Blog des eco-SAPIENS
Ethique = Cohérence

Passez nous voir à Into the mild à Paris

logo_intothewild-v2Dans la blogosphère écolo, le blog ecolo-info est du genre incontournable.

D’abord parce qu’un billet par jour, c’est une prouesse. Mais surtout parce que c’est toute une équipe qui rédige ce blog. Une équipe constituée de profils divers: du monde marchand, du monde associatif, des indépendants de passage, des philosophes, des pragmatiques, et aussi des geek !

Une belle alchimie qui confirme que la richesse vient toujours de la diversité et de la coopération. Le truc, c’est qu’ils sont coopératifs sans le savoir…

Le truc aussi, c’est que comme tout blog ou site internet, on finit par oublier que derrière chaque avatar, il y a de la peau, une voix, un regard et un coeur. Et parfois, on a envie souffler sur cette fine pellicule virtuelle, grumelée par des twitts et des flux rss,  qui a fini par recouvrir et cacher toute cette présence humaine.

Alors, ecolo-info vous rencontre ce samedi 13 Février au Comptoir Général à Paris.

La journée, intitulée Into The Mild, proposera des animations et des ateliers pour les enfants (conte, quiz biodivertissant). Puis, vous pourrez rencontrer le fondateur de l’expédition sous marine « Under the Pole»  ou découvrir le renouveau du lin en France.

Et pour la soirée, c’est apéro-concert plus dîner auberge espagnole.

PAF: 5 €
Comptoir Général, 80 quai de Jemmapes à Paris dans le 10ème
Programme complet sur le site ecolo-info

PS : L’antenne parisienne des eco-sapiens sera bien entendu présente ! Elle potasse même la botanique à l’heure qu’il est…


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Ecrit par Baptiste le 8 février 2010 :: Classé dans Itinéraire, Les autres..., Participez
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Petite chronique marseillaise

velo-bazookaEn début de semaine grand moment d’émotion à la découverte d’une piste cyclable (je devrais dire un morceau, car ici les pistes dont des tronçons qui commencent souvent dans un caniveau pour finir dans un mur) sous le tunnel du faubourg national, passage jusqu’alors plutôt risqué de mon matinal parcours de cycliste dans Marseille.

Donc, enthousiaste, je profite pleinement du  couloir aménagé, petite parenthèse de détente sur mon trajet…

Hélas le soir en rentrant,  les choses se sont gâtées … et oui, pas de voie cyclable dans l’autre sens et une circulation sur des voies automobiles rétrécies, chaud les fesses !

Mardi les sucettes Decaux du boulevard Longchamp avait été drapées de noir… là où il n’y a pas de pub il y a de l’espoir.

Vendredi les panneaux installés pour les élections devant l’école maternelle étaient entièrement squattés par un parti dont l’affiche fait une curieuse référence à  De Gaulle…  Heureusement qu’à 5 ans on ne sait pas lire.


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Ecrit par francoise le 4 février 2010 :: Classé dans Itinéraire, Un peu sur nous
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Veja écoloclaste

bleu-projectA rebours…

C’est le titre d’un roman de J.K. Huysmans certes. Mais c’est surtout la nouvelle posture de la marque Veja.

Veja, rappelons-le, fabrique des baskets au Brésil avec du coton bio et du caoutchouc « écologique» , le tout dans une démarche équitable.

Veja, enfin, ca signifie « regarde»  dans la langue de Brésil. La nouveauté, c’est qu‘à rebours de tout le monde, Veja a décidé aussi de montrer à voir… ce qui ne va pas chez eux.

