Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

La liberté

bmwTouche pas à ma caisse

J’ai appris la semaine passée que le 1er premier ministre de la France avait été proclamé homme de l’année 2009 par le Journal de l’automobile.

C’est classe tout de même quand  j’y pense… homme de l’année en 2009, alors que tout semble se liguer contre ce symbole d’une mythique liberté : émissions de Co2, peak oil, pollution atmosphérique, congestion des villes, nappes d’hydrocarbures à la dérive sur les océans …

Mais voilà, il suffit qu’on parle de ce qui fâche et, hop, les herses du vieux 20ème siècle se lèvent pour défendre notre bonne vieille industrie nationale dont l’avenir est aussi radieux que le ciel le fut au-dessus du volcan Eyjafjallajokull. Et pour là rien de mieux que d’avoir sous la main un homme politique passionné d’automobile, qui ne s’en cache pas et peut même, par amour du sport, aller jusqu’à s’excuser de ses échecs :

« Je dois reconnaitre devant vous que je n’ai pas réussi, en tout cas pas encore, à ramener le grand prix de F1 en France. C’est pour moi un échec… sur lequel je n’ai pas dit mon dernier mot »

volkswagenEt à écouter son discours, ponctué par ses bons mots et les rires virils de l’assistance, certains  pourraient sûrement se laisser bercer des illusions d’évasion et de liberté que nous promettaient l’automobile du temps où elle semblait encore avoir un avenir…

Mais après les bons mots vient le temps des mises au point : toucher au symbole de  l’automobile c’est nier la liberté individuelle.  Et l’opposition entre passionné et détracteurs de cet objet fétiche nous donne droit à une jolie démonstration sans nuance conclue par une excellente définition du développement durable :

« Au fond derrière ce débat qui fait rage dans notre pays autour de l’automobile, autour de la question de l’environnement, on  voit quand même deux conceptions de la société, deux conceptions de l’avenir qui s’affrontent :
il y a ceux qui sont favorables à une sorte de forme de décroissance, de retour en arrière et peut-être même à une certaine forme de collectivisme, d’organisation de la société pour faire face aux dangers qui la menacent
et puis il y a ceux qui pensent que le Développement Durable, celui qui mise tout sur le progrès de la science, sur le progrès de la technologie, qui fait confiance à l’homme, qui fait confiance à l’individu nous permettra de relever les défis qui sont devant nous. »

Roulez jeunesse !

peugeot-rcz


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Ecrit par francoise le 30 avril 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...
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Fleurs de printemps 2

Je regardai tranquillement une curieuse ortie grandir dans mon jardin. Plus les journées passaient, plus je me disais que cette ortie était monstrueuse. Quelque chose n’allait pas. J’ai mis cela sur le compte de la pénombre et de la terre qu’elle avait choisie.

Un jour, je lui découvre des fleurs violettes. N’ayant jamais vu cela mentionné dans les livres j’inspecte de plus près la plante. Et je me rends compte de mon erreur. Ce n’est pas une ortie du tout. Il suffisait de regarder les feuilles qui, sur toute bonne ortie qui se respecte, sont opposées. Ma mystérieuse plante les a alternées.

Il n’y a pas pire que chercher le nom d’une plante… Vous pouvez avoir 15 bouquins, la célèbre flore de Bonnier, le clés de détermination en ligne, rien n’y fait. L’arsenal encyclopédique est bien moins efficace que « le coup de fil à un ami« .

Je vous soumets donc une photo de la délinquante !

ortie-violetteVoilà, son port est plutôt flasque, le vert des feuilles plutôt sombre. Les poils ne piquent pas. Elle n’exhale aucune odeur caractéristique. J’ai cherché du côté de l’épiaire des bois. Je n’y suis point.
edit: Une internaute nommée Valérie a trouvé: il s’agit de la « monnaie du pape» .

Un an d’abonnement gratuit à eco-sapiens pour celui qui trouve !

Bon sinon, voici quelques fleurs de mon jardin sequanien

bugle-geneveinconnuinconnu1

Une bugle de Genève, un géranium mou (certainement), une fleur dont j’ai aussi oublié le nom!

inconnu2

veronique

Heureusement que la Véronique petit-chêne m’a dit son nom !

