Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

Rencontrez-nous quotidiennement à Die

argentLes rencontres de l’écologie au quotidien ont commencé et il y en a encore pour une semaine. Ca se passe à Die, ville qu’on a du mal à situer mais qu’on parvient toujours à associer à sa célèbre clairette.

Et nous y serons notamment pour discuter suite à la projection d’un documentaire devenu culte: L’argent-dette de Paul Grignon. Comme son nom l’indique, c’est un documentaire sur l’argent: comment on le crée ? comment marche une banque ? qui contrôle concrètement ?

Le documentaire a été largement vu depuis la crise. En effet, tout le monde se demandait comment les pays, pourtant endettés et incapables de trouver des liquidités pour des choses essentielles, parvenaient à trouver 1000 milliards pour sauver les banquesroute

Indéniablement, la dette est le moteur de l’économie. On peut toujours vouloir séparer le bon grain de l’ivraie, autrement dit, séparer la bonne dette de la mauvaise dette, il n’empêche que nous sommes devant un paradoxe édifiant. Jamais nous n’avons été si riches (surtout au Nord…) et jamais nous n’avons été si endettés.

Mais qui nous a donc prêté tout cet argent ?
- Les générations futures pardi !

Quand allons-nous devoir les rembourser ?
- Ca commence… et c’est pas fini.

Jeudi 29 Janvier, jour de la grève générale annoncée en France, nous invitons tous les eco-SAPIENS à venir discuter avec nous à propos de richesse, d’endettement, d’usure et d’écologie. Eh oui, il y a un lien entre crise économique et crise écologique.

En plus, on aura amené notre beau vélo pour quelques photos !

le film l’argent dette sur dailymotion

Les rencontres de l’écologie au quotidien à Die (dix jours d’échanges, d’informations, de débats, de moments conviviaux)


0 commentaire(s)
Ecrit par Baptiste le 26 janvier 2009 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...,Participez
Tags :: , , ,

De l’éthique chez l’ingénieur: le lobby dévoilé

q50-200x200-nuc_garanties

renseignements généreux

En tant qu’ancien élève de Centrale, je reçois, bon gré mal gré, des e-mails de la part de différents réseaux associés à cette Grande Ecole d’Ingénieur…

Avec les commerciaux, les ingénieurs font partie des personnes qui raisonnent bien plus en terme de sous qu’en termes de morale. Le dernier email que j’ai reçu du groupe Centraliens Entrepreneurs m’a été envoyé récemment ne fait vraiment pas dans la dentelle.

M. Sabatié Garat a monté il y a plusieurs années un cabinet spécialisé dans les opérations de lobbying, notamment à Bruxelles et organisé un réseau européen pour ce faire. Il a traité de nombreux problèmes liés à l’énergie, au transport, à l’environnement pour intervenir sur des projets de lois ou directives qui impactent la vie économiques de secteurs économiques entiers.

Il viendra le 22 janvier nous exposer ce qu’est le lobbying, pourquoi c’est nécessaire, et c’est largement utilisé, et comment une entreprise peut (ou doit ?) s’engager dans une démarche de lobbying.
Même si des petites entreprises ne sont pas directement concernées, vous avez certainement comme concurrents ou clients des entreprises qui ont recours à ces systèmes ; vous êtes également concernés par des acteurs qui influent sur des lois dont vous serez tributaires : il semble donc essentiel d’y voir clair et de savoir où vous mettez les pieds.

Je remercie donc très chaleureusement ce monsieur d’avoir pu faire du lobby pour que les seuils d’émission dans l’automobile n’aient pas évolué, d’avoir contribué à la contamination OGM et de continuer à promouvoir le nucléaire et le stockage de CO2… oui merci !

Le plus beau, c’est cette tentative de neutraliser le mot lobby en lui-même. En le lénifiant, on insinue que puisqu’on a eu la franchise d’employer le terme, puisqu’on assume, on est donc dans son bon droit.

Je propose donc de remplacer le mot lobby par corruption pour rappeler de quoi il s’agit. Car se faire payer pour faire pression afin d’obtenir des contreparties juridiques ou politiques, cela s’appelle de la corruption. Mais comme d’habitude, la frontière est ténue. On rencontre le même problème avec le glissement communication/publicité par exemple.

