Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

Petites devinettes fiscales

Un caïman crocoQuel est le rapport entre la Seine Saint-Denis, la ville de Tulle, Chartres, Saint-Etienne ou Laval ?
Toutes contractent une dette monumentale… pour avoir acheté des actions Dexia. Les banquiers avaient promis aux élus qu’avec cette formidable opération, ils réduiraient la dette de leurs collectivités locales.

Une pratique courante donc que la spéculation boursière par les pouvoirs publics…

Quel est le pays premier investisseur en Chine ?
Vous avez dit les Etats-Unis ? Que nenni, il s’agit des îles Caïman !


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Ecrit par Baptiste le 31 octobre 2008 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...
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Dis papa ! Comment vous vous êtes connus avec maman ?

Publicité matrimonialeVous cherchez un sens à votre vie ? Demandez à Google!

Et si, par hasard, vous cherchiez des informations sur le transibérien, vous aurez peut-être la chance de tomber sur cette publicité. Vous cherchiez l’âme russe ? Repartez avec une femme russe !

Et plus tard, j’imagine la réponse à la question:
« Eh bien tu sais mon garçon, il y avait une pub sur un site de voyage. J’ai cliqué… et hop ! j’ai trouvé ta maman» .

Et après, on dit que j’exagère quand je dis que la publicité est partout

Après la pub pour les paradis fiscaux et celle-ci, j’attends la pub pour les services d’un assassin…


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Ecrit par Baptiste le 29 octobre 2008 :: Classé dans Itinéraire,Poïesis
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NPK, le Nouveau Parti Kapitalist du baron Justus von Liebig

N Comme Azote. P comme Phosphore. K comme Potassium. C’était et demeure la sainte trinité de l’agriculture moderne.
Devinette: de quand date ce petit extrait ?

Dans une terre saturée d’engrais minéraux, la plante domestique est dans la même posture qu’un malade des voies digestives obligé de se contenter de la nourriture épaisse et huileuse d’une gargotte[...]. Gorgée des sels minéraux offerts sans parcimonie, elle tend à la pléthore et perd avec l’équilibre interne sa résistance aux maladies.

Quant à l’homme, consommateur des « beaux légumes»  et des « beaux fruits»  sortis du grand hôpital des campagnes, comment ne pourrait-il ne pas souffrir à son tour des résidus d’engrais ainsi apportés à sa table ? On a dénoncé récemment l’abus des engrais azotés qui, accumulés sous forme de nitrates dans certains légumes comme l’épinard et passant aux nitrites dans l’organisme, provoquent chez les jeunes enfants une maladie grave, la méthémoglobinémie, altération de l’hémoglobine du sang qui perd son pouvoir de véhiculer l’oxygène.Instructions de manipulation du ddt

Un indice: « En 1960, on avait déjà recensé 137 espèces d’insectes insensibles à un ou plusieurs produits antiparasitaires auparavant efficaces contre leurs attaques« .

Réponse: Il s’agit de « L’environnement végétal»  de Pierre Lieutaghi, publié en 1972.

Ce qui me trouble, c’est qu’on semble encore découvrir que l’agriculture moderne nous empoisonne (cf la sortie du film Nos enfants nous accuseront, ou le très bon livre de Fabrice Nicolino).

Alors que cela fait 60 ans que l’on mesure exactement l’absurdité et la dangerosité du modèle productiviste agricole.

Liebig JustusD’ailleurs, le chapitre consacré à l’agriculture biologique, toute naissante à l’époque (on discute encore du terme, on lui préfère « agriculture libre»  comme on parle de logiciel libre…) ne mériterait pas un changement de virgule. Etonnant qu’un naturaliste plutôt porté sur les plantes sauvages et les arbustes daigne sortir de son secteur pour donner son point de vue, sans appel, sur l’orientation de la politique agricole.

Il y parle déjà des « salons de l’environnement»  (PROTECNA: protection de la nature…) qui sont en fait des mascarades à l’honneur des empoisonneurs… Du greenwashing avant l’heure !

En lisant ce livre, emprunté au hasard à la bibliothèque municipale, j’ai eu comme une révélation plutôt pessimiste : et si rien n’avait changé ? Et si dans 50 ans, l’histoire se répétant, on verra une jeune génération qui passe son temps à informer, sensibiliser, dénoncer la direction que nous prenons ?

Au fait, pourquoi Liebig dans le titre ?

C’est que ce baron, plus connu pour ses soupes lyophilisée, est aussi à l’origine des engrais minéraux. Malheureusement, incompris, il a été surinterprété par ses épigones !