Parce que cette fleur à gauche, je n’ai pas encore trouvé non plus !

Bref, si vous trouvez les noms de toute cette anthologie, vous êtes le phénix de mes bois.

Sinon, pour des planches plus pédagogiques, voyez:

Apprenez les fleurs de printemps


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Ecrit par Baptiste le 29 avril 2010 :: Classé dans Botaniqus,Participez
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Que peut-on savoir ?

euler« Téléphone mobile et santé : l’étude Cosmos donne rendez-vous en 2040» 

Je me pince pour savoir si j’ai bien lu ce titre.
Je relis ce paragraphe qui me semble tout autant improbable:

Mais nous n’allons pas tarder à en savoir un peu plus. Il suffit d’attendre un peu, 2030 au plus tôt, 2040 au plus tard. Pilotée par l’Imperial College of London, l’étude Cosmos (Cohort Study Mobile Communications) vient d’être lancée et suit désormais 250.000 adultes, de 18 à 69 ans, dans cinq pays, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède.

Et ce paragraphe

[...] à 1,15 le risque de développer un gliome chez les utilisateurs réguliers et à 1,96 pour les utilisateurs intensifs. Mais en Allemagne, ces risques sont respectivement de 0,98 à 2,20, soit une augmentation de 125% ! En revanche, au Royaume-Uni, le risque paraît moins élevé chez les utilisateurs intensifs : 0,90 contre 0,94 chez les utilisateurs réguliers. Outre-Manche, le mobile protègerait du gliome…

Quand j’ai embrassé la filière scientifique, j’avais été séduit par la logique impeccable des sciences pures, par les modèles mécaniques dont on connaissait la marge d’erreur, et par la beauté des formules qui condensaient dans leur kabbale une certaine magie du monde.

Il  y avait cette fabuleuse science qui de Descartes à Newton, révélait les propriétés de la lumière et des corps. Il y avait aussi cette science ingrate que je n’aimais pas tant elle me semblait pleine de constantes arbitraires, j’ai nommé la thermodynamique. Heureusement, cette science typiquement XIXème, plus « industrielle»  que « poétique» , se dissipa au contact des sciences merveilleusement absurdes apportées par le XXème siècle: quantique et relativité. Planck et Einstein.

Aujourd’hui ? Théorie de l’information, théorie des systèmes et du chaos, théorie des cordes…, la science des dernières décennies a su renouer avec la philosophie dont elle était fille.

Quant à ce ramassis de statistiques mentionnées ci-dessus, où l’on nous dit, avec humour certes, que les ondes provoquent plus ou moins de cancer selon qu’on parle anglais ou français, voilà bien le fond du gouffre. Après cela, allez expliquer au grand public que le climat change… Est-ce de la science ?

Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement disait un certain Boileau. Désormais, la médecine et la santé en général se réduisent aux statistiques… dont on sait pertinemment que c’est le payeur qui interprète le résultat.

Je lis aussi que le responsable des eaux minérales Nestlé Waters peut fournir des études qui démontrent que l’empreinte carbone de l’eau en bouteille est comparable à celle de l’eau du robinet.

Que les choses soient de plus en plus complexes, c’est indéniable. La pensée analytique est-elle à bout de souffle ? Ne serait-ce pas plutôt la paresse intellectuelle qui prend le dessus en disant que l’on va observer des milliers de personnes pendant 25 ans pour connaître l’impact sanitaire d’un gadget utilisé par des centaines de millions d’individus ?

Paresse intellectuelle mais agitation administrative et protocolaire. Croissance !

Franchement, rendez-vous en 2040. Je sais pas pourquoi mais je sens que les résultats de cette brillante étude vont passer aux oubliettes…

PS: pour ceux qui ne connaissent pas la formule sur la casquette, je précise que c’est une des plus belles qui soit ! La formule d’Euler a le bon goût de réunir tout : l’exponentiel e, l’imaginaire i, le mystérieux pi, l’addition, l’unité, l’égalité, … tout ceci pour du néant !


