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Biogaz et méthanisation... à brûler avec modération

Biogaz et méthanisation... à brûler avec modération

Energie renouvelable à la mode, le biogaz issu de la méthanisation valorise les détritus organiques. Une piste intéressante pour les collectivités locales, à condition que les techniques de tri et de recyclage suivent le mouvement. Ce qui n'est pas encore le cas.
Une actualité originale de Basta

Et si les déchets organiques, comme vos épluchures quotidiennes de fruits et légumes, permettaient de chauffer votre logement ? Chaque Français produit 452 kg de déchets ménagers par an, soit environ 30 millions de tonnes par an. Un tiers de ces déchets sont organiques et peuvent être « recyclés » tout en produisant de l’énergie renouvelable. C’est la méthanisation.

Car ces déchets, une fois fermentés, donnent un biogaz. Composé surtout de méthane, il peut notamment être transformé en électricité et en chaleur. Ce procédé fonctionne avec des matières organiques animales – comme le fumier ou les déchets d’industrie agroalimentaire – et végétales – résidus de culture par exemple.

Depuis 2006, les gouvernements successifs l’encouragent, en augmentant notamment les tarifs d’achat de l’électricité issue de la méthanisation. En 2013, le plan Énergie méthanisation autonomie azote a prévu l’équipement d’un millier de fermes en méthaniseurs d’ici 2020. Le ministère de l’Écologie a lancé un appel à projets pour la création de 1500 unités d’ici 2017. Malgré une progression rapide (+17 % en 2013), le biogaz ne produit que 2 % de l’énergie renouvelable en France, couvrant les besoins en électricité d’un peu plus de 200 000 foyers, hors chauffage.

Agrocarburants, biogaz... Et l’alimentation ?

Pour l’heure, les plans gouvernementaux mettent surtout en avant la méthanisation « à la ferme ».

Présentée comme vertueuse, elle permet de recycler les sous-produits de l’agriculture – résidus de culture, fumier, lisier – et de produire de l’énergie (utilisée sur l’exploitation ou revendue), tout en fournissant aux petits exploitants un complément de revenu.

Elle suscite cependant des inquiétudes parmi les agriculteurs et les écologistes.

Au premier chef : la possible concurrence entre cultures énergétiques et alimentaires, à l’image du modèle allemand. Outre-Rhin, 7 % des surfaces de maïs sont exclusivement dédiées à la méthanisation avec, pour résultat, une flambée du prix des terres et des matières premières agricoles.

Une situation qui rappelle celle des agrocarburants de première génération et qui a poussé l’Allemagne à revoir son soutien à ces cultures. En France, les politiques hésitent. Les écologistes n’ont obtenu l’adoption d’un amendement au projet de loi sur la transition énergétique, visant l’interdiction de ces cultures, qu’après d’âpres batailles au Parlement.

Vers la multiplication de fermes-usines ?

Autre dérive redoutée : l’encouragement du développement de « fermes-usines ». Ce modèle d’élevage intensif hors-sol, type « mille vaches », permet d’alimenter en continu le méthaniseur en effluents et de revendre de l’électricité.

« Le risque dès que l’on s’installe dans un système économique de vente, c’est d’être tenté de produire plus d’effluents pour produire plus d’énergie »

,

explique Suzie Guichard, responsable au pôle agriculture et environnement de la Confédération paysanne.

En bref, un système qui transformerait les agriculteurs en « énergiculteurs », dévoyant l’objectif de recyclage.

Au-delà de l’énergie, la méthanisation fournit du digestat. Ce résidu organique, une fois épandu pour nourrir les sols, peut remplacer des engrais chimiques. Mais certains l’estiment moins fertilisant que le fumier et le lisier. Pour Yves Le Roux, spécialiste en méthanisation à l’École nationale supérieure d’agronomie et des industries alimentaires, « pour l’heure, on manque de références. Il faut mener des recherches sur cette question ».

Par ailleurs, s’il n’est pas enfoui dans le sol, le digestat peut contribuer à l’émission de protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre 300 fois plus polluant que le CO2 !

Lire la suite du dossier méthanisation sur Basta

Basta 23/06/15
Photo: Sewerage
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