Liebig, à la fin de sa vie, avait lui-même pressenti que le mauvais usage que les prosélytes allaient faire de ses découvertes. Il tenta de ramener les cultivateurs à la raison dans ses Lettres sur l’agriculture moderne: « Une des choses les plus déplorables en agriculture, c’est de voir souvent les hommes les plus capables à renoncer à tout jugement et à tout bon sens quand il s’agit d’apprécier la valeur et le mode d’action d’un engrais quelconque. On ne doit juger de la vertu d’un engrais que par l’état dans lequel il laisse le terrain sur lequel il a été employé.« 

Comme quoi, l’histoire est une affaire de malentendus !

PS: devinette bis

  • qui a synthétisé la fameuse mélamine en 1834 ?
  • Et qui a également synthétisé le premier lait infantile en 1867 ?
  • La réponse aux deux est dans le titre…

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Ecrit par Baptiste le 28 octobre 2008 :: Classé dans Itinéraire,Les autres...,Participez
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Changer d’heure, changer de montre

Une montre…« Dimanche matin, quand vous vous réveillerez, vous aurez changé d’heure, mais vous n’aurez pas changé de montre. Dommage…
Et si le changement d’heure, c’était le moment de changer de montre ?
» 

C’est une des publicités du (accrochez-vous !) C.P.D.H.B.J.O : le Comité Professionnel de Développement de l’Horlogerie, de la Bijouterie, de la Joaillerie et de l’Orfèvrerie. En bref, les vendeurs de montres et bijoux.

La première fois que je l’ai entendue sur ma radio préférée, j’ai crû que c’était un canular. La deuxième fois, j’étais mieux réveillé et me suis dit que ce devait être du second degré. Après vérification, j’ai pu trouver les infomations relatives à cette campagne qui sévira à chaque changement d’heure. C’est donc bel et bien de l’humour, qui s’appuie aussi sur l’efficace et peu coûteux comique de répétition. C’est un peu l’humour du pauvre quoi…

En même temps, je me dis que si tous les marketing boys s’y mettaient, avec leur super humour, ils pourraient aussi passer en boucle ces slogans que je leur fournis bien aimablement:

« Aujourd’hui il pleut, c’est une bonne occasion pour changer de manteau» .
« Auojurd’hui, vous allez manger: avez-vous pensé à acheter de nouvelles assiettes» .
« Vous allez vous laver ce matin ?. Pourquoi ne pas acheter une nouvelle salle de bain» .

On se paierait une belle poilade toute la journée, ca c’est sûr…


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Ecrit par Baptiste le 27 octobre 2008 :: Classé dans Débat,Participez
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Comité d’éthique de la Nef – Bernard Ginisty

La NefJe reproduis ici le discours de Bernard GINISTY à l’Assemblée Générale de la Nef le 24 mai à Paris. Ce discours est d’autant plus intéressant dans le cadre de la crise financière. Enfin, il permettra de donner quelques éléments à ceux qui se demandent ce que peut-être l’éthique en général, et plus spécifiquement dans une initiative économique.

« Je m’exprime ici en tant que représentant du Comité d’Ethique de la Nef. L’an dernier, ce Comité a traversé une crise d’identité qui nous a conduit, collectivement, à préciser notre rôle. Il nous est apparu que le Comité d’éthique n’était ni une instance d’appel par rapport aux décisions prises par les organes de gestion de la Nef, ni une instance de jugement qui déciderait souverainement du bien et du mal, mais un organe de régulation éthique.

SteinerPuisqu’en me présentant, on a parlé de ma formation philosophique, je vais un peu « philosopher ».
Qu’est ce qu’on appelle chez Aristote un acte éthique ? C’est un acte qui n’oublie pas les raisons finales de son projet. La maladie du monde moderne et de la finance plus particulièrement c’est de l’autonomisation de différentes actions par rapport aux raisons finales. Je dirai donc que le rôle du comité d’éthique, dans une organisation comme la Nef, c’est de constamment veiller à ce que tous les acteurs dont le métier est d’avoir, comme on dit, « le nez sur le guidon », ne soient pas conduits, petit à petit, à faire de leur action un but en soi, mais la confrontent en permanence aux valeurs de la charte fondatrice de la Nef.

Il s’agit en fait de maintenir constamment ouverte la question de l’adéquation de l’outil avec les finalités que l’on proclame.