Sous la bannière de la transparence, la marque nous affirme spartiatement:

  • Les lacets ne sont pas en coton biologique, faute de volume. Veja ne fabrique qu’une faible quantité de baskets, et donc n’utilise pas « assez» de lacets.
  • La mousse pour maintenir la cheville est un produit synthétique à base de pétrole.
  • La semelle extérieure des baskets Veja contient entre 30 et 40% de caoutchouc sauvage.
    La semelle intérieure en contient 5%. Pour donner toutes ses propriétés techniques à une semelle (souplesse, résistance, confort), il faut encore utiliser différents composants dont du caoutchouc synthétique.
  • Les œillets ne contiennent pas de nickel mais sont en métal, dont l’origine n’est pas contrôlée.
  • Le recyclage des baskets n’a pas été mis en place.
  • Le transport pour livrer les clients asiatiques et américains s’effectue en avion.
  • Veja fait fabriquer ses baskets et accessoires au Brésil, là où sont cultivés le coton et le caoutchouc, à plus de 8 000 km de ses clients.
  • Les baskets sont un objet de sur-consommation. Veja ne cesse d’améliorer la qualité de ses produits et d’augmenter leur durée de vie.

Etc etc.

A mon sens, il ne s’agit pas de faire de l’auto-flagellation mais de rappeler une évidence toute simple: au royaume de la publicité et du développement durable, on ne parle jamais de ce qui ne va pas. Et c’est vrai que bizarrement, vous verrez toujours les pires pollueurs expliquer comment ils font des progrès, comment ils s’améliorent et comment le soleil brille sur cet avenir plein de promesses sucrées…

Exemple pris au hasard, McDo qui nous offre un beau palmarès de gentils oiseaux. Avec de tels titres de billets (agir ensemble pour le climat) et de tels sites internets (coopérons pour l’environnement) on crie bien sûr au greenwashing.

Sauf pour les indécrottables optimistes qui diront que c’est encourageant, que c’est mieux que rien.

scotomeIl y a un point aveugle dans l’oeil qui s’appelle le scotome. C’est le fond de la rétine, dénué de photorécepteurs. Eh bien avec la communication développement durable, on est en plein dans le scotome. McDo ne dit pas ce qui ne va pas. Les poulets en  batterie, les pommes de terre arrosées de pesticides, l’industrie de la viande (cf Bidoche), le climat social etc.

Je lis dans un billet récent du blog environnement de McDo France que désormais tous les « restaurants»  sont fournis en électricté verte.

A compter de janvier 2010, 100% de nos restaurants couvriront 100% de leurs consommations avec de l’électricité d’origine renouvelable. Pour ce faire nous avons bien étudié le marché français actuel et choisi de travailler avec la société Green Access qui représente des petits producteurs et à qui nous allons acheter des certificats verts. Celle-ci nous assure qu’une quantité de kilowattheures d’origine renouvelable équivalente à la consommation de nos restaurants est injectée sur le réseau électrique. L’achat d’électricité d’origine renouvelable est un bon moyen d’encourager le développement des systèmes de production d’électricité renouvelable sur le territoire français

Ami lecteur, c’est vrai eco-sapiens n’a pas encore fait de dossier pour t’expliquer comment fonctionnent ces certificats verts, sésames magiques qui fait des merveilles chez nos industriels en mal de communication verte.
Tiens mais que dit donc Green Access, revendeur de certificats verts choisis par McDO ?

Il est important de savoir que cet outil [le certificat vert] ne sert en aucun cas à développer la filière renouvelable. Ce qui permet de financer ce développement, ce sont les contrats d’achat signés entre les producteurs et EDF à partir des conditions définies par les pouvoirs publics.

Il y a donc eu un malentendu quelque part. Passons.

Ce qui est sûr, c’est qu’à l’instar de la démarche Transparent Trade,  Veja ouvre une nouvelle voie de ce que peut être la transparence. On va pouvoir « regarder»  la transparence et s’en mettre plein les mirettes. Alors qu’avec McDo, on a comme le sentiment de se faire scotomiser.


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Ecrit par Baptiste le 29 janvier 2010 :: Classé dans Débat, Les autres...
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Le faux débat sur les nanos

L1003279Mardi soir, j’ai eu la chance d’assister au débat public sur les nanotechnologies au Palais du Pharo  à Marseille. Ou plutôt de ne pas y assister puisque ce débat n’a pas eu lieu.