Mais allons plus loin. N’est-ce pas la même logique d’imitation (de singerie…) qui pousse à la guerre. Changeons la citation.

Il viendra le 22 janvier nous exposer ce qu’est la guerre, pourquoi c’est nécessaire, et c’est largement utilisé, et comment un état peut (ou doit ?) s’engager dans une démarche d’agression. Même si des petits pays ne sont pas directement concernées, vous avez certainement comme adversaires ou alliés des états qui ont recours à l’armement ; vous êtes également concernés par des pays qui influent sur des lois dont vous serez tributaires : il semble donc essentiel d’y voir clair et de savoir où vous mettez les pieds.

Selon l’adage bien connu qui dit que « la meilleure défense c’est l’attaque« , oublions nos valeurs et précipitons-nous gaiement dans les petits arrangements et les petites combines.

Ah ! Dernier détail, le premier jour à Centrale, tout le monde devait signer une charte éthique de l’ingénieur commise par la CNISF qui est à l’éthique ce que l’ARPP est à la surveillance publicitaire. Ca commence ainsi:

L’ingénieur est un citoyen responsable assurant le lien entre les sciences, les technologies et la communauté humaine; il s’implique dans des actions civiques visant au bien commun.

Ca ne mange pas de pain !


2 commentaire(s)
Ecrit par Baptiste le 20 janvier 2009 :: Classé dans Débat,Les autres...,Un peu sur nous
Tags :: ,

La diversité

fausse-chenille-gqUn certain Barack Obama va demain être investi à la Maison Blanche.

Aujourd’hui sur France Inter, la radio qui nous sert de fond de travail, on parle diversité. Les petits épiciers (arabes ou berbères ?) sont à l’honneur. Abd al Malik prône la réconciliation et le bon patriotisme.

Mais à l’image de la journée la Femme, on se dit que cela ne dure que le quart d’heure de gloire chère à Andy Warhol.

Dans quelques mois, la diversité reviendra, non pas la diversité culturelle mais la diversité naturelle plus connue sous le nom biodiversité. On remarquera d’ailleurs que ce mot fera bondir les étymologistes sérieux puisque bios est grec alors que divers est latin.
Un peu comme eco-SAPIENS d’ailleurs… Il faut assumer la diversité de ses racines !

Interrogeons-nous donc sur ce qu’est la diversité. Étonnamment, le mot est cousin de diversion. Ce qui est compréhensible si l’on considère que le nombre, la pluralité, c’est ce qui permet de tromper l’ennemi.

Car la diversité c’est à la fois la pluralité et la différence. Le souci est quand cette différence laisse entendre « inégalité»  ou « opposition» , synonymes invoqués par le Larousse.

Là où le mot diversité devient piège, c’est qu’il suffit d’être deux pour réaliser la biodiversité. Même deux vrais jumeau, c’est de la diversité.

A vrai dire, que ce soit en terme de culture ou de nature, la diversité se porte relativement bien. La diversité la plus menacée aujourd’hui à mon sens est la diversité idéologique en général et médiatique en particulier.

« Croissance, pouvoir d’achat, travailler plus,compétitif,…»  la litanie de Tina est toujours à l’honneur. La crise économique ne fait que mettre des bémols comme si la mélodie était bonne et qu’il suffisait de changer la gamme.
Cela donne: « croissance verte, moraliser le capitalisme, corriger les abus, créer des organes de surveillance,…» 

Et si la diversité ne se résumait pas à des variations de surfaces. Le papillon, par sa métamorphose, est bien le même animal qui commence par ramper et finit par s’envoler.

Voilà, la diversité est aussi en nous !


0 commentaire(s)
Ecrit par Baptiste le 19 janvier 2009 :: Classé dans Poïesis
Tags ::

Bataille de boules de neige

photo-025La chute de neige à Marseille ce mercredi a bien entendu été accueillie par les cris de joie des enfants.

Une occasion unique de réaliser le bonhomme de neige de leurs rêves et de leurs livres… et de découvrir que pour une fois la rue leur appartenait : « c’est génial il n’y a pas de voitures !» .

