Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

Le Cantique des Oiseaux (qui meurent) et La Langue des Oiseaux (qui disparaissent)

monkeyIl y a des invitations « petit déjeuner – conférence de presse » qu’on devrait refuser. Je ne sais comment mon email s’est retrouvé dans leur fichier mais j’ai accepté d’assister à une présentation presse sur l’état de santé de la biodiversité en Île-de-France. En clair, est que la faune et la flore de la région parisienne se porte bien. J’avais comme un pressentiment…


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Ecrit par Baptiste le 12 mai 2016 ::

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Un zeste de Sacha-Christ (la résurrection du participatif)

Affaire StaviskyBayonne, 1931.

Voici le beau Sacha. Il convainc le député-maire de monter un crédit municipal, un « Mont-de-Piété » .

Une petite « banque » on les plus déshérités peuvent emprunter de l’argent… à condition de laisser en gage des objets personnels.

Avec la complicité de fonctionnaires et d’élus, une gigantesque arnaque à 200 millions d’euros se met en place. Des bons de caisse sont émis sans aucun contrôle.

En 1934 le scandale éclate (avec déjà le Canard Enchaîné) aboutissant à l’étrange « suicide » de celui qu’on nomma ensuite l’escroc du siècle.

Cela fait des années qu’en tant qu’entrepreneur je navigue dans les eaux troubles de la finance. Comme beaucoup, après la « crise », je me suis interrogé sur l’argent, la banque, la dette… tous ces concepts qui me semblaient clairs, par exemple la fameuse légende des intérêts qui permettent aux prêteurs de vivre de cette activité. Je crois que le déclic a eu lieu quand j’ai appris que la France allait sauver ses banques (BNP, Société Générale…) alors que j’étais persuadé que le France « empruntait » régulièrement de l’argent à ces mêmes banques car sinon qu’était-ce donc que la dette de la France ?..

J’ai vu des tas de documentaires et d’articles pédagogiques concluant que la vraie question était de savoir « qui avait le droit de frapper l’argent i.e. qui avait le droit d’émettre de la dette ? » Or l’affaire Stavisky c’est la moelle. Des contrôleurs complices et des autorités mouillées. Et le fameux « too big to fail » jusqu’à ce que cela finisse dans la démission d’un gouvernement !

Paris, 30 Sept 2013.

runes et chamanismeJe vais à Bercy, Ministère des Finances, pour les 1ères assises de la Finance Participative. Évidemment à la bourre, le service de sécurité me demande « Vous êtes journaliste ? ».

Amusé je réponds « C’est compliqué. » Et hop, prenant cela pour un oui, les vigiles m’envoient illico vers une porte où se tient une session presse.

J’ouvre la porte et me retrouve nez à nez avec l’(ex)ministre Fleur Pellerin, pour une séance presse, avec une poignée de journalistes. Je me sens un peu obligé de poser une question. Ca tombe bien, j’en ai une. A la croisée de la finance participative et de la finance solidaire, à propos des titres participatifs. Madame la ministre répond à côté.  A sa décharge la question est technique car faut-il le rappeler, le crowdfunding equity est bien loin des thématiques de la finance solidaire (voir notre billet là-dessus).

Une fois sorti, je cherche désespérément la plateforme WiSeed avec laquelle je fomente justement depuis plusieurs mois une opération innovante pour émettre des titres participatifs avec leur plateforme equity. Cela s’appellerait WiCoop et ce serait donc une première en France. Il faut juste s’assurer que Bercy comprenne. C’est pas gagné.

Je croise les fondateurs de Kisskissbankbank, Ulule et d’autres challengers. Que des jeunes en baskets dans un repaire de costumes à cheveux grisonnants qui d’ailleurs sont là pour savoir qui racheter.

Rue de Marseille, Paris, 27 Mai 2015.

Demain Le FilmJe vais avoir 33 ans, l’âge christique. Je traîne à Paris et je me rappelle que chez Centre Commercial, il y a le lancement du crowdfunding pour Demain Le Film. Il y a Cyril Dion et aussi Mélanie Laurent (mais comme je suis inculte, je la salue poliment sans savoir qui c’est). Et d’autres amis qui sont dans l’euphorie car le lancement de cette campagne est un triomphe. Or, quelques minutes auparavant, j’ai eu un coup de fil du directeur de WiSeed qui m’informe qu’il annule notre opération avec eco-SAPIENS.

Ça faisait juste 8 mois que nous travaillons dessus. Nous avions fait le déplacement en train à Toulouse pour peaufiner cela quelques jours avant et la collecte d’intentions avait déjà démarré. Bref, un vrai coup de poignard dans le dos qui fait que malgré la bonne humeur des copains, j’avais la tête ailleurs.

