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La mobilisation contre les gaz de schiste s'amplifie

La mobilisation contre les gaz de schiste s'amplifie

Pour eco-SAPIENS pas de doute. La lutte contre les gaz de schiste est cruciale. Sanitaire, environnementale et politique, nous vivons une mobilisation sans précédent qui pourrait aussi être synonyme de victoire écologique.

Les gaz de schiste sont des gaz dits non-conventionnels en ce sens qu'ils ne forment pas une poche exploitable facilement (comme en Russie par exemple, premier exportateur de gaz mondial). Si leur inconvénient est leur dispersion dans le sous-sol, l'avantage, c'est qu'il est présent à peu près partout.

Aussi, industriels et politiques ne manquent pas de mettre en avant l'autonomie énergétique offerte par l'exploitation de cette ressource. D'autant que d'un point de vue géostratégique, c'est la Russie qui a la main sur le robinet de l'Europe.

Chronologie d'une révélation

Si l'on connaît cette ressource depuis un siècle environ, c'est seulement depuis quelques années que l'on a procède à des exploitations réellement commerciales, aux Etats-Unis notamment.

En mars 2010, le journaliste Hervé Kempf a sonné l'alerte. Cela correspondait aux trois permis accordés à l'époque par Borloo pour "prospecter" la présence de gaz de schiste (Montélimar, Nant, Villeneuve sur Berg). Bizarrement, à l'époque, ca n'a pas fait grand bruit.

Ce n'est que mi-octobre 2010 que la polémique a commencé à gonfler. En grande partie grâce à un documentaire américain (Gasland de Josh Fox, qui a malheureusement raté de peu l'Oscar du meilleur documentaire). Il parcourt les Etats-Unis et révèle les désastres écologiques liés à la "fracturation hydraulique", la technique utilisée pour extraire ce gaz.

Comme visuellement, les images étaient assez parlantes (scène du robinet d'eau qui s'enflamme), et qu'on y a apprend comment Bush président a offert une impunité législative à Halliburton, les gaz de schiste commençaient à devenir une affaire sérieuse où politique et lobbying s'immisçaient.

En France, c'est surtout l'euro-député José Bové et le journaliste Fabrice Nicolino qui ont enfoncé le clou. Deux jours après, nous en parlions sur eco-SAPIENS. Le journal OWNI, fort de sa notorité relative à Wikileaks, a décidé de suivre le dossier.

Citoyens et élus font reculer gouvernement et industriels

Réunion d'informations (autre euro-député Michèle Rivasi), pétition en ligne (40 000 signatures en 30 jours), moratoires demandés par les élus (communes, mais aussi départements et régions, y compris de la majorité...): en quelques mois la France ne pouvait plus étouffer cette affaire.

Ainsi le gouvernement a-t-il sans cesse reculé. Début Février, la ministre de l'environnement Nathalie Kosciusko-Morizet, disait qu'un moratoire n'était pas possible. On découvrait aussi que le code minier avait changé peu de temps avant que des députés et des sénateurs interpellent le gouvernement.

Le moratoire est désormais possible et effectif. Seulement, il n'est pas respecté.

Sur le plan technique, il apparaît que pas moins de 800 substances chimiques toxiques et même radioactives sont utilisées lors de la fracturation hydraulique. Le documentaire Gasland de Josh Fox calcule les dépenses d'eau et d'énergie (des centaines de camions) pour achever d'exploiter un gisement. En France, les industriels pétrochimiques concèdent que ces réserves prolongeraient d'une quinzaine d'années les ressources conventionnelles.

C'est à ce genre de détails que l'on réalise la vision durable de l'exploitation des gaz de schiste. Polluer irrémédiablement l'eau, contaminer définitivement les nappes phréatiques pour quinze ans de gaz supplémentaire...

La question des prospections

Le Quebecois Normand Mousseau a sorti un livre intitulé : La révolution des gaz de schiste.

Il est consultable en ligne.

Depuis les permis accordés, les prospections étaient censées de toute façon ne pas avoir commencé. Le site Mediapart prouvait le contraire. L'argument avancé par le gouvernement était que les exploitations n'auraient rien à voir avec celles pratiquées aux Etats-Unis. Cela est peu crédible puisque les entreprises françaises n'ont pas l'expertise technique d'extraction... et cherchent des partenariats techniques avec les sociétés américaines (Total, GDF).

L'exploitation des gaz de schiste pose la question de la santé, de l'impact écologique mais aussi de la démocratie puisqu'aucune concertation n'a eu lieu. Le meilleur exemple en est ce récit du journaliste Sylvain Lapoix, affirmant que l'on découvre au hasard, et au fil des bistrots de campagne, des témoignages de riverains ayant vu des camions débarquer.

Les raisons d'espérer

Heureusement pour la société civile, de par sa nature, tous les territoires sont concernés. Ainsi une exploitation de pétrole de schiste en Seine-et-Marne concerne potentiellement toute l'Île-de-France. Ce n'est donc pas qu'un sacrifice de provinces déconsidérées...
Ironie de l'histoire qui se répète outre-Atlantique, l'entreprise Toréador chargé de l'exploitation du pétrole de schiste en Seine et Marne, est administrée par le demi-frère de Patrick Balkany.

La rapidité avec laquelle le gouvernement a du faire marche arrière montre bien qu'il y a une faille. D'autant que de nombreuses collectivités (communes, conseil général, conseil régional) y compris de la majorité ont manifesté catégoriquement leur désaccord.

Enfin, avec un peu de retard tout de même, les associations écologiques dégagent leur campagne en s'associant aux différents collectifs "non au gaz de schiste" déjà en place. C'est le cas de Greenpeace notamment.

Symbole de cette union politique-association-citoyens, la manifestation du 26 Février en Ardèche, département de 300 000 habitants, a réuni près de 30 000 personnes.

La carte des 22 projets et permis de gaz et pétrole de schiste en France

Si ce n'est déjà fait, allez donc signer la pétition en ligne (1 000 personnes le font chaque jour)

La carte des gaz de schiste en France

eco-SAPIENS 01/03/11
Photo: Non au gaz de schiste(FlickR/ Cédric Gourden)
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