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Les jardiniers amateurs utilisent 8 % des 78600 tonnes de pesticides pulvérisées chaque année en France...avec une préférence pour les herbicides (95%).
Le procès du vigneron bio en question

Le procès du vigneron bio en question

Emmanuel Giboulot, vigneron en Bourgogne, a été condamné à 500 euros d'amende pour avoir refusé un traitement pesticide chimique contre la cicadelle. Il va faire appel. La polémique pose la question du bon traitement d'une nuisance réelle.
Une actualité originale de Reporterre
Viticulteur en biodynamie depuis plus de 40 ans en Côte d'Or, Emmanuel Giboulot avait refusé en 2013 de traiter ses vignes préventivement avec des pesticides de synthèse contre la flavescence dorée, maladie de la vigne. Pour sa désobéissance, il encourait jusqu'à six mois de prison, 30 000 euros d'amende et déclenchait des soutiens en chaîne via les réseaux sociaux.

Le 24 février, le parquet de Dijon avait demandé en première audience une peine de mille euros d'amende dont cinq cents avec sursis. C'est la condamnation retenue par le tribunal correctionnel de Dijon le 7 avril et contre laquelle le viticulteur devrait faire appel.

Symbolique, la peine n'en demeure pas moins injuste selon le viticulteur et les associations mobilisées sur les dangers des pesticides et sur le projet de la loi d'avenir agricole pour l'alimentation et la forêt qui sera discuté au Sénat. Ainsi Agir pour l'environnement dénonce les enjeux économiques cachés derrière les arrêtés préfectoraux du type de celui ayant rendu obligatoire le traitement auquel M. Giboulot s'est soustrait :

« A raison d'un à trois (…) pour un coût avoisinant 15 euros/hectares, ce traitement contre la flavescence (…) aura accru le chiffre d'affaires de l'industrie pesticide d'environ 1,5 million d'euros ».

Pour Générations futures,

« le recours "préventif" à base de lutte chimique systématique ne peut être la seule réponse (…) à la cicadelle (…). Les traitements curatifs ne pourront venir à bout de ce problème tant qu'on n'aura pas une vision systémique de l'agriculture, et non pas uniquement basée sur une lutte chimique comme toute réponse au moindre problème ».

Ce à quoi le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne, qui n'a pas souhaité commenter la décision de justice, répond que la lutte contre la flavescence dorée ne repose pas uniquement sur l'emploi de produits phytosanitaires et qu'elle s'appuie aussi « sur trois autres piliers (prospection, arrachage des pieds malades, traitement à l'eau chaude des plants de vigne), dont le principal est bien la surveillance du vignoble ».

Recherche et surveillance sont deux points sur lesquels tout le monde s'accorde au moins face à cette « maladie épidémique et mortelle pour la vigne (…) qui reste un enjeu majeur pour le vignoble bourguignon ».

Au-delà de l'émotion et de la médiatisation du procès, la lutte contre la flavescence dorée est un sujet complexe. Pour éviter la tentation du manichéisme et y voir un peu plus clair on peut lire la synthèse de l'association de défense de l'agriculture bio Bioconsom'acteurs.

L'affaire aura néanmoins permis de lancer un débat et d'insister sur la nécessité de pluralisme dans la prévention et dans la recherche.

Reporterre 09/04/14
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