Archive pour août 2008

La métaphore de l’escalator

Vendredi 29 août 2008

escalator à l’envers au japon

Je suis tombé, c’est le cas de le dire, sur cette vidéo:

Ce qui me frappe, c’est de voir la panique que la marche arrière d’un escalator peut provoquer. On se dit “bon il va à l’envers, c’est pas non plus la fin du monde. On a qu’à faire comme si on descendait”.

Eh non, ca ne marche pas, il s’entassent, se piétinent et on en aperçoit un qui saute carrément ce qui n’est pas sans rappeler les images du 11 Septembre. Bref, je trouve que c’est une parfaite illustration de la résistance au changement. Comme si ces gens ne pouvaient pas croire que l’escalator va vers le bas.

Et nous comme si nous pouvions toujours croître, avoir plus de croissance, voyager plus et plus loin et plus vite. Désormais que l’essence et les autres ressources se raréfient et deviennent plus chères, nous sommes comme eux, en train de ne pas y croire. J’ose espérer qu’on sera plus malin et que ca ne finira pas en bousculade générale. Il paraît qu’il y a eu 10 blessés légers.

Autorisé donc bon pour la santé !

Jeudi 28 août 2008

Trop de pesticides…En travaillant, il m’arrive d’écouter France Inter. Jusque là rien de très original. En général, je monte le son pour les émissions qui m’intéressent soit à titre privé (2000 ans d’histoire, Là-bas, Le carrefour de l’Odéon aussi j’avoue !) soit à titre professionnel (Service public, tout s’explique, la tête au carré).

Déjà je remercie le divin concepteur de m’avoir donné la possibilité d’écouter et travailler en même temps. Il y en a qui ne supportent que le silence alors que personnellement, je ne travaille que dans le bruit. Sauf au téléphone bien sûr…

Je viens d’entendre “tout s’explique” avec comme invitée une cosmétologue pour aborder les cosmétiques mais aussi les crèmes amincissantes. A chaque fois, je tilte quand un scientifique affirme “c’est autorisé donc ce n’est pas dangereux. On ne va tout de même pas mettre des poisons sur les marchés”.

Il faut en parler aux victimes de l’amiante ? Faut-il rappeler que l’Académie des Sciences a reconnu il y a 3 ans que l’homme influait sur le climat ? Etant moi-même scientifique, j’ai appris que l’histoire de la science c’est aussi et surtout et heureusement l’histoire de ses erreurs.

Je ne savais pas qu’un certain docteur Philippe Darbre avait déclenché la polémique sur les parabenes et qu’il avait ensuite minimisé la portée de son étude. Peut-être. Mais je sais que contrairement aux dires de l’émission, la cosmétique bio est harmonisée. Trois labels fiables (2 français Cosmebio et Nature & Progrès et un allemand BDIH), on ne peut pas encore dire que ce soit la jungle…

Et dire que les nanoparticules c’est intéressant sans oser soulever leur dangerosité, c’est un peu trop rassurant. Où passe le principe de précaution?

Ce qui m’a rassuré, c’est qu’en consultant les commentaires suite à l’émission, il y avait d’autres esbaudis. Myriam Cohen sera-t-elle à la cosmétique ce que Lomborg est au changement climatique ?

“Le développement durable empêche désormais de penser”

Jeudi 14 août 2008

Jean-Pierre DupuyC’est Jean-Pierre Dupuy, philosophe à l’école polytechnique et un temps disciple de Ivan Illich, qui affirmait cela dans la revue durable.

C’était dans une interview de mars 2003, la revue durable en était à son quatrième numéro. Pourquoi je vous déniche cela ? Eh bien d’abord parce qu’effectivement en inspectant le grenier, je suis tombé sur cette “archive” et que j’ai toujours apprécié la pensée de Jean-Pierre Dupuy. Il est notamment connu pour son calcul sur la voiture du Français: si l’on tient compte du temps qu’on passe à travailler pour se la payer, il fait du 7km/h… autant y aller en vélo. Il est aussi l’auteur de “Pour un catastrophisme éclairé”.