Pour infos, le Wiseed dédié aux coopératives existe désormais… mais sans nous. Pour nous ça a plutôt été un oui-cide

Avec nos amis d’Ethiquable (qui d’ailleurs nous avait filé un rapide coup de main quand nous travaillions sur le montage).
J’ai pas mal d’anecdotes truculentes sur ce dossier « financement participatif pour l’économie sociale et solidaire » mais j’ai peur de m’égarer. Car n’en déplaise aux apparences, ce billet suit une certaine logique !

Je vais avoir 33 ans dans 3 jours. Et, croyez-le ou non, on m’a crucifié 3 jours trop tôt !

L’Archipel, Paris, 17 Mars 2016

m6w9Une chapelle vers Saint-Lazare (tiens lui aussi a réssucité !). Immaculée Conception. Ancien siège de l’INPI. Etrange. Les alcôves sont remplies de livres. Drôle de mélange où la grandeur religieuse expose des encyclopédies et des romans policiers… C’est L’Archipel.

La Nef (sic! ), la banque éthique dont nous vantons les mérites depuis toujours organise un évènement pour présenter leur nouvelle plateforme de crowdfunding. Cela s’appelle Zeste. Au début j’ai trouvé le nom assez nul à cause de sa consonance de zozotement. Et puis j’ai vu que ca tournait au jeu de mots : « pour soutenir ce projet, faites un zeste ! ». Bon.

Et puis je me suis souvenu que M6 avait créé une chaîne qui s’appelle W9 parce que c’était la même chose à l’envers. Et j’ai observé que ce Z de Zeste c’était le N de Nef à qui on avait plus modestement fait un quart de tour. Bref, la Nef c’est la banque et le Zeste c’est la même chose mais en 2016 : éthique, coopératif, transparent… et numérique.

Mardi 29 Mars, Ministère des Finances, Paris

J’arriverai un peu en retard aux 3èmes assises de la finance participative. On me demandera si je suis journaliste et je répondrai là encore d’un ton amusé que c’est compliqué. Des banquiers « conventionnels », ceux dont on rappelle chaque jour leurs frasques dans les paradis fiscaux, vont se féliciter de l’essor du crowdfunding qui leur permet de prendre une commission sur des projets qu’ils ne financent pas. Il y aura les plateformes historiques, pionnières, celles qui ont défriché un terrain miné (BlueBees, KKBB, Ulule…) qui ont gardé leur fraîcheur éthique avec les années. Il y aura les plateformes qui m’agacent, celle qui, à la manière du beau Sacha, se financent entre elles parce qu’elles ont péniblement gagné cet agrément.

Ou peut-être que je ne pourrai même pas rentrer. Qu’en fin de compte, c’est moi le beau Sacha à m’inviter clandestinement dans les cénacles de la phynance. Et les vigiles m’arrêteront en disant : « Halte là ! Plus un zeste ! »

 

zeste


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Ecrit par Baptiste le 22 mars 2016 ::

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Rendez-vous du futur (l’éco-consommation en vidéo)

selfie-nones« Ah tiens je t’ai vu récemment à la télé avec des boîtes de thon ! »

Il m’arrive parfois en effet de répondre aux sollicitations d’interview ou de reportages. Et comme l’éco-consommation est un domaine assez large, je me retrouve parfois embarqué sur des sujets assez insolites.

Sans fausse modestie, j’accepte en général par politesse, et surtout en fonction du feeling avec l’interlocuteur.

Parmi la dizaine d’interventions radio ou télédiffusées, celle que je regrette le plus est un 5 minutes sur France Info pour parler des lessives écologiques.

Je me rappelle parfaitement avoir tenté d’avoir un débat de fond avec mon intervieweuse mais celle-ci voulait des réponses catégoriques (genre « c’est cette lessive qui est la mieux ») quand je me permettais d’apporter de la nuance (bah oui il y a quand même plein de paramètres quand on fait une lessive : le modèle, le réglage, le recours à des balles de lavage etc…).

Mais souvent ça se passe bien. J’ai eu des journalistes attentifs (Gaël de Canal+, Frédérique de France 5) qui parviennent bien à articuler la contrainte du « spectacle » avec l’objectif pédagogique.

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En Février, j’ai participé à une émission sur une WebTV (donc très confidentielle) qui s’appelle Les rendez-vous du futur. Je recommande car ce sont des formats longs d’interview avec des personnes fort respectables (l’astrophysicien André Barhic, le mathématicien Cédric Villani, le penseur Michel Bauwens etc.)

Pour ma venue, était invitée en deuxième partie une personne dont j’ignorais le nom mais dont la biographie interpelle. Cécile Renouard cumule en effet le travail universitaire de conseil stratégique en Responsabilité Sociétale des Entreprises… avec celui de religieuse !

