


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Ecrit par Baptiste le 24 juin 2011 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...
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Conférences gesticulées pour les etats généraux de l’ESS

Tout le monde connaît Franck Lepage de la SCOP Le Pavé et ses célèbres conférences gesticulées.

Ah non, vous ne connaissez pas ? Comme vous êtes has been ! C’est comme si vous demandiez ce que signifie résilience, mutualisation ou pire encore, gouvernance.

Quand vous fréquentez les bons milieux, vous devez avoir le vocabulaire adéquat. A-t-on déjà vu un développeur ignorer ce que veut dire  geek ou un journaliste ce que veut dire procrastination ? Franchement !

Bon alors je résume. Avant on faisait des interventions.

Cela s’appelait des conférences et au bout d’un moment ca ne faisait plus venir personne parce que c’était trop rébarbatif.

On avait beau rajouter -débat en suffixe, ca n’a pas suffi…

Alors, on a décidé d’y adjoindre des excipients, comme par exemple des préfixes sympathiques: apéro-conférence ou cocktail-conférence.

On a même vu des « petits-déjeuners débat»  ! C’est vrai que le matin c’est plus pratique. pas d’angoisses de métro ou de covoiturage pour rentrer après 23h..

Toujours pas palpitant ! Alors on a créé les formats des mini-conférences. 3 minutes de passage, au moins on est certain de ne pas lasser l’auditoire. C’est le format « poster»  des chercheurs ou le format 3 slides des rencontres entre professionnels. C’est aussi le format des célèbres Talks du TED qui n’excèdent pas 15 minutes. C’est encore le show à la Steve Jobs dès que sort un nouveau fruit défendu…

Bon alors, la conférence gesticulée ? Est-ce du théâtre, un one man show, une conférence sexy ?

Eh bien, pour résumer, il s’agit tout simplement d’un mélange de récit personnel et de conférence universitaire. Ce que Franck Lepage appelle le mélange des savoirs chauds et de savoirs froids.

Ca tombe bien pour nous parce qu’à eco-SAPIENS, on a beaucoup de savoirs froids (évolution de la bio, sociologie et philosophie de la consommation, limites du commerce équitable, rôle du e-commerce dans l’économie locale, analyse de cycles de vie…) et on a le sang réchauffée par le soleil phocéen.

On va donc inaugurer lors des états généraux de l’Economie Sociale et Solidaire.

Retrouvez le programme et venez donc vous confronter à notre tchatche l’avant-veille de la fête de musique !

  • Première séance : dimanche 19 Juin à 10h
  • Seconde séance : dimanche 19 Juin à 14h

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Ecrit par Baptiste le 1 juin 2011 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...,Un peu sur nous,vidéo
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Diffamation, délation… mis sous pression

Dernièrement, nous nous sommes faits tirer les oreilles (ou plutôt devrais-je parler d’oneilles tant cette histoire est ubuesque…)

En cause, notre fiche label NF Environnement, qui dans le cadre de notre guide « Les bons labels et les truands»  avait reçu une note bof. Nous avions déjà reçu des doléances de la part de quelques responsables des labels mal notés et cela avait toujours été cordial. Puisque que nous pouvions justifier notre position avec des éléments factuels.

Evidemment, établir un classement oblige à ce qu’il y ait des « perdants»  et nous savons qu’il n’est jamais très agréable d’être en fin de classement… surtout quand il y a des efforts et des progrès manifestes.

Et voilà qu’avec NF Environnement, nous sommes exactement dans ce cas de figure. Rappelons que la norme NF est établie par l’AFNOR et que quand on parle de normes, on parle de choses on ne peut plus sérieuses. La norme NF Environnement décline et va plus loin que NF tout court puisque, dans les catégories concernées, elle intègre l’impact environnemental.

Se pose donc la question de savoir qui évalue et comment cela est évalué. Mais ce n’est pas l’objet de ce billet.

Revenons plutôt à cette indignation d’une représentante non pas de l’AFNOR, mais de la FCBA.

La quoi ?

La FCBA (Forêt Cellulose Bois Ameublement), fusion de AFOCEL (Association Forêt Cellulose qui n’était pas une association mais un organisme privé) et la CTBA (Centre Technique du Bois et de l’Ameublement), la FCBA donc est le bureau de normalisations pour l’AFNOR pour tout le secteur bois/ameublement.

La FCBA qui, pardi, édite le site internet www.nf-environnement-ameublement.com.

Pour faire un parallèle, forcément imparfait, NF Environnement Ameublement serait le label AB, l’AFNOR serait le Ministère de l’Agriculture propriétaire du cahier des charges AB et FCBA serait Ecocert. Différence notoire, s’il existe cinq organismes de certifications pour le label AB (Qualité France, Agrocert,…), il est unique pour NF Environnement Ameublement: c’est l’institut Technologique FCBA.