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Ecrit par Baptiste le 27 avril 2010 :: Classé dans Poïesis
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Morales a-t-il vraiment parlé d’homosexualité à Cochabamba

kojakDès que l’on reçoit des informations en provenance de l’Amérique latine, les choses se corsent. Les pro-Chavez, les anti-Chavez. Le régime castriste. Et Lula ?

Et maintenant Evo Morales que des medias commencent à dépeindre comme un futur Chavez en herbe.

A l’instant, je viens d’apprendre qu’au sommet de Cochabamba, ce sommet sur le climat qui n’a pas la faveur des medias car il est le sommet des « peuples»  et non des « grands» , qu’au sommet de Cochabamaba donc, le président bolivien Evo Morales aurait prononcé une phrase homophobe.

Transgénicos y hormonas causan calvicie y homosexualidad, según Evo Morales
Soit : Les OGM et les hormones sont responsables de la calvitie et de l’homosexualité.

Là où c’est complexe, c’est que des écologistes n’hésitent pas à crier au scandale, pour bien se démarquer de toute association entre écologie et homophobie.

En son temps, le penseur Jacques Ellul, critique de la technique, avait eu une phrase équivoque sur ce sujet (mais cela n’avait rien à voir avec l’écologie mais avec sa religion).

Peut-être que certains croient que l’écologiste est partisan de l’ordre « naturel»  des choses et que donc, l’homosexualité qui ne serait pas naturelle, doit être combattue par les écologistes.

Faut-il préciser que ce cliché à propos d’une écologie « naturelle»  est aussi inepte que l’homophobie !

Mais revenons à la petite phrase de Morales. Il se trouve… qu’il n’a pas dit cela. Et oui, l’histoire se répète ! On déforme et on mutile une phrase, hors de son contexte qui plus est, pour prêter à l’ennemi des propos qui le discréditeraient pour le reste de sa vie.

Alors Morales considère-t-il que l’homosexualité est une maladie comme la calvitie ? (D’ailleurs, la calvitie est-elle une maladie…?)

Fort heureusement, le journal El Païs propose l’extrait sonore pour mieux nous faire une idée. Pour les hispanophones, il est disponible ici.

« Le poulet que nous mangeons est plein d’hormones féminines. C’est pour cela que les jeunes, lorsqu’ils en mangent, ont des dysfonctionnements profonds (dans leur être-en su ser), en tant qu’homme» .

Faut-il surinterpréter « deviacones»  comme « déviance»  ou plutôt comme « perturbation» . On peut imaginer que si Morales avait voulu parler de l’homosexualité, il aurait employé le mot « homosexualité» …

Quant à la calvitie ? Ah bah c’est un autre extrait sonore ! Et du coup la manipulation médiatique est plus flagrante encore puisque non seulement Morales ne parle pas d’homosexualité, mais in ne l’associe pas avec la calvitie.

Par contre, on peut s’étonner de cette observation qu’il a faite sur l’Europe !

« En Europa casi todos son calvos y esto es por las cosas que comen» .

Eh oui, pauvre de nous ! Nous sommes tous chauves (et de plus en plus tôt).

Bon rien de trop grave !

Ah si… la désinformation médiatique est grave !


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Ecrit par Baptiste le 22 avril 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...
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Quel volcan ?

magma-logoQue de bons mots a fait couler ce volcan islandais !

A vrai dire, en survolant divers articles relatifs à Eyjafjallajokull, je n’ai vu qu’un magma journalistique. Trois choses m’ont particulièrement interpellé:

  1. La polémique sur la question des émissions carbone de l’éruption, qui gâcherait tous nos efforts domestiques (« aujourd’hui j’éteins mes appareils en veille etc…» )
  2. Le consensus sur le fait que le ciel n’a jamais été aussi pur
  3. Le rappel que la nature peut-être l’ennemi de l’homme (entendez… du business !)

Pour la comptabilité carbonique, il serait temps de cesser ces mélanges entre activités humaines et naturelles. Car, avec ce genre de raisonnement, on va finir par pester contre l’évaporation des océans ou le diamètre de l’orbite terrestre qui, s’il avait été plus grand, etc etc.

Le plus amusant, dans cette histoire, c’est que j’ai lu des blogs anti-écolos ironiser sur le fait que les écologistes devraient demander à installer des pots catalytiques sur les cratères. Qu’est-ce qu’on se marre !