AristoteDès lors, notre Comité n’incarne pas je ne sais quel « Père la pudeur éthique », chargé de promouvoir des produits dits « éthiques » qui permettraient d’emballer d’autres produits qui le sont beaucoup moins ! Il s’agit, reprenant ici l’éthique dans son sens grec d’éthos, de veiller à ce que la Nef reste un organisme vivant dont les différentes actions trouvent leur cohérence dans les valeurs affirmées.

Si la Nef a été créée, c’est bien d’abord pour réagir contre les dérives d’une fonction financière qui s’est autonomisée d’abord par rapport à la fonction politique qui gère l’art de vivre des citoyens, et plus récemment par rapport à la fonction économique. Dans un organisme vivant quand un organe fonctionne pour lui-même en se développant de façon anarchique, cela s’appelle un cancer.

Pour éviter ces dérives, d’abord au sein de notre Comité, nous avons choisi un mode de fonctionnement collectif. Nous avons par ailleurs décidé de ne pas nommer de président de notre Comité pour bien montrer que nous ne sommes pas une instance de décision. Je m’exprime donc ici en tant que représentant d’un comité d’éthique rassemblant des personnes de sensibilités diverses.

Comment s’est traduite notre action au cours de l’exercice écoulé ? Pour illustrer cela, je vais commenter rapidement trois éléments qui figurent dans le rapport que vous avez entre les mains. Il a été rédigé par Béatrice Poncin qui s’excuse de ne pouvoir être parmi nous aujourd’hui.

Notre travail le plus important a concerné la consultation autour de la Charte du projet de Banque éthique. Pour nous, cette charte n’est pas un texte « sacré » écrit une fois pour toutes, mais la première phase d’un travail permanent de confrontation de la pratique de la Nef et des valeurs proclamées. Nous avons insisté pour que ce texte reste vivant et s’enrichisse en permanence de l’expérience de la vie de la Nef. Pour nous, la pratique de la Nef et la pratique des sociétaires sont sources de connaissance. Une des missions du Comité d’Ethique est donc de veiller à tout ce qui peut émerger de la pratique de la Nef pour enrichir le contenu cette charte.

Deuxièmement, nous avons été saisis par la nouvelle société de capital-risque créée par la Nef Nef Capital Ethique (NCE). Cette société a souhaité qu’un membre du comité d’éthique y soit censeur ainsi qu’il est mentionné dans le document de présentation de Nef Capital Ethique: «nous souhaiterions vivement que le comité d’éthique de la Nef soit représenté au Conseil d’Administration par un ou une (c’est une) censeur qui serait officiellement nommée à l’occasion d’une prochaine assemblée générale. D’autre part le management de Nef Capital Ethique entretiendra avec le Comité d’Ethique des relations régulières permettant de s’assurer mutuellement de la cohérence au regard des valeurs et de la charte éthique des actions entreprises, du choix de ses investisseurs, du choix de ses investissements et de sa gestion». Ce texte rejoint bien la conception que nous nous faisons du Comité d’Ethique comme organe de régulation interne chargé de rappeler aux différents acteurs de la Nef la hiérarchie des valeurs qu’ils se sont données. Chantal Hirshauer a été désignée pour remplir cette fonction de censeur.

Enfin, troisième aspect que je voudrais souligner : nous pensons que la fonction de régulation éthique passe par l’échange et les valeurs partagées. C’est pourquoi, nous envisageons de proposer aux sociétaires des séminaires, entre autres, sur les thèmes suivants :

  1. L’argent est-il un bien commun ? Sommes-nous propriétaires de notre argent ?
  2. Qu’est ce que le droit au crédit (puisque que ce droit est mentionné dans la charte) ?
  3. Le profit est-il juste s’il est issu d’activités orientées vers le bien commun et réinvesti dans de telles activités ?
  4. Comment l’argent contribue ou non à la construction d’une société plus fraternelle telle que nous essayons de la construire ?
  5. À quel moment la taille de l’outil devient-elle un obstacle au projet culturel lui-même ?Comment faire grandir l’institution sans dénaturer le projet ?

Voilà à la fois notre action et nos projets. Ils tendent à éviter la schizophrénie qui nous menace si souvent en juxtaposant des placements financiers dont le seul but est le maximum de profit et le minimum de risque avec des dons généreux à des bonnes oeuvres. Un peu comme au XIXème siècle, certains patrons exploitaient durement leurs ouvriers tandis que leurs femmes se livraient à de bonnes actions dans un ouvroir pour les pauvres du quartier.