Autant dire que par son mode de vie, hors voyages d’étude, elle a une empreinte écologique bien moindre que la mienne ! Entre prières au couvent et board dans les bureaux feutrés des ténors du CAC 40 on imagine qu’elle doit avoir une vie intellectuelle et spirituelle très intense.

Son passage dure une heure et aborde finalement assez peu cette double casquette, sauf à la fin. Mais c’est une bonne synthèse sur le développement durable, la RSE et la psychologie des grands groupes confrontés à la transition.

 

Quant à moi, mon passage de 30 minutes, dans Le First, aborde les sujets globaux de l’éco-consommation.

  1. Comment peut-on être sûr qu’un produit est éthique ?
  2. Peut-on faire confiance aux labels ?
  3. N’y a-t-il pas de plus en plus de greenwashing ?
  4. La bio et l’équitable c’est tendance?
  5. C’est plus cher de consommer éthique ?

Et je peux évoquer l’entreprenariat (avec le site via-sapiens sur le tourisme responsable) et l’association négaWatt.

Coralie Huché Les bons labels et les truands

Dessin en live réalisé par Coralie Huché durant l’émission. Merci à elle.

Le plus drôle c’est qu’à la fin, mes interlocuteurs avaient préparé un focus sur l’association OpenFoodFacts… dont le fondateur est un ami (et sociétaire !). Donc là encore je connaissais bien le  sujet des étiquettes et des « applis mobiles » pour s’y retrouver. Ca mériterait d’ailleurs une autre bonne heure de reportage…

En attendant, la vidéo est ici :

 


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Ecrit par Baptiste le 4 mars 2016 ::

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Biomimétisme, économie de la connaissance… à voir !

cactusC’est la révolution du XXIème siècle!

Bon je sais ce n’est pas la première fois que l’on entend cela. Mais restez-donc pour vous faire un avis.

Etant de constitution curieuse mais méfiante, je me suis laissé intriguer par une conférence qui a séduit nombre de mes amis.

Il s’agit d’une audition de Idriss ABERKANE au Conseil Economique Social et Environnemental à propos du biomimétisme. Ce jeune et brillant chercheur (Supélec, Polytechnique, Stanford…) expose en quelques minutes comment s’inspirer du vivant pour innover.

Cela fait longtemps que je connaissais les concepts mais cette vidéo est une parfaite synthèse pour s’introduire aux concepts d’économie de la connaissance et de biomimétisme.

Visionnez la vidéo avant de lire ce qui suit (sauf si vous êtes pressés)

vidéo

Néanmoins, certaines choses m’ont chiffonné car en marge de remarques percutantes et de bon sens, le propos général me semble encore malgré lui « connecté » à de vieilles conceptions.

L’économie de la connaissance

L’intervention démarre d’abord sur cette considération que toute théorie révolutionnaire passe par 3 stades :

ridicule => dangereuse => évidente

Par exemple le droit de vote des femmes ou l’abolition de l’esclavage. On attribue à Gandhi la phrase « First they ignore you, then they laugh at you, then they fight you, then you win » qui donne du baume au cœur à tous les militants des causes perdues… y compris les plus ambiguës (théorie de la terre creuse et récentisme par exemple – cette dernière étant déjà passé de « ridicule » à « dangereuse »…)

evasion-paresseuxJe crains que ce genre de vision de la « théorie des idées » ne soit au final qu’une tautologie rétrospective. L’épistémologue Paul Feyerabend, sur le champ purement scientifique, a carrément renoncé à trouver une structure en histoire des sciences. Au final, une théorie s’impose… parce que les vainqueurs ont vaincu !

J’ai conscience que c’est très décevant pour nous tous qui cherchons des « recettes » ou des « principes » pour faire valoir nos idées; néanmoins si l’homme préhistorique ou moderne avait adopté des comportements optimaux, nous ne serions pas là pour l’écrire…

Hormis cela, je partage le constat. Le paradigme dominant, celui de la croissance infinie et de l’économie matérielle, est condamné et nous peinons aujourd’hui à basculer définitivement sur un nouveau paradigme. Et qui, pourquoi pas, serait lié à l’économie de la connaissance.

Rappelant que contrairement aux matières premières, la connaissance est infinie et est donc compatible avec une croissance infinie, M. Aberkane propose 3 lois sur lesquelles repose l’économie de la connaissance.