D’une manière générale, ces tensions (pour l’instant bon enfant) entre les pro-volcans et les anti-volcans révèlent une fois de plus l’incompréhension de la pensée écologique. Je ne sais pas qui entretient cette idée que les écologistes considèrent la nature comme bonne ou parfaite ! Il suffit de lire n’importe quel philosophe de l’écologie pour se rendre compte que c’est hors-sujet !

Du coup, ceux qui parlent de Terre ennemie (Joffrin) sont franchement pathétiques. Ou alors, on devient animiste sur tout. Un évier bouché ? Les canalisations  sont cruelles ! Un bug informatique ? L’ordinateur est cruel !

Il y a tout simplement la Terre, et nous dessus, parmi tant d’autres éléments, vivants et non-vivants.

Evidemment, personne ne se réjouit que telle ou telle personne soit bloquée. Je connais personnellement une hôtesse de l’air coincée en Angola qui ne va pas voir son enfant qui a quelques mois pendant de longues semaines.

Et pourtant, au niveau global, on ne peut que se réjouir. Un petit test, une répétition générale des crises énergétiques à venir. Car si l’on peut imaginer raisonnablement que la déplétion énergétique entrainera une baisse progressive des transports, on peut aussi penser que certains pics ou certaines crises viendront ponctuer cette tendance.

Lors du choc pétrolier de 1973, on vivait une sorte d’état de crise en France avec des recommandations gouvernementales qui feraient rugir les plus libéraux d’aujourd’hui.

Pour moi, cette parenthèse dans l’agitation générale du XXIème siècle a démontré une chose. Avec moins d’avions, on vit bien ! Le monde peut continuer de vivre.

Il serait souhaitable qu’une panne générale d’Internet survienne pendant un mois. Ainsi, on reprendrait certainement goût à la vie physique, réalisant que la vie numérique est devenue une drogue.

Ce que je trouve le plus beau dans cette histoire c’est que contrairement à ce que l’on dit, ce n’est pas tant le volcan qui provoque cette pagaille, c’est bien plus la poussière.

La poussière ! Cette petite chose insignifiante et stérile. Ce truc qu’on évacue si facilement d’un coup de torchon. Ce truc d’où nous venons et où nous retournerons.

Un grain de sable, c’est déja bien gros pour enrayer la mécanique du monde marchand. La poussière suffit largement à l’affaire !


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Ecrit par Baptiste le 19 avril 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...,Poïesis
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Quad et écologie, la Quadrature du cercle

quadJe souhaite partager l’étonnement qui fut le mien quand je suis tombé sur ce plaidoyer en faveur du quad qui est donc, paradoxalement, un engin particulièrement écologique.

C’est disponible sur le site journalduquad, et ca vaut son pesant de cacahuètes. Un véritable exercice de contorsion mentale pour démontrer que contrairement aux apparences, il n’y a pas plus écologique que ce chétif véhicule tout-terrain.

Extraits

le quad (bien utilisé) est sûrement le véhicule qui dégrade le moins les chemins :

Grâce à leur large surface de contact et leur basse pression,  leurs pneus exercent sur le sol moins de pression au cm2 qu’un marcheur ou un cheval, faisant moins ou aucun dégâts sur leur passage. Cela permet par exemple d’intervenir en zone sensible sans abîmer la végétation au sol. cela été notamment le cas lors du nettoyage des côtes Bretonnes polluées par la dernière marée noire. La pression au sol d’un marcheur est le double de celle d’un quad, et celle d’une voiture est 10 fois supérieure… Ne parlons pas de celle d’un tracteur moderne !

Amis randonneurs, j’espère que vous ressentez une certaine honte de participer à l’enfoncement des chemins !

Au fait, petit calcul de coin de table pour avoir des ordres de grandeur.

Sachant qu’un quad pèse 160 kg en moyenne, qu’il repose sur 4 pneus de 22 cm de largeur, et en considérant que la longueur au contact est de 11 cm (dépend de la pression des pneus, environ un quart du diamètre que nous prendrons ici à 50 cm). N’oublions pas de rajouter le poids de l’enduriste et nous calculons:

pression surfacique=(poids véhicule + poids usager)/(longueur x largeur x nombre de roues)
=(160+70)/(11*22*4)
=0,24 kg/cm2

Chouette !