Tout le monde n’a pas apprécié cette bouffée d’air frais… A commencer par notre premier ministre pour qui un pays « moderne»  ne peut accepter le blocage des routes et d’un aéroport.

Alors je me lâche et me permets une petite liste de ce que, à mon sens, un pays dit moderne ne devrait pas accepter et qui constitue pourtant notre quotidien (et non pas l’exception d’un jour) :

  1. Vivre dans une ville engorgée et polluée par la circulation automobile,
  2. Être obligée de faire circuler ses enfants sur la route pour aller à l’école car les trottoirs sont réservés aux voitures en stationnement,
  3. Marcher dans une rue encombrée de déjections canines et de déchets,
  4. Ne pas disposer de pistes cyclables dignes de ce nom et risquer des accidents au quotidien,
  5. Attendre un bus sans qu’il n’arrive,
  6. Trier ses déchets sans savoir si ceux-ci seront correctement valorisés,
  7. Ne pas pouvoir se baigner dans la mer après de fortes pluie car les égouts y ont été déversés,
  8. Voir des parcs détruits pour y construire des parkings,
  9. Voir se construire un palais de la glace et de la glisse,
  10. Se résoudre à la malbouffe à la cantine,

Alors, pour quelques flocons de rêve je laisse à François et Jean-Claude le soin de s’opposer sur l’inutile puisque décidément ma vision d’une ville moderne n’est ni celle de l’un, ni celle de l’autre.

Pour illustrer ce post un petit cadeau de mon ami Antoine :


0 commentaire(s)
Ecrit par francoise le 12 janvier 2009 :: Classé dans Les autres...,Poïesis
Tags ::

Hervé Kempf persiste et signe

Comme prévenu, on poursuit notre démarche propre à ce blog: dire du mal des gens qu’on apprécie peu… sans oublier de dire du bien des gens qu’on aime bien. Hervé Kempf est de cette catégorie.

C’est une chance pour le journal Le Monde que d’avoir un journaliste comme Hervé Kempf. D’ailleurs, je me demande comment il croise les plus teigneux des chroniqueurs dans les couloirs de bureau.

En tout cas, comme Jean-Luc Porquet du Canard Enchaîné, le journaliste se permet quelques ouvrages qui impressionnent tant ils sont clairs, sans concession, justes.

« Comment les riches détruisent la planète»  réglait leurs comptes aux nouveaux et ultra-riches, la poignée à qui le système actuel profite. Le nouveau livre « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme»  devient plus virulent puisque… c’est un ordre qu’on reçoit!

Cette fois ce qui est dénoncé, ce sont principalement deux choses:

  1. La croyance que les actions individuelles vont suffir
  2. L’idée que le recours aux technologies vertes va résoudre les problèmes environnementaux

Sur le deuxième point, nous en avons déjà parlé. Les technophiles ont, reconnaissons-le, l’avantage de faire rêver en promettant Prométhée. La technologie, nous l’associons à la nouveauté et notre société aime la nouveauté, vante l’innovation. Tout ce qui est nouveau est bon… tout ce qui est bon est nouveau.

Mais le premier point est plus grinçant. D’abord, eco-SAPIENS qui propose des biens de consommation respectueux de l’homme et de l’environnement, se retrouve forcément visé. Consommer mieux ou consommer moins ? Nous avons toujours été clair: consommez MOINS pour vivre MIEUX! Et pour le reste, consommez MIEUX.

Nous reparlerons prochainement de ce qu’est pour nous la consommation. Disons juste et insistons: une consommation eco-SAPIENS ca ne suffit pas ! Il faut aussi et nécessairement du COLLECTIF. C’est d’ailleurs pour cela que nous vous proposons des partenaires tous fortement impliqués pour faire avancer certaines causes.

« Car pour la personne à qui l’on répète sans arrêt que sa vie ne dépend que d’elle et que les liens sociaux sont d’importance secondaire, la satisfaction se trouve d’abord dans la satisfaction matérielle: elle est source de plaisir -un plaisir qu’on ne trouve plus dans l’interaction et le partage avec les autres.» 

