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Marseille des eco-sapiens
Le yaourt aux fraises
Un yaourt aux fraises totalise pour le transport de leur pot et contenu 3500 km, et 4500 km pour les fournitures! Comme alternative : la production in situ de yaourt ou de kéfir qui ne consomme pas d’autre énergie que celle du radiateur ou du frigo !
Mais que fait donc Max Havelaar ?
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Mais que fait donc Max Havelaar ?

L'annonce de la sortie du FSP de Max Havelaar (Programme d’Approvisionnement du Commerce équitable) inquiète les entreprises exemplaires du commerce équitable. Nous allons tenter d’expliquer pourquoi et essayer de donner des clés pour décrypter ce fairwashing qui est en cours.

Max Havelaar et Max Havelaar France sont les organisations les plus connues et les plus visibles du commerce équitable en France. Grâce à la distribution en grande surface ils ont fait connaitre les concepts à presque tous les Français et le chiffre d’affaires des produits labelisés Max Havelaar sont en progression constante pour atteindre 245 M€ en 2012, malgré une stagnation du nombre de produits, de marques engagées et d’organisations bénéficiaires.

Mais Max Havelaar est aussi l’organisation du commerce équitable qui essuie le plus de critiques et souvent à raison. On ne peut oublier l'ouvrage Les coulisses du Commerce Equitable de Christian Jacquiau, qui dénonçait surtout les pratiques de la grande distribution auxquelles s’étaient soumis le label.

A ce stade il est important de rappeler les fondements du commerce équitable. Et surtout ce qui ont toujours compté pour les eco-SAPIENS. Contrairement à une idée reçue, le commerce équitable n'est pas la recherche de la suppression des intermédiaires (même si la réduction des intermédiaires peut être une bonne chose).

  • Un Prix minimum d’achat, et même mieux co-défnition du prix juste avec les producteurs en prenant en compte leur charge réelle et non les cours du marché,
  • Des primes de développement, 10 à 15% de bonus, pour les organisations de producteurs (souvent des coopératives) qui décident aux mêmes de ce qu’ils veulent en faire : formation, construction, investissement dans des outils et équipement de production.

Et puis il y a un débat infini en France sur la question de la traçabilité et de la question du commerce équitable tout au long de la chaine de production.

Doit-on labeliser la production de matière première ou toute la chaine (avec les transformateurs, les transporteurs et la distribution) ?

En France, Minga a fait le choix l’équitable tout au long de la filière alors que Max Havelaar à toujours insisté sur la primauté des producteurs. Minga a toujours voulu construire des filières exemplaires (parfois un peu trop artisanales) et Max Havelaar-FairTrade International a toujours eu pour ambition de peser sur les cours mondiaux des productions agricoles.

Certains diront que les différences de points de vues sont quelque part culturelles. Une vision anglo-saxonne proche des marchés, des cours mondiaux et une vision plus latine qui aimerait se sortir de la logique de marchés internationaux des matières premières.

Si Max Havelaar a gagné en termes de volume de ventes, avec son nouveau label FSP, n'est-il pas en train de torpiller le concept, de se crédibiliser et d’emporter avec lui tous les acteurs ?

FSP va permettre d'apposer un logo sur un produit lorsqu'un ingrédient seulement est issu d'une démarche équitable. Imitant en cela les labels très light comme "Rainforest Alliance" qui ont toujours reçu une mauvaise note dans notre classement "Les bons labels et les truands". N’importe quelle marque de barres chocolatées pourra mettre le logo Fairtrade Max Havelaar programme cacao alors que les noisettes, le sucre ou l’huile de palme est inéquitable et provient du business as usual.

Nous avons déjà dénoncé ces problèmes de cohérence dans les produits d'entretien dits "bio", où seule l'huile essentielle qui parfume le tout est effectivement bio.

Il y a également un risque sur la contractualisation directe, qui comme on le sait fait baisser fortement le pouvoir de négociation des petits producteurs.

La marque Mars veut que tout le cacao soit labélisé d'ici 2020. Très bien, mais pas en changeant ses propres pratiques mais la définition du CE lui-même.

Bref, voici une initiative de Max Havelaar dans laquelle nous avons beaucoup de mal à nous retrouver. Et nous ne sommes pas les seuls. La coopérative Ethiquable, qui sait de quoi elle parle puisqu'elle a joué aussi la carte du développement en grande surface et utilise le label Max Havelaar, a publié un communiqué dénonçant ce nouveau logotype.

eco-SAPIENS 03/03/14
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