Pour le piéton, la surface d’un pied masculin (bah oui j’arrive pas à me défaire de l’idée que c’est un truc d’homme le quad) étant à peu près de 192 cm2 et sachant que même s’il a deux pieds il les utilise l’un après l’autre, ca nous donne simplement

pression surfacique=(poids personne)/(surface pied*nombre de pies en contact)
=70/192
=0,36kg/cm2

Caramba ! J’exerce effectivement plus de pression sur mes chemins que le type en quad ! Ah c’est décidé, je suis convaincu, je vais en acheter un pour soulager la planète.

Reprenons nos esprits et reconnaissons que c’est une petite victoire car les résultats sont en fait du même ordre de grandeur. Ce n’est pas pour vous recommander de marcher avec des raquettes mais je crois qu’il est dommage de se focaliser sur cette histoire de pression car le principe d’un chemin, c’est justement d’être ce mince filet réservé au passage humain au milieu de la végétation. En réalité, il faudrait regarder la largeur de ce qui passe et là pas de doutes, le quad requiert une plus grande envergure pour faire passer ses quatre roues.

Mais voyons la suite

La majorité des quads utilisés en France pour la randonnée sont de type utilitaires, peu puissants ( un 250 cc Arctic-Cat développe 8,8 Chevaux aux roues arrières… soit la puissance d’un cyclomoteur moderne ), et leurs utilisateurs ne sont généralement pas des férus de vitesse. De nombreux agriculteurs possédant un quad à usage professionnel en profitent pour randonner le week-end…

Enfin, les moteurs sont principalement des quatre-temps de faible cylindrée, très silencieux. Certains modèles homologués ont désormais des pots catalytiques. La consommation moyenne d’un quad de 250 / 300 cc est de l’ ordre de 1,5 à 2 litres à l’heure…

Des quads électriques existent à l’étranger (USA principalement) et un prototype roule en France désormais.

On se demande pourquoi tous ces efforts de pot catalytique et de moteur électrique si le quad est écologique. Ah mais c’est pour être encore plus écologique. Bon, et si vous comprenez l’histoire des agriculteurs qui utilisent leur quad pour aller randonner, je veux bien une explication.

Mais venons-en à la conclusion qui est la raison pour laquelle j’ai pris la peine d’écrire ce billet.

Enfin, je rappellerais aux éventuels « allergiques»  aux véhicules à moteur dans nos beaux chemins, que seul le passage régulier de véhicules entretient les chemins, sans quoi ils retournent immanquablement à l’état de broussailles infranchissables. Chaque année des milliers de kilomètres de chemins disparaissent ainsi.

Amoureux des chemins, n’hésitez pas à vous armer de tronçonneuse (!), débroussailleuse, ou tout autre instrument contondant :-) pour redonner près de chez vous aux chemins à l’abandon leur vocation initiale : y circuler…

On se demande comment les civilisations antérieures, sans leurs engins à moteur, sont parvenues à nous léguer ces routes et chemins que nous utilisons aujourd’hui. Les études historiques concordent en effet toutes sur le fait que les itinéraires n’ont quasiment pas changé depuis la préhistoire. Bref, les centaines de générations qui nous ont précédé n’ont manifestement pas eu besoin du quad pour entretenir le réseau vicinal.

Et ceux qui ont arpenté un jour le plateau du Vercors par exemple, ont bien remarqué que des chemins de randonneurs existent sans qu’aucun moteur n’ait accompli la besogne.

Passons enfin sur les outils contondants (adjectif qui signifie justement « blesser sans couper» …à l’inverse de ce qu’écrit l’auteur) car là on tombe un peu dans la loi de la jungle. Indéniablement les chemins disparaissent trop. La faute d’abord aux politiques communales qui délaissent parfois le rôle du garde champêtre. Rien de mieux que de réhabiliter un chemin que la végétation aurait recouvré. Encore faut-il se demander si ce chemin sert encore, et à autre chose qu’à faire du quad…?