« Tous les guides expliquant comment vivre en ‘vert’ se situent du point de vue de l’individu, jamais du collectif. (…) ‘Je me préserve des grosses chaleurs’, ‘je réutilise mes objets’, ‘je refuse les traitements chimiques’, ‘je démarre en douceur’, etc…

Dans le paradis capitaliste, il suffit que nous fassions ‘les bons gestes pour la planète’, et ‘les politiques et les industriels suivront’.» 

Comme nous aurions aimé formuler ces citations.

L’article sur rue89 qui a suscité ce billet.


1 commentaire(s)
Ecrit par Baptiste le 8 janvier 2009 :: Classé dans Débat,Les autres...
Tags :: , , ,

Hervé Juvin, le psychopathe du développement durable

auroch2Allez on hausse un peu le ton ! Après tout, on est sur le blog, là où l’on peut dire du bien des gens qu’on aime bien… et du mal des gens qu’on aime peu.

Aujourd’hui…le président d’Eurogroup, un cabinet tellement célèbre qu’il peut prétendre sans rire être le 1er cabinet de conseil en organisation et en management. Ca tombe bien eco-SAPIENS est le deuxième ! Vous ne le saviez pas ? Rassurez-vous, il ne tient qu’à vous d’affirmer désormais être le troisième…

Aujourd’hui donc: Hervé Juvin !

Qu’il y ait des tas d’» experts»  qui vantent la mondialisation heureuse et le TINA (There Is No Alternative) c’est finalement assez normal. Qu’ils occupent la quasi-totalité des tribunes médiatiques, c’est déjà un peu suspect. Mais qu’on leur offre un tapis rouge vert dans les différents salons parlant de développement durable, voilà qui interpelle.

J’ai déjà dit qu’inviter systématiquement Jacques Attali à tous les salons qui parlent de DD relevait d’une véritable idolâtrie… ou plutôt idrôlâtrie. Sous prétexte que le développement durable repose en partie sur l’économie, on invite les éternels vaticinateurs sans effectuer un préalable tri sélectif.

Ainsi, peut-on vraiment attendre quelque chose de durable dans les propos d’Hervé Juvin ?
Quelques extraits de son dernier opus pour ceux qui découvrent le bonhomme:

« Le fleuve qui roule des flots indomptables, la source inépuisable qui gargouille sous les mousses, la forêt vierge de toute pénétration humaine, les hordes innombrables de rennes, de gnous ou d’éléphants, et la générosité surabondante de chaque printemps qui fait reverdir la végétation et gonfler les récoltes futures… Nous en sommes sortis. Jamais plus ces images de la prodigalité et de la gratuité souveraines de la nature ne seront nôtres. Le monde n’est pas seulement fini, il est petit, compté, et sera disputé. C’est notre chef-d’oeuvre. Nous devons l’assumer, et nous préparer à produire un monde qui ne sera pas sans que nous ne l’ayons voulu, pensé, choisi, financé.

C’est rigolo cette dichotomie homme/nature. On assume que l’homme a flingué la nature et on dit « c’est pas grave» , « on va se retrousser les manches et produire le monde dont on rêve» . Ca me rappelle que parfois, ma prof de math écrivait sur ma copie, après une demi-page de démonstration inutile « pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?» . Ici, on pourrait protéger, partager, reconsidérer mais non ! On va carrément financer le monde dont on rêve. A aucun moment on ne s’interroge sur le rôle de ladite finance qui depuis soixante est à l’oeuvre et qui a effectivement produit le rêve qu’on connaît aujourd’hui…

« Le défi est de taille, et pas seulement économique.

« D’abord, il suppose une transformation accélérée de nos mentalités, pour anticiper, imaginer et concevoir. Il y a si longtemps qu’avoir chaud l’hiver et frais l’été, boire l’eau du robinet, disposer des fruits et légumes de son choix en toute saison, pouvoir se déplacer selon son envie et avoir accès à une nourriture abondante, diverse, de bonne qualité et à bas prix, nous semble aller de soi !
Faudrait pas tout mettre dans le même panier… Il y a une différence entre boire l’eau du robinet et exiger des fraises en hiver ou jouer au golf dans le désert californien… Je vous vois venir Mr Juvin. Mettre sur le même niveau de véritables progrès et des caprices égoïstes est pour le moins incongru. Et si l’on refuse ceux-ci, c’est qu’on refuse ceux-là ? On n’arrête pas le progrès ? On le choisit ! Vous allez tout de même pas faire le coup de ceux qui veulent retourner à l’âge des cavernes sous prétexte que certains n’ont pas la même conception du progrès

[...]