  1. Echanges à somme positive
    quand on partage un bien matériel, on le divise. Mais quand on partage une connaissance, on la multiplie.
  2. Echanges pas instantanés
    Cela prend du temps de partager et d’assimiler une connaissance. Transférer de l’argent est immédiat. Assimiler la physique quantique c’est plus long…
  3. Les combinaisons de connaissance ne sont pas linéaires
    « 1 kg de connaissance + 1 kg de connaissance = 3 kg de connaissance ». Au pire de nouvelles connaissances triviales, au mieux de nouvelles connaissances.

poissons-fumesLa force du propos de ce chercheur réside dans cette belle métaphore d’une humanité qui aurait vécu des années dans une bibliothèque où elle aurait jeté au feu les livres pour se chauffer. Alors que nous aurions pu ouvrir les livres de la nature. C’est ce que propose le biomimétisme.

Le biomimétisme : lire la nature

« Le biomimétisme, c’est l’art d’extraire la connaissance de la nature ! ».

S’ensuit un catalogue d’exemples « classiques » quand on veut montrer à quel point la nature est hight-tech !

  • Les nanomatériaux des diatomées (plancton) plus précis qu’un processeur Intel.
    « Dans une goutte d’eau de mer vous avez  des puces Intel qui flottent… et nous narguent depuis 3 milliards d’années »
  • L’aérodynamisme de la peau de requin, meilleur revêtement au monde (Airbus s’en est inspiré, combinaisons interdites pour la natation, BASF s’en est inspiré pour faire une peinture antifouling)
  • Le blindage de l’ormeau (le coquillage, pas l’arbre) capable d’arrêter un bazooka. « Ca peut vous blinder un char Leclerc et c’est moins dangereux à fabriquer par rapport à une usine AZF ».
  • La mu-conotoxine du coquillage qui vaut 800 millions $ / kg et qui est en voie d’extinction car on vend ce cône du Pacifique 3$ aux touristes parce qu’il est joli.
  • Le ver de vase, substitut d’hémoglobine O- universellement transfusable, 50 fois plus oxygénante et donc top pour le dopage et les transplantations.
  • Le byssus de la moule, meilleure colle du monde et qui ne pollue pas. Utilisé aussi comme fil de suture mais réservé aux césariennes de stars car il fait des plaines nickel.
  • La crevette mante-religieuse, dont les pinces-marteaux a la vélocité d’une balle de fusil, générant des étincelles de 22 000°K, faisant même de la supercavitation (et là des considérations sur l’armement russe, iranien et chinois). Elle a aussi le meilleur écran solaire qui plus est non polluant.

radeau-cimesVient ensuite une analogie entre le premier derrick pour forer du pétrole (exploitation de la nature) et le « radeau des cimes » sur la canopée amazonienne, premier extracteur de connaissances de la nature.

Enfin une digression sur la Corée du Sud :

La Russie exporte moins que la Corée du Sud qui n’a rien, aucune matière première. [...] Par contre, la Corée du Sud c’est le premier fabricant d’écrans LCD, de moteurs de bateau, un très grand fabricant mondial d’automobiles : ils exportent de la connaissance [sic].

Toute leur économie est basée sur la connaissance et c’est pour cela que la Corée est passée de la guerre de Corée à nos jours, de 1 boite de corned-beef comme repas à un PIB par habitant supérieur à la France.

Au travers de ces exemples, je suis comme saisi d’un doute.

Doute confirmé par le discours de conclusion tellement goldmansachsesque.

Quoi ? En 2015 vous saviez que dans la Nature il y avait des raccourcis à 10 milliards, des céramiques dont le développement marché est supérieur à 1 milliard, il y avait des toxines qui valent 800 millions de dollars le kilo – c’est combien de litres un baril de pétrole ?-  30 centimes le litre pour le pétrole, 1 milliard le litre pour la toxine.
Vous saviez tout ca… et vous extrayiez le pétrole de la mer ?
[...]

Le frein majeur, c’est que si nous avons le derrick, nous n’avons pas la raffinerie.
[...]
Dans le biomimétisme, un écosystème inexploité c’est comme une nappe pétrolière… sauf que quand vous l’exploitez vous ne le détruisez pas. [...]

Et en plus il y a beaucoup plus d’argent à se faire comme çà !

Déjà un doute s’immisce. On nous explique comment on va résoudre la quadrature du cercle, le Graal de la réconciliation entre écologie et économie, l’argent et la nature. Mais on subodore déjà que tout cela n’était qu’un songe… qu’en fait ce qui est appelé « économie de la connaissance » est une R&D qui, à court d’idées, vient singer ce qui se passe dans la nature.

Cela se confirme avec la conclusion qui parle de la blue economy (terme modernisé pour l’autre concept qui fit flores il y a peu, craddle-to-craddle déjà renouvelé par l’ubuesque économie circulaire) où l’on affirme qu’il est possible de faire des chaînes économiques circulaires, sans déchet, et en plus on est ‘achement rentable et hyper compétitif.