Pour ceux qui ne sont pas au courant, disons qu’ils sont tout à fait pardonnés puisque les medias ne parlent absolument pas de cette consultation nationale. Pourtant, la commission est forcément passée près de chez vous puisqu’elle sillonne depuis deux mois la France entière. Sait-on que ce vaste débat a été décidé par le Grenelle de l’Environnement ? Sait-on qu’il aura coûté plus de 2 millions d’euros… pour rien ?

Sur eco-SAPIENS, nous avons relayé le relatif succès de cette initiative
Sur d’autres medias moins regardants, seul aura été relayé le communiqué de presse initial annonçant l’ouverture du débat public. Puis, pas un mot sur leur déroulement !

En réalité, il faut bien avouer que les millions d’euros dépensés pour organiser ce tour de France participatif n’ont servi qu’à révéler cette majorité silencieuse, prête à perturber chacune de ces rencontres. Perturber jusqu’à faire annuler ces débats: dans près de dix villes, le chahut et les banderoles ont tout simplement fait capoter la soirée.

Pendant la réunion à Marseille, 120 personnes étaient présentes dans le public. Malgré la fouille, les vigiles et une poignée de manifestants refoulés, 80 « anti-nano» s’étaient glissés dans la salle. 20 personnes étaient chercheurs ou affiliés au domaine des sciences concernées par les nanotechnologies. 20 personnes semblaient être venues par hasard (il s’avère qu’ils étaient étudiant ou dans la recherche).

Je me suis amusé à interroger quelques chercheurs aux tempes grisonnantes pour savoir s’ils comprenaient ce refus de débattre chez les anti-nanos. Je ne sais pas s’ils ont senti que j’avais été moi-même ingénieur-recherche en physique. En tout cas, ils se sont livrés.

Et là stupéfaction ! Ils m’ont dit clairement tout le mal qu’ils pensaient de ces personnes anti-démocratiques qui ne voulaient pas essayer de comprendre les enjeux. Comme je suis assez familier de la littérature anti-nanos, je leur ai demandé ce qu’ils pensaient des critiques formulées  à l’encontre des nanotechnologies et à l’encontre de cette commission (tout ceci est disponible sur Internet).

A vrai dire, ils n’avaient jamais pris la peine de prendre connaissance de ce genre de critiques. Une démarche pas très « scientifique»  je dois avouer. En général, un phénomène qu’on ne comprend pas, on se documente, on l’approfondit et on fait son opinion… Là, l’opinion était toute faite. Obscurantistes (sic!), anti-démocratiques, enfants gâtés qui ne connaissent pas la chance qu’ils ont de pouvoir débattre dans un pays libre. Etc.

Passons…

Personnellement, je trouve dommage que pas une figure écologiste ne mentionne ce débat. Il n’y a que les Amis de la Terre qui, après avoir été invité à y participer,  ont finalement décidé de se retirer de ce débat. Philippe Dieudonné, président de la Ligue des Droits de l’Homme à Marseille, qui était présent comme caution « morale»  à côté des experts ingénieurs et militaires, a lui aussi quitté la scène.

Mais sinon personne ! Ni ONG ni parti ni syndicat. Or, la critique du « bluff technologique»  est presque concomitante de l’écologie politique. Refus de voir la technique devenir finalité. Refus de jouer avec des outils aux potentialités telles que tout dégat semble irréversible, que toute liberté semble vouée à être bafouée.

Mais c’est vrai qu’après le nucléaire, les OGM, les pesticides… les nanos ouvrent un front supplémentaire et que, ne sachant plus où donner de la tête, ceux qui défendent l’esprit de la vie finissent par s’épuiser.

Courage !

PS: pour ceux qui n’ont jamais entendu parler de la critique technologique, il y a le livre de Jean-Luc Porquet sur Jacques Ellul. Pour la critique des nanotechnologies, une abondante littérature est disponible sur Internet ou aux éditions L’échappée.

PPS: pour ceux qui pensent que les anti-nanos sont des obscurantistes, des dictateurs ou des fous, il n’y a pas grand chose à faire sinon se documenter un peu…


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Ecrit par Baptiste le 25 janvier 2010 :: Classé dans Itinéraire
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Tout est sous contrôle

00W998707AEt si un jour les êtres humains se mettaient d’accord pour administrer le monde jusque dans ses moindres détails ?

