Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

Apprenez les fleurs de printemps

C’est le printemps et la transformation est totale chez nos amies les plantes. Après avoir goûté ma première salade sauvage, je me suis mis en tête de prélever quelques fleurs dans le jardin. Voici donc un premier morceau d’antho-logie.

fleurs-de-printemps

Tout le monde aura reconnu:

  1. Le pissenlit et sa grosse touffe jaune. Les jeunes feuilles sont agréables dans la salade.
  2. La violette et sa grande gueule. Très bon goût
  3. Une pâquerette en haut. Du coup je réalise que la pâquerette annonce Pâques !
  4. Ficaire fausse-renoncule qu’on peut donc confondre avec le bouton d’or (celui qui permet de savoir si on aime le beurre…)
  5. Lamier (mauve) et lierre terrestre (bleue) . Certains les confondent avec l’ortie. Mais le lamier ne pique pas et sa tige est rectangulaire. Le lierre terrestre aussi a une tige rectangulaire. Il n’a rien, mais alors rien, à voir avec le lierre.
  6. Deux couleurs de primevère: mauve et blanc. Etymologiquement, c’est la prima vera…
  7. Je ne sais pas ! Si vous la connaissez, n’hésitez pas !
  8. La jacinthe (famille des hyacinthes) qui exhale une formidable odeur. Apparemment comestible (sauf le bulbe) mais je n’ose pas trop…

Et dire qu’il y a une semaine, il n’y avait quasiment aucune couleur !


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Ecrit par Baptiste le 30 mars 2009 :: Classé dans Itinéraire,Participez
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En se promenant dans le Jardin des Plantes

jardin-des-plantes-paris0030J’ai toujours rêvé d’un livre qui ne dresserait des portraits que d’inconnus cotoyés à peine quelques minutes. On échange quelques mots dans un train, on créé un fort sentiment de sympathie au détour d’une rue. On se dit que celui ou celle-ci aurait pu être l’alter ego de toujours. Mais on sait aussi que cette rencontre s’évanouira dans le temps qui vient. On accroche sur un papier, éventuellement, une adresse ou un numéro, se promettant d’écrire une lettre dès que possible.

Et on n’écrit jamais.

Je ne vais pas ici établir ma propre liste ici car chacun de ces portraits nous emmènerait loin. Ce livre rêvé, c’est à chacun de l’écrire. Comme tout ceci serait bien plus beau que les liens virtuels des réseaux sociaux où les amis d’antan redeviennent inexorablement des inconnus.

Bref. Voici la dernière rencontre en date. Ce dimanche, arpentant le Jardin des Plantes, un vieillard en manteau long et usé, aux gants de cuir, au nez égratignée et arborant comme couvre-chef une sorte de bob en velours, m’accoste par un mot d’esprit.

« Et Dieu créa l’homme à son image»  me dit le vieux alors que j’observais un panneau imagé représentant des méduses.

Médusé je le suis à mon tour. Malgré ses apparences de SDF et son accent roumain prononcé, une parfaite élocution et un oeil malicieux me font comprendre que le quidam n’est pas né de la dernière pluie. Je ne sais pas pourquoi, mais cela se sent dans le regard.

Je tente à mon tour un mot d’esprit pour montrer que j’ai de la répartie mais c’est plutôt raté. A partir de là, j’ignore comment, mais nous nous retrouvons à parler de Konrad Lorenz, du coucou des champs, des étudiants prétentieux, de la décadence culturelle en France, des services secrets, de la lucidité bienveillant à ne pas faire d’enfants etc.

Il a un discours volontairement provocateur et misanthrope. Mais son air matois trahit qu’au fond, il prend tout cela comme un jeu. Irrémédiablement, vu l’âge, le pays d’origine et le cynisme je me dis que c’est peut-être un poète égaré, ami du philosophe incisif Emile Cioran que je lisais dans ma jeunesse.

Bingo. Ce type habillé comme une épave était un ami de Cioran avec lequel il partageait quelques marches dans le même parc. Au final, un peu comme dans un jeu de devinettes, je li extirpe le nom d’un de ces ouvrages pour retrouver sa trace ultérieurement.