Idriss ABERKANE finit avec l’exemple historique du coton lors de la guerrede Sécession aux Etats-Unis, opposant le Sud adepte de l’esclave, contre le Nord industrialisé adepte de la machine à vapeur… qui se révelera bien plus rentable.

Qu’en penser ?

tree-hugsCet exemple du coton est doublement paradoxal.

1) Il démontre que ce qui compte au final c’est le primat de la compétition. Ce n’est ni pour des raisons éthiques ni pour des raisons écologiques (biomimétiques ?) que les Nordistes ont gagné.

2) Si on applique le biomimétisme au coton, on pourrait dire qu’un arbre le cotonnier produit une matière inspirante pour les humains bien plus robuste et thermique que leur peau naturelle. le coton est-il une innovation à un milliard de dollars ?

Ce que je veux dire c’est que depuis toujours nous faisons du biomimétisme. Un long débat quasi ontologique qui nous amène à requestionner le lien entre Nature et Technique. Le projet ITER ne consiste-t-il pas à recréer l’énergie du Soleil dans nos tokamaks ? L’acide acétylsalicylique de l’aspirine n’a-t-il pas été isolé dans le saule ?

Pour quitter le champ sarcastique, je souhaite juste rappeler que la Technique n’est que la transpiration de la Nature par l’Homme. Donc tout le propos de cette vidéo est « de bon sens ». On n’a plus à gagner à comprendre et respecter le vivant plutôt qu’à l’exploiter avidement.

Le grand paradoxe de cette vidéo est que pour justifier son propos et cet appel à une révolution de l’imaginaire, ce chercheur est obligé de reposer son argumentaire sur des considérations de l’ancien monde « it’s very big money, my friend« .

volcanoPour reprendre l’exemple de la toxine utilisée en neurosciences, cette « valeur marchande » n’a de sens que dans un contexte de société hyper-industrielle. Les malheureux exemples, tous empruntés au secteur militaire, sport-spectacle ou pseudo-médical s’égrènent comme des aveux nostalgiques.

J’avoue que la première fois que j’ai entendu parler de biomimétisme c’était dans l’architecture. Et de nous faire rêver avec des tours et des dômes de stades futuristes, genre toile d’araignée. C’est peut être ringard mais moi ces choses là ne me font pas rêver. Parce que bon les stades de foot, je sais pas si vous êtes au courant mais c’est comme les aéroports… Ils sont désertés…

Nulle peine de me traiter de technophobe (polémique d’un autre temps…). Je fais juste remarquer que ce qui est appelé ici économie de la connaissance n’est qu’une variante de ce que certains économistes croissancistes nomment « économie dématérialisée » ou « tiers-économie » et qui pensent avoir trouvé dans l’échange immatériel la solution au problème de la croissance infinie.

Si cette vidéo m’a beaucoup plu malgré tout, il n’en reste pas moins que j’en déplore son manque de recul. Elle gagnerait à s’articuler avec d’autres réflexions plus systémiques (le convivialisme d’Alain Caillé, l’anthropologie de la dette par David Graeber) qui nous amènerait à questionner bien plus loin ce que pourrait être l’économie non prédatrice.

L’enjeu n’est pas de savoir comment on va cultiver des moules pour, grâce à leur byssus,  refaire « nickel » les seins de Paris Hilton mais bel et bien comment on va vivre à plusieurs milliards ensemble car, tenez-vous bien, même le modèle de la Corée du Sud n’est pas généralisable (ni souhaitable). Car pour exporter écrans et bateaux… il faut bien que d’autres en achètent.

Sur ce, je retourne à une vidéo que l’on ma conseillée sur l’agro-écologie. Bizarrement, je sens que l’on y parlera moins dollars et de cash-intensive !

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Ecrit par Baptiste le 25 février 2016 ::

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Voyage au pays des arnaques

lego-arc-triompheA chaque fois que je reçois un spam je me demande toujours qui sont les personnes qui « se font avoir » et qui contribuent malgré eux à cette industrie de l’ombre, polluant nos vies… et nos serveurs.

Car c’est statistique. Si les spams, le phishing et autres entourloupes sont toujours présentes en 2015, c’est que les spameurs rentrent dans leur frais. Pour 10 000 envois, il suffit d’un gogo pour les convaincre de poursuivre leur funeste activité.

Coluche disait « quand on pense qu’il suffirait de ne pas acheter pour que ça ne se vende pas« . Eh bien sur Internet c’est la même chose : quand on pense qu’il suffirait de ne jamais cliquer pour que toutes nos boites mails soient plus légères.