Avant, il n’y avait qu’extermination aveugle (dodo de l’île Maurice, baleine, ours, diable de Tasmanie…). Puis, dérisoire, il avait les protecteurs « conservateurs»  voire « réintroducteurs»  pour limiter ou réparer les dégâts.

Demain, ce sera l’administration concertée: nous voulons 67 rhinocéros en Afrique, 40 tigres en Inde, 450 000 pigeons à Paris, 3 chats dans mon quartier et zéro moustique dans ma maison.

Le terme de quota n’a jamais senti très bon. Bizarrement, on ne l’emploie que pour parler de chasse (ou de pêche bien sûr). Ou alors pour les immigrés. Du coup, parler de « chasse aux sans-papiers« , voilà une formule pas si anodine…

Eh bien je lis que la Suède va organiser sa première battue depuis 45 ans. La Suède veut 210 loups pas un de plus. Il va donc falloir abattre 27 bêtes surnuméraires. Logique implacable.

Etrange destin de l’homme qui souhaite tenir une comptabilité idéelle de son environnement: tant de grammes de CO2, tant de loups par hectare, tant d’immigrés par autochtone, tant d’enfants par couple…

Chacun aura sa ration ! Mais plus personne n’aura sa raison ;-{o

cf Le besoin de Nature sauvage


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Ecrit par Baptiste le 4 janvier 2010 :: Classé dans Débat, Poïesis
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Copenhague, une dernière couche

Les Big Macs sont toujours bien défendus

Les Big Macs sont toujours bien défendus

Tout le monde donne son avis sur le COP15 alors pourquoi pas moi ?

Alors ce devait être un sommet pour sauver la planète ! Mais au final les diplomates du monde entier et les chefs d’Etat ont réussi à accoucher d’une souris. Pour les optimistes il y a du positif, le réchauffement climatique lié à l’activité humaine n’est plus remis en cause, le monde s’engage à réduire le réchauffement global à 2 degrés et des sous ont été promis pour financer l’adaptation des pays les plus vulnérables.

2 degrés et sans dire comment, ce n’est pas gagné, l’argent promis n’arrivera certainement jamais (comme à chaque fois). Bref, voilà quinze jours de discussion pour pas grand-chose au final.

On peut également commenter la position des Etats-Unis qui n’a pas beaucoup évolué (comme l’équipe d’experts) depuis l’ère Bush, qui ne veulent pas s’engager et pas trop payer. La Chine qui ne veut pas que l’on regarde de trop prêt leur calcul d’émission de GES et qui avec l’Inde parlent d’intensité carbone (CO2/PIB) et ne veulent pas sortir du PIB. Ou encore l’Europe qui n’est toujours pas capable de parler d’une seule voix et de s’engager seule s’il le faut ! Enfin, ce n’est pas facile pour les pays développés de reconnaître leur dette climatique, ils préfèrent parlent de dette financière bien plus à leur avantage.

Finalement il y a de la désolation après ce sommet !

Maintenant c’était prévisible évidemment et nous étions certainement très optimistes et ambitieux au début du sommet et pensions que nos représentants le seraient aussi. Mais les chefs d’Etats n’ont pas l’habitude de discuter des thèmes d’écologie à l’ONU, ils sont plus forts en économie à l’OMC. Pour reprendre les messages des ONG présentent à Copenhague ce que nous voulions c’était : « changer le système ! pas le climat ! ».

Et c’est vrai on en demande beaucoup. Passer d ‘un système de concurrence entre les pays à une coopération internationale n’est pas chose aisée, redéfinir des politiques de développement non plus, supprimer le PIB comme indicateur de richesse est nécessaire mais encore impossible pour les dirigeants actuels du monde.