« Ensuite, il s’agit d’en finir avec les fantaisies régressives si répandues depuis que les nouvelles raretés, et d’abord celles de l’énergie, sont apparues, depuis aussi que la surabondance installée dans les sociétés occidentales débouche logiquement sur la saturation, voire la déception (tout ça pour ça ?). La décroissance, le retour à la nature (mais laquelle ?) ou à la terre, la limitation des activités humaines, l’arrêt du progrès et les autres fantaisies régressives qui retardent la prise de conscience du désastre environnemental proche n’ont aucune chance d’ouvrir les voies collectives d’un quelconque « no future » acceptable.

Allez, on mélange tout: le retour à la nature, les activités humaines (le travail vous voulez dire ? quand on y réfléchit, limiter le travail paraît plutôt souhaitable… à moins qu’il ne faille s’activer pour s’activer) et l’arrêt du progrès (ah le progrès… le mot magique qui recouvre l’accès à l’eau potable comme la piste de ski à Dubaï).


Puisque vous affectionnez le terme « fantaisies régressives» , je voudrais vous rappeler que la prise de conscience n’est pas vraiment venue des financiers, économistes, politiques et experts de votre genre. Mais vous, 50 ans après, il est plus simple de suivre la girouette et de dire que non seulement vous avez conscience du désastre environnemental mais surtout que vous ne faîtes pas partie des fantaisistes réactionnaires. Le beau rôle !

Car, partout autour de nous, le monde est assoiffé de croissance, enchanté de consommation et d’accès au marché, car il se précipite dans un tourbillon d’activité qui ne promet en rien modération, renoncement et abstinence.

Vous avez demandé au monde entier s’il était assoiffé de croissance ? Y en a-t-il un qui sait ce qu’est la croissance ? Le savez-vous vous-même ? Je dis cela car la dernière fois, sur France Inter, je devais répondre à un expert de votre acabit, écouté hypnotiquement par les sénateurs, qui lui était assoiffé de croissance… sans en connaître la définition !

« Enchanté de consommation et d’accès au marché« .C’est vrai ca, quand je suis né j’étais enchanté à l’idée qu’un jour moi aussi je pourrais accéder au marché ;-) Comme quoi nous n’avons effectivement pas les mêmes fantaisies, pas les mêmes enchantements.

Au point qu’il faut mesurer ce qu’il y a d’indécent dans certaines exigences européennes, vu de Pékin ou de Bombay. Au nom de quoi refuser aux trois ou quatre milliards d’hommes qui rêvent de consommation ce dont nous nous gavons depuis un demi-siècle, ce que nous leur avons promis pour rallier leurs soutiens et les enrôler dans notre cause ?

Les enrôler dans notre cause ! Vous appelez cela une cause ?
Au nom de quoi refuser au reste du monde ce dont nous nous gavons ? Tout simplement au nom de la fraternité. On ne dit pas à ses frères de prendre une voie qui ne mène nulle part sinon à l’auto-destruction. Par ailleurs, on ne leur a rien promis ! On a menti au reste du monde sur tout. On montre les paillettes de l’Occident, en taisant soigneusement le taux de suicide, le taux d’emprisonnement, la consommation de somnifères et d’anti-dépresseurs. Et bien entendu à côté, l’Occident se gave d’images tragiques du reste du monde comme pour définitivement se convaincre qu’on est mieux chez soi.

« Enfin, nous n’avons pas le choix, nous qui nous félicitons qu’un humain sur deux sera porteur d’un téléphone cellulaire dans deux ans, nous qui nous empressons de diffuser partout les images irrésistibles de la consommation d’abondance et de la croissance sans limites, devenues notre monde, notre mode de conquête des esprits et des désirs.

A qui donc avez-vous adressé ces vives félicitations ? Et pourquoi diable n’avons-nous pas le choix ? La Pythie a parlé ?