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Ecrit par Baptiste le 3 novembre 2015 ::

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Nespresso, prison, décroissance. Une semaine parmi d’autres

6682_870c_500J’avais tout simplement envie de partager des réflexions liées à une semaine riche en rencontres.

Il s’agit de 3 contextes fort différents, les Champs-Elysées, la prison et un stand Alternatiba, qui m’ont perturbé pour différentes raisons et dans tout ce fatras, une leçon je cherche encore. Si vous l’avez je suis preneur.

Mercredi. Nespresso

Mercredi j’acceptais un déjeuner dans la boutique Nespresso des Champs-Elysées. J’ai déjà parlé de ma perplexité à propos de cette filiale de Nestlé, désormais engagée dans une communication sincère et factuelle sur sa contribution au recyclage et à l’agroforesterie.


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Ecrit par Baptiste le 12 octobre 2015 ::

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Le Saint Père, la Terre Mère, mes frères et ma sœur

religieuxL’affaire est entendue, ce nouveau pape François a tout pour ramener les brebis égarées du mercantilisme dans cette nouvelle foi radicalement solidaire, écologiste et décroissante.

Hormis évidemment les passages relevant de l’avortement, ce Laudato si a de quoi ravir tous les authentiques amoureux de la planète, tous les authentiques défenseurs de la solidarité. L’introduction est un hommage à Saint-François d’Assise, célèbre d’ailleurs pour son sermon aux oiseaux.

« Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe » chante le Saint des pauvres dans son cantique des créatures.

C’est bucolique comme du Giono et on peine à se dire qu’il y a 7 ans, le précédent pape procédait à la bénédiction de centaines de Ferrari sur la place Saint-Pierre…

Si l’on assimile le Vatican à une multinationale vieille de 2 000 ans, c’est comme si Nestlé avait nommé José Bové remplaçant de l’actuel directeur Brabeck. (si vous ne connaissez pas Brabeck, on vous le présente notamment dans notre précédent article sur la rencontre du troisième type chez Nespresso).

Tout y est ! Les blessures de la Nature, les inégalités et les souffrances de l’Homme. La foi déraisonnable en la technologie. L’effet rebond !
Si ce n’est déjà fait, prenez 20 minutes pour lire ce texte qu’on jurerait écrit par un chroniqueur du journal La Décroissance !

Je ne sais pas vous, mais ce concept de Terre-Soeur m’a étonné sur le coup. Pourquoi pas la Terre-Mère ?
Et j’ai réfléchi. Et j’ai trouvé que la Terre-Soeur c’était une chouette idée. Ils ont un bon service marketing au Vatican !

Le religieux et l’écologie

arbre-portaitCe doit être la deuxième fois que je parle de religion sur ce blog. La première fois c’était pour parler de Thoreau et du Mont Athos, cette péninsule orthodoxe interdite aux femmes. A la manière de Huysmans, j’avoue être quelqu’un qui s’écarte de la religion tout en l’épiant. C’est à dire que je n’ai naturellement rien contre les gens pieux. Je n’en suis pas mais les textes religieux me fascinent.

Et en les lisant, je considère tout à fait compatible écologie et religion (voyez Illich et Ellul). Par contre, je suis toujours sidéré par la dissonance cognitive présente chez des gens très croyants. On ne doit pas lire avec le même œil.

Je crois assez bien connaître les textes chrétiens et me suis intéressé un moment à ce que l’on appelle les Pères de l’Eglise. Je dois d’ailleurs faire une confession, toute augustinienne ! Pendant des années, j’ai aspiré à écrire un ouvrage sur les similitudes entre le mouvement des chrétiens primitifs et le mouvement écologiste. Ma paresse a eu raison de cela et cela fait une référence de moins pour Amazon !

Mais voici ce que j’aurais écrit là-dedans. Un exemple qui j’espère sera parlant:  la querelle du Filioque.

Pour les impies qui n’ont pas été voir sur Wikipedia, il s’agit d’une dispute syntaxique qui, excusez du peu, a séparé l’Europe en deux. A ma gauche l’Europe catholique d’Occident qui considère que le père procède du père et du fils. A ma droite l’Europe orthodoxe d’Orient qui pense plutôt que le père procède du père par le fils. Je simplifie à peine.

En 2015, faut-il préciser que cette petite mise au point à propos de la Sainte Trinité ne suscite guère plus d’altercations ? De nos jours on peine à comprendre rétrospectivement l’imposante et docte littérature pour traiter de ce sujet.

Et bien en 2015, tenez-vous bien, il y a aussi les écologistes d’Orient et d’Occident. Appelons écologistes d’Orient ceux qui pensent  qu’on résoudra le problème planétaire avec les citoyens. Et écologistes d’Occident ceux qui pense qu’on le résoudra avec les citoyens… et les multinationales. Et voilà la querelle du Monsantoque.

