Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

A propos du ClimateGate

tournesolsCet billet est une reproduction de la tribune d’eco-sapiens concernant le CimateGate.
Incroyable révélation et effet de buzz, le piratage de documents du centre d’études climatologiques provoque la polémique sur la crédibilité du changement climatique. Et ce… à quelques jours de Copenhague.

Après le Watergate, le Climategate. Avouons-le, ce genre d’information est si délicat que l’on ne peut que parler au conditionnel. D’autant qu’ils jetterait non seulement un discrédit énorme sur le mouvement écologiste, mais aussi sur l’expertise scientifique en général.

Voici les faits, trouvé sur le site AgoraVox, confirmés pour l’instant par la BBC.

Un pirate a pénétré les serveurs du CRU (Climate Research Unit), le centre d’études climatologiques de référence du GIEC (Groupe International d’Experts sur le Climat, qui fait autorité sur la mesure du changement climatique et son scenario).
72 documents et un milliers d’emails ont été récupérés puis aussitôt déposés sur des serveurs publics. La blogosphere commente depuis dimanche le contenu sulfureux des échanges, qui laisseraient croire que le CRU a fraudé, modifiant les relevés de températures existants. Ce qui est embêtant, car de nombreux laboratoires utilisent les ressources fournies par le CRU…

Là où ca se corse, c’est qu’il est désormais impossible de savoir si le hacker a altéré les données de manière à en plus faire du sensationnel. Pour l’instant, le directeur du CRU, Phil Jones, ne dément pas ce qui est publié. Selon lui, les phrases n’ont rien de choquant replacées dans leur contexte.

Quelques extraits qui devraient, soyons-en sûrs, réjouir les climato-sceptiques:

Je viens de terminer d’utiliser l’astuce Nature (ndt : la revue scientifique) de Mike (ndt : Michael Mann ??) qui consiste à incorporer les vraies températures à chaque série depuis les 20 dernières années (çad depuis 1981) et depuis 1961 pour celles de Keith’s (ndt : probalement Briffa) afin de masquer le déclin.

Le fait est que nous ne savons pas expliquer l’absence de réchauffement actuellement et c’est ridicule. Les données du CERES publiées dans le supplément d’Août BAMS 09 en 2008 montre qu’il devrait y avoir encore plus de réchauffement : mais les données sont certainement fausses. Notre système d’observation est déficient.

Climatgate: ce qu’en pense eco-SAPIENS

Il n’y a donc pas que le climat qui s’emballe… Les « réchauffistes»  ou « climat-sceptiques»  s’emballent aussi. Leurs réactions ne s’est pas fait attendre: annuler Copenhague, supprimer les lois du Grenelle de l’environnement, la taxe carbone. Bref, que l’on peut continuer à faire comme avant. C’est à dire n’importe quoi…

Or, non seulement, le changement climatique ne se cantonne pas au CRU (il existe quantité de données confirmant une hausse globale des températures, un accroissement des amplitudes thermiques) mais surtout, les révélations sont bien faibles (à part la mention de supprimer des emails ce qui avouns-le n’est pas très transparent).

Indéniablement, ces données étaient sensibles (pourquoi ne sont-elles pas publiques ?) et le CRU a souhaité quelque chose. Vraisemblablement, les données n’étaient pas conformes aux prévisions et les climat-sceptiques n’auraient pas hésité à dénoncer la bancalité du modèle.

Néanmoins, ce qui était prévisible est arrivé. A savoir qu’en se focalisant sur le climat, le mouvement écologiste a un peu délaissé d’autres signes patents de la dégradation de l’environnement: la perte de biodiversité surtout, mais aussi la pollution chimique, épuisement des ressources, ou encore la baisse de la fertilité masculine.

La climatologie est indéniablement une science trop complexe pour satisfaire l’idéal d’une science mécaniste. Ses imprécisions laissent trop de marges si bien que le débat sur le climat quitte le champ scientifique pour ne camper que sur le champ politique.

Les activités émettant le plus de gaz à effet de serre correspondent le plus souvent à des activités néfastes aujourd’hui (agriculture intensive, déforestation, transport individuel et irraisonné). La protection de l’environnement, c’est aussi un certain art de vivre. Le slow food, le travailler moins, le « moins de bien, plus de liens» . Autant de concepts sousjacents à un Copenhague victorieux.


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Ecrit par Baptiste le 23 novembre 2009 :: Classé dans Débat,Les autres...

Après l’huître en tube, le poulet en canette

Ils ont osé ! Ils l’ont fait !