C’est une question de culture, il faudra penser à changer ces dirigeants à l’occasion…

Dégageons tout de même un peu de positif.
Le point fort de Copenhague a été de rassembler dans les mêmes manifestations, dans les mêmes forums, dans les mêmes luttes les mouvements sociaux avec les associations écologistes du monde entier. Enfin ces 2 mondes se parlent, se connectent et commencent à avancer ensemble. Les eco-SAPIENS ont toujours été convaincus qu’il n’y a pas de justice sociale possible, sans justice climatique. Nous devons désormais travailler ensemble pour que nos propositions concilient toujours ce paradigme : équité sociale et environnement vivable. Ou comme le dirait Yves Paccalet : « la sobriété et le partage ».
Ne nous décourageons pas !
Nous allons devoir changer le monde sans l’aide de nos Etats. Cela complique les choses, mais c’était ainsi avant Copenhague donc nous savons faire. Nos actions auraient pu avoir des échos plus forts, un soutien plus important, il faudra s’en passer. A l’heure où nous allons prendre des résolutions pour l’année 2010, voici 4 propositions pour nous, citoyens des pays riches, qui contribuera à dégrader moins rapidement le climat et l’environnement :

  • Isolons nos maisons
  • Mangeons moins de viandes (surtout du bœuf)
  • Utilisons moins les transports polluants et individuel (voitures, avions)
  • Achetons moins de gadgets et d’objet nouveaux, réparons les anciens.
  • Pensons à notre bien être et pas notre beaucoup avoir !

Bonne fin d’année à tous,

PS : Chers Amis de la Terre, vous préparez un bateau pour aller à Mexico l’année prochaine ?


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Ecrit par benjamin le 22 décembre 2009 :: Classé dans Débat, Itinéraire

Copen(la)hague ? pas une ligne de changée

oiesIl y a deux mois, j’avais donné mon sentiment sur Copenhague dans un billet intitulé « Des nouvelles formes de mobilisation« . Extrait.

Mais il y a de grandes chances que l’espoir populaire soit déçu par l’esprit politique. Car il est probable que le lobbying industriel (pétrole, pesticides, viande, grande distribution, etc) l’emporte. Mais ce qui est certain, c’est que la prise de conscience mondiale s’est accélérée, s’accélère et s’accélérera encore jusqu’à ce que ce système absurde s’effondre.

Il y a selon moi un paradoxe avec Copenhague.

D’un côté la nécessité de mettre le paquet, de placer tout l’espoir qui reste aux militants de la première comme de la dernière heure.

De l’autre, la quasi-certitude que ces espoirs seront déçus, trahis, galvaudés.

Je ne dis pas cela par cynisme (» cette manière de faire croire que l’on est lucide quand on a rien compris…» ) mais par anticipation. Il n’y a rien de plus révoltant qu’une espérance déçue. Après, on peut être tenté de baisser les bras, de dire « tout est pourri au royaume du Danemark»  et de ne plus jamais espérer.

Le Grenelle de l’Environnement en France a, qu’on le veuille ou non, été une déception. Oui les autoroutes continuent, oui le nucléaire est renforcé, oui il y aura un circuit de F1, oui les cantines ne seront pas bio avant des lustres. Etc.

Comme je suis triste d’avoir eu raison ! Au passage, précisons que certes le circuit de F1 ne se fera pas à Flins mais il est conforté à Magny-Cours.

Désormais, il serait pertinent de savoir pourquoi ce fut un échec. D’autant qu’à mon avis, le comportement de la société civile fut exemplaire. Massif, non-violent, discours clair, varié, parfois ludique et sarcastique, déterminé à la fin…*

Que pouvait-on demander de mieux ? Que reste-t-il comme « forme de mobilisation»  dans notre besace citoyenne pour réveiller nos dirigeants ?
La violence ?
Ce serait bien entendu non constructif (mais encore faudrait-il correctement définir ce terme).

Voilà, chacun rentre chez soi. A la prochaine.