Désormais, je sais que si je veux retrouver ce drôle de personnage j’aurais le choix entre Wikipedia et le Jardin des Plantes.

Mais pour dénicher les écrits de Denis Buican (tel est son nom) il va falloir vider toutes les librairies !

Aucun lien avec eco-SAPIENS ou l’éco-consommation me direz-vous ! Pourtant il y en a (au moins) un.
Quand on voit la bibliographie de drôle de type, on peut au moins saluer l’éclectisme et la volonté d’approfondir chaque sujet pour y fonder une certaine cohérence. De la biologie à la psychiatrie en passant par le système éducatif, en rajoutant une bonne dose d’écrits poétiques pour lier tout cela, on peut parler de saine curiosité.

Quand on me demande « c’est quoi être eco-SAPIENS»  j’aime à répondre que c’est se poser des questions. Pas pour se prendre la tête et rester bloqué. Mais pour avancer… comme dans un jeu de l’oie.

L’éco-consommation, c’est ré-interroger ce que nous consommons tous les jours. Il y a de l’écologie bien sûr, et donc un peu de science. Il y a du social, du rapport humain. Et il y a surtout des histoires. Il y a enfin des pratiques, ce sont les usages. Ceux-ci sont tout autant à placer dans une perspective pratique que symbolique.

Ainsi la chasse d’eau est une drôle de manière de souiller quotidiennement des litres d’eau potable pour expédier tout cela à des usines qui n’ont aucune raison d’exister sinon ce drôle de comportement.


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Ecrit par Baptiste le 26 mars 2009 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...,Poïesis
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Les lapins numériques et le cauchemar de Violet

Dans l’univers des bits tout peut se recombiner, tout est flexible. Tout peut être merveilleux et magique. Malheureusement, nous sommes nés du mauvais côté de l’écran. Nous ne sommes pas faits de bits, nous sommes faits de chair, de sang et d’atomes. Nous vivons le plus clair de notre vie dans un monde physique, qui est dur, obtus, non adaptable, sans magie.

Voilà un extrait du rêve de Violet.

C’est ainsi que s’expriment les concepteurs du Nabaztag. Vous ne connaissez pas le Nabaztag ? C’est une boite numérique en forme de lapin (les oreilles-antennes peuvent bouger…) qui s’apparente à un objet de déco genre freebox. Ca parle, ca fait de la lumière, et surtout ca se branche sur Internet avec votre réseau wifi préféré. Afin d’être enregistré, personnalisé et donc « intelligent« .

L’entreprise derrière ce gadget, Violet, se définit d’ailleurs avec l’objectif développer des technologies, produits et services qui permettent de rendre « intelligents»  et communicants des objets aujourd’hui inertes.

Rendre les objets intelligents. Une belle leçon de métaphysique s’annonce.

D’ailleurs, côté métaphysique, poursuivons le rêve de Violet:

Le rêve de Violet est donc de faire de l’espace physique, celui dans lequel nous vivons – nos maisons, nos bureaux, l’espace public – un endroit riche, intelligent, connecté, personnalisé, merveilleux, ludique.
Un espace qui ne simule pas la 3D, mais qui est naturellement en 3D. Un espace qu’on n’explore pas à travers un navigateur mais avec ses pieds ; qu’on n’effleure pas de la pointe de la souris mais qu’on saisit à pleines mains ; dont les icônes ne sont pas des symboles dessinés mais de véritables objets ; qui ne nécessite pas d’apprentissage puisqu’il sait lire nos habitudes quotidiennes. Un monde qui ne monopolise pas que le regard, mais passe par tous les sens : la vue, l’ouïe, le toucher, le geste, la parole, l’odorat.

Un environnement qui n’est pas une métaphore de notre environnement, mais sa tautologie. Un monde sur lequel on ne clique pas, mais dans lequel on vit.

