le guide d'achat éthique

Trouver, comparer et acheter des produits bio, naturels, écologiques et équitables

blog
Marseille des eco-sapiens
Cher univers virtuel
L'empreinte écologique d'un avatar de Second Life est équivalente à celle d'un mexicain.
L'usine du monde menacée par la pénurie de main d'oeuvre

L'usine du monde menacée par la pénurie de main d'oeuvre

La fin des vacances du Nouvel an lunaire marque traditionnellement en Chine le retour au travail. Mais dans les ateliers du delta de la rivière des perles, beaucoup d'ouvriers manquent à l'appel et certaines entreprises tournent au ralenti. Une réelle menace pour le pays devenu la seconde puissance économique mondiale.
Une actualité originale de Novethic

Foshan est l’un des principaux pôles industriels du delta de la rivière des perles. Une région grande comme un tiers de la France et où sont produits 80% des exportations chinoises. A Foshan travaillent un million d’ouvriers migrants. Venus des campagnes, ils grossissent le flot des petites mains qui travaillent 10 à 12 heures par jour dans des ateliers gigantesques moyennant 200 euros par mois.

Les conditions de travail dans ses usines sont terrifiantes, nous explique Chan Wan de l’ONG Sacom, un groupement d’universitaires hongkongais. Les violations des droits du travail sont fréquentes dans toutes ces usines et récemment nous avons encore pointé 711 usines de jouets qui ne respectent pas la législation.

Des conditions de travail placées sous les feux des projecteurs ces derniers mois, avec les suicides à répétition chez Foxconn et les grèves chez Honda, et que les 250 millions d’ouvriers migrants de Chine ont de plus en plus de mal à accepter. Après trois décennies de course à la prospérité, les soutiers de la croissance chinoise ne veulent plus être exploités.

Augmentation de salaire et soins médicaux

" J’ai accepté de revenir travailler ", nous explique Wang. Ouvrier dans une usine textile il débarque tout juste du train qui le ramène du Sichuan. Après trente heures de voyage, il s’apprête à reprendre du service. Mais à une condition :

J’ai demandé à mon patron une augmentation de salaire de 20%. Sinon, je lui ai dit, ce n’est pas la peine de compter sur moi. On travaille trop dur ici et la vie est chère. Ma femme et mon fils sont restés au village parce que je ne peux pas l’envoyer à l’école ici. Et puis la vie est terriblement chère. Alors si je ne peux pas gagner davantage, ce n’est la peine de faire tous ces sacrifices.

Comme Wang ils sont de plus en plus nombreux à poser leurs conditions. Un travail moins pénible et un meilleur salaire. Le strict respect finalement des lois du travail votées par le gouvernement central.

" Le salaire minimum a été augmenté de 20% ces derniers mois. Ca compense en partie l’inflation et surtout c’est une meilleure redistribution des profits ", nous assure Chan Wan. A Foshan, le gouvernement local prend cette affaire très au sérieux. " Notre prospérité repose en grande partie sur nos usines, nous explique-t-on à la mairie. On ne peut pas laisser maltraiter ces ouvriers. Sinon ils vont refuser de travailler ou se mettre en grève. De toute façon la situation risque de se retourner contre nous ".

Les autorités ont donc décidé d’accorder 10 000 " hukou " par an. Le hukou est ce passeport intérieur, réminiscence maoïste, qui permet de bénéficier d’un minimum d’aide sociale. Sans hukou, impossible de se construire une vie près de son lieu de travail. " En accordant des papiers à ces gens, nous explique-t-on, nous voulons faire de ces ouvriers migrants, des ouvriers tout simplement ". Les patrons doivent aussi faire des efforts et beaucoup ont dû se résoudre à investir dans des dortoirs flambant neufs, des terrains de sport et des soins médicaux gratuits pour leurs ouvriers.

"Perte de compétitivité"

La Province du Guangdong est l’une des premières régions de Chine à bénéficier de la politique d'ouverture et de réforme lancée par Deng Xiaoping il y a trente ans. Elle compte plus de 26 millions de travailleurs migrants, dont 14 millions sont nés dans les années 1980. Une " nouvelle génération " de travailleurs migrants qui veulent devenir des citoyens à part entière.

A la différence de l'ancienne génération qui ne fait que travailler en ville, plus de 70% de ces travailleurs de la nouvelle génération souhaitent aussi vivre dans la ville où ils travaillent, explique Liang Guiquan,directeur de l'Académie des Sciences Sociales du Guangdong. Ils veulent gagner le respect des autres citoyens et faire partie de la ville.

Mais cette politique plus généreuse n’est pas le simple reflet d’une magnanimité nouvelle. La réalité des conditions de travail et les bas salaires ont fini par rattraper les patrons chinois. Il manquerait déjà plus d’un million et demi d’ouvriers en Chine.

Il y a maintenant un véritable risque de perte de compétitivité des entreprises, explique Stanley Lau, Président de la toute puissante Fédération des entreprises de Hong Kong. 3000 de nos membres se plaignent déjà d’un manque de main d’œuvre. Sans compter que les hausses de salaires rongent nos bénéfices. La crise n’est pas finie et nous risquons de perdre un tiers de nos usines dans les cinq prochaines années.

Reportage Stéphane Pambrun

Novethic 23/02/11
Photo: Sweatshop project(FlickR/ marissaorton)
Facebook Twitter
0 évaluation
Voir les commentaires
pas de commentaires
Inscription | Connexion

X

Pour ne rien rater de notre actualité,
inscrivez-vous à notre newsletter !

Derniers produits consultés
Dernières infos consultées
Partager :
  • envoyer à un ami
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Google
  • Viadeo
Follow Me on Pinterest

Publicité

Radio Ethic et eco-sapiens
écouter