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L'électricité nucléaire est maintenant plus chère que l'électricité des renouvelables

L'électricité nucléaire est maintenant plus chère que l'électricité des renouvelables

L'analyse de l'accord passé par EDF pour la construction de réacteurs nucléaires EPR en Grande-Bretagne révèle une surprise : le coût prévu pour l'électricité nucléaire est plus élevé que celui de l'électricité fournie par les énergies renouvelables. Il est temps de changer les priorités d’investissement.
Une actualité originale de Reporterre/DDMagazine

La semaine dernière, EDF et l’entreprise publique chinoise CGN ont signé un accord pour le financement de deux réacteurs nucléaires de type EPR sur le site de Hinkley Point, dans le Somerset (Sud-ouest de l’Angleterre). C’est le dernier avatar d’une saga qui a démarré en 2008 avec l’annonce par le gouvernement britannique d’une renaissance nucléaire dans le pays et avec le rachat en 2009 par EDF des 15 vieilles bouilloires atomiques de British Energy pour 15 milliards d’euros.

En fait, EDF a surtout acheté un ticket d’entrée sur le marché britannique. La mise en service du premier réacteur était alors annoncée pour 2017. Elle sera ensuite repoussée à 2019, puis à 2023, puis maintenant à 2025.

Le gouvernement britannique, qui n’en est pas à une contradiction près, a admis d’une part qu’il voulait rompre avec la politique de refus de subvention au nucléaire de l’administration précédente, et d’autre part qu’il réduisait les aides au photovoltaïque de 87 % « parce qu’il vient un moment où les industries doivent se débrouiller toutes seules ».

Parallèlement le gouvernement britannique favorise le développement de l’éolien en mer - exceptionnellement coûteux et qui doit être aidé -, alors que l’éolien terrestre est devenu la source d’électricité la moins chère, et que les nouvelles éoliennes sont maintenant capables de produire autant sur terre qu’en mer.

[...]

Un énorme risque pour EDF et... pour le contribuable français

S’exprimant sur son blog, Benjamin Dessus, ingénieur et économiste, président de l’association Global Chance, calcule qu’il serait plus rentable d’investir l’argent de Hinkley Point dans les économies d’énergies et que dans le meilleur cas EDF ne gagnera pas d’argent avant 2060.

EDF avait en effet prévu de financer le projet par la dette en profitant d’une garantie de crédit de 16 milliards offerte par le gouvernement britannique. Au lieu de cela EDF a choisi de financer le projet par une combinaison de fonds propres, d’emprunts, et éventuellement par l’entrée d’un nouveau partenaire. Ce changement de mécanisme de financement transfère une partie du risque sur le contribuable et le consommateur français ; il supprime le coût de la garantie de crédit offerte par le Trésor britannique.

Reste que le financement des deux premiers EPR britanniques sera délicat. EDF, déjà endettée de plus de 40 milliards d’euros, s’est engagé à prendre le contrôle de l’activité réacteurs d’Areva pour 2,7 milliards d’euros et devra faire face, pour 50 milliards, aux opérations dites de « grand carénage » du parc nucléaire français afin d’en prolonger la durée de vie. L’électricien a déjà annoncé la vente d’actifs non stratégiques pour 10 milliards d’euros, mais l’équation est toutefois considérée comme difficile, sinon impossible, par nombre d’observateurs.

Le prix de l’électricité nucléaire est devenu un des plus élevés parmi les sources d’énergie

L’accord de Hinkley Point C a au moins le mérite de préciser le coût de production de l’électricité nucléaire, même s’il reste des zones incertaines, difficiles à évaluer, voire opaques. EDF n’a accepté la construction de deux EPR à Hinkley Point qu’après avoir âprement négocié un prix garanti de l’électricité nucléaire par le gouvernement britannique : 92,50 livres par MWh (mégawattheure) en euros 2012, pendant 35 ans après le démarrage des réacteurs, et indexé sur l’inflation.

Au moment où nous écrivons ces lignes, ajusté de l’inflation, l’inflation en 2015 n’est pas encore connue, ce prix garanti est plus de deux fois élevé que le prix du marché sur la bourse de l’électricité britannique APX.

En France la confusion est fréquente entre le coût de l’électricité nucléaire issue de réacteurs vieux de 30 ou 40 ans, largement amortis et largement payés par l’investissement public, et le coût de l’électricité produite par les nouveaux réacteurs de type EPR. Pour le choix des investissements, c’est bien évidemment ce deuxième coût de production qui importe.

Une autre confusion vient d’une référence fréquente à la facture d’électricité des ménages, largement déterminée par les politiques publiques (les kWh ne comptent par exemple que pour 37 % en moyenne dans les factures d’électricité des ménages français), au lieu de considérer le prix auquel se négocie le kWh sur les marchés de gros.

Au moment où nous écrivons ces lignes, à la bourse européenne de l’électricité (EEX), le kWh se négocie 3,3 centimes.

En euros, et converti en centimes par kWh, une unité plus parlante pour le commun des mortels, le coût de l’électricité nucléaire produite par un EPR serait de 13,5 cts d’euros 2014. C’est le moyen de production de l’électricité le plus cher du monde, à l’exception de l’éolien en mer.

Les défenseurs du projet de Hinkley Point expliquent qu’avec l’augmentation prévue des prix de l’électricité, l’EPR sera une bonne affaire quand il rentrera en service et pendant les 60 ans de son exploitation. Sauf que depuis l’annonce du projet en 2008, le prix de gros l’électricité sur les marchés européens ont baissé de moitié. Sauf que les coûts de production de l’éolien et du solaire ont baissé respectivement de 50 % et de 75 % entre 2009 et 2014, et qu’ils vont continuer à baisser d’ici la mise en service du premier EPR de Hinkley Point s’il est jamais construit.

L’éolien et le solaire compétitifs avec zéro risque

Pour mémoire, la quasi-totalité des analyses indiquent des coûts de production (sans aide publique) de 6 à 9 cts du kWh selon les régions pour l’éolien terrestre, et entre 6 et 13 cts selon les régions pour le solaire photovoltaïque à grande échelle. Les analystes de Bloomberg New Energy Finance montrent que l’éolien est déjà la source d’électricité la meilleure marché au Royaume-Uni et en Allemagne ; ils concluent que l’éolien et le solaire photovoltaïque sont maintenant en mesure de concurrencer tous les moyens traditionnels de production de l’électricité, et ce beaucoup plus rapidement, qu’on pouvait le prévoir cinq ou dix ans. Même en Australie, pourtant quatrième producteur mondial de charbon, le solaire est déja compétitif.

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Reporterre/DDMagazine 02/11/15
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