Comprenne qui pourra ! Le monde n’est-il pas déjà en 3D ? On nage en plein Orwell. Il s’agit d’exalter le monde virtuel pour à la fin dire que le monde virtuel, c’est le monde réel. Ou sa tautologie !

En 1966, l’auteur de Science Fiction Philip K. Dick écrivait Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (qui au cinéma s’appelle Blade Runner). Un titre qui pose d’emblée la question de ce que peut l’inerte, la machine par rapport à ce que peut le vivant.

Quelle tristesse de voir que le rêve de Violet consiste effectivement en lapins électriques. Quelle tristesse de trouver que le « meatspace»  (ainsi nomment-ils le monde réel…) est obtus et l’univers des bits, le bitspace, « magique» .

lapin-cretinOr, celui qui n’est pas capable de s’émerveiller devant la nature, le vacarme des enfants, la bancalité des constructions humaines, la complexité des relations humaine, la vie quoi ! celui qui du coup exalte Amazon parce qu’il nous reconnaît grâce à un cookie et y voit de la convivialité, .

Il est en plus victime d’une belle contradiction. Dénigrer ainsi les objets « idiots»  c’est donc reconnaître que l’intelligence du monde réel existe. Et vouloir le transposer au cyberspace c’est souhaitable, mais ce rend pas l’objet « intelligent» .

Ou alors, cela revient à dire que « la nature est cruelle» 

Quoiqu’il en soit, cette volonté de toute puissance (faire que le monde soit adaptable à sa volonté, ses envies de customisation etc) m’effraie. Le rêve de certains est décidément le cauchemar des autres.

PS: je vous conseille vivement de subir la présentation sonore dudit lapin: tout y passe ! On peut lui demander la Bourse et une voix féminine répond « La Bourse va très bien» .

lapin-monty

Edit 26 Mai 2010: c’est avec plaisir que nous apprenons le dépôt de bilan de la société Violet !


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Ecrit par Baptiste le 19 mars 2009 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Poïesis

Radicalité et réformisme: éternel débat

Le capitalisme peut-il être vert ?

Le capitalisme peut-il être vert?

Je crois que c’est la question qui revient toujours et qui au fond est la seule à diviser les mouvements « utopistes» .

J’appelle ici « utopie»  toute idéologie, au sens noble du terme, qui vise à rendre ce monde plus juste, plus soucieux de l’homme et de l’environnement. On y met ce qu’on veut dedans, toutes les bonnes volontés, celles qui mettent la fraternité et le partage au coeur… plutôt que la compétition et la fuite en avant technologique.

Donc, la question, effleurée sur quelques billets précédents, finit toujours par un débat sur réformisme et radicalité. La voie du compromis (compromettante ?) et le chemin de l’intransigeance (exemplarité ?). Personnellement, j’ai toujours été assez séduit par l’idée que « l’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre. C’est le seul !« .

Entendu une fois de la bouche de Jacques Attali (sic!) qui justement n’est pas un bon exemple…

Résumons les deux tendances par un exemple récent: le Grenelle de l’environnement. A ma droite des ONG invitées à négocier à la table du gouvernement. A ma gauche, quelques irréductibles qui ne veulent pas « vendre l’écologie»  et organisent un Contre-Grenelle.

Les premiers affirment qu’il faut saisir cette perche tendue et que ce que l’on pourra obtenir… eh bien ce sera toujours ça de pris. Les seconds pensent qu’il faut tout remettre à plat, qu’on ne peut pas assaisonner les enjeux environnementaux à la sauce ultra-libérale.

Il me semble important de dire que ces derniers sont aussi légitimes pour parler d’environnement que les autres. Que ce courant n’est pas marginal. Le journal La Décroissance, à l’initiative des Contre-Grenelle, trouve tout de même 30 000 lecteurs mensuels* sans être particulièrement aidé par les medias…

Souvent, je me dis tièdement qu’il faut les deux. Qu’exporter des idées utopistes et innovantes mérite bien une petite vulgarisation. Savoir mettre de l’eau dans son vin pour ne pas effaroucher le quidam. Mais il y a aussi des jours où l’on souhaite boire un vrai bon Bourgogne au bouquet entier.

