
C'est autour du Parc de National de Doñana, inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco, que 95 % des fraises espagnoles sont produites, sur une surface de 5 000 hectares.
Avec une biodiversité exceptionnelle, cette zone humide de 100 000 ha, haut-lieu des migrations d'oiseaux, accueille la dernière population de lynx (20 individus).
Or, depuis les années 80, les sites de production se multiplient de façon anarchique et pèsent lourdement sur l'environnement :
On estime que 40 % des surfaces sont cultivées illégalement
et que plus d'une centaine d'hectares empiètent sur des espaces protégés.
Les cultures de fraises largement irriguées par des forages, dont 50 % sont non déclarés, ont réduit de moitié les apports d'eau douce dans le marais alimenté par la rivière La Rocina et assèchent l'une des zones humides les plus remarquables de l'Union européenne.
A terme, c'est la pérennité même de cette production qui pourrait être remise en question (et nous serons alors forcés de faire taire notre gourmandise.)
Sur une production annuelle de 330 000 tonnes de fraises espagnoles (chiffre 2006), 25 % est destiné au marché français (source douanes et Interfel). (...)
Les grandes et moyennes surfaces ont une forte responsabilité quant aux produits mis à la vente (ainsi que les consommateurs ignorants qui choisissent ces fraises).
C'est pourquoi, le WWF France leur demande, pour améliorer les pratiques de production localement, de s'approvisionner auprès de producteurs
Le WWF travaille non seulement avec les grandes et moyennes surfaces en Europe afin qu'elles s'engagent dans cette démarche mais aussi avec les producteurs espagnols pour qu'ils améliorent leur pratique d'irrigation, fortement consommatrice d'eau.(...)
Alors, avant de céder à la gourmandise, réfléchissons... Ne vaut-il pas mieux attendre quelques semaines de plus et déguster des fraises juteuses, sucrées, mais locales et mûries sous le soleil de nos campagnes ? Si en plus elles sont issus de l'agriculture biologique alors...plus d'hésitation !