Que proposer en attendant ? Eh bien d’abord redonner de la force à que qu’est la parole. Aujourd’hui le verbe ne veut plus rien dire. Les mots sont confondus (étonnant que Rocard et Sarkozy confondent encore trou dans la couche d’ozone et effet de serre…), les engagements non tenus, une promesse vient chasser la promesse inverse une semaine plus tard. Selon moi, la première bataille sera sémantique. Il faut ignorer et considérer comme « tartuffe»  ceux qui changent de discours selon le public ou le vent qui tourne. Revaloriser la parole. Une promesse n’engage pas que ceux qui les formulent. Bouffon celui qui hier « veut libérer la croissance»  et aujourd’hui parle d’» adéqroissance»  (Jacques Attali sur le site La Décroissance).

Et ensuite ? En imaginant que les mots aient enfin retrouvé leur sens ? Eh bien nous aurons déjà une base ferme pour avancer vers notre utopie.

Il n’y a rien de plus fatiguant qu’un sol bourbeux quand on veut explorer le monde des alternatives.

*J’aurais aimé être là pour mieux comprendre ce que ressentaient mes amis qui étaient sur place et vivaient heure par heure la débâcle.


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Ecrit par Baptiste le 19 décembre 2009 :: Classé dans Débat

Des eco-SAPIENS de retour de Copenhague

Partis à Copenhague par le Climate Express (14h quand même…) avec 800 militants des Amis de la Terre, Greenpeace, Attac ou Oxfam… nous voici de retour de 3 jours intenses de train, de manifs et surtout de rencontres … Les trajets ont plus que jamais fait parti du voyage et nous nous sommes régalés de l’ambiance et des échanges avec le sentiment extrêmement agréables d’être (enfin !) entourés de beaucoup gens sur la même longueur d’onde dans une ambiance très conviviale.

Donc des trajets aller et retour (14 h à chaque fois) qui sont passés très (trop?) vite. Et arriver dans une ville dans laquelle tout le monde circule à vélo est déjà un bonheur en soi. Dur le retour à Marseille … Enfin des manifs elles-aussi sur le même ton, festives et fraternelles, avec une belle énergie collective, dommage que nos médias n’aient finalement retenus que les blacks blocs. Ah, les journalistes ! ;-)

Encore merci aux Amis de la Terre, pour l’organisation impeccable de cette expédition dans la capitale dannoise.


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Ecrit par benjamin le 15 décembre 2009 :: Classé dans Participez, Un peu sur nous

Pourquoi c’est bien de travailler à eco-SAPIENS

Editions pour penser à l'endroit sur le vélo eco-SAPIENSIl paraît que le storytelling est très en vogue dans les grandes entreprises. On raconte des histoires, on fabrique des légendes de toute pièce pour valoriser ou redorer l’image d’une marque, d’un produit d’une personne.

Avant, la publicité était l’espace dédiée à la fabulation des marchands. Aujourd’hui la publicité n’a plus cette pudeur de s’annoncer : le produit se confond avec elle.

La fiction et la réalité font un.  Le produit n’a plus d’histoire. Il est sa publicité. Discours et objet sont confondus.

Bref la publicité c’était la manipulation. Aujourd’hui, avec le storytelling, on manipule mais…  sans les mains.
Et on ne sent rien…

Alors on va faire le storytelling d’eco-SAPIENS. Pour cela, on ne parlera pas de l’origine mais on remontera le temps. Partons du plus récent (aujourd’hui) et nous verrons si cette merveilleuse histoire aboutira à sa genèse.

En tant qu’eco-SAPIENS,  nous sommes amenés à nous promener de salons en salons. Comme nous sommes écolos, nous ne prenons jamais, ô grand jamais ! ni avion ni voiture. Et parfois, comme nous nous rappelons que le train est nucléaire, nous allons carrément aux salons à bicyclette.  Notre vélo vert, grâce à son fanon aérodynamique, nous propulse ici à Lyon, là à Paris. Au gré du vent et de la nationale 7.

L’année dernière, ce fut plus rude. Il fallut aller jusqu’à Die pour un immanquable rendez-vous de l’écologie. Cette ville, c’est le repère absolu des alternatifs. Après quelques cols, nous voici aimablement accueillis par une de nos boutiques. Car nous entretenons de si bonnes relations avec nos clients qu’elles nous offrent volontiers gîte et couvert.

