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Amis de la Terre : 40 ans de résistance environnementale
actualite Relais citoyen

Amis de la Terre : 40 ans de résistance environnementale

Les Amis de la Terre fêtent les quarante ans de leur réseau international cette année. L'occasion de dresser un portrait de cette association moins connue du grand public que Greenpeace ou le WWF mais qui garde une ligne plutôt radicale dans l'univers des ONG environnementales.
Une actualité originale de Novethic

« Mobilise, resist, transform* » tel est aujourd’hui le slogan des Amis de la Terre International qui fêtent cette année leurs 40 ans. Pour Christian Berdot, militant de longue date et spécialiste de l’agriculture pour l’association, le mot "résister" est le plus important pour définir l’organisation. « Je suis agréablement surpris de voir le réseau international devenir de plus en plus radical », explique-t-il. Car les Amis de la Terre ont souvent l’image d’une organisation qui ne fait pas de compromis.

La première mission de l’association fut d’informer et d’alerter sur les questions d’environnement et sur les enjeux sociaux et politiques de la remise en cause du modèle occidental de développement. On hésitait à employer le mot "écologie" qui était alors inconnu du grand public

, expliquait le mathématicien Pierre Samuel, l’une des grandes figures de l’association en France, dans son Histoire des Amis de la Terre écrite en 1998.

Un fonctionnement horizontal et démocratique

Créé en 1971 lors d'un rassemblement en Suède autour de 4 pays fondateurs du Nord (USA, Angleterre, France et Suède), le groupe s’est progressivement étendu aux autres continents dans les années 80, grâce notamment aux campagnes sur la protection de la forêt tropicale.

Aujourd’hui, l’association, constituée d’un réseau de 5 000 associations locales dans près de 76 pays, s’enorgueillit d’être le « plus grand réseau écologiste mondial » avec près de 2 millions de partisans à travers le monde. Pour faire fonctionner tout cela l’ONG privilégie l’organisation horizontale et la coopération directe entre les différentes entités du Nord et du Sud. « Dans les tempêtes que nous avons connues, ce sont toujours les groupes locaux qui nous ont sauvé », insiste Françoise Chanial, entrée au mouvement dès 1974 et responsable de la section Poitou.

Ici, pas de fonctionnement pyramidal comme chez Greenpeace. « Nous n’exerçons pas de contrôle sur les groupes locaux. Les militants prennent leur adhésion au niveau de ceux-ci, ce qui leur permet d’être autonomes financièrement même si une partie de l’adhésion est reversée au niveau national », ajoute Sylvain Angerand, chargé de campagne forêt aux Amis de la Terre. « Les combats peuvent prendre alors différentes formes selon les organisations locales », précise Christian Berdot.

Une expertise et une indépendance revendiquée

La forêt constitue l'un des thèmes d'action privilégiés par Les Amis de la Terre. Là encore, l’ONG compte sur la présence des nombreux groupes locaux dans les pays du Sud pour faire remonter les informations, notamment sur le commerce de bois précieux et la déforestation liée à l’élevage ou aux agro-carburants.

Mais pour changer les choses, contrairement à d’autres ONG, les Amis de la Terre préfèrent garder une certaine indépendance vis-à-vis des entreprises. Conseil, partenariat, dons et entreprenariat, ces -rares- cas de figure font l’objet de nombreuses réflexions en interne comme en témoigne les « Lignes directrices de nos relations avec les entreprises », un document rédigé en 2006 qui liste de manière précise les modes d’action autorisés.

A titre d’exemple, on peut citer l’expertise réalisée pour l’entreprise Point P sur leur utilisation des bois tropicaux, la participation au conseil d’administration d’Enercoop et un partenariat avec Biocoop qui relaye ses campagnes. Pour parvenir à ses fins, l’association préfère faire pression sur les entreprises par le biais de rapports étayés par des enquêtes de terrain et l’envoi de lettres aux entreprises, comme lors de la campagne du groupe des Landes contre Carrefour en 2004 destinée à ce que le distributeur cesse d’utiliser du keruing, un bois tropical entrant dans la composition des salons de jardins ou, plus récemment celle contre l’implantation en France d’une usine du fabricant d’huile de palme malaysien Sime Darby.

Depuis 1996, l’ONG s’attache aussi à décrypter les dessous du financement de ces projets. Régulièrement, les Amis de la Terre dénoncent les « incohérences » des institutions financières internationales (IFI), notamment sur le changement climatique.

En 2009, dans un rapport intitulé « Institutions financières et climat : la grande hypocrisie », l’association démontre ainsi que malgré les bonnes intentions affichées, les projets énergétiques de la Banque mondiale et de la Banque européenne d’investissement (BEI) restent souvent basés sur des énergies fossiles.

Parallèlement à la publication de ses rapports et de ses actions de lobbying sur les banques et assurances, les Amis de la Terre ont également étendu leur campagne au grand public. Un guide pratique intitulé « Comment choisir ma banque » et un site internet expliquent le fonctionnement des banques et les impacts sociaux et environnementaux de leurs activités à travers le financement de projets. L’objectif ? Donner aux clients des informations pour qu’ils choisissent leur banque en connaissance de cause et s’interrogent sur l’usage que les banques font de leur argent.

Un manque de visibilité auprès du grand public

Une approche "grand public" bienvenue pour cette association qui manque encore de la notoriété dont peuvent bénéficier d’autres ONG aux méthodes sans doute plus "marketées". L’association en France ne compte d’ailleurs que 3 800 adhérents. C’est peu par rapport à Greenpeace France par exemple, créée elle aussi dans les années 70, et qui compte près de 130 000 adhérents aujourd’hui.

  • Premier facteur, la liberté des groupes locaux rend parfois la prise de décision au niveau national compliquée. « C’est simple et compliqué à la fois car les porte-paroles et référents sont souvent désignés au cas par cas, en fonction des dossiers. », explique Sylvain Angerand.
  • Deuxième cause, les Amis de la Terre souffrent d’un déficit de notoriété car les groupes locaux ont souvent une existence antérieure au réseau et n’accolent pas forcément le nom « Amis de la terre » à leur appellation initiale lorsqu’ils y entrent.
  • Enfin, le mode d’action des Amis de la Terre dénote par rapport aux autres associations environnementales internationales: « Nous n’avons pas la force de frappe de Greenpeace dont les campagnes sont internationales et relayées par tous les groupes locaux, explique Sylvain Angerand. Les Amis de la Terre International ne lancent pas de grandes campagnes ». « Les structures européennes et internationales se contentent de coordonner les actions des structures nationales », ajoute Yann Louvel.

Des difficultés qui ne semblent pas rebuter les adhérents, qui y voient au contraire une façon de mettre en avant les militants et de conserver la dynamique horizontale des débuts.

* « Mobiliser, résister et transformer »

Novethic 06/09/11
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