L’originalité de la NEF réside dans cette volonté d’être une vraie institution financière avec les contrôles et les exigences de la profession, mais qui place les valeurs éthiques au cœur de son action. C’est parfois difficile de faire comprendre que nous ne sommes ni une ONG ni un organisme dont le seul but est le profit. Un des rôles essentiels du Comité d’éthique est de contribuer à maintenir cette tension, parfois inconfortable, mais toujours féconde, entre la rigueur professionnelle bancaire et les valeurs dont nous nous réclamons.

Je vous remercie ».


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Ecrit par Baptiste le 22 octobre 2008 :: Classé dans Débat,Les autres...
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Emission de France Inter avec Isabelle Giordano

France InterEt moi qui croyais avoir l’expérience de la radio… Il y a quelques années en effet, j’animais une chronique matinale sur la radio Zinzine, une radio libre en Provence. J’y présentais les actualités relatives à l’écologie, à la technologie et aux alternatives. Parfois tout seul, la demi-heure était fort difficile à remplir!

Mais une grande radio nationale où le rythme oblige à faire court, placer régulièrement des inserts auditeurs ou musicaux, c’est vraiment différent. Heureusement qu’Isabelle Giordano sait mettre en confiance. Il n’en reste pas moins qu’on repart toujours avec ce sentiment étrange d’être passé à côté…

En fait, je ne m’attendais pas à avoir une telle caricature dans le contradicteur, trouvé à la dernière minute d’ailleurs, un certain Pascal Perri, spécialiste du low cost.

Une caricature dans tout son éclat. Le retour au Moyen-Âge bien entendu. Mais aussi une perle qui m’éblouit encore:» les gens qui consomment moins provoquent des guerres» . Moi qui croyais que c’était la course au pétrole, au gaz et au coltan (Irak, Géorgie, Nigeria) qui se cachaient derrière les conflits. Comme l’annonçait 1984: la guerre, c’est la paix.

Maison de la radioSurtout, je suis sidéré qu’un lobbyste infiltré au Sénat non seulement ne sache pas ce qu’est la croissance économique, mais en plus ose dire que ce n’est pas ce que c’est. A savoir la variation du PIB. Il n’a pu que sortir un vague « La croissance, c’est de la création de richesse» . Il va donc falloir, lui qui sait si bien tout, comment il mesure une richesse de 0,5%. Je souhaite d’ailleurs vivement qu’il lise ce billet et reconnaisse s’être trompé. Ou alors, une abeille n’est pas un insecte avec des ailes…

La caricature se transforme en calomnie quand on taxe d’égoïstes ceux qui prônent le partage. De toute façon, Pascal Perri sait tout: ce qu’est la croissance, ce que veulent les couches populaires, ce que veulent les pays du Sud,et ce que disent les objecteurs de croissance. Quel malheur pour moi d’être dans le questionnement alors qu’il suffit d’être un fier aliboron pour polluer médias et politiques.

Enfin, je reconnais que l’initiative de parler de décroissance sur un grand media à une heure de grande écoute, c’est un geste très courageux. Isabelle Giordano ose aborder un sujet qui est finalement le seul à susciter autant de passions et d’émoi. Pas moins de 204 commentaires ! J’avoue moi-même avoir été déboussolé tant Pascal Perri enchaînait avec assurance les perles de l’alamanach du croissanciste. Je me suis dit: « Va vraiment falloir reprendre tout depuis le début. Quel société on veut ? Ce qui est possible ? A quelle échelle de temps raisonne-t-on ?»  Mais une heure c’est trop court.

Un conseil:

si vous souhaitez consommer moins c’est facile. N’achetez pas le livre de Pascal Perri !

Le site de l’émission service Public

Ecouter l’émission

RAJOUT SUITE A UN MAIL RECU: Mr Perri a des antécédents !
On me signale quelque chose de sidérant. Déjà Pascal Perri s’appelle plutôt Pascal Perrichon.
Un internaute m’a envoyé ce lien: http://www.lexinter.net
En gros, il a obtenu un parachute doré après avoir coulé Air Liberté. « ces avantages ont été versés alors que le redressement de l’entreprise n’était pas acquis« . Les mots manquent pour qualifier ce genre de personnage.


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Ecrit par Baptiste le 21 octobre 2008 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Les autres...,Participez
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Université de la Terre

Université de la TerrePas évident de se lever un dimanche matin quand on a dansé vers Belleville jusqu’à 4h du matin. Mais comme c’est pas tous les jours qu’on peut visiter l’UNESCO, je me suis fait violence pour être à l’heure à l’Université de le Terre.

