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De Copenhague à Cancun : vers une nouvelle base de négociation

De Copenhague à Cancun : vers une nouvelle base de négociation

Un an après l'échec de Copenhague, que peut-on espérer du prochain sommet sur le climat qui se déroule du 29 novembre au 10 décembre ? Au vu des dernières négociations de Tianjin, la possibilité d'un accord contraignant s'éloigne de plus en plus. Pourtant Cancún pourrait aussi permettre d'avancer sur des sujets plus concrets.
Une actualité originale de Novethic

l y a un an, la mobilisation et la pression politico-médiatique était à son comble à l’approche de Copenhague. Jamais alors une Convention cadre des Nations Unies (UNFCCC ou COP) n’avait suscité autant d’emballement, d’intérêt et d’espoir. Avant que le soufflet ne retombe.

Aujourd’hui l’ambiance est au pessimisme. Les dernières négociations de Tianjin, en Chine, qui se sont clôturées début octobre, ont donné le ton : il n’y a guère d’illusion à se faire sur la signature d’un accord contraignant à Cancún. Mais au fond, il faut sans doute arrêter de penser Cancún comme un Copenhague bis ou son achèvement.

"Copenhague est un échec extrêmement profond et durable. Je ne crois pas à la possibilité à court ou moyen termes d’un traité signé par tous les Etats", estimait ainsi Amy Dahan, chercheuse au CNRS et habituée des négociations climatiques, le 8 octobre lors d’un colloque de l’IRIS* sur "la diplomatie verte, diplomatie du climat : nouveaux enjeux de politique étrangère ?".

Selon la chercheuse, la dernière COP a en effet été le théâtre "d’un décalage croissant entre expertise et négociations" qui bloque sans doute le processus. D’un côté, l’expertise scientifique s’est orientée vers une approche « top down », en formulant d’abord un objectif mondial (une hausse maximale de 2 degrés des températures globales) pour ensuite élaborer des scénarios économiques compatibles. Mais ces recommandations impliquent néanmoins "une gouvernance mondiale efficace", note la chercheuse.

Du côté politique, les négociations entre gouvernements ont pris la direction d’une "realpolitik bottum up" où les Etats, très arcboutés sur leur souveraineté nationale, décident eux-mêmes des mesures qu’ils sont prêts à prendre –et sans objectifs contraignants pour la Chine et les Etats-Unis notamment-, ce qui n’est "pas adapté à l’urgence climatique", note Amy Dahan. Le tout dans le cadre d’un changement de leadership des Etats. L’Europe, ancienne figure de proue des négociations climatiques et dont le rôle a été quasi inexistant à la Cop 15, a perdu de son influence au profit du couple Etats-Unis/Chine, cette dernière conservant par ailleurs son leadership au sein des pays en développement.

Dès lors, faut-il faire une croix sur tout espoir d’avancée lors de la Cop 16 ? Il ne faut pas attendre de progrès décisifs à Cancún, estime-t-on au Ministère des affaires étrangères et européennes. Cette conférence des parties à la Convention des NU est plus perçue comme une étape dans la négociation, dans une logique de consolidation de l’accord de Copenhague, qui a certes été décevant, mais qui peut tout de même être pris comme base. La France, comme l’Europe, y plaidera d’ailleurs encore pour un Kyoto 2. Un protocole dont la dernière COP avait effacé toute mention mais qui reste le meilleur capital de l’Europe pour peser dans les négociations…

Au Mexique, très peu de chefs d’Etat devraient être présents, et Nicolas Sarkozy ne devrait pas faire exception à la règle. Quand aux médias, ils devraient également être beaucoup moins nombreux à faire le déplacement… "Cancún sera moins clinquant, mais c’est comme cela que l’on va avancer", estime pour sa part Stéphane Hallegatte, chercheur au Cired-Météo France, et l’un des auteurs du 4ème rapport du Giec en 2007.

"Copenhague a permis de faire le travail qu’il y avait à faire, en tuant la méthode européenne de négociation qui ne marchait plus, développe-t-il. Au lieu de partir du haut, des grands schémas, nous repartons donc sur un travail sur les fondations, sur les projets : la déforestation, les transferts de technologies, l’architecture financière qui permettra enfin de pouvoir réellement engager les moyens financiers"…

Rappelons aussi que "la négociation climatique est une négociation très jeune, qui a à peine 20 ans", souligne Sarah Lacarrière, chercheur à l’IRIS. Et si le processus onusien s’avère aujourd’hui lent et inefficace, sortir les négociations de l’ONU pour les intégrer à d’autres instances plus restreintes et davantage orientées sur l’économie comme le G20 ou le forum des économies majeures (FEM) paraît risqué. Pour de nombreux observateurs, tel le directeur de l’IRIS, Pascal Boniface, il faut aussi prendre du recul par rapport aux grandes conférences internationales et multiplier les échelles de l’action, notamment au niveau des collectivités locales.

*Institut de relations internationales et stratégiques.

Novethic 29/11/10
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