« Car notre triomphe comporte une obligation. Quand le désir unique du même mode de vie aura balayé le monde, six ou sept milliards d’humains vont vouloir de toutes leurs forces et un jour de toutes leurs armes, vivre comme nous – adopter un mode de vie hors du monde. Hors du monde ? Sans doute, puisque les ressources de la nature telles que nous les mobilisons jusqu’à aujourd’hui ne permettent pas à plus d’un milliard d’hommes de vivre comme, par exemple, un Américain moyen.

C’est bien le problème…

Ce qui a permis aux hommes d’occuper des niches écologiques différentes, selon des modes de vie différents, et sans comparaison basée sur une échelle unique, et qui s’appelait l’éloignement, la séparation, la différence, a été balayé – nous l’avons balayé. Pêcheurs nomades tamouls ou vezos, éleveurs peuls vivant de lait, chasseurs de miel thaïs, tous aspirent désormais au portable, au 4 × 4 et à la « clim » aux mois chauds. Tous n’en auront pas ensemble et en même temps les moyens. Et nous sommes responsables de produire un monde qui leur permettra de satisfaire leurs désirs, parce que nous sommes responsables de ces désirs, ou plutôt, de l’unification du monde par un désir unique, qui peut signifier la guerre de tous contre tous, et la fin de l’espèce humaine.

Ca y est j’ai compris le raisonnement ! Vous aimez cette société de consommation délirante. Vous réalisez que ce n’est pas généralisable mais vous partez tout de même de l’idée que les gens qui ne connaissent pas notre opulence (relative !) aspirent à faire comme vous. Donc… vous dîtes ni plus ni moins que c’est encore à nous les supers fortiches de développer des supers technologies pour que tout le monde puisse vivre comme nous. Un peu le même genre d’argument que pour les déchets nucléaires. On reporte, on mise sur d’hypothétiques technologies du futur. L’homme a toujours réussi à s’en sortir n’est-ce pas ? Bon ca se défend comme vision. Possible que sur l’île de Pâques, les Pascuans aient imaginé qu’une nouvelle technologie leur permettrait de replanter des arbres même sans graines.

« Le défi n’est pas autre que ce que réchauffement climatique, pénuries alimentaires, disparition des espèces et dégradation du milieu nous répètent avec insistance à peu près chaque jour : les chances de survie de l’espèce humaine se réduisent de manière accélérée. Ce n’est pas la nature qu’il faut sauver, c’est l’homme qui est en danger, et qui devrait se mettre au premier rang des « endangered species », ces espèces menacées sur lesquelles la nature pose son regard minéral, sa radicale indifférence aux accidents des espèces.

Si l’espèce humaine est menacée, je crois qu’il y en a certains qu’on regrettera moins que d’autres :-)

« C’est le défi de l’Occident, il devra payer, il devra travailler, et il devra surtout poursuivre le défi qu’obscurément, depuis la Renaissance, il s’est donné à lui-même, nous nous sommes donné à nous-mêmes : achever le projet libéral, celui de l’homme que ne détermine plus ni la nature, ni les éléments, ni quoi que ce soit qui lui soit extérieur ; faire de l’homme le dieu créateur de son monde, du monde partagé, désirable, et aimable.

Un défi obscur en effet. J’ignorais que la Renaissance avait ce projet de faire de l’homme un Dieu.

« Il va de soi que le plus difficile n’est ni de le financer ni de le concevoir. C’est de le rêver jusqu’à le désirer assez fort pour le faire. » 

Rêver pour désirer pour faire ! Autant dire avec la sagesse populaire : quand on veut on peut… Toute cette prose pour ça ? Merci Monsieur Juvin. Régalez bien les 5èmes assises nationales du développement durable !

Eh oui, le mardi 20 Janvier, Hervé Juvin nous indiquera quel chemin pour sortir de la crise lors des assies nationales du DD à Lyon

Ne le ratez pas si vous avez la chance d’être sur Lyon ce jour là !


7 commentaire(s)
Ecrit par Baptiste le 4 janvier 2009 :: Classé dans Ad Hominem,Débat,Les autres...
Tags :: , ,