Mais je sens déjà que cette plongée dans les arcanes du processus normalisateur/certificateur vous a noyé.

Gardez juste à l’esprit que la structure qui nous vole dans les plumes n’est pas celui qui a fait la norme, mais celui qui la contrôle. Ce qui est cocasse. Ou plutôt ce qui montre qu’il est difficile de séparer les fils qui relient celui qui écrit le cahier des charges et celui qui le contrôle.

Bon alors que nous vaut l’ire de FCBA ?

D’abord d’avoir écrit que NF Environnement était « peu fiable car trop mouvant selon les catégories« . Rappelons que cette phrase se situe dans une case dénommée: notre avis. Ce n’est donc que notre avis.

J’espère qu’un site internet indépendant comme eco-SAPIENS a encore le droit de donner son avis…

Mais question de fond désormais. Notre avis est-il justifié ? Eh bien nous rentrons dans le coeur du reproche que nous formulons, à savoir que c’est le même logo qui peut être apposé parfois sur une cafetière, parfois sur une enveloppe, parfois sur un meuble. Or, on sent bien qu’il va être long d’expliquer la pertinence de NF Environnement pour chaque classe de produits.

FCBA m’ayant informé que leur démarche était extrêmement aboutie dans leur secteur (bois – ameublement), nous n’avons que pu répondre qu’il était effectivement dommage qu’une catégorie pâtisse d’une moindre implication des classes voisines.

Et comme nous sommes des gens polis, bien élevés et constructifs chez eco-SAPIENS, nous avons remercié l’auteur du message, en affirmant que nous pourrions un jour rentrer dans le détail des catégories pour donner un avis dans chaque cas.

Et là le miracle opère ! En guise de réponse, nous recevons une lettre nous accusant de faire de la diffamation, avec copie aux personnes de l’AFNOR qui, à ma connaissance, n’ont rien demandé…

C’est d’ailleurs cette mise en copie d’un échange privé qui m’a convaincu qu’en fin de compte, nos échanges étaient publics. Et c’est pourquoi vous les avez sous les yeux…

Bref, si vous suivez bien (et c’est tout à votre honneur que de supporter nos tambouilles internes), un organisme certificateur nous accuse de faire la diffamation à propos d’un label… que nous ne mentionnons pas sur notre site.

L’histoire ne s’arrête pas là ! Je suis allé faire un tour sur le site nf-environnement-ameublement (propriété de FCBA donc) pour lire leurs propres recommandations sur les labels. Surprise ! C’est un hymne à la gloire des eco-labels et donc de NF Environnement Ameublement. Conclusion sans appel : « Les éco-labels permettent d’identifier les vrais eco-produits« .

Au fond, nous partageons avec la FCBA la même envie d’informer le consommateur. Et de faire évoluer les mentalités. Eux ont indéniablement l’envie et les moyens de faire progresser le secteur de l’ameublement dans une voie écologique. Mais ma foi, chacun son rôle… et l’on aime pas trop voir ces organismes enfiler celui de censeur.

Mais une petite boutade pour finir. C’est quoi le cahier des charges de NF Environnement pour l’Ameublement ? Il est ici. Et le résultat, c’est que l’on trouve quand même des article NF Environnement… avec polyuréthane, polystyrène et vernis mélaminés

Comme quoi, quand on parle d’environnement, c’est vraiment une question de point de vue !

L’AFOCEL, organisme privé de recherche, a pour mission d’améliorer la compétitivité des approvisionnements de l’industrie et de la filière forêt-bois-papier

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Ecrit par Baptiste le 18 mai 2011 :: Classé dans Les autres...,Un peu sur nous
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Qu’est-ce que l’écologie ? Qu’est-ce que la politique ? Qui est Hulot ?

Comme à son habitude, eco-SAPIENS ne parle pas de politique. Tout du moins de parti politique.

Alors, à l’heure où tous les medias ont décidé de consacrer leur une à la candidature aux primaires pour la présidentielle de Nicolas Hulot, j’ai en tête les premières phrases de Bruno Latour. Dans « Politique de la Nature»  , il entame ainsi:

Que faire de l’écologie politique? Rien. Que faire? De l’écologie politique!

Je me dis que pour qu’une célébrité comme Nicolas Hulot finisse par céder aux sirènes de l’investiture suprême, c’est qu’il est parti du même constat. Comment se fait-il que l’écologie politique jusqu’à présent en France n’ait jamais pu rassembler plus de 5,25% aux présidentielles (Noël Mamère en 2002) ? Et que faire aujourd’hui sinon de l’écologie politique ?

