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La sortie de l'étiquette énergie pour la télévision fait déjà débat

La sortie de l'étiquette énergie pour la télévision fait déjà débat

Bonne nouvelle, l'étiquette énergie devient obligatoire pour tous les téléviseurs en vente à partir du 1er janvier 2012. Mais est-ce vraiment une bonne nouvelle ?
Une actualité originale de Conso-Responsable

Chaque jour, les français regardent, en moyenne, 3 heures 32 minutes de télévision. Sachant que celles-ci restent plus la plupart en veille quand elles ne sont pas en marche (merci les télécommandes !), on imagine tout de suite que ce comportement n’est pas anodin.

Ne nous attardons pas ici sur les considérations d’abrutissement de certains programmes ou sur les conséquences sanitaires du simple fait de se lover dans un fauteuil pour mirer la boite à images (voir, par exemple, l’effarant rapport de 2011 produit par l’université de Brisbane sur la relation entre télévision et longévité). Intéressons-nous à l’aspect économique et notamment à la consommation d’énergie et à l’étiquette énergie.

L’idée sous jacente à l’étiquette énergie relative au téléviseur provient de l’incroyable source d’économie d’énergie possible sur ce simple poste de consommation. La Commission Européenne estime en effet que la télévision représente environ 10% de la facture d'électricité moyenne des ménages. Effectuons donc une plongée dans cette étiquette et analysons comment elle est calculée.

Comme le stipule la réglementation européenne (voir le Règlement 1062/2010 de la commission du 28 septembre 2010), l’étiquette énergie est attribuée au téléviseur en fonction de son Indice d'Efficacité Energétique (appelons le IEE), lui même calculé suivant une simple opération faisant intervenir la surface de l’écran, sa puissance en marche (sous certaine condition de fonctionnement, notamment de durée journalière) et une variable de peu d’influence (appelée Pbasic) rendant compte de la présence ou pas de disque dur ou de plusieurs récepteurs.

Une fois l’IEE calculé, il suffit alors de comparer avec les seuils fixés par la Commission Européenne pour savoir quelle est l’étiquette énergie des téléviseurs.

Je me suis livré à une analyse de plus de 300 téléviseurs disponibles dans le commerce en calculant notamment, pour chacun, l’étiquette énergie et en procédant dés lors à plusieurs analyses en fonction notamment de leur taille et de leur prix. Je ne livre pas ici l’ensemble des résultats mais la simple analyse amont relative à l’étiquette énergie. Bien entendu, j’ai comparé les étiquettes énergie que j’ai calculées moi-même (en suivant scrupuleusement les indications réglementaires de la commission Européenne) avec celles déjà disponibles sur des appareils du commerce. J’ai trouvé les mêmes résultats que ceux affichés, ce qui me permet de valider ma méthode, d’affirmer que mon calcul de l’étiquette énergie est correct et, de vous proposer la réflexion ci-dessous.

Le plus intéressant commence en effet maintenant. L’IEE correspond au rapport entre la puissance du téléviseur en marche et une puissance composite correspondant à la somme de cette variable peu influente Pbasic avec le produit de la taille de l’écran par 4,3224. On peut donc écrire IEE = P / (Pbasic + 4,3224 x Taille). Pbasic varie entre 15 et 28.

J’ai utilisé ma base de données pour analyser le rapport entre la puissance et la taille des écrans afin d’estimer la qualité de ce fameux 4,3224 Watt/dm². Quelle mauvaise blague !

En réalité, malgré un classement en 4 catégories d’écran (je ne voulais pas mélanger les petits et les grands écrans, ce qui auraient pu biaiser les résultats), je n’ai trouvé cette valeur de consommation surfacique que pour les téléviseurs de catégories supérieures ou égale à D ou E.

Autrement dit, l’IEE est évaluée par rapport à des téléviseurs plutôt mauvais. Le plus grave est qu’en surestimant cette valeur, cela revient à sous-estimer la valeur de l’IEE et, par ricochet, à surestimer les étiquettes énergies. Il n’y a pas grande gloire à comparer des téléviseurs à une référence médiocre.

Quelle étrange façon de voir le monde où la Commission Européenne préfère la posture « c’est mieux que si c’était pire » plutôt que « ça progresse en visant le meilleur ».

Autre inquiétude, on constate tout de suite que, à puissance égale, un écran de grande taille proposera un IEE meilleur qu’un écran de plus petite taille. Quand on, sait qu’il est moins couteux pour un fabricant de produire un écran de grande taille qu’un écran qui consomme moins, on se demande ce qui a bien pu piquer la Commission Européenne pour valider un tel modèle de calcul. Celui-ci ne pousse aucunement à faire progresser les industriels vers des téléviseurs qui consomment moins mais, bien au contraire, les incite à produire des écrans de plus en plus grands. Et comme cela ne suffit pas, un rapide détour chez un marchand de téléviseurs confirmera que les grands écrans sont plus chers que les plus petits.

Bilan des courses, les téléviseurs vont afficher, dès le 1er janvier 2012, une étiquette énergie qui reflète non pas une recherche de la moindre consommation, mais qui s’inscrit en revanche dans une dynamique de croissance de la taille des écrans. Avec des prix qui grimpent avec la taille de l’écran, les consommateurs semblent donc bien être doublement les dindons de la farce en croyant d’un côté acquérir un produit qui correspond à une aspiration économique (si ce n’est écologique) et de l’autre en payant le prix pour cela. Deux promesses illuminées par l’étiquette énergie qui se soldent finalement par deux désillusions.

Il serait judicieux de produire une information permettant de comparer les coûts à l’usage des appareils. On peut comparer le prix au kilo des tomates ou du riz mais il est impossible de connaitre le prix au kilowatt consommé pour une télévision ? Ce calcul est pourtant faisable simplement et extrêmement instructif, ne serait-ce qu’en recourant à une utilisation moyenne de 3heures et 32minutes par jours au prix du kwh moyen.

Il est clair également que l’étiquette énergie affichée sur les téléviseurs n’est pas réellement faite pour les consommateurs mais qu’elle permet au contraire de légitimer une course mercantile à la taille des écrans qui va de paire avec une hausse des prix de vente quand il s’agirait de faire diminuer drastiquement l’usage de la télévision et sa consommation.

Ce billet a été gracieusement rédigé par Philippe Maison

Conso-Responsable 05/01/12
Photo: Picture's coming in a little fuzzy(FlickR/ Murdo.mcd)
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