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Vu sur ce site américain, un poulet entier en conserve. N’hésitez pas à aller cliquer pour vous délecter des photos de la bête engluée (est-ce de l’huile? est-ce de la gélatine ?).

Quand on y pense, chez les animaux, le poulet est vraiment le premier qui trinque. Dans le monde de l’élevage, c’est certainement celui qui prend le plus cher : antibiotiques, entassement effroyable, limage de bec… Les éleveurs producteurs de poulets ont-ils encore une approche paysanne ? Bien sûr que non.

Quant à ces pionniers américains de la conservation & distribution, je peine à imaginer ce qui a pu se passer dans leur tête. Car enfin bon ! Pourquoi cela me brusque-t-il ? Suis-je à ce point à rebours du progrès pour ne pas m’enthousiasmer devant un tel fonctionnalisme. 52 conserves, 52 poulets du dimanche ! Plus que du dégout, c’est de l’incompréhension. Pourtant, on fait bien du confit d’oie en conserve. Alors pourquoi pas un poulet entier ?

Suis-je bête ?

Je cherche, je cherche. Pourquoi ça coince ? Je cherche pourquoi il y a rupture.

« Ne sachant m’expliquer sans paroles païennes, je voudrais me taire.» 


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Ecrit par Baptiste le 16 novembre 2009 :: Classé dans Débat,Poïesis
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Gilles Clément et le loup à crinière

loup-criniereOn ne présente plus Gilles Clément, jardinier, paysagiste et botaniste (Parc André Citroën, Jardins de l’Arche de la Défense… pas loin de l’EPAD…). Avec lui, le jardinage devient politique.
Comment le jardinage pourrait-il être « politique»  ?

Pourtant l’affaire du purin d’ortie, les procès intentés à Kokopelli, le développement des AMAP, des jardins partagés… tout ceci porte un message politique.

Il y a d’une part le jardinage privé, narcissique et disqualifié (engrais, pesticides, variétés propriétaires) et d’autre part le jardinage ouvert, changeant, autonome.

Bien entendu, la limite est tenue entre le naturel et l’artificiel. Si Gilles Clément est plus dans le laisser-faire, se contenant de corriger plus que de terraformer, certaines réalisations semblent artificielles puisque des espèces exotiques vont côtoyer espèces endémiques.

Mais le « jardin planétaire« , le « jardin en mouvement»  de Gilles Clément sont de somptueuses œuvres qui invitent sans cesse à se questionner sur l’idée même de nature.

A une conférence qu’il tenait hier, j’ai vu que nous partagions le même constat à propos du savoir botanique. Sur les noms eux-mêmes. Je cite:

S’ils deviennent intelligents juste parce que la nature leur devient intelligible, les gens deviendront plus tolérants.

Ce que je traduisais par l’entame d’un discours possible avec la nature dès lors qu’on sait nommer ce qui nous entoure, dès lors que le monde végétal devient familier. Dès lors que nous cessons de dire herbe quand nous voyons du plantain, du trèfle, de l’oxalis, du chénopode, du lierre terrestre, du lamier, du mouron et de l’Herbe-à-Robert.

Je ne saurais trop conseiller aux lecteurs passagers de ce blog de visiter le site de Gilles Clément afin de se faire une opinion propre sur ce merveilleux jardinier qui en plus, chose rare, affiche son engagement (il a refusé depuis l’élection présidentielle tous les chantiers d’Etat…).

Mais le mieux serait bien sûr d’assister aux nombreuses conférences qu’il donne en France. L’homme est accessible et l’on est forcé d’apprendre des choses, de poser des questions que l’on ne s’était jamais posé.

Par exemple, moi je vais méditer sur ce curieux loup à crinière du zoo de Maubeuge. Timide, il est aussi devenu végétarien (ce n’est pas non plus un gros carnivore au départ mais bon !).

Je vais aussi voir le paysage différemment depuis que je sais ce qu’est un Tiers-Paysage. Le Tiers-Paysage est comme son nom l’indique, la frange délaissée du monde végétal. A la manière de l’abbé Sieyes, nous dirons:

1° Qu’est-ce que le Tiers-Paysage? Tout.
2° Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre végétal ? Rien.
3° Que demande-t-il ? À y devenir quelque chose.

Encore une fois… le pouvoir de nommer les choses

loup-criniere3photo du loup à crinière aimablement prêtée par Gilles Clément


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Ecrit par Baptiste le 5 novembre 2009 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...,Poïesis