Avec nos merveilleux hôtes, autour d’un verre de clairette, nous avons parlé du loup. Ce loup qui parcourt lui aussi les Alpes et dont l’aperception récompense le plus téméraire des randonneurs.

Quitter ce lieu fut comme une déchirure. La neige, la montagne, et les loups qu’on imagine. Qu’on ne verra hélas ! jamais.

Et puis…

Et puis nos hôtes m’ont envoyé cette photo. Prise il y a 3 jours. Fraîche comme la neige.

Alors, promis, on reviendra. Et nous aussi nous verrons le loup. Assouvissant notre besoin de nature sauvageloup-y-es-tuLe loup !L’avez-vous vu ?

Et saurez-vous démêler le vrai du faux dans cette histoire. Parce que promis… presque tout est vrai.

Merci à Albert et Gaëtan pour la photo sur le vélo. Et surtout mille mercis à Mana Terra que nous adorons.


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Ecrit par Baptiste le 9 décembre 2009 :: Classé dans Itinéraire, Les autres..., Poïesis, Un peu sur nous
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Des-informations ?

usaLe JT de France 2 hier soir : petite présentation télévisuelle en 5 mn des enjeux de Copenhague. Le sujet commence par nous informer que les « forces anti-émeutes » se préparent car « on redoute des manifestations comme souvent dans ce genre de sommet » (on redoute les émeutes ou les manifestations ? « Ce genre de sommet» . Ah bon il y en a souvent ?).

Copenhague sera donc « la grande affaire de la semaine prochaine » (on se rassure ça ne durera pas) mais dans quel but ?

Attention concentration : « Nos dirigeants vont tenter de s’accorder sur les objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre » …

Ouf , il n’y a pas de confusion entre dérèglement climatique et trou dans la couche d’ozone (comme l’ont fait Michel Rocard, auteur d’un rapport sur la taxe carbone et Nicolas Sarkozy, Président Français) ou de divagation (comme Rachida Dati, Députée Européenne) sur le fait que la température terrestre devrait être diminuée de 2 °.
S’en suit une présentation sur les résultats obtenus depuis Kyoto.

On retiendra de cette démonstration :

  • que l’enjeu de Copenhague sera d’intégrer dans le dispositif les pays en voie de développement qui n’étaient pas soumis au protocole de Kyoto, alors que l’un d’eux (la Chine) est devenu le 1er pollueur mondial (sans préciser que pour fabriquer les objets que nous consommons un chinois émet quand même 2 fois moins qu’un français et 5 fois moins qu’un américain).
  • que la France et d’autres pays industrialisés ont rempli leurs objectifs (ben oui la pollution aussi ça se délocalise et puis en France nous avons la « chance » d’avoir le nucléaire).
  • que la courbe des émissions des pays industrialisés a peu évolué depuis 1990 mais que, horreur (!), elle est rattrapée et même dépassée par les pays en développement symbolisés par une élégante et épaisse courbe rouge.

Ce que la démonstration ne dit pas :

  • Que les pays industrialisés sont les responsables historiques du réchauffement climatique (le milliard d’habitants des pays industrialisés est responsable de 65 à 75% des gaz à effet de serre accumulés depuis la révolution industrielle).
  • Que les réductions d’émissions de gaz à effet de serre doivent diminuer radicalement, ce qui passe par une modification profonde de nos modes de vie.
  • Que l’urgence climatique est indissociable d’une nécessaire justice sociale qui doit notamment se traduire par le financement de mesures d’adaptation à l’égard des pays les plus exposés.

Le « dossier » présenté par France 2 hier s’est clos par un sujet sur l’impact de la consommation de viande sur le climat. Une bonne idée… Mais là aussi on nous apprend que les ennuis viennent d’ailleurs et plus précisément des élevages intensifs aux Etats-Unis.

Dormez bien peuple de France, dans notre doux pays les vaches s’appellent toujours Marguerite et se nourrissent de nos beaux pâturages. J’ai l’impression de retomber en enfance…


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Ecrit par francoise le 4 décembre 2009 :: Classé dans Débat
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