Ne rigolez pas, ce point de détail vous permet de brouiller définitivement deux personnes qui ont 99% d’idées communes concernant la nature, le climat, l’énergie etc… Et c’est d’une actualité brûlante. Voyez qui se posent en sauveurs de la COP 21 !

La religion de l’écologie

zen-footLes détracteurs de l’écologie se pensent souvent très malins en opposant écologie et vérité scientifique.

  • Les énergies renouvelables ? Pas rationnel.
  • Le changement climatique ? Pas prouvé.
  • L’épuisement des ressources ? L’homme a toujours trouvé des solutions. C’est empirique.

La revue La Décroissance n’hésite pas à parler des Pères de la Décroissance, faisant clairement référence aux Pères de l’Eglise.

Le problème que nous rencontrons est avant tout sémantique. Il faudrait définir clairement ce qu’est une religion, une sagesse, une spiritualité, une doctrine, une foi, une espérance, une réflexion, une intuition… et une science.

Et comment nous classerions pêle-mêle le keynésianisme, le transhumanisme, le marxisme, le libéralisme, le végétarisme, le yoga, et aussi donc l’écologie ?

Pictures in the News: Vevey, SwitzerlandDans mon cas pas de doute, je suis prêt à reconnaître une part d’irrationnel dans le projet éco-humaniste. La perspective apocalyptique (« on va tous mourir si on ne se repent pas en prenant le vélo !« ) a des airs de Saint-Jean et surtout l’idée « colibriste » où chacun fait sa part, espérant ainsi mériter son salut et se voir ouvrir la clé du paradis, pourrait faire penser à la foi du charbonnier.

Sauf que…

Sauf que contrairement aux messages messianiques, les signaux environnementaux et sociaux sont étudiés, connus, analysés et n’ont plus rien à voir avec les apparitions de Lourdes…

  • Le creusement des inégalités n’a jamais débouché sur des périodes glorieuses…
  • L’accès restreint aux ressources stratégiques n’a jamais pacifié les peuples…
  • Des variations de quelques degrés ont bouleversé la faune et pour la flore. Tout le monde ne s’est pas adapté…

La seule chose que partagent religion et écologie c’est cette idée un peu bête mais indispensable. C’est que nous sommes tous frères… mais que nous sommes tous sœurs désormais.

 

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La nature reprenant ses droits à peine quelques années après l’abandon d’un village

 


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Ecrit par Baptiste le 30 juillet 2015 ::

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Rencontre du 3ème type

Usurpation d’identité

infiltres Dans le film Les Infiltrés, on suit les aventures croisées entre d’une part un policier immergé dans mafia, et de l’autre un mafieux gravissant les échelons de la police. De nos jours, il existe toute sorte d’infiltré environnementaliste.


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Ecrit par Baptiste le 28 mai 2015 ::

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La Ruche Qui dit Oui attaque en justice les AMAP pour concurrence déloyale

alligator-golfPour ceux qui ne le savent pas, une petite rivalité s’est installée dernièrement dans le monde des paniers locaux.

D’un côté il y a certaines AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) qui fonctionnent sous forme associative et « obligent » des personnes à partager la récolte d’un paysan (pas toujours mais souvent bio) en récupérant chaque semaine un panier. Un système bien établi depuis plus de dix ans mais que certains abandonnent en raison des contraintes (on paye à l’avance, il faut être là à chaque distribution, on choisit pas ce que l’on a).

En 2010 est née la plateforme Internet La Ruche Qui dit Oui, qui propose également du circuit-court, pas forcément bio, en permettant à des producteurs de vendre directement dans des lieux de distribution gérés par un « responsable de ruche ».

Tout le monde était alors emballé !


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Ecrit par Baptiste le 1 avril 2015 ::

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Mais pourquoi on ne parle pas plus de ce billet ?

ClementSalon2Mardi 10 Mars. Calme plat au bureau. Dehors la tempête sociale et environnementale.

Par ce jour d’hiver aux allures de printemps, je me décide à aller déjeuner pas très loin, visiter l’usine France-Craft en Essonne.

J’avais rencontré son fondateur Marc Chevreau quelques mois auparavant où il présentait sa voiture électrique, la F-City, qui a la particularité d’être une vraie alternative crédible dans le paysage nébuleux des voitures électriques. Elles ont des plaques d’immatriculation, vont jusqu’à 90 km/h, ont une autonomie de 100km. Lors de cette rencontre, son collègue avait du me ramener chez moi et c’est un peu par hasard que je suis monté pour la première fois dans une voiture électrique.

