Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

Ipad, Iphone et Imonde…

geek jusqu'au boutMon nom est l’ecolo-geek.

C’est à dire que je suis un écolo, qui mange bio et vis sans voiture dans la ville, qui, selon les dernières études, a une empreinte écologique paradoxalement inférieure à celle de la campagne. Ca s’appelle même l’éco-densité.

Je suis écolo donc.

Mais je suis aussi geek. C’est à dire que je suis né à une époque où mes parents achetaient les premiers micro-ordinateurs. J’ai vu passer l’Amstrad, l’Atari et Windows95. J’ai connu les trafics de CD gravés au lycée qu’alimentait le seul type à avoir un graveur à la maison. Bref, je suis peut-être moins agile des raccourcis claviers que mon petit cousin, mais lui est quasiment devenu autiste car il n’y a rien de pire qu’être adolescent à l’heure des blogs et de facebook…

Je passe 9h par jour devant mon ordinateur. Disons deux tiers pour le travail. Un tiers pour surfer.

J’ai mes habitudes, mes flux RSS bien rangés, mes forums de prédilection, mon compte gmail, bit.ly, twitter, facebook et plein d’autres que je n’exploite pas à fond. Parfois, pour tuer le temps le soir, je vérifie que je n’ai pas reçu de mails importants à minuit…

Atari portableLe seul problème, c’est que je n’ai pas d’Ipad ni d’Iphone. Alors, quand je voyage en train régional express ou attends sur le quai le passage du métropolitain, je me sens en manque. J’ai des secondes disponibles dans les interstices inoccupées de ma vie… et je n’en fais rien. Pas d’écran à lire. Pas de clavier à pianoter. Je suis même, ô suprême vice de la modernité, injoignable.

Alors je me convainc que de toute façon, toute cette camelote électronique n’est en réalité pas du tout écologique. Une part due au fameux effet rebond qui dit que certes, envoyer un message impacte moins aujourd’hui… sauf que nous sommes des milliards à envoyer ces messages virtuels.

On appelle cela la démocratisation.
On peut aussi l’appeler standardisation.

Une autre part due au simple prélèvement des ressources. Energie, eau, minerais.

Je sais que les métaux et terres rares utilisés pour tous ces nouveaux objets si XXIème siècle sont, comme leur nom l’indique, limités. Voire très limités. Plus de platine, plus de palladium, plus d’iridium. Et le coltan qu’on extrait dans le coeur des gorilles congolais.

Alors, quand je vois que tout site écolo, tout blog écolo, tout animalcule écolo est en train de développer son application Iphone, Blackberry, Androïd (ou le prochain qui sortira), je me pose des questions sur ce qui, après développement durable semble être un nouvel oxymore : ecolo-geek.

Autant dire chauffard responsable.

Où fixer la limite ? Bizarrement, aléatoirement, il semble que je l’ai fixée jusqu’aux écrans qui tiennent dans la main. Pourquoi ? Car un écran, c’est aussi un miroir, un reflet de soi-même. Et qu’instinctivement, me regarder continuellement dans un miroir n’est pas de mon acabit…

Peut-être au fond ne suis-je ni écolo ni geek. Mais que suis-je alors ?

J’ai demandé à Google.  15 200 000 résultats.

Walton Ford


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Ecrit par Baptiste le 26 novembre 2010 :: Classé dans Débat,Poïesis,Un peu sur nous
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Y a-t-il un business model dans la décroissance ?

eco-SAPIENS va avoir 3 ans.

Vendredi 3 décembre 2010, nous allons fêter cela. C’est à dire que nous allons d’abord examiner les comptes en présence des sociétaires présents. Puis nous allons voter les trucs sérieux. Puis nous irons au café. Plus exactement à l’équitable café.

Pour tout Marseillais aux nerfs un peu vifs, l’équitable café, juché désormais en haut du Cours Julien, c’est un lieu inexpugnable. On peut y boire une grihette en rentrant du boulot bien sûr. Mais on peut aussi assister aux nombreuses projections, conférences et concerts organisés.

Donc vendredi soir, c’est nous, en quelque sorte, qui sommes à l’honneur. On a donc la grihette, pour sûr. Et on s’est dit qu’on pouvait aborder de front la question que tout le monde actuellement se pose :

Y a-t-il un business model dans la décroissance ?

Forcément comme çà, c’est un peu provocateur. Le business model, c’est un concept de capitalistes qui rappelle bien que peu importe le goût de la soupe que l’on vend, l’essentiel c’est de la vendre. Comment vendre plus de soupes ?

A l’opposé, la décroissance consiste à se demander s’il est bien nécessaire de vendre plus de soupes s’il s’avère qu’elle n’a pas bon goût. Ou qu’elle est toxique. Ou qu’elle fait mourir les poissons. Ou qu’elle asservit des enfants dans la chaîne d’embouteillage…

On en a parlé récemment, le philosophe Dominique Bourg, pape et pionnier du développement durable commence à renier cette chimère. « Trop tard !»  dirait-on. Le monde du business a déjà digéré ce concept pour en troubler le sens originel.

Du coup, le monde alternatif recule dans les tranchées sémantiques. Et se positionne contre le développement durable, le green business et revendique lentement mais sûrement la décroissance.

