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En Chine, le réveil écologique passe par Internet

En Chine, le réveil écologique passe par Internet

Le plus gros pollueur de la planète est peut-être en train de se réveiller. Plusieurs scandales ont en effet été dénoncés récemment sous la pression des internautes via les réseaux sociaux. Le début d'une véritable prise de conscience environnementale ?
Une actualité originale de Novethic

Du jamais vu en Chine ! Plus de 12 000 habitants rassemblés sur la Place du Peuple de Dalian (nord-est du pays) pour exiger la fermeture immédiate d’un complexe pétrochimique. C’était le 12 août dernier. Une première manifestation pour la protection de l’environnement organisée grâce aux réseaux sociaux sur Internet. A l’origine de ce rassemblement exemplaire, un message posté par un inconnu sur Weibo, le « twitter chinois ». Un site de micro-blogging auquel sont abonnés plus de 200 millions de Chinois et qui, depuis le début de l’année, défraie la chronique. C’est en effet sur Weibo que sont révélés aujourd’hui la plupart des scandales politiques, sociaux et environnementaux.

Internet joue le rôle d’une formidable caisse de résonance en Chine. Depuis, plusieurs rassemblements ont eu lieu pour protester contre des industriels irresponsables ou demander la fermeture de sites dangereux. A chaque fois, Internet a servi de relais aux protestataires. Et quand les risques de descendre dans la rue sont trop grands, Weibo sert également à dénoncer les scandales comme la marée noire dans le Golfe de Bohai, un temps passé sous silence par les autorités, ou encore les ouvriers intoxiqués par des produits chimiques dans les usines du Guangdong. Sur Weibo, les informations, les photos et les vidéos se répandent comme une traînée de poudre. Difficile pour le gouvernement de les ignorer.

La crainte des désordres sociaux

« Les Chinois se sentent de plus en plus concernés par les problèmes environnementaux et par la pollution ces dernières années, explique Jonathan Watts, journaliste et auteur spécialisé sur les questions environnementales en Chine. Il explique cette évolution par une plus grande attention des grands médias sur ces questions, par le travail des ONG pour mettre sous surveillance notamment les sous-traitants et, surtout, par le rôle d’Internet en tant que diffuseur de l’information. Selon lui, cette prise de conscience pose un risque majeur à l’Etat chinois, qui redoute des désordres sociaux.

C’est une des raisons pour lesquelles le gouvernement attache de plus en plus d’importance à la lutte contre la pollution. On peut même dire que cette conscience écologique populaire est à l’origine des efforts de la Chine pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de son plan économique quinquennal, précise-t-il. Mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Nous sommes encore loin d’avoir vu le dernier acte de pollution en Chine. Ni d’ailleurs la dernière manifestation contre les industries polluantes.

Des ONG de plus en plus actives

Dans ce pays où manifester peut vous conduire tout droit en prison, descendre dans les rues pour demander la fermeture d’une usine est loin d’être un acte anodin. C’est même une façon de braver la dictature. Pour cela, les 500 millions d’internautes chinois sont une force considérable. A la fois pour condamner les pollueurs, mais aussi pour appeler à des rassemblements.

Mais Internet n’est pas le seul vecteur de l’éveil de la conscience écologique des Chinois. Les ONG sont également de plus en plus présentes et actives. Ainsi au moment du lancement très médiatisé de l’iPhone 4S, on a pu voir en Chine des centaines de militants de Greenpeace distribuer devant les Apple Stores des tracts pour dénoncer les conditions de travail dans les usines chinoises de la marque à la pomme. Là encore une première. Le travail de ces ONG était également à la pointe du combat contre Foxconn, le sous-traitant d’Apple et des plus grandes marques d’électronique, lors des suicides de plusieurs de ses employés l’an dernier. Ce sont les ONG qui ont médiatisé ces drames obligeant le gouvernement à agir et à demander des comptes au groupe taiwanais.

Prison et résidence surveillée

Pour autant, critiquer en Chine reste un art difficile et dangereux. De nombreux activistes sont ainsi passés du statut de défenseur de l’environnement à celui de dissident, nettement plus risqué. Hu Jia en sait quelque chose. Pour avoir dénoncé plusieurs scandales environnementaux, il a purgé trois et demi de prison et vit actuellement en résidence surveillée avec interdiction de parler aux médias. La fameuse Charte08, rédigée et signée en 2008 par de nombreux intellectuels chinois, place également l’environnement en tête de ses préoccupations. Résultat pour son principal artisan, Liu Xiaobo : 9 ans de prison. Liu a remporté le Prix Nobel de la Paix en 2010 sans que ses conditions de détention ne soient assouplies. C’est ce qui explique la force de Weibo, dont les utilisateurs peuvent publier anonymement leurs messages et compter sur le réseau pour diffuser leur discours. On comprend donc que seuls actuellement les « journalistes-citoyens » de Weibo sont à même de provoquer un sursaut comme ce fut le cas en août dernier à Dalian.

Novethic 04/11/11
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