Moi qui ne suis pas très branché bagnole (je me permets de faire un renvoi vers cet autre billet « Comment j’ai visité une usine Renault » où j’étais le seul blogueur invité à être dubitatif sur la capacité des grands constructeurs à devenir écolo…)  et qui suis particulièrement méfiant des miroirs aux alouettes, je dois le confesser : la voiture électrique F-City est un petit miracle pas très ébruité !

Il y a beaucoup de choses à dire sur la voiture électrique et je ne suis pas expert. Comme beaucoup de monde, je recueille l’écume médiatique. A savoir dans les grandes lignes…

  • La Blue Car de Bolloré : un scandale de lithium de la part d’un groupe qui accapare les terres là-bas et attaque la presse ici !
  • La Zoé de Renault qui y va… si lentement si lentement….
  • La Tesla : trop chère et trop frimeuse
  • La Heuliez : le « canard boiteux » que Ségolène Royal a tenté de sauver tant de fois…

Le truc vraiment chouette avec la F-City c’est qu’elle est « en kit ». Il est possible, en forçant le trait, de monter une mini-usine chez soi pour les assembler ! Une voiture légère, fonctionnelle, open-source, électrique !

Alors j’ai demandé à Marc : « Comment cela se fait-il que l’on ne parle pas plus de la F-City ? »

Manque de communication ? Volonté d’y aller progressivement ? Omerta des médias qui sentent que cela peut froisser leurs annonceurs…? (Je rappelle que Bolloré c’est aussi Direct Matin et des participations dans plusieurs medias, que Renault est le premier annonceur pub en France). Il égraine les explications avec bonne humeur…

Les pouces en l'air ! Sans le savoir, je suis fier d'avoir aussi un Jean 1083 très Tour de France aussi !

Les pouces en l’air !
Sans le savoir, je suis fier d’avoir aussi un Jean 1083 très Tour de France aussi !

Et puis son téléphone sonne. C’était Clément Leroy qui cherchait un endroit où dormir le soir.

Clément Leroy ? Mon idole du moment ! Je l’ai interviewé sur ce blog le mois dernier !

Depuis 3 mois, Clément sillonne la France en demandant chaque nuit l’hospitalité dans des bleds aux noms sympathiques. Que ce soit à Chatte, à Montcuq, à Orgies, à Longcochon ou à Y, il arrive avec sa bonne humeur, son saucissons et surtout son spectacle de « vélo sur place » dont il détient le record !

C’est frais, convivial, décalé et surtout c’est une vraie réflexion sur le voyage. Il a un vélo qui est parmi les plus rapides du monde, un magnifique vélo sans frein… avec lequel il détient le record de sur-place.

La semaine dernière, il a donné une conférence TedX (la vidéo est ici, à 5h51) où il explique que « voyager c’est d’abord parler avec son voisin » ce qui pourrait être la définition de via-sapiens…

En ces temps troubles où nos politiques et nos médias agitent les éternels chiffons de la méfiance de tous contre tous, la pérégrination de Clément vient comme un bol d’air.

Nec plus ultra, en plus de promouvoir l’esprit potache, les rencontres authentiques, le voyage sur-place, et même la marche arrière, Clément a des sponsors géniaux. Il y a les boissons anti-énergisantes Obo (petit clin d’oeil à RedBull) et donc aussi France Craft puisque Clément a fait ton son voyage en France dans une F-City.

« Aucune panne, zéro euros le plein, ça m’a soulagé le budget et sauvé la vie ! » me confie-t-il.

Ah oui parce que je vous ai pas dit, Clément est venu dormir à la maison. Il était tard alors on s’est épargné le rituel du spectacle sur la table de mon salon… mais on a discuté et pris quelques photos ;-)

ClementSalon1J’en ai profité pour lui expliquer les labels de l’éco-consommation (ah ah Clément toi aussi tu croyais que ca voulait dire « recyclé ») et je lui ai offert un manifeste négaWatt comme çà, lui qui fait de l’écologie sans le savoir, il pourra parler grands enjeux énergétiques maintenant !

Alors j’ai demandé à Clément : Comment cela se fait-il que l’on ne parle pas plus ton tour de France ?Peut-être que parler de bonne humeur, de convivialité, de joie de vivre… ca n’intéresse pas trop les médias. Il y a certes eu 20Minutes (concurrent de Direct Matin…) mais ça mérite bien un petit Pernaud, un petit Drucker ou un petit Barthès non ?

Ils peuvent toujours l’inviter, moi ça m’est égal, c’est dans mon salon qu’on s’est rencontré !

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Co-branding… le vélo des eco-SAPIENS « Le Cycle éthique » un peu à plat.
Derrière la F-City où rentre le vélo de Clément au millimètre !


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Ecrit par Baptiste le 12 mars 2015 ::

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