Alors tout dépend bien entendu de ce que l’on met dans « écologie»  ? Les filtres médiatiques l’ont souvent associée à « protection de l’environnement»  quand ce n’est pas une caricature de « hippies souhaitant retourner à l’âge de pierre» .

Les dièses de Hulot

Nicolas Hulot est intéressant comme candidat à plusieurs égards:

  • Ce n’est pas un professionnel de la politique.
  • C’est une personnalité complexe qui a fortement évolué ces dernières années et, ne le cachons pas, dans un sens qui nous plaît beaucoup.
    D’abord un durcissement de ton qui le dégage légèrement de la posture consensuelle obligatoire pour une personnalité soutenue par des sponsors aussi peu eco-friendly que Bouygues, l’Oréal ou EDF…
    Ensuite une évolution intellectuelle consistant à rappeler que la crise écologique est indissociable de la crise sociale.

Hulot lunettes rougesSymboliquement parlant, la candidature de Nicolas Hulot est stimulante car elle correspond à une réappropriation du champ politique par le citoyen. Qui plus est, un citoyen qui aurait longuement mûri une réflexion difficile qui est celle de l’écologie. Car aussi prétentieux que cela puisse paraître, l’écologie est par nature la pensée de la complexité. Nous avons déjà dit qu’elle était la réflexion autour des interactions et non autour des choses.

C’est donc une rupture épistémologique avec le savoir moderne. Ce qui n’est pas rien !

Pourquoi dissimuler sa joie ? Un parti politique qui peut proposer deux candidatures aussi fraîches et vierges que celles d’Eva Joly et Nicolas Hulot, voilà tout de même un signe que la façon de faire de la politique va changer.

Les bémols de Hulot

Les défauts de Hulot ? ils sont connus et archi-connus.

Ses connivences avec les sponsors de son émission phare Ushuaïa: L’Oréal, Bouygues et EDF entre autres. Sa fondation (qui vient de changer de nom du coup) qui ne vit que par les mêmes sponsors et dont on mesure mal l’impact sur le terrain.

Son pacte écologique qui a réuni énormément de signatures pour ne devenir finalement qu’un coup médiatique et un blanc seing pour les candidats à la dernière élection présidentielle.

Son Grenelle (ce n’est pas que lui bien sûr) qui ne fut qu’une opération de greenwashing (mais les éternels optimistes retiendront les deux trois victoires et promesses… non tenues).

Son absence de réactivité sur certains sujets d’actualité; par exemple les gaz de schiste… (communiqué datant du 20/02 soit des mois après la bataille)

Les lecteurs assidus du journal La Décroissance connaissent les bonnes phrases qui poursuivront l’animateur toute sa vie (voir Pacte contre Hulot). Notons que ce journal avait tout de même, récemment, publié un article de quasi-réconciliation avec leur télécologiste préféré. Ils prenaient acte du revirement. Ils avaient bien vu que le nouveau Hulot était effectivement un excellent crû pour eux. D’ailleurs, le seul député ouvertement favorable à la décroissance, Yves Cochet, est celui qui est le plus enthousiaste à l’annonce de Nicolas Hulot.

Mais ce nouveau Hulot, celui du film Le Syndrome du Titanic, ce n’est pas celui qui rameute. Le film a été boudé et nul doute que si Hulot devient plus virulent par rapport au monde industriel, il aura plus de difficultés à trouver des soutiens financiers…

Car le Hulot qui plaît aux Français, c’est celui qui ne fait pas de politique.

Raison pour laquelle, en écoutant l’interview exclusive attribuée à Terra Eco, on est un peu déçu de voir la consensualité mielleuse reprendre le dessus. Où lui échappe même le qualificatif « anti-nucléaire primaire« , terme peu sympathique pour les pionniers de l’écologie…

J’avais évoqué cette anecdote personnelle où, invité à la Fondation Nicolas Hulot, alors qu’on nous proposait de relayer leurs communiqués, j’avais répondu que nous le ferions volontiers le jour où la Fondation changerait de banque (pour la Nef bien entendu). On m’a dit que ce n’était pas possible.

Mieux encore, Dominque Bourg, membre de la Fondation que nous avions invité pour les 3 ans de la SCOP eco-SAPIENS, nous avait avoué en direct qu’il n’avait jamais entendu parler de la Nef. Et que la « fondation ne pouvait aller chez Enercoop pour les raisons que l’on sait» …

Bref, on sent bien que la fondation n’est pas très au fait de comment on va passer au chapitre 2

Alors rêvons…

Rêvons que ce qui compte tout simplement, ce n’est pas la star, la personne, le people. Rêvons que ce qui importe c’est un collectif, une équipe, une multitude.

Que faire de l’écologie politique? Rien. Que faire? De l’écologie politique!

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Ecrit par Baptiste le 13 avril 2011 :: Classé dans Ad Hominem,Débat,Les autres...
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