L’Université de la Terre, c’est un peu comme le festival Science Frontières à Marseille. Dans un cadre prestigieux, on invite des personnes influentes qui gravitent autour de l’environnement et de l’économie. Ministres, dirigeants de grandes entreprises, sociologues, responsables d’ONG, figures médiatiques… tous sont réunis pour l’occasion à l’initiative de François Lemarchand (Nature et Découvertes).
Ce qui est toujours étonnant et stimulant avec ce genre d’évènement, c’est qu’on se retrouve aussi bien avec un Pierre Rabhi qu’un Jacques Attali. De l’humilité biodynamique à la libération de la croissance. Sacré grand écart !

Personnellement, je suis allé voir ce qui nous intéresse, à savoir: « Comment et qu’allons-nous consommer demain ?»  avec Mick Bremans (société ECOVER), Elisabteh Laville (cabinet Utopies) et Michel Maffesoli (sociologue… à la mode).
Dison-le tout de suite: la question n’a pas été traitée. Chaque fois que le thème de la consommation est abordée, c’est un perpétuel jeu de balle à trois. « Si la consommation éthique peine à décoller, c’est la faute aux consommateurs»  disent les industriels. « Nous sommes prêts à consommer autrement, mais l’offre n’existe pas« , répondent les consommateurs. « Il faudrait que les politiques soutiennent d’autres modes de consommation»  s’accordent industriels et consommateurs.

Heureusement qu’Elisabeth Laville a pris la parole régulièrement pour expliquer qu’au fond, ce sont tout de même les industriels qui restent fébriles avant tout.

Mais ce qui m’a le plus étonné, c’est le rôle du sociologue Michel Maffesoli. On m’avait dit que c’était un sociologue original, accordant plus de poids à l’imaginaire qu’à l’irrationnel. En réalité, j’écoutais un professeur qui a passé vingt ans à développer une pensée propre, et qui du coup, filtre tout à travers sa grille de lecture. Qu’on évoque le « marketing tribal» , la « consommation horizontale»  en annonçant que ce sont ces modes de consommation qui allaient revenir en force, je ne vois pas trop ce qu’il y a de nouveau. Se pourrait-il qu’il n’ait jamais entendu parler de « la société de consommation»  de Baudrillard publié il y a 40 ans maintenant ?

Et surtout, prétendre que la conception ascétique était à l’origine du capitalisme (thèse de Weber sur le protestantisme) et donc qu’il fallait se méfier des préoccupations éthiques dans notre manière de consommer, c’est faire un véritable anachronisme. Dirait-on que, la société chrétienne ayant abouti à l’ultra-libéralisme, il faut comprendre que la parole « aimez-vous les uns les autres»  soit à l’origine de l’individualisme d’aujourd’hui ?

Bref, la mode est à inviter des penseurs en vue, qui n’ont pas forcément grand chose à raconter sur les sujets proposés; ils en profitent pour exposer leurs résultats de vingt ans de travaux. J’aurais préféré un sociologue qui aurait vraiment pu apporter quelque chose au sujet comme Bruno Latour par exemple.

site de l’Université de la Terre


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Ecrit par Baptiste le 20 octobre 2008 :: Classé dans Débat,Itinéraire,Les autres...
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20 000 produits de l’éco-consommation

Arbre de Peano20 000. C’est le nombre de produits que nous référençons aujourd’hui sur eco-SAPIENS. Au final, ca fait une sacrée offre s’étendant de la mode au jardin en passant par la puériculture, la déco, les produits d’entretien, etc.

Une offre si étendue que nous ne regrettons pas d’avoir écarté l’offre éthique et encore marginale des gros producteurs. C’eût été pourtant plus facile que de passer du temps à expliquer à certaines boutiques partenaires comment fonctionnait l’affiliation ;-)

20 000 produits bio, écolos, équitables, solidaires… ca commence à faire beaucoup. Bien entendu, la répartition n’est pas homogène. On cherche encore le libraire « éthique»  qui ne proposerait que des ouvrages allant dans le bon sens, lus, critiqués et commentés.

Il nous manque aussi le fournisseur attitré en produit A++. Mais pas question de référencer non plus les écrans plats ou cadres photos numériques les moins énergivores !

Beaucoup de mode et de cosmétiques. Au point que l’on a du mal à faire tenir tout ca dans des catégories encore lisibles (moins de 80 références).