Mais l’avantage de l’interview, c’est qu’elle résume en quelques pages une réflexion puissante sur l’écologie, l’éthique et la métaphysique. Dis comme cela, bien entendu, cela paraît abscons. Que viendrait faire la métaphysique dans le développement durable ?

Tricastin colmate les fuites ?Dupuy est attaché à la notion de catastrophe car elle permet de dégager une éthique. Pour prendre un cas concret, un Tchernobyl en France serait une catastrophe et les calculs probabilistes des ingénieurs qui arborent fièrement “une chance sur plusieurs siècles” deviennent risibles.

Car la catastrophe est justement ce qui est “imprévisible” et qu’il n’y a pas de retour possible. Dupuy parle de principe éthique du non-regret. En prenant l’image d’un conducteur légèrement emmêché, légèrement pressé qui a une chance sur un million d’écraser un enfant à cette heure tardive (etc.) on voit que la catastrophe se produit, les probabilités ne sont d’aucun secours. D’où une réflexion sur le principe de précaution.

Enfin, pour en revenir au titre de ce post, je crois aussi que le mot développement durable (mais aussi le concept car cette idée de développement reste… à développer !) empêche de penser au lieu de repenser globalement notre modèle. En lisant l’article j’ai réalisé avec regret que l’écologie était devenue un principe éthique (respect de l’environnement, des générations futures). L’écologie distribue les bons points (certificats carbone), punit (pastilles, eco-taxes) et il est à craindre qu’elle se substitue à l’éthique.

Le catastrophisme éclairé nous permet au contraire d’aborder le problème de l’éthique… pour ensuite adopter des actions écologiques.

Calcul de coin de table: faut-il arrêter de respirer ?

Mardi 5 août 2008

Un dangeruex émetteurRécemment, je me suis demandé quelle quantité de CO2 nous émettions “naturellement”, c’est à dire juste avec nos poumons.

Je sais pas pourquoi ca m’a pris! En fait, j’ai commencé par chercher l’information sur Intenet mais rien ! nada ! niet ! quedchi ! Sûr de mon bagage d’ingénieur, certes poussiéreux, ni une ni deux, je récolte les données nécessaires au petit calcul qui suit:

L’air expiré contient environ 4% de CO2
Nous expirons chaque fois 0,5 L d’air.
Nous respirons (et par conséquent expirons) 23 000 fois par jour.
Amis chimistes et des gaz parfaits, nous pouvons connaître le nombre de moles de CO2 expirées chaque jour:
nCO2=(23 000*0,5*0,04)/Vo = 460 mol où Vo=22,4 L/mol

Comme j’imagine qu’une mole, ca ne parle pas à grand monde, trouvons la masse équivalente (Masse molaire du CO2=44 g/mol).
mCO2=MCO2 x nCO2=20 240 g
Chers amis, sauf erreur, vous expirez plus de 20 kg de CO2 par jour…
Soit 7 tonnes de CO2 par an !

Et c’est là qu’il y a un problème… de taille. En effet, Un voyageur en avion émet environ 140 grammes de CO2 au kilomètre ce qui représente par exemple 2,51 tonnes eq.CO2 pour un aller-retour Paris-New York. Cela correspond justement au “quota” symbolique à ne pas dépasser… pendant 5 ans.

Bref, vous avez le droit à une demi-tonne par an et votre respiration en dégage déjà 14 fois plus.

Je me dis qu’il doit donc y avoir une grossière erreur de calcul… Quelqu’un peut-il, en guise de sauver la planète, sauver le calcul ci-dessus ;-)

PS: j’ai fait le même calcul avec les flatulences et je tombe fort heureusement sur un résultat négligeable (1000 fois moins malgré le pouvoir supérieur du méthane par rapport au dioxyde de carbone…) . C’est d’ailleurs étonnant de voir que la médecine s’est plus intéressée au pet qu’à la respiration !

Edit: suite aux liens mentionnés par raffa.
atmoz donne 500 kg/an/personne
Annan donne 320 kg/an/personne

Le facteur 10 s’explique sur  le nombre de respirations quotidiennes par rapport à Annan, et je ne sais pas quoi pour atmoz.