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Les Japonais apprennent les économies d'énergie

Les Japonais apprennent les économies d'énergie

Six mois après la catastrophe nucléaire de Fukushima, le Japon manque toujours d'électricité. Seuls 20% des réacteurs fonctionnent encore et le pays peine à trouver des sources d'énergie de substitution. Résultat : le gouvernement lance une campagne « économiser l'énergie » pour tenter de compenser la pénurie.
Une actualité originale de Novethic

Des milliers de lanternes dans le ciel de Fukushima. Six mois après la catastrophe, les Japonais se souviennent et libèrent dans le ciel ces lumières multicolores en hommage aux dizaines de milliers de victimes de la catastrophe.

A 220 kilomètres de là, la capitale semble au contraire plongée dans les ténèbres. Tokyo et ses néons flamboyants est comme éteinte. Depuis que les Japonais ont appris avec douleur le coût de leur énergie, ils ont, dans un effort national sans précédent, entrepris d’économiser le peu qui leur reste pour compenser l’arrêt de 43 réacteurs nucléaires sur les 54 qui fonctionnaient avant la catastrophe de Fukushima.

Dans les gares, les aéroports et les centres commerciaux, finis les climatiseurs poussés à l’extrême. Les services publics, les entreprises et les particuliers doivent réduire, depuis le 1er juillet, leurs dépenses d’électricité de 15%. La mesure est obligatoire dans la région de Tokyo et le Nord-est de l’archipel. Si bien que le Japon est comme coupé en deux entre ceux qui ont de l‘électricité, et les autres.

Dès le gigantesque hall d’arrivée de l’aéroport international de Narita à Tokyo, de grands posters appellent à « économiser l’énergie ». L’éclairage est réduit. La climatisation coupée et certains escalators ne fonctionnent même plus. L’heure est à la frugalité jusqu’aux distributeurs de boissons fraîches que le gouverneur de Tokyo accuse de « consommer autant que plusieurs réacteurs nucléaires ».

C’est normal, nous explique un jeune étudiant Japonais. Ce désastre nous a permis de mieux comprendre la valeur de l’énergie. Chez moi, on n’utilise plus la climatisation et j’essaye de moins regarder la télévision. On a l’impression de sortir d’un rêve. Celui d’une vie facile avec des machines à soda qui fonctionnaient 24 heures sur 24 et des lumières partout. Aujourd’hui tout est sombre. On m’a raconté que c’était comme ça après la guerre. Alors c’est comme si on revenait tous en arrière.

11 réacteurs sur 54 en fonctionnement

Aujourd’hui, six mois après le drame, c’est tout le programme énergétique du pays qui est à genoux. Avant le séisme du 11 mars, Tokyo prévoyait de porter à 50% la part du nucléaire dans son mix énergétique d’ici à 2030. Mais aujourd’hui la donne a changé. Seuls 11 réacteurs sont toujours en état de marche sur les 54 en opération avant le séisme. Et la campagne de lutte contre le gaspillage ne suffit pas à compenser l’absence de l’atome. C’est le cas notamment au Nord du Japon où plusieurs centrales thermiques ont été remises en service. Gaz, charbon, pétrole… Le Japon doit importer massivement et balayer en quelques mois seulement ses objectifs de réductions des gaz à effet de serre.

Le gouvernement s’était en effet engagé à réduire de 25% ses émissions de CO2 d’ici 2020 et de 80% d’ici 2050. Pour cela il avait beaucoup misé sur le nucléaire. Trop diront certains. 14 centrales étaient en construction. Aujourd’hui tout est gelé. Le redémarrage des centrales existantes est conditionné à des tests qui viennent à peine de commencer. De toute façon, il faudra encore des années avant que les Japonais n’envisagent de se reconvertir au nucléaire.

8 Japonais sur 10 veulent sortir du nucléaire

En attendant donc, le Japon doit faire face à une pénurie d’énergie sans précédent. Mais selon une étude de l’Institut de Tokyo pour les énergies renouvelables, la part des énergies vertes pourrait en profiter et passer de 10 à 30% d’ici 2020. Certains comme le professeur Iida, qui dirige ce laboratoire de recherche, rêvent même d’une Japon vert.

On peut imaginer que 100% de l’énergie consommée au Japon proviennent d’ici 2050 d’énergies renouvelables comme l’éolien, le solaire et l’hydraulique. Nous travaillons actuellement sur de nouvelles techniques qui pourraient permettre au pays de prendre un avantage considérables dans ce domaine.

Les Japonais sont prêts à vivre cette nouvelle révolution et à tourner résolument le dos aux drames de l’atome. Selon un récent sondage, plus de huit Japonais sur dix souhaitent que leur pays sorte du nucléaire. Il n’y a qu’à voir le succès de la campagne « économiser l’énergie » pour se rendre compte du changement de mentalité dans l’Archipel. « Je préfère éteindre les lumières et économiser l’énergie plutôt que vivre avec la peur d’un accident nucléaire », résume Taka, une habitante de Tokyo.

Mais on est encore bien loin du rêve du professeur Iida. D’abord l’économie nippone doit absolument sortir de l’ornière. Les usines tournent au ralenti depuis six mois et doivent impérativement produire et exporter pour éviter qu’une crise économique ne s’ajoute à la crise nucléaire. Le temps presse et les investissements nécessaires à un Japon plus vert prendront du temps et beaucoup d’argent. Ce que le nouveau gouvernement n’a pas.

Ensuite se pose le problème très concret de l’alimentation en électricité du Japon. Le pays est en effet coupé en deux entre le Nord-est alimenté sur une fréquence de 50 hertz, comme la majorité des pays européens, tandis que le Sud-ouest du pays, dont le réseau électrique a été construit en collaboration avec l'Américain General Electric, est alimenté sur une fréquence de 60 hertz. Or le Japon dispose de très peu de convertisseurs qui permettraient d'alimenter le Nord avec l'électricité produite dans le Sud. Des problèmes très concrets se posent donc aux ingénieurs nippons.

Résultats : la campagne « économiser l’énergie » n’est pas prête de s’arrêter. Déjà, certaines provinces demandent aux usines de fonctionner alternativement entre le jour et la nuit afin de mieux répartir le courant et éviter des pics de consommation. Si les Japonais prennent avec beaucoup de philosophie cette nouvelle frugalité, certaines entreprises en revanche réfléchissent déjà à produire à l’étranger. Là où l’énergie coule encore à flot.

Novethic 15/09/11
Photo: Tokyo(FlickR/ Takadanobaba Kurazawa)
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