Bon je ne me mouille pas trop. Disons qu’en ce qui concerne eco-SAPIENS, nous avons décidé de n’avancer qu’avec des structures engagées également dans la cohérence. Ainsi avons-nous décliné pas mal de propositions de partenariat (c’est toujours délicat de dire non) en raison de publicités incohérentes.

*Ce qui, à ma connaissance, en ferait le premier titre français parlant d’écologie.


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Ecrit par Baptiste le 12 mars 2009 :: Classé dans Débat,Les autres...
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Quoi ? Encore Nicolino ?

syfrotteA peine rentré de vacances que je m’enfile la saga anti-FNE publiée sur le blog de Fabrice Nicolino.

J’ai d’ailleurs pu me familiariser avec le style pendant ces douces vacances en dévorant « la faim la bagnole le blé et nous»  qui est une dénonciation des biocarburants. Ceux-là même qu’il faut s’efforcer d’appeler agro-carburants… car il n’y a rien de bio là-dedans.

A la fin du livre, deux chapitres viennent esquinter quelques structures écologistes. Notamment Roule ma fleur mais aussi le Réseau Action Climat (RAC-F) que je connais bien pour l’avoir coudoyée !

Pour Roule Ma Fleur je n’ose me prononcer tant je connais peu la structure. Cependant je veux bien confirmer que l’écologie a tendance à devenir de plus en plus individualiste (moi je fais bien… donc si tout le monde fait comme moi, tout va bien). Et au passage, connaissant bien mieux Roule Ma Frite (dédicace Marseille et Inter-Made !) je précise qu’il ne faut pas confondre ces deux structures. Celle-ci récupère un déchet, à savoir de l’huile usagée !

Pour le RAC, j’avais déjà manifesté mon étonnement alors qu’ils initiaient une pétition « pour des voitures vraiment moins polluantes« . Je ne comprends pas qu’on puisse défendre l’idée d’une bagnole propre. Comme si la voiture se résumait à son émission de CO2…
Enfin, il paraît qu’il faut être réaliste. Qu’on obtient rien sans lâcher un peu de lest aux industriels…

Quoiqu’il en soit, je trouve que Nicolino est un peu sévère sur le RAC qui a tout de même une position assez tranchée sur les agrocarburants: « les soutenir, c’est une mauvaise politique« .

Mais venons-en aux derniers billets de son blog « planète sans visa»  au bout duquel il invite carrément le président de France Nature Environnement, à débattre de manière contradictoire sur les dernières compromissions de l’association-hérisson. En effet, la rafale de billets qui s’est abattue sur FNE met en lumière quelques accointances peu avouables: un fabricant de pesticides, du label PEFC qui en prend vraiment pour son grade, et bien d’autres choses encore.

Tout de suite, je sens que certains vont crier à l’empêcheur de tourner en rond. Qu’il y a d’autres choses à faire que de taper sur son propre camp. Qu’il serait bien plus judicieux de s’occuper à affronter le véritable ennemi.

D’abord, je considère que Nicolino a pas mal donné dans ce qui est de l’affrontement des adversaires. Le lobby des pesticides, des OGM, des agrocarburants… Courez lire les deux opus !

Ensuite, cet éternel débat qui agite les mouvements disons marginaux, par souci de différenciation en quelque sorte, me semble parfois salvateur. Car aujourd’hui tout le monde se dit écologiste. Même ceux qui n’ont rien, mais alors rien à voir avec l’écologie. Le greenwashing en quelque sorte.

Il se trouve que la récente mise en avant de l’écologie a soit fait tourné les têtes à quelques uns, soit carrément fait entrer le loup dans la bergerie. Nul doute que FNE est un pionnier en matière d’environnement. Mais aujourd’hui, ce que soulève Nicolino mérite de repenser non seulement la stratégie du hérisson aujourd’hui, mais surtout la stratégie de l’écologie en général.


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Ecrit par Baptiste le 8 mars 2009 :: Classé dans Débat,Les autres...,Participez
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