Première victime de cet enrichissement du catalogue, la rubrique Loisirs a vu se détacher la catégorie Jeux et Jouets.

D’ailleurs, si vous avez des idées lumineuses sur la répartition et le rubricage des produits, on est preneur.


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Ecrit par Baptiste le 14 octobre 2008 :: Classé dans Un peu sur nous
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Faisons confiance au progrès pour résoudre les problèmes écologiques

Henry David ThoreauPas un journal qui ne vante les voitures propres, vertes ou écologiques du salon de l’automobile… cela devient suspect. On nous somme d’y croire. D’un autre côté, je me souviens qu’on en parlait déjà il y a 10 ans, même si c’était moins à la mode.

Je me souviens même que dans un vieux film comme Retour vers le futur, Doc faisait le plein avec les détritus trouvés à la va vite dans une poubelle. Utopie ? Science-Fiction ?

Après tout ce temps, il est encore de valeureux optimistes pour professer le nouveau credo: « laissons la science trouver la solution« . Le mythe des biocarburants (que l’on fait bien de renommer agro-carburants puisque le terme bio prête à confusion) n’a tenu qu’un an. Celui de la pile à hydrogène ou de la voiture solaire perdure depuis si longtemps…

Je suis en train de lire la réponse de Heny David Thoreau à John Etzler. Thoreau, c’est le créateur du concept de désobéissance civile; dans les années 1846, il refusait effectivement de payer la part des impôts dédiée à la guerre contre le Mexique. Il est célèbre (ou gagne à être connu !) pour son récit « Walden»  où il teste avec succès la vie dans les bois.

John Etzler, quant à lui, est tombé dans l’oubli. Dans une période emplie de positivisme, il annonce « Mes amis! Je promets de vous montrer comment créer en dix ans un paradis où chaque être humain pourra obtenir en surabondance tout ce qu’il désire dans la vie, sans travailler et sans payer; où toute la nature sera transformée et prendra les formes les plus belles« .

Son utopie technologique, très appréciée à l’époque aux Etats-Unis et en Europe, consiste en une installation en série de centrales utilisant le vent, la marée etc. Calculs à l’appui, équivalences en travail humain qui démontrent le prodige ; cela a effectivement de quoi séduire. Et on ne cesse de se demander: « puisque c’est si simple, pourquoi 150 ans plus tard, ne voit-on rien venir ?» 

Doc et sa doloréaneThoreau répond d’abord sur le plan technique en ridiculisant la comparaison vent/travail du cheval. Peut-on faire avancer un bateau avec des chevaux qui pousseraient avec leurs sabots. Peut-on faire avancer un chariot avec une voile captant la force équivalente à celle d’un cheval ?

Surtout, il reproche à cette utopie d’être une utopie « matérielle» .

Tout cela pour rappeler que l’utopie scientifique est… dépassée. Bien sûr la science a un rôle à jouer dans le soulagement de la pénibilité par exemple. Mais elle n’est qu’un fragment dans une utopie à construire.

Bref, les constructeurs automobiles feraient bien de relire « Le paradis à reconquérir»  de Thoreau. Ils réaliseraient peut-être que l’automobile est une belle invention, mais que sa généralisation et son expansion ne mènent pas vraiment au bonheur !


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Ecrit par Baptiste le 9 octobre 2008 :: Classé dans Débat
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Le football est un sport d’équipe

De Stael« Existe-t-il en France une PME dont le conseil d’administration soit majoritairement dévolu aux salariés ? La réponse est non. Il est normal que les ressources du football français soient gérées par ceux qui en ont la responsabilité.» 

Et bien si Mr Jean-Pierre Louvel* ! Il en existe même plein. Cela s’appelle « coopérative« . Un drôle de mot qui vient de « coopération« . Un drôle de concept également. Que l’on retrouve tout de même sur la pelouse… quand les joueurs se font des passes.

Ce n’est certes pas un scoop que de dire aujourd’hui que le foot est devenu un business bien éloigné des valeurs sportives. Surtout pour un sport d’équipe où le gardien est aussi important que l’ailier.

Comme Marseille a déjà gagné là-bas dans le Nord, nous on attend avec impatience OM-Le Havre au Vélodrome… (Aux armes ! aux armes…).

*Président du club de foot du Havre
Phrase extraite suite à un obscur conflit sur la répartition des voix au sein de la Fédération Française de Foot.


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Ecrit par Baptiste le 2 octobre 2008 :: Classé dans Itinéraire,Poïesis
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