Le problème avec la décroissance, c’est qu’elle oblige à déconsidérer la notion de rentabilité financière. Alors que cela restait crucial dans le développement durable. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le développement durable pouvait dire à une entreprise qu’elle était utile, pertinente, écologique et sociale mais que, malheureusement, il fallait arrêter car ca ne dégageait pas assez d’argent. « Ca va pas être possible…» 

En quelque sorte, la décroissance dirait qu’il faut quand même le faire et que pour l’argent, il faudrait par exemple songer à dépenser moins pardi ! (comme ca on consomme encore moins)

Surtout, d’un point de vue individuel, nous sommes de plus en plus nombreux à nous poser des questions sur la finalité de cette société de marché. Parfois, j’ai le pressentiment que des écologistes de conviction sont plus à la recherche d’une bonne idée de business model (« ah tiens :  ca n’a pas encore été fait, faut que je me place !» ) qu’à une recherche authentique de qu’ils veulent, savent et peuvent faire.

Or, quand on voit dans quel monde de galères survivent les entrepreneurs éthiques, on en vient à se demander si au final, l’éco-consommation peut faire vivre ses acteurs.

Alors on posera cette question à Dominique Bourg, qui nous fera l’honneur de sa présence. On la posera aussi à Sébastien Kopp des baskets Veja. On la posera à tous ceux qui viendront.

On en viendra, c’est certain, à se demander au fond ce qu’est ce drôle de truc qui nous fait vivre de manière arraisonnée et qui s’appelle… l’argent !


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Ecrit par Baptiste le 17 novembre 2010 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Les autres...,Participez,Un peu sur nous
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Bienvenue chez Soleil Vert

Que du jour au lendemain, l’Etat, de concert avec l’industrie agro-alimentaire, décide de (ré)instaurer l’anthropophagie, nul doute que la révolte du public ne le mette aussitôt à bas.

– Mais, attendez- rien n’empêche d’en parler en interne. Entre gens sans préjugé. Théoriquement.

Les économistes dans les séminaires d’entreprises et les colloques universitaires soulignent la gravité de la crise des protéines, en rapport avec l’essor démographique et le tarissement des ressources.

Invités des cercles de réflexion et de prospective, les écologistes indiquent que, du point de vue de la souveraineté alimentaire, de la re-localisation de l’économie, et du respect de la bio-diversité, mieux vaut consommer un kilo de protéines autogènes, que de détruire un are de forêt amazonienne pour l’importer.

Les chimistes expliquent aux commissions parlementaires que la protéine, c’est de la protéine ; on peut lui donner le goût du veau, la couleur du saumon, un parfum de vanille, l’aspect d’une pizza.

Les anthropologues rappellent qu’il n’y a là rien de nouveau, le cannibalisme, y compris alimentaire est vieux comme l’humanité, et persiste dans certains endroits.

Les églises s’interrogent, et appellent au dialogue sur ce retour à l’authentique communion.

Les urbanistes regrettent le gaspillage de l’espace par les cimetières.

Les éthiciens remarquent qu’on est somme toute dans une variante du don d’organes et que l’important est le respect de la personne, et le caractère volontaire du don.

Une étude de l’Inra prouve la supériorité des farines anthropiques, leurs bénéfices pour la santé – élimination des virus et bactéries exogènes-, et leur rendement exceptionnel.

Les scientifiques des laboratoires de diététique moléculaire fustigent l’irrationalisme et l’obscurantisme des opposants aux recherches sur les Nouvelles Calories, qui voudraient nous ramener à l’âge de pierre et de la cueillette.

Les dirigeants pourfendent les végétariens. « Faire croire que l’on imposerait une alimentation anthropophagique à la population sans débat préalable, et que l’on transformerait les hôpitaux en abattoirs de science-fiction relève de la théorie du complot, etc. » Un sondage montre qu’en dehors de 15 % de conservateurs hostiles et de 15 % de modernistes enthousiastes, la population ne sait pas grand chose des Nouvelles Calories, et donc la Commission des Débats de Société organise avec l’association Vivaviandes un cycle « Farines anthropiques : à quelle sauce va-t-on nous manger ? »

L’avis consultatif du comité des sages, représentants du gouvernement, du sénat, du parlement, de l’industrie, des églises, de l’académie des sciences, conclut en toute indépendance, que ceux qui n’aiment pas ça, ne doivent pas en dégoûter les autres ; que chacun doit avoir la liberté de choisir ; et que donc, au-dessous de 1 %, la mention d’homoprotéines dans un produit alimentaire n’est pas obligatoire sur l’étiquette.

Disposition d’ailleurs contestée et violée par la marque Soleil Vert. Soudain, une mystérieuse épidémie de fièvre porcine, attaque biologique ou mutation d’un virus en batterie, extermine le cheptel mondial, et il n’y a plus d’alternative aux Nouvelles Calories. Dans l’urgence de la famine, le gouvernement sort des projets de ses cartons – gouverner, c’est prévoir-, dont l’interdiction de la crémation et la réquisition de toutes les réserves de protéines disponibles.

Mais qu’on se rassure : nous vivons en démocratie. Nous n’allons pas fabriquer des clones pour les cannibaliser.

*En voyant le nouveau logo proposé par Carrefour « Nourri sans OGM» , je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ce texte signé Pièces et Main d’Oeuvre. Il figure dans le livre « Terreur et Possession»  qui est un « indispensable« .
N’est-ce pas beau de voir Carrefour dire « liberté de manger ou pas des OGM»  ?

Dédicace amicale au Marcel Vert qui s’est laissé engluer dans ce genre de publicité !


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Ecrit par Baptiste le 5 novembre 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...,Poïesis
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