Et demandons-nous si cet abandon de nos chemins n’est pas d’abord lié à notre relation au déplacement qui est une relation de la vitesse, de l’efficacité et du loisir. Toute ressemblance avec un engin à quatre roues est bien entendu fortuite.

En tout cas, je trouve assez dément de dire aux gens en quad de penser à ramener des tronçonneuses pour faire eux-mêmes leur chemin. Dans mon village, il y a un chemin qui disparaît lentement. Nous avons fait une demande en mairie pour qu’il soit réhabilité. En six mois, ce fut fait. Bref, les chemins étant collectifs, il serait bon que ce genre de décision se prenne en collectivité et pas à la tronçonneuse individuelle.

Pour finir, j’éprouve à vrai dire une vive compassion avec l’auteur de ce texte. Je pense qu’il aime sincèrement les grands espaces et qu’il souhaite préserver la beauté des paysages. Devant la contradiction manifeste et insoluble avec sa grande passion motorisée, il tente de justifier par tous les moyens leur compatibilité.

La quadrature du cercle.

Il serait tellement plus simple d’assumer ce penchant anti-écologique. Je préfère mille fois que ce genre d’individus me dise « je sais c’est pas terrible mais cette passion est plus forte que moi» . En ce cas, nous pourrions presque repartir bons amis juste parce que je préfère l’honnêteté intellectuelle à la fausse bonne conscience écologique.


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Ecrit par Baptiste le 14 avril 2010 :: Classé dans Les autres...
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Mort aux vaches et morts au champ d’honneur

5361_d334_480J’ai eu la chance d’assister à l’avant-première du film de Coline Serreau. Pour ceux qui l’ignorent, la réalisatrice de « Trois hommes et un couffin»  sort aujourd’hui Solutions Locales pour Désordre Global qui est un film-documentaire sur l’agriculture.

Dit ainsi, cela semble peu aguicheur. Car au fond, qui s’intéresse aux agriculteurs ? Car qui rêve de devenir agriculteur ? Oui eux, je sais, mais bon…

Le film débute avec des plans très rapprochés sur des museaux. Pendant 5 minutes, sur fond de trio à cordes, on est collé à des groins, des gueules, des narines touffues, des yeux rieurs comme peuvent rire les animaux de ferme.

Et puis l’histoire de l’agriculture moderne commence. Oh bien sûr une telle version de l’histoire ne sierra pas aux techniciens de l’agronomie d’aujourd’hui. Et pourtant, tout ceci est fort bien connu et fort bien prouvé. Même Liebig, père de l’agriculture moderne le présentait

L’agriculture moderne est une agriculture de guerre. C’est avec la Grande Guerre que l’on a pu expérimenter et développer tout ce qui allait devenir intrants, engrais, pesticides, herbicides et fongicides. Si vous ne saviez pas, allez voir au cinéma !

Le film parle moins du sort des animaux pour se concentrer sur la terre, le sol, l’humus. On entend toujours avec plaisir Claude Bourguignon expliquer comment l’étude des sols (sa micro-biologie) a disparu de l’enseignement agricole. Aujourd’hui, on exploite des sols morts qui ne tiennent qu’à coup de produits chimiques. Lui parle de gestion de pathologie végétale.

utopiaLors du salon Planète Durable, j’ai eu l’occasion d’échanger vivement avec la responsable Environnement du CIV (Centre d’Information sur les Viandes, qui vise donc à informer sur la viande). Cet organisme est la représentation des éleveurs français, spécifiquement vache et mouton. Bref, on ne mélange pas les cochons avec les bavettes !

Inutile de préciser que la sortie du livre à charge Bidoche, de Fabrice Nicolino, sur l’industrie de la viande, a fait bondir plus d’un éleveur. Il fut assez long d’expliquer à mon interlocutrice que, selon moi, Bidoche n’est pas un livre contre les éleveurs. Ce qui est dénoncé c’est un système.

Car mettons nous à la place d’un agriculteur français d’aujourd’hui, qui choisirai la voie « conventionnelle» .

  1. Il est trimballé au gré des allocations de subventions européennes et françaises (par exemple le maïs il y a une dizaine d’années)
  2. Il est étranglé par les négociations des centrales d’achat de la grande distribution
  3. Il est sommé par les consommateurs exigeants de fournir des produits sains, de ne pas polluer les cours d’eau etc

D’où l’on tire comme conclusion que l’agriculture française n’est pas viable économiquement, ne suffit pas à l’autosuffisance alimentaire du pays et n’est pas durable.

Cela change. Lentement. Trop lentement.

Je ne cherche pas à ce que l’on plaigne les agriculteurs et les éleveurs. Mais il est aussi trop facile de les accuser. Nous sommes clairement embarqués sur la même galère et nul doute que dans la même situation, nous n’aurions peut-être pas agi mieux.

Pour moi, en étudiant les conditions historiques et idéologiques de l’élevage (abattoirs de Chicago, peur du manque dans l’après-guerre…) le livre de Nicolino dit la même chose. De manière regrettable, les corporations concernées l’ont ressenti comme une agression.

L’agriculture moderne est un secteur, parmi d’autres, saccagée par l’arraisonnement humain du XXème siècle.

Arraisonnement ! Le terme n’est pas trop fort quand on voit les aberrations patentes des lois actuelles.

Quand on déclare illégale telle variété de pomme de terre qui a nourri l’Europe pendant des siècles; quand des firmes souhaitent interdire le commerce de semences traditionnelles sous prétexte qu’elles ne dégénèrent pas;  quand ces mêmes firmes tentent de faire interdire le purin d’ortie; quand on nourrit des vaches avec des restes d’animaux…

Si ce n’est de la folie, comment appeler cela ?

moutonsPhilosophiquement parlant il est toujours difficile de voguer entre responsabilité systémique et responsabilité individuelle. En d’autres termes, il est plus prudent de dire à son interlocuteur: « ce n’est pas ta faute si tu agis mal, c’est le système» . Ca déresponsabilise et ca le soulage ! Nous sommes donc condamnés à nous accuser les uns les autres: soit nous ne sommes pas vertueux (mais nous sommes libres), soit nous ne sommes pas libres (et nous serions vertueux sinon…).

Et pourtant système il y a !

Au Monopoly, vous pouvez être quatre amis fort gentlemen et vertueux, vous constaterez que les pauvres s’appauvrissent et que les riches accumulent à toute vitesse. Et bien depuis de longes années, nous jouons au Monopoly in vivo. La règle étant simple: « les plus riches peuvent se servir dans la banque de la Nature tant qu’il y en aura« . A celà s’ajoute une bonne dose de foi dans le progrès technique, le graal aveuglant derrière lequel nous courrons pour résoudre tous les problèmes planétaires…)

Coline Serreau, le CIV, Bidoche, le Monopoly… où en étions-nous ?

Ah oui ! Nous voulions prévenir les lobbyistes agricoles, les détracteurs de la bio et autres contempteurs de l’écologie qu’en incendiant le film de Coline Serreau (ils vont le faire je n’en doute pas, et ca va être musclé  !) ils se trompent de combat.

Car le film est résolument tourné vers les alternatives et l’espérance. Ici, on ne dénonce personne ad hominem.

Ici on dit « regardez ! il y a des gens qui font autrement. Ca marche et en plus… ca paraît sensé» .

Merci donc pour cette piqure de rappel et pour tous ces gros plans sur les vaches !


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Ecrit par Baptiste le 7 avril 2010 :: Classé dans Botaniqus,Débat,Itinéraire,Les autres...,Participez,Poïesis
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Marques et artistes, liaisons dangereuses ?

la_canalisation_marques-et-artistes

C’est le titre de la deuxième conférence-débat dite « La Canalisation» .

Évidemment, on revoit à Dali qui faisait sa publicité pour des nouilles. Mais à l’époque, je ne sais pourquoi, c’était amusant.

Surtout, il ne s’agit pas de savoir si des célébrités doivent s’acoquiner avec des grandes marques. Qu’un footballeur ou qu’un journaliste fasse des « ménages»  c’est un problème de morale personnelle.

L’art s’y mêle et s’emmêle quand des artistes n’existent que parce qu’elles ont trouvé, en quelque sorte, mécène à leur pied.

Mais si les Médicis et les Valois ont su révéler les artistes que nous connaissons, pourrons-nous en dire autant de ce mercato où grandes enseignes et artistes indépendants s’apprivoisent.

Personnellement, je crois qu’on retiendra plus un Banksy qu’un QUIK

Arrêter les incantations. Connecter les initiatives. Initier le changement.

Dans un système économique où les marques sont omniprésentes, où le secteur marchand subventionne l’Art et où les artistes se réduisent trop souvent à des placements financiers, l’art devient-il une nouvelle forme de marketing ?

La CANALISATION réunit le fonds de dotation Agnès b., l’artiste JR, des historiens et des publicitaires afin de mieux comprendre les relations entre marques et artistes.

Rappelons que la première Canalisation portait sur la publicité et sa pollution de l’économie. Là, on s’intéresse à la pollution de l’Art.

On espère qu’un troisième volet s’ouvrira sur la pollution du Savoir par la publicité. Avec le pullulement des pseudo sites « informatifs»  genre info-pesticides.org (développé par le lobby des pesticides), ou parlons-cosmetiques.com (réponse de l’industrie cosmétique sur les effets du parabens) ou encore envidedebienmanger.com (développé par l’industrie laitière pour expliquer les bienfaits des produits laitiers…) et l’invasion dans les lieux publics de brochure sur le nucléaire, la viande et consorts, il va bien falloir savoir d’où vient notre savoir !

Mais bon, chaque chose en son temps. Gloire aux artistes !

Infos pratiques:

  • Animé par le journaliste John Paul Lepers, le débat aura lieu le vendredi 9 avril à 19h00 au Comptoir Général (80 quai de Jemmapes à Paris)
  • Apéritif libre avec vodka équitable, dégustation de vins et pizzas bio
  • Et le site internet de La Canalisation

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Ecrit par Baptiste le 6 avril 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...
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Claude Allègre reconnaît le changement climatique et avoue avoir été payé par le lobby pétro-chimique

allegre-280Après avoir été invité sur France Inter ce mercredi 31 Mars, le géophysicien Claude Allègre, membre de l’Académie des Sciences a avoué « avoir reçu des cadeaux»  de la part de certains groupes industriels.

C’est à la toute fin du débat animé par Nicolas Demorand, face au député européen Yannick Jadot, que Claude Allègre a lâché une phrase ambiguë:

« La nature est en train de résoudre les choses par elle-même« .

Titillé par cette vision animiste inattendue de la part du climato-sceptique, le débat s’est poursuivi en coulisses. Dans un premier temps, selon les témoins, Claude Allègre aurait commencé à expliquer que l’homme faisait partie de la nature et que par conséquent, on pouvait bien dire que l’être humain était en passe de résoudre le problème climatique.

C’est alors que Nicolas Demorand a posé avec insistance la question suivante:

« Qu’est-ce qu’il y a résoudre puisque vous dites qu’il n’y a pas de problème climatique ?» 

Et Yannick Jadot d’ajouter « Pourquoi vouloir séquestrer le carbone alors que vous passez votre temps à expliquer que les émissions de carbone ne posent pas de problème ?» 

Et là, dans la stupéfaction générale du studio, le chercheur sceptique aurait tout avoué !

Qu’il n’est pas climatologue, qu’il a juste besoin de refaire parler de lui pour revenir éventuellement sur la scène politique et doper ses ventes en librairie. Et surtout qu’il aurait toucher plusieurs avantages en nature de la part de groupes industriels liés aux biotechnologies et au pétrole.

L’Académie des Sciences, dont Claude Allègre est membre depuis 1995, ne s’est pas prononcée pour le moment. Elle a juste rappelé qu’un membre qui n’a pas publié dans les revues scientifiques depuis plus de 20 ans est de toute façon remplacé.

Cette mise à jour des réels mobiles du plus célèbre climato-sceptique porte un coup dur, d’autant que l’intéressé a également avoué qu’il n’était pas le seul à bénéficier des bonnes grâces industrielles…

Ecouter le podcast de l’émission sur France Inter


7 commentaire(s)
Ecrit par Baptiste le 1 avril 2010 :